Avr 30

Tchernobyl : «Je suis la seule survivante de mon équipe de liquidateurs»

22 avril 2016 / Entretien avec Natalia Manzurova

un article de Reporterre
https://reporterre.net/Tchernobyl-Je-suis-la-seule-survivante-de-mon-equipe-de-liquidateurs

Le 26 avril 1986, des réactions en chaîne conduisaient à la fusion du cœur d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, aujourd’hui en Ukraine. Entre 1986 et 1992, entre un demi et un million de «liquidateurs» ont été «réquisitionnés» pour sauver ce qui pouvait l’être. Reporterre a rencontré l’une d’entre eux.

Radiobiologiste russe, Natalia Manzurova a été envoyée à Tchernobyl dès 1986 pour évacuer «les biens matériels devenus radioactifs». À la tête d’une brigade de sept personnes, elle a passé 4 ans et demi sur place.

Reporterre — Comment avez-vous été engagée comme «liquidatrice» à Tchernobyl ?

Natalia Manzurova — Mes parents avaient été recrutés de force par le régime dans les années 1950 pour construire le complexe nucléaire de Maïak. Nous habitions sur place, tenus au secret. J’ai souhaité devenir radiobiologiste pour comprendre leurs activités et les conséquences de celles-ci. En 1986, juste après l’accident de Tchernobyl, le laboratoire dans lequel je travaillais nous a réquisitionnés pour faire un inventaire de la catastrophe. Nous avons été envoyés sur place, comme 500.000 à 1 million d’autres liquidateurs. Parmi les liquidateurs, il y avait deux catégories : ceux qui étaient envoyés en mission ponctuelle d’un mois, comme des plombiers ou des chauffeurs… Et ceux qui étaient nommés pour un poste à long terme. Comme la dose d’exposition aux radiations n’était pas connue, le régime choisissait de les laisser le plus longtemps possible, perdus pour perdus… Personne n’était vraiment formé ni préparé. Mais, nous n’avions pas le choix. En tout, je suis restée 4 ans et demi à Tchernobyl, de 36 ans à 41 ans.

Natalia Manzurova, en avril, à Paris.

portrait : © Éric Coquelin/Reporterre

Dans quelles conditions travailliez-vous ?

Natalia Manzurova J’avais été nommée ingénieure en chef chargée de l’évacuation des biens matériels devenus radioactifs. Je dirigeais une brigade de sept «permanents» plus des occasionnels. Nous étions chargés d’explorer les appartements abandonnés précipitamment par les habitants pour récupérer meubles, bijoux, tissus… Ces objets étaient ensuite enterrés dans des fosses recouvertes de béton.

Nous étions équipés de vêtements et de masques de protection, mais les deux premières années, la radioactivité était si forte que notre visage était comme «tanné». Je me souviens que nous ne disposions d’aucun instrument de mesure de la radioactivité pour évaluer la dangerosité du travail. Un comble pour un radiobiologiste. Nous connaissions pourtant les risques et faisions attention à bien nous laver les mains et à laver les aliments. Mais était-ce suffisant ? Bien sûr que non, puisque tous les membres de mon équipe sont morts du cancer. Je suis la seule survivante. Depuis la loi de 1993, les liquidateurs survivants sont pris en charge par l’État et affichent les statuts les plus élevés d’invalidité (2 et 3). Cela signifie que nous sommes logés et aidés financièrement. Mais les subventions diminuent aujourd’hui. Moi, j’ai 20 % d’aberration chromosomique et suis donc classée catégorie 2, avec un statut de maladie chronique. Je n’ai jamais pu reprendre une vie normale.

Et vous, comment allez-vous, moralement et physiquement, après ce drame ?

Natalia Manzurova J’ai connu un état de mort clinique, souffre de maux de tête et d’estomac récurrents, et j’ai subi une ablation de la thyroïde. Quand j’ai commencé à être malade, quelques mois après mon retour de Tchernobyl, je vivais seule avec ma fille. Il fallait tenir.

Souvent, les gens s’étonnent que je sois encore vivante, alors que la plupart de mes collègues sont morts. Je leur réponds que, lorsqu’ils ne me voient pas durant plusieurs jours, je suis malade, au fond de mon lit, et le reste du temps je m’efforce de guérir.

Ma relation à la vie a changé. Après avoir vu autant de malheurs autour de soi, on mesure mieux ce qui est important : les questions morales, les droits de l’homme, les enfants… Les liquidateurs ont d’ailleurs les taux de suicide parmi les plus élevés du pays.

Quelle fut la place des femmes parmi les liquidateurs ?

Natalia Manzurova Nous étions une infime minorité. Parmi les liquidateurs de Tchernobyl, il y avait 1 femme pour 1.000 hommes. En général, elles exerçaient des fonctions subalternes de cuisinières, de femmes de ménage, d’aides-soignantes. Il y a eu de nombreux cas de harcèlement, de viols et violences. C’était très dur. Les femmes liquidateurs qui étaient enceintes ont été obligées d’avorter pour éviter les malformations ou les « liquidateurs in utero », comme cela avait été le cas à Maïak.

Croyez vous que l’on ait tiré toutes les leçons de Tchernobyl ?

Natalia Manzurova Non. Dans ma vie, j’ai connu trois catastrophes nucléaires : Maïak en 1957, Tchernobyl en 1986, et Fuskushima en 2011. Mais j’ai l’impression que l’on ne prend pas suffisamment en compte les causes et les conséquences de ces accidents. Il faut notamment accentuer la transparence et les échanges autour de la vérification des lieux de production nucléaire. Il est toujours impossible d’accéder à Maïak, les données sur la contamination de la zone, l’une des plus dangereuse du monde, sont confidentielles et ce secret pèse sur nos têtes.

– Propos recueillis par Pascale d’Erm

un article de Reporterre
https://reporterre.net/Tchernobyl-Je-suis-la-seule-survivante-de-mon-equipe-de-liquidateurs


Fév 18

58e anniversaire du premier essai nucléaire français dans le Sud algérien

Victimes des essais nucléaires en Algérie:toujours rien

«Nous interpellons de nouveau la France et les autorités algériennes
pour que ces victimes soient réellement prises en charge.
Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action»

Abdelkrim Touhami, vice-président de l’association Taourirt (Association des Victimes des Essais Nucléaires (Tamanrasset)

Un article du journal «Liberté Algérie»
https://www.liberte-algerie.com/centre/laven-de-tamanrasset-interpelle-de-nouveau-la-france-287084

Cinquante-huit ans se sont écoulés passés depuis la première tragédie nucléaire française, survenue le 13 février 1960 dans le Sahara algérien, et toujours rien n’est acquis pour les victimes qui meurent à petit feu.
L’association “Taourirt” des victimes des essais nucléaires (Aven) effectués à In Eker, dans la wilaya de Tamanrasset, saisit cette occasion pour lancer un énième cri de détresse face la prolifération inquiétante des maladies radio-induites dans ce vaste territoire du pays.
Un cri qui dénote les souffrances d’une population en proie à une importante charge de morbidité imputée particulièrement au cancer. L’association qui mène un double combat contre l’oubli et le silence coupable des autorités algériennes, se remet encore une fois dans le contexte de la douleur vécue tous les jours par les populations des zones irradiées. “
Nous interpellons la France et les autorités algériennes pour que ces victimes soient réellement prises en charge. Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action. Il faut qu’on agisse dans les faits afin d’aider ces populations à se débarrasser de ce lourd boulet sanitaire traîné depuis l’Indépendance. Nous devons faire toute la lumière sur les répercussions de cette tragédie afin d’y remédier en définissant les responsabilités de tout un chacun”, se lamente Abdelkrim Touhami, vice-président de Taourirt.
Joint par téléphone, notre interlocuteur se dit interpellé par les décès signalés presque quotidiennement dans les zones irradiées d’In Eker. La toute dernière étude réalisée par des experts fait ressortir un taux de 18 cancéreux sur 500 habitants. Un taux en-dessous de la norme fixée à 104 cas pour le même nombre d’habitants, précise-t-on. Sauf qu’à Tamanrasset, ce chiffre reste loin de la réalité puisque les malades ne consultent pas et nombreux sont ceux qui trépassent dans l’anonymat.
Plus de vingt types de cancers sont répertoriés dans la wilaya, indique Boubakeur Ibba, SG de ladite association qui ne dispose ni de siège social ni de moyens financiers pour mener ses projets à terme. M. Ibba regrette le fait que les cancéreux reçus dans les structures sanitaires locales soient généralement au dernier stade et décèdent peu après le diagnostic. Le constat est plus qu’alarmant. Le cancer de la thyroïde qui est au 10e rang, selon les registres du cancer du nord du pays, est en 4e position à Tamanrasset, surtout chez les femmes. Outre cette localisation néoplasique, on note un taux particulièrement élevé de cancers du sein et cutanés qui diffèrent par leur présentation clinique de ceux observés dans le nord du pays. La menace radioactive, faut-il le dire, pèse sur la femme enceinte avec son lot de malformations chez le nouveau-né et est souvent à l’origine de la stérilité des hommes.
À l’unité d’oncologie de l’EPH de Tamanrasset on a dénombré 100 nouveaux cas de cancer en 2017. Depuis la mise en service en 2015 de cette unité qui manque cruellement de médecins spécialistes et de radiothérapie, plus de 280 cancéreux ont été enregistrés à Tamanrasset, relève le président du conseil médical de cette structure hospitalière, Elias Akhamouk. “L’unité fonctionne avec un seul cancérologue. Si celui-ci décide de partir, les malades galèreront et on sera contraint de les évacuer de nouveau vers Alger ou Ouargla” regrette M. Akhamouk qui s’en est remis aux plus hautes autorités de pays pour se pencher sérieusement sur ce problème.
RABAH KARECHE

Un article du journal «Liberté Algérie» le 14 février 2018
https://www.liberte-algerie.com/centre/laven-de-tamanrasset-interpelle-de-nouveau-la-france-287084

AVEN : Association des Vétérans des Essais Nucléaires
Siege Social 44-A rue de la Favorite – 69005 Lyon –
Tél: 04 78 36 65 31
http://www.aven.org/
Un site riche en documentation sur les essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie

le 18 février 2018


Mar 29

Le réacteur nucléaire de Halden en Norvège : un danger pour l’Europe

Il n’est pas en fusion mais les autorités nucléaires l’ont trouvé
« dans un état très spécial »…

Le site European News Weekly a réalisé la traduction du rapport de l’autorité de sûreté norvégienne vers l’anglais.
Merci à Pierre FETET d’avoir réalisé la traduction vers le français de ce texte.
Je vous invite à le lire sur son site www.fukushima-blog: Cliquer ICI

En voici la présentation et le sommaire:

La pollution radioactive à l’iode 131 en Europe au début de l’année 2017 a permis de mettre en lumière l’activité d’un réacteur inconnu du grand public, le réacteur de recherche de Halden en Norvège. Bien qu’il ne puisse être tenu responsable du nuage radioactif qui s’est étendu de l’Espagne à la Norvège en janvier-février, on a appris grâce à l’ONG norvégienne Bellona que ce réacteur avait connu un « incident » en octobre dernier. La lecture d’un rapport de l’agence de sûreté nucléaire norvégienne daté du 13 février 2017 permet de se rendre compte du danger que font courir aux Européens les utilisateurs de ce réacteur. On s’éloigne un peu de Fukushima mais pas tant que ça car la problématique est la même : panne de refroidissement du réacteur, risque d’explosion d’hydrogène, rejet d’iode 131 et autres radionucléides cancérigènes, MOX, … ça ne vous rappelle rien ?
Pierre Fetet

  • 1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité
  • 2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »
  • 3. L’« Incident » du 24 octobre 2016
  • 4. Expérimentation de nouveaux combustibles
  • 5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?
  • 6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden
  • 7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets
  • 8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet évènement d’octobre 2016 ?
  • 9. Exiger des éclaircissements
  • 10. Annexes

Le 29 mars 2017


Mar 27

Essais nucléaires: Victoire de douze vétérans bretons

La cour administrative d’appel de Nantes a donné suite aux demandes de douze vétérans bretons d’essais nucléaires, ou à leurs ayants-droits : leurs cancers sont bien liés aux essais nucléaires en Polynésie française.

Un article du journal le Télégramme
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php

Le 28 février dernier, ils étaient présents à l’audience de la cour administrative d’appel. Des vétérans, ou leurs veuves et leurs proches. La plupart étaient venus du Finistère: Brest, Saint-Pol-de-Léon, Landéda, Concarneau, Loperhet, Saint-Thégonnec, Saint-Thonan, Lannilis. mais aussi des Côtes-d’Armor (Pléneuf-Val-André, Ploufragan et Plélo), du Morbihan (Marzan), d’Ille-et-Vilaine (Pleurtuit), et de Loire-Atlantique (Pontchâteau).

Le procès avait été l’occasion de revenir sur le quotidien de ces militaires et civils embarqués aux côtés de l’armée française en Polynésie française, dans les années 1960. À l’époque, on se baignait dans le lagon après les essais nucléaires, on buvait de l’eau contaminée après l’avoir passée dans un « bouilleur »…

98 % des demandes refusées

Au final, quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, avait rappelé le rapporteur public à l’audience. Et ce n’est qu’en 2010 qu’un régime d’indemnisation spécifique avait été créé, sur le principe de la « solidarité nationale.
Ce mécanisme était censé être favorable aux vétérans : c’était à l’administration de prouver que le lien de cause à effet entre les essais nucléaires et leur maladie était « négligeable« ; et non pas aux victimes de rapporter la preuve de leur contamination. Mais le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n’avait reçu qu’un millier de demandes, selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2015, alors que le gouvernement en prévoyait « vingt fois plus« . Surtout, il n’avait indemnisé que vingt personnes:

« 98% » des demandes ont été refusées, selon un magistrat de la cour administrative d’appel. Celle-ci a donc donné suite aux demandes présentées par douze vétérans ou leurs ayants-droits. Seuls trois requérants ont vu leurs requêtes rejetées mais ils seront en droit de déposer une nouvelle demande devant le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Celui-ci pourrait en effet les voir sous un jour plus favorable au vu de la loi publiée au Journal officiel le 1er mars dernier: elle supprime en effet le principe de « risque négligeable« , sur lequel s’appuyait le ministère de la Défense pour refuser l’indemnisation de ses anciens militaires.
Onze autres dossiers de vétérans bretons et normands devraient être examinés par la même cour administrative d’appel de Nantes le 28 mars prochain, a indiqué l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires).

Voir l’article original du journal Le Télégramme:
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php


Voir également le site de l’ Association des Vétérans des Essais Nucléaires (AVEN):
http://www.aven.org/
Bulletin AVEN N°4 décembre 2016
et aussi sur le site des témoignages, des livres etc…

Voir l’article de Vivre-apres-fukushima du 1° mars:
«Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

Le 27 mars 2017


Mar 01

Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

La suppression de la notion de «risque négligeable» dans la loi Morin est validée à Paris

PARIS, 6 février 2017 – A l’occasion des débats autour de la loi « Égalité réelle pour l’Outre-mer », sénateurs et députés ont entériné un changement radical dans le mode de calcul des indemnisations des victimes du nucléaire. Les élus ont supprimé la notion de « risque négligeable », ouvrant ainsi la voie selon eux à une « automaticité » des réparations financières.

Les négociations ont été ardues, tendues même, mais pour les élus polynésiens le résultat est là : un amendement est glissé dans la loi « Egalité réelle pour l’Outre-mer », pour supprimer de l’article 4 de la loi Morin le « risque négligeable » en matière d’exposition au nucléaire.

C’est jusqu’ici en arguant d’un « risque négligeable » d’exposition aux rayonnements ionisants que le Civen (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) a presque systématiquement retoqué les demandes des anciens travailleurs des sites nucléaires atteints d’une des 21 maladies reconnues comme potentiellement radio-induites, ou de leurs descendants.

Depuis 2010, sur les 1043 demandes d’indemnisation manifestées sous l’égide de la loi Morin, seules 54 ont définitivement obtenu gain de cause, soit directement devant le Civen: 19 dont 7 polynésiennes; soit à l’issue d’une procédure contentieuse devant la justice administrative (35).

Le combat a été rude , car en coulisses le gouvernement Valls a tenté de négocier un compromis jusqu’au dernier moment. La loi Morin, qui fixe les critères d’indemnisation devait initialement être amendée à la marge, via la modification d’un décret d’application. C’est le Conseil d’Etat qui a contraint le gouvernement français à passer par une loi afin de changer les dispositions de la loi d’indemnisations des victimes des essais nucléaires.

Ce facteur « risque négligeable », dans le mode de calcul du «Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire » (Civen), bloquait jusqu’ici toute indemnisation. Il était l’argument numéro un de l’administration pour donner un avis défavorable à l’immense majorité des 1 043 demandes déposées. La loi Morin n’a donné lieu à l’indemnisation que de 19 victimes, dont sept polynésiennes.
Avec les nouvelles règles, de nombreux critères comme le type de maladie, le lieu où elle s’est déclarée et bien sûr la date (entre 1960 et 1996) demeurent. Mais la majorité du millier de dossiers examinés jusqu’ici pourrait connaître une issue favorable. Lorsque la loi « Égalité réelle pour l’outre-mer » sera promulguée, il existera au contraire du « risque négligeable » une « présomption de causalité » entre l’exposition aux radiations et le cancer déclaré chez les travailleurs des sites nucléaires ou leurs ayants droit.

Désormais, aucun malade ne devrait plus s’entendre dire : « Le risque que votre cancer soit dû aux tirs de bombes atomiques dans votre archipel est négligeable. »

« Ce ne sont pas un ou deux tirs qui ont eu lieu chez nous mais 193, pendant trente ans. 46 d’entre eux ont eu lieu à l’air libre et cette phase a duré neuf ans, rappelait en séance la députée (UDI) de Polynésie Maïna Sage. Voilà à quoi ont été exposés les Polynésiens ! Le traumatisme est profond, il touche de nombreux sujets. Le préjudice est unique et mérite une place unique dans le droit français. Nous demandons le minimum : des actes clairs de réparation. C’est une promesse de François Hollande. »


Les articles dont j’ai fait le résumé ci-dessus:
http://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-la-suppression-du-risque-negligeable-validee-a-Paris_a157563.html
http://www.tahiti-infos.com/Suppression-du-risque-negligeable-le-president-du-Senat-apporte-son-soutien_a157746.html
https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/la-question-du-nucleaire-en-polynesie-nest-plus-negligeable


Documents

Voyez les témoignages rassemblés par l’assemblée de Polynésie française:
http://www.assemblee.pf/_documents/actualites_documents/livret_temoins_bombe.pdf

Le dossier de la CRIIRAD:
http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/dossierdepressepolynesie.pdf

Site officiel de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires:
http://www.aven.org/

L’article: «En Polynésie aussi on a été irradié»
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/en-polynesie-aussi-on-a-ete-irradie/
Publié le 18 avril 2013

Note:

Voyons comment cela va être appliqué. J’espère que les militaires présents aux tirs en Algérie, que les sous mariniers de Brest, que les militaires chargés d’entretenir les bombes nucléaires seront aussi concernés.


Nov 04

Marins américains contaminés-lettre au premier ministre japonais

Le gouvernement japonais tente d’influencer les tribunaux américains

Voici la traduction d’une lettre adressée au premier ministre japonais par Brian Victoria et publiée par le Japan Times.
La version anglaise du Japan Times




Le 2 novembre 2016

Le gouvernement japonais ne doit pas se mêler du procès des marins américains contre Tepco

[Lettre adressée au Premier Ministre japonais Shinzo Abe]

Monsieur le Premier Ministre,

Tout d’abord, je voudrais remercier le gouvernement japonais d’avoir finalement, après quatre longues années de silence, pris position concernant le procès mené aux États-Unis contre Tokyo Electric Power Company par plus de 450 marins, militaires et civils, qui se trouvaient à bord de l’USS Reagan et des vaisseaux militaires l’accompagnant au large du Tohoku après le 11 mars 2011.
Ces jeunes souffrent de sévères problèmes de santé résultant, selon eux, de l’exposition aux radiations subie pendant leur participation à l’Opération Tomodachi, la mission de secours humanitaire de l’armée américaine, lancée pour répondre au grand séisme et au tsunami qui avaient frappé le Japon de l’Est et les multiples fusions des réacteurs qui en ont résulté à la centrale nucléaire de Fukushima No.1 en mars 2011.

Si nous apprécions le fait que le gouvernement japonais ait reconnu officiellement l’existence du procès, le soutien inconditionnel que le gouvernement a apporté à Tepco est profondément inquiétant. Aujourd’hui encore, les personnels militaires américains se trouvent dans l’impossibilité de demander justice, parce que Tepco, avec l’appui du gouvernement japonais, se démène pour s’assurer que l’affaire ne soit jamais instruite dans un tribunal américain.

Le gouvernement a soumis un mémoire d’amicus curiae le 3 février à la Cour d ‘appel du neuvième circuit [cour d’appel fédérale des États-Unis, sise à San Francisco]. Un mémoire d’amicus curiae (littéralement « ami de la cour ») est un mémoire présenté par une partie qui n’est pas directement impliquée dans l’affaire, dans l’espoir d’influencer le résultat.
Ce mémoire contient deux points :

  • 1. «  le gouvernement du Japon a mis en place un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes de l’accident nucléaire de Fukushima. »
  • 2. « Les demandes de dommages et intérêts présentées dans des tribunaux hors Japon menacent la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement japonais. »

Prenons le premier point : Si le gouvernement japonais avait véritablement « un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes, » les soldats américains n’auraient pas besoin d’aller en justice. Toutefois, comme vous le savez, le gouvernement japonais et les services gouvernementaux n’ont pas, à ce jour, versé un seul yen à une victime de l’exposition aux radiations de Fukushima No.1 qui ne soit pas liée à Tepco. C’est notamment le cas des 173 enfants de la préfecture qui ont été opérés après un diagnostic de suspicion de cancer, et dont le cancer a été confirmé chez 131 d’entre eux.

Si le gouvernement japonais ne veut pas admettre que les souffrances de ses propres enfants ont été causées par l’exposition aux radiations, quelle chance peuvent avoir de jeunes Américains de voir reconnaître comme telles les maladies apparemment radio-induites dont ils souffrent, sans parler de se voir indemniser, au Japon ?

En outre, au moins sept de ces jeunes Américains auparavant en parfaite santé sont déjà morts et beaucoup d’autres sont trop malades pour se rendre au Japon même s’ils pouvaient se le permettre ; ils seraient encore moins en mesure de rester dans le pays durant les longues procédures juridiques qui, dans ce genre de cas, peuvent prendre des années à résoudre. Sans parler bien sûr du poids des coûts juridiques, les frais de tribunaux, d’avocats japonais, de traduction des documents pertinents, etc. Et n’oublions jamais, Monsieur le Premier Ministre, que c’est le gouvernement japonais qui a appelé ces militaires américains à la rescousse.

Quant au second point mentionné plus haut, j’admets que le procès des soldats américains menace « la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement du Japon. » Si par exemple un tribunal américain décidait d’attribuer les maladies des plaignants à l’exposition aux radiations, comment le gouvernement japonais pourrait-il continuer à proclamer qu’aucune des nombreuses maladies dont souffrent actuellement les enfants et les adultes de Fukushima n’a rien à voir avec les radiations ? Les soldats américains sont véritablement « le canari dans la mine de charbon » dans cette démonstration des effets dangereux de l’exposition aux radiations. Et ce canari, le gouvernement japonais n’a pas moyen de le contrôler.

Imaginons maintenant qu’un tribunal américain accorde une indemnisation de 3 millions de dollars par personne, pour les décès, actuellement au nombre de sept, des soldats américains irradiés ; et que le gouvernement japonais, quant à lui, continue de refuser d’indemniser les maladies radio-induites, ne parlons pas de morts, de ses propres citoyens. Il est certain que la « viabilité » (et la réputation !) du gouvernement japonais dans son refus obstiné d’admettre les problèmes radio-induits de ceux qui ne sont pas des employés de Tepco en prendrait un coup.

Permettez-moi pour terminer de rappeler qu’il y a un leader politique japonais qui a accepté d’engager sa responsabilité personnelle dans cette affaire de blessures infligées à des soldats américains. Je veux parler ici de l’ancien Premier Ministre Junichiro Koizumi qui, après avoir rencontré des soldats malades à San Diego en mai, a lancé un fonds destiné à couvrir un maximum des besoins médicaux de ces marins.

Heureusement, grâce au soutien de milliers de Japonais ordinaires, il a déjà réussi à lever 700 000 dollars, sur un objectif d’un million de dollars. Les larmes aux yeux, Koizumi a expliqué qu’il ne pouvait pas ignorer la souffrance de centaines de jeunes Américains en parfaite santé avant l’accident et qui ont de leur plein gré accepté de risquer leur vie pour venir en aide à la population japonaise.

Monsieur le Premier Ministre, je vous conjure de mettre fin au soutien juridique inconditionnel fourni par le gouvernement à Tepco. Et si le gouvernement japonais a une conscience, accordez immédiatement assistance médicale et indemnisation aux centaines de victimes américaines de l’Opération Tomodachi.

BRIAN VICTORIA
Kyoto


Traduction: «Fukushima is still news» – mise en page: «vivre après fukushima»
L’article original en anglais


Brian Daizen Victoria (Né en 1939 à Omaha, Nebraska) est professeur d’études japonaises à Yellow Springs, Ohio.
Il a étudié le Zen au monastère de Zen d’Eihei-ji. Il a été ordonné prêtre ZEN. Il tient un M.A. d’Études Bouddhiste du Sōt ō à l’Université de Komazawa de Tokyo.

Brian Victoria a manifesté contre la guerre du Viêt Nam.
Il a publié abondamment sur le rapport à la violence du Bouddhisme et de la religion en général; spécialement sur le rapport entre le Bouddhisme et le militarisme japonais pendant et après la Deuxième guerre Mondiale.

Le 04 Novembre 2016


Août 16

Fukushima – Arnie Gundersen: le monde en danger

Traduction de la video d’une conférence donnée le 29 Juillet 2016 en Californie.

La video: https://www.youtube.com/watch?v=Fm6X3zdZZVM
Le texte anglais original: http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education//world-in-danger

Arnie Gundersen est le directeur de l’association Fairewinds Energy Education,une organisation sans but lucratif fondée en 2008: «Notre mission est d’informer le public sur les problèmes causés par l’énergie nucléaire et les autres énergies.»


EEMCEE : Je vais commencer par une citation du célèbre philosophe américain W.C. Field qui a dit un jour« Il arrive une fois dans la vie où l’on doit prendre le taureau par la queue et regarder les choses carrément en face ». Et c’est ce que nous allons faire ce soir.
Alors, Arnie Gundersen, c’est à vous.

Arnie GUNDERSEN : Ce dont je voudrais parler, et Tim y a fait allusion, c’ est comment l’industrie nucléaire a réussi à formuler son argumentation sur le nucléaire avec tant de succès. Voiçi un livre: Ne pensez pas à l’éléphant. Quelle est la première chose à laquelle vous pensez ? A l’éléphant. Et la personne qui expose l’argument gagne généralement sur cet argument. Nous nous retrouvons étiquetés anti-nucléaires. Nous ne les appelons jamais zélotes du nucléaire. Ils ont été capables de formuler l’argument.

Voici un exemple:

Qu’est-ce qui est faux dans cette phrase : «L’accident de Fukushima s’est produit le 11 mars 2011»?
le public: «Il est toujours en cours»

– 1. Oui, Il est toujours en cours.

Quand l’industrie nucléaire parle de Fukushima au passé le nœud du problème est que la centrale saigne toujours dans le Pacifique et qu’il faudra cent ans et la moitié d’un trillion de dollars pour nettoyer; mais ils veulent que vous pensiez que c’est fini. Aussi, premièrement: l’accident se poursuit.

2. C’ est un accident mondial. Un accident, c’est quand tu conduis sur la route, qu’un hibou vole devant toi, heurte ton pare-brise et te sort de la route. C’est un accident. Tu ne pouvais pas le prévoir. Mais leur commission de la DIETE (la DIETE est leur parlement national) a affirmé que ce n’est pas un accident. Il a été causé par l’homme. Profondément causé par l’homme. Les ingénieurs le savaient depuis quarante ans.
Ainsi la mèche de cette bombe à retardement a été allumée en 1967 quand ils ont commencé à construire. Et ça a explosé en 2011, mais l’accident n’est pas un accident: C’est un désastre créé par l’homme. Aussi j’essaie d’éliminer ça de mon vocabulaire parce que j’ai été ingénieur et j’aurais parié que tout le monde appellerait ça un accident. C’est inculqué. Ce n’est pas un accident. C’est un désastre.

3. Et la dernière erreur est qu’on parle de « l’accident de Fukushima». Fukushima est une jolie préfecture et il vaudrait mieux que nous l’appelions l’accident de Fukushima Daiichi, ce qui signifie que c’est le premier site nucléaire construit à Fukushima; plus bas sur la route à environ six kilomètres se trouve Fukushima Daini. Ce serait comme parler de l’accident de Californie. Cela aurait un sens pour les habitants de la Préfecture de Fukushima que le désastre soit correctement appelé accident de Daiichi.

Mais poursuivons:
Il y a quatre points dont j’aimerais parler:

  • 1- Le premier est que les accidents nucléaires arrivent bien plus fréquemment que nos régulateurs voudraient que vous le croyiez, que nos politiciens voudraient que vous le croyiez et que l’industrie nucléaire voudrait que vous le croyiez.
  • 2- Avec le temps ces désastres sont devenus pires, pas moindres mais pires.
  • 3- La troisième chose est que, si grave que fut Fukushima Daiichi, ça aurait pu être pire.
  • 4- Et enfin c’est que ça frappe ici en Californie et sur la côte ouest, et que les radiations ne connaissent pas de frontières.

Aussi au cours de ma vie – voilà à quoi je ressemblais au sortir du lycée- regardez cette cravate, on dirait que j’avais une carpette ou quelque chose comme ça, ce gars était plus brillant que celui qui se tient devant vous, mais probablement un peu moins sage. Aussi je voudrais vous dire que ma sagesse peut avoir augmenté, mais mon intellect a peut-être diminué un peu. Mais au cours de notre parcours commun d’environ quarante étranges années, voici ce qui est arrivé:

  • Nous avons eu une fusion partielle à Three Miles Island.
  • Nous avons eu une fusion complète à Tchernobyl
  • Nous avons eu une fusion complète à Fukushima Daiichi unité 1
  • une fusion complète à Daiichi unité 2
  • une fusion complète à Daiichi unité 3

Ainsi dans ces 35 années depuis TMI à aujourd’hui nous avons eu cinq fusions.
Si vous prenez 35 divisé par 5, ce n’est pas sorcier, vous avez 7. Tous les 7 ans environ, environ tous les dix ans, vous avez une fusion.

C’est ce que l’histoire montre. Cependant, les régulateurs, et la Commission Régulatoire Nucléaire et l’industrie nucléaire ont dit aux politiques que les chances d’accident étaient de un sur un million.

Donc si vous prenez un million et que vous divisez par 400 centrales nucléaires, vous avez un accident, un désastre tous les 2.500 ans.
Mais l’histoire nous dit que c’est une fois tous les 7 ans, et cependant les régulateurs basent leurs processus de décisions sur une fois tous les 2.500 ans. Ceci montre comment l’industrie nucléaire a tordu l’argument, et, malheureusement, ça influence énormément nos élus. Qui, au Congrès, autoriserait à mettre en route Diablo s’il pensait qu’il y aurait fusion dans les 7 ans ? Ainsi, premier point,les décideurs sont dans un monde et les faits du monde réel sont dans un autre.

Le deuxième problème est que les accidents sont devenus pires, les désastres ont empiré. Le premier est TMI. C’était une fusion partielle – comme si on pouvait être partiellement enceinte !
L’équipe qui a pris cette photo – la façon de penser du pouvoir nucléaire est une histoire intéressante- l’a prise un an après l’accident, le désastre ! Environ un an après le désastre, ils ont plongé une caméra depuis le sommet du réacteur. C’est une histoire, d’après des personnes de l’équipe. Ils l’ont descendue à plusieurs mètres jusqu’où aurait dû se trouver le cœur du réacteur, et ils ne l’ont pas trouvé. Ils ont remonté la caméra et se sont dit qu’il y avait quelque chose de faux dans leurs mesures. Aussi ils ont re-mesuré le fil et l’ont plongée une seconde fois. Et ils n’ont pas trouvé le cœur. Et ils ont re-tiré la ligne et se sont dit «il y a quelque chose de faux dans nos mesures. Le cœur doit se trouver ici.» Ils l’ont replongée une troisième fois. Et ils ne l’ont pas vu. C’est à la troisième fois que la personne chargée de l’opération a dit : «mon Dieu, c’est une fusion!». Deux ans après, avec d’énormes émissions de radioactivité, le psychisme de l’industrie nucléaire était tel qu’ils ne voulaient pas s’avouer qu’il y avait eu fusion jusqu’à ce que cette image apparaisse.

Il n’y a pas que les fusions comme conséquences; il y a aussi les victimes. Si vous allez sur le site web de la Commission de Réglementation Nucléaire, personne n’a été blessé à Three Miles Island. Et, bien sûr, l’industrie dit ça aussi.
Voici le Dr. Steve Wing. Et la diagonale blanche qui court d’ici à là, voici Susquehanna River et là, Three Miles Island. Et Steve a regardé les données démographiques de décès par cancer du poumon dix ans après l’accident. Et il a clairement montré que les cancers du poumon dans la vallée de la rivière étaient horribles comparés à ceux des coteaux. Pourquoi ça ? Quand l’accident est arrivé, quand le désastre est survenu, quand la fusion s’est produite, il y avait inversion des températures ce jour-là et ça a maintenu les radiations dans la vallée. L’industrie nucléaire ne veut pas l’admettre et Steve a pris un tas de critiques, mais en fait c’est ce que disent les données. Des gens sont morts après TMI.

Voici une photo des restes du cœur du réacteur à Tchernobyl. On l’appelle le pied d’éléphant. Elle a été prise par un robot environ un an après l’accident – le désastre, la fusion- et ce pied d’éléphant est si radioactif que s’il était ici, nous serions tous morts en environ 2 minutes. Voilà la quantité de radiation qui s’échappe du pied d’éléphant en ce moment même. Mais nous avions une photo qui montre à quoi ressemblait TMI et à quoi ressemblait Tchernobyl deux ans après l’accident, le désastre.

La diapo suivante – et nous savons tous que l’Europe a été hautement contaminée suite à la fusion de Tchernobyl. Le Dr. Alexey Yablokov calcule que plus d’un million de personnes mourront des émissions radioactives. L’IAEA dit qu’environ 40 personnes sont mortes. Il y a une grande différence (10:54).

Maintenant rendons-nous à Fukushima Daiichi. Où sont les cœurs ? Personne ne sait. Cela fait cinq ans que le processus a commencé et nous n’avons même pas une photo qui montre où sont les cœurs nucléaires. La tendance est allée d’une fusion partielle à une fusion complète, à trois fusions complètes et – les niveaux de radiations sont si élevés dans ce bâtiment – que nous ne pouvons pas encore trouver les cœurs des réacteurs.

Diapo suivante. Voici une séquence vraiment rapide.
De gauche à droite Fukushima Daiichi unité 1 – déjà explosée- 2, 3, 4. Gardez l’oeil sur la 3, ici à droite.

Diapo suivante. Ceci ne peut pas arriver! Selon la Commission de Régulation du Nucléaire, vous ne pouvez pas avoir une explosion d’hydrogène et vous ne pouvez pas avoir une onde de choc de détonation dans une centrale nucléaire. Alors ne vous inquiétez pas. Ce que vous voyez ici n’est pas arrivé.

Mais l’exemple existe – Diablo Canyon ne peut pas résister à ça. Ce que dit la Commission de Régulation du Nucléaire c’est que ceci ne peut jamais arriver. Donc Diablo Canyon peut continuer à fonctionner.

Cette petite diapo montre l’éclatement initial de la première explosion – l’onde de choc de la détonation. Le reste, après, est balistique. Cela emporte juste le toit du bâtiment. Mais ne vous inquiétez pas, ça ne peut pas arriver à Diablo Canyon. Je vais cliquer dessus 21 fois (de 12:36 à 13:04). Ce n’est pas une onde de choc de détonation. Aucune enceinte de confinement au monde ne peut supporter l’onde de choc d’une explosion. Alors la solution des régulateurs est de présupposer qu’une onde de choc d’explosion ne peut arriver.

La diapo suivante montre un problème que les régulateurs ont réussi à traiter: Les enceintes de confinement ne fuient pas. Voilà les dômes de Diablo et San Onofre – cette chose qui ressemble à une demi-sphère. Voiçi le dôme de confinement. Et je discutais de ça – j’étais invité au comité consultatif de sécurité des réacteurs – les 17 sages qui guident la Commission de Régulation du Nucléaire – quatre mois avant Fukushima Daiichi. Et j’arguais que les enceintes de confinement fuient et qu’ils devaient changer la réglementation, spécialement pour un nouveau réacteur.
Après ça, le mois suivant, l’équipe de la NRC – 4 000 membres – a envoyé un document de synthèse à la NRC, ils disaient que le risque de fuite est de zéro.

Voici une photo infra-rouge de Fukushima Daiichi unité 3 environ un mois après l’accident nucléaire. Le désastre. La grosse forme vague est la piscine du réacteur qui bout et se mélange à l’air, et vous pouvez voir (il y a juste deux mots ici en anglais) : c’est à environ 62 degrés centigrades, ce qui signifie que les gaz qui s’échappent étaient à environ à 130 degrés (Farenheit). C’était un gros problème et c’était la même chose à l’unité 4 et dans les autres unités.
Les piscines des réacteurs bouillaient. Mais ce n’est pas le point-clé ici. Vous voyez ce petit point juste ici ? Il indique 128° (Centigrade). Ce qui signifie environ 252 degrés (Farenheit). Vous vous souvenez, l’eau bout à 100° en conditions atmosphériques. Ce qui me dit que l’enceinte de confinement fuyait comme une passoire.
L’enceinte de confinement de Fukushima Daiichi unité 3 n’est pas étanche. Encore un des problèmes que la NRC a mis de côté. Il y a eu des communications entre la NRC et les gens à Tokyo et ils estimaient que le confinement fuyait à 300 pour cent par jour. Si ce chiffre était appliqué à Diablo Canyon il devrait fermer immédiatement parce que selon l’analyse de l’accident – je peux l’employer parce que ce sont les termes de la NRC – ils présupposent seulement un dixième de pourcent par jour. Ceci est un autre exemple de la façon dont l’industrie envoie son argumentation.

Ensuite,voici un morceau de combustible nucléaire. C’est dans un microscope à balayage électronique fait par Marco Kaltofen à Worcester Polytechnic. Ce qu’il y a de fascinant, c’est que ça a été trouvé à environ 300 km de Fukushima Daiichi. Donc un accident/désastre ne se limite pas aux limites de la centrale. Et si ceci a été ramassé dans un sac d’aspirateur, si c’est dans le sac de l’aspirateur, c’est dans vos poumons parce que vous inspirez tout ce qui remonte du sol.

Diapo suivante : des filtres à air de voiture. Chacun de ces points noirs est une particule radioactive. Si vous regardez de près (nous avons un grand projecteur de diapos en ce moment) nous avons une particule radioactive sur un filtre à air de voiture à Seatle – mais ceux de la ville de Fukushima sont d’évidence les pires. Et une voiture respire exactement la même chose que les personnes. De sorte que – Dieu nous aide quand ces gens auront 10 ou 15 ans et quand nous commencerons à voir une incidence accrue des cancers du poumon comme Steve Wing l’a découvert à TMI. Mais, selon la NRC, TMI n’a pas eu lieu non plus, OK.

La dernière de cette série:

– Fairewinds a demandé des chaussures d’enfants. Et nous avons reçu 7 paires de chaussures d’enfants de Fukushima et les avons comparées avec 7 paires de chaussures d’enfants des Etats Unis. Et basiquement les chaussures de droite sont à la limite inférieure de détection, c’est le mieux que puissent faire les instruments. Les chaussures des enfants des EU sont vraiment propres. Et les chaussures des enfants japonais sont chargées de césium. Bon, que font les enfants ? Ils lacent leurs chaussures et mettent leurs mains dans leurs bouches, ceci partout au Japon.

Donc la seconde conclusion est que nous sommes allés d’une fusion partielle à une fusion totale puis à trois fusions totales. Et les conséquences empirent et la fréquence des accidents augmente. Ce n’est pas une bonne tendance.
Et ça va empirer à mesure que les centrales vieillissent
.

Diablo a plus de 30 ans de fonctionnement, mais ils avaient construit le réacteur avant ainsi que d’autres choses qui ont ralenti la construction. Il s’agit d’une technologie des années 60 et d’un béton des années 60 et à mesure que les choses vieillissent, elles finissent par casser. Mon corps me le dit. Conséquence numéro deux: la fréquence des désastres et la gravité des désastres augmentent.

La troisième partie tourne autour du point clé du pouvoir nucléaire que personne ne veut vous voir connaître:

Actuellement nous savons tous que quand un atome d’uranium se divise en deux, il dégage des quantités d’énergie.
C’est ce qui rend la puissance nucléaire si cool et c’est ce qui fait exploser les bombes atomiques.
Prenez de l’uranium, divisez-le en deux et vous obtenez des quantités d’énergie. Si ça s’arrêtait là, nous n’aurions pas de problème à Daiichi. Mais ça ne s’arrête pas là, et c’est ce dont ils ne vous parlent pas.

La réaction nucléaire en chaine du coeur – libère seulement 93% de la chaleur. Les autres 7% proviennent des parties qui l’entourent, ici et là. Elles restent physiquement chaudes et radioactivement chaudes pour des centaines d’années (19:41). Donc quand Fukushima Daiichi a été arrêté en sécurité, ça a arrêté la réaction en chaine. Il n’y avait plus d’atomes d’uranium qui se divisait. Mais les pièces qui étaient à côté continuaient à malaxer 7% du problème.
7% ne semblent pas un gros morceau, sauf que – regardons Daiichi unité 2 – qui faisait 4 millions de chevaux. 7% de 4 millions de chevaux sont 270 000 chevaux de chaleur à dissiper et le cœur du réacteur est seulement de 12x12x12. Alors pensez à 270 000 chevaux dans un espace de 12x12x12 et qui doivent être dissipés et ne le peuvent pas.

Ce qui est arrivé à Daiichi fut que (vous l’avez tous appris) la vague est arrivée, a frappé les diesels et parce que les diesels ne pouvaient tourner, il n’y avait plus d’eau pour refroidir. C’est vrai, mais même si les diesels avaient été au sommet de l’Empire State Building, Daiichi aurait quand même connu la fusion, voici pourquoi. Le long de la rive il y a un tas de décombres: ce sont les pompes de refroidissement destinées à dissiper un quart de millions de chevaux pour chaque réacteur. La vague a détruit les pompes de refroidissement. Nous appelons ça perte du dissipateur thermique principal: PDTP (LOUHS). Aussi, ça n’a pas d’importance et les gens diront qu’à Diablo le bâtiment du réacteur est à 24 ou 27 mètres. Les pompes de refroidissement sont au niveau de l’eau. Si un tsunami survenait, il ne frapperait pas le bâtiment mais les pompes le long de l’eau. Et l’industrie nucléaire a énoncé le problème ainsi : «Nous n’avons pas de problème à Diablo puisque nous sommes sur le haut de la falaise». Les pompes ne sont pas sur la falaise, parce que si elles y étaient, elles ne pourraient pas pomper l’eau. Les pompes sont en bas, au niveau de l’eau et c’est un problème critique qui n’a jamais été soulevé. De ce point de vue Fukushima aurait pu être pire. Quand le tsunami est survenu, il a frappé presque toutes les pompes. Une pompe a survécu à Daiichi, une paire plus bas à Daini. Mais 14 réacteurs nucléaires ont perdu leur eau de refroidissement. 14 réacteurs qui ont perdu leur eau de refroidissement ça signifiait que 24 diesels n’ont pas pu démarrer. (il y en avait 37 ). Ils avaient seulement 12 pompes pour refroidir 14 réacteurs nucléaires. Et si ça avait été pire d’un poil, nous n’aurions pas eu 3 fusions comme à Daiichi, mais 14.
Et ce n’est pas un problème qui concerne le seul Japon. C’est le genre de problème qui concerne l’hémisphère nord. Donc la question de la chance y joue un rôle important.

Daiichi aurait pu être bien pire. Ce fut un échec technique complet. Chaque système qui avait été conçu pour fonctionner ne l’a pas fait.

Et nous devons notre vie dans cet hémisphère au courage de deux centaines d’ouvriers japonais. Ainsi le courage est crucial ici. Le dirigeant de la centrale était très respecté par les gens, et quand il resta, ils restèrent. Aussi je dédie toujours mes débats à cette centaine de personnes – nous les appelons les Cinquante de Fukushima. Il y eut probablement plus de 50 mais moins de 200 personnes qui restèrent et qui ont maintenant des leucémies comme résultat. Premièrement.

L’autre chose est la chance. Quand cet accident arriva, quand ce désastre arriva, le vent soufflait vers la mer à peu près 80% du temps. Maintenant, si le vent avait soufflé dans l’autre sens comme il le fait pendant quelques saisons au Japon, le Japon aurait été coupé en deux par l’émission des radiations de ces trois réacteurs nucléaires. Vous auriez eu le Japon du Nord, le Japon du Sud et cette ceinture inhabitée au milieu. La chance tient à ce que le vent soufflait dans la bonne direction. L’autre aspect de la chance est que ceci eut lieu pendant le jour. Il y avait 1 000 personnes ce Vendredi, y compris les cadres dirigeants. Si c’était arrivé douze heures plus tard, au milieu de la nuit, il y aurait eu 100 personnes, et pas de cadres. Et l’infrastructure pour qu’ils aillent au travail détruite. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient sauter dans la voiture et conduire pour aller secourir la centrale. Ils n’auraient pas pu se rendre sur place parce que l’infrastructure pour s’y rendre était détruite. Donc si ce n’avait pas été deux centaines de personnes courageuses et la chance de 12 heures de différence quand le tremblement de terre et le tsunami ont frappé, le désastre à Daiichi aurait éliminé le Japon et hautement contaminé l’hémisphère Nord également.

C’est le commentaire de Naoto Kan sur l’accident. Naoto Kan était le premier ministre au moment de l’accident, et il a dit : « Notre existence en tant que nation était en jeu ». A mettre en parallèle avec ce que dit Gorbatchev dans ses mémoires. Gorbatchev dit que l’Union Soviétique ne s’est pas écroulée à cause de la pérestroïka mais à cause de Tchernobyl. Ainsi les deux premiers ministres qui ont vécu ça – l’un élu démocratiquement, et l’autre un dirigeant communiste – en viennent aux mêmes conclusions qu’une technologie est capable de détruire un pays du jour au lendemain. Contrairement aux autres choses avec lesquelles nous vivons, le pouvoir nucléaire peut détruire le tissu d’un pays du jour au lendemain.

Diapo suivante : le pouvoir nucléaire est-il trop grand pour faire faillite ? Ce serait
l’image que je pense que vous avez quand vous regardez sa structure robuste. Mais en fait nous avons vu, maintenant trois fois, à Daiichi 1, à Daiichi 2 et à Daiichi 3, que c’est faux. J’aime le dire ainsi. Tôt ou tard, dans tout système à l’épreuve des fous, les fous vont dépasser les limites.

Dernier point : qu’est-ce que ça signifie pour la Californie et la côte ouest ? Cela signifie que la radiation ne connait pas de frontières. Elle ne s’y arrête pas – c’est un accident japonais et la radiation dit «oh ! je dois revenir derrière la ligne et revenir au Japon». Non. Nous sommes tous embarqués dans cette affaire. La radiation ne connait pas de frontières. Ce que j’ai été capable de faire est de mettre ici cette petite diapo qui explique l’impact sur la Californie mieux que tout à ce que je vois. La fusion à Daiichi fait relâcher 400 tonnes d’eau par jour dans le Pacifique. TEPCO en recueille frénétiquement dans tous ces réservoirs. Ces trucs bleus et argent. Ils n’étaient pas là quand la centrale a été construite mais ils construisent une citerne tous les deux ou trois jours essayant frénétiquement de récupérer l’eau, et cependant 400 tonnes coulent dans le Pacifique.
Qu’est-ce que ça signifie ? C’est l’équivalent de la charge de 25 000 tracteurs de liquide radioactif pompé dans le Pacifique. Et ça n’a pas cessé. Ceci pour les quatre premières années. Parlons de ce que ça signifie.

Seriez-vous inquiets de vivre en Californie ? Je vais utiliser ce cube comme exemple. Ce cube fait 10x10x10. Donc 10x10x10 ça fait 1 000 morceaux dans ce cube. Quand j’étais à l’école on nous disait la dilution est la solution à la pollution. Et je pense que le problème de Daiichi est que nous vivons dans un monde terriblement trop petit pour diluer. Regardons le premier gros bloc de 10x10x10. Disons que chaque partie est un rem. Un REM est une unité – Roentgen equivalent man – c’est une unité de radiation. On peut parler en Sieverts, 1 000 rems sont 10 Sieverts. J’ai été éduqué en REM aussi je parlerai en REM. Un millier de REM – si je vous ai donné un cube – voici votre cube d’un millier de REM – vous êtes mort en une heure. Maintenant prenons-en un dixième. Divisons le cube en 100. Maintenant, c’est 10x10x1. C’est un cube de 100 REM. Si je donne 100 REM aux 10 premières personnes ici, une sur 10 mourra de cancer. Nous appelons ça la théorie du modèle de radiation sans valeur seuil. Ce que ça signifie c’est que, si je continue de diviser ce bloc je n’arrive jamais à un point où il y ait une dose minimum qui ne cause plus de souci. Quelqu’un aura un cancer par cette radiation. Nous sommes arrivés à 100 REM. Une personne sur dix exposée à 100 REM mourra du cancer. Descendons un peu plus – jusqu’à 10 – donc 10x1x1 – donc 10 REM. Et si j’étends ça à tout le monde dans cette salle, il y aura une augmentation : un d’entre vous aura un cancer à cause de cette radiation.

Mais ce qui se passe ici, et je pense que vous pouvez deviner que les gens de la politique officielle comptent sur le fait que, de toute façon, 40% des Américains meurent de cancer. Aussi pour extraire cette personne des 40 est épidémiologiquement très difficile.
Plus c’est dilué, moins probablement vous saurez qui va mourir du cancer. Mais vous pouvez être sûrs que quelqu’un en mourra.

La dernière diapo va dans le même sens. Ainsi à mesure que la radiation est diluée, ça ne signifie pas qu’elle atteint un niveau minimal et que tout le monde est sauf.
Quand ils disent que le poisson dans le Pacifique est sauf, en fait ce n’est pas vrai. Ce qui arrive est qu’il y a environ 2 milliards de personnes dans le Pacifique et qu’il y a toute une foule de ces cubes de 10x10x10 jetés dans le Pacifique. Ce qui se passe c’est que l’incidence des cancers diminue si bien (en cas de dilution – ndr) qu’il est extraordinairement difficile pour un épidémiologiste de les détecter dans une population. Mais il y aura des milliers et des dizaines de milliers de cancers, vous pouvez compter là-dessus. Nous ne savons pas qui. Est-ce que Fukushima cause des cancers dans le Bassin Pacifique ? Absolument. Aussi quand j’entends des officiels de santé publique dire: «bon ce poisson n’a que 10 Becquerels, par conséquent on peut le consommer», ce n’est vraiment pas ce qu’ils devraient dire. «Ce poisson a 10 Becquerels et si vous avez un cancer, nous ne pourrons pas prouver que ça vient de Fukushima»: c’est la vraie façon dont le communiqué devrait être rédigé. Alors, seriez-vous inquiet ? Personnellement, j’ai pris la décision de ne pas manger de poisson du Pacifique jusqu’à ce que les régulateurs mesurent le poisson et me disent ce qu’il y a dedans. C’est une décision personnelle mais il y a des gens qui mangent ce poisson.

Il y a un phénomène nommée bioaccumulation à laquelle la dilution n’est pas reliée. A mesure que cette radiation se propage dans l’environnement, elle est capturée par les algues. Nous en avons déjà trouvé des concentrations dans les algues. Puis les bestioles qui mangent les algues en concentrent plus. Tout à fait comme le mercure et le saumon – vous savez comment il chemine dans la chaîne alimentaire. Et avec le temps nous verrons l’augmentation de la concentration des radiations au sommet de la chaîne alimentaire – le saumon, le requin, le thon, etc. Aussi la la dilution est une solution à la pollution qui présume que c’est dans l’eau et qu’il n’y a pas bioaccumulation, ce qui aggrave le problème. Bon, tout va bien merci.

Comme nous disons sur le petit bouton ici, les radiations ne connaissent pas de frontières (32:33 Demande de retour sur une diapo). Ce qui arrive ici, c’est que la concentration des radiations à Daiichi était importante, mais quand elle atteint le Pacifique au fil du temps, elle se dilue. Mais le même nombre d’atomes est en jeu. Ce que vous voyez dans le Pacifique maintenant: le centre Pacifique, est relativement peu contaminé par rapport aux iles Aléoutiennes jusqu’à la côte de Vancouver et de Californie. Et ça continuera de progresser vers le Sud jusqu’à l’équateur environ et cela recommencera sa rotation. Mais la source ne diminue pas. Ken Beussel (?33:18) et moi avons des désaccords, mais une chose sur laquelle je suis tout à fait d’accord avec lui est que les concentrations dans le Pacifique montrent clairement que la centrale continue de saigner dans le Pacifique. Si ça avait été un événement unique – si c’était arrivé le premier mois, puis résolu, nous ne connaitrions pas ce problème aujourd’hui. Aussi le fait que Fukushima continue de saigner dans le Pacifique est, je pense, une des questions-clé pour l’institut océanographique de Woods Hole – qui fut le premier à la poser – je leur tire mon chapeau.

1- TMI : Three Miles Island : centrale nucléaire américaine qui a connu une fusion du coeur.
2- NRC ou CRN : commission de régulation nucléaire
3- Diablo Canyon: centrale nucléaire située en bord de mer en Californie, dans une zone très sismique.

EON, California
Videos & Audio

Traduction: Le blog du non:
https://blogdunon.wordpress.com/2016/08/04/fukushima-arnie-gundersen-le-monde-en-danger/
Mise en page: Vivre-après-Fukushima.

Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a étudié à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de la Commission de l’énergie atomique pour sa maîtrise en génie nucléaire. Arnie détient un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire. Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie a également géré et coordonné des projets dans les centrales nucléaires des années 70 aux États-Unis.
Fairewinds Energy Education · 70 S Winooski Ave, 289, Burlington, VT 05401, United States
http://www.fairewinds.org/

le 16 août 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Juil 06

Le «Risque négligeable»: applications pratiques:

IL DÉCÈDE SANS AVOIR PU ÊTRE INDEMNISÉ « GRÂCE » À LA NOTION SCANDALEUSE DE « RISQUE NÉGLIGEABLE »

Un article de la «voix du Nord» (que nous signale le site: http://savoie-antinucleaire.fr/)

Mort sans indemnité

Le tribunal administratif de Lille examine ce mardi trois dossiers de victimes d’essais nucléaires qui contestent le rejet de leur demande d’indemnisation. Parmi eux Guy Berlivet, de Lumbres, se bat depuis six ans pour être reconnu. Du 1er mars 1966 au 22 mars 1968, Guy Berlivet servait sur l’Anjou, le Guyenne. Il était cuistot sur ces navires ravitailleurs de la Marine, dans le Pacifique, entre Mururoa et Hoa. Précisément à l’endroit et à l’époque où la France procédait à ses premiers essais nucléaires, il y a 50 ans tout juste, de l’autre côté du monde. « On avait 20 ans, on était heureux, un peu inconscient. Tout ce qu’on voyait, c’était qu’on était au milieu du Pacifique, dans un cadre magnifique. » Même les champignons nucléaires – « l’éclair blanc » – ont quelque chose de magique à l’époque. « On n’avait aucun équipement particulier, il n’y avait pas de précautions, j’étais torse nu dans ma cuisine où l’eau de mer rentrait facilement. »

Des années plus tard, le nucléaire n’a plus rien de magique aux yeux de Guy Berlivet. Depuis la fin des années 1990, il souffre d’un cancer de l’œsophage, lui qui revendique n’avoir jamais fumé. À ce titre, et parce que la loi met alors en place en 2010 une commission d’indemnisation pour les victimes d’essais nucléaires, il fait une demande d’indemnisation.

Requête rejetée en 2011, alors que le cancer de Guy figure bien sur la liste des 21 cancers radio-induits et qu’il était bien sur place à la période couverte par la loi. « L’article 4 de la loi Morin pour l’indemnisation introduit la notion de risque négligeable. Les juristes de l’État se sont engouffrés dans la brèche », explique Me Glinkowski, l’avocat de Guy Berlivet.

Le ministère de la Défense considère en effet qu’en tant que cuisinier, son client n’aurait pas été exposé directement. En 2012, il conteste cette décision devant le tribunal administratif de Lille. Le début d’un processus long de quatre ans pour arriver jusqu’à l’audience de ce mardi. Le tribunal peut confirmer la décision de la commission d’indemnisation ou lui demander de revoir sa copie, voire indemniser directement Guy Berlivet. « Je n’ai plus de vie depuis 15ans. Je dors assis, je suis sous médicaments… », soupire l’Audomarois, fatigué d’attendre.

Indemnisation : parcours du combattant

La loi Morin pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires de janvier 2010 aurait dû être une avancée. « Elle est en fait un fiasco », martèle Pierre Marhic, président de l’ANVVEN, une des associations de défense des victimes. « 1 059 dossiers ont été déposés devant la commission d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). Nous en sommes à 20 indemnisations. C’est un parcours du combattant, avec des frais de justice à la charge des victimes. »

Le parcours du combattant tourne même au chemin de croix, parfois. Le 6 octobre dernier était examiné au tribunal administratif de Lille le cas de Bernard Bertin, originaire de l’Audomarois. Il est décédé trois jours après l’audience, des suites d’une leucémie. Le 20 octobre, le tribunal ordonnait à l’État de revoir son évaluation du dossier. Décision dont le ministère a fait appel. (NDLR: appel inhumain!!!)

« Souvent, les victimes répondent aux trois critères définis par la loi : avoir été dans la zone géographique des essais, à la période où ils avaient lieu et souffrir d’un des 21 cancers radio-induits », poursuit Pierre Marhic. « Le problème, c’est l’article 4 de cette loi, qui introduit la notion de risque négligeable. La CIVEN introduit un calcul de probabilité qui rend la causalité nucléaire du cancer faible et qui finit par évincer tout le monde, à mon avis pour des raisons budgétaires. 150 000 personnes, militaires et populations locales, sont potentiellement concernées. »

Cet automne, Manuel Valls reconnaissait que le nombre de victimes indemnisées était faible. Un comité de suivi autour de Marisol Touraine a été mis en place. « Il y a une volonté de dialogue, d’assouplir les conditions. Au-delà, c’est une reconnaissance de la Nation qu’on veut, pas être rejetés comme des fauteurs de trouble. »

L’article original sur «La Voix du Nord»,
Publié le 04/07/2016 PAR SÉBASTIEN LEROY
http://www.lavoixdunord.fr/region/depuis-six-ans-il-tente-d-etre-reconnu-victime-des-ia37b48522n3613694


EN POLYNÉSIE:
BARILLOT VEUT UNE LOI MORIN CALQUÉE SUR LE SYSTÈME AMÉRICAIN

À quelques jours de la présentation de la proposition de décret venant modifier la loi Morin, Brunot Barillot a exprimé sa volonté de voir les conditions d’éligibilité à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français s’inspirer du modèle en vigueur aux États-Unis.

Trois jours après la commémoration des 50 ans du premier des 193 essais nucléaires français opérés sur le fenua, un projet de décret sera présenté à Paris, mercredi, par la ministre des Affaires sociales, lors d’une réunion de la commission consultative de suivi des essais nucléaires. Réunion à laquelle participeront le Président Edouard Fritch mais aussi les présidents d’associations Roland Oldham et père Auguste.

Bruno Barillot, le « monsieur nucléaire » du fenua, a confié à Tahiti Nui Télévision son souhait de voir les conditions d’éligibilité à l’indemnisation des essais nucléaires français calqués sur le système américain. « La loi américaine fonctionne sur ce principe de présomption, c’est à dire qu’il faut être atteint d’une des maladies de la liste et avoir été sur les sites ou à proximité des sites, c’est à dire ici, sur l’ensemble de la Polynésie. Dans la mesure où on remplit ces deux conditions, on est éligible pour une indemnisation et il y a une commission qui se réunit pour fixer le montant de l’indemnisation. »

En effet, aux États-Unis, 51% des demandes d’indemnisations des vétérans des essais réalisés dans le Nevada et 80% des demandes formulées par la population riveraine ont abouti, contre à peine 2% en Polynésie.

Concernant le devoir de mémoire, Bruno Barillot, que la rumeur voudrait voir réintégré au poste de délégué polynésien pour le suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, « pense qu’il faudrait qu’il y ait un lieu où toutes les générations polynésiennes puissent s’informer sur ce qui s’est passé pendant la période du CEP [Centre d’expérimentations du Pacifique]. Le déroulement des essais mais aussi ce que vivait la population polynésienne à cette époque. » Il attend de pied ferme la création d’un musée, « Un lieu qui soit digne et qui soit aussi pris en charge par l’État puisque c’est une promesse de François Hollande. »

Les indemnisations en chiffres

En tout le CIVEN a examiné 1043 demandes d’indemnisations dont moins d’une centaine formulées par des polynésiens. Le CIVEN a accordé 20 indemnisations dont 7 pour des Polynésiens. Les autres dossiers ayant été rejetés car les risques engendrés par les essais nucléaires étaient considérés comme «négligeables» .

Chaque année, la France prévoit dans son budget 10 millions d’euros pour l’indemnisation des victimes des essais, mais elle ne débourse que 270 000 euros par an, en moyenne, depuis 2010, soit 2,7% des crédits alloués.

Un article de TNTTV.pf: Rédaction web (interview Thierry Teamo et Mike Leyral)
L’article original : http://www.tntv.pf/Barillot-veut-une-loi-Morin-calquee-sur-le-systeme-americain_a12657.html


Voyez les témoignages rassemblés par l’assemblée de Polynésie française:
http://www.assemblee.pf/_documents/actualites_documents/livret_temoins_bombe.pdf

Le 06 juillet 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Avr 05

Oleg Veklenko, liquidateur à Tchernobyl

Le 3 avril 2016 à Darnieulles, dans le cadre des évènements promus par l’Appel du 26 avril, Vosges Alternatives au Nucléaire a accueilli Oleg Veklenko, liquidateur ukrainien de Tchernobyl .
Il raconte la vie des liquidateurs sur le site de la centrale détruite à l’aide de nombreuses photographies

Conférence de Oleg Veklenko, liquidateur ukrainien de Tchernobyl, sur les hommes qui ont sauvé l’Europe d’un enfer radioactif

https://youtu.be/3TDQBDWiqSI (première partie)
https://youtu.be/hBRVUrOKPdQ (deuxième partie)

Conférence de Jocelyn Peyret sur la lutte des aborigènes australiens contre les mines d’uranium
https://youtu.be/DW_m34MjEgU

Conférence de Claude Kaiser sur un scénario de sortie du nucléaire en moins de 10 ans
https://youtu.be/kNPn_3jECVM


Vous pouvez encore rencontrer Oleg Veklenko jusqu’au 15 avril.
Se reporter au programme ci-dessous

Mardi 5 avril à 20h – Nevers 58000 Salle Stephane Hessel
20 Rue Henri Bouquillard,

Mercredi 6 avril à 20h – Valence 26000 à la MJC du Grand Charran
61 avenue du Grand Charran à Valence

Jeudi 7 avril à 20h – Le Puy en Velay 43000 à la Biocoop
34 route de roderie

Vendredi 8 avril à 20h – Clermont-Ferrand 63000 Salle Multi média
3 Rue Léo-Lagrange 63000 Clermont-ferrand

Samedi 9 avril 20h30 – Léguillac de Cercles 24340 Salle des fêtes

Dimanche 10 avril 17h Moulidars 16290 Ferme-Théâtre de Malvieille
Le Cluzeau

Lundi 11 avril 20h – Poitiers 86000 Le Local
16 rue St Pierre le Puellier

Mardi 12 avril 20h – Alençon 61000 Arts Terre Native
http://www.asso-atn.org/

Mercredi 13 avril 20h30 – Paris 75012 la M.E.O 3 passage Hennel
http://www.sildav.org.

Jeudi 14 avril 20h ! Montreuil 93100 La Guillotine
24 rue Robespierre
http://la-guillotine.fr

Vendredi 15 avril Colloque de 10h à 19h (ELENA à 18h) Paris 75013 INALCO Auditorium
65 rue des Grands Moulins.


Fév 20

116 cas de cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima

Selon les officiels: toujours rien à voir avec l’accident nucléaire de Mars 2011

Un nouveau cas de cancer de la Thyroïde a été constaté chez un jeune de la préfecture de Fukushima. Cela porte le nombre total à 116 chez les enfants et jeunes adultes qui avaient 18 ans ou moins lors de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011. L’enquête concerne environ 380 000 jeunes. Aucun cas n’a été constaté chez les nourrissons.
La commission d’enquête sur la santé de la préfecture affirme que ces 116 cas ne sont pas liés à la catastrophe nucléaire.

Une information du journal Asahi Shimbun du 16 février 2016
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201602160050


Notes

– Ces conclusions officielles sont contestées par une équipe d’épidémiologistes japonais dirigée par le Pr TSUDA. Voir une présentation des travaux du Pr Tsuda traduite en français par l’ACRO

– L’ACRO vient de publier un intéressant bilan sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Je vous invite à le télécharger et lire ICI

Le 20 février 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

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