Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Déc 08

Fukushima est un problème mondial de sécurité

De Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse

Le 1 Novembre 2015

Préface

L’absence de signification donnée à la crise de Fukushima forme un contraste frappant avec la gravité de cette crise.
Indéniablement, Fukushima est maintenant un problème mondial de sécurité.

La contamination de l’océan pacifique et de l’atmosphère par les rayonnements ionisants issus des réacteurs nucléaires détruits de Fukushima reste imparable; elle menace la côte Ouest des États Unis. Le Japon devrait faire le maximum d’efforts pour faire face à la crise de Fukushima en se retirant des jeux olympiques de Tokyo qui disséminent la fausse impression que Fukushima est sous contrôle.

La détérioration de la situation à Fukushima

Le Japon est confronté aux conséquences d’un accident encore jamais vécu par l’humanité: la destruction et la fusion simultanée de 3 réacteurs nucléaires commerciaux.
Quatre ans et demi après la catastrophe du 11.3, il est démontré qu’un acccident nucléaire grave ne peut pas être contrôlé par un seul état. Le gouvernement japonais est déterminé à redémarrer ses réacteurs et à exporter la technologie nucléaire sans avoir élucidé pleinement les causes de l’accident.

La majorité des japonais critique sévèrement cette conduite, la jugeant immorale et irresponsable. La question est posée de savoir si le Japon a l’aptitude à la gestion et les capacités nécessaires pour faire face à cette crise qui couve.

Les coeurs fondus des réacteurs des unités 1,2 et 3 restent inaccessibles à cause des niveaux de radiations mortels qu’ils émettent; elles détruisent même les robots qui sont envoyés pour les localiser et les inspecter. Leurs cuves de confinement nécessitent un constant flux d’azote de façon à maintenir de faibles concentrations en Oxygène pour prévenir des explosions d’Hydrogène.

Le territoire japonais pourrait devenir inhabitable sur une grande étendue si les barres fondues de combustible nucléaire se trouvaient exposées à l’atmosphère à travers de fissures dues à un énorme tremblement de terre ou à cause de la liquéfaction des sols du site qui provoqueraient l’effondrement et des brèches dans les piscines de combustible usé.

Le problème des travailleurs sur le site est très grave. Le nombre moyen de travailleurs chaque jour est maintenant de plus de 7.000. Mathématiquement cela nécessite plus de 2,5 millions de travailleurs chaque année.[voir note] Le démantèlement des réacteurs sur le site prendra polusieurs dizaines d’années. Cela fait frémir.

Le premier redémarrage a eu lieu sans que la sécurité soit pleinement assurée et sans que des systèmes fiables d’évacuation des résidents soient établis.

L’ensemble du Japon est menacé par une dégradation de la situation des barres de combustible fondues; celles-ci continuent de diffuser largement de grandes quantités de dangereux radionucléides dans la mer et dans l’atmosphère. L’émission continue de vapeur évoque la possibilité du retour d’une situation de criticité sur le site.La nécessité d’une expertise internationale concernant la suspicion d’un retour de criticité sur le site est indéniable; cela devrait mener à une coopération internationale, indispensable pour pour faire face efficacement à l’accident.

La contamination continue de la mer sans aucune perspective de solution déshonore le Japon, ce qui fait qu’il est critiqué car il nuit à l’environnement mondial. En dépit de tout cela, on tente honteusement de cacher Fukushima.

Les jeux olympiques de Tokyo ont été décidés avec la fausse assurance que Fukushima avait été mis sous contrôle.

Le monde est menacé par la dissémination de la contamination

Récemment, un fort typhon a touché l’Est du Japon, provoquant des innondations telles qu’on n’en avait pas vues depuis 50 ans.Vous pouvez imaginer l’extraordinaire quantité de Césium, de strontium et autres isotopes à nettoyer, disséminés à des centaines de miles du site de la catastrophe et maintenant déplacés par les innondations dans des villages nouvellement contaminés.

Des quantités croissantes d’eau contaminée ont été stockées dans près de 1.000 réservoirs fabriqués à la hâte qui souvent fuient. Leur volume total dépasse largement les 600.000 tonnes et se rapproche de ses limites; il est possible qu’elles soient finalement toutes rejetées à la mer.

Les conséquences de la contamination radioactive de l’Océan Pacifique, du Japon à la côte ouest des États Unis, nécessitent une attention accrue. Certains experts estiment maintenant que la vague de radiations venant de Fukushima sera dix fois plus grande que l’addition des radiations de tous les essais nucléaires réalisés dans l’histoire. Certains rapports indiquent que des niveaux dangereux de radiations ont été relevés dans les neiges du Texas, du Colorado et du Missouri; ils annoncent que les États Unis vont devoir affronter les conséquences les plus graves de ce désastre historique et apparemment imparable.

Les jeux Olympiques de Tokyo font minimiser la crise de Fukushima.

Il est indéniable que les jeux olympiques de Tokyo constituent un sérieux obstacle pour faire face aux conséquences de désastre du 11 mars, en faisant augmenter les prix des matériaux de construction et en aggravant la forte pénurie de main d’oeuvre dans la région.

Le magazine « Monthly Japan» a publié mon article en septembre 2015. Il est intitulé «Un retrait honorable des jeux olympiques de Tokyo»; il a été publié à une place centrale. Les réactions sont notables et s’accroissent.

Dans mon récent message au premier ministre Shinzo Abe, je lui ai proposé d’annuler les jeux olympiques de Tokyo et d’annoncer em même temps la candidature du Japon pour les jeux de 2028 ou 2032. L’estimation du coût total, 3 milliards de Yens selon le gouverneur de Tokyo, a choqué le public. Près de 90 fois moins ( 34,5 milliards de Yens ) a été dépensé par le gouvernement pour faire face au problème de l’eau contaminée de Fukushima Dai ichi. Les jeux olympiques de Tokyo détournent l’attention de Fukushima et donnent au monde la fausse impression que Fukushima ne représente plus une menace. La promotion des jeux olympiques de Tokyo se fait au détriment des fonds nécessaires pour répondre à la multitude de catastrophes environnementales créées par les réacteurs détruits de Fukushima.

Les engagements initiaux des jeux olympiques de Tokyo ont maintenant tous été brisés. Le plan original de stade national a été annulé. L’emblème des jeux olympiques, suspecté de plagiat a été abandonné. Un éditorial du journal Asahi daté du 25 septembre 2015 a exprimé son étonnement devant l’irresponsabilité et l’incurie du comité d’organisation. Le CIO pourrait disqualifier Tokyo. Le Japon est maintenant obligé de choisir entre un retrait honorable et une disqualification honteuse.

L’avenir des jeux olympiques est en jeu. C’est en croyant en l’esprit des jeux olympiques, au mouvement olympique, que je plaide pour une retraite honorable; de façon que le Japon puisse consacrer le maximum d’efforts pour contrôler la crise de Fukushima.

Matsuhei Murata

L’article en anglais sur le site global Ethics. (traduction «vivre après Fukushima»)

Un résumé de l’article sur Enenews en anglais


Mitsuhei Murata est né à Tokyo en 1938. Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1960 après avoir été diplômé en droit de l’Université de Tokyo. Il a servi en tant que Directeur Général Adjoint du Bureau des Nations Unies au Ministère des affaires étrangères; Vice-Secrétaire Général, Commission du Commerce Équitable; ancien ambassadeur du Japon au Sénégal ainsi qu’en Suisse avant de prendre le poste de Professeur Honoraire à l’Université de la Science et de la Technologie de Tianjin (Chine) et professeur de civilisations comparées à l’Université Tokai Gakuin de Nagoya au Japon. Il est actuellement directeur exécutif de la Japan Society for Global System and Ethics, et conseiller auprès de la Peace Research Foundation, USA.

Le 8 Décembre 2015


NOTE: Le 16 décembre 2015:merci à Pierre de nous signaler qu’au lieu de « Mathématiquement cela nécessite plus de 2,5 millions de travailleurs chaque année» il serait plus exact d’écrire «2,5 millions de jours-travailleurs» car les travailleurs restent tant qu’ils n’ont pas atteint la dose maxi. C’est en effet plus précis.

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 13

La mortalité anormale de la vie marine dans le pacifique Nord (2)

Voici quelques éléments concernant les problèmes déjà en cours dans les océans.
Il s’agit ici de publications d’océanographes décrivant les changements provoqués par le réchauffement climatique et l’augmentation du taux de Co². Les océanographes nous montrent que les anomalies graves constatées sur les côtes des USA et du Canada ont des explications connues.
Quand à la responsabilité de la pollution radioactive, je n’ai rien trouvé de précis hormis les chiffres de Tepco et ceux d’organisations des côtes pacifiques des USA et du Canada..

Un article intéressant paru dans le «Monde Diplomatique» en novembre 2015

(A propos de la fonction régulatrice des océans sur le climat et le taux de Co²)

Les océans exercent cette fonction régulatrice à leur propre détriment, puisqu’ils se détériorent à mesure qu’ils atténuent le changement climatique. Moins spectaculaires que l’élévation du niveau des mers, les perturbations physiques et chimiques qui en résultent affectent considérablement les écosystèmes marins et, par voie de conséquence, l’humanité tout entière.
L’acidification et le réchauffement des océans rendent plus difficile la calcification essentielle à certains organismes marins (coraux, coquillages) ; de nombreux récifs coralliens blanchissent par destruction de la symbiose qu’ils entretiennent avec les zooxanthelles ; le phytoplancton diminue dans les régions les plus chaudes ; la chaîne alimentaire des poissons est perturbée ; certaines espèces doivent migrer vers des régions plus froides, mais toutes ne le peuvent pas…

…Pourtant, en dépit du rôle crucial des océans pour la sécurité alimentaire de centaines de millions d’individus, les discussions internationales menées sous l’égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ne leur ont accordé qu’une place mineure (lire le dossier du Monde diplomatique, « Comment éviter le chaos climatique ? »). C’est pourquoi les chercheurs rassemblés au sein de l’initiative Océans 2015 ont adressé aux négociateurs de la conférence de Paris une synthèse des changements en cours et de ceux projetés d’ici à la fin du siècle, avec leurs conséquences pour les écosystèmes océaniques ou les biens et les services qu’ils procurent

Lire l’article du Monde diplo en entier:


« Océans et climat : un duo inséparable »

Sur les interactions entre climat et océans, et leur destin commun.
Télécharger cet intéressant dossier illustré ici(1,4Mo)

la couverture de l'étudeLes auteurs de cet article sont

  • – Laurent BOPP, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) à l’institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
  • – Jean-Pierre GATTUSO, Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-Mer à l’Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer
  • – Alexandre MAGNAN, Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) à Paris.

Le site de l’observatoire Océanologique de Villefranche sur mer:
http://www.obs-vlfr.fr/web/index.php


Les concentrations de gaz à effet de serre battent de nouveaux records

Communiqué de l’Organisation Météorologique Mondiale du 9 novembre 2015

La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un nouveau pic en 2014, poursuivant ainsi une progression inexorable qui alimente le changement climatique et rendra notre planète plus dangereuse et plus inhospitalière pour les générations futures.

Il ressort du bulletin annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les gaz à effet de serre que le forçage radiatif, qui a pour effet de réchauffer le climat, s’est accru de 36 % entre 1990 et 2014 à cause des gaz à effet de serre persistants, notamment le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), d’origine industrielle, agricole et domestique…
«L’énergie piégée par le CO2 et les autres gaz à effet de serre entraîne un réchauffement de la surface terrestre et, partant, une augmentation de la teneur de l’atmosphère en vapeur d’eau, laquelle engendre/piège à son tour encore plus de chaleur.»


«Le dioxyde de carbone demeure pendant des centaines d’années dans l’atmosphère et encore plus longtemps dans l’océan. L’effet cumulé des émissions passées, présentes et futures de ce gaz se répercutera à la fois sur le réchauffement du climat et sur l’acidification des océans. Les lois de la physique ne sont pas négociables.»

«Chaque année, les concentrations de gaz à effet de serre battent de nouveaux records», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, «et chaque année nous répétons que le temps presse. C’est MAINTENANT qu’il faut agir pour réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre et pour qu’il nous reste une chance de contenir à un niveau raisonnable la hausse des températures».

Le communiqué de l’ OMM complet


Des cartes de la pollution nucléaire des côtes américaines du Pacifique

La «Woods Hole Oceanographic Institution» (privée) nous fournit une cartographie des concentrations des Césiums relevées près des côtes pacifique des USA et Canada ces dernières années :
Les cartes

Le 13 Novembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 11

Des mortalités anormales d’animaux marins signalées dans le pacifique Nord

Voilà des mois que les revues de presse d’ENENEWS (enenews.com) signalent des mortalités anormales, des disparitions d’espèces marines sur la côte pacifique des USA, du Mexique et du Canada.

Échouages de mammifères marins, oiseaux affamés, mortalité massive d’étoiles de mer, les poissons ne sont pas là où on les a toujours trouvés…

Les auteurs des articles, les chercheurs privés disent qu’ils n’y comprennent rien. Les états gardent un silence remarquable.

Parmi les causes probables, on évoque, le réchauffement des océans, l’acidification des mers, la pollution chimique, El Nino, le recul de la banquise, la surpêche, les épidémies, les algues toxiques … Chose remarquable, la pollution nucléaire par les réacteurs fondus de Fukushima Dai ichi n’est jamais évoquée dans les articles de presse ! Silence remarquable et assourdissant ! Pourtant c’est la première fois qu’un océan subit une pollution radioactive d’une telle ampleur.
La bonne santé des océans est vitale pour notre petite planète.

Je n’ai pas trouvé d’article scientifique de fond qui nous décrirait au moins le problème dans son ensemble.
J’en suis donc réduit à vous proposer quelques extraits d’articles qui vont de l’Alaska au Mexique; et à vous inviter à consulter les rubriques de Enenews.com, malheureusement en anglais. La presse francophone semble se désintéresser totalement du problème. Si l’un d’entre les lecteurs connait une bonne source d’information, je le remercie de me la signaler.

Voici quelques exemples tirés des revues de presse de ENENEWS:


Un communiqué de l’Alaska SeaLife Center and U.S. Fish and Wildlife Service

Anchorage, Alaska, le 8 octobre 2015

Plus de 200 loutres de mer mortes ou malades se sont échouées sur les plages de la région de la baie Kachemak en 2015.
Dans le passé des cas similaires ont attribués à des maladies causées par des streptocoques.
Une équipe d’experts des U.S. Fish and Wildlife Service, Alaska SeaLife Center, Alaska Veterinary Pathology Services, et du USGS National Wildlife Health Center travaillent à comprendre ce qui a causé ce pic de décès de loutres de mer et ses possibles conséquences sur la population.

Malgré les investigations en cours, y compris les examens et analyses sur les cadavres, la cause du décès de beaucoup de loutres de mer demeure inconnue.
Les loutres de mer sont des animaux aquatiques et normalement, ils ne passent pas beaucoup de temps à terre. Si une loutre de mer est trouvée sur la plage, il est probable qu’elle est malade ou blessée; elle ne doit pas être approchée…

Visitez le site de Alaska Sealife Center
En savoir plus sur les loutres de mer


Canada: Des millions de saumons disparaissent

VANCOUVER — The Globe and Mail
Published Tuesday, Nov. 03, 2015 9:35PM EST

Des millions de saumons BC (saumons sauvages de Colombie Britannique, Canada ) disparaissent mystérieusement cette année… Il y a eu très peu de retours sur le fleuve Fraser, où seulement deux millions de Sockeyes sont revenus, loin des six millions attendus. Encore plus dramatique: l’effondrement du saumon rose sur le Fraser, seulement environ cinq millions de poissons quand plus de 14 millions étaient prévus…

Dr Brian Riddell, président de la Pacific Salmon Foundation:

Ce qui est arrivé à tous ces saumons roses qui devaient retourner au fleuve Fraser est un mystère. Les pêches «test» dans le détroit de Georgie on montré un fort passage de saumons roses entrants mais … le poisson n’est pas arrivé…
«nous avons vu passer en gros 40% des arrivants, c’était conforme avec les habitudes, et puis littéralement en deux jours le saumon a disparu…. Je n’avais jamais vu, je ne peux pas expliquer non plus une telle pêche d’essai. Le poisson arrive, selon le modèle qu’ils suivent depuis des années, et il disparait tout d’un coup. Et nous n’avons pas d’explication. Les millions de poissons qui auraient dû arriver pendant la seconde moitié de la migration ne sont pas arrivés.

L’article de Enenews
L’article du Globe and mail


Des mammifères marins s’échouent dans le golfe de Californie

Te Sun, le 16 octobre 2015
La mort mystérieuse de dizaines d’animaux marins rares dont 21 dauphins qui sont venus s’échouer sur le littoral des îles mexicaines du golfe de Californie

Une longue portion du littoral a été fermée au public après que les cadavres de plusieurs dizaines d’animaux marins rares se sont échoués sur la plage. Un mystère entoure l’afflux soudain de vies marines mortes…
Quoiqu’aucun de ces animaux n’apparaissait coupée ou marquée, il a été jugé que ces animaux sont morts après avoir été pris dans les filets de pêcheurs. L’inquiétude croit au sujet de la cause de cette tragédie.
L’agence de protection de l’Environnement, Profepa, a activé un protocole de sécurité et les touristes ont été avertis de ne pas utiliser les plages tandis que des analyses de l’eau sont en cours à la recherche de signes de pollution et autres preuves.
Un porte parole du gouvernement a affirmé: «nous allons examiner quelles espèces sont touchées, leur état, taille, âge, aspect physique, leur état nutritionnel, leur santé, existence de signes de traumatismes, l’heure et la date, les conditions climatiques, l’état de la mer,la topographie de la plage et l’accessibilité de cette zone. Les examens peuvent nécessiter plusieurs semaines.

l’article du SUN


Et quand même, mais si isolée: une ancienne membre du congrès US:

« L’éléphant qui est dans la pièce, ce sont les radiations de Fukushima». Quand elles arrivent dans l’océan pacifique, les animaux meurent… Le gouvernement a totalement omis d’informer le public de toute l’étendue des retombées…le silence des médias est assourdissant.»

Extrais de l’article de Cynthia McKinney, ancienne membre du congrès qui a servi 6 mandats à la chambre des représentants, sur la chaine de TV «RT»
19 octobre 2015

<<

* A la suite des fusions à la centrale nucléaire de Fukushima..la communauté internationale a totalement omis d’informer correctement le public et de le protéger des retombées. Les scientifiques et les responsables de l’environnement continuent d’exprimer leurs inquiétudes , même maintenant, au sujet des événements inhabituels et s’interrogent sur leurs causes. Dans le même temps les médias présentent les faits mais ils ne parviennent pas à faire un lien quelconque avec la situation découlant des tragiques événements de Fukushima en 2011.
Voici quelques exemples récents…

Un enregistrement audio de Robin Corcoran, biologiste de Refuge national pour la faune de Kodiak, daté de Septembre 2015 confirme les rapports locaux signalant que des carcasses d’oiseaux «émaciés» s’échouent sur les côtes de l’île de Kodiak… L’émission concluait en affirmant que plusieurs espèces d’oiseaux ont diminué en nombre dans d’autres régions d’Alaska …
Quelques jours avant les rapports de Kodiak … Josh Saranpaa, de centre de la faune de la côte nord était cité, disant:« Chaque oiseau que nous voyons est affamé à mort. Cela va mal.». Saranpaa ajoutait: «Quand vous voyez tant d’affamés c’est que quelque chose ne va pas là bas.»…
Julia Reis, de l’Etude de la Half Moon Bay écrit avec euphémisme « Il y a eu des changements notables dans l’océan pacifique qui ont causé des problèmes à la vie marine ces derniers temps.»

Gerry McChesney du «Farallon National Wildlife Refuge» affirme que cette mortalité l’a d’autant plus déconcerté qu’il y a une bande d’eau froide dans cette zone, pleine de nourriture pour ces oiseaux. Je peux imaginer McChesney se grattant le crâne quand je lis qu’il considère l’empoisonnement, la famine et El Nino comme des causes possibles de cette mortalité. L’article se termine par le commentaire de MCChesney:
« nous pourions avoir à constater d’autres problèmes dans l’océan avant d’avoir compris ce qui cause cette mortalité.»

* Enenews souligne le problème de la mortalité massive de San Diego à l’Alaska, tout au long de la côte Ouest des États-Unis. Dans les différents rapports Enenews souligne la présence des mots comme «étrange», «sans précédent», «fou», «le pire» …».

*Les médias couvrent ces anomalies marines et citent le réchauffement climatique, voire El Nino et les algues toxiques, alors que l’éléphant qui est dans la pièce, c’est les radiations de Fukushima. C’est un silence assourdissant !… Je voudrais savoir pourquoi en présence de ces morts massives dans l’océan pacifique, El Nino est mentionné et non pas les niveaux croissants de radiations issus de Fukushima.

Tant qu’il y aura un manque manifeste de transparence dans les principaux médias sur la couverture de ces événements extraordinaires (ce que je perçois comme une réticence à discuter de ce qui est évident), Je prédis qu’il y aura une prolifération de citoyens journalistes et de citoyens scientifiques qui s’empareront de chaque nouvelle donnée pour tenter de lui donner une signification approuvée par le gouvernement; signification qui précisément n’a pas de sens.

Nous ne pouvons pas compter sur les représentants du gouvernement pour nous dire la vérité au sujet de l’étendue complète ds retombées de Fukushima.

>>

L’interview de Cynthia McKinney(ancienne membre du congrès US) sur la chaine de TV «RT»
L’article ci-dessus de Enenews en anglais
Voir sur Enenews une revue de presse sur le sujet de ces mortalités massives en anglais
Une autre revue de presse de Enenews concernant notamment la disparition des sardines, ce qui cause de graves problèmes alimentaires aux phoques, spécialement les jeunes.


Note

Il y a vraisemblablement tout un ensemble de causes à ces bouleversements de la vie marine.

Les scientifiques s’alarment des conséquences du réchauffement climatique et de l’acidification des océans qui sont en train de bouleverser la vie des animaux marins et des riverains.

La pollution radioactive n’est pas seule en cause. C’est la première fois qu’un océan subit un tel niveau de pollution radioactive; pourquoi est-elle ignorée ?

le 11 Novembre 2015

PS:
La Woods Hole Oceanographic Institution (privée) nous fournit une cartographie des concentrations des Césiums relevées sur la côte pacifique des USA et Canada
Les cartes

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 25

Une synthèse des conséquences sur la santé du désastre de Fukushima

par le Dr Ian FAIRLIE

Il est apparu récemment que les évacuations rendues nécessaires par les désastres nucléaires et leurs conséquences ont tué des milliers de gens. A l’avenir, ces décès par maladie et suicide devraient être inclus dans l’évaluation des décès causés par les désastres nucléaires.
Au total, le nombre des victimes humaines de Fukushima est effrayant : 2.000 japonais sont décédés des conséquences des évacuations et 5.000 autres vont vraisemblablement décéder ultérieurement de cancers à venir
.

1. Les décès causés par les évacuations nécessaires .

Les données officielles de Fukushima montrent que près de 2.000 personnes sont décédées – suicides inclus – suite aux évacuations organisées pour les soustraire aux fortes expositions aux radiations causées par la catastrophe.
http://www.reconstruction.go.jp/topics/main-cat2/sub-cat2-1/20141226_kanrenshi.pdf
Le déracinement vers des régions non familières, la rupture des liens familiaux, la perte des réseaux de soutien sociaux, la perturbation, l’épuisement, une mauvaise condition physique et la désorientation peuvent être la cause de nombreux décès, surtout chez les personnes âgées.
Suite aux évacuations de Fukushima, le nombre de suicides a augmenté chez les jeunes et chez les gens plus âgés, mais aucune tendance ne se dégage clairement.
www.pref.fukushima.lg.jp/uploaded/attachment/62562.docx (4 minutes de téléchargement).
Le rapport d’un bureau ministériel japonais a établi qu’entre mars 2011 et juillet 2014, dans la préfecture de Fukushima, 56 suicides sont liés à l’accident nucléaire.
http://www.japantimes.co.jp/news/2014/08/26/national/social-issues/fukushimas-high-number-disaster-related-suicides-likely-due-nuclear-crisis-cabinet-office/#.Vcstm_mrGzl
Ce nombre doit être considéré comme un minimum plutôt qu’un maximum.

2. Les conséquences sur la santé mentale.

Les conséquences sur la santé mentale de l’exposition aux radiations et celles des évacuations doivent également être prises en compte. Par exemple, Becky Martin affirme dans sa thèse de doctorat de l’université de Southampton au Royaume Uni que « la plupart des conséquences des situations d’urgences radiologiques relèvent du domaine mental ».
Elle ajoute «  … imaginez qu’on vous annonce que votre terre, votre eau, l’air que vous avez respiré ont peut-être été pollués par un contaminant mortel et invisible. Quelque chose qui a la capacité de détruire votre fertilité ou d’affecter vos enfants à naître. Même les plus solides d’entre nous seraient inquiets…. plusieurs milliers de survivants d’ une situation d’urgence radiologique ont développé par la suite un « syndrome de stress post traumatique » (PTSD Post-Trauma Stress Disorder), une dépression et des troubles anxieux en conséquence de leur vécu et de l’incertitude planant sur leur santé »
http://www.theguardian.com/science/brain-flapping/2015/aug/09/nagasaki-anniversary-radiation-nuclear-mental-health
Il est vraisemblable que ces craintes, anxiétés et stress vont aggraver les conséquences des évacuations; provoquant encore plus de décès de gens âgés, ou de suicides.
Les paragraphes ci-dessus ne doivent pas être pris comme des arguments contre les évacuations: celles-ci constituent une stratégie importante pour sauver des vies. Mais comme l’affirme Becky Martin « nous devons offrir une aide sociale fortement améliorée et des soins psychologiques approfondis et de longue durée à tous les survivants d’une situation d’urgence radiologique après leur réinstallation, pour améliorer leur état de santé et préserver leur avenir ».

3. Les conséquences néfastes sur la grossesse.

Récemment, le Dr Alfred Körblein de Nürenberg (Allemagne) a relevé une chute de 15% (statistiquement hautement significative) des naissances d’enfants vivants dans la préfecture de Fukushima en Décembre 2011, soit 9 mois après l’accident. Ce qui pourrait signifier une augmentation des avortements spontanés précoces. Il a également observé une augmentation (statistiquement significative) de 20% de la mortalité infantile en 2012 par rapport à la tendance à long terme concernant la préfecture de Fukushima et six préfectures environnantes.
http://www.strahlentelex.de/Koerblein_infant%20mortality%20after%20Fukushima.pdf
Ces résultats sont plus indicatifs que définitifs. Il faudrait pour les vérifier de nouvelles études qui, malheureusement, brillent par leur absence.

4. Le cancer et autres effets tardifs des retombées radioactives.

Enfin, il faut considérer les effets sur la santé des expositions aux radiations provenant des 4 explosions et des 3 fusions des coeurs de réacteurs de Fukushima en mars 2011. C’est un sujet qui est loin de faire l’unanimité au Japon, ce qui le rend difficilement compréhensible pour les journalistes et les profanes. (Voir l’encadré).

Précisions:
Le gouvernement japonais, ses conseillers et la plupart des scientifiques experts en radiations au Japon (avec quelques exceptions honorables) minimisent les risques causés par les radiations. La position officielle la plus répandue est de prétendre que de petites quantités de radiations sont sans danger: scientifiquement parlant c’est indéfendable. Par exemple, le gouvernement japonais tente de relever la limite d’exposition aux radiations pour le public de 1 mSv à 20 mSv par an. Ses scientifiques voudraient contraindre la CIPR [Commission internationale de Protection Radiologique] à accepter cette forte augmentation. Cette attitude n’est pas seulement contraire à l’esprit scientifique : elle est déraisonnable.

On peut trouver une explication partielle à cette situation dans le fait que les radiophysiciens japonais (comme les américains) paraissent incapables ou refusent d’accepter la nature stochastique des effets des faibles doses de rayonnements. « Stochastique » signifie que la réponse est du type tout ou rien : soit vous avez un cancer, soit vous n’en avez pas. Quand vous diminuez la dose, les conséquences deviennent moins probables: vos chances d’avoir un cancer baissent à mesure que vous diminuez la dose vers zéro. Le corollaire est que même des doses minimes, bien inférieures au bruit de fond, sont encore porteuses d’un risque de cancer : il n’existe pas de dose sûre, sauf la dose zéro.
Mais comme l’ont relevé Spycher et coll. (2015),
http://ehp.niehs.nih.gov/1510111R/
certains scientifiques « … excluent à priori la possibilité que de faibles doses de radiations puissent augmenter le risque de cancer. Il n’acceptent donc pas les études qui remettent en question leur idée préconçue».

Une des raisons pour lesquelles ces scientifiques refusent d’accepter les effets stochastiques des radiations (cancers, accidents vasculaires cérébraux, maladies cardio-vasculaires, effets héréditaires etc.) est qu’ils n’apparaissent qu’après une longue période de latence – souvent des dizaines d’années pour les cancers solides. Pour le gouvernement japonais et ses conseillers en radiations, il semble que « hors de vue immédiate » signifie « n’y pensons plus ». Ce qui est bien commode, car le gouvernement japonais se croit ainsi autorisé à ignorer les effets tardifs des radiations.
Mais les preuves à leur opposer sont solides comme le roc. L’ironie du sort veut qu’elles proviennent principalement de la « life span study » (étude sur toute la durée de vie), la plus grande étude épidémiologique mondiale en cours qui porte sur des survivants japonais aux bombes atomiques, qui est pilotée par la « RERF foundation » basée à Hiroshima et Nagasaki.
http://www.rerf.jp/index_e.html

La masse des données épidémiologiques issues du désastre de Chernobyl de 1986 indique clairement qu’il est très probable que le nombre de cancers, augmentera aussi à Fukushima; mais beaucoup de scientifiques japonais (et US) réfutent cette affirmation.
Par exemple, l’augmentation du nombre de cancers, de kystes et de nodules de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima consécutifs à la catastrophe nucléaire, et l’interprétation de ces données sont un grand sujet de débats. Selon les constatations faites à Chernobyl, on estime que les cancers de la thyroïde devraient commencer à augmenter 4 à 5 ans après 2011. Attendons les résultats qui seront disponibles en 2016 avant de faire des commentaires, mais les premiers signes ne sont pas rassurants pour le gouvernement japonais. Ultérieurement, on s’attend à ce que le nombre d’autres cancers solides s’accroisse également, mais il faudra du temps avant que cela soit manifeste.

Le meilleur moyen de prévoir le nombre d’effets tardifs (cancers etc.) est d’estimer la dose collective qui a été délivrée au Japon par les retombées de Fukushima. Pour ce faire, considérons que tous ceux qui ont été exposés aux rayonnements de Fukushima ont participé à une loterie, sachant que c’est une loterie négative. Si votre numéro sort, vous faites un cancer. (1). Si vous vivez loin de la centrale de Fukushima Dai ichi, vous ne recevez que peu de billets de loterie et votre chance d’avoir un cancer est faible. Si vous vivez à côté vous recevez plus de billets et votre risque est plus grand. Impossible de dire qui tirera le mauvais numéro, mais on peut en estimer le nombre total en utilisant la notion de dose collective.
Le rapport de l’UNSCEAR de 2013
http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf
a estimé que la dose collective concernant la population de Fukushima est de 48.000 personnes.Sv, ce qui est une dose vraiment forte (voir ci-dessous).

Malheureusement, les scientifiques japonais pro-nucléaires critiquent également la notion de dose collective car elle est reliée à la nature stochastique des effets des radiations et à la nature des effets « linéaires et sans seuil » des radiations, qu’ils réfutent également. Mais quasiment tous les organismes officiels de régulation dans le monde reconnaissent la nature stochastique des effets des radiations, la notion d’effet linéaire sans seuil et les doses collectives.

5. Synthèse de l’accident de Fukushima

Environ 60 personnes sont décédées pendant les évacuations dans la préfecture de Fukushima en Mars 2011.
Entre 2011 et 2015, 1.867 personnes supplémentaires (2) sont décédées des suites de l’évacuation consécutive au désastre nucléaire (3). Ce furent des décès à cause de problèmes de santé ou par suicide.
http://www.japantimes.co.jp/news/2015/03/15/national/death-toll-grows-in-311-aftermath/#.Vcn84PmrGzm
A partir de l’estimation de l’UNSCEAR d’une dose collective de 48.000 personnes.Sv, on peut raisonnablement estimer (en utilisant un facteur de risque de cancer mortel de 10% par Sievert) qu’environ 5.000 cancers mortels vont survenir à l’avenir à cause des retombées de Fukushima. Cette estimation à partir des données officielles concorde avec mon estimation personnelle obtenue par une méthode différente.
http://www.ianfairlie.org/news/new-unscear-report-on-fukushima-collective-doses/

Au total, le bilan sanitaire du désastre de Fukushima est effrayant.
Au minimum :

  • Plus de 160.000 personnes ont été évacuées, la plupart de façon permanente.
  • nombreux cas de cas de troubles liés au stress post traumatique (PTSD), dépressions et troubles anxieux causés par l’évacuation.
  • Environ 12.000 travailleurs exposés à de hauts niveaux de radiations, certains jusqu’à 250 mSv.
  • On estime à 5.000 le nombre de cancers mortels dus à l’exposition aux radiations dans l’avenir.
  • Même estimation (non quantifiée) d’accidents vasculaires cérébraux, d’affections cardio-vasculaires et d’affections héréditaires dûs aux rayonnements.
  • Entre 2011 et 2015, environ 2.000 morts par maladie et par suicide chez les évacués pour cause de radiations.
  • un nombre de cancers de la thyroïde encore inquantifié à ce jour.
  • Une augmentation de la mortalité infantile en 2012 et une diminution des naissances en vie en Décembre 2011.

Effets non sanitaires :

  • 8% du Japon (30.000 km²) y compris une partie de Tokyo contaminés par la radioactivité.
  • Des pertes économiques évaluées à entre 300 et 500 milliards de dollars.
6. Conclusions

L’accident de Fukushima n’est pas encore terminé et ses conséquences sur la santé vont persister encore longtemps. Quoi qu’il en soit nous pouvons maintenant affirmer que le désastre nucléaire de Fukushima a infligé un rude coup au Japon et à son peuple. 2.000 japonais sont déjà décédés des conséquences des évacuations et on s’attend à ce que 5.000 autres meurent de cancers dans l’avenir.

Il est impossible de ne pas être ému par le coût de Fukushima en termes de décès, suicides, de troubles mentaux et de souffrances humaines.
Les conséquences de Fukushima sur le Japon sont comparables au coup massif porté par Chernobyl à l’ ex-Union soviétique en 1986. En effet, on a pu lire sous la plume de plusieurs auteurs que le désastre nucléaire de Chernobyl a largement contribué à l’effondrement de l’URSS en 1989-1990.
Il est intéressant de constater que Mikhail Gorbatchev, président de l’URSS au moment de Chernobyl, et Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de Fukushima, ont tous deux affirmé leur opposition à l’énergie nucléaire.
http://bos.sagepub.com/content/67/2/77.full
Kan a même préconisé l’abolition totale de l’énergie nucléaire
https://wallofcontroversy.wordpress.com/2014/03/17/japans-ex-prime-minister-naoto-kan-on-how-fukushima-changed-his-mind-about-nuclear-power/

Est-ce que le gouvernement japonais et d’autres gouvernements (y compris les gouvernements de GB et US) ont tiré les leçons de ces catastrophes nucléaires ? Le philosophe américain George Santyana ( USA 1963 – 1962) a dit un jour que ceux qui ne savent pas tirer les leçons de l’histoire sont condamnés à la répéter.

Dr Ian FAIRLIE – Le 16 Août 2015


Merci à Azby Brown, Yuri Hiranuma, dr Tadahiro Katsuta, Dr Alfred Körblein, Becky Martin et Mycle Schneider pour leurs commentaires de mon projet de texte.
Toute erreur relève de ma responsabilité
.


(1) C’est Jan Beya aux USA qui a eu l’idée de la loterie négative
(2) Mis à jour en Mars 2015
(3) De plus, 1.603 personnes ont été tuées directement par le tremblement de terre et le Tsunami dans la préfecture de Fukushima, et environ 1.350 personnes sont mortes lors de l’évacuation dans les préfectures de Miyagi et Iwate: dans ces derniers cas les évacuations n’étaient pas dues aux radiations.


Le site du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/
Le texte original du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/news/summing-the-health-effects-of-the-fukushima-nuclear-disaster/
Télécharger l’article original: http://www.ianfairlie.org/wp-content/uploads/2015/08/Summing-up-the-Effects-of-the-Fukushima-Nuclear-Disaster-10.pdf
Télécharger le texte français: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Synthese-Fukushima-IFairlie.pdf
Traduction « vivre-apres-fukushima.fr » avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Notes:

Ce travail de Ian FAIRLIE ne considère que l’Île JAPON
Son analyse ne concerne pas:

  • Les conséquences de la contamination (toujours en cours chaque jour) de l’océan Pacifique.
    On sait que le Césium et autres radionucléides ont atteint les côtes américaines
    Il y a actuellement dans le Pacifique Nord, côté américain,un problème de mortalité massive d’animaux marins, des étoiles de mer aux Grands mammifères marins et aux oiseaux. Les scientifiques en ignorent les causes (pollution chimique, réchauffement, recul de la banquise ?). Le gouvernement américain refuse de faire une veille attentive concernant la pollution radioactive.
  • La contamination de l’atmosphère mondiale par les produits radioactifs vaporisés lors de l’accident, et par les relâchers toujours quotidiens de produits radioactifs. Ces polluants radioactifs circulent tout autour du globe et retombent doucement.

Dose collective:
Un indicateur utile pour la gestion d’une collectivité

La somme des doses individuelles dans une population est la « dose collective ». Cette dose collective est exprimée en « homme.sievert » (homme.Sv). Elle se calcule en multipliant la dose efficace moyenne reçue par le nombre de personnes concernées.

Elle ne peut en aucun cas donner une idée sur le sort d’un individu donné.
Par contre elle est utile pour gérer une population exposée aux rayonnements:
– prévoir ce qui va se passer dans une population irradiée ou contaminée et s’organiser en fonction
– en médecine du travail: lorsque dans une centrale nucléaire la dose collective a baissé, c’est qu’il y a des progrès dans la radio-protection.

Plus de détails dans l’article:
http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/dosecollective.htm

Le 25 septembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
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Sep 20

Typhon au Japon: la contamination radioactive a été déplacée.

les innondations ont recontaminé le Japon

Traduction d’un communiqué de Fairewinds education.
Les inondations ont recontaminé le Japon

le 18 Septembre 2015
Les grands médias des États-Unis et du Japon n’ont tout simplement pas fait leur travail.

La semaine dernière un sérieux typhon a frappé l’Est du Japon provoquant des innondations comme il n’en était pas survenues au Japon depuis au moins 50 ans.
Avant que le typhon n’arrive, Tokyo Electric avait assuré aux japonais que la centrale de Fukushima Dai ichi était sûre.
Quand le typhon a frappé le Japon, Tokyo Electric a admis que les pompes de drainage ont failli et que de l’eau radioactive s’était à nouveau écoulée dans l’Océan Pacifique.
De même, Tokyo Electric a admis que plusieurs dizaines de sacs contenant des matières radioactives antérieurement collectés, ont été emportés.
Pour les médias grand public, l’extension de la contamination radioactive consécutive à ce typhon s’est limitée à ces relativement petites quantités concernant le site de Fukushima.

préparation d'héliportage

Préparation d’héliportage
Voyez la violence du courant

Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.
La préfecture de Fukushima est très montagneuse et a été fortement contaminée après la triple fusion des coeurs. Ceux d’entre nous qui ont étudié la catastrophe de Fukushima Daiichi ont noté que de grandes quantités de césium radioactif, le strontium et d’autres isotopes radioactifs issus des 3 fusions du coeur se sont répandus à des centaines de miles du site du désastre. La pluie qui a fouetté la côte est du Japon a fait descendre les produits radioactifs vers de nouveaux endroits en aval.
Il est évident pour les scientifiques, mais pas pour les médias grand-public du Japon, que des zones qui avaient été auparavant décontaminées par les japonais sont maintenant à nouveau contaminées. Ces zones nouvellement contaminées comprennent des villages qui avaient été évacués lors du désastre il y a 4 ans et demi et que le gouvernement japonais avait ouvert au retour des populations.

Fairewinds l’avait déjà dit et nous allons le répéter. Suivez l’argent ! Tokyo Electric et le gouvernement japonais ne veulent pas de réévaluer la propagation du rayonnement à la suite de ce dernier typhon. Cela coûterait trop cher. Le coût d’une décontamination réelle après ce désastre est inimaginable.
La dissémination de la contamination dans les zones peuplées par ces innondations est un risque pour la santé du peuple japonais que le gouvernement refuse de considérer.

Innondations
Au cours des 300 prochaines années des événements comme ce typhon se reproduiront; jusqu’à ce que toute la radioactivité relâchée par le désastre de Fukushima soit finalement entièrement lessivée dans l’océan Pacifique; non seulement seulement à partir du site de Fukushima Dai Ichi mais aussi à partir de tous les affluents et rivières des montagnes qui se jettent dans l’océan Pacifique.

Il est temps que les grands médias traditionnels japonais et américains tiennent que Tokyo Electric et le gouvernement japonais ont la responsabilité de réévaluer la propagation de la contamination radioactive qu’a provoqué ce dernier typhon, et quelle dose atteint la population suite aux innondations.

Arnie Gundersen.
Fairewinds vous tiendra informés.

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Mai 25

De Fukushima en Californie – partout les risques et la contamination sont minimisés

Une interview de Kevin KAMPS, spécialiste en déchets nucléaires, par une chaîne de télévision californienne le 27 mars 2014.

Une utile mise au point sur la situation au Japon et sur la côte californienne.

Au Japon, les risques restent énormes; le flux d’eau polluée par la radioactivité est sur le point d’atteindre les côtes Californiennes après avoir traversé l’océan pacifique; nulle part, le nucléaire n’est réellement sûr.

https://youtu.be/92LdX7hB1cA
Merci encore à KNA pour le sous-titrage en français

25 Mai 2014


Jan 08

Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima

La nocivité des faibles doses de radioactivité, la rapide dispersion des éléments radioactifs de Fukushima se confirment

En Californie, chez les nouveaux-nés des femmes qui étaient enceintes au moment du passage du nuage radioactif de Fukushima, les cas d’hypothyroïdie ont augmenté de 7 fois par rapport aux périodes précédentes sans pollution radioactive.

Les doses d’Iode radioactif qu’ont reçu les mères de Californie devaient être assez faibles. L’Iode radioactif a été dispersé au cours de son trajet de 6 jours au dessus du Pacifique et son activité radioactive diminue de moitié en 8 jours.

Ceci montre que contrairement à ce qu’affirme le lobby nucléaire, les faibles doses ont un effet néfaste sur la santé.


Notes

1- Je ne sais pas quel est l’avenir de ces enfants. Leur thyroïde se remettra-t-elle à fonctionner ? resteront-ils dépendants leur vie durant d’un traitement ? y a-t-il un risque que se développent des tumeurs bénignes ou malignes ?

2- Le nuage radioactif a traversé le Pacifique et atteint la côte Ouest des USA en 6 jours. Il a vraisemblablement fait le tour de l’hémisphère nord. Donc beaucoup de gens ont été exposés à des doses relativement faibles de la radioactivité de Fukushima.

3- Il ne devait pas y avoir que de l’Iode radioactif. Aussi du Césium, Strontium, peut-être du plutonium.

le panache radioactif de Fukushima

L’étude a été publiée dans l’Open journal of Pediatrics, (J. Mayano, J. Sherman, Christopher Busby)
Résumé-traduction et commentaire de l’étude:

L’état de Californie, sur la côte pacifique des USA pratique depuis des années sur tous les nouveaux nés un test permettant le diagnostic de l’Hypothyroïdie (manque ou absence de production d’hormone thyroïdienne par la Thyroïde). Le manque d’hormone thyroïdienne a de graves conséquences sur le développement physique et le développement intellectuel de l’enfant.

Si on additionne, en Californie, les cas limites et les cas confirmés, les cas d’hypothyroïdie à la naissance ont augmenté de 7 fois chez les enfants soumis à la pollution intra-utérine, pendant la grossesse de leur mère. Les cas « limite » ont plus augmenté que les cas confirmés.
Aucune autre cause que le passage du nuage radioactif de Fukushima au printemps 2011 n’est décelable.

Ceci confirme encore une fois la nocivité des faibles doses et la grande sensibilité des foetus.

La glande thyroïde est la première glande à apparaître chez l’embryon humain, vers le 70° jour de gestation. Le développement du cerveau dépend d’un fonctionnement thyroïdien normal.

Par ailleurs, à Fukushima:

44 cas de cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués depuis mars 2011 sur 178.000 enfants de 0 à 18 ans

Soit un proportion de 12 pour 100.000 enfants chaque année;
Le taux « habituel », avant la pollution, était de 0,15 pour 100.000 en 2005.

On a constaté aussi la présence de nodules ou de kystes chez 43,6% des 94.426 enfants examinés, ce qui est totalement anormal.

De nombreuses études prouvent la nocivité des faibles doses de radioactivité.

L’étude BEIR (dont nous avons parlé à propos de la vie dans un milieu à 20mSv/an) a conclu à une relation proportionelle entre la radioactivité et le risque de cancer, sans seuil; donc dès le premier Becquerel.

– Steward et d’autres ont montré un quasi-doublement de la mortalité des enfants exposés in utero aux rayons X à l’occasion d’une radiographie pelvienne.

– L’institut US de médecine et le National Research Council estiment que au moins 212.000 américains ont développé un cancer de la thyroïde suite à leur exposition, pendant la période foetale ou l’enfance, aux doses relativement basses d’Iode 131 relâchées par les essais nucléaires dans le désert du Nevada.

– Des études récentes montrent la nocivité des faibles doses sur les travailleurs du nucléaire. Les faibles doses reçues de façon chronique semblent plus dangereuses que la même dose reçue en une fois.

– D’autres études montrent que les faibles doses provoquent des translocations chromosomiques (cassure des chromosomes suivies d’une mauvaise réparation). Ces translocations chromosomiques sont considérées comme la cause primaire des cancers.

De plus en plus d’auteurs affirment que le modèle qu’utilise le lobby nucléaire officiel (AIEA, OMS, UNSCEAR etc…) pour la prédiction des effets des faibles doses en sous estime fortement la gravité.
Le lobby nucléaire ne cesse d’affirmer que les faibles doses ne représentent aucun risque alors que les faits viennent le démentir.


Références

L’étude en anglais sur les nourrissons californiens

Qui est Christopher Busby l’un des auteurs de cette étude

Le blog de Michel Philips sur médiapart

Un article de Christopher Busby traduit en français sur fukushima-over-blog

L’article de «vivre-apres-fukushima» sur le danger de vivre dans un milieu à 20mSv/an

Autres études sur les doses faibles

L’étude BEIR VII : étude des effets biologiques des rayonnements ionisants: c’est un rapport de l’Académie Nationale des Sciences US – 2006. Il a étudié les effets biologiques des doses dites « faibles»: jusqu’à 100mSv.
j’en ai rendu compte dans l’article sur les risques qu’il y a de vivre dans une zone à 20mSv/an.
Vous pouvez la consulter et télécharger gratuitement sur le site de l’Académie nationale des Sciences US:
Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation: BEIR VII Phase 2 (2006)

Et des études récentes:

Une étude de 2007 sur l’exposition professionnelle aux faibles doses: En 2007, la plus grande étude jamais menée sur l’exposition professionnelle aux rayonnements à faible dose a été publiée. L’étude contenait plus de 400 000 travailleurs de l’industrie nucléaire de 15 pays. [Radiat Res. 2007 Apr;167(4):396-416]. Étude collaborative dans 15 pays du risque de cancer chez les travailleurs de rayonnement de l’industrie nucléaire: les estimations des risques de cancer liés aux rayonnements. par Cardis E. et all.
Deux ans plus tard, en 2009, Jacob et ses collègues ont analysé l’étude de 15 pays que nous venons d’examiner, plus huit autres études de travailleurs nucléaires. [Occup Environ Med 2009; 66 : 789-796 Jacob P. et all. Is cancer risk of radiation workers larger than expected?]
visible ici

En 2010, Bhatti et ses collègues ont publié une méta-analyse (=regroupement d’études sur le même sujet) d’études examinant l’influence des examens médicaux par rayons X sur l’incidence des translocations chromosomiques. [Radiat Res. 2008 August; 170(2): 149–155 Augmentation de la fréquence des translocations chromosomiques associée aux examens radio-diagnostiques ].


Déc 15

Lettre de Takashi Hirose à tous les jeunes athlètes qui rêvent de venir à Tokyo en 2020,

et à leurs entraîneurs, à leurs parents.

Le 7 septembre 2013, lors de la 125ième séance du Comité International Olympique, le Premier Ministre du Japon Shinzo Abe a déclaré ceci:

Certaines personnes se font des inquiétudes au sujet de Fukushima. Je peux vous assurer que nous maîtrisons la situation. Fukushima n’a jamais causé et ne causera jamais de dégâts à Tokyo

Takashi HiroseA coup sûr, on s’en souviendra, dans les temps à venir, de cette déclaration : un des énormes mensonges des temps modernes.
Au Japon, on dit « LE MENSONGE ABSOLU ».

Y accordant foi, le C.I.O. a pris la décision que les Jeux Olympiques de 2020 se dérouleront à Tokyo. Les porte-parole du gouvernement japonais soutiennent la déclaration d’Abe en nous disant que les taux de contamination radioactive dans l’Ocean Pacifique n’ont pas encore dépassé les normes de sécurité.

Cela nous rappelle l’histoire du vieil homme qui saute du haut d’un immeuble de 10 étages et qui, pendant sa chute, entend les voix de chaque étage lui répéter : « JUSQU’ICI, TOUT VA BIEN » : « So far, so good ».

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Déc 01

La nouvelle loi japonaise sur le secret

La nouvelle loi japonaise institue de lourdes peines pour ceux qui divulgueraient ou même posséderaient des informations que le gouvernement aurait classées Secret.

Malgré les manifestations.

une manif contre la loi sur le secret

Photo Yoshikazu Tsuno/AFP via Getty

Traduction partielle d’un article signalé par Enenews
L’auteur de l’article: Jake Adelstein; Journaliste d’investigation basé au Japon, , 29 novembre 2013:

[…] même les politiciens à l’intérieur du parti au pouvoir disent, « On ne peut pas nier que l’autre but est de museler la presse, d’enfermer les lanceurs d’alertes, et d’assurer que la catastrophe nucléaire de Fukushima cesse d’être une source d’embarras avant les Jeux olympiques. « […]
Lire la suite