Jan 22

Le riz de Fukushima a passé les tests de contamination avec succès grâce à un engrais à base de Potassium.

Janvier 2015. Pour la première fois, tout le riz produit dans la préfecture de Fukushima a respecté la norme de contamination.

Résumé d’un article en anglais du Japan Times qui reprend un article en japonais du journal Fukushima Minpo
http://www.japantimes.co.jp/news/2015/01/18/national/all-2014-fukushima-rice-cleared-radiation-tests-thanks-to-fertilizer/

La loi japonaise sur l’hygiène alimentaire interdit la vente de riz émettant plus de 100 becquerels de Césiums par kilogramme.
En 2014, la préfecture de Fukushima a vérifié chaque sac de riz produit dans la préfecture – quelques 10,75 millions de sacs. Ils étaient tous conformes.

En 2012, un total de 10,35 millions de sacs avaient été testés et 71, soit 0,0007 %, avaient échoué au test: les sacs au dessus de 100Bq/kg ont été jetés.
En 2013 11 millions de sacs ont été testés: seulement 28 dépassaient les 100 Bq/kg, soit 0,0003 %.

Les experts attribuent ce résultat à l’utilisation pendant la culture d’engrais à base de Chlorure de potassium, qui empêche la plante d’absorber le Césium radioactif.

La préfecture prend en charge le coût des engrais. En 2014 elle a distribué 1,61 milliards de Yens (11,7 millions d’Euros) de subventions permettant aux riziculteurs d’acheter suffisamment d’engrais à base de Chlorure de potassium pour traiter 68.000 hectares de rizières.

Le Pr Keisuke Nemoto, professeur au laboratoire de l’Université de Tokyo étudie comment le Césium radioactif pénètre dans le riz:
Il est important de conserver de hauts niveaux niveaux de potassium dans le sol tant que le riz est jeune.
Si les riziculteurs cessent d’ajouter du Potassium dans le sol, sa concentration dans le sol va baisser et le riz pourra alors absorber à nouveau le Césium; il faut donc poursuivre les apports de Potassium.
L’an dernier le riz cultivé sans engrais potassique dépassait encore la limite de 100 Bq/kg.

L’article original en anglais


Notes

Le Césium 137 émis par la centrale accidentée est un émetteur de rayonnement Gamma. Il pert la moitié de sa radioactivité tous les 30 ans; à bientôt 4 ans de la catastrophe, l’activité restante du Césium 137 est encore de 91%.
Les propriétés chimiques du Césium sont proches de celles du Potassium. Si la plante manque de Potassium elle le remplace par le Césium radioactif. Dans l’organisme il se concentre préférentiellement dans les muscles (dont le coeur).

C’est la même chose pour le Strontium qui a des propriétés voisines de celles du calcium. Si la plante manque de Calcium, elle va absorber le Strontium. Le strontium a une demie vie de 28,8 ans.C’est un émetteur de rayons Bêta, plus difficiles à détecter que les Gammas. Il se concentre préférentiellement dans l’os d’où il irradie la moëlle osseuse.

Tchernobyl: Dans son petit manuel de radioprotection, Vladimir BABENKO donne des conseils aux populations vivant en terrain contaminé par Tchernobyl. Pour leurs potagers, il conseille l’usage d’engrais complets avec éventuellement supplément de Chlorure de Potassium; chauler si la terre est acide; apport de fertilisants organiques (fumier, compost); Il déconseille formellement d’utiliser comme engrais les cendres de bois qui sont un concentré de la pollution du bois brûlé.
« En règle générale, on pourra obtenir des produits peu contaminés sur des sols convenablement traités et bien fertilisés.»
Vladimir BABENKO – Après l’accident atomique – «Guide pratique d’une radioprotection efficace» – Éditions Tatamis.
Ce petit livre a été écrit en 2003, traduit en français, puis en japonais en 2011. On le trouve facilement dans les librairies françaises et sur internet.

Le taux normal de Césium dans les aliments est de ZÉRO. Il n’existe pas normalement dans la nature.

Le fait qu’un sac ait passé avec succès le test de radioactivité signifie qu’il émet moins de 100 Bq/kg. Cela ne signifie pas du tout qu’il est indemne de radioactivité.
100 Becquerels = 100 désintégrations chaque seconde.
Il n’est pas question dans les tests du taux éventuel de Strontium ni d’autres polluants.

L’Europe accepte l’importation de denrées alimentaires polluées au Césium à moins de 100 Bq/kg. Voir l’article précédent du 20 Janvier 2015.


Cet article de l’ACRO nous donne un aperçu des problèmes de commercialisation que rencontrent les produits agricoles en provenance de la préfecture de Fukushima:

Mardi 20 janvier :
• Les produits agricoles de Fukushima se vendent toujours mal
Le prix de la viande de bœuf élevé à Fukushima se vend toujours à environ 10% de moins que le prix du marché. Les éleveurs de cette province ont du mal à joindre les deux bouts. Pourtant, chaque bête est contrôlée avant abattage et aucune n’a dépassé la limite de 100 Bq/kg depuis octobre 2012.
Mais cela ne suffit pas. Malgré une réelle amélioration des contrôles de la nourriture, une multiplication des structures de mesure, la confiance des consommateurs n’est pas revenue après la crise de 2011.
C’est la même chose avec les fruits et les légumes. Les autorités continuent d’accuser les «rumeurs néfastes». Ce n’est pas comme cela que la situation va s’améliorer.

Les pêcheurs ont les mêmes soucis à cause des masses d’eau contaminée que rejette chaque jour la centrale dans l’océan Pacifique.

Le 22 Janvier 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Jan 20

Le contrôle de la radioactivité des denrées en provenance du Japon est allégé

Contrôle de la contamination radioactive des denrées importées du Japon – 05/01/2015

Un communiqué de la DGCCRF
(Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes
)
http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/controle-contamination-radioactive-des-denrees-importees-japon
««

La nouvelle réglementation[1] européenne allège le dispositif de contrôle des importations

La DGCCRF a contrôlé les denrées originaires ou en provenance du japon susceptibles d’être contaminées par les rejets de l’installation de Fukushima.
L’obligation de contrôle documentaire sur chacun des lots importés est ainsi maintenue.
Toutefois, la fréquence minimale de contrôle physique (5 %) est supprimée : les contrôles s’effectuent désormais de manière aléatoire.
Le thé n’est plus contrôlé hormis celui de la préfecture de Fukushima.

Aucune non-conformité n’a été décelée dans les prélèvements analysés

Les contrôles ont eu lieu dans les points d’entrée désignés (PED) ayant enregistré des importations japonaises, à savoir : Le Havre, Roissy, Marseille et Strasbourg, et ont porté sur 4 141 lots. Les laboratoires du SCL situés au Havre, à Lille, Strasbourg, Bordeaux et Marseille ont procédé à 415 analyses de prélèvements, dont 195 de thés et 189 de produits végétaux non frais.

Aucune non-conformité n’a été décelée, et on note une nette diminution de la contamination des thés par rapport à l’année précédente.
La DGCCRF va poursuivre le contrôle des denrées d’origine japonaise importées sur le territoire français.

(1). Règlement d’exécution (UE) n° 322/2014 de la Commission du 28 mars 2014 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima.
http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=OJ:JOL_2014_095_R_0001_01&rid=31
»»

Extraits du document européen

Tableau du JO européen

Extrait du JO Européen cité


– Pour les produits déshydratés destinés à être consommés sous forme reconstituée, la limite maximale s’applique au produit reconstitué prêt à être consommé.
– Pour les champignons déshydratés, un coefficient de reconstitution de 5 est appliqué.
– Pour le thé, la limite maximale s’applique à l’infusion obtenue à partir des feuilles de thé. Un coefficient de transformation de 50 est appliqué pour le thé déshydraté; ainsi, une limite de 500 Bq/kg applicable aux feuilles de thé séchées permet de garantir que le niveau de radioactivité dans l’infusion ne dépasse pas la limite maximale de 10 Bq/kg.


Notes:

  • – contrôle documentaire: on consulte les papiers d’importation
  • – contrôle physique: il semble que sur 4 141 lots contrôlés «physiquement» il y ait eu 415 analyses
  • – les contrôles ne sont plus qu’aléatoires alors qu’auparavant il était obligatoire de contrôler effectivement 5% des lots. La fréquence des contrôles physiques réalisés n’est pas indiquée.
  • – Aucune non conformité n’a été décelée: cela ne signifie pas que les échantillons testés sont indemnes de contamination par le césium. Cela signifie seulement qu’ils sont en dessous de la norme européenne ci dessus.
  • – « On note une nette diminution de la contamination des thés»! Cela signifie donc que les thés ont été et sont contaminés
  • A noter que seuls sont contrôlés les Césiums 134 et 137. Aucun contrôle ne semble fait sur le Strontium, Plutonium, le Tritium.
  • La présence normale de Césium dans l’environnement et les aliments est de ZERO. Quelques chiffres auraient été bienvenus.
  • La DGCCRF fait son travail: elle applique la réglementation.

J’avais signalé l’autorisation officielle d’importer des aliments contaminés en Europe dans l’article du 10 Mai 2014: L’Europe autorise l’importations d’aliments contaminés au Césium>

le 20 Janvier 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 02

Région de Fukushima: ruine de l’agriculture et de la pêche

Fukushima Farmers’ Agony

L’agonie des fermiers de Fukushima titre le site de «Sauvez les enfants des radiations»

«Sauvez les enfants des radiations» a sous-titré en anglais une video montrant une réunion d’agriculteurs de la région de Fukushima avec des représentants ministériels, le 6 Juin.

Même si vous ne lisez pas facilement l’anglais, regardez cette video: il y a 3 interventions d’agriculteurs:
Le premier fait visiblement de gros efforts pour maîtriser sa colère et sa douleur. Il explique qu’il s’est porté volontaire pour décontaminer des rizières qui fournissaient du riz à 100 Bq/kg, c’est à dire impropre à la consommation. Ils ont fait un labour profond puis un «étalement en couche mince» (je ne saisis pas ce qu’il a voulu dire par étalement).
A la fin des travaux le niveau des radiations n’avait pas baissé.
«L’environnement n’a pas changé du tout depuis l’explosion»
« Il y a des radiations dans ce que nous cultivons . Nous nous sentons coupables de vendre à nos clients . Aucun joie de la récolte non plus «  s’exlame-t-il; «Nous vendons des aliments dont les consommateurs pensent qu’ils sont sains, alors que nous ne voulons pas les manger…»
Il se plaint aussi du manque d’instruments pour mesurer les rayons Bêta et Alpha.
Au cours des deux interventions suivantes, moins policées, le ministre et ses services en prennent pour leur grade…

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Avr 29

Le CRMS, Station Citoyenne japonaise de mesures de la radioactivité, publie ses résultats d’analyses de 6886 échantillons d’aliments

« Ce qui suit est le communiqué de presse du CRMS qui couvre l’ensemble de la recherche qu’il a entrepris depuis Juillet 2011 concernant le suivi radioactifs de 6886 échantillons d’aliments. Une brève analyse de la recherche peut être trouvée au bas de cet article. Cependant, les résultats détaillés sont disponibles uniquement en japonais, sur cette page.

Quels sont les niveaux réels des substances radioactives dans les aliments japonais un an après la révision des critères de sécurité du gouvernement?

La Station citoyenne de mesure de la radioactivité (CRMS, Directeur exécutif: Aya Marumori) a rassemblé les résultats des mesures de contamination radioactive réalisées principalement dans la préfecture de Fukushima après l’accident la centrale nucléaire Fukushima Daiichi de Tokyo Electric Power Company de (TEPCO)

Après le 12 Mars 2011 les personnes vivant au Japon ont été laissés sans autre choix que de trouver des façons de vivre avec la contamination radioactive. Lire la suite

Jan 26

Le maire de Futaba a démissionné car il n’accepte pas que ses concitoyens soient obligés de retourner vivre dans une zone à 20mSv par an.

Le 23 janvier 2013, M. Idogawa, Ex-maire de Futabamachi a démissionné.“J’ai démissionné parce que je ne peux pas accepter un standard de 20 mSv/an. Je ne peux pas assumer une telle responsabilité pour le futur”

Dans un entretien à OurPlanet-TV, il explique qu’il démissionne parce qu’il ne peut pas accepter le standard de 20 mSv/an du gouvernement.
Le gouvernement japonais a décidé que les habitants devaient rentrer si la dose totale est en-dessous de 20 mSv/an; pour répondre à la demande sociale et économique.
Alors que c’est 1 mSv/an dans le reste du Japon, ce qui a été également confirmé par la Cour Suprème.
Même à Tchernobyl, quand c’est au-dessus de 5 mSv/an, la région est définie comme zone d’évacuation absolue. Lire la suite

Jan 25

Bétail abandonné autour de Fukushima: plus de césium chez les veaux que chez leur mère

Les centrales accidentées de Fukushima dai ichi on relâché et relachent encore de grandes quantités de produits radio actifs.
Une équipe scientifique a examiné la concentration en radionucléides des les organes de 79 bovins abandonnées entre 10 et 20 km autour de la centrale accidentée.
Ce sont les muscles squelettiques qui avaient accumulé le plus de Césium 134 et 137 (21,3 fois plus que dans le sang périphérique).
L’analyse de 3 vaches en gestation a montré qu’il avait plus de Césium dans les foetus que dans les mères: 1,19 fois plus.
En ce qui concerne les veaux nés après l’accident, ils avaient accumulé 1,51 fois plus de césiums que leur mère.
L’article original en anglais Lire la suite

Jan 20

Une rascasse chargée à 254 000 Bq/kg de Césium dans le port de Fukushima Dai ichi

rascasse

Image Tepco

Le poisson a été pêché par Tepco en Décembre; c’est le record actuel de contamination d’un poisson.
Il n’y a bien sûr pas de pêche alimentaire dans ce port.
Le record précédent était de 25 000 Bq/kg dans deux « greenlings » pêchés à 20 Km au nord de ce port en août 2012. Lire la suite

Jan 13

Taux de mortalité augmenté, natalité diminuée au Japon depuis la catastrophe de Fukushima.

La pollution radioactive est-elle en cause ?

Déjà Iori Mochizuki  qui tient le blog Fukushima-diary s’était inquiété:

Iori Mochizuki

Iori Mochikuzi

Comme je l’affirmais dans l’édito  “Les statistiques embrouillées sur l’industrie médicale et démographiques aident le gouv jap à censurer les effets de la radioactivité sur la santé” , il est à présent pratiquement impossible de voir l’effet de la radioactivité sur la santé. Lire la suite

Jan 10

Séjour en territoire non contaminé pour des enfants de Fukushima

A l’occasion des vacances de fin d’année, un troisième séjour a été organisé dans la ville de Takashima, une ville proche de Kyoto, pour des enfants vivant dans des zones fortement contaminées par la catastrophe de Fukushima.

Mme Makiko Fujimoto

C’est une mère de famille, Makiko Fujimoto, qui est à l’initiative de ces séjours, simplement parce que pour elle, il est naturel de faire le maximum pour que les enfants, d’où qu’ils soient, puissent être heureux, sans souffrances.

Ainsi, après un premier séjour au printemps 2012, puis un second durant l’été, c’est une quarantaine d’enfants, accompagnés d’une dizaine de parents, qui ont pu bénéficier pendant 9 jours de ce troisième séjour et quitter pour un petit moment les endroits fortement contaminés où ils vivent.
Pendant quelques jours, ils vont donc pouvoir bénéficier d’une nourriture non contaminée, biologique, variée et très bien présentée. Lire la suite

Jan 05

Décontamination bâclée : le ministère de l’environnement japonais a négligé les nombreuses plaintes reçues

Un fonctionnaire de ce ministère expliquait sans vergogne : « comme nous avions de nombreux coups de fil, nous ne pouvions pas tout enregistrer… »
Un ouvrier qui a prévenu le bureau local a expliqué que rien n’avait changé pendant un mois. Il a donc envoyé un document écrit, sans plus d’effet.
Voir l’article du journal « Asahi Shimbum » en anglais

Les travailleurs interrogés par le journal « Mainichi » confirment que le rejet dans la nature de végétaux, de terre, d’eau contaminés, est une pratique ordinaire. L’herbe coupée n’est, parfois, même par ramassée et laissée sur place. En conséquence, la ‘décontamination’ ne sert à rien et ne fait pas baisser les niveaux de débit de dose.

Débris entassés au bas d'un talus

Débris entassés au bas d’un talus
photo Asahi Simbum

Même en travaillant correctement, il n’y a pas de place pour entreposer puis stocker toute les déchets générés.
Telle est la triste réalité des zones contaminées. Il serait temps que les gouvernements acceptent de constater la réalité: il est impossible de décontaminer valablement d’immenses territoires. Et qu’ils en tirent les conséquences avec les populations concernées.
Détails sur le site de l’Acro

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