Jan 22

Essais nucléaires en polynésie: les petits-enfants oubliés de la bombe

Une étude révélée par « Le Parisien »
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php

L’étude menée par le Dr Christian Sueur sur des enfants polynésiens dont les grands-parents ont travaillé sur les sites des explosions atomiques atmosphériques est alarmante

C’est un rapport qui dérange. Les essais nucléaires atmosphériques qui ont eu lieu, entre 1966 et 1974, en Polynésie française, ont-ils eu des répercussions génétiques sur les descendants des vétérans du Centre d’Essais du Pacifique (CEP) ayant participé à ces essais, et plus largement sur les populations locales ? C’est ce que laisse entendre le rapport alarmant du Dr Christian Sueur, responsable jusqu’en décembre 2017 de l’unité de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier de Polynésie française. Dans ce document que nous avons pu nous procurer, ce praticien, retourné en poste en Métropole depuis janvier, relève des anomalies morphologiques parfois couplées à des retards mentaux chez de nombreux enfants.

Les observations du docteur Sueur sont le fruit d’un travail de consultation et de recherche clinique, mené entre 2012 et 2017. Un travail réalisé à Tahiti, et dans cinq archipels, en particulier aux îles des Tuamotu-Gambier, l’une des zones les plus touchées par les retombées radioactives des 46 essais atmosphériques polynésiens menés durant huit ans à Mururoa et Fangataufa.

Déficiences génétiques

271 enfants ont consulté pour des troubles envahissants du développement (TED)*. Parmi ces jeunes patients, 69 d’entre eux ont également développé des anomalies morphologiques et/ou des retards mentaux. Dans son rapport, le praticien relève des pathologies liées à des déficiences génétiques, susceptibles d’avoir été provoquées par des retombées radioactives sur les « cellules germinales » des grands-parents, avant de se transmettre sur plusieurs générations. La grande majorité de ces enfants ont en effet des aïeux qui ont travaillé sur place à l’époque des essais nucléaires et dont les parents sont nés à cette période. Fait troublant, plus de 70 % de ces enfants ont des parents mais aussi des frères et sœurs qui ont développé des pathologies telles que leucémies, cancers du rein ou de la thyroïde. Autant de pathologies radio-induites, c’est-à-dire des maladies considérées comme pouvant être liées aux retombées radioactives.

Certaines données relevées dans ces îles des Tuamotu-Gambier posent question. À Tureia, atoll habité le plus proche de Mururoa et touché par 39 retombées radioactives, un enfant sur 4 est atteint d’un cancer de la thyroïde, de jeunes adultes sont décédés à la trentaine ou ont développé des pathologies héréditaires. Sur près de 300 habitants, le docteur Sueur a relevé une vingtaine de pathologies possiblement radio-induites, soit une morbidité d’une personne sur 5. À Reao, où vivent 369 habitants, près de 10 % de la population est touchée par une maladie radio-induite.

carte des retombées

document Le Parisien

Les responsables politiques alertés en vain

Étonné par cette concentration de cas dans une population infanto-juvénile sur une zone restreinte, Le Dr Sueur a alerté de cette situation il y a quelques années auprès des autorités polynésiennes et a interpellé les différents ministres de la Santé qui se sont succédés au sein du gouvernement polynésien. Sans effet.

Si des scientifiques se sont déjà intéressés aux différents cancers en Polynésie française, rares sont ceux qui se sont penchés sur la question des anomalies génétiques ou morphologiques chez les enfants. Dès 2012, le pédopsychiatre a travaillé sur le lancement d’un programme de recherche avec l’aide de Bruno Barrillot, délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires. Ceci jusqu’au décès de ce dernier en mars 2017.

L’idée des deux experts était de lancer une recherche épidémiologique chez les anciens travailleurs du CEP et leurs descendants (première et deuxième génération) mais aussi au sein de la population de la Polynésie française. En effet, selon des documents secret-défense déclassifiés en 2013, le territoire aurait été survolé dans son ensemble par les nuages radioactifs.

*Les troubles envahissants du développement peuvent se traduire par différentes pathologies : autisme, syndrome de Rett, syndrome d’Asperger, dysharmonies d’évolution.

«Le parisien» du 20 janvier 2018
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php


Notes:

Dommage que l’étude envisagée par le Dr Sueur et Bruno Barillot ait été bloquée.

Comme prévisible,le service de santé des armées critique l’étude qu’il juge «excessive». Mais dès les premières lignes de la réponse des militaires on peut lire: « Nous ne menons aucune étude sur ces enfants……»
a lire ici:
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-l-armee-francaise-conteste-l-etude-du-docteur-sueur-21-01-2018-7513143.php

«Nous avons servi de cobayes» : témoigne le père d’une enfant atteinte de troubles du développement
http://www.leparisien.fr/faits-divers/polynesie-nous-avons-servi-de-cobaye-a-l-epoque-des-essais-nucleaires-21-01-2018-7513140.php

Entretien avec le Dr Sueur qui avait commencé à organiser avec Bruno Barillot (délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires, décédé en mars 2017) une étude poussée, en liaison avec des scientifiques japonais.Projet stoppé :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-un-medecin-denonce-une-omerta-21-01-2018-7513137.php

Le blog du Dr Christian Sueur:
https://blogs.mediapart.fr/christian-sueur/blog/050811/les-essais-nucleaires-francais-dans-le-pacifique-n-etaient-pas-prop

La définition des «troubles envahissants du développement» par la haute Autorité de santé française:
https://www.has-sante.fr//portail/upload/docs/application/pdf/2010-03/autisme_et_autres_ted_etat_des_connaissances_resume.pdf

Le 22 janvier 2018


Jan 10

Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

Parmi les substances radioactives, le césium137 est la préoccupation majeure car sa demi-vie est de 30 ans à peu près. Comme les forêts ont été exclues des travaux de décontamination, une quantité indéterminée de césium va persister dans les forêts et rester enfouie dans le sol pendant de nombreuses années.

Des forêts montagneuses couvrent 70% de la surface de la Préfecture de Fukushima.
L’agence gouvernementale Japan Atomic Energy Agency (JAEA) est l’une des organisations qui étudie les effets de la radioactivité et la façon dont le césium se diffuse dans les zones boisées.

Lors d’un récent déplacement sur le terrain à Kawauchi, les niveaux de radiations sur un point de contrôle ont été de 1,2 à 1,3 microsieverts par heure.
Dans le sol on a mesuré entre 300 000 et 400 000 Becquerels par mètre carré.
voir la note

Le point de contrôle se trouvait dans une zone « No Entry»; cette zone couvrait un rayon de 20 km autour de l’usine; elle a été évacuée peu après l’accident nucléaire.
Actuellement, le site du point de contrôle est classé «Zone en préparation pour la levée de l’ordre d’évacuation» conformément à la réévaluation que fait le gouvernement de la situation des communautés touchées.

Des brindilles en décomposition et des branches mélangées à la couverture de feuilles recouvrent les pentes abruptes de la forêt de cèdres. Au cours de l’enquête, les chercheurs ont balisé une parcelle rectangulaire de 66 m2 comme témoin et y ont recueilli l’eau de pluie et les feuilles tombées.
Ils ont également mesuré la radioactivité de l’eau de pluie. Les chercheurs ont pour cela entouré les troncs d’arbres avec une bande et ont recueilli l’eau de pluie qui y coulait.

Avant la catastrophe de Fukushima, les seules données disponibles pour les chercheurs du JAEA sur le transfert à long terme du césium dans le sol était limitées à des données expérimentales au laboratoire.
«Nous avons du tâtonner pour trouver sous quelle forme et où se trouve le césium dans les forêts après avoir été relâché par la centrale nucléaire» a déclaré Kazuki Iijima, attaché au centre de sécurité environnementale de Fukushima.

Selon les chercheurs, le césium des feuilles se retrouve au sol du fait de la défoliation.
Dans le cas des cèdres, par exemple, les feuilles sont remplacées tous les 3 à 4 ans.
Les feuilles des cèdres tombées au moment de l’accident nucléaire étaient criblées de césium qui ensuite s’est infiltré dans le sol. Chaque nouveau lit de feuilles mortes pèse sur le sol de surface et repoussse le césium plus bas.
De ce fait, le niveau de radiations dans l’air de la zone considérée baisse plus rapidement que la décroissance naturelle du césium au fil du temps.

Les études précédentes des chercheurs ont montré que, en forêt, seulement 0,1 % de la quantité totale de césium des sites surveillés se propage hors de la zone sur une période de 1 an.
« La plus grande partie du césium reste dans le sol de surface jusqu’à 5 à 10 cm de la surface.»

Du fait que le césium se fixe sur la terre et se dissout dans l’eau, il se propage facilement. Il se dépose également dans le lit des rivières et au fond des lacs.
Au barrage de Ogaki, à environ 20 km au Nord-Ouest de la centrale nucléaire, les chercheurs ont mesuré 800 000 Becquerels/kg à 20 cm sous le niveau du lit du lac, à proximité de l’embouchure de la rivière Ukedogawa.
Mais un prélèvement près de la surface du lit du lac était à moins de 200 000 Bq.
Selon les chercheurs, cette différence est facile à expliquer: de la terre hautement contaminée par le césium s’est écoulée dans le barrage immédiatement après l’accident; et de la terre moins contaminée s’est accumulée plus tard au dessus.

Les chercheurs tentent également de déterminer si la libération de matières radioactives affecte la croissance des plantes et des animaux.
Les chercheurs ont rapporté des mutations et des anomalies concernant des espèces comme les sapins, les pucerons, les singes japonais, les carpes et les grenouilles.
L’institut national des sciences radiologiques (NIRS) , une organisation gouvernementale, a déclaré fin août que les troncs des sapins ne poussent pas à la verticale. (http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201508290045)
Les sapins sont l’une des 44 espèces que le gouvernement a demandé au NIRS et d’autres organismes de recherche d’étudier; dans le but de déterminer les effets des radiations sur les êtres vivants.

La NIRS a indiqué que la fréquence de ces mutations est liée à l’élévation du niveau de fond de la radioactivité naturelle.(note 2)
Dans la ville de Okuma, à seulement 3,5 km de la centrale accidentée, plus de 90% des sapins ont des anomalies de croissance.
«Nous avons besoin de comprendre comment la radioactivité s’accumule dans les sapins; nous faisons des recherches complémentaires.» affirme un chercheur de la NIRS.

Parmi les autres modifications signalées: les pattes de pucerons collectés à Kawamata, une ville située à plus de 30 km de la centrale, étaient manquantes ou tordues; et à Fukushima, capitale de la préfecture, à 60 km de la centrale, le nombre de leucocytes dans le sang des singes japonais était abaissé.
D’autres scientifiques étudient les vers de terre, les carpes, les grenouilles, les mouches et les coléoptères dorés.

Manabu Fukumoto, professeur de pathologie, du vieillissement, du cancer à l’Institut du développement de l’université du Tohoku, a mis en garde contre toute conclusion hâtive selon laquelle les retombées nucléaires seraient responsables de tous ces effets.
« Nous ne pouvons pas conclure définitivement que ces phénomènes ont été causés par les radiations tant que les doses cumulées (des estimations fiables) n’ont pas été calculées» a déclaré Fukumoto qui est aussi le chef de la société japonaise de recherche sur les radiations.
Mais l’évaluation de leur effet sur les animaux sauvages est un défi pour les scientifiques.
Avant la catastrophe, la plupart des expériences visant à évaluer l’impact des radiations sur les animaux avaient été menées dans les laboratoires.

Au cours de ces expériences, les animaux ont été exposés à des intensités de rayonnement variées sous le contrôle des chercheurs.
Dans l’environnement naturel il est difficile d’évaluer l’exposition externe car les animaux se déplacent.
De plus, les doses de leur exposition interne peuvent varier considérablement, en fonction de ce qu’ils mangent: quand et combien.
Il est également possible que certains animaux, même s’ils ont des signes d’effets des rayonnements, ne restent pas en vie et ne puissent être examinés. Ils pourraient également avoir été tués par leurs prédateurs naturels.

En outre, les scientifiques ne peuvent pas exclure des facteurs tels que la température, la présence de produits chimiques agricoles, derrière ces anomalies.

Les experts affirment qu’ils ont besoin de reproduire de semblables résultats dans des tests de laboratoire.
« Nous devons continuer de surveiller l’environnement pendant au moins 5 ou 6 ans» affirme Fukumoto. « Et dans le même temps nous devons commencer à analyser les phénomènes constatés»

le Journal Asahi Shimbun – 22 décembre 2015


Notes:

  • Pas bien précis cet article et on sent plein de réserves. On dirait que tous les scientifiques japonais, hormis quelques exceptions notables, se sont donné le mot: « Pas question de conclure sur les conséquences des retombées radioactives avant 5 ou 6 ans. Il faut faire des études complémentaires».
  • C’est la même rengaine au sujet de la multiplication des cancers de la thyroïde chez les enfants (au moins 30 fois plus qu’avant la catastrophe nucléaire).
    C’est beau, c’est très scientifique.
  • Mais en attendant, on fait quoi ? On incite énergiquement les gens, les enfants, les femmes enceintes, à aller vivre dans les zones polluées ! Avec l’aide des dosimètres que le programme «Ethos» leur fournit chacun pourra contrôler sa contamination !
    On compte le nombre d’enfants ayant un cancer de la thyroïde !
  • Il n’est pas mentionné que lorsque les arbres font de nouvelles feuilles ils remontent du césium puisé dans le sol

(1) La radioactivité naturelle au Japon est généralement franchement inférieure à 0,10 µSv/h
A partir de 8000 Bq/kg, on objet est déclaré «déchet radioactif» et doit être traité en conséquence.
La teneur normale d’un sol en Césium est ZÉRO
Un aliment contaminé jusqu’à 100 Bq/kg de Césium est déclaré consommable.
Retour au texte

(2)-un exploit cette phrase ! affirmer que l’augmentation de la radioactivité locale serait «naturelle»! Je ne peux déterminer si c’est le journaliste ou le scientifique qui a affirmé cela; ou peut-être une erreur dans les traductions successives.
Retour au texte

(3) Et on n’oublie pas bien sûr l’énorme fuite de méthane dans la région de Los Angeles. Des milliers de personnes ont du évacuer. 30 à 58 tonnes par heure ! La fuite dure depuis au moins le 23 octobre. Encore un exemple d’une « super » technologie non maîtrisée, avec de lourdes conséquences.

Le 10 janvier 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Nov 15

Effets génétiques des rayonnements ionisants – forum de Genève 2014

Les Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants sont disponibles en français

« IndependentWHO – Santé et nucléaire » a organisé un « Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants » le samedi 29 novembre 2014 à Genève, avec l’intervention de 6 experts de renommée internationale (Japon, USA, Finlande, Angleterre, Allemagne)

« Le génome détermine la vie de nos descendants et le développement harmonieux des générations futures. En tant qu’experts, nous rappelons que la santé des générations futures est menacée par l’expansion de l’industrie nucléaire et l’augmentation de la quantité de sources radioactives ».

couverture de l'ouvrage papier
C’est ainsi, qu’en 1956, le groupe d’experts en génétique de l’OMS a qualifié la menace que représentent les rayonnements ionisants pour le patrimoine génétique de l’être humain.

Depuis plus d’un demi-siècle, les conséquences sanitaires des accidents nucléaires, tels que Tchernobyl et Fukushima, ont été occultées pour le grand public, avec la complicité de l’OMS, subordonnée à l’establishment nucléaire.
Face au véritable déni des méfaits biologiques de la contamination radioactive, le Collectif IndependentWHO-Santé et Nucléaire a organisé en novembre 2014 un Forum sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants.
Cette publication en constitue les Actes


Ces Actes (en français et anglais)peuvent être lus ou téléchargés gratuitement sur cette page

Si vous préférez une version papier, il est possible de les acheter sur cette même page en les commandant directement chez « Lulu.com » qui fait, à la demande, une impression à l’unité.
Une version anglaise de ces Actes existe également.

Le 15 novembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Déc 09

Les effets génétiques des rayonnements ionisants – Genève 2014

Forum Scientifique et Citoyen du 29 Novembre 2014 à Genève

Carriole IndepWHO
Ce forum était organisé par le collectif «IndependentWHO» et «Santé et Nucléaire» qui lutte pour que l’OMS (WHO) remplisse, en toute indépendance, son mandat dans le domaine des rayonnements ionisants.
Depuis plus d’un demi-siècle, les conséquences sanitaires des accidents nucléaires, tels que Tchernobyl et Fukushima, et des activités nucléaires en général ont été cachées au grand public.
L’OMS est complice de cette dissimulation. La raison principale de cette dissimulation est la subordination de l’OMS à l’establishment nucléaire et en particulier à son porte-parole l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique (AIEA) depuis l’accord signé le 28 Mai 1959.

Les demandes de «IndependentWHO» à l’OMS

Les vigies de «IndependentWHO» manifestent silencieusement devant le siège de l’OMS à Genève, tous les jours ouvrables depuis le 26 Avril 2007. Ils manifestent également à Paris, tous les vendredis devant le ministère de la santé, depuis novembre 2012.

Il y avait au Forum 200 à 300 150 (11 décembre:correction par une participante qui a compté) personnes de toutes origines rassemblées dans le calme autour d’auteurs scientifiques internationaux reconnus.

Le représentant de la mairie de Genève est venu confirmer son soutien à la manifestation de Independent WHO devant le siège de l’OMS. Il a précisé que la ville s’engage dans une politique de sobriété énergétique et d’usage des énergies renouvelables.

Merci aux bénévoles de «independent WHO» qui nous ont accueillis avec efficacité et gentillesse.

Était présente l’association «Enfants de Tchernobyl Belarus»; elle soutient l’institut Belrad qui travaille à améliorer la santé des 25.000 enfants les plus exposés vivant dans les régions polluées par l’accident de Tchernobyl.
Le site de Enfants de Tchernobyl Belarus

Les comptes rendus officiels seront rendus publics comme l’ont été ceux du Forum de Mai 2012 qu’on peut télécharger ici
Vous trouverez la présentation des orateurs et les résumés de leurs interventions sur le site de IndependentWHO


Pourquoi le Génome ?
Le génome : trésor le plus précieux du genre humain

Déjà en 1956:

« Le génome détermine la vie de nos descendants et le développement harmonieux des générations futures. En tant qu’experts du Génome, nous rappelons que la santé des générations futures est menacée par l’expansion de l’industrie nucléaire et l’augmentation de la quantité de sources radioactives. Nous considérons également que l’apparition de nouvelles mutations observées chez les personnes peuvent être fatales pour elles et pour leurs descendants ».

C’est ainsi, qu’en 1956, le groupe d’experts en génétiques de l’OMS, qui comprenait H.J. Muller, lauréat du prix Nobel, a qualifié la menace que représentent les rayonnements ionisants sur le patrimoine génétique de l’être humain. Aucune preuve scientifique n’est venue contredire cette prise de position depuis 1956. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés.

Face au véritable déni des méfaits biologiques de la contamination radioactive, «IndependentWHO» se donne pour tâche de de faire connaître aux citoyens soucieux de vérité, l’état des recherches menées par des scientifiques de renommée internationale sur les conséquences sanitaires de ces catastrophes

Présentation officielle du forum sur le site de IndependtWHO


Quelques aspects très partiels des interventions

Dr Inge Schmitz-Feuerhake (Allemagne)
Il est difficile de faire le bilan génétique de l’accident de Chernobyl: rétention des résultats des tests de contamination par les gouvernements, données douteuses voir inexistantes. Les organisations officielles du lobby nucléaire affirment que les effets de la contamination des populations sont négligeables.
Par contre si on va effectivement sur le terrain, on constate dans la descendance des parents exposés aux radiations de Tchernobyl, une augmentation des décès précoces, malformations, syndromes de Down (nom savant du Mongolisme), anomalies du tube neural (la région qui entoure la moëlle épinière et le cerveau: spina bifida,pas ou mauvais développement du cerveau…)


Dr Yuri DUBROVA (Royaume uni)
Prouver la mutation des cellules germinales humaines suite à une irradiation reste encore difficile. Le Dr Yuri E. Dubrova (Royaume Uni)a présenté une technique permettant d’observer les mutations des cellules germinales humaines. Cette technique utilise des «loci de minisatellites» [ce sont des zones sur chromosomes]; elle fournit une méthode capable de détecter les mutations induites dans un échantillon relativement petit de population.
Cette technique a été utilisée pour étudier la mutation des cellules germinales dans les familles des zone rurales d’Ukraine et du Bélarus lourdement contaminées.
Elle permet de mesurer le phénomène d’instabilité génétique induite par le rayonnement qui se traduit par une augmentation du taux de mutations dans la descendance de parents irradiés.


Dr Wertelecki (USA)
Le Dr Wertelecki est un médecin humaniste. Il a constaté un taux élevé d’anomalies congénitales (un accident dans la croissance d’un embryon au départ normal) dans la région nommée Polésie polluée par les rayonnements ionisants de Tchernobyl. Il s’agissait de jumeaux siamois, de tumeurs du sacrum, spina bifida, anencéphalie, microcéphalie, microphtalmie. Ces anomalies sont plus répandues chez les enfants de sexe féminin; leur taux sont parmi les plus hauts rencontrés en Europe et ils persistent au fil des ans.
Les observations faites sont suffisamment frappantes pour justifier des études complémentaires à la fois en Polésie et au Japon. Ces études permettraient d’améliorer la compréhension des impacts des rayonnements ionisants sur l’embryon humain.

Le Dr Wertelecki milite pour que aider les populations, soigner les enfants atteints, tenter de faire de la prévention passe avant de faire des statistiques.
Il a dédié son intervention à « T » une petite fille que son équipe a sortie d’un orphelinat:

"T" recueillie dans un orphelinat
Orpheline du fait des circonstances. Perdue dans un orphelinat.
les membres de OMNI-Net ont retrouvé ses parents.
Elle a reçu des soins médicaux sur plusieurs continents.
C’est maintenant une jeune-fille trilingue vivant au loin en Europe avec sa mère
elle fréquente le lycée.
« T » est le symbole d’un combat victorieux pour la vie.
Elle montre aussi la nécessité de combiner le recensement des malformations congénitales avec une médecine humaniste et des programmes de prévention.

En attendant la publication des actes du forum de 2014, on peut voir la video sous-titrée français par KNA de l’intervention du Dr WERTELECKI le 12/03/2013 au Symposium de New York


Dr BAVERSTOCK (Finlande)
Il est l’auteur d’une critique sévère du dernier rapport de l’UNSCEAR sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl.
Voir la traduction française de cette critique

Il propose de dépasser la notion classique des Chromosomes porteurs exclusifs de l’hérédité et des affections héréditaires.
Il propose de considérer la cellule, puis l’organisme entier comme des systèmes complexes où des milliers de molécules interagissent de façon coordonnée; au fil des temps tous ces processus ont acquis une stabilité; ce qui se traduit par la stabilité de l’espèce. Si un élément (rayonnement ionisant ou autre) vient détraquer ces systèmes complexes, l’organisme perd ses stabilités et s’installe une instabilité génétique. Cette instabilité se reproduit de génération en génération.
Il s’agit encore d’une hypothèse qui a été publiée, soumise à critique et qui a encore besoin d’êre testée. Elle dispose d’un pouvoir d’explication considérable.
Les conséquences en seraient, sur plusieurs générations un déclin progressif de l’état de santé et du bien-être des personnes touchées, avec une avancée des maladies généralement liées à l’âge et l’apparition de malformations.

L’article origine: «Genes without prominence: a reappraisal of the fundations of biology» par Arto Annila et Keith Baverstock, publié par la « Royal Society »:
http://rsif.royalsocietypublishing.org/content/11/94/20131017
On peut trouver les publications du Dr Baverstock en PDF sur son site: www.kbaverstock.org/


Dr Timoty MOUSSEAU
Le dr Timoty MOUSSEAU et ses collaborateurs vont sur le terrain à Tchernobyl et à Fukushima. Ils y étudient les conséquences sur ceux qui y vivent des faibles doses continues de radioactivité qu’ils subissent. Pour cela, ils font un recensement détaillé de la situation des arbres, des plantes, des insectes, des oiseaux, des mammifères… Ils évaluent la vitalité des populations, leur état de santé, leur fertilité et leur évolution au fil des ans.

Fauvette au cerveau atrophié

Fauvette au cerveau atrophié. Ces oiseaux ne vivent pas vieux.(Cl T. Mousseau)

Plusieurs espèces de plantes et d’animaux subissent des modifications variées (par exemple: taille réduite du cerveau, cataractes, décolorations du plumage ou du pelage, chute de la fertilité….). Chez l’hirondelle par exemple, cette irradiation a eu des conséquences fort néfastes sur la reproduction et sur la survie de l’espèce.


Un dosimètre dans une bague

Un dosimètre dans une bague

Il travaille à préciser les doses reçues dans la nature par les animaux et de comprendre les causes des différences de leur sensibilité apparente aux rayonnements

Des publications en anglais du Dr Timoty MOUSSEAU:
http://cricket.biol.sc.edu/chernobyl/Chernobyl_Research_Initiative/Publications.html
En attendant la publication de son intervention, je vous conseille vivement de prendre une demi-heure pour visionner la passionnante Video (sous-titrée français par KNA) de son intervention au symposium de New York le 11/03/2013


Chiyo NOHARA
Son équipe de l’université d’Okinawa (Japon) a étudié le devenir de générations successives de papillons Zizeera Maha (pale Grass blue butterfly).
C’est un papillon commun dans tout le Japon,un bon marqueur biologique.
Les papillons adultes recueillis en mai 2011 (2 mois après la catastrophe)dans la nature à Fukushima et en d’autres lieux avaient des anomalies légères. Leur descendance (F1)avait des anomalies plus sérieuses dont ont hérité les papillons des générations suivantes.
Las papillons récoltés en Septembre 2011 (accident + 6 mois)avaient des anomalies plus sévères.
Il a été remarqué que de poursuivre l’alimentation des générations successives avec des feuilles recueillies dans des zones contaminées était catastrophique pour la survie de la génération F2.
Passer à une alimentation non contaminée (origine Okinawa)pour les larves de la seconde génération(F2) était franchement bénéfique sur le taux de survie.

Ces études montrent que la radioactivité provoque des anomalies chez ces papillons:
– certaines sont transmises aux générations suivantes;
– d’autres peuvent être annulées par une alimentation non contaminée et ne sont donc pas héréditaires
On ne peut bien sûr pas extrapoler directement des papillons au mammifères et à l’homme, mais cela donne à réfléchir.

Le détail de leur minutieuse publication est ici, en anglais


Notes

    Mes conclusions provisoires:

  • 1- L’impact néfaste des radiations nucléaires à faible dose sur la santé des humains et celle de l’ensemble des vivants est réelle et prouvée. Elle est évidente à Tchernobyl pour l’observateur scientifique. Des phénomènes semblables semblent débuter à Fukushima.
  • 2- Les institutions telles que l’UNSCEAR, censées conseiller les gouvernants nient l’évidence et produisent des « études » non scientifiques qui tiennent de la propagande.
  • 3- Dans le domaine du nucléaire, l’OMS n’est pas en mesure de jouer son rôle de protecteur de la santé des peuples.
  • 4- Quel va être l’avenir des gens et de leurs enfants obligés de rester vivre et se nourrir en zone contaminée ?
    Nul ne le sait précisément, mais les constatations faites à Tchernobyl ne sont pas rassurantes.
    Plusieurs observations mentionnent que les dégâts iraient en s’aggravant au fil des ans.
  • 5- La situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima.
  • 6- Quand aura lieu l’accident nucléaire grave suivant, et où ?

Le 09 Décembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 04

Forum Scientifique et Citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants

A Genève
Le 29 Novembre 2014 de 8h30 à 18h
Au centre oecuménique
105 route de Ferney

Traduction simultanée anglais/français
Entrée libre
Forum organisé par le collectif
IndependentWHO – Santé et Nucléaire
avec l’appui de la ville de Genève

Inscriptions et renseignements:
Contact@independentwho.org

Plus de Détails sur le site http://independentwho.org/


Le programme

le programme

le 4 Novembre 2014


Sep 26

Une alimentation même peu contaminée provoque des troubles biologiques

Conséquences d’une alimentation faiblement contaminée par la radioactivité sur deux générations de papillons japonais.

Les chercheurs ont étudié deux générations de papillons « bleu pâle de l’herbe » (pale grass blue butterfly – Zizeeria maha)au cours de l’année 2012.

Les larves ont été nourries de feuilles plus ou moins contaminées par le Césium selon leur origine.

    Les feuilles ont été recueillies:

  • – dans le Tohoku (région de Fukushima): à Motomyia : 161 Bq/kg et Koriyama: 117 Bq/kg
  • – dans la Kanto (région de Tokyo) à Kashiwa: 47,6 Bq/kg et Musashino : 6,4 Bq/kg
  • – dans le Tokai à Atami: 2,5 Bq/kg
  • – à Okinawa: 0,2 Bq/kg

Pour la première génération:

Les papillons dont les larves ont été nourries avec les feuilles contaminées du Tohoku (la région de Fukushima) avaient:

  • – une mortalité élevée (53 et 31%- contre 8.05% à Okinawa qui est l’île japonaise la moins polluée)
  • – des malformations (pattes, antennes, ailes, yeux etc…)
  • – un trouble de la croissance de l’aile antérieure qui était plus petite

Dans les autres régions le taux de mortalité était dépendant de la quantité de Césium ingérée.

Photos de papillons malformés
Malformations constatées à la première génération.
Les anomalies sont indiquées par les flèches rouges

(a)malformation de la patte avant gauche (nourriture: Atami)
(b)antennes atrophiées ( nourriture: Atami)
(c) ailes recroquevillées (nourriture de Kashiwa)
(d) ailes malformées (nourriture Kashiwa)
(e) oeil composé bosselé (nourriture Koriyama)
(f) anomalies des antennes, de la trompe et des ailes (Motomiya)

Nohara et al. BMC Evolutionary Biology 2014 14:193 doi:10.1186/s12862-014-0193-0
Télécharger l’image originale des auteurs


Dans la seconde génération:

(obtenue à partir des individus de la première génération non malformés)

La durée de vie des papillons de seconde génération dépendait de leur propre alimentation, mais pas de celle de leurs parents. Ceux qui ont reçu une alimentation non contaminée ont eu une durée de vie sensiblement normale. Ceux qui ont reçu une alimentation contaminée ont vu les anomalies déjà constatées chez leurs parents s’aggraver.

Mortalité des papillons élevés avec des feuilles prises à:
Origine des feuilles mortalité 1° génération mortalité 2° génération
Koriyama : 53% 79%
Motomiya 31% 99%

Par contre si on nourrit les larves de la seconde génération avec des feuilles très peu contaminées (origine Okinawa), la mortalité de cette seconde génération n’est que d’environ 20%.

La taille de l’aile antérieure (trouble de la croissance) était déterminée par la quantité totale de césium ingérée par la première génération + celle ingérée par la seconde. Ceci indique que l’alimentation de la première génération a influencé la taille de l’aile de la seconde génération.

La conclusion de l’étude:

Des effets biologiques sont détectables même lorsque l’alimentation est faiblement contaminée.
Les effets sont transmis à la génération suivante; mais ils peuvent être minimisés par l’ingestion d’une alimentation non contaminée.

Le Professeur Otaki :
«Notre étude a démontré que la consommation d’aliments contaminés peut causer de graves effets négatifs sur les organismes. Ces effets négatifs peuvent être transmiss aux générations suivantes.
Un côté positif: manger des aliments non contaminés diminue les effets négatifs sur la génération suivante.»

L’étude originale en anglais:
Ingestion of radioactively contaminated diets for two generations in the pale grass blue butterfly, Chiyo Nohara, Wataru Taira, Atsuki Hiyama, Akira Tanahara, Toshihiro Takatsuji and Joji M. Otaki , BMC Evolutionary Biology 2014, 14: 193, www.biomedcentral.com/1471-2148/14/193


Note

Même à de faibles niveaux de contamination, une alimentation contaminée a donc des effets néfastes.

Le Japon autorise et favorise la consommation d’aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.
L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.

Les descendants de la seconde génération peuvent échapper à certains effets néfastes s’ils ont une alimentation non contaminée.
Mais certains troubles se transmettent d’une génération à l’autre.

Les études sur les papillons sont intéressantes car il y a plusieurs générations par an. Bien sûr on ne peut pas extrapoler directement à l’homme, mais cela fait réfléchir.
Je ne présente ici qu’un résumé; il y a beaucoup de détails et des schémas dans l’étude originale.

Le 26 Septembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 22

Effets génétiques des rayonnements ionisants

Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants

Genève – le 29 Novembre 2014

« IndependentWHO – Santé et nucléaire » organise un « Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants » le samedi 29 novembre 2014 à Genève, avec l’intervention de 6 experts de renommée internationale (Japon, USA, Finlande, Angleterre, Allemagne).

Voir le programme détaillé ici

Entrée libre – Merci de vous inscrire à l’avance

Renseignements/Inscriptions :
Christophe Elain: contact@independentwho.org
Tel: 33 (0)6 02 27 36 32 – Tel : 41 (0)22 79 73 830

Le forum se tiendra de 8h30 à 18h, au Centre Œcuménique – 150 route de Ferney – Genève
Comment se rendre au forum ?
Arrivée par la gare ferroviaire de Genève (Cornavin) et/ou bus de la ville de Genève : Ligne n° 5 : Arrêt Crêts -des-Morillons
Accessibilité par voiture : possibilité de parking au Centre Œcuménique

Le génome : trésor le plus précieux du genre humain

« Le génome détermine la vie de nos descendants et le développement harmonieux des générations futures. En tant qu’experts du Génome, nous rappelons que la santé des générations futures est menacée par l’expansion de l’industrie nucléaire et l’augmentation de la quantité de sources radioactives. Nous considérons également que l’apparition de nouvelles mutations observées chez les personnes peuvent être fatales pour elles et pour leurs descendants ».

C’est ainsi, qu’en 1956, le groupe d’experts en génétiques de l’OMS, qui comprenait H.J. Muller, lauréat du prix Nobel, a qualifié la menace que représentent les rayonnements ionisants au patrimoine génétique de l’être humain. Aucune preuve scientifique n’est venue contredire cette prise de position depuis 1956. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés.

Pourquoi n’en parle-t-on pas ?

Depuis plus d’un demi-siècle, les conséquences sanitaires des accidents nucléaires, tels que Tchernobyl et Fukushima, et des activités nucléaires en général, ont été occultées pour le grand public. Cette dissimulation internationale, de haut niveau, impliquant les Etats, l’industrie nucléaire, et les institutions publiques internationales, est coordonnée par la CIPR et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dont un des mandats est de promouvoir l’utilisation pacifique de l’atome dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est elle aussi complice de cette dissimulation.

De fait, suite à l’Accord entre l’OMS et l’AIEA, signé le 28 mai 1959, l’OMS n’est pas autorisée à fournir des informations au public, à entreprendre des recherches ni à venir en assistance aux populations, sans l’aval de l’AIEA qui dépend elle-même du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et depuis environ 7 ans, l’OMS n’a même plus de département « Rayonnements et Santé ».

C’est ainsi que 23 ans après Tchernobyl, ces organismes internationaux se sont mis d’accord pour expliquer la mauvaise santé des populations, dans les zones touchées par la catastrophe de Tchernobyl, par ce qu’ils ont nommé de la « radiophobie » (Communiqué du 24 mai 2009).
Trois ans après Fukushima, ces mêmes représentants d’organismes internationaux, réunis en symposium les 8 et 9 septembre 2014 font mieux. Ils introduisent le concept de résilience des populations et comptent sur elle pour contrer les méfaits de la contamination radioactive sur la population, discréditant pour celle-ci le choix de fuir face au danger et pour l’Etat la nécessité d’évacuer.

Faire connaître la vérité

Face à ce discours « psychologisant », véritable déni des méfaits biologiques de la contamination radioactive, nous nous donnons pour tâche de faire connaître aux citoyens soucieux de vérité l’état des recherches sur les conséquences sanitaires de ces catastrophes. D’où ce Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants.
Il fait suite au premier Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection – de Tchernobyl à Fukushima, que nous avons organisé avec le soutien de la ville de Genève notamment, les 12-13 mai 2012, et dont les Actes ont été publiés en mars 2013 et sont téléchargeables ici..

Le 22 Septembre 2014


L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Mai 06

Malformations congénitales et accident de Tchernobyl.

J’ai trouvé cette video passionnante.
Elle nous montre comment une équipe internationale libre a réalisé une étude sérieuse sur la fréquence de malformations congénitales dans une région d’Ukraine touchée par Tchernobyl.

Il s’agit ici des Spina bifida et des microcéphalies.
Le dr Wladimir Wertelecki, pédiatre et généticien, nous montre comment s’est organisée une telle étude, comment elle tient compte de multiples facteurs, comment l’équipe a découvert et confirmé des choses inattendues.
Il nous en montre les limites, les questions qu’elle soulève tant pour l’Ukraine que pour le Japon et nous tous.
Surtout cette étude est utile: il en tire des conclusions pratiques , à même d’améliorer l’état de santé des populations.

«La prévention vient en premier, pas l’épidémiologie» (Dr Wertelecki)

Concernant Fukushima, où sont les études, les statistiques, les données
sur l’impact de la catastrophe sur les nouveaux-nés depuis 3 ans ?
Quelles actions ont été entreprises en faveur des populations et des enfants à naître ?

Equipe internationale libre: aucun financement officiel, aucune subordination à OMS ni AIEA.
Le Dr Wladimir Wertelecki, nous montre que l’OMS, vassale de l’AIEA se garde bien d’aller enquêter là où il faut et écarte délibérément toute mise en cause de l’exposition à la radioactivité. Lorsque les conclusions d’une ou plusieurs enquêtes lui déplaisent, elle refuse d’en tenir compte (par exemple:l’augmentation des cas de Leucémie autour des installations nucléaires).
Nous apprenons ainsi que l’EUROCAT, un réseau de surveillance européen des anomalies congénitales, n’a mené aucune étude en Ukraine, et que le principal sujet d’étude où vont les crédits est l’alcool, en tant que cause des anomalies à la naissance…

Video réalisée à l’occasion du symposium « The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident » (Conséquences médicales & environnementales de l’accident nucléaire de Fukushima) organisé par la fondation Helen Caldicott les 11 & 12 Mars 2013 à New York.

    Quelques précisions avant de visionner cette video:

  • OMS: Organisation Mondiale de la Santé. Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
  • Affection héréditaire: c’est une anomalie due à une altération des chromosomes. Elle se transmet de génération en génération.
  • Affection congénitale (l’objet de cette étude): c’est un embryon qui a des chromosomes en bon état mais qui a un « accident » dans son développement. C’est le cas du Spina bifida. L’accident peut être provoqué par des virus, l’exposition à des toxiques (alcool, tabac, médicaments: thalidomide) l’exposition aux rayonnements ionisants, des carences alimentaires.
  • J’ai mis quelques indications sur le Spina Bifida et la Microcéphalie ici en bas de page

https://youtu.be/-qsedHFLXQk
Sous-titrage français par KNA


Les Défauts du Tube Neural:

Ce sont des malformations congénitales du système nerveux central et des strucures adjacentes; elles sont liées à un défaut de fermeture du « tube neural » entre 3° et 5°semaines de la gestation.
Le « tube neural » est la structure qui chez l’embryon très jeune va former la Möelle épinière et le cerveau.
L’empilement des vertèbres va former un canal qui contient la moëlle épinière avec ses nerfs.

Le Spina Bifida

Il est consécutif à une mauvaise fermeture de ce tube neural.
Les enfants souffrent de paralysies et de troubles sensitifs plus ou moins importants des jambes, des fesses, de la vessie, de l’intestin, de l’anus.

Les causes en sont mal connues(alcool, tabac, autres facteurs dont les radiations). On sait par contre que l’absorption par la mère, dès AVANT la conception, d’acide folique réduit considérablement le risque que l’enfant à naître ait un Spina bifida

L’hydrocéphalie accompagne 70 % des cas de Spina Bifida. C’est un défaut de drainage du Liquide céphalo rachidien au niveau de la boite cranienne.Elle nécessite la mise en place d’un drain pour évacuer ce liquide céphalo-rachidien. Si on ne met pas ce drain en place, le cerveau est comprimé et l’enfant a de très gros troubles mentaux avec une tête énorme.

Documentation:
Un site canadien
Le Site du CHU de Rouen
La Fédération française des associations du Spina Bifida


La microcéphalie

La microcéphalie désigne la taille anormalement petite du crâne. On la détecte par les échographies pré-natales et tout au long de la croissance du nourrisson par la mesure du périmètre cranien. Elle est la conséquence soit d’un arrêt de développement du cerveau, soit de la soudure trop précoce des os du crâne.

    Les symptômes de la microcéphalie sont :

  • une taille de crâne inférieure à la normale, estimée par la mesure du périmètre crânien
  • un retard mental plus ou moins profond.

La microcéphalie est congénitale: c’est un accident de la croissance du foetus.

Pour éviter les anomalies de l’enfant à naître et notamment la microcéphalie, il est important que la grossesse se déroule au mieux et que la mère ne consomme pas de substance toxique pour le développement du foetus, comme l’alcool, le tabac, les drogues. Le dr Wertelecki suggère que l’effet des radiations ionisantes soit étudié (Alors que l’OMS se cantonne à l’effet de l’alcool).
Plus d’info sur santé-médecine

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