Déc 07

Augmentation de la mortalité périnatale dans les préfectures contaminées par l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima.

Une étude dans le temps et l’espace publiée par la revue MEDICINE
– Hagen Heinrich Scherb, Dr rer nat Dipl-Math (Allemagne)
– Kuniyoshi Mori, MD (Japon)
– Keiji Hayashi, MD (Japon)

Résumé

Des études descriptives par observation (Descriptive observational studies) ont montré une évolution à la hausse de la mortalité périnatale européenne séculaire après Tchernobyl.
L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a-t-il entraîné des phénomènes similaires au Japon ? C’est la question que nous posons ici
.

Le gouvernement japonais a publié pour la période 2001-2014 des statistiques mensuelles pour 47 préfectures représentant 15,2 millions de naissances. 69.171 cas de mort périnatale du foetus ou du nouveau-né ont été enregistrés entre la fin de la 22ème semaine de grossesse et 7 jours révolus après la naissance.

Afin d’évaluer et de vérifier la part de l’augmentation des taux de mortalité périnatale attribuable au tremblement de terre, au tsunami ou à l’exposition aux rayonnements, nous avons appliqué une méthode dite de variation du point (change-point) permettant de détecter les modifications des variables dans le temps. Nous avons aussi analysé l’évolution dans le temps de la mortalité périnatale dans les préfectures japonaises classées par ordre d’exposition aux rayonnements.

Les zones présentant des niveaux de rayonnement modérés à élevés ont été comparées à des zones moins exposées et non affectées; de même les zones fortement contaminées ont été comparées selon qu’elles ont été touchées ou pas par le tremblement de terre et le tsunami.

Dix mois après le tremblement de terre,le tsunami et l’accident nucléaire qui a suivi, la mortalité périnatale dans 6 préfectures gravement contaminées a fait un bond à partir de janvier 2012: rapport de probabilité du saut de 1,156; Intervalle de confiance à 95% (1,061, 1,259), valeur P 0,0009.

Il y a eu de légères augmentations dans les zones exposées à des niveaux de contamination modérés et aucune augmentation dans le reste du Japon.

Dans les zones fortement contaminées, l’augmentation de la mortalité périnatale 10 mois après Fukushima n’est pas liée au nombre de morts et de disparus dus au tremblement terre et au tsunami.

Dans les zones contaminées par des substances radioactives, la mortalité périnatale a commencé d’augmenter 10 mois après l’accident nucléaire par rapport à la baisse séculaire stable existante. Ces résultats concordent avec les constatations en Europe après Tchernobyl.

Cependant, cette étude – comme d’autres du même type – ne peut qu’émettre des hypothèses sans pouvoir établir un véritable lien de causalité, du fait de facteurs inconnus et non contrôlés ou de facteurs de confusion. De ce fait, il est nécessaire et urgent d’intensifier les recherches dans diverses disciplines scientifiques; pour mieux qualifier et quantifier le rapport entre les radiations naturelles et artificielles de l’environnement et les effets nuisibles sur la santé génétique de la population.


L’article original publié dans le journal «Medicine»:
Scherb et al, “Increases in perinatal mortality in prefectures contaminated by the Fukushima nuclear power plant accident in Japan: A spatially stratified longitudinal study.” Medicine; 2016 Sep; 95(38).
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5044925/pdf/medi-95-e4958.pdf
http://ebm-jp.com/wp-content/uploads/media-2016002-medicine.pdf


Note:

– Les méthodes statistiques ne sont pas capables d’identifier la cause de cette augmentation de la mortalité périnatale. Concernant les problèmes de santé, le lobby nucléaire en profite pour nier tout lien avec l’exposition aux rayonnements nucléaires. Et de ce fait il incite les gouvernements à renvoyer les populations déplacées, y compris enfants et femmes enceintes, dans des zones toujours contaminées.
La statistique a ses limites mais cela ne dispense pas d’utiliser notre intelligence.

Le 7 Décembre 2017


Nov 24

10 ans après la guerre d’Irak d’innocents nouveaux-nés souffrent et meurent

Rapport de l’enquête d’une ONG sur les malformations congénitales à Fallujah, Irak en 2013.
Avril 2013
Par Human Rights Now

Fillette de Falloujah

cliché Human Rights Now


Droits de l’homme maintenant ~ Protéger les droits de l’homme pour tous
Humans Rights Now est une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme basée à Tokyo.
Elle rassemble des professionnels du droit qui se consacrent à la protection et la promotion des droits de l’homme
partout dans le monde, spécialement en Asie.
Elle se consacre à surveiller, à enquêter sur les droits de l’homme; à enseigner et à plaider au sujet des droits de l’homme.
http://www.hrn.or.jp


L’OMS refuse de publier ce qu’elle a constaté en Irak.
L’ONG «Human Rights Now» alertée par les médecins locaux a publié en 2013 le rapport de ce qu’elle a constaté à l’hôpital de Fallujah.

Vous pouvez télécharger ici ce rapport en anglais
Le texte de base
http://hrn.or.jp/eng/activity/HRNIraqReport2013.pdf
Ses deux appendices
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix1%20Iraq.pdf
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix2%20Iraq.pdf

Je n’ai malheureusement pas les moyens de traduire ce gros rapport intégralement;
Voici la traduction de la présentation qu’en fait Human Rights sur son site:
http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/


Human Rights Now
18 avril 2013
10 ans après la guerre, d’innocents nouveau-nés continuent de mourir et de souffrir en Irak.

Human Rights Now (HRN) publie les résultats d’une enquête portant sur les malformations congénitales enregistrées en Irak en 2013.

Cette année marque le 10e anniversaire de la guerre en Irak. Les médecins irakiens signalent pour ces dernières années une augmentation très inquiétante du nombre des malformations congénitales, ce qui laisse à penser que l’environnement a été fortement contaminé par cette guerre. Cette situation a des conséquences très néfastes sur la santé des populations locales, et en particulier sur celle des nourrissons et des enfants. Les données collectées par l’Hôpital Général de Fallujah – une ville qui a été lourdement attaquée à 2 reprises par les États-Unis en 2004 – font apparaître que 15 % des naissances enregistrées à Fallujah depuis 2003 présentent des malformations congénitales.

Début 2013, Human Rights Now – une O.N.G. de défense des droits de l’homme dont le siège est à Tokyo et qui est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies – a mené à Fallujah une enquête portant sur l’augmentation du nombre de malformations congénitales enregistrées en Irak.

HRN vient de publier son rapport intitulé « Des nouveau-nés innocents continuent de mourir et de souffrir en Irak ».
Ce rapport de plus de 50 pages est le premier qu’ait effectué une O.N.G. de Défense des droits de l’homme sur les maladies congénitales signalées en Irak depuis 2003, et l’intégralité du rapport est maintenant disponible en ligne.

Malgré la gravité de la situation, aucune enquête sérieuse n’a été effectuée – que ce soit par les États-Unis, le Royaume-Uni ou une organisation internationale indépendante comme l’ONU – sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de munitions toxiques par les États-Unis en Irak.

Le résultat d’un mois d’investigations de la part de la commission d’enquête fait apparaître un niveau qualitatif et quantitatif extraordinaire de malformations congénitales, avec une augmentation significative de ce phénomène dans la période qui suit la guerre. HRN considère que le droit des enfants à la santé et à la vie a été gravement violé à Fallujah en Irak et que cette situation mérite l’attention immédiate de la communauté internationale.

Avec l’autorisation de l’hôpital et des familles, ce rapport présente plus de 70 cas de malformations congénitales récemment enregistrées à Fallujah (textes et photographies). « Malgré le caractère très sensible de ces informations, les familles – et notamment les mères concernées – ont souhaité qu’elles soient divulguées pour attirer l’attention du monde extérieur sur le taux anormal des malformations congénitales enregistrées en Irak. Nous espérons vraiment faire découvrir au plus grand nombre, et en particulier aux états et aux organisations internationales concernés, la gravité de la situation de ces victimes » a dit Kazuko Ito, Secrétaire général de HRN.

Après lecture de la littérature scientifique relative aux effets de l’uranium et des métaux lourds contenus dans les munitions qui ont été utilisés pendant la guerre de 2003 et l’occupations de l’Irak, et après analyse des voies d’exposition, tout donne à penser que la contamination environnementale induite par la guerre d’Irak peut être la cause de cette augmentation du nombre de malformations congénitales. Mais l’absence d’informations suffisantes sur les armes toxiques utilisées pendant ce conflit n’a pas permis jusqu’à présent d’identifier la cause du problème.

Pour éviter que des enfants innocents continuent d’être des victimes, il est urgent que soit menée en Irak une enquête portant sur l’importance des malformations congénitales et sur les pathologies liées à la toxicité, sans oublier de les corréler avec la présence de rebuts ou de débris de munitions laissés par la guerre d’Irak. Il est essentiel de définir l’étendue et la cause de ce phénomène, et de mettre en place des mesures de santé publique efficaces, d’organiser des campagnes de soins et d’indemniser les victimes.

HRN demande donc instamment aux gouvernements britannique et américain de publier toutes les informations existantes sur le type d’armes utilisées pendant l’occupation du pays ainsi que sur les quantités de munitions employées et la localisation précise des postes de tir, et de prendre les mesures nécessaires en cas de pollution avérée pour que soit respecté le droit à la santé et à la vie de la population locale.

En outre, HRN demande au gouvernement irakien de nommer une commission indépendante qui analysera les graves problèmes de santé intervenus après la guerre, et demande au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de diligenter une enquête portant sur les violations des droits de l’homme perpétrées pendant la guerre, et notamment sur l’utilisation d’armes inhumaines et toxiques. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les malformations congénitales en Irak n’a pas encore été publié, mais s’il faisait apparaître un problème de santé publique, le HRN demande l’intervention de l’OMS à la fois pour aider à résoudre les problèmes et pour lancer d’autres études visant à mieux définir le caractère épidémiologique de ce phénomène.

Human Rights Now : http://www.hrn.or.jp


* Le texte original: http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/
* Même adresse raccourcie: https://frama.link/28a_gpa6
* Traduction: l’équipe de Vivre-après- Fukushima

Un ensemble d’articles en français au sujet des armes à l’uranium appauvri:
– http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551
– ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet:
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf


Notes

  • 1- L’uranium appauvri est le premier suspect. Mais il y avait aussi du Phosphore et d’autres produits toxiques dans les munitions utilisées
  • 2- Je doute de la possibilité de dépolluer efficacement une ville et ses abords d’un produit comme l’uranium appauvri vaporisé partout. C’est pourquoi il faut interdire les armes à uranium appauvri
  • 3- Je ne publie ici que la photo d’une fillette « peu » atteinte. Les photos se trouvant dans les annexes montrent des malformations très graves.

Au sujet des armes à uranium appauvri, l’appel d’une pédiatre de Fallouja, voir l’article précédent:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/uranium-appauvri-des-armes-a-bannir/

Au sujet des malformations congénitales à Tchernobyl, voir l’article:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/malformations-congenitales-et-accident-de-tchernobyl/

OMS: Organisation Mondiale de la Santé. (WHO en anglais) Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
Voir: http://independentwho.org/

Le 24 novembre 2016


Nov 13

Uranium appauvri: des armes à bannir


1er Novembre 2016: La Première Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution concernant les armes à uranium appauvri.

Cette résolution stipule que deux réunions de négociation d’un contrat juridiquement contraignant en vue de l’interdiction des armements nucléaires, auront lieu en 2017. La première rencontre se déroulera du 27 au 31 mars et la deuxième du 15 juin au 7 juillet 2017.
Elle ne définit pas le contenu du traité, mais reconnaît l’impact humain des armements nucléaires et les risques liés à l’existence d’armes nucléaires comme des raisons de s’engager pour leur interdiction.
La résolution appelle les États à participer afin « d’unir leurs efforts pour conclure au plus tôt un contrat juridiquement contraignant pour l’interdiction des armes nucléaires ».
Voici les résultats. Je note que le gouvernement français a voté contre.

tableau d'affichage du vote

Cette résolution a pris note des inquiétudes concernant les états comme l’Irak en ce qui concerne les effets des armes à Uranium Appauvri sur la santé des populations civiles. Le vote est survenu une semaine après que les USA aient reconnu qu’ils avaient utilisé des armes à Uranium Appauvri en Syrie en 2015

Détails en anglais:
http://www.bandepleteduranium.org/en/unga-first-l63-depleted-uranium-results

Compte rendu de la session en français sur le site de l’ONU:
http://www.un.org/press/fr/2016/agfdis3566.doc.htm

Le représentant de la France, au nom également du Royaume-Uni, a justifié son vote contre le texte en citant les travaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur cette question. Selon le représentant, les études existantes démontrent que l’utilisation de ces armes et munitions contenant de l’uranium appauvri, y compris dans les sites les plus contaminés, n’avait pas d’effet nocif sur la santé.


Les armes à l’uranium appauvri:

L’uranium appauvri (isotope U238, abréviation « UA ») est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium et du traitement du combustible usé. Il ne possède pas les propriétés nécessaires pour être utilisé dans un réacteur ni dans une bombe.

C’est un métal lourd, il est toxique chimiquement, spécialement pour le rein.
Il est faiblement radioactif. Il émet des rayons Alpha, peu pénétrants mais très dangereux pour les cellules vivantes. Plus des rayons Bêta faibles.
Il est très durable: pour perdre la moitié de sa radioactivité (demi-vie) il faut 4,47 milliards d’années !
Il est difficile à détecter, les rayons Alpha n’étant pas détectés par les compteurs Geiger standards.

L’uranium appauvri est utilisé dans l’armement pour ses propriétés physiques. Du fait de sa forte densité (2 fois le plomb) il est d’une efficacité redoutable pour transpercer les parois des chars blindés et des abris.
Il est tellement dur qu’il ne se déforme pas lorsqu’il entre en contact avec sa cible.
Au contact de sa cible, l’uranium s’enflamme, relâchant en grande quantité de minuscules particules radioactives. Transportées par le vent, ces particules vont se retrouver dans l’eau, les poussières, le sol, les nappes phréatiques… contaminant tout l’environnement. Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

L’uranium appauvri utilisé pour la fabrication d’obus-flèches provient de la filière civile, et notamment des étapes d’enrichissement et retraitement du combustible. L’armement est un débouché bien utile pour se débarrasser de cette matière encombrante !

L’UA équipe aujourd’hui les chars Leclerc. En France, deux sites militaires accueillent les essais d’obus à l’uranium appauvri : à Bourges (Cher,) les essais se font en plein air, tandis qu’ à Gramat (Lot), les tirs d’obus ont lieu dans des cavités souterraines . La Direction Générale de l’Armement assure qu’il n’y a aucun risque de contamination de l’air et des nappes phréatiques mais le secret défense entourant ces essais ne permet pas d’en être certain.

Ces armes ont déjà été utilisées dans de nombreux conflits. En Ex-Yougoslavie (Bosnie, Serbie, Kosovo), pendant le conflit qui a entraîné une intervention des forces de l’OTAN. En Irak, pendant la Guerre du Golfe de 1991 et pendant l’intervention américaine de 2003 justifiée par la prétendue présence d’ « armes de destruction massive ». On soupçonne aussi les États-Unis d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri en Afghanistan. Ils viennent de reconnaître les avoir utilisées en Syrie en 2015.
De plus, il y a de fortes suspicions d’utilisation d’UA pendant la guerre du Liban par l’armée israélienne.
On estime que 140 000 kg d’uranium appauvri auraient été utilisés dans ces conflits avant 2004.

L’uranium appauvri est néfaste pour la santé des populations civiles

La contamination par l’uranium appauvri se fait quasi exclusivement de manière interne, car le rayonnement émis par l’UA est de type alpha, et donc très peu pénétrant. Il y a trois voies majeures de contamination,

  • par inhalation de poussières
  • par ingestion d’aliments ou d’eau
  • ou par lésion cutanée.

C’est l’inhalation de particules de 1 à 10 microns qui est la plus dangereuse pour les êtres vivants:lorsque des particules de 1 à 10 microns se fixent dans les poumons: elles irradient les cellules environnantes de façon permanente, la vie durant; leur rayonnement Alpha est très nocif et est source de cancer.

L’uranium appauvri atteint les reins, les poumons, le squelette, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques ainsi que le système neurologique. Les types de pathologies observées sont principalement les cancers les leucémies et les malformations congénitales.
L’uranium appauvri s’attaque au capital génétique des personnes. De génération en génération, les effets s’accumulent…(persistance de l’irradiation et instabilité génomique)

Les enfants sont les plus vulnérables aux effets de l’uranium appauvri; parce qu’ils sont plus au contact des poussières, qu’ils portent fréquemment la main à la bouche, que les cimetières de matériels militaires détruits peuvent leur servir de terrains de jeux. Même une faible dose peut avoir des effets; il est reconnu qu’il n’existe pas de seuil d’innocuité.

On observe ces pathologies chez les populations victimes de bombardements à l’uranium appauvri, mais aussi chez les vétérans des conflits irakiens, des Balkans ou encore d’Afghanistan.

La présence de l’UA dans l’environnement peut être considéré comme irréversible: il se présente sous forme de très fines poussières; il reste radioactif pour une éternité. Les eaux, les terres agricoles, l’air, les épaves de véhicules civils ou militaires attaqués et, au final, toute la chaîne alimentaire sont contaminés.

Dans 4,47 milliards d’années l’UA disséminé n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Il continue d’avoir des effets sur l’environnement et la population même après la fin du conflit pendant des laps de temps impossibles à se représenter à l’échelle humaine.
Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

Conséquences sur les populations:

Le gouvernement français reprend la doctrine officielle qui est que l’exposition à l’UA ne provoque aucun effet néfaste sur la santé.

En cherchant «uranium appauvri» sur le site de l’OMS on ne trouve qu’un texte daté de 2001:
Un document entièrement détaché de la réalité des populations. Totalement inutile pour les malades et leurs médeçins. Il ne parle même pas des malformations. Il conclut qu’il faut dépolluer, contrôler l’exposition, «prendre les mesures préventives nécessaires pour les enfants», poursuivre des études..
http://www.who.int/entity/ionizing_radiation/pub_meet/en/DU_French.pdf
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/83757/2/fa5419a1.pdf?ua=1

Un Rapport conjoint de l’OMS et du ministère de la santé irakien sur les cancers et malformations congénitales en Irak devait être publié en Novembre 2012. «Il a été retardé à plusieurs reprises et n’a maintenant plus aucune date de sortie prévue.»
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

Pourquoi ?

Depuis 1959, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est liée à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) par un accord qui lui interdit de publier des rapports qui concernent la radioactivité, sans l’aval de cette dernière. De ce fait, aucun des rapports « critiques » de l’OMS sur les armes à l’uranium appauvri n’a jamais été publié.

Sur le terrain, les médecins clament l’apparition
de pathologies cancéreuses et de malformations:

– Croissance des cancers et des anomalies à la naissance en Irak: l’OMS refuse de publier les résultats:
Rise of Cancers and Birth Defects in Iraq: World Health Organization Refuses to Release Data
http://www.globalresearch.ca/rise-of-cancers-and-birth-defects-in-iraq-world-health-organization-refuses-to-release-data/5344530
Par Mozhgan Savabieasfahani
Global Research, July 31, 2013 (en anglais)

– L’OMS refuse de publier le rapport sur les cancers et les anomalies à la naissance causés par l’uranium appauvri
WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition.
By Denis Halliday – Global Research, September 13, 2013
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

– Selon Hans von Sponeck, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies,
«Le gouvernement américain a cherché à empêcher l’OMS de cartographier les zones du sud de l’Irak, où l’uranium appauvri a été utilisé et a provoqué des dangers sanitaires et environnementaux graves.»
Cité dans l’article de Mozhgan Savabieasfahani

Le rapport du Dr Al-Azzawi publié par Harvard (en anglais)
http://users.physics.harvard.edu/~wilson/soundscience/Al-Azzawi.pdf
Il cite: Cancers chez les enfants, leucémies, déficiences immunitaires, malformations chez les nouveux-nés

Les médecins de l’hôpital de Falloujah ont observé une croissance très inquiétante du nombre de bébés naissant avec des malformations congénitales : celles-ci concerneraient 144 naissances sur 1000, soit 14,4%. Ce taux est normalement inférieur à 2%, explique le docteur Alaani, qui étudie ce phénomène depuis de nombreuses années à Falloujah. Afin d’alerter la communauté internationale sur ces crimes, et de demander à l’Organisation Mondiale de la Santé de révéler ces nouvelles informations, elle a lancé une pétition :

Dr Alaani

Dr Samira Alaani à l’hôpital de Falloudja

Le Dr Samira Alaani, hôpital de Falloujah

« Je suis le Docteur Samira ALAANI, je suis pédiatre à l’Hôpital Général de Falloujah. Dans les années qui ont suivi les attaques des forces américaines sur notre ville, mes collègues et moi avons remarqué une augmentation horrifiante du nombre de bébés nés avec des malformations congénitales graves : spina bifida, anomalies cardiaques et des malformations auxquelles je ne peux même pas donner de nom. Beaucoup ne survivent pas. Pour ceux qui survivent, nous leur procurons des soins tant bien que mal avec le peu de ressources dont nous disposons.

Je travaille comme pédiatre à Falloujah depuis 1997, et c’est depuis 2006 que j’ai remarqué ce problème, nous avons alors commencé à enregistrer ces cas. Nous nous sommes rendus compte que sur 1000 naissances, 144 bébés présentaient des malformations. Nous sommes convaincus que, même aujourd’hui, ces cas sont liés à la contamination provenant des conflits dans notre ville il y a plus de dix ans maintenant. Ce phénomène n’est pas unique à Falloujah : les hôpitaux dans tout le Gouvernorat d’alAnbar ainsi que d’autres régions d’Irak constatent une hausse similaire. Tous les jours je vois les ravages que cette peur inculque aux futures mères et à leurs familles. La première question que l’on me pose lorsqu’un enfant naît n’est pas « Est-ce une fille ou un garçon ? » mais « Mon bébé est-il en bonne santé ? » Lorsque j’ai entendu que le Ministère de la Santé Irakien et l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) allaient faire des recherches, cela m’a donné une lueur d’espoir. Je savais que cela ne ferait que confirmer ce que nous savions déjà : que le nombre de malformations congénitales avait augmenté, mais je pensais aussi que cela pousserait l’Irak et la communauté internationale à agir.

La recherche est maintenant terminée et on nous avait promis que le rapport serait publié début 2013 ; mais nous voici six mois plus tard et l’OMS vient d’annoncer de nouveaux délais. Nous sommes inquiets que cela soit du à un problème d’ordre politique et non pas scientifique. Nous avons déjà attendu des années que la vérité éclate et mes patientes ne peuvent plus continuer comme cela. L’OMS a une autre option. Que les données soient publiées dans une revue à libre accès pour un examen indépendant par des pairs. Ce procédé serait rapide, rigoureux et transparent.

Mes patientes ont besoin de savoir la vérité, elles ont besoin de savoir pourquoi elles ont fait une fausse couche, elles ont besoin de savoir pourquoi leurs bébés sont si malades et par-dessus tout, elles ont besoin de savoir que l’on est en train de faire quelque chose pour y remédier. Le Ministère de la Santé Irakien et l’OMS se doivent de publier ces données et de nous fournir des réponses.

Je vous demande de signer cette pétition et de prouver que le reste du monde n’a pas oublié le peuple d’Irak.»

L’article d’où est extrait cet appel (en français)
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu

Un ensemble d’articles sur le sujet:
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551


* Une synthèse du problème en français:
ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf

Ferrailleurs de tanks contaminés

Recyclage de ferrailles contaminées par des travailleurs kurdes, Qushtapa, route entre Kirkuk et Arbil, Kurdistan. Irak, Septembre 2003. Les tanks ont été importés du sud de l’iRAK. Cliché www.paxforpeace.nl

jeux d'enfants sur des chars contaminés

Jeux d’enfants sur des chars contaminés


Nov 08

Fukushima: un fonds créé pour aider les familles des victimes

Traduction de l’article d’Alex Rosen: «Das Geschäft mit dem Krebs»

Section allemande de l’IPPNW
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html

Le 11.10.2016

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Depuis 2011, tous les habitants de la préfecture de Fukushima qui avaient moins de 18 ans au moment de la catastrophe nucléaire de Fukushima, sont soumis à des examens réguliers de la thyroïde pour détecter les cancers et les pré-cancers. Si le coût de ces examens est en règle générale couvert par le gouvernement pour les enfants de moins de 18 ans, il n’en reste pas moins que les familles doivent d’abord avancer les frais avant de se faire rembourser, ce qui peut prendre un certain temps. De plus, la législation sanitaire du Japon exige de manière générale qu’après l’âge de 18 ans, 30 % des coûts du traitement soient assumés par les patients eux-mêmes.

Ironiquement, ces règles s’appliquent aussi aux examens thyroïdiens chez les gens qui ont subi les retombées radioactives, ainsi qu’aux biopsies, opérations ou soins à long terme s’avérant nécessaires. Un examen de la thyroïde revient aux patients à quelque 10 000 yen (environ 87 euros), une opération entre 150 et 300 000 yen (entre 1 300 et 2 600 euros). Pour bon nombre de familles concernées, qui sont déjà été sévèrement touchées par l’évacuation et la perte de leur foyer et de leur travail, ces coûts ne sont pas supportables et accélèrent encore la spirale de la dette et de l’appauvrissement dans laquelle se trouvent déjà beaucoup d’entre elles.

Compte tenu que, suite à la catastrophe nucléaire de 2011, les autorités ont en toute conscience décidé de ne pas distribuer de tablettes d’iode, et que des millions de personnes ont ainsi été exposées à de l’iode radioactif, la préfecture de Fukushima a commencé l’an dernier a rembourser également les frais des tests thyroïdiens aux patients qui avaient entretemps passé la limite d’âge des 18 ans. Mais ces remboursements prennent aussi du temps et les familles doivent d’abord avancer le montant des frais. De plus, le remboursement n’est possible que quand les examens ont eu lieu dans les installations officielles de l’Université de Médecine de Fukushima. Toute demande de seconde opinion en dehors du système strictement contrôlé par l’État entraînerait par conséquent une charge financière supplémentaire. Les frais annexes, tels le transport pour se rendre aux examens ou des compensations pour la perte de salaire des parents, ne sont pas non plus pris en compte.

Comme ces coûts et la complexité des procédures de remboursement restent un gros problème financier pour beaucoup de familles, une organisation caritative non-gouvernementale s’est mise en place : Le «Fonds des enfants du 11 mars pour le cancer de la thyroïde» a pour but d’aider les familles de Fukushima qui en ont besoin à payer les frais des examens et des traitements, et éventuellement les frais annexes occasionnés. La population peut dès maintenant faire une donation et on espère que plusieurs centaines de personnes concernées pourront recevoir une aide d’au moins 50 000 yen (env. 430 euros).

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Après la fusion des cœurs à la centrale de Fukushima, le comité de recherche du parlement japonais était arrivé à la conclusion que la catastrophe nucléaire était « d’origine spécifiquement humaine » et que l’industrie nucléaire, les instances de surveillance et les hommes politiques, qui durant des dizaines d’années avaient ignoré les dangers de l’énergie nucléaire et la corruption rampante dans le Village nucléaire, avaient eux aussi une grande part de responsabilité. Au vu de la défaillance institutionnalisée des autorités responsables et du camouflage permanent de l’ampleur de la catastrophe nucléaire, il est particulièrement insupportable que les familles touchées par les retombées radioactives qui ont provoqué chez leurs proches un risque de maladie singulièrement accru, soient en plus abandonnées à leur sort pour faire face à la charge financière de ces maladies.

Ce n’est vraiment pas possible que dans l’un des pays les plus riches du monde, doté d’un des systèmes de santé les plus avancés, des gens qui ont subi des préjudices par la faute de l’État, soient obligés de dépendre de la charité et de l’engagement de quelques volontaires. Il est urgent que le Japon s’attaque de manière raisonnable aux conséquences écologiques, sanitaires, psychologiques, sociales et économiques de la catastrophe nucléaire. Il faut aussi revoir entièrement la manière de traiter ceux qui ont été frappés par la catastrophe nucléaire et les rejets de radioactivité et qui doivent continuer à vivre dans des zones où les taux de radiation restent élevés.

Dr Alex ROSEN
Section allemande de l’IPPNW

Pour plus d’informations :

L’article du Japan Times:
Fund started to help Fukushima thyroid cancer patients cover expenses :
http://www.japantimes.co.jp/news/2016/09/09/national/fund-started-help-fukushima-thyroid-cancer-patients-cover-expenses/

L’article original du Dr Rosen
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html


Traduction: www.fukushima-is-still-news.com


Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 08 novembre 2016

Oct 25

Les cancers de la thyroïde en France après Tchernobyl

Communiqué commun du 24/10/2016
Se sont associés à la CRIIRAD, le Dr Denis FAUCONNIER,
Annie THÉBAUD-MONY (Association Henri PÉZERAT & GISCOP93)
et Chantal LHOIR (AFMT)

« Épidémie » de cancers de la thyroïde :
Faut-il poursuivre l’Institut de Veille Sanitaire (InVS)
pour délit de tromperie ?

L’InVS a célébré le 30ème anniversaire de la catastrophe de TCHERNOBYL avec un rapport qui constitue un véritable déni de droit pour les victimes, passées et à venir, des polluants cancérogènes.
L’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ne serait pas réelle mais proviendrait pour l’essentiel de l’amélioration du dépistage et de la découverte de micro-cancers qui n’auraient jamais atteint de stade clinique. Rien ne prouverait, en particulier, le rôle des pollutions radioactives.

Le 1er juin 2016, en réaction à cette publication, le Dr Fauconnier, l’Association Française des Malades de la Thyroïde, l’Association Henri Pézerat et la CRIIRAD ont adressé une demande au ministère de la Santé, ministère de tutelle de l’InVS.

Cinq mois plus tard, en dépit d’une relance, aucune réponse de fond n’est encore parvenue. Les signataires ont donc décidé de rendre publique leur critique des travaux de l’Institut de Veille sanitaire : méthodologie inadaptée, données non actualisées, erreurs de raisonnement.

Cet institut est désormais intégré dans Santé publique France qui a pour mission de «protéger efficacement la santé des populations», « d’anticiper et d’alerter par la veille et la surveillance épidémiologique ». Les associations demandent à Mme Touraine, ministre de la santé, des actes concrets prouvant la réalité de ces engagements : la publication de toutes les données d’incidence sur le cancer de la thyroïde et la correction des erreurs de raisonnement qui biaisent l’analyse des données et conduisent à masquer l’impact de Tchernobyl.

Cela fait 30 ans que les autorités françaises s’emploient à étouffer le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl. Par exemple, aucune enquête officielle n’a jamais été ouverte, en dépit de demandes répétées, sur le pic d’hypothyroïdies néonatales de 1986, alors qu’il constitue la preuve de l’importance de la contamination subie par la population et de la réalité des dommages. Pour que ceci ne se reproduise jamais, des garanties et des outils doivent impérativement être mis en place.

Face à l’explosion de l’incidence des cancers, il est impératif de mettre en œuvre des registres de cancer qualitatifs, documentant l’exposition personnelle et professionnelle des malades, et de réorienter d’urgence la recherche en santé publique, afin qu’elle soit effectivement au service de la connaissance, de la reconnaissance et de la prévention.

Lire la critique des travaux de l’InVS

CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


Je vous invite à lire les deux textes présentés ci dessus par la CRIIRAD: la critique des travaux de l’INVS et le pic d’hypothyroïdies néonatales de 19896.
En Californie une augmentation des cas d’hypothyroïdie chez les nouveaux-nés a été constatée après le passage du nuage radioactif de Fukushima; lire l’article du 08 Janvier 2014: Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima
Le 25 octobre 2016

Août 22

Fukushima: Le dépistage des cancers de la thyroïde serait «déraisonnable».


C’est ainsi que l’université de Fukushima présente le dépistage des cancers de la thyroïde dans les écoles de Fukushima.

Voici la traduction d’un article de Yuri Hiranuma, ostéopathe, en réaction à un article d’un journal de Fukushima

Ce qu’il faudrait faire: «Respecter le souhait des enfants de ne pas participer à l’examen»

Le 15 Juin, 2016, «Fukushima Minyu», l’un des principaux journaux régionaux de la préfecture de Fukushima, a publié un article mettant en vedette Sanae Midorikawa , MD, Ph.D., une endocrinologue qui a visité les écoles de la préfecture de Fukushima pour informer les enfants sur les examens de la thyroïde auxquels ils participent. Midorikawa est également professeur associé dans la gestion de la santé des radiations à l’Université médicale de Fukushima et chargée de la communication avec les habitants.

L’article décrit comment Midorikawa est «accommodante» envers les enfants qui ne veulent pas participer à l’examen de la thyroïde: celui-ci pourrait conduire à un «diagnostic déraisonnable de cancer de la thyroïde». Le «caractère déraisonnable de ces examens» est apparemment fondé sur l’avis de l’Université médicale de Fukushima: pour elle les cas de cancer de la thyroïde trouvés au cours des 4 premières années après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne sont pas dus aux effets des rayonnements, mais simplement le résultat du dépistage de masse.
En d’autres termes, ces diagnostics sont considérés comme «déraisonnables» parce que sans le dépistage de masse, ces cancers n’auraient peut-être été découverts que plus tard, lorsque des symptômes seraient apparus.

Il est vrai que le diagnostic du cancer peut provoquer angoisse mentale et stress. Quand cela arrive aux enfants, c’est encore pire puisque les enfants ne sont généralement pas atteints de cancer.

Cependant, il semble tout aussi déraisonnable que l’Université médicale de Fukushima déclare prématurément que le rayonnement n’a aucune responsabilité pour les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima; cette opinion n’est basée que sur les résultats de la première série de tests. En fait, la seconde série de tests juste terminée mais avec certains résultats encore en suspens, montre qu’il y a plus de cas de cancer de la thyroïde que ce qui serait explicable par «effet de dépistage». (Voir ce post pour les derniers résultats: http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html).

Bien qu’il soit important de tenir compte de l’anxiété et de la peur ressentie par les enfants (et leurs proches) qui participent à l’examen, les enfants et leurs familles ont le droit de recevoir une information impartiale et réaliste en ce qui concerne les risques radiologiques.

Oui, leurs doses d’exposition pourraient ne pas être aussi élevées que celles de la population de Tchernobyl; mais il y a de nombreuses incertitudes sur les doses d’exposition réelles à Fukushima.

Dans un document récent publié dans «Thyroïd», l’Université médicale de Fukushima conclut que des cancers de la thyroïde induits par les radiations ne sont pas susceptibles d’apparaître à Fukushima parce que les doses d’exposition ne dépassent pas 100 mSv.
Mais ce seuil 100 mSv a été scientifiquement réfuté par des études récentes, telles que l’étude australienne CT (http://www.bmj.com/content/346/bmj.f2360)et l’étude suisse sur le rayonnement de fond .

Yuri Hiranuma – le 17 Juin 2016


  • L’article original de Yuri Hiranuma en anglais
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/thyroid-cancer-in-fukushimahow-thyroid.html?m=1
    Yuri Hiranuma est une ostéopathe d’origine japonaise travaillant aux USA
  • La traduction anglaise non officielle de l’article du Fukushima Minyu:
    http://www.minyu-net.com/news/news/FM20160615-084349.php
  • La traduction vers l’anglais de l’article du Fukushima Minyu par l’Université de Fukushima:
    http://fmu-global.jp/2016/06/30/article-of-the-fukushima-minyu-shimbun%E3%80%80%E3%80%90wednesday-june-15-2016%E3%80%91/
  • L’article de l’Université de Fukushima:
    http://online.liebertpub.com/doi/abs/10.1089/thy.2015.0564
  • Un article détaillé de Yuri Hiranuma qui nous fait une synthèse de la situation en juin 2016 (anglais ):
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html
  • Le blog de Yuri Hiranuma:
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/
Notes:

Cela s’appelle manipuler les enfants. Quelles conséquences sur la relation parents-enfants ? sur la relation avec les soignants ? sur l’angoisse des enfants, invités à prendre seuls des décisions qui ne sont pas forcément de leur âge ?

Au fil des mois, on voit apparaître les avis que le lobby nucléaire fournit aux politiques:

  • 1- «au dessous de 100mSv il n’y a aucun risque». Cette affirmation qui date des études sur les survivants des bombes atomiques américaines n’est plus juste: 1) l’exposition à l’explosion unique d’une bombe n’est pas comparable à une exposition chronique au fil des ans; spécialement pour des enfants.
    2)Plusieurs études modernes ont montré qu’il n’existe pas de seuil en dessous duquel l’exposition aux rayonnements serait inoffensive. Une exposition chronique à 20 mSv/an est déjà considéée comme trop élevée. Voir l’étude citée ci dessus, et «A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé»:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
  • 2- Il est inutile d’évacuer les populations. L’évacuation causerait plus de problèmes de santé que de laisser tout le monde en milieu contaminé. Cela coûte extrèmement cher et cela ruine toute une province.
  • 3- La doctrine, déjà mise en oeuvre à Tchernobyl et actuellement en cours à Fukushima est de tenter de persuader les populations qu’on peut très bien vivre en milieu contaminé, femmes enceintes et enfants compris; qu’il suffit d’apprendre à chacun comment utiliser son dosimètre et contrôler ainsi sa contamination. C’est le programme ETHOS. La responsabilité des affections provoquées par les rayonnements est ainsi reportée sur les populations qui en sont victimes.
  • 4- Et voici maintenant qu’il est déraisonnable d’examiner les enfants victimes de l’irradiation radioactive.

Il est fort probable que ce sont les conseils que le lobby nucléaire donnera aux politiques lors du prochain accident au Japon, en Europe ou ailleurs. Les politiques suivront-ils ?

Vous trouverez des articles concernant les faibles doses à la rubrique «faibles doses» dans l’index en haut de page. Notamment:

  • Les cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima sont bien dus à la radioactivité:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-cancers-de-la-thyroiactivite/
  • A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé
    – lire: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
    – Télécharger: vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/danger-20mSv-impr.pdf
  • Le rapport des médecins de l’IPPNW/PSR:
    http://tinyurl.com/zzmazqj
    ou http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Ippnw-fukushima-report-FRa.pdf
  • Les maladies radio-induites “NEGLIGEABLES“
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-maladies-radio-induites-negligeables-un-nouveau-paradigme

N’est-ce pas un bon moyen de saborder une étude dont les résultats vous déplaisent que de dire aux enfants concernés que ce n’est pas la peine de continuer de s’astreindre à des examens «déraisonnables»?

L’université de Fukushima a signé des accords avec l’AIEA. Ce qui sort de cette université a l’accord de l’AIEA(le lobby officiel du nucléaire).
Au sujet des liens de l’université médicale de Fukushima, je reprends une note de Yuri Hiranuma dans son article http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/strict-management-of-fukushima-health.html :

(Note: Il est de notoriété publique que l’Université médicale de Fukushima est comissionnée par la préfecture de Fukushima pour mener l’enquête sur la gestion de la santé de Fukushima en utilisant les ¥ 78,2 milliards du «Fonds pour la santé des Residents de Fukushima» créé à la fin 2011 par le gouvernement japonais(~684 millions d’€). Cependant, il pourrait ne pas être aussi bien connu que les 78,2 milliards de yens provenaient du «Ministère de l’Economie, du commerce et de l’Énergie», dont l’«Agence des ressources naturelles et de l’énergie» est chargée de promouvoir la construction de centrales nucléaires électriques au Japon; par l’intermédiaire de son service pour l’expansion des installations nucléaires et des industries du cycle du carburant qui fait partie du département pour l’expansion de l’industrie de l’électricité et du gaz).
Deuxièmement, il est devenu évident que l’Université médicale de Fukushima a des lignes directrices strictes concernant l’utilisation des données de l’Enquête sur la gestion de la santé Fukushima; et qu’il existe un contrôle serré sur la présentation et la publication des données analysées par le biais d’un processus d’examen par les pairs qui approuve ou désapprouve le travail. Les références sont dans l’article anglais, en anglais ou en japonais

Pour information, les buts et le conmpte-rendu officiel du «Fukushima Health Management Survey» se trouvent sur le site web du « Radiation Health Science Center»: http://fmu-global.jp/?wpdmdl=1032 (anglais)

le 22 août 2016

L’information en français sur Fukushima:
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Avr 25

TCHERNOBYL : 30 ANS déjà – quelles leçons ?

Des leçons ont été tirées de la catastrophe
mais ce n’est pas au bénéfice des populations.

Les autorités internationales, européennes et nationales ont mis en place un cadre juridique destiné à gérer à moindre coût les catastrophes nucléaires.

Voici le communiqué de presse de la CRIIRAD du 21/04/2016 à l’occasion des 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl

Après un accident nucléaire, la protection des populations devrait être au cœur des décisions mais les coûts d’une catastrophe sont tels qu’ils ont conduit les États à mettre en place une gestion « optimisée » qui fait supporter aux victimes de la pollution la plus grande part des dommages économiques et sanitaires.

Les concepts que le lobby nucléaire français[1] a testé et mis au point au Bélarus ont été intégrés aux recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR). Ils sont désormais mis en œuvre dans les territoires contaminés par les rejets de la centrale de Fukushima-Daiichi. Le « développement durable en zone contaminée » se substitue à l’obligation de relogement dans des zones exemptes de risque radiologique dosimètre porté par les écoliers: il faut apprendre aux habitants des zones affectées à vivre avec la radioactivité, les équiper de radiamètres et de dosimètres afin qu’ils limitent au mieux leur niveau d’exposition, qu’ils contrôlent le niveau de contamination de leur alimentation. Les victimes doivent être résilientes et autonomes. Elles deviennent responsables de leur protection contre les risques d’irradiation et de contamination (et potentiellement coupables si au final elles tombent malades). Les photographies d’écolières, avec leur dosimètre en guise de pendentif, illustrent parfaitement combien est devenu banal, normal, une réalité qui devrait susciter l’horreur et la révolte.

Les politiques de relogement à grande échelle sont trop onéreuses, d’autant plus onéreuses que le principe pollueur-payeur ne s’applique pas à l’industrie nucléaire. Les catastrophes n’ont pas provoqué de remise en question du régime dérogatoire de la responsabilité civile du nucléaire. Si le protocole d’amendement de la convention de Paris voté en 2004 aboutit, le montant disponible pour l’indemnisation des dommages corporels et matériels atteindra 1,5 milliard d’euros, une somme totalement dérisoire en regard du coût réel d’un accident majeur que les services officiels eux-mêmes chiffrent désormais à des centaines de milliards d’euros, voire à plusieurs milliers de milliards d’€.

Dès l’origine, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a pris le contrôle des recherches sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl et sa stratégie du doute a réussi à neutraliser les résultats les plus dérangeants. Malgré cela, l’évolution des connaissances scientifiques aurait dû conduire à tenir compte des effets spécifiques des faibles doses de rayonnements et à renforcer les normes de radioprotection. Au lieu de quoi :

  • 1/ les effets génétiques ont été arbitrairement limités à leur impact sur les 2 premières générations, une décision scandaleuse et incompréhensible à la lumière des travaux sur l’instabilité génomique ;
  • 2/ le coefficient qui divise artificiellement par 2 les effets cancérigènes n’a pas été supprimé en dépit des résultats de plusieurs études épidémiologiques de référence, en particulier sur les travailleurs ;
  • 3/ les pathologies non cancéreuses n’ont toujours pas été pris en compte, pas même les effets cardiaques, alors que tous les systèmes physiologiques sont impactés et notamment le système immunitaire ;
  • 4/ le principe de précaution n’est pas appliqué alors que de nombreux travaux questionnent les fondements mêmes du système de radioprotection (effet de proximité par exemple) ;
  • 5/ l’accident de Fukushima a relancé les discours les plus mensongers sur l’existence d’un seuil (autour de 100 mSv) en dessous duquel les doses seraient sans effet sanitaire, sur la prétendue innocuité de la radioactivité naturelle ou des examens médicaux … comme si les effets du radon n’étaient abondamment documentés, comme si aucune publication n’avait mis en évidence les risques associés aux scanners !

Dans un tel contexte, les dispositions règlementaires relatives à la gestion des phases accidentelle et post-accidentelle sont particulièrement laxistes. Pour faciliter la réinstallation, ou le maintien, des populations dans les zones contaminées, le seuil de référence applicable aux situations de contamination post-accidentelle est désormais fixé à 20 mSv/an. Il s’agit d’une valeur excessivement élevée : 20 fois la limite de 1 mSv/an qui définit le niveau de risque maximum acceptable hors situation accidentelle ! De plus, il s’agit bien d’une « référence » et non pas d’une « limite » qui serait beaucoup plus contraignante : la référence de dose peut être dépassée par une partie des personnes exposées. La « normalisation » se fera progressivement : la seule obligation est que le pourcentage des personnes exposées à plus de 20 mSv/an diminue progressivement. Aucune contrainte de temps n’est fixée ! Et cette valeur ne concerne pas la phase d’urgence au cours de laquelle les références de dose applicables sont encore plus élevées.

Les nouvelles recommandations de la CIPR sont désormais inscrites dans le droit européen : les prescriptions de la directive Euratom 2013-59[2] doivent être transposées dans le droit national des États membres d’ici février 2018. De plus, le 15 janvier dernier a été publié le règlement Euratom n°2016-52 qui fixe les niveaux de contamination autorisés dans les aliments en cas d’accident. Il reprend sans les modifier les limites établies en 1987-1990 alors qu’entre-temps le risque cancérigène radio-induit a été multiplié par 10 et qu’il est désormais établi que le rapport d’expertise qui a servi de caution scientifique est truffé d’erreurs, de lacunes et d’incohérences ! Les limites applicables à l’iode 131 sont révoltantes, en particulier quand on songe à l’épidémie de cancers de la thyroïde qui a frappé les personnes (en particulier les enfants) exposées aux retombées de Tchernobyl. Concernant la distribution d’iode stable, destiné à saturer la thyroïde et à limiter son irradiation, la référence de dose est de 50 mSv/an alors que le bureau européen de l’OMS préconise depuis 1999 un seuil d’action de 10 mSv/an pour les enfants, les femmes enceintes et les mères qui allaitent.

Les nouvelles doctrines et limites se sont mises en place dans l’indifférence quasi-générale. Compte-tenu de la répartition et de l’âge du parc électronucléaire mondial, la probabilité que le prochain accident nucléaire majeur affecte directement l’Europe est assez élevée. Tout est prêt pour qu’il soit géré au mieux des intérêts de l’industrie nucléaire.

Créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD a mis au cœur de son action le combat pour l’information et la protection des populations. Elle appelle les citoyens, en France et en Europe, à s’intéresser d’urgence aux questions qui déterminent directement la protection de leur santé et l’avenir de leurs enfants. Faute de mobilisation, le prix à payer sera colossal.

La protection sanitaire des populations et des travailleurs doit être placée au centre des discussions et des décisions. Ceci concerne en tout premier lieu les risques d’accident mais également l’impact du fonctionnement normal des installations nucléaires. À titre d’exemple, la multiplication des chantiers de démantèlement des installations nucléaires produits des quantités grandissantes de déchets radioactifs dits valorisables (métaux et gravats notamment). Avec la bénédiction de la Commission européenne et de l’AIEA, plusieurs États européens pratiquent d’ores et déjà le recyclage à grande échelle de ces matériaux contaminés. En France, le pas n’est pas franchi mais les pressions sur l’Autorité de Sûreté Nucléaire se font de plus en plus fortes. Et avec le marché commun, ce qui a été recyclé en Allemagne ou en Suède est peut-être déjà présent, à notre insu, dans les objets de notre environnement quotidien.

L’équipe de la CRIIRAD

Renvois:
[1] Notamment le CEPN, Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, une « association » qui regroupe EDF, AREVA, le CEA et l’IRSN. Son directeur est désormais vice-président de la CIPR.
[2] Directive 2013/59/Euratom du Conseil du 5 décembre 2013 fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants.

Le communiqué sur le site de la CRIIRAD: http://www.criirad.org/tchernobyl/cp-2016-04-21-30-ans-web.pdf

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
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Le 25 avril 2016

L’information en français sur Fukushima:
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Déc 02

Évacués de Fukushima: le gouvernement veut cesser l’aide au relogement début 2018

Ce qui obligera les réfugiés à retourner vivre en milieu contaminé

Un entretien avec Ken Sakamoto qui milite pour le maintien de l’aide au logement

Voici des extraits de la version française d’un entretien avec Ken SAKAMOTO.
Traduction «nos voisins 311»
La version française complète
La version originale de l’entretien, en anglais et japonais

INTRODUCTION à l’entretien

Par «evacuate fukushima»

Avec les Jeux Olympiques à l’horizon et pour montrer au monde que le Japon a totalement récupéré du triple désastre qui a frappé la région de Tohoku en 2011, y compris la crise en cours de Fukushima et au-delà, Sinzo Abe et les gouvernements locaux ont clairement indiqué aux dizaines de milliers d’évacués qu’il est temps de rentrer dans leur région d’origine.
Le Japon affirme qu’une quantité suffisante de travaux de décontamination a été réalisée pour que les évacués retournent en toute sécurité sur leurs terres contaminées.
Cependant, beaucoup d’entre eux n’acceptent pas la propagande déployée par les gouvernements locaux et sont réticents à rentrer et ce à juste titre.

Afin d’accélérer le processus de retour, le gouvernement a adopté des mesures drastiques, à savoir arrêter l’aide au logement et les autres compensations, à la grande majorité des évacués d’ici la fin mars 2018, les obligeant ainsi à retourner dans leur lieux d’origine.

Malgré une très mauvaise information par les medias japonais, Fukushima a été témoin d’un énorme acte de résistance de la part des résidents; de nombreux citoyens se sont organisés en groupes et associations à but non lucratif, déterminés à lutter contre des réformes exerçant des pressions sur les évacués. Un des leaders les plus dévoués est Ken Sakamoto que j’ai eu le privilège de rencontrer via les réseaux sociaux. Il m’a été présenté par une de mes chères amies d’Evacuate Fukushima福島の子供を守れ,Yukiko Young. M. Sakamoto est un être incroyable et se bat avec tout son cœur et son esprit afin de protéger la vie des enfants et des résidents de Fukushima.

M. Sakamoto a accepté d’être interviewé par nous et nous lui avons promis de diffuser l’entretien autant que possible, et de le partager ; espérons-le, beaucoup plus largement que ce que les media ont fait jusqu’à présent, contre leur gré. Nous sommes tous une plateforme pour transmettre au monde les voix oubliées de Fukushima.

Veuillez lui apporter votre soutien et aussi aux milliers de victimes en lisant cet entretien et en le partageant largement.
A la fin de l’article, vous trouverez les liens où vous pouvez faire un don qui sera de l’aide directe aux victimes. Beaucoup de gens m’ont demandé comment ils pouvaient aider. Voici la solution !

Evacuate Fukushima


Ken Sakamoto

坂本健 Ken Sakamoto and Tatsuyo Young
– Courtesy of 坂本健

Extraits de l’Entretien:

Nelson :
Qu’est ce qui vous a amené à cette lutte pour protéger les droits des habitants de Fukushima ?

Sakamoto :
Jusqu’à présent, beaucoup de citoyens ainsi que les experts, ont fait remarquer l’insuffisance des politiques. Ainsi le gouvernement central et la préfecture de Fukushima se renvoient la responsabilité, ignorent les nombreuses voix du peuple tout en menant une politique d’abandon vis à vis d’une partie de la population, quoique de manière camouflée. En effet, pour protéger les enfants, nous devons défendre nos droits à l’évacuation, et assurer la perennité de leur hébergement est crucial. Telles sont les raisons pour mes actions aujourd’hui.

Nelson:
Si je comprends bien, l’aide au logement pour les déplacés se termine à la fin de l’année fiscale 2016 (au mois de mars 2017) pour les zones dont la radioactivité ambiante est au-dessous de 20mSv/an, et à la fin de l’année fiscale 2017, partout où la radioactivité sera en dessous de 50mSv/an.
A la fin de 2018, il n’y aura plus aucune compensation. Qu’est ce que cela signifie pour les milliers de familles qui ont du reconstruire leur vie ailleurs et qui devront recommencer une vie nouvelle ?

Sakamoto :
Votre commentaire sur la remise à zéro est tout à fait correct. A mon avis, le gouvernement central a constamment déployé des efforts pour minimiser les dommages de l’accident nucléaire tout en exerçant des pressions sur les médias. On peut presque parler ici d’un contrôle de l’information.

La préfecture de Fukushima a mis en priorité la sauvegarde du gouvernement local plutôt que la santé et la vie de ses ressortissants. L’ETHOS qui avait été actif dans les coulisses à Tchernobyl est entré en scène sans tarder à Fukushima, et a recommandé de vivre avec la radiation, prétendant qu’il était là pour protéger la santé des habitants de Fukushima.
Derrière la série des événements, on aperçoit les figures de l’AIEA, de la CIPR et de l’UNSCEAR. Toutefois, j’ai l’impression que l’éducation après guerre a fait des Japonais un peuple docile qui suit les autorités et les média aveuglément. Même si la diffusion de l’accès à l’internet empêche le contrôle complet de l’information, le fait est que les personnes n’ayant pas accès à une information véridique, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dupés. Ceux qui ne sont pas conscients de la manigance du gouvernement se laissent abuser à cause de leur discrétion, élément caractéristique du caractère japonais. Parmi ceux qui bénéficient de la ”Compensation” (quoi qu’insuffisante ), beaucoup ne réalisent même pas qu’ils ont été manipulés à ne pas réclamer leurs droits légitimes à cause de leur sentiment de culpabilité vis-à-vis des personnes qui elles sont privées du droit à la “Compensation”. Une partie de sinistrés ont fini par accepter leur situation comme inévitable. C’est dommage.
Toutefois, il existe également des déplacés ayant une forte conscience de leurs droits qui s’élèvent contre cette maltraitance injustifiable.
Le gouvernement central ainsi que TEPCO, les auteurs, non seulement ne reconnaissent pas leur responsabilité pénale mais ils essaient en plus de s’en tirer sans remplir la responsabilité de la “Compensation”. Cela me met en rage. A cause de députés parlementaires sans coeur, à cause du sabotage et de l’absence de prise de décision de la part des administrateurs, les victimes ne peuvent que vivre au jour le jour, et dans la situation où ils se trouvent, ne voient plus que l’option de la mort.

Les autorités ne jouissent pas de l’adhésion des sinistrés.

Nelson :
Quel est le consensus parmi les membres des familles concernant un tel déplacement? J’ai lu quelque part que 40% ne souhaitent pas rentrer, ce qui est compréhensible. Est ce exact ?

Sakamoto :
En ce qui concerne les évacués de la zone d’exclusion où l’ordre d’évacuation a été appliqué, la part de la population souhaitant retourner est d’environ 20%. Ceux qui n’arrivent pas à prendre une décision définitive et continuent la vie de réfugié représentent entre 30 et 40%. Le reste de la population, c’est-à-dire entre 40 et 50%, considère qu’il n’est pas possible de rentrer, et souhaite reconstruire leur vie ailleurs rapidement. Au fur et à mesure que la période d’évacuation s’allonge, la part de la population qui considère qu’il n’est pas possible de rentrer augmente.


Quant aux auto-évacués (ntr : ceux qui ont quitté des régions en dehors des zones d’évacuation officielles), la grande majorité souhaite demeurer où ils sont, et ce souhait est de la première importance pour eux. Il existe de plus en plus de personnes qui sont rentrées malgré elles pour des raisons financières ou à cause de conflits au sein de la famille. Généralement, les gens ne comprennent pas la situation des refugiés. Aussi, il est difficile de dire combien de refugiés comprennent pleinement la démarche d’arrêt de l’aide de “Compensation” de la préfecture de Fukushima. Dans ce sens, une audition publique est nécessaire, et la préfecture de Fukushima a la responsabilité de s’expliquer.

Nelson :
Les autorités locales ont l’air de croire qu’elles ont réussi à décontaminer suffisamment les régions contaminées pour y faire retourner les familles avec leurs enfants. Qu’en pensez-vous ? Y a-t-il suffisamment d’infrastructures sur place pour accueillir un si grand nombre de personnes qui vont rentrer – hôpitaux, supermarchés, écoles ?

Sakamoto :
C’est le planning des bureaucrates, ils essaient de détourner l’attention du peuple japonais de l’accident de la centrale nucléaire et de l’orienter vers les Jeux Olympiques en suscitant leur enthousiasme.

Quant aux infrastructures, leur mise en place est retardée par le manque de main-d’œuvre dû à la préparation des Jeux Olympiques. Cela freine aussi la construction de logements publics, ce qui rend difficile la levée de l’ordre d’évacuation au mois de mars 2017.

Ils vont donc dire que les infrastructures sont prêtes pour le retour et ceux qui ne rentrent pas devront reconstruire leur vie avec leurs propres moyens. D’ores et déjà, les gouvernement central et de Fukushima incitent à « l’autonomisation » des évacués.
La démarche du gouvernement actuel est de créer une ambiance sociale requérant l’autonomisation des réfugiés, et de créer une situation dans laquelle ceux-ci n’auront d’autres options que de retourner dans leur région d’origine. Pour ce faire, il arrête les aides et la compensation, en se basant sur la mesure de la radioactivité ambiante comme seul critère pour lever l’ordre d’évacuation, sans faire face à la réalité de la radio-contamination.

Nelson:
Selon l’ICRP, le public ne devrait pas être exposé à plus de 1mSv/an. Les autorités parlent-elles réellement de 50mSv/an ou moins, comme la dose sans risque pour faire rentrer les enfants ? Quels sont les arguments fournis par les autorités locales aux évacués afin de les convaincre de rentrer– à part, bien sûr, de les priver du statut d’évacué et de la ” Compensation” ?

Sakamoto :
Malheureusement, le gouvernement central diffuse des informations erronées en profitant de l’ignorance du peuple japonais sur la radioprotection, et le mène en bateau en impliquant les gouvernements locaux.
C’est ainsi que les gens qui croient en leur sécurité sans même en discuter, ou les gens qui veulent y croire, soutiennent la politique du retour. Le gouvernement utilise leur sentiment de vouloir reconstruire leur pays natal qui n’a rien à voir avec la logique scientifique.


Le gouvernement maintient son point de vue selon lequel l’exposition à la radioactivité jusqu’à 100mSv/an n’est pas censée avoir des effets sanitaires. Quant à la dose inférieure à 50mSv/an, cela va sans dire

Afin d’implanter dans le peuple japonais l’idée selon laquelle les gens qui parlent des effets sanitaires ne sont qu’une petite partie de la population trop nerveuse et trop inquiète, des chercheurs et des universitaires sous l’influence du lobby nucléaire français mènent des activités de lavage de cerveau au sujet de la sécurité auprès des organismes d’administration, des comités d’éducation et des organisations à but non lucratif, et ce, en utilisant le budget de la reconstruction.
Puisque les fonctionnaires ont l’habitude de transmettre la volonté de leur supérieur hiérarchique aux subalternes sans se poser de question, la voix des habitants n’est pas entendue et par conséquent n’est évidemment pas prise en considération.

Nelson :
C’est une question personnelle et vous n’êtes pas obligé d’y répondre. J’ai compris que vous êtes vous-même un évacué de Tomioka et que maintenant vous habitez à Yokohama. Vous êtes en première ligne de feu. Il vous faut beaucoup de courage pour vous déplacer dans un nouvel environnement et vous insérer dans de nouvelles communautés. Pendant quatre ans, les évacués ont été forcés de reconstruire leur vie afin de s’adapter à ce nouvel environnement. Maintenant, ils doivent rentrer s’ils ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille et recommencer à zéro. Alors ma question c’est, retournerez-vous à Fukushima ?

Sakamoto:
Je n’en ai pas l’intention. La plus grande partie du territoire de la préfecture de Fukushima est contaminée à une dose équivalente aux zones contrôlées radioactives. Considérant le fait que la demi-vie du Césium 137, – radionucléide le plus présent -, est d’environ 30 ans, la possibilité d’une nouvelle crise à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, et le fait que son démantèlement nécessiterait quelques centaines d’années, je ne prends pas le choix du retour. Si je rentre, cela signifie que mes enfants ainsi que mes petits-enfants y retournent également.

Je ne peux même pas considérer la possibilité d’imposer l’irradiation aux générations de mes enfants et petits-enfants.

Lire en entier la traduction française de l’entretien
l’entretien en anglais et japonais


Note

Mr Sakamoto évoque l’influence du lobby nucléaire français: c’est le programme ETHOS
Ce programme, créé par le lobby nucléaire français vise à réinstaller les populations évacuées dans leur ancienne région contaminée. Il a été créé de suite après Tchernobyl. Il travaille à persuader les populations et les gouvernants qu’on peut très bien vivre en territoire contaminé.
Ethos travaille maintenant à Fukushima.
Voyez ce qu’en dit la «journaliste indépendante et mère indignée» Mari Takenouchi

Le 02 décembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
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et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
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Nov 30

171 Bq/kg de Césium dans le sol d’une aire de jeux à Kamakura

6 fois plus que l’an dernier

Un article du Fukushima-Diary

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Le 20 Octobre 2015 la mairie de Kamakura a révélé qu’elle a mesuré 171 Bq/kg dans le sol de l’aire de jeux d’une école élémentaire. Le nom de l’école est « Yamasaki Elementary School».

Le niveau du Cs134 était de 31 Bq/Kg ce qui prouve que la radioactivité provient de l’accident de Fukushima. Les échantillons ont été prélevés en Août dernier.

La mairie a collecté des échantillons dans 25 écoles élémentaires et secondaires. Les Cs 134/137 ont été détectés dans 22 des 25 écoles.

La mairie a conclu dans son rapport que la dose atmosphérique en découlant est plus basse que la limite de sécurité.

Cependant, le niveau du Cs 134/137 était de 26 Bq/kg en 2014. Il a augmenté de 6,6 fois depuis l’an dernier.
La cause possible de cette augmentation n’est pas mentionnée dans le rapport.

les documents japonais:
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/documents/h27koutei.pdf
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/documents/h26koutei1.pdf
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/syoutyuu_housyasen_tuti.html

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Notes

  • Kamakura est à 280 Km de la centrale accidentée, 50 km au delà de Tokyo. Le nuage radioactif a survolé Tokyo avant de passer sur Kamakura.
  • Les éléments météorologiques déplacent constamment la pollution: les vents, les pluies des typhons surtout déplacent de grosses quantités de matières. Ce qui a été à peu près décontaminé peut se retrouver à nouveau contaminé.
  • Lors de l’accident nucléaire, les CS 134 et 137 sont émis en quantités sensiblement équivalentes.
    le CS 137 a une demi-vie de 30 ans; au bout de 4 ans,il persiste donc 91% de son activité.
    Le Cs 134 a une demi vie de 2 ans; au bout de 4 ans il ne persiste plus que 25% de son activité.
    Le fait qu’on trouve du Cs 134 en quantités bien moindres que le Cs 137 prouve qu’il s’agit bien des retombées de l’accident de la centrale de Fukushima.
  • Dommage que le niveau de rayonnement aérien auquel sont soumis les enfants qui jouent sur ce sol contaminé ne soit pas précisé; c’est pourtant facile à mesurer ( au ras du sol et à 1 mètre). Les enfants sont soumis aux rayons gamma émis par le sol contaminé et également aux rayonnements alpha, β ou γ émis par les poussières qui se déposent sur leurs vêtements(chaussures), qu’ils inhalent quand le temps est sec , qu’ils avalent quand ils portent la main à la bouche, etc…
  • A titre de point de repère, les aliments sont considérés comme non comestibles au delà de 100 Bq/Kg

Le 30 novembre 2015

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Nov 08

112 enfants sur 173 diagnostiqués avec des problèmes thyroïdiens à Kashiwa

Kashiwa est à 26 km du centre de Tokyo,
à 200 km de la centrale Dai ichi accidentée.

Le 30 octobre 2015, la municipalité de Kashiwa a annoncé que 112 enfants sur 173 ont été diagnostiqués avec des nodules ou des kystes thyroïdiens.

  • 61 n’ont aucune anomalie
  • 95 ont des nodules <= à 5mm - ou des kystes <= à 20 mm
  • 6 ont des nodules => à 5,1 mm ou des kystes => à 20,1 mm
  • 11 d’entre eux ont été conviés à subir des examens complémentaires

Les enfants examinés sont nés entre 1992 et 2011. Les examens ont eu lieu entre juillet et septembre 2015.

Les parents ont du signer une déclaration de consentement pour se faire rembourser ces examens. Elle précise que les examens ne garantissent pas l’état de santé futur de l’enfant, qu’ils ne concernent que l’état de santé actuel et aussi qu’il ne s’agit pas d’une évaluation des effets de la radioactivité due à l’accident nucléaire mais seulement d’apaiser les angoisses devant l’exposition à la radioactivité.

le tableau publié par la ville de Kashiwa

L’article de Fukushima-diary
Le site de la ville de Kashiwa


Note:

C’est inquiétant cette profusion d’anomalies si près de Tokyo et si loin de la centrale, même si elles ne sont pas cancéreuses.
On voit que la doctrine oficielle est de rapporter les problèmes de santé des enfants à l’angoisse; mais surtout pas à l’exposition à l’Iode radioactif ou autres produits radioactifs relâchés par les réacteurs de Fukushima Dai ichi.

Les réacteurs accidentés continuent 4 ans après l’accident de relâcher de l’Iode radioactif puisqu’on en a retrouvé récemment notamment dans des boues de station d’épuration

Précision:
Kyste: une formation creuse contenant un liquide
Nodule: une formation solide

Nodules ou kystes peuvent être bénins ou malins
Le diagnostic de malignité ou de bénignité est apporté par l’analyse des fragments prélevés à l’aide d’une ponction avec une aiguille fine. Cela va vraisemblablement être le cas pour les 11 enfants invités à subir un examen complémentaire.

Deux articles sur ce sujet:
Découverte d’Iode radioactif dans les boues d’une station d’épuration à Gunma le 5 sept 2015
Les cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima sont bien dus à la radioactivité

Le 8 novembre 2015

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