Déc 07

Augmentation de la mortalité périnatale dans les préfectures contaminées par l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima.

Une étude dans le temps et l’espace publiée par la revue MEDICINE
– Hagen Heinrich Scherb, Dr rer nat Dipl-Math (Allemagne)
– Kuniyoshi Mori, MD (Japon)
– Keiji Hayashi, MD (Japon)

Résumé

Des études descriptives par observation (Descriptive observational studies) ont montré une évolution à la hausse de la mortalité périnatale européenne séculaire après Tchernobyl.
L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a-t-il entraîné des phénomènes similaires au Japon ? C’est la question que nous posons ici
.

Le gouvernement japonais a publié pour la période 2001-2014 des statistiques mensuelles pour 47 préfectures représentant 15,2 millions de naissances. 69.171 cas de mort périnatale du foetus ou du nouveau-né ont été enregistrés entre la fin de la 22ème semaine de grossesse et 7 jours révolus après la naissance.

Afin d’évaluer et de vérifier la part de l’augmentation des taux de mortalité périnatale attribuable au tremblement de terre, au tsunami ou à l’exposition aux rayonnements, nous avons appliqué une méthode dite de variation du point (change-point) permettant de détecter les modifications des variables dans le temps. Nous avons aussi analysé l’évolution dans le temps de la mortalité périnatale dans les préfectures japonaises classées par ordre d’exposition aux rayonnements.

Les zones présentant des niveaux de rayonnement modérés à élevés ont été comparées à des zones moins exposées et non affectées; de même les zones fortement contaminées ont été comparées selon qu’elles ont été touchées ou pas par le tremblement de terre et le tsunami.

Dix mois après le tremblement de terre,le tsunami et l’accident nucléaire qui a suivi, la mortalité périnatale dans 6 préfectures gravement contaminées a fait un bond à partir de janvier 2012: rapport de probabilité du saut de 1,156; Intervalle de confiance à 95% (1,061, 1,259), valeur P 0,0009.

Il y a eu de légères augmentations dans les zones exposées à des niveaux de contamination modérés et aucune augmentation dans le reste du Japon.

Dans les zones fortement contaminées, l’augmentation de la mortalité périnatale 10 mois après Fukushima n’est pas liée au nombre de morts et de disparus dus au tremblement terre et au tsunami.

Dans les zones contaminées par des substances radioactives, la mortalité périnatale a commencé d’augmenter 10 mois après l’accident nucléaire par rapport à la baisse séculaire stable existante. Ces résultats concordent avec les constatations en Europe après Tchernobyl.

Cependant, cette étude – comme d’autres du même type – ne peut qu’émettre des hypothèses sans pouvoir établir un véritable lien de causalité, du fait de facteurs inconnus et non contrôlés ou de facteurs de confusion. De ce fait, il est nécessaire et urgent d’intensifier les recherches dans diverses disciplines scientifiques; pour mieux qualifier et quantifier le rapport entre les radiations naturelles et artificielles de l’environnement et les effets nuisibles sur la santé génétique de la population.


L’article original publié dans le journal «Medicine»:
Scherb et al, “Increases in perinatal mortality in prefectures contaminated by the Fukushima nuclear power plant accident in Japan: A spatially stratified longitudinal study.” Medicine; 2016 Sep; 95(38).
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5044925/pdf/medi-95-e4958.pdf
http://ebm-jp.com/wp-content/uploads/media-2016002-medicine.pdf


Note:

– Les méthodes statistiques ne sont pas capables d’identifier la cause de cette augmentation de la mortalité périnatale. Concernant les problèmes de santé, le lobby nucléaire en profite pour nier tout lien avec l’exposition aux rayonnements nucléaires. Et de ce fait il incite les gouvernements à renvoyer les populations déplacées, y compris enfants et femmes enceintes, dans des zones toujours contaminées.
La statistique a ses limites mais cela ne dispense pas d’utiliser notre intelligence.

Le 7 Décembre 2017


Nov 30

Qui est concerné par un éventuel accident nucléaire en France ?

Une carte de Greenpeace

La France, pays le plus nucléarisé au monde, avec ses 58 réacteurs en fonctionnement et ses dizaines d’installations civiles et militaires, se contente de protéger les populations dans une zone beaucoup trop restreinte en cas d’accident nucléaire. Pourtant, l’impact d’une catastrophe nucléaire peut s’étendre au-delà de 100 kilomètres (Fukushima) voire au-delà de 300 kilomètres (Tchernobyl).

En France, c’est le Plan Particulier d’Intervention (PPI) qui comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées en cas d’accident sur un site nucléaire. Greenpeace demande l’extension de cette zone PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Pour plus de détails lire l’intéressant rapport du 30/01/2016 de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information
http://www.anccli.org/
En France, chaque installation nucléaire est pourvue d’une Commission Locale d’Information (CLI) qui a la double mission d’informer la population sur les activités nucléaires et assurer un suivi permanent de l’impact des installations nucléaires

Le rapport de l’ANCCLI- 2016


carte des zones autour de Lyon

Un exemple de la carte Greenpeace pour Lyon


Aller sur la carte de Greenpeace


PS. Le rayon des PPI autour des centrales devait être élargi à 20 km.
(http://www.maire-info.com/risques/le-perimtre-des-ppi-nucleaire-va-tre-etendu-20-km-article-19532)
Je ne sais pas si cet élargissement est appliqué actuellement…j’ai cherché en vain dans le fouillis de la législation…si un lecteur a la réponse peut-il me l’envoyer ? merci

le 30 novembre 2017


Nov 22

Ruthénium 106 – synthèse au 22/11/2017

Ce n’est toujours pas plus clair
Voici le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Contamination par le ruthénium 106
Présentation synthétique du 22/11/2017

Un énorme rejet de ruthénium 106 s’est produit dans la deuxième moitié du mois de septembre. Malgré les immenses capacités de dilution de l’atmosphère, le ruthénium 106 (ou plus exactement son descendant radioactif le rhodium 106) a en effet été mesuré dans l’atmosphère de très nombreux pays européens et les concentrations ont pu atteindre plusieurs dizaines de mBq/m3, voire dépasser 100 mBq/m3. La convention internationale imposant une notification rapide des accidents nucléaires n’a pas fonctionné. Alors que l’alerte sur la contamination de l’air a été lancée début octobre, on ne sait toujours pas quelle installation est à l’origine de la contamination. On ignore combien de travailleurs, combien d’habitants, combien d’enfants ont été exposés aux radiations ; combien ont été contaminés ; quelles doses de rayonnement ils ont pu recevoir …

Dans un premier temps, seule la CRIIRAD semble s’être souciée des risques encourus au niveau local. En Europe, la communication s’est focalisée sur l’absence de tout risque sanitaire. Au niveau international, l’OMS s’est enfermée dans le silence et l’AIEA a totalement occulté la question du terme source : aucun appel à investigation, aucune mise en garde sur les risques d’exposition des travailleurs et de la population locale. L’AIEA n’a même pas publié la liste des installations nucléaires susceptibles de rejeter du ruthénium 106.

Le 9/10/2017, les modélisations des organismes d’expertises français (IRSN) et allemand (BfS) ont désigné le sud de l’Oural comme la localisation la plus probable du rejet. Le 9/11/2017, l’IRSN a publié une note indiquant comme scénario le plus probable un rejet considérable de 100 à 300 TBq, survenu entre la Volga et l’Oural et qui aurait nécessité des mesures de protection de la population dans un rayon de 5 km et le contrôle des denrées alimentaires jusqu’à 40 km de distance.

Sur la base de ces estimations, la CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA (le 17/11/2017) et lancé un appel à une totale transparence, tant du côté des gouvernements, et notamment de la fédération de Russie, que de l’AIEA et des organismes d’expertises (communiqué du 20/11 sur Médiapart).

Peu après, plusieurs médias ont titré sur « les aveux de la Russie » et sur la publication par l’agence fédérale russe de météorologie de résultats attestant d’une contamination extrêmement élevée. Se basant sur son analyse des documents russes, la CRIIRAD a démenti ces informations par 2 communiqués successifs de mise au point, le 21/11/2017 et le 22/11/2017.
À ce jour le mystère reste entier. Nous ne pouvons qu’espérer que les modélisations soient erronées et que l’impact sanitaire soit moins important qu’envisagé.


Voir le communiqué origine et les précédents
http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html


Petite note

Le jour où il y aura un accident en France ou chez les voisins, il y a fort à craindre que nous soyons tout aussi mal informés !

Nov 11

Contamination par le ruthénium 106

Les rejets radioactifs sont considérables
et proviendraient de Russie ou de pays proches

Voici le communiqué de la CRIIRAD daté du 10 novembre 2017
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Les responsables se soucient enfin de l’importance des rejets du ruthénium 106 intervenus, fin septembre 2017, et des risques encourus au plus près du terme source !
Dans un premier temps, les communiqués officiels se sont contentés de souligner l’absence de risque en France et en Europe. La CRIIRAD avait alerté dès le 5 octobre, mais en vain, sur les risques encourus par les populations locales.
On sait pourtant depuis Tchernobyl qu’il faut agir très vite car l’exposition est majeure dans les premiers jours et les premières semaines.

Rappel : présence anormale de ruthénium 106 (1)dans l’air européen détectée fin septembre.
Dans un communiqué de presse (2) du 4 octobre 2017, l’IRSN indiquait que du ruthénium 106 avait été détecté dans l’air de plusieurs pays européens et concluait, sans émettre aucune réserve sur les niveaux de risque sur le lieu de l’accident et dans les zones proches : « Les niveaux très faibles de contamination atmosphérique en ruthénium 106 observés à ce jour par les réseaux européens de surveillance sont sans conséquences pour l’environnement et pour la santé. Néanmoins, l’IRSN maintient une vigilance de surveillance sur cette présence de ruthénium dans l’air ».

La CRIIRAD faisait part de son inquiétude le 5 octobre
Dans son communiqué (3) du 5 octobre 2017, la CRIIRAD indiquait : « Il faut déterminer l’origine du phénomène et les niveaux de risque au plus près du terme source ». « Il est important que l’origine de ces rejets de ruthénium 106 soit recherchée. De ce point de vue l’absence d’information est inquiétante. Si l’installation à l’origine des rejets n’en est pas consciente, elle n’a pas pu mettre en place de mesures de radioprotection alors que les doses subies par les riverains ou les travailleurs concernés pourraient ne pas être négligeables. S’il s’agit de dissimulation, la situation est encore plus problématique”.

La piste Russe
Plus d’un mois s’est écoulé et, à notre connaissance, l’origine exacte de cette contamination n’est pas élucidée. Des simulations effectuées par les organismes de radioprotection français (IRSN) et allemand (BfS), évoquaient une origine au sud de l’Oural. Les autorités russes (4) avaient alors réagi en niant toute responsabilité.

Un rejet colossal entre la Volga et l’Oural ?

Dans un nouveau communiqué (5) du 9 novembre 2017, l’IRSN indique que l’hypothèse de la retombée sur terre d’un satellite contenant du ruthénium 106 a été écartée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique).

Partant alors de l’hypothèse que le ruthenium 106 provient des rejets d’une installation terrestre, et sur la base de simulations, l’IRSN indique «la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet. En effet, c’est dans cette zone géographique que la simulation d’un rejet de ruthénium permet de mieux reproduire les mesures obtenues en Europe » et « Pour la zone de rejet la plus plausible, la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante, comprise entre 100 et 300 térabecquerels. Le rejet, accidentel eu égard à la quantité rejetée, aurait eu lieu au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017 ».

S’il s’agit bien de rejets émanant d’une installation unique à hauteur de 300 Terabecquerels, cela correspond à une quantité colossale, 300 mille milliards de becquerels est un chiffre, à titre de comparaison, 375 000 fois supérieur au rejet annuel maximal autorisé (6) de la centrale nucléaire de Cruas. Le ruthénium 106 est un produit de fission artificiel qui, une fois retombé au sol et sur le couvert végétal, va induire une contamination durable, il faut en effet plus d’un an pour que sa radioactivité soit divisée par deux.

Comme le note l’IRSN : “Du fait des quantités rejetées, les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet. Pour ce qui concerne les denrées alimentaires, le dépassement des niveaux maximaux admissibles (NMA) (1250 Bq/kg pour le ruthénium 106 et pour les denrées autres que le lait) serait quant à lui observé sur des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet”.

Il était donc bien indispensable, comme le demandait la CRIIRAD, le 5 octobre 2017, d’identifier l’installation à l’origine de la pollution par le ruthénium 106 et de mettre en oeuvre des mesures de protection pour la population proche. Et ce d’autant plus que , comme la CRIIRAD l’a dénoncé à plusieurs reprises, les critères d’intervention (7) retenus par les autorités françaises pour mettre en oeuvre des mesures de protection sont excessivement élevés.

Or, les documents analysés par la CRIIRAD montrent que, dans un premier temps, les services officiels en Europe se sont contentés d’insister sur l’absence de conséquences sanitaires sur le territoire Européen. Cette situation pose de nombreuses questions sur l’efficacité de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et des organismes de radioprotection officiels des pays européens.

  • A l’échelle de l’Europe et de la France, pourquoi des contrôles sur les avions susceptibles d’avoir survolé les secteurs incriminés n’ont pas été mis en place ?
  • Pourquoi les ambassades des pays Européens n’ont elles pas mis en place rapidement des dispositions particulières dans les pays pressentis comme pouvant être à l’origine de ces rejets massifs de ruthénium 106 (recueil d’échantillons de sol, couvert végétal, denrées alimentaires) ?
  • Si les Etats Européens n’ont pas souligné la gravité potentielle de la situation pour les populations et les travailleurs proches de l’installation, ils auraient pu au moins s’inquiéter de la protection de leurs ressortissants en voyage ou en séjour dans les pays incriminés

Protéger les populations proches du lieu du rejet

Avoir perdu plus d’1 mois pour alerter efficacement est une faute grave. En cas de rejet massif de substances radioactives dans l’atmosphère, il faut agir vite pour limiter les doses subies par les populations proches de l’installation incriminée. En l’absence de mesures de protection, les doses subies pourraient avoir dépassé largement les limites sanitaires.

S’il est probablement trop tard pour limiter les risques liés à l’inhalation dans le panache (on peut penser en effet que les rejets ont cessé depuis plusieurs semaines), les populations proches de l’installation sont toujours soumises aux radiations liées aux retombées de ruthénium 106 et à la contamination par ingestion de denrées contaminées. Il est donc important, en fonction des niveaux de retombées, de mettre en place des contre-mesures adaptées (évacuation ou décontamination des sols).

Il est tout aussi important de leur recommander de ne pas consommer les denrées qui ont subi une contamination par dépôt foliaire ou une contamination différée.

Dans la mesure où certains Etats ne sont pas capables d’assurer la protection radiologique des citoyens, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les ONG locales et développer les contrôles radiologiques indépendants.

Pour les autorités françaises il n’y a rien de plus à faire ?

En ce qui concerne les risques pour les personnes vivant en France, l’IRSN considère « d’une part que la probabilité d’un scénario qui verrait l’importation en France de denrées (notamment des champignons) contaminées par du ruthénium-106 à proximité de la source de rejets est extrêmement faible et, d’autre part, que le risque sanitaire potentiel lié à ce scénario est lui aussi très faible. Il n’apparait donc pas nécessaire de mettre en place des contrôles systématiques de la contamination des denrées importées ».
Cette position est reprise par l’ASN dans son communiqué (8) du 9 novembre.

La CRIIRAD considère, au contraire, qu’il est indispensable de mobiliser tous les moyens des Etats Européens (contrôles sur des denrées et produits provenant des zones incriminées, actions au niveau des ambassades) pour déterminer précisément l’origine des rejets et peser pour que les populations proches bénéficient de mesures de protection (même si elles sont tardives). Il faut penser aux populations locales et aux ressortissants des pays étrangers susceptibles de se trouver au plus près du terme source !

Un contrôle systématique des denrées importées n’est pas forcément le plus adapté, en revanche, il est nécessaire qu’un programme de surveillance radiologique spécifique soit mis en oeuvre au niveau Européen pour vérifier la contamination par le ruthénium 106 des denrées à risque en provenance des pays incriminés, mais également par d’autres substances radioactives moins mobiles qui pourraient être présentes dans les retombées locales sans pour autant être détectables dans l’air à grande distance.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire,
directeur du laboratoire de la CRIIRAD.

Contact : bruno.chareyron@criirad.org


  • (1) Le ruthénium 106 est un radionucléide artificiel (produit de fission), émetteur de rayonnements bêta, de période relativement longue (1,02 ans). Il se désintègre en donnant naissance au rhodium 106, émetteur de rayonnements bêta et gamma de période 29,8 secondes.
  • (2) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171004_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WgSLhXbkV8x
  • (3) http://balises.criirad.org/pdf/CP_CRIIRAD_171005_Ru106_Europe.pdf
  • (4) https://fr.sputniknews.com/international/201710111033422527-ruthenium-europe-russie/
  • (5) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171109_Detection-Ruthenium-106-en-france-et-en-europe-resultat-des-investigations-de-l-IRSN.aspx#.WgR77nbkV8x
  • (6) Pour les produits de fission et d’activation émetteurs bêta et gamma comme le ruthénium 106.
  • (7) L’IRSN se réfère par exemple au Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive applicables aux aliments après un accident nucléaire ou toute autre urgence radiologique. La CRIIRAD rappelle qu’elle s’est battue contre l’adoption de ces limites fixées à des niveaux excessivement élevés et basées sur un rapport d’expertise truffé d’anomalies. De plus, le dispositif ne devrait être mis en œuvre qu’en cas de contamination massive limitant l’accès à des aliments non contaminés. Qui souhaite consommer des champignons contenant 100 becquerels de ruthénium 106 par kg au prétexte qu’en cas d’accident la limite autorisée est de 1 250 Bq/kg ?
    Les consommateurs ont le droit de savoir et de choisir.
  • (8) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ruthenium-106-dans-l-air-ambiant-en-France-pas-de-risque-identifie-pour-la-population

Notes:

Le communiqué original sur le site de la CRIIRAD:
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Le site de la CRIIRAD
http://www.criirad.org/

1 Térabecquerel = 10 puissance 12 Becquerels – Un chiffre inimaginable….

Le 11 novembre 2017

Je vous recommande vivement la lecture de l’article bien documenté du «Fukushima-blog»: » http://www.fukushima-blog.com/2017/11/nouvel-accident-nucleaire-en-europe.html

voir aussi l’article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/10/01008-20171110ARTFIG00006-premiere-carte-de-la-pollution-radioactive-au-ruthenium-106-en-europe.php


Avr 26

Genève: La vigie antinucléaire fête ses dix ans et s’arrête

Depuis le 26 avril 2007, les militants de la «Vigie d’Hippocrate» d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO) se relaient quotidiennement devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé, à Genève, pour demander à l’OMS de «dire la vérité sur les effets sanitaires» des rayonnements ionisants, notamment pour les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et des catastrophes de Tchernobyl et Fukushima. Au bout de dix ans de protestation silencieuse, les vigies constatent que «le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent». Le collectif a décidé de poursuivre son combat «pour la vérité et la santé» sous d’autres formes. Pour marquer la fin de ses dix ans d’action, IWHO (pour une OMS indépendante)organise divers événements devant l’OMS, ce mercredi 26 avril 2017
Voir le site de Independent WHO
http://www.independentwho.org/

la vigie à Genève

A cette occasion, «Le Courrier» un quotidien suisse publie un article de Allison Katz:
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima

En finir avec le «dogme Hiroshima»
Lundi 03 avril 2017
Alison Katz

Depuis dix ans, des militants du collectif IndependentWHO manifestent quotidiennement devant le siège de l’OMS pour dénoncer ses liens avec l’industrie nucléaire.

«Exigeons que l’OMS démolisse enfin les trois piliers de la désinformation sur les rayonnements ionisants!» Alison Katz, d’IWHO, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.

La rencontre entre le collectif IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO, pour l’indépendance de l’OMS) et l’Organisation mondiale de la santé (1) a confirmé que l’autorité sanitaire internationale persiste à soutenir les trois piliers de la désinformation sur lesquels repose la dissimulation – internationale et de haut niveau – des conséquences sanitaires des activités nucléaires, qu’elles soient industrielles ou militaires.

    Les trois piliers sont

  • 1) la «maladie», dénommée «radiophobie»;
  • 2) l’utilisation du modèle Hiroshima pour établir les normes de radioprotection;
  • 3) l’affirmation qu’il n’existe pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de doses d’irradiation de 100 millisieverts par an (mSv/an), malgré le fait que la limite internationale recommandée par la Commission internationale de la protection radiologique (CIPR) soit de 1 mSv/an.

La scandaleuse pseudoscience de la «radiophobie»

L’OMS affirme que les problèmes psychologiques et sociaux sont les conséquences majeures de la catastrophe de Fukushima, en reprenant point par point son verdict final sur Tchernobyl(2), selon lequel «l’impact sur la santé mentale (…) est le problème de santé publique le plus grave et (que) la population affectée a un sentiment exagéré des dangers sanitaires de l’exposition aux rayonnements». Est-ce que l’establishment nucléaire, qui malheureusement dirige la politique de l’OMS dans ce domaine, suggère sérieusement que les plantes, les animaux et les bébés –même in utero! – souffrent de «radiophobie»?

De nouvelles maladies sont souvent montées de toutes pièces afin de créer ou élargir un segment de marché pour des traitements économiquement profitables. La «radiophobie», par contre, a été inventée afin de nier l’existence des maladies bien réelles apparues à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Quand il est devenu impossible de nier leur existence, on les a attribuées aux comportements irresponsables des victimes – abus d’alcool, de tabac, mauvaise alimentation… – comme si ces facteurs n’avaient pas été pris en compte dans les études épidémiologiques démontrant des différences significatives en termes d’effets sanitaires entre des territoires respectivement peu, moyennement et hautement contaminés.

Soyons clairs. La peur de la radiocontamination existe. Il s’agit d’une réponse normale face à un risque sanitaire réel. L’unique «traitement» éthique de l’angoisse qui résulte naturellement de l’exposition est de reconnaître que cette peur est normale, de minimiser toute exposition supplémentaire, de fournir des soins dès l’apparition de symptômes et d’établir des programmes de dépistage pour la prévention précoce (secondaire) des maladies.

Au Japon, aujourd’hui, les autorités ont conseillé aux victimes de Fukushima de sourire (3). Ces dernières sont soumises à d’intenses pressions pour retourner vivre dans des territoires inhabitables selon les normes de radioprotection de la communauté internationale, établie par la CIPR.

Lors de la rencontre avec l’OMS le 11 mars 2016, en signe d’encouragement aux visiteurs japonais, un membre de l’équipe Radiation (Département de santé publique et de l’environnement) a fait remarquer que leur pays avait un avantage en termes d’information sur les effets sanitaires des activités nucléaires grâce à la recherche entreprise à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Deux remarques sur cette observation. D’abord, il est notoirement connu que la recherche sur les effets sanitaires d’Hiroshima et Nagasaki est profondément défectueuse (4). Pendant cinq ans, après l’attaque des bombes A, aucune investigation officielle de la santé des survivants n’a été menée. En 1946, le gouvernement étatsunien a créé l’Atomic Bomb Casualty Commission (Commission d’évaluation des dommages dus à la bombe atomique – ABCC) et les Etats-Unis maintiennent toujours leur contrôle sur ce projet – qui s’appelle maintenant la Radiation Effects Research Foundation (Fondation pour la recherche des effets du rayonnement -RERF) – en fournissant la majeure partie de son financement.

Pour des raisons évidentes, le délai de cinq ans [entre les bombardements atomiques et les premières recherches] invalide plus ou moins les études sur les effets sanitaires, car les données les plus importantes font défaut. De plus, la population étudiée ne peut pas être considérée comme représentative de la population générale parce que les personnes encore en vie sont celles dont la résistance aux effets des rayonnements est naturellement plus élevée que la moyenne. Cet effet dit de «survivant en bonne santé» produit une sous-estimation considérable des effets sanitaires.

Pire encore, les études ABCC/RERF ne disposaient pas de groupe de contrôle adéquat. Cela est dû au fait que les groupes «irradiés» et les groupes de contrôle «non exposés» – les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, à diverses distances de l’épicentre – étaient tous contaminés par les retombées. De surcroît, le groupe «non exposé» avait un taux de leucémie deux fois plus haut que le reste de la population japonaise pendant toute la première période de l’étude et jusqu’aux années 1960. Par ailleurs, le fait que toutes ces personnes aient souffert d’une exposition interne à travers les aliments, le lait, l’eau et par inhalation n’a pas été pris en compte.

Enfin, le modèle Hiroshima est inapplicable aux accidents nucléaires. Les effets sanitaires d’une exposition externe de quelques secondes aux quantités gigantesques de radionucléides, comme ce fut le cas à Hiroshima et Nagasaki, sont incomparables aux effets sanitaires d’une exposition interne à de faibles doses sur des décennies. Ces faibles doses sont responsables de 95% de la radiocontamination lors d’accidents nucléaires.

Et pourtant, étonnamment, les normes de radioprotection actuelles se basent encore sur les études ABCC/RERF des survivants d’Hiroshima. Mais il n’existe aucune preuve d’équivalence entre l’irradiation chronique interne et l’irradiation externe aigüe.

Aucune preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an?

Des milliers d’études menées pendant trois décennies fournissent des preuves d’effets sanitaires graves à la suite de l’incorporation chronique à faible dose de radionucléides, bien en dessous de 100 mSv/an et, contrairement aux affirmations de l’establishment nucléaire, une grande partie de ces études est publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture – dans une proportion d’ailleurs bien plus grande que dans le rapport majeur de l’ONU, le «Forum de Tchernobyl» (5).

En 2015 et 2016, par exemple, des études ont démontré le lien entre la présence de césium 137 chez les femmes enceintes et de hauts niveaux d’anomalies congénitales (6); un risque élevé de leucémie, de lymphome (7) et de cancer chez les travailleurs du nucléaire (8); des taux élevés d’anomalies de la thyroïde (y compris des cancers et des précurseurs de cancer) chez les enfants à Fukushima (9), et toutes sortes de défauts héréditaires associés à des doses d’irradiation comprises entre 1 et 10 mSv/an (10).

Malgré la limite internationale de 1 mSv/an et les multiples preuves réunies sur ce sujet depuis des décennies, l’OMS a répété (notamment lors de la rencontre avec IndependentWHO du 11 mars 2016) qu’il n’existait pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an. Tout comme le Dr Shunichi Yamashita, professeur à l’université de Nagasaki et conseiller de la préfecture de Fukushima pour le risque sanitaire radiologique, qui, ainsi, donne raison au gouvernement japonais d’exercer une forte pression sur les populations pour qu’elles retournent vivre dans des régions non habitables (11). Relevons qu’à la suite de l’accident de Tchernobyl, la limite pour l’évacuation obligatoire des populations avait été fixée à 5 mSv/an.

Il est de plus en plus reconnu que la limite de 1 mSv/an est à peu près adéquate dans le cas de l’exposition externe (pour certains radionucléides seulement), mais qu’elle est totalement inadéquate en cas d’exposition interne. Différents radionucléides se concentrent dans divers organes. Ainsi, si la charge moyenne dans le corps est de 100 becquerels par kilo (Bq/kg), le cœur contiendra 2500 Bq/kg et les reins 1500 Bq/kg (12). Une particule d’uranium ou de plutonium logée dans le poumon va irradier pendant toute la vie de la personne et produira un cancer.

Le «dogme Hiroshima» mène l’establishment nucléaire vers une logique impossible. Quand on ne peut plus nier les effets sanitaires, on affirme qu’ils sont forcément causés par autre chose que les rayonnements parce que, selon le modèle utilisé par le CIPR, les doses reçues étaient trop faibles.
Le moment est venu pour l’OMS et l’institution nucléaire de reconnaître publiquement que l’exposition externe et l’exposition interne sont des phénomènes biologiquement distincts et que le modèle Hiroshima ne peut ni prédire les effets sanitaires observés à la suite d’expositions à faible dose, ni fournir une base pour la radioprotection.


1. A. Katz (agora), «Les victimes de Fukushima sous les pressions au retour», Le Courrier du 15 mars 2016.
2. World Health Organization. Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes. Report of the UN Chernobyl Forum. Expert Group on Health, Geneva, 2006.
3. Professeur Yamashita, conseiller du gouverneur de la préfecture de Fukushima pour la gestion des risques sanitaires, http://bit.ly/2moWYcx
4. Busby, C. Wings of Death: Nuclear Pollution and Human Health. Green Audit, Aberystwyth, 1995.
5. Katz, A. «Who is afraid of Volume 1181 of the New York Academy of Sciences? Under threat, the nuclear establishment plays dirty», International Journal of Health Services, 2015,Vol 45(3) 530-544.
6. Wertelecki et al. Elevated Congenital Anomaly Rates and Incorporated Cesium 137 in teh Polissia Region of Ukraine. Birth Defects Research (Part A).
7. Leuraud et al. «Ionizing Radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers». Lancet, Volume 2, N° 7, e276-e281, July 2015.
8. Richardson et al. «Risk of cancer from occupational exposure to ionizing radiation: retrospective cohort study of workers in France, the UK and the USA». British Medical Journal, 2015, 351: h5359.
9. Tsuda et al. «Thyroid cancer detection by ultrasound among residents aged 18 years and younger in Fukushima, Japan. 2011-2014». Epidemiology, 2015.
10. Schmitz-Feuerhake et al. «Genetic radiation risks – a neglected topic in the low dose debate. Environ Health Toxicol», 2016; e2016001, Published online 2016 January 20. doi: http://dx.doi.org/10.5620/eht.e2016001.
11. Greaves, S. «Tokyo contaminated and not fit for habitation, doctor says». Insitute of Science in Society, 4.9.2014, www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php
12. Bandachevsky, Y. Clinical and experimental aspects of the effect of incorporated radionuclides on the organism. Ministry of Health, Gomel State Medical Institute, Belorussian Engineering Academy, Belarus, Info Tribo Ltd, Gomel, 1995 (128 pages).


L’article original du «courrier»
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima


le 27 Avril 2017


Avr 09

Tchernobyl: Atlas des contaminations radioactives en France

Vous pouvez télécharger gratuitement la version numérique de l’Atlas
sur la page suivante des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Contaminations radioactives
CRIIRAD & André Paris
Éditions Yves Michel

A-t-on menti aux populations françaises, en 1986, sur les dépôts de radioactivité consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl ? La contamination des sols était-elle vraiment négligeable, les risques infimes et toute mesure de protection inutile ? Quelles sont les régions, les communes épargnées par les retombées de Tchernobyl ? Que reste-t-il, aujourd’hui, dans les sols ? Peut-on désormais se fier aux informations diffusées par les services officiels ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – présente en première partie le dossier accablant qu’elle a constitué, tout au long des années, passant au crible les informations et les cartes publiées par les services officiels, étayant ses démonstrations sur le résultat des investigations et contre-expertises de son laboratoire.

Avoir accès à une information indépendante et argumentée sur la radioactivité est une revendication citoyenne légitime et nécessaire face aux dysfonctionnements des services de l’Etat. Cet atlas de référence fournit des cartes et des informations inédites utiles à tous ceux qui veulent comprendre le débat sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. C’est le résultat de plus de 3000 mesures réalisées de 1999 à 2001 par le géologue André Paris dans toute la France, et jusqu’en Ukraine, au coeur de la zone interdite. Ces mesures ont été effectuées selon une méthodologie unique qui en garantit la reproductibilité.

Le travail réalisé, immense et incontournable, vient combler, autant qu’il est encore possible, les carences des services officiels dans l’évaluation de l’impact de Tchernobyl.

André Paris est géologue indépendant animé d’un infatigable souci de savoir.

Association à but non lucratif, créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD se bat depuis 1986 pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Elle a mobilisé les compétences de son laboratoire d’analyse (laboratoire spécialisé et agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour la mesure de la radioactivité de l’environnement) pour apporter à André Paris un soutien scientifique en procédant notamment, in situ et en laboratoire, à plusieurs séries d’intercomparaisons.

Les activités en césium 137 exprimées en Bq/m 2 et mentionnées dans l’Atlas rendent compte de la contamination superficielle des sols au moment de la réalisation des mesures entre 1999 et 2001. La période physique du césium 137 est de trente ans, c’est-à- dire que sa radioactivité est divisée par 2 tous les 30 ans du fait de sa désintégration. Le césium 137, détecté en 1999-2001 sur les sols en France provenait principalement du reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60 et des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Téléchargement gratuit de l’ATLAS sur cette page des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Le 09 avril 2017


Mar 07

Fukushima – 6 ans.

La situation est très loin d’être sous contrôle

Le réseau «Sortir du nucléaire» nous fait une synthèse de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore là bas:

Aller directement à l’article complet de «sortir du nucléaire»:
http://sortirdunucleaire.org/Fukushima-6-ans-plus-tard-la-situation-est-tres
avec plusieurs videos et de nombreuses références.

Extraits de l’article:
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Nous commémorons ce 11 mars 2017 les 6 ans du début de la catastrophe de Fukushima.

Ce début d’année aura été marqué par une information peu réjouissante sur les taux de radioactivité records mesurés par une sonde envoyée dans le réacteur 2.

Celle-ci a pu mesurer une radioactivité ambiante de 530 Sv – un taux capable de tuer un homme instantanément ce qui n’augure guère d’espoir quant à la capacité humaine (ou même robotique) à démanteler l’installation et à récupérer les coriums de combustible fondu – dont on ne connait toujours pas la localisation précise…

Par ailleurs le gouvernement japonais via une nouvelle évaluation a considérablement revu à la hausse le coût estimé de la gestion de cette catastrophe, la facture passant ainsi d’une trentaine de milliards d’euros en 2013 à 170 milliards d’euros en 2016 !

Si les médias ont quelque peu déserté le suivi au quotidien de celle-ci et que le gouvernement japonais a tenté la relance de 5 réacteurs nucléaires au Japon, (dont 3 fonctionnent à ce jour), il est pourtant fondamental de rappeler que la situation n’est en aucun cas sous contrôle.

Retour sur la chronologie des événements marquants de ces six dernières années, au cœur de l’enfer radioactif d’un désastre industriel, humain, économique et sanitaire.

Un impact sanitaire préoccupant et difficile à estimer

Les conséquences de la catastrophe étant toujours en cours il est difficile de faire un bilan sur le nombre de personnes directement contaminées, irradiées ou décédées en raison de Fukushima. D’après l’ONG Green Cross c’est près de 32 millions de personnes qui ont été touchées par les retombées atmosphériques de l’accident.

Immédiatement après l’accident, le taux de mortalité des personnes âgées a été multiplié par 3 sur une période d’un an. Le taux de mortalité infantile, d’avortements spontanés et d’anomalies à la thyroïde sur les nouveaux nés a été mesuré en hausse significative jusqu’en Californie, pourtant à 8000 km de la centrale (résultats controversés par le lobby nucléaire américain).

L’ex-directeur de la centrale au moment de la catastrophe, Masao Yoshida, est décédé d’un cancer de l’œsophage deux ans après son exposition mais TEPCO refuse pourtant de relier sa maladie aux radiations qu’il a reçu sur le site de Fukushima.

Une étude significative et sérieuse est à mettre en exergue concernant l’augmentation de cas de cancers de la thyroïde chez les enfants. Dévoilée en février 2015 cette étude a permis de détecter un taux de 30 cas de cancers de la thyroïde par échantillon de 100 000 enfants vivant à Fukushima alors que la moyenne se situait à 1,7 cas pour 100 000 enfants dans la préfecture voisine [11]. Officiellement fin 2016, 173 cas de cancers de la thyroïde suspects ont déjà été déclarés chez des enfants de la région dont au moins 135 confirmés.

Ayant analysé des données médicales et scientifiques des territoires touchés par les retombées radioactives‬, les deux ONG « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN) estiment en mars 2016 que la catastrophe pourrait être responsable de 9 600 à 66 000 cas de cancers supplémentaires au Japon.

Une grande partie des pathologies radio-induites, en particulier les multiples formes de cancer, se déclarent en général après une période de latence qui peut durer des décennies. Il est donc certain qu’un bilan sanitaire de Fukushima ne pourrait être établi qu’au moyen d’études épidémiologiques rigoureuses et honnêtes, menées pendant 40 à 60 ans au moins après la catastrophe – des études peu probables (qui voudrait les financer ?)… Et c’est sans compter les éventuels effets génétiques sur les générations suivantes.

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La contamination de l’environnement marin induite par cet accident est considérée comme étant la plus grande pollution radioactive marine de l’Histoire !
Si les éléments charriés par les courants marins auraient eu par la suite tendance à se déposer sur les couches sédimentaires de par leur masse atomique conséquente, une bonne partie de ces éléments se retrouve pourtant dans tout l’écosystème marin. Le plancton à la base de l’alimentation des animaux marins a incorporé des éléments nocifs tels que le césium137 qui se retrouve ainsi dans la chaîne alimentaire.
C’est ainsi que le taux de radioactivité dans les thons péchés dans le Pacifique (poisson très prisé de la gastronomie japonaise) a augmenté significativement (avec des concentrations en radio-césium jusqu’à 10 fois plus élevées qu’avant Fukushima [3]), et les migrations des bancs de poisson ont répandu cette contamination jusqu’aux thons péchés aux abords des côtes californiennes


Près de 160 000 personnes ont donc ainsi été obligées d’évacuer leurs logements, abandonnant bien souvent tous leurs effets personnels mais aussi parfois leurs animaux de compagnie ou d’élevage sur place, pensant pouvoir revenir rapidement sur place à la suite de l’alerte.

La leçon de l’histoire n’a pas été retenue…

Cliquer sur l’une des images pour voir l’article en entier

Du 11 Mars 2011
image du tsunami

à Février 2017:

le trou sous la cuve

530 Sv/h: Inapprochable

Le 07 Mars 2017


Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Nov 24

10 ans après la guerre d’Irak d’innocents nouveaux-nés souffrent et meurent

Rapport de l’enquête d’une ONG sur les malformations congénitales à Fallujah, Irak en 2013.
Avril 2013
Par Human Rights Now

Fillette de Falloujah

cliché Human Rights Now


Droits de l’homme maintenant ~ Protéger les droits de l’homme pour tous
Humans Rights Now est une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme basée à Tokyo.
Elle rassemble des professionnels du droit qui se consacrent à la protection et la promotion des droits de l’homme
partout dans le monde, spécialement en Asie.
Elle se consacre à surveiller, à enquêter sur les droits de l’homme; à enseigner et à plaider au sujet des droits de l’homme.
http://www.hrn.or.jp


L’OMS refuse de publier ce qu’elle a constaté en Irak.
L’ONG «Human Rights Now» alertée par les médecins locaux a publié en 2013 le rapport de ce qu’elle a constaté à l’hôpital de Fallujah.

Vous pouvez télécharger ici ce rapport en anglais
Le texte de base
http://hrn.or.jp/eng/activity/HRNIraqReport2013.pdf
Ses deux appendices
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix1%20Iraq.pdf
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix2%20Iraq.pdf

Je n’ai malheureusement pas les moyens de traduire ce gros rapport intégralement;
Voici la traduction de la présentation qu’en fait Human Rights sur son site:
http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/


Human Rights Now
18 avril 2013
10 ans après la guerre, d’innocents nouveau-nés continuent de mourir et de souffrir en Irak.

Human Rights Now (HRN) publie les résultats d’une enquête portant sur les malformations congénitales enregistrées en Irak en 2013.

Cette année marque le 10e anniversaire de la guerre en Irak. Les médecins irakiens signalent pour ces dernières années une augmentation très inquiétante du nombre des malformations congénitales, ce qui laisse à penser que l’environnement a été fortement contaminé par cette guerre. Cette situation a des conséquences très néfastes sur la santé des populations locales, et en particulier sur celle des nourrissons et des enfants. Les données collectées par l’Hôpital Général de Fallujah – une ville qui a été lourdement attaquée à 2 reprises par les États-Unis en 2004 – font apparaître que 15 % des naissances enregistrées à Fallujah depuis 2003 présentent des malformations congénitales.

Début 2013, Human Rights Now – une O.N.G. de défense des droits de l’homme dont le siège est à Tokyo et qui est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies – a mené à Fallujah une enquête portant sur l’augmentation du nombre de malformations congénitales enregistrées en Irak.

HRN vient de publier son rapport intitulé « Des nouveau-nés innocents continuent de mourir et de souffrir en Irak ».
Ce rapport de plus de 50 pages est le premier qu’ait effectué une O.N.G. de Défense des droits de l’homme sur les maladies congénitales signalées en Irak depuis 2003, et l’intégralité du rapport est maintenant disponible en ligne.

Malgré la gravité de la situation, aucune enquête sérieuse n’a été effectuée – que ce soit par les États-Unis, le Royaume-Uni ou une organisation internationale indépendante comme l’ONU – sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de munitions toxiques par les États-Unis en Irak.

Le résultat d’un mois d’investigations de la part de la commission d’enquête fait apparaître un niveau qualitatif et quantitatif extraordinaire de malformations congénitales, avec une augmentation significative de ce phénomène dans la période qui suit la guerre. HRN considère que le droit des enfants à la santé et à la vie a été gravement violé à Fallujah en Irak et que cette situation mérite l’attention immédiate de la communauté internationale.

Avec l’autorisation de l’hôpital et des familles, ce rapport présente plus de 70 cas de malformations congénitales récemment enregistrées à Fallujah (textes et photographies). « Malgré le caractère très sensible de ces informations, les familles – et notamment les mères concernées – ont souhaité qu’elles soient divulguées pour attirer l’attention du monde extérieur sur le taux anormal des malformations congénitales enregistrées en Irak. Nous espérons vraiment faire découvrir au plus grand nombre, et en particulier aux états et aux organisations internationales concernés, la gravité de la situation de ces victimes » a dit Kazuko Ito, Secrétaire général de HRN.

Après lecture de la littérature scientifique relative aux effets de l’uranium et des métaux lourds contenus dans les munitions qui ont été utilisés pendant la guerre de 2003 et l’occupations de l’Irak, et après analyse des voies d’exposition, tout donne à penser que la contamination environnementale induite par la guerre d’Irak peut être la cause de cette augmentation du nombre de malformations congénitales. Mais l’absence d’informations suffisantes sur les armes toxiques utilisées pendant ce conflit n’a pas permis jusqu’à présent d’identifier la cause du problème.

Pour éviter que des enfants innocents continuent d’être des victimes, il est urgent que soit menée en Irak une enquête portant sur l’importance des malformations congénitales et sur les pathologies liées à la toxicité, sans oublier de les corréler avec la présence de rebuts ou de débris de munitions laissés par la guerre d’Irak. Il est essentiel de définir l’étendue et la cause de ce phénomène, et de mettre en place des mesures de santé publique efficaces, d’organiser des campagnes de soins et d’indemniser les victimes.

HRN demande donc instamment aux gouvernements britannique et américain de publier toutes les informations existantes sur le type d’armes utilisées pendant l’occupation du pays ainsi que sur les quantités de munitions employées et la localisation précise des postes de tir, et de prendre les mesures nécessaires en cas de pollution avérée pour que soit respecté le droit à la santé et à la vie de la population locale.

En outre, HRN demande au gouvernement irakien de nommer une commission indépendante qui analysera les graves problèmes de santé intervenus après la guerre, et demande au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de diligenter une enquête portant sur les violations des droits de l’homme perpétrées pendant la guerre, et notamment sur l’utilisation d’armes inhumaines et toxiques. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les malformations congénitales en Irak n’a pas encore été publié, mais s’il faisait apparaître un problème de santé publique, le HRN demande l’intervention de l’OMS à la fois pour aider à résoudre les problèmes et pour lancer d’autres études visant à mieux définir le caractère épidémiologique de ce phénomène.

Human Rights Now : http://www.hrn.or.jp


* Le texte original: http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/
* Même adresse raccourcie: https://frama.link/28a_gpa6
* Traduction: l’équipe de Vivre-après- Fukushima

Un ensemble d’articles en français au sujet des armes à l’uranium appauvri:
– http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551
– ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet:
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf


Notes

  • 1- L’uranium appauvri est le premier suspect. Mais il y avait aussi du Phosphore et d’autres produits toxiques dans les munitions utilisées
  • 2- Je doute de la possibilité de dépolluer efficacement une ville et ses abords d’un produit comme l’uranium appauvri vaporisé partout. C’est pourquoi il faut interdire les armes à uranium appauvri
  • 3- Je ne publie ici que la photo d’une fillette « peu » atteinte. Les photos se trouvant dans les annexes montrent des malformations très graves.

Au sujet des armes à uranium appauvri, l’appel d’une pédiatre de Fallouja, voir l’article précédent:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/uranium-appauvri-des-armes-a-bannir/

Au sujet des malformations congénitales à Tchernobyl, voir l’article:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/malformations-congenitales-et-accident-de-tchernobyl/

OMS: Organisation Mondiale de la Santé. (WHO en anglais) Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
Voir: http://independentwho.org/

Le 24 novembre 2016


Jan 20

La centrale de Fukushima fuit toujours:

On a encore trouvé de l’iode 131 dans deux stations d’épuration de Tokyo en décembre dernier

Le 25 décembre 2015, le Bureau de l’Épuration de la Métropole de Tokyo a déclaré qu’ils avaient détecté de l’iode 131 dans 2 stations d’épuration de Tokyo.
Ces stations sont situées dans la région de Tama (communes d’Akishima et Hachiouji).

Les échantillons testés sont des cendres d’incinération des boues d’épuration. Ils ont été collectés entre le 2 et le 15 décembre 2015.

Les radioactivités relevées variaient de 21 à 25 Bq/kg.
Dans le secteur de Edogawa aussi, on a mesuré 1450 Bq/Kg de Cs-134/137. La concentration en Cs134 était de 250 Bq/Kg, ce qui prouve qu’il provenait de la centrale de Fukushima.
Dans l’usine de Akashima on avait déjà relevé 20 Bq/kg d’iode 131 en Novembre dernier.

L’information a été fournie par «Fukushima Diary»:
http://fukushima-diary.com/2016/01/i-131-still-detected-from-two-sewage-plants-in-tokyo-this-december/


Note:

– L’iode 131 a une demi-vie de 8 jours. Au bout de 80 jours il n’en persiste que le 1/1000°. Ceci prouve que les émissions d’Iode ne datent pas de l’accident de 2011: elles sont récentes.
La centrale fuit donc toujours et les produits radioactifs émis vont au moins jusqu’à Tokyo.
Contrairement aux déclarations officielles, la situation n’est pas du tout maîtrisée

– En France on s’apprête à étendre la distribution des comprimés d’iode à un rayon de 10km.
Ce n’est pas suffisant. On n’a pas tiré (ou on ne veut pas) les leçons de l’accident de Fukushima: les 3/4 du nuage radioactif sont partis en mer. Le reste s’est étalé sur bien plus de 10 km.
Vous voyez sur la carte que la pollution ayant entraîné l’évacuation a largement dépassé les 20 km.
la carte de l'Asahi

Enfin, l’iode stable ne protège que la thyroïde (surtout celle des enfants); mais il n’y a pas que de l’Iode131 qui est rejeté, dont les fameux Césiums et Strontium.

le 20 janvier 2015

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news