Jan 31

Césium et Iode radioactifs ne sont pas les seuls rejets nucléaires

QUI SE CACHE DANS LA FORÊT DERRIÈRE L’ARBRE “CÉSIUM“ ?
Un exemple : le CERIUM 144.

Dr A. BEHAR,Médecine Nucléaire (MCU-PH)
président le l’Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire ( AMFPGN)
Janvier 2017.

Il existe une montagne de publications scientifiques et autres sur le radionucléide “CÉSIUM 137”. Il n’est pourtant qu’un parmi les centaines d’isotopes produits, et pas le plus toxique, lors d’une explosion atomique ou dans les rejets des centrales nucléaires. De fait, tout se passe comme si le césium 137 n’est “qu’un arbre qui cache la forêt“.
Les raisons pragmatiques ne manquent pas eu égard à sa très facile détection avec son émission gamma de 662 KeV, sa demi vie idéale de 30 ans, ce qui laisse le temps de le trouver, son extraordinaire mobilité dans le sol et l’eau et son incorporation remarquable dans les végétaux comme les champignons. Il a donc tout pour plaire d’où son éligibilité comme témoin de la radio contamination. Mais pour nous médecins cela ne nous satisfait pas car il n’est pas aussi abondant que le strontium 90 bien plus dangereux avec sa fixation longue sur les os, et surtout il éclipse les centaines de radiotoxiques autrement plus redoutables (comme le plutonium, l’américium, etc.)

Il y a cependant quelques vedettes dans la forêt comme l’IODE 131 (pourquoi lui et pas les autres isotopes de l’iode tout aussi toxiques ?), Le tritium, tout de même le plutonium et, malgré ses difficultés de détection, le strontium 90.
Rappelons ici que la soudaine augmentation des ostéosarcomes à NEW YORK corrélée avec des retombées de strontium radioactif 6 fois plus élevées qu’en Argentine, est la raison première de l’abandon des essais nucléaires atmosphériques.

Et les autres, tous les autres ? Les petits, les sans grades, les mal vus par la communauté scientifique ? Ils restent à la portion congrue, et pourtant dans une approche multifactorielle de la radio-toxicité globale, ils sont pour les humains d’une importance décisive.
Parmi ceux ci, nous vous proposons de sortir de l’anonymat l’un d’entre eux, un métal de la famille des terres rares, LE CÉRIUM 144.

Il a eu ses heures de gloire lors des accidents de Mayak, de WINSCALE et de TCHERNOBYL avec une abondance remarquée, puis il est retombé dans l’oubli.
Voici les raisons de notre choix :

  • Dans les trop rares cas de recherche des radionucléides dans les urines des vétérans français des essais nucléaires radio contaminés, on a retrouvé du cérium 144 en quantité significative.
  • De 1945 à 1962, les essais nucléaires dans l’atmosphère ont libéré 2,2 10 puissance 19 de Cérium 144 dans l’environnement.
  • Les centrales nucléaires rejettent par an 3 millions de Becquerels de cérium 144 par mégawatt

Autour de la Hague, centre de retraitement des déchets radioactifs près de Cherbourg, le cérium 144 représente 12% des rejets d’émetteurs béta globaux. Mais qui s’en soucie ?….

Lire l’article entier
Qu’est-ce que le Cérium ?
la toxicité du Cérium
Cérium et radioprotection

Dr A. BEHAR


Le site de l’ AMFPGN

L’AMFPGN est affiliée à l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), prix Nobel de la paix en 1985, fédération d’associations de plus de 60 pays, qui regroupe des dizaines de milliers de praticiens. Son objectif premier est la prévention d’un conflit atomique. C’est la seule association médicale internationale indépendante entièrement dédiée à la recherche, l’éducation et l’action pour la prévention d’un conflit atomique. Ceci suppose en premier lieu une réponse médicale à la société nucléaire qui est la nôtre.
AMFPGN
5 rue Las Cases
75007 PARIS – FRANCE

Jan 01

La pollution de l’Europe par le Ruthénium 106. Toujours le silence.

On ne sait toujours pas comment il se fait qu’une grande partie de l’europe a subi des retombées de Ruthénium radioactif

Dans son communiqué du 20 décembre 2017
la CRIIRAD fait le point et conteste le rapport russe
Voir le communiqué de la CRIIRAD (avec une carte)
http://criirad.org/accident-et-pollutions/2017-12-20_cp_Ru-106_enqu%C3%AAte-russe.pdf

L’AIEA (Agence internationale pour l’énergie nucléaire – agence de l’ONU) semble n’avoir publié qu’un relevé de mesures confidentiel « réservé aux autorités » (que la CRIIRAD a pu consulter). Effectivement en allant sur le site de l’AIEA, je n’ai trouvé aucune mention de l’accident.
L’OMS, autre agence de l’ONU: site muet sur la question du Ruthénium. L’OMS est censée se préoccuper de la santé des populations…

Les pays de l’Ouest de l’Europe n’ont pas subi de retombées préoccupantes (voir le rapport de la CRIIRAD)
Il semble bien que les populations proches du site de rejet n’aient bénéficié d’aucune mesure de protection.


Libérer l’ONU du nucléaire

À propos de l’AIEA et de l’ONU, toutes deux faisant partie de l’ONU, je vous propose de lire ces intéressantes interventions au «Forum social antinucléaire» de novembre 2017 à Paris
Ce sont les textes des contributions à l’atelier « Libérer l’ONU du nucléaire », animé par Michel Lablanquie, Yves Lenoir, Paul Lannoye et Nicole Roelens.

  • Nicole Roelens, « Pourquoi les peuples laissent-ils s’accomplir le crime nucléaire contre les prochaines générations ? »:
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Roelens-FSMAN-pourquoi-les-peuples-laissent-ils-s-accomplir-le-crime-nucleaire.pdf
  • Paul Lannoye, « La radioprotection doit être refondée,ses bases scientifiques sont erronées » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lannoye-FSMAN-2017.pdf
  • Yves Lenoir, « L’ONU et ses organes :des institutions de et pour l’âge atomique »
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/index-lenoir.html
  • Michel Lablanquie, « Les droits de l’ADN – Libérer l’ONU du nucléaire » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lablanquie-FSMAN-les-droits-de-l-adn.pdf

Les textes des interventions, qui ne sont pas retranscription, et de nombreuses autres sources sont publiés ici :http://tinyurl.com/yazl94mr

Voir aussi la synthèse qu’a faite le journal «Basta»:
https://www.bastamag.net/Nouvel-incident-nucleaire-en-Russie-le-silence-et-l-opacite-sont-toujours-la


Note

Tout cela est sérieusement inquiétant en ce qui nous concerne, nous, la population, lors de futurs accidents nucléaires; où qu’ils soient dans le monde. Il est fort probable que nous serons alors comme ici très mal informés et protégés…..
Mayak, Tchernobyl, Fukushima on montré qu’il est impossible de gérer efficacement un accident nucléaire civil. Quand à la joute actuelle entre Corée du Nord et USA, espérons qu’elle restera verbale…

Une bonne chose quand même en 2017: la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires par de nombreuses nations. Malheureusement, dans un coin de la cour de récréation, quelques fiers à bras ricanent et affirment qu’ils ne lâcheront jamais leur gros bâton atomique….

Le 01 janvier 2018


Déc 16

Les installations nucléaires sont très vulnérables aux aggressions:

la sortie du nucléaire est une urgence

Après l’émission « Sécurité nucléaire, le grand mensonge »sur ARTE,
je reprends ci dessous le communiqué de l’association SORTIR DU NUCLÉAIRE.

Communiqué du 6 décembre 2017

Comme l’a démontré le reportage de Arte « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », quasiment aucune installation nucléaire n’est à l’abri du risque d’agression, qui n’a pas été prévu lors de leur conception. Tir de roquette sur une centrale, une usine ou un transport radioactif, crash d’avion, cyberterrorisme, attaque de drones ou actes de sabotage : tous ces scénarios sont malheureusement crédibles et leurs conséquences seraient catastrophiques (impacts sanitaires lourds, exode massif des populations…). Les autorités et les industriels doivent en tirer les leçons qui s’imposent.

Regarder le documentaire de ARTE:
Sécurité nucléaire – le grand mensonge

https://tinyurl.com/y93aajaa
ou
https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

Disponible du 05/12/2017 au 03/02/2018

Ces failles de sécurité béantes, qui viennent se rajouter à un contexte déjà inquiétant en termes de sûreté (vieillissement des installations, incapacité d’EDF et Areva à assurer une maintenance correcte de leurs installations, découverte de nombreuses malfaçons), appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. La sécurité des populations doit passer avant les intérêts économiques d’EDF et Areva. Elle ne pourra être garantie qu’avec la disparition du risque nucléaire actif, ce qui signifie une sortie en urgence du nucléaire.

Dans ce contexte, il apparaît d’autant plus irresponsable que l’échéance de réduction de la part du nucléaire ait été repoussée à une date pour l’instant indéterminée. Le gouvernement, responsable en premier lieu de la sécurité des citoyens, se doit d’engager dès maintenant un programme de fermeture des centrales, sans attendre qu’EDF daigne enfin renoncer à prolonger leur durée de fonctionnement.

Alors que la France n’est pas à même de sécuriser ses 58 réacteurs et ses nombreuses usines nucléaires, il apparaît également irresponsable d’accroître cette vulnérabilité en mettant en service l’EPR de Flamanville – dont il est démontré depuis déjà de nombreuses années qu’il ne résisterait pas plus que les autres installations au crash d’un avion de ligne. Ce risque d’agression vient se rajouter aux nombreux problèmes de sûreté (cuve défectueuse, malfaçons en série…) qui plaident déjà pour l’abandon du réacteur.

Enfin, comme le démontrent les faits exposés dans le reportage « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », il n’est pas concevable que la France puisse poursuivre plus longtemps les opérations de séparation du plutonium effectuées à La Hague, qui posent un risque énorme en terme de prolifération. Et que dire de la fabrication du combustible MOX, qui entraîne des allées et venues dans toute la France de camions de plutonium à la merci d’une attaque ?

C’est avec raison que, le 2 décembre, près de 250 personnes ont déposé plainte contre EDF et l’État pour « risque causé à autrui » en raison de l’insécurité nucléaire.

La France ne peut pas continuer à menacer plus longtemps la sécurité des populations européennes. Il est inacceptable que la seule réponse aux alertes posées dans ce documentaire soit, en l’état actuel, la criminalisation des militants qui ont le courage de s’engager pour mettre en lumière les problèmes. Au lieu de se réfugier dans le mutisme, les responsables politiques ont le devoir de prendre le sujet à bras-le-corps : la sortie du nucléaire s’impose en urgence !

Sortir du nucléaire
Contact presse :
Martial Chateau – 06 45 30 74 66


Note:

Et j’ajoute: la France doit signer et appliquer le traité d’interdiction des armes nucléaires qui sont une menace pour l’humanité entière et les générations futures. Voir l’affaire USA contre Corée du nord et les problèmes du moyen orient.

le 16 décembre 2017


Déc 14

Il y a 60 ans: Kychtym, le premier Tchernobyl

Le désastre nucléaire en Oural en 1957

La traduction française du livre de Jaurès Medvedev a été publié en 1988 sous le titre « Désastre nucléaire en Oural ». Il est épuisé en librairie mais disponible en PDF sur:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf .
L’ouvrage initial en anglais: «Nuclear Disaster in the Urals » a été publié fin 1979 en Angleterre.

Préface par Bella Belbéoch

Au cours de l’hiver 1957-1958, une catastrophe est survenue en URSS
dans la région de Kychtym (Oural), dans un centre de stockage de
déchets nucléaires entraÎnant l’évacuation de nombreux villages et la
condamnation d’un vaste territoire.

Comment un tel désastre a-t-il pu rester ignoré en Occident alors qu’il
s’agissait de la plus grande catastrophe industrielle ? Sans le biologiste
soviétique dissident Jaurès Medvedev, cette catastrophe aurait pu être
complètement occultée. La brève description qu’il en fit dans un article de
la revue britannique « New Scientist » en novembre 1976 fut accueillie
par de violentes critiques, voire des sarcasmes, par la plupart des
experts nucléaires.

Jaurès Medvedev fut ainsi poussé à faire la démonstration minutieuse de la véracité de l’événement par l’analyse de ses conséquences écologiques. C’est l’objet de son livre « Nuclear Disaster in the Urals » publié fin 1979 en Angleterre.

Le lecteur peut se poser des questions complémentaires :

  • – Le tabou concernant les accidents majeurs est-il si grand qu’il a
    rendu aveugles (et sourds) les experts qui affirmaient posséder la
    maÎtrise nucléaire puisque la plupart des preuves de Medvedev
    proviennent de textes scientifiques soviétiques disponibles dans les
    bibliothèques occidentales ou exposés à des congrès internationaux
    auxquels participaient les experts occidentaux ?
  • – Est-ce un hasard si le livre de Medvedev traduit dans la plupart des
    langues dès 1978 n’a pas été publié en France, le pays le plus nucléarisé
    du monde et le plus étatisé (après l’URSS) ?

Fort heureusement les Editions lsoète comblent cette lacune à un
moment opportun. Après la catastrophe de Tchernobyl il a été dit dans la
presse française que la région contaminée serait « le premier laboratoire
en vraie grandeur » pour l’étude écologique des effets des rayonnements
ionisants. Affirmation erronée puisqu’il y a eu Kychtym – dont on ignore
toujours le nombre de morts. Ainsi, la quasi censure continue. D’ailleurs,
dans les discussions post-Tchernobyl entre les experts occidentaux et
leurs collègues soviétiques, aucune référence n’est faite à Kychtym et
aux enseignements que les soviétiques ont dû en tirer.

Bien sûr la référence à Kychtym aurait pu être embarrassante
lorsqu’un an après Tchernobyl les Soviétiques, sous la pression des
nucléocrates occidentaux, ont réduit l’ampleur des effets à long terme de
la catastrophe par un facteur 10 en arguant qu’ils s’étaient trompés dans
l’évaluation de la contamination de la population ; eux qui sont les seuls à
avoir « expérimenté » un événement du même type, le « laboratoire » de
Kychtym leur ayant fourni les meilleurs données mondiales existantes sur
l’évolution en milieu naturel d’une contamination importante par éléments
radioactifs…

Bella Belbéoch


En savoir plus:

Télécharger le livre en français sur le site des enfants de tchernobyl-belarus:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf

Un article passionnant de dissident-media sur la genèse du livre et l’accident:
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/20ans_de_silence.html

L’article de Wikipedia sur la catastrophe de Kychtym
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Kychtym

La notice de Wikipedia sur Jaurès Medvedev:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaur%C3%A8s_Medvedev

Jaurès Aleksandrovitch Medvedev (en russe: Жорес Медведев), né le 14 novembre 1925 à Tbilissi, en RSS de Géorgie (Union soviétique), est un biologiste et ancien dissident soviétique.

Il est le frère jumeau de l’historien et dissident Roy Medvedev. Son prénom a été choisi par ses parents en l’honneur de Jean Jaurès. L’orthographe Zhores découle donc uniquement d’une adaptation à la graphie cyrillique.

Jaurès Medvedev remettait en cause les thèses biologiques en vogue en URSS sous la présidence de Brejnev et auparavant, notamment le lyssenkisme accusé d’avoir contribué à voiler la réalité scientifique au profit du soutien de l’idéologie stalinienne. Pour étouffer la portée de sa contestation, le régime en place sous Brejnev décida son internement dans un hôpital psychiatrique après l’avoir accusé de démence. Le 29 mai 1970, J.Medvedev fut placé à l’hôpital psychiatrique de Kalouga, officiellement pour avoir écrit quelques articles sur les violations des droits de l’homme en URSS, parmi lesquels ceux relatifs à la protection du caractère privé de la correspondance. Dans ses articles, Medvedev affirmait que les membres du KGB pouvaient ouvrir n’importe quelle lettre de n’importe quel citoyen d’URSS

Jaurès Medvedev révéla en 1976 dans la revue américaine New Scientist qu’une catastrophe nucléaire était survenue dans le sud de l’Oural près d’une vingtaine d’années plus tôt. Cet évènement est connu depuis comme la catastrophe nucléaire de Kychtym. Elle se produisit près de Tcheliabinsk en septembre 1957, et reste avec celle de Tchernobyl et celle de Fukushima l’une des plus trois graves catastrophes nucléaires jamais connues. Trois ans plus tard, il publia un livre sur le sujet: Nuclear disaster in the Urals

Jaurès Medvedev


Notes:

Le ruthénium qui a contaminé fin septembre l’Europe semble bien provenir de cette même région. On ne sait toujours pas ce qui s’est passé là bas; on ne sait rien non plus du sort des populations concernées.L’AIEA, l’OMS sont étrangements muettes….
Voir le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Le complexe nucléaire accidenté Maïak se trouve entre les villes de Kasli et Kychtym, à 72 km au nord de la ville de Tcheliabinsk en Russie.
La notice de Maïak sur Wikipedia

Le 14 décembre 2017

Déc 07

Augmentation de la mortalité périnatale dans les préfectures contaminées par l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima.

Une étude dans le temps et l’espace publiée par la revue MEDICINE
– Hagen Heinrich Scherb, Dr rer nat Dipl-Math (Allemagne)
– Kuniyoshi Mori, MD (Japon)
– Keiji Hayashi, MD (Japon)

Résumé

Des études descriptives par observation (Descriptive observational studies) ont montré une évolution à la hausse de la mortalité périnatale européenne séculaire après Tchernobyl.
L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a-t-il entraîné des phénomènes similaires au Japon ? C’est la question que nous posons ici
.

Le gouvernement japonais a publié pour la période 2001-2014 des statistiques mensuelles pour 47 préfectures représentant 15,2 millions de naissances. 69.171 cas de mort périnatale du foetus ou du nouveau-né ont été enregistrés entre la fin de la 22ème semaine de grossesse et 7 jours révolus après la naissance.

Afin d’évaluer et de vérifier la part de l’augmentation des taux de mortalité périnatale attribuable au tremblement de terre, au tsunami ou à l’exposition aux rayonnements, nous avons appliqué une méthode dite de variation du point (change-point) permettant de détecter les modifications des variables dans le temps. Nous avons aussi analysé l’évolution dans le temps de la mortalité périnatale dans les préfectures japonaises classées par ordre d’exposition aux rayonnements.

Les zones présentant des niveaux de rayonnement modérés à élevés ont été comparées à des zones moins exposées et non affectées; de même les zones fortement contaminées ont été comparées selon qu’elles ont été touchées ou pas par le tremblement de terre et le tsunami.

Dix mois après le tremblement de terre,le tsunami et l’accident nucléaire qui a suivi, la mortalité périnatale dans 6 préfectures gravement contaminées a fait un bond à partir de janvier 2012: rapport de probabilité du saut de 1,156; Intervalle de confiance à 95% (1,061, 1,259), valeur P 0,0009.

Il y a eu de légères augmentations dans les zones exposées à des niveaux de contamination modérés et aucune augmentation dans le reste du Japon.

Dans les zones fortement contaminées, l’augmentation de la mortalité périnatale 10 mois après Fukushima n’est pas liée au nombre de morts et de disparus dus au tremblement terre et au tsunami.

Dans les zones contaminées par des substances radioactives, la mortalité périnatale a commencé d’augmenter 10 mois après l’accident nucléaire par rapport à la baisse séculaire stable existante. Ces résultats concordent avec les constatations en Europe après Tchernobyl.

Cependant, cette étude – comme d’autres du même type – ne peut qu’émettre des hypothèses sans pouvoir établir un véritable lien de causalité, du fait de facteurs inconnus et non contrôlés ou de facteurs de confusion. De ce fait, il est nécessaire et urgent d’intensifier les recherches dans diverses disciplines scientifiques; pour mieux qualifier et quantifier le rapport entre les radiations naturelles et artificielles de l’environnement et les effets nuisibles sur la santé génétique de la population.


L’article original publié dans le journal «Medicine»:
Scherb et al, “Increases in perinatal mortality in prefectures contaminated by the Fukushima nuclear power plant accident in Japan: A spatially stratified longitudinal study.” Medicine; 2016 Sep; 95(38).
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5044925/pdf/medi-95-e4958.pdf
http://ebm-jp.com/wp-content/uploads/media-2016002-medicine.pdf


Note:

– Les méthodes statistiques ne sont pas capables d’identifier la cause de cette augmentation de la mortalité périnatale. Concernant les problèmes de santé, le lobby nucléaire en profite pour nier tout lien avec l’exposition aux rayonnements nucléaires. Et de ce fait il incite les gouvernements à renvoyer les populations déplacées, y compris enfants et femmes enceintes, dans des zones toujours contaminées.
La statistique a ses limites mais cela ne dispense pas d’utiliser notre intelligence.

Le 7 Décembre 2017


Nov 30

Qui est concerné par un éventuel accident nucléaire en France ?

Une carte de Greenpeace

La France, pays le plus nucléarisé au monde, avec ses 58 réacteurs en fonctionnement et ses dizaines d’installations civiles et militaires, se contente de protéger les populations dans une zone beaucoup trop restreinte en cas d’accident nucléaire. Pourtant, l’impact d’une catastrophe nucléaire peut s’étendre au-delà de 100 kilomètres (Fukushima) voire au-delà de 300 kilomètres (Tchernobyl).

En France, c’est le Plan Particulier d’Intervention (PPI) qui comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées en cas d’accident sur un site nucléaire. Greenpeace demande l’extension de cette zone PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Pour plus de détails lire l’intéressant rapport du 30/01/2016 de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information
http://www.anccli.org/
En France, chaque installation nucléaire est pourvue d’une Commission Locale d’Information (CLI) qui a la double mission d’informer la population sur les activités nucléaires et assurer un suivi permanent de l’impact des installations nucléaires

Le rapport de l’ANCCLI- 2016


carte des zones autour de Lyon

Un exemple de la carte Greenpeace pour Lyon


Aller sur la carte de Greenpeace


PS. Le rayon des PPI autour des centrales devait être élargi à 20 km.
(http://www.maire-info.com/risques/le-perimtre-des-ppi-nucleaire-va-tre-etendu-20-km-article-19532)
Je ne sais pas si cet élargissement est appliqué actuellement…j’ai cherché en vain dans le fouillis de la législation…si un lecteur a la réponse peut-il me l’envoyer ? merci

le 30 novembre 2017


Nov 22

Ruthénium 106 – synthèse au 22/11/2017

Ce n’est toujours pas plus clair
Voici le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Contamination par le ruthénium 106
Présentation synthétique du 22/11/2017

Un énorme rejet de ruthénium 106 s’est produit dans la deuxième moitié du mois de septembre. Malgré les immenses capacités de dilution de l’atmosphère, le ruthénium 106 (ou plus exactement son descendant radioactif le rhodium 106) a en effet été mesuré dans l’atmosphère de très nombreux pays européens et les concentrations ont pu atteindre plusieurs dizaines de mBq/m3, voire dépasser 100 mBq/m3. La convention internationale imposant une notification rapide des accidents nucléaires n’a pas fonctionné. Alors que l’alerte sur la contamination de l’air a été lancée début octobre, on ne sait toujours pas quelle installation est à l’origine de la contamination. On ignore combien de travailleurs, combien d’habitants, combien d’enfants ont été exposés aux radiations ; combien ont été contaminés ; quelles doses de rayonnement ils ont pu recevoir …

Dans un premier temps, seule la CRIIRAD semble s’être souciée des risques encourus au niveau local. En Europe, la communication s’est focalisée sur l’absence de tout risque sanitaire. Au niveau international, l’OMS s’est enfermée dans le silence et l’AIEA a totalement occulté la question du terme source : aucun appel à investigation, aucune mise en garde sur les risques d’exposition des travailleurs et de la population locale. L’AIEA n’a même pas publié la liste des installations nucléaires susceptibles de rejeter du ruthénium 106.

Le 9/10/2017, les modélisations des organismes d’expertises français (IRSN) et allemand (BfS) ont désigné le sud de l’Oural comme la localisation la plus probable du rejet. Le 9/11/2017, l’IRSN a publié une note indiquant comme scénario le plus probable un rejet considérable de 100 à 300 TBq, survenu entre la Volga et l’Oural et qui aurait nécessité des mesures de protection de la population dans un rayon de 5 km et le contrôle des denrées alimentaires jusqu’à 40 km de distance.

Sur la base de ces estimations, la CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA (le 17/11/2017) et lancé un appel à une totale transparence, tant du côté des gouvernements, et notamment de la fédération de Russie, que de l’AIEA et des organismes d’expertises (communiqué du 20/11 sur Médiapart).

Peu après, plusieurs médias ont titré sur « les aveux de la Russie » et sur la publication par l’agence fédérale russe de météorologie de résultats attestant d’une contamination extrêmement élevée. Se basant sur son analyse des documents russes, la CRIIRAD a démenti ces informations par 2 communiqués successifs de mise au point, le 21/11/2017 et le 22/11/2017.
À ce jour le mystère reste entier. Nous ne pouvons qu’espérer que les modélisations soient erronées et que l’impact sanitaire soit moins important qu’envisagé.


Voir le communiqué origine et les précédents
http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html


Petite note

Le jour où il y aura un accident en France ou chez les voisins, il y a fort à craindre que nous soyons tout aussi mal informés !

Nov 11

Contamination par le ruthénium 106

Les rejets radioactifs sont considérables
et proviendraient de Russie ou de pays proches

Voici le communiqué de la CRIIRAD daté du 10 novembre 2017
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Les responsables se soucient enfin de l’importance des rejets du ruthénium 106 intervenus, fin septembre 2017, et des risques encourus au plus près du terme source !
Dans un premier temps, les communiqués officiels se sont contentés de souligner l’absence de risque en France et en Europe. La CRIIRAD avait alerté dès le 5 octobre, mais en vain, sur les risques encourus par les populations locales.
On sait pourtant depuis Tchernobyl qu’il faut agir très vite car l’exposition est majeure dans les premiers jours et les premières semaines.

Rappel : présence anormale de ruthénium 106 (1)dans l’air européen détectée fin septembre.
Dans un communiqué de presse (2) du 4 octobre 2017, l’IRSN indiquait que du ruthénium 106 avait été détecté dans l’air de plusieurs pays européens et concluait, sans émettre aucune réserve sur les niveaux de risque sur le lieu de l’accident et dans les zones proches : « Les niveaux très faibles de contamination atmosphérique en ruthénium 106 observés à ce jour par les réseaux européens de surveillance sont sans conséquences pour l’environnement et pour la santé. Néanmoins, l’IRSN maintient une vigilance de surveillance sur cette présence de ruthénium dans l’air ».

La CRIIRAD faisait part de son inquiétude le 5 octobre
Dans son communiqué (3) du 5 octobre 2017, la CRIIRAD indiquait : « Il faut déterminer l’origine du phénomène et les niveaux de risque au plus près du terme source ». « Il est important que l’origine de ces rejets de ruthénium 106 soit recherchée. De ce point de vue l’absence d’information est inquiétante. Si l’installation à l’origine des rejets n’en est pas consciente, elle n’a pas pu mettre en place de mesures de radioprotection alors que les doses subies par les riverains ou les travailleurs concernés pourraient ne pas être négligeables. S’il s’agit de dissimulation, la situation est encore plus problématique”.

La piste Russe
Plus d’un mois s’est écoulé et, à notre connaissance, l’origine exacte de cette contamination n’est pas élucidée. Des simulations effectuées par les organismes de radioprotection français (IRSN) et allemand (BfS), évoquaient une origine au sud de l’Oural. Les autorités russes (4) avaient alors réagi en niant toute responsabilité.

Un rejet colossal entre la Volga et l’Oural ?

Dans un nouveau communiqué (5) du 9 novembre 2017, l’IRSN indique que l’hypothèse de la retombée sur terre d’un satellite contenant du ruthénium 106 a été écartée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique).

Partant alors de l’hypothèse que le ruthenium 106 provient des rejets d’une installation terrestre, et sur la base de simulations, l’IRSN indique «la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet. En effet, c’est dans cette zone géographique que la simulation d’un rejet de ruthénium permet de mieux reproduire les mesures obtenues en Europe » et « Pour la zone de rejet la plus plausible, la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante, comprise entre 100 et 300 térabecquerels. Le rejet, accidentel eu égard à la quantité rejetée, aurait eu lieu au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017 ».

S’il s’agit bien de rejets émanant d’une installation unique à hauteur de 300 Terabecquerels, cela correspond à une quantité colossale, 300 mille milliards de becquerels est un chiffre, à titre de comparaison, 375 000 fois supérieur au rejet annuel maximal autorisé (6) de la centrale nucléaire de Cruas. Le ruthénium 106 est un produit de fission artificiel qui, une fois retombé au sol et sur le couvert végétal, va induire une contamination durable, il faut en effet plus d’un an pour que sa radioactivité soit divisée par deux.

Comme le note l’IRSN : “Du fait des quantités rejetées, les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet. Pour ce qui concerne les denrées alimentaires, le dépassement des niveaux maximaux admissibles (NMA) (1250 Bq/kg pour le ruthénium 106 et pour les denrées autres que le lait) serait quant à lui observé sur des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet”.

Il était donc bien indispensable, comme le demandait la CRIIRAD, le 5 octobre 2017, d’identifier l’installation à l’origine de la pollution par le ruthénium 106 et de mettre en oeuvre des mesures de protection pour la population proche. Et ce d’autant plus que , comme la CRIIRAD l’a dénoncé à plusieurs reprises, les critères d’intervention (7) retenus par les autorités françaises pour mettre en oeuvre des mesures de protection sont excessivement élevés.

Or, les documents analysés par la CRIIRAD montrent que, dans un premier temps, les services officiels en Europe se sont contentés d’insister sur l’absence de conséquences sanitaires sur le territoire Européen. Cette situation pose de nombreuses questions sur l’efficacité de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et des organismes de radioprotection officiels des pays européens.

  • A l’échelle de l’Europe et de la France, pourquoi des contrôles sur les avions susceptibles d’avoir survolé les secteurs incriminés n’ont pas été mis en place ?
  • Pourquoi les ambassades des pays Européens n’ont elles pas mis en place rapidement des dispositions particulières dans les pays pressentis comme pouvant être à l’origine de ces rejets massifs de ruthénium 106 (recueil d’échantillons de sol, couvert végétal, denrées alimentaires) ?
  • Si les Etats Européens n’ont pas souligné la gravité potentielle de la situation pour les populations et les travailleurs proches de l’installation, ils auraient pu au moins s’inquiéter de la protection de leurs ressortissants en voyage ou en séjour dans les pays incriminés

Protéger les populations proches du lieu du rejet

Avoir perdu plus d’1 mois pour alerter efficacement est une faute grave. En cas de rejet massif de substances radioactives dans l’atmosphère, il faut agir vite pour limiter les doses subies par les populations proches de l’installation incriminée. En l’absence de mesures de protection, les doses subies pourraient avoir dépassé largement les limites sanitaires.

S’il est probablement trop tard pour limiter les risques liés à l’inhalation dans le panache (on peut penser en effet que les rejets ont cessé depuis plusieurs semaines), les populations proches de l’installation sont toujours soumises aux radiations liées aux retombées de ruthénium 106 et à la contamination par ingestion de denrées contaminées. Il est donc important, en fonction des niveaux de retombées, de mettre en place des contre-mesures adaptées (évacuation ou décontamination des sols).

Il est tout aussi important de leur recommander de ne pas consommer les denrées qui ont subi une contamination par dépôt foliaire ou une contamination différée.

Dans la mesure où certains Etats ne sont pas capables d’assurer la protection radiologique des citoyens, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les ONG locales et développer les contrôles radiologiques indépendants.

Pour les autorités françaises il n’y a rien de plus à faire ?

En ce qui concerne les risques pour les personnes vivant en France, l’IRSN considère « d’une part que la probabilité d’un scénario qui verrait l’importation en France de denrées (notamment des champignons) contaminées par du ruthénium-106 à proximité de la source de rejets est extrêmement faible et, d’autre part, que le risque sanitaire potentiel lié à ce scénario est lui aussi très faible. Il n’apparait donc pas nécessaire de mettre en place des contrôles systématiques de la contamination des denrées importées ».
Cette position est reprise par l’ASN dans son communiqué (8) du 9 novembre.

La CRIIRAD considère, au contraire, qu’il est indispensable de mobiliser tous les moyens des Etats Européens (contrôles sur des denrées et produits provenant des zones incriminées, actions au niveau des ambassades) pour déterminer précisément l’origine des rejets et peser pour que les populations proches bénéficient de mesures de protection (même si elles sont tardives). Il faut penser aux populations locales et aux ressortissants des pays étrangers susceptibles de se trouver au plus près du terme source !

Un contrôle systématique des denrées importées n’est pas forcément le plus adapté, en revanche, il est nécessaire qu’un programme de surveillance radiologique spécifique soit mis en oeuvre au niveau Européen pour vérifier la contamination par le ruthénium 106 des denrées à risque en provenance des pays incriminés, mais également par d’autres substances radioactives moins mobiles qui pourraient être présentes dans les retombées locales sans pour autant être détectables dans l’air à grande distance.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire,
directeur du laboratoire de la CRIIRAD.

Contact : bruno.chareyron@criirad.org


  • (1) Le ruthénium 106 est un radionucléide artificiel (produit de fission), émetteur de rayonnements bêta, de période relativement longue (1,02 ans). Il se désintègre en donnant naissance au rhodium 106, émetteur de rayonnements bêta et gamma de période 29,8 secondes.
  • (2) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171004_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WgSLhXbkV8x
  • (3) http://balises.criirad.org/pdf/CP_CRIIRAD_171005_Ru106_Europe.pdf
  • (4) https://fr.sputniknews.com/international/201710111033422527-ruthenium-europe-russie/
  • (5) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171109_Detection-Ruthenium-106-en-france-et-en-europe-resultat-des-investigations-de-l-IRSN.aspx#.WgR77nbkV8x
  • (6) Pour les produits de fission et d’activation émetteurs bêta et gamma comme le ruthénium 106.
  • (7) L’IRSN se réfère par exemple au Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive applicables aux aliments après un accident nucléaire ou toute autre urgence radiologique. La CRIIRAD rappelle qu’elle s’est battue contre l’adoption de ces limites fixées à des niveaux excessivement élevés et basées sur un rapport d’expertise truffé d’anomalies. De plus, le dispositif ne devrait être mis en œuvre qu’en cas de contamination massive limitant l’accès à des aliments non contaminés. Qui souhaite consommer des champignons contenant 100 becquerels de ruthénium 106 par kg au prétexte qu’en cas d’accident la limite autorisée est de 1 250 Bq/kg ?
    Les consommateurs ont le droit de savoir et de choisir.
  • (8) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ruthenium-106-dans-l-air-ambiant-en-France-pas-de-risque-identifie-pour-la-population

Notes:

Le communiqué original sur le site de la CRIIRAD:
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Le site de la CRIIRAD
http://www.criirad.org/

1 Térabecquerel = 10 puissance 12 Becquerels – Un chiffre inimaginable….

Le 11 novembre 2017

Je vous recommande vivement la lecture de l’article bien documenté du «Fukushima-blog»: » http://www.fukushima-blog.com/2017/11/nouvel-accident-nucleaire-en-europe.html

voir aussi l’article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/10/01008-20171110ARTFIG00006-premiere-carte-de-la-pollution-radioactive-au-ruthenium-106-en-europe.php


Avr 26

Genève: La vigie antinucléaire fête ses dix ans et s’arrête

Depuis le 26 avril 2007, les militants de la «Vigie d’Hippocrate» d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO) se relaient quotidiennement devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé, à Genève, pour demander à l’OMS de «dire la vérité sur les effets sanitaires» des rayonnements ionisants, notamment pour les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et des catastrophes de Tchernobyl et Fukushima. Au bout de dix ans de protestation silencieuse, les vigies constatent que «le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent». Le collectif a décidé de poursuivre son combat «pour la vérité et la santé» sous d’autres formes. Pour marquer la fin de ses dix ans d’action, IWHO (pour une OMS indépendante)organise divers événements devant l’OMS, ce mercredi 26 avril 2017
Voir le site de Independent WHO
http://www.independentwho.org/

la vigie à Genève

A cette occasion, «Le Courrier» un quotidien suisse publie un article de Allison Katz:
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima

En finir avec le «dogme Hiroshima»
Lundi 03 avril 2017
Alison Katz

Depuis dix ans, des militants du collectif IndependentWHO manifestent quotidiennement devant le siège de l’OMS pour dénoncer ses liens avec l’industrie nucléaire.

«Exigeons que l’OMS démolisse enfin les trois piliers de la désinformation sur les rayonnements ionisants!» Alison Katz, d’IWHO, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.

La rencontre entre le collectif IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO, pour l’indépendance de l’OMS) et l’Organisation mondiale de la santé (1) a confirmé que l’autorité sanitaire internationale persiste à soutenir les trois piliers de la désinformation sur lesquels repose la dissimulation – internationale et de haut niveau – des conséquences sanitaires des activités nucléaires, qu’elles soient industrielles ou militaires.

    Les trois piliers sont

  • 1) la «maladie», dénommée «radiophobie»;
  • 2) l’utilisation du modèle Hiroshima pour établir les normes de radioprotection;
  • 3) l’affirmation qu’il n’existe pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de doses d’irradiation de 100 millisieverts par an (mSv/an), malgré le fait que la limite internationale recommandée par la Commission internationale de la protection radiologique (CIPR) soit de 1 mSv/an.

La scandaleuse pseudoscience de la «radiophobie»

L’OMS affirme que les problèmes psychologiques et sociaux sont les conséquences majeures de la catastrophe de Fukushima, en reprenant point par point son verdict final sur Tchernobyl(2), selon lequel «l’impact sur la santé mentale (…) est le problème de santé publique le plus grave et (que) la population affectée a un sentiment exagéré des dangers sanitaires de l’exposition aux rayonnements». Est-ce que l’establishment nucléaire, qui malheureusement dirige la politique de l’OMS dans ce domaine, suggère sérieusement que les plantes, les animaux et les bébés –même in utero! – souffrent de «radiophobie»?

De nouvelles maladies sont souvent montées de toutes pièces afin de créer ou élargir un segment de marché pour des traitements économiquement profitables. La «radiophobie», par contre, a été inventée afin de nier l’existence des maladies bien réelles apparues à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Quand il est devenu impossible de nier leur existence, on les a attribuées aux comportements irresponsables des victimes – abus d’alcool, de tabac, mauvaise alimentation… – comme si ces facteurs n’avaient pas été pris en compte dans les études épidémiologiques démontrant des différences significatives en termes d’effets sanitaires entre des territoires respectivement peu, moyennement et hautement contaminés.

Soyons clairs. La peur de la radiocontamination existe. Il s’agit d’une réponse normale face à un risque sanitaire réel. L’unique «traitement» éthique de l’angoisse qui résulte naturellement de l’exposition est de reconnaître que cette peur est normale, de minimiser toute exposition supplémentaire, de fournir des soins dès l’apparition de symptômes et d’établir des programmes de dépistage pour la prévention précoce (secondaire) des maladies.

Au Japon, aujourd’hui, les autorités ont conseillé aux victimes de Fukushima de sourire (3). Ces dernières sont soumises à d’intenses pressions pour retourner vivre dans des territoires inhabitables selon les normes de radioprotection de la communauté internationale, établie par la CIPR.

Lors de la rencontre avec l’OMS le 11 mars 2016, en signe d’encouragement aux visiteurs japonais, un membre de l’équipe Radiation (Département de santé publique et de l’environnement) a fait remarquer que leur pays avait un avantage en termes d’information sur les effets sanitaires des activités nucléaires grâce à la recherche entreprise à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Deux remarques sur cette observation. D’abord, il est notoirement connu que la recherche sur les effets sanitaires d’Hiroshima et Nagasaki est profondément défectueuse (4). Pendant cinq ans, après l’attaque des bombes A, aucune investigation officielle de la santé des survivants n’a été menée. En 1946, le gouvernement étatsunien a créé l’Atomic Bomb Casualty Commission (Commission d’évaluation des dommages dus à la bombe atomique – ABCC) et les Etats-Unis maintiennent toujours leur contrôle sur ce projet – qui s’appelle maintenant la Radiation Effects Research Foundation (Fondation pour la recherche des effets du rayonnement -RERF) – en fournissant la majeure partie de son financement.

Pour des raisons évidentes, le délai de cinq ans [entre les bombardements atomiques et les premières recherches] invalide plus ou moins les études sur les effets sanitaires, car les données les plus importantes font défaut. De plus, la population étudiée ne peut pas être considérée comme représentative de la population générale parce que les personnes encore en vie sont celles dont la résistance aux effets des rayonnements est naturellement plus élevée que la moyenne. Cet effet dit de «survivant en bonne santé» produit une sous-estimation considérable des effets sanitaires.

Pire encore, les études ABCC/RERF ne disposaient pas de groupe de contrôle adéquat. Cela est dû au fait que les groupes «irradiés» et les groupes de contrôle «non exposés» – les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, à diverses distances de l’épicentre – étaient tous contaminés par les retombées. De surcroît, le groupe «non exposé» avait un taux de leucémie deux fois plus haut que le reste de la population japonaise pendant toute la première période de l’étude et jusqu’aux années 1960. Par ailleurs, le fait que toutes ces personnes aient souffert d’une exposition interne à travers les aliments, le lait, l’eau et par inhalation n’a pas été pris en compte.

Enfin, le modèle Hiroshima est inapplicable aux accidents nucléaires. Les effets sanitaires d’une exposition externe de quelques secondes aux quantités gigantesques de radionucléides, comme ce fut le cas à Hiroshima et Nagasaki, sont incomparables aux effets sanitaires d’une exposition interne à de faibles doses sur des décennies. Ces faibles doses sont responsables de 95% de la radiocontamination lors d’accidents nucléaires.

Et pourtant, étonnamment, les normes de radioprotection actuelles se basent encore sur les études ABCC/RERF des survivants d’Hiroshima. Mais il n’existe aucune preuve d’équivalence entre l’irradiation chronique interne et l’irradiation externe aigüe.

Aucune preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an?

Des milliers d’études menées pendant trois décennies fournissent des preuves d’effets sanitaires graves à la suite de l’incorporation chronique à faible dose de radionucléides, bien en dessous de 100 mSv/an et, contrairement aux affirmations de l’establishment nucléaire, une grande partie de ces études est publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture – dans une proportion d’ailleurs bien plus grande que dans le rapport majeur de l’ONU, le «Forum de Tchernobyl» (5).

En 2015 et 2016, par exemple, des études ont démontré le lien entre la présence de césium 137 chez les femmes enceintes et de hauts niveaux d’anomalies congénitales (6); un risque élevé de leucémie, de lymphome (7) et de cancer chez les travailleurs du nucléaire (8); des taux élevés d’anomalies de la thyroïde (y compris des cancers et des précurseurs de cancer) chez les enfants à Fukushima (9), et toutes sortes de défauts héréditaires associés à des doses d’irradiation comprises entre 1 et 10 mSv/an (10).

Malgré la limite internationale de 1 mSv/an et les multiples preuves réunies sur ce sujet depuis des décennies, l’OMS a répété (notamment lors de la rencontre avec IndependentWHO du 11 mars 2016) qu’il n’existait pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an. Tout comme le Dr Shunichi Yamashita, professeur à l’université de Nagasaki et conseiller de la préfecture de Fukushima pour le risque sanitaire radiologique, qui, ainsi, donne raison au gouvernement japonais d’exercer une forte pression sur les populations pour qu’elles retournent vivre dans des régions non habitables (11). Relevons qu’à la suite de l’accident de Tchernobyl, la limite pour l’évacuation obligatoire des populations avait été fixée à 5 mSv/an.

Il est de plus en plus reconnu que la limite de 1 mSv/an est à peu près adéquate dans le cas de l’exposition externe (pour certains radionucléides seulement), mais qu’elle est totalement inadéquate en cas d’exposition interne. Différents radionucléides se concentrent dans divers organes. Ainsi, si la charge moyenne dans le corps est de 100 becquerels par kilo (Bq/kg), le cœur contiendra 2500 Bq/kg et les reins 1500 Bq/kg (12). Une particule d’uranium ou de plutonium logée dans le poumon va irradier pendant toute la vie de la personne et produira un cancer.

Le «dogme Hiroshima» mène l’establishment nucléaire vers une logique impossible. Quand on ne peut plus nier les effets sanitaires, on affirme qu’ils sont forcément causés par autre chose que les rayonnements parce que, selon le modèle utilisé par le CIPR, les doses reçues étaient trop faibles.
Le moment est venu pour l’OMS et l’institution nucléaire de reconnaître publiquement que l’exposition externe et l’exposition interne sont des phénomènes biologiquement distincts et que le modèle Hiroshima ne peut ni prédire les effets sanitaires observés à la suite d’expositions à faible dose, ni fournir une base pour la radioprotection.


1. A. Katz (agora), «Les victimes de Fukushima sous les pressions au retour», Le Courrier du 15 mars 2016.
2. World Health Organization. Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes. Report of the UN Chernobyl Forum. Expert Group on Health, Geneva, 2006.
3. Professeur Yamashita, conseiller du gouverneur de la préfecture de Fukushima pour la gestion des risques sanitaires, http://bit.ly/2moWYcx
4. Busby, C. Wings of Death: Nuclear Pollution and Human Health. Green Audit, Aberystwyth, 1995.
5. Katz, A. «Who is afraid of Volume 1181 of the New York Academy of Sciences? Under threat, the nuclear establishment plays dirty», International Journal of Health Services, 2015,Vol 45(3) 530-544.
6. Wertelecki et al. Elevated Congenital Anomaly Rates and Incorporated Cesium 137 in teh Polissia Region of Ukraine. Birth Defects Research (Part A).
7. Leuraud et al. «Ionizing Radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers». Lancet, Volume 2, N° 7, e276-e281, July 2015.
8. Richardson et al. «Risk of cancer from occupational exposure to ionizing radiation: retrospective cohort study of workers in France, the UK and the USA». British Medical Journal, 2015, 351: h5359.
9. Tsuda et al. «Thyroid cancer detection by ultrasound among residents aged 18 years and younger in Fukushima, Japan. 2011-2014». Epidemiology, 2015.
10. Schmitz-Feuerhake et al. «Genetic radiation risks – a neglected topic in the low dose debate. Environ Health Toxicol», 2016; e2016001, Published online 2016 January 20. doi: http://dx.doi.org/10.5620/eht.e2016001.
11. Greaves, S. «Tokyo contaminated and not fit for habitation, doctor says». Insitute of Science in Society, 4.9.2014, www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php
12. Bandachevsky, Y. Clinical and experimental aspects of the effect of incorporated radionuclides on the organism. Ministry of Health, Gomel State Medical Institute, Belorussian Engineering Academy, Belarus, Info Tribo Ltd, Gomel, 1995 (128 pages).


L’article original du «courrier»
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima


le 27 Avril 2017


Avr 09

Tchernobyl: Atlas des contaminations radioactives en France

Vous pouvez télécharger gratuitement la version numérique de l’Atlas
sur la page suivante des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Contaminations radioactives
CRIIRAD & André Paris
Éditions Yves Michel

A-t-on menti aux populations françaises, en 1986, sur les dépôts de radioactivité consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl ? La contamination des sols était-elle vraiment négligeable, les risques infimes et toute mesure de protection inutile ? Quelles sont les régions, les communes épargnées par les retombées de Tchernobyl ? Que reste-t-il, aujourd’hui, dans les sols ? Peut-on désormais se fier aux informations diffusées par les services officiels ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – présente en première partie le dossier accablant qu’elle a constitué, tout au long des années, passant au crible les informations et les cartes publiées par les services officiels, étayant ses démonstrations sur le résultat des investigations et contre-expertises de son laboratoire.

Avoir accès à une information indépendante et argumentée sur la radioactivité est une revendication citoyenne légitime et nécessaire face aux dysfonctionnements des services de l’Etat. Cet atlas de référence fournit des cartes et des informations inédites utiles à tous ceux qui veulent comprendre le débat sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. C’est le résultat de plus de 3000 mesures réalisées de 1999 à 2001 par le géologue André Paris dans toute la France, et jusqu’en Ukraine, au coeur de la zone interdite. Ces mesures ont été effectuées selon une méthodologie unique qui en garantit la reproductibilité.

Le travail réalisé, immense et incontournable, vient combler, autant qu’il est encore possible, les carences des services officiels dans l’évaluation de l’impact de Tchernobyl.

André Paris est géologue indépendant animé d’un infatigable souci de savoir.

Association à but non lucratif, créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD se bat depuis 1986 pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Elle a mobilisé les compétences de son laboratoire d’analyse (laboratoire spécialisé et agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour la mesure de la radioactivité de l’environnement) pour apporter à André Paris un soutien scientifique en procédant notamment, in situ et en laboratoire, à plusieurs séries d’intercomparaisons.

Les activités en césium 137 exprimées en Bq/m 2 et mentionnées dans l’Atlas rendent compte de la contamination superficielle des sols au moment de la réalisation des mesures entre 1999 et 2001. La période physique du césium 137 est de trente ans, c’est-à- dire que sa radioactivité est divisée par 2 tous les 30 ans du fait de sa désintégration. Le césium 137, détecté en 1999-2001 sur les sols en France provenait principalement du reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60 et des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Téléchargement gratuit de l’ATLAS sur cette page des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Le 09 avril 2017