Oct 15

En cas de catastrophe nucléaire en Europe nous mangerons contaminé

Des autorisations de contamination radioactive des aliments excessivement élevées sont sur le point d’être adoptées par le Conseil de l’Union Européenne en cas d’accident nucléaire.

La CRIIRAD a analysé le dossier; elle a relevé des erreurs et anomalies inacceptables. Devant l’impossiblité de contacter les auteurs de ces normes, bien cachés derrière le secret administratif, elle s’adresse maintenant au Président de la République.

Je reprends ci-dessous des extraits de la lettre ouverte de la CRIIRAD au président de la République
Que vous pouvez consulter en entier ici
(La mise en page est de Vivre après Fukushima)

LETTRE OUVERTE de la CRIIRAD
au Président de la République

Le 14 Octobre 2015
Objet : ACCIDENT NUCLEAIRE / CONTAMINATION RADIOACTIVE DES ALIMENTS
Responsabilité des autorités françaises dans l’adoption d’un règlement exposant la population à des niveaux de risque inadmissibles

Monsieur le Président,
Le Conseil de l’Union européenne est sur le point d’adopter un règlement fixant des limites de contamination alimentaire excessivement élevées en cas d’accident nucléaire.
Comme vous le savez, un règlement européen est d’application directe et obligatoire en France, sans possibilité d’adaptation. Il faut donc agir avant son adoption.
Le projet a été élaboré par la Commission européenne sur la base des travaux du groupe d’experts de l’article 31 du traité Euratom (rapport d’expertise RP 105 de 1998, confirmé par les avis de 2011 et 2012).
Les vérifications auxquelles nous avons procédé montrent que les niveaux de risque associés aux limites européennes sont 10 à 100 fois supérieurs à ce qu’affirment les responsables.
Ces écarts proviennent d’une accumulation d’erreurs, d’incohérences et d’omissions qui discrédite le rapport des experts et invalide ses conclusions.

Les quelques exemples ci-après vous permettront de comprendre qu’il ne s’agit pas de points de détail. Les experts ont en effet :

  • 1/ « oublié » de comptabiliser l’impact de l’une des 5 catégories d’aliments !
  • 2/ méconnu le problème crucial de la dose à la thyroïde (responsable, après Tchernobyl, d’une véritable épidémie de cancer dans la cohorte des plus jeunes enfants) !
  • 3/ défini des limites pour un accident lointain (à plus de 1 000 km des frontières) alors que le règlement s’applique aussi – et avant tout – aux accidents pouvant survenir en Europe !
  • 4/ dimensionné les limites pour 1 ou 2 gorgées d’eau par jour alors que le règlement stipule que les calculs ont tenu compte d’une consommation d’eau courante !
  • 5/ commis des « erreurs » conduisant à sous-évaluer de 10 fois à 200 fois ( !) les doses reçues par les enfants de 1 an du fait du plutonium !

(Cf. démonstrations dans les annexes 1 à 4)…

Nous nous sommes demandé comment les Etats européens pouvaient se mettre d’accord sur des limites aussi dangereuses, fondées sur un rapport truffé d’erreurs ?…

Un courriel des autorités autrichiennes nous apprend que les représentants des Etats membres ont été pleinement informés des travers du rapport d’expertise. L’Autriche et l’Allemagne sont intervenues mais, faute de majorité, n’ont pu obtenir la révision du rapport et ont tenté de compenser ses insuffisances tout en s’efforçant d’éviter le pire : des Etats membres ont en effet soutenu « longtemps – et avec véhémence » les dispositions autorisant, en situation d’urgence, la fixation de limites encore supérieures aux niveaux définis dans le règlement !

Sur la base des informations transmises par le cabinet du ministère de la santé autrichien, nous souhaitons obtenir des réponses aux 2 questions suivantes :

  • 1/ Pourquoi la France n’a-t-elle pas joint ses efforts à ceux de l’Autriche et de l’Allemagne pour remettre à plat le travail d’expertise ? Comment nos représentants ont-ils pu accepter que la protection de plus de 500 millions d’Européens dépende d’un rapport qui sous-évalue scandaleusement les doses ? Ainsi que vous pourrez le constater en lisant l’annexe 2, les experts se sont trompés de façon grossière dans leurs calculs sur le taux de plutonium dans les aliments pour nourrissons ! : couvrir de telles erreurs est impardonnable…
  • 2/ Est-ce plus grave encore ? La France s’est-elle battue pour que soit autorisé, en cas d’accident, le relèvement des limites de contamination définies dans le règlement ?

Le 30 ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl approche et notre question s’inscrit dans un contexte historique difficile à oublier : en 1986, le service chargé de la surveillance radiologique du territoire français a enfreint délibérément, systématiquement et ouvertement le règlement européen interdisant l’importation d’aliments présentant des taux de césium radioactif supérieurs à 600 Bq/kg. Son directeur, le Pr PELLERIN, a signé nombre de télex faisant état de résultats d’analyse dépassant largement ces limites et invariablement assortis de la mention « ces produits sont sans exception consommables sans restriction »

…. En cette année 2015, alors que la révision de ces textes est enfin à l’ordre du jour, la préoccupation des autorités françaises est-elle encore et toujours de préserver les intérêts de l’industrie nucléaire, quoi qu’il en coûte pour la santé des personnes, et tout particulièrement des enfants ? Les calculs que nous avons conduits montrent qu’ils supporteront la plus lourde part du détriment : la moitié des cancers provoqués par la consommation des aliments légalement contaminés se développera dans leur organisme alors qu’ils ne représentent que 15% de la population.

… Ne laissez pas vos conseillers vous convaincre qu’en cas d’accident grave, les limites pourront toujours être revues à la baisse… en situation d’urgence, chaque heure compte. Il ne sera plus temps de débattre, de consulter les experts et de tenter de trouver un accord qui satisfasse les 28 Etats membres.

Compte tenu des enjeux sanitaires, nous considérons que votre responsabilité et celle de votre gouvernement sont engagées. A ce jour, le projet de règlement n’a pas été adopté par le Conseil de l’Union européenne : vous pouvez encore refuser de le cautionner et demander qu’il soit procédé, dans les plus brefs délais, à un réexamen complet et approfondi des textes et de leur justification, aussi bien scientifique qu’éthique.

La pétition que nous avons lancée pour une « refonte complète, transparente et démocratique de la réglementation, incluant la réduction drastique des niveaux de contamination autorisés en cas d’accident nucléaire » a recueilli à ce jour plus de 30.000 signatures. Elles seront bien plus nombreuses lorsque le dossier sera médiatisé car la gravité des faits révolte tous ceux qui en prennent connaissance.

…espérant un changement radical dans la position de la France, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre respectueuse considération.

Le président de la CRIIRAD, Roland DESBORDES
P/o Corinne CASTANIER, Responsable Réglementation / Radioprotection
Copie à : Premier ministre et Ministres en charge de la santé, de l’écologie, de l’agriculture et de la Contamination des aliments en Europe en cas d’accident nucléaire

Lire la lettre ouverte en entier
Les annexes détaillant erreurs du projet.
Signer la pétition


La CRIIRAD

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses homologué.

Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
Le site de la CRIIRAD: www.criirad.org


Note

Les Normes, c’est sur le papier. Mais où sont les matériels de détection ? Les personnels sachant les mener au bon endroit et réaliser des mesures fiables ? Comment les aliments trop contaminés seront-ils sortis des circuits alimentaires ? Le consommateur sera-t-il informé du niveau de contamination de ce qu’il achète ?
Les femmes enceintes et les enfants devraient pouvoir accéder à des aliments non contaminés.
La gestion des suites d’un accident nucléaire est un vrai casse-tête. Il vaudrait-mieux qu’il n’y ait plus d’accident grave. Ce qui signifie l’arrêt des installations nucléaires en commençant par les plus vieilles. Resteront les problèmes non résolus du démontage des installations et pour les siècles qui suivent la gestion des tonnes de déchets radioactifs dangereux.


L’information en français sur Fukushima:
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Les Veilleurs de Fukushima
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Oct 09

Svetlana Alexievitch prix Nobel de littérature

Svetlana Alexievitch
Écrivain et journaliste Biélorusse elle est l’auteure du livre «La supplication», Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse.
Un livre poignant sur les conséquences humaines de l’accident de Tchernobyl.

Autrement plus humain et proche des gens que les froides statistiques du lobby du nucléaire.
On le trouve facilement en librairie.

Un extrait de la présentation qu’en fait «le Monde»:

Son œuvre forte et cohérente chemine à la lisière du documentaire. Les livres de Svetlana Alexievitch – six à ce jour – sont bâtis à partir de récits, tous patiemment collectés, dans un souci de vérité et de justesse. « Je vais vers l’homme pour rencontrer son mystère », dit-elle, « d’âme à âme, parce que tout se passe là ». Svetlana Alexievitch n’a jamais recours à la fiction : seul le récit lui paraît être véritablement à la hauteur de ce qui arrive…

La Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’Apocalypse, traduit en dix-sept langues, – et à ce jour encore interdit en Biélorussie –, donne la pleine mesure de son talent : un chœur d’hommes et de femmes y raconte le calvaire subi après l’accident nucléaire.

Magistrale polyphonie que l’on retrouve dans son dernier ouvrage en date, La Fin de l’homme rouge (2013, prix Médicis essai), consacré à cet « homo sovieticus » qu’il s’agit de sauver du mensonge et de l’oubli en en racontant les rêves, les épreuves et surtout le tragique destin. « Sculpter une époque », voilà ce qui importe à l’écrivaine, rendre ses spasmes et ses tremblements. Non pas l’histoire, telle que consignée dans les archives et les chroniques autorisées, mais « l’histoire des émotions, de l’esprit, de l’expérience humaine ».

L’article complet du «Monde»
Un entretien avec Svetlana Alexievitch, très intéressant, il retrace son itinéraire, ses démêlés avec les autorités…

Le 9 Octobre 2015

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Oct 05

Les inquiétudes des mères de Fukushima persistent 4 ans après.

Rester ou fuir – Réticentes à parler, les mamans de Fukushima reconnaissent leur crainte des radiations et les pressions de leurs familles.

Traduction d’un article en anglais du Japan times du 29 Septembre 2015

Les mères de Fukushima ont du prendre des décisions difficiles pour leurs familles après la catastrophe nucléaire de Mars 2011. Plus de 4 ans après, c’est toujours le cas.

Celles qui sont restées dans la préfecture de Fukushima vivent dans l’inquiétude permanente pour la santé de leurs enfants. Mais choisir de partir les expose aux acusations d’être de mauvaises épouses qui ont abandonné leurs parents, leur communauté et leurs maris liés par leur emploi.

Qu’elles aient pris le décision de rester ou de partir, c’est une situation perdante car elles ne peuvent vivre l’idéal d’une «ryosai kenbo» ( Bonne épouse, mère avisée).
« Consciemment ou pas, les femmes connaissent le rôle qu’elles sont appelées à jouer dans une famille. Après le séisme et le catastrophe nucléaire, tout a changé»disait Yukiko (ce n’est pas son vrai nom), une mère évacuée volontaire âgée de 30 ans. « Je ne peux plus vivre selon ces attentes et la société me juge».
Toutes les femmes interrogées à ce sujet on parlé sous condition d’anonymat.

Au moment de la crise à la centrale n°1 de Fukushima, Tokyo Electric Power a instauré une zone interdite de 20 km autour du site; le gouvernement affirmait qu’au delà les conditions étaient sûres. Beaucoup n’ont pas cru cette affirmation.
Yuriki, une femme de 70 ans qui vit à Minamisoma (préfecture de Fukushima) pense que l’établissement de ces zones a divisé la communauté.

Yuroko: «Certaines personnes ont fait confiance à la parole du gouvernement et ont continué de vivre ici; mais d’autres n’ont pas supporté de vivre chaque jour dans l’inquiétude et sont parties». «Personne ne savait que croire et les communautés se sont disloquées»

La crainte des radiations, les rumeurs, les informations des médias au sujet de la sécurité de l’alimentation locale ont incité de nombreuses mères qui vivaient juste à l’extérieur de la zone interdite d’évacuer volontairement pour le bien de la santé de leurs enfants. Certaines sont parties vers les préfectures voisines, y compris Iwate et Miyagi; d’autres ont fait le grand saut vers le sud de Tokyo.

« Pour être honnête, je n’avais guère de connaissances sur les réacteurs de Fukushima. Mais je savais que l’exposition à de fortes doses de radiations pouvait être mortelle» disait Yuko, 30 ans, mère d’ une fille de 6 ans. « Je suis partie à Tokyo dans la semaine qui a suivi la catastrophe. Mon mari est resté à Fukushima, mais j’étais déterminée à donner la priorité à la sécurité de ma fille
Très souvent, les évacuées volontaires comme Yuko sont des mères qui ont fui avec leurs enfants pendant que leurs maris restaient à Fukushima pour le travail.

Certaines ont été accusées d’abandonner ou de s’éloigner de leurs familles, spécialement celles qui se sont mariées sur place. La famille a étiqueté ces épouses comme déloyales et exagérément sensibles.
Les mères inquiétes pensent qu’il est sage de protéger leurs enfants de l’exposition aux rayons. Mais sans aucune preuve scientifique ou médicale pour justifier leur décision de partir, elles se sentent souvent coupables de quitter une communauté soudée.

Yuko disait: « chaque fois que je vais visiter ma ville natale pour un enterrement ou une fête traditionelle, mes parents me posent la même question:
« Quand revenez-vous à la maison ? C’est sûr maintenant
Les relations avec ma famille se distendent.»

Même ceux qui sont partis à Tokyo n’y trouvent pas forcément une vie meilleure.
Le gouvernement aide les évacués qui vivaient dans la zone des 20 km en leur fournissant un logement gratuit et une allocation mensuelle. Mais les évacués volontaires n’y ont pas droit et il leur est donc difficile d’y faire leur vie.

La vie est tout aussi difficile pour les mères qui restent à Fukushima. Elles sont en permanence inquiètes au sujet des dangers invisibles des radiations et quant à savoir si elles ont fait le bon choix en restant.
Certaines affirmaient qu’elles ont décidé de rester pour le bien de leur mari et pour ne pas séparer la famille. D’autres, comme Hiroko, estimaient qu’elles n’avaient pas le choix – elles n’avaient pas d’argent pour évacuer, elles ne pouvaient pas trouver un logement pour une famille de 5 personnes avec des animaux et elles avaient une qualité de vie à Fukushima qu’elles ne voulaient pas risquer de perdre.

«Il est étrange que personne ne parle de ses inquiétudes concernant le 3/11 » (date de l’accident nucléaire) déclare Hiroko une trentenaire qui vit maintenant dans la ville de Kashima, préfecture de Fukushima. « C’est comme si le désastre n’était jamais survenu et que les gens avaient effacé la dure réalité

Les mères qui restent sont également stigmatisées comme des « mauvaises mères ».
Hiroko: « Parfois quand je suis seule, je me mets à pleurer en imaginant l’avenir de mes enfants. Je crains que mes enfants ne tombent malades; et ceux que j’aime le plus vont me tenir rancune de n’avoir pas su les protéger. C’est ma plus grande crainte
Alors que la reconstruction avance dans la préfecture, avec des affiches partout vantant des slogans tels que « Gambaro nippon » (tiens le coup, Japon) ou « Gambaro Fukushima », il y a une pression sur les mères pour qu’elles gardent leurs soucis pour elles.

un groupe de Beteran Mama  no Kai

un groupe de Beteran Mama no Kai

Ce qui a sauvé certaines mères ce sont des groupes de soutien par des pairs – organisations créées spécialement pour les femmes qui peuvent y partager l’information et se soutenir mutuellement.
Parmi ces groupes il y a « Beteran Mama  no Kai» (Groupe de mères chevronnées), une organisation basée à Fukushima et Tokyo.
Le principal but du groupe est d’encourager les mères qui ont été victimes du 3/11 à parler avec d’autres femmes dans la même situation et de se faire des relations. Des réunions mensuelles permettent de veiller sur chacune et de soulager le stress.
Akiko était de celles qui ont rejoint le groupe:
« J’était capable de parler avec les autres femmes sur des sujets dont je n’aurais pas pu parler dans la vie de tous les jours, comme les règlements alimentaires, ou les niveaux de radiations. J’ai pu me faire des amies dans le groupe et je ne me sens plus si seule. »

Les experts universitaires disent qu’on sait depuis longtemps que les femmes souffrent fortement après un traumatisme tel que celui-ci.
« Une catastrophe comme celle de Fukushima n’est pas un événement unique mais une période de lutte qui évolue au cours du temps » selon David Slater, professeur d’anthropologie à l’université de Sophia. « Et souvent les femmes portent le plus lourd fardeau tout en travaillant en coulisse. »

Alors que les mères vivant à Fukushima craignent pour la santé de leurs enfants et redoutent les bilans de santé en raison du risque d’obtenir un mauvais diagnostic, celles qui ont volontairement évacué vers Tokyo envisagent la possibilité de retourner vers le nord.
Certaines mères s’inquiètent de ce que leurs enfants ont besoin d’une figure paternelle dans leur vie.
De plus, l’équilibre entre deux foyers, à Fukushima et Tokyo est difficile financièrement et émotionellement – et il y a toujours cette pression psychologique de leurs parents de Fukushima pour qu’ils y retournent.

Pourtant, certains craignent de rentrer.
« Si je suis obligée de revenir à Fukushima, je devrai faire semblant de ne pas me soucier des radiations – ce qu’ actuellemnt je fais » disait Yuko l’évacuée à Tokyo.

Par Megan Green
paru dans le Japan Times du 29 septembre 2015
Traduction par « vivre-après-fukushima »

le 05 octobre 2015

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Oct 01

420 Bq/kg de césium 134/137 dans des champignons vendus sur un étalage à Gunma

Le 25 septembre 2015, le Ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales a déclaré avoir relevé une haute radioactivité en Cs 134/137 dans des champignons déjà en vente.

situation de Gunma
Le record est de 420 Bq/kg dans des Shimeji. L’analyse a été menée par le National Institute of Health Sciences (Institut National des Sciences de la Santé).

Ils ont également relevé de 120 à 240 Bq/kg de Cs 134/137 dans 3 autres échantillons de champignons.

Tous étaient en vente et produits dans la préfecture de Gunma (200 km de la centrale).

L’échantillonnage a eu lieu mi-septembre.


J’ai simplement repris l’article original du Fukushima Diary: http://fukushima-diary.com/2015/09/420-bqkg-of-cs-134137-detected-from-mushroom-sold-on-a-shelf-in-gunma/


NOTE:

La teneur normale en Césium de tout objet ou être vivant sur terre est de ZÉRO.
Le Césium est un poison entièrement fabriqué par les industries nucléaires civile et militaire.
Les champignons sont connus pour concentrer la radioactivité du sol. Les japonais consomment beaucoup de champignons.

    Les normes alimentaires japonaises concernant les Césiums depuis le 1 Avril 2012:

  • 100 Bq/kg pour les aliments en général
  • 50 Bq/kg pour la nourriture pour enfants
  • 10 Bq/l pour l’eau potable

L’Europe s’est alignée sur ces chiffres. Mais un projet de réglement européen «en cas d’accident nucléaire» est en cours que critique vivement la CRIIRAD.
La CRIIRAD considère que ce projet établit des normes bien trop élevées, notamment pour les enfants. Certains chiffres sont manifestement erronés. Elle a demandé les coordonnées des « experts » qui ont rédigé ce projet , mais l’administration refuse de les communiquer.

Voir le dossier de la CRIIRAD

4 articles de Vivre-apres-fukushima traitent de ce problème:

Le 1er Octobre 2015

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Sep 28

FUKUSHIMA – Les voix silencieuses (2)

Voici un nouvel extrait du documentaire à venir. Nous avons tourné ces images le 11 mars 2015 au « Fukushima concert hall ». Il s’agit là de la seule et unique commémoration de la catastrophe nucléaire se tenant dans la ville de Fukushima city ( 290 000 habitants)… il y avait 40 personnes dans la salle…

Nous étions la seule caméra présente (aucune TV)…
Nous avons rencontré deux militantes anti-nucléaire, à qui nous avons voulu poser quelques questions… connaître leur point de vue.

N’hésitez pas à partager cet vidéo !!! Merci à TOUS !
Chiho SATO


https://youtu.be/ug0BbeyFyZY


La présentation du projet par l’auteure:
Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ».
Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région

Loin des images dramatiques et anxiogènes montrées fréquemment en Europe, je désire réaliser un documentaire intimiste. Un témoignage touchant sur les habitants d’une des région les plus radioactives au monde.

Mon objectif : Re-ouvrir le débat sur la situation à FUKUSHIMA en y incluant la voix des habitants eux-mêmes…

Les détails du projet de Chiho SATO (dont deux autres videos)
que vous pouvez soutenir avec Kisskissbankbank sur cette même page

Le 28 Septembre 2015

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Sep 23

Fukushima: Les voix silencieuses

Un projet de film documentaire sur une famille de Fukushima

Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ».
Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région.

thumb_photo_chiho-1441878351
Dès mars 2011, j’ai demandé, très inquiète, à ma mère et à mon père s’ils envisageaient de déménager. Ils m’ont simplement répondu non.
Je me suis alors rendue compte avec étonnement que les appréhension, les doutes, les débats consécutifs au tremblement de terre et à la contamination nucléaire de la région ne s’invitaient jamais dans les discussions familiales.
Cette catastrophe qui, à ce moment là encore, touchait tant les coeurs et les esprits en France, s’illustrait par son absence dans la parole de ceux qui la vivaient.
De fait, lors de mes visites qui ont suivi je n’ai jamais eu l’occasion d’entendre ma famille prendre position sur le sujet. Je n’ai même pas eu l’occasion de partager mes interrogations, mes analyses ou ma peine concernant l’avenir de notre région.
Je me rends désormais compte que plus le temps passe, plus l’invisible menace radioactive s’efface des esprits. C’est pour cela que j’ai décidé de réaliser ce documentaire.

Pour que la France n’oublie pas, que ma famille n’oublie pas. Et que l’on puisse ensemble essayer de comprendre la réalité dans laquelle vivent les gens de cette région à jamais sinistrée.

Ce documentaire doit être avant tout être un film proche de l’intimité familiale. C’est pourquoi, je désire le construire sous une forme simple, claire. Selon la temporalité d’une journée.

https://youtu.be/XxI4gc6pHvo
Quelques premières images du film.

Techniquement, je désire tourner ce film en caméra légère et compacte pour ne pas perturber nos moments familiaux et pour que la parole se délivre le plus naturellement possible.

La présentation complète de « Fukushima les voix silencieuses » par Chiho SATO
sur Kisskissbankbank
http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/fukushima-les-voix-silencieuses

Chiho SATO – Réalisatrice. Chiho est née à Fukushima, Japon en 1985. Diplomée en 2007, de “Tama art university” de Tokyo, elle commence rapidement à tavailler pour une société de production à Tokyo “CYCLOIMAGE”. Elle a réalisé plus d’une cinquantaine de documentaires sur le cyclisme dont 6 formats longs (60min) pour des chaînes tel que NHK, BS-TBS, Site Web “Cyclo-Channel”.
En 2010, elle s’expatrie en France, où elle travaille ponctuellement comme assistante caméra, assistante photographe, et coordinatrice de tournage japonais en France.
Cette année elle se consacre au développement de ses projets.
Avant tout le documentaire “Fukushima : Les voix silencieuses” puis une série de documentaires centrés sur les rapports entre les cultures française et japonaise.

Le 23 Septembre 2015>

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Sep 05

ACCIDENT NUCLEAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !

je reprends ici in extenso le communiqué de la CRIIRAD du 3 septembre 2015
Voir également l’article du 21 Mai 2015
Une analyse détaillée du projet contesté – 6 avril 2015

Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire.
Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.

La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier). Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.

BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPEEN

Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication

1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.

· Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.

2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.

· Dans un nouveau courrier la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts).
La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !

Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.

Très bonne lecture à tous !
Très cordialement
L’équipe de la CRIIRAD


PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition.
Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org

Le 5 septembre 2015

Août 21

Réflexions sur l’avenir de la civilisation industrielle et nucléaire

De multiples problèmes, politiques, économiques, environnementaux, technologiques, énergétiques…se posent à notre «civilisation» industrielle, nucléaire.
Sans que nos responsables semblent s’en apercevoir.

Je vous conseille vivement la lecture du livre:
«Comment tout peut s’effondrer »
Pablo Servigne et Raphaël Stevens
Editions du SEUIL – 19€

C’est une réflexion sur les différents modes d’évolutions possibles de nos sociétés. Un outil pour analyser le présent, penser l’avenir, s’organiser, réagir.

En voici quelques extraits concernant le nucléaire qui n’est qu’un des problèmes abordés

page 199
…se pose un autre problème majeur, toujours le même: le risque nucléaire. Comment faire en sorte que les générations futures arrivent à «gérer» cette filière énergétique? Rien qu’aujourd’hui, celle-ci se trouve face à une situation dramatique de renouvellement du savoir. En France, par exemple, «le président d’EDF a déclaré en 2011 que, jusqu’en 2017, la moitié des agents travaillant dans le nucléaire partiront à la retraite. Comment est-ce qu’on forme la moitié des techniciens d’une flotte de 58 réacteurs nucléaires en 6 ans ? […] Beaucoup d’ingénieurs nucléaires jeunes diplômés n’entrent pas dans la filière ou la quittent après peu de temps 341 ».

Plus cocasse, des chercheurs américains se sont rendus compte que la meilleure manière de transmettre des savoirs sur de très longues périodes était la tradition orale, c’est à dire la transmission des mythes par la parole (et non par des écrits ou, pire, par des données électroniques).
Ainsi, les experts nucléaires sont donc allés chercher conseil auprès des «spécialistes» de ces traditions: les rares indigènes américains encore vivants, ceux précisément dont le peuple a été chassé pour l’exploitation de l’Uranium (342)…

Sans le savoir technique déjà accumulé, comment feront les générations futures pour tenter de traiter la toxicité des déchets que notre génération a produits ?

Voilà une question cruciale qui ne se pose que dans le meilleur des cas, celui où les quelque 230 réacteurs actuellement en fonctionnement auront pu être arrêtés avec succès. En effet, non seulement les instabilités géopolitiques et le réchauffement climatique menacent gravement le fonctionnement normal des réacteurs (terrorisme, conflits armés, manque d’eau pour le refroidissement, innondations, etc (343), mais, en cas d’effondrement financier, économique puis politique des régions nucléarisées, qui pourra garantir le maintien en poste des centaines de techniciens et d’ingénieurs chargés de la simple extinction des réacteurs (344) ?

Bien entendu la vie ne s’arrête pas après un accident nucléaire, comme en témoigne le retour de la vie sauvage dans la région autour de la centrale de Tchernobyl et en particulier dans la ville fantôme de Pripiat. Mais de quelle vie s’agit-il ? De celle qui permettra à nos descendants de reconstruire une civilisation ?

Un petit extrait de la présentation du livre

Que savons-nous de l’état global de notre terre ? De l’état de notre civilisation ? un effondrement des cours de la bourse est-il comparable à un effondrement de la biodiversité ? la conjonction et la perennisation des «crises» peuvent-elles réellement entraîner notre civilisation dans un tourbillon irréversible ? Jusqu’où tout cela peut-il aller ? en combien de temps ? pourra-t-on maintenir le geste démocratique ? Est-il possible de vivre un effondrement «civilisé», plus ou moins pacifiquement ? l’issue sera-t-elle forcément malheureuse ?

Notes

– 341 – 342. «le déclin du nucléaire», interview de mycle Schneider, Silence n°410, 2013, p. 5-9.
– 343. R.Heinberg et J. Mander, Searching for a miracle : net Energy Limits and the fate of Industrial Society, Post-carbone Institute, 2009, p.37.
– 344. Pour plus de détails sur cette problématique, voir P. Servigne, « Le nucléaire pour l’après-pétrole ?», Barricade, 2014. Disponible sur www.barricade.be

Le 21 août 2015

22 Août: commentaire d’un lecteur du livre:
«Ça nous parle de notre avenir, qui est toujours en questionnement …»

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Août 05

Hiroshima 6 Août 1945 – Nagasaki 9 Août 1945

HIROSHIMA 6 Août 1945 – Little boy
Ville de 350.000 habitants
70.000 décès immédiats
70.000 dans les 5 années suivantes
NAGASAKI 9 Août 1945 – Fat man
port de 260.000h
décès: 20.000 – blessés 50.000
autres sources: 87.000 décès
manifestation à Nagasaki

Manifestation à Nagasaki


70 ans après le bombardement atomique
Extrait du livre de Roger et Bella Belbéoch
« Tchernobyl une catastrophe »

L’énergie atomique se manifesta publiquement pour la première fois le 6 août 1945: destruction à peu près complète et instantanée d’Hiroshima. La « performance » fut répétée trois jours plus tard sur Nagasaki avec le même succès. Si la surprise fut grande dans l’opinion publique, parmi les savants il n’en fut rien car ils envisageaient ce développement scientifique depuis 1939. Contrairement à ce qui a été écrit plusieurs années plus tard, ces destructions de masse ne traumatisèrent ni le milieu scientifique ni l’opinion publique. Elles furent perçues comme le début d’une ère nouvelle, « l’âge atomique » confirmant la fiabilité de cette nouvelle source d’énergie.

Le mercredi 8 août 1945, on put lire à la une du journal Le Monde : « Une révolution scientifique: Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ». L’unanimité fut assez parfaite dans l’ensemble de la presse. L’ampleur du désastre, ces êtres humains qui, en quelques millionièmes de seconde, furent « volatilisés » et ne laissèrent qu’une ombre sur les murs, loin de déclencher horreur et indignation, fut reçue comme la preuve objective d’un avenir radieux pour une humanité qui allait enfin être débarrassée à tout jamais des contraintes du travail. La matière se révélait source inépuisable d’énergie, qu’il serait possible d’utiliser partout sans limite, sans effort, sans danger.

D’invraisemblables projets étaient présentés sérieusement comme à notre portée dans un avenir très proche. On parlait de faire fondre la glace des pôles par bombardement atomique pour produire un climat tempéré sur la terre entière, d’araser le Mont Blanc ou de combler la Méditerranée pour irriguer le Sahara (Joliot), etc.

Le délire scientiste n’a plus jamais atteint de tels sommets. Les explosions sur le Japon furent glorifiées et bénies par tout ce que l’establishment scientifique avait de disponible: à l’époque cela s’appelait « les savants ». La mobilisation fut spontanée pour nous initier à cet avenir que les prix Nobel du « Projet Manhattan » nous avaient soigneusement préparé. Hiroshima devait ouvrir à l’humanité une ère de liberté, on entrait dans la modernité libératrice.

La seule voix discordante fut celle d’Albert Camus dans l’éditorial de Combat le 8 août 1945: « Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes, que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. […] Il est permis de penser qu’il ya quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles ». Ces positions lui valurent, quelques jours plus tard, de violentes critiques.

Pour France-Soir, l’ère nouvelle fut inaugurée le 16 juillet 1945, date de l’essai de la première bombe atomique. Il titre le 8 novembre 1945: « Le 16 juillet 1945 à Alamogordo, par une nuit d’orage, le monde est entré dans une ère nouvelle ». L’article se poursuit ainsi: « L’espèce humaine a réussi à passer un âge nouveau: l’âge atomique ».
Ce même journal titrait un article le 9 août 1945: « L’emploi de la bombe atomique ouvre des horizons illimités ».

Le 10 août 1945, après la destruction de Nagasaki, France-Soir confiait ses colonnes à « un prince, académicien français et prix Nobel de physique » qui titrait son article: « L’homme pourra demain tirer plus d’énergie de quelques grammes de matière désintégrée que de la houille, de l’eau et du pétrole, par le prince Louis de Broglie, de l’Académie française ».

Le 8 août 1945, le journal Libération titrait en première page: « La nouvelle découverte peut bouleverser le monde. […] Charbon, essence, électricité ne seraient bientôt plus que des souvenirs ».

L’Humanité du 8 août 1945 titre en première page: « La bombe atomique a son histoire depuis 1938, dans tous les pays des savants s’employaient à cette tâche immense: libérer l’énergie nucléaire. Les travaux du professeur Frédéric Joliot-Curie ont été un appoint énorme dans la réalisation de cette prodigieuse conquête de la science ». Les journaux mentionnent à de nombreuses reprises la part jouée par la France dans cette prodigieuse découverte. Ainsi on trouve dans le Figaro du 9 août 1945 un communiqué de l’AFP: « Paimpol 8 août – M. Joliot-Curie fait de Paimpol la communication suivante: L’emploi de l’énergie atomique et de la bombe atomique a son origine dans les découvertes et les travaux effectués au Collège de France par MM. Joliot-Curie, Alban et Kowarski en 1939 et 1940. Des communications ont été faites et des brevets pris à cette époque ». Un de ces brevets porte sur les « Perfectionnements aux charges explosives », brevet d’invention n° 971-324, « demandé le 4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris » (lire: L’histoire de la protection des brevets de l’équipe Joliot).

Cependant, personne n’osa en 1945 réclamer au gouvernement américain des royalties, bien que finalement on affirmât que la destruction de Hiroshima était couverte par un brevet français! Seul un bénéfice moral était attendu en exigeant que l’opinion mondiale reconnût la contribution française aux massacres d’Hiroshima et de Nagasaki.


En face de cet enthousiasme délirant
voici ce qui se passait sur place:

A lire:

première du Daily ExpressLe seul article de presse qui ait échappé à quelques heures près à la censure américaine
La une du Dally Express du 5 septembre 1945. « La peste atomique. Ce que j’écris doit servir d’avertissement au monde entier. »

Merci à «Infonucléaire» de nous avoir fourni cette liste de témoignages


Atomisé brûlé mourant

Le 7 août, au poste de quarantaine militaire de Ninoshima, à environ 4 kilomètres de Hiroshima. Beaucoup de ceux atteints de profondes brûlures dues à la chaleur de l’explosion, restent étendus ainsi sans bouger, respirant à peine, jusqu’à ce que la vie s’en aille.
(Photo Masayoshi Onuka)


«Notes de Hiroshima»

Un livre de Kenzaburo Ôé

parti en reportage en Août 1963 à Hiroshima
il recueille le témoignage de survivants, malades, médecins..
Il y retournera à plusieurs reprises


Autres informations:

L’observatoire des armées

Sortir du nucléaire


A propos de l’image du brûlé de Hiroshima
Je ne publie généralement pas de photos à fort impact émotionnel.
Mais ici, je pense que c’est honorer ces victimes que de veiller à reconnaître leur douleur et à ne pas oublier

Le 5 Août 2015


Juin 04

En cas d’accident nucléaire en Europe mangerons nous des aliments contaminés ?

Voici le communiqué de la CRIIRAD du 04 Juin 2015

le communiqué de la CRIIRAD

Pour en savoir plus, pour signer la pétition:

EUROPE: CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE
Voir l’article du 6 Avril:«Accident nucléaire en Europe: que mangerons-nous ?»

Voir le dossier complet de la CRIIRAD
Aller directement à la pétition


Qu’est-ce que la CRIIRAD ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité –
est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français.
La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses.
Indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents.
Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias.
Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
Le site de la CRIIRAD

Le 4 Juin 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.