Déc 07

Connecter et amplifier les voix indépendantes en matière d’accidents nucléaires

Le projet du diplomate Akio Matsumura

Akio Matsumura:

Voici un extrait de l’éditorial de l’Asahi Shimbun du 23 Nov 2016 (Anglais):

« La leçon du dernier tremblement de terre: nous devons toujours rester prêts. »

Pour la planète Terre, une période de cinq ans et huit mois ne représente que le temps d’un éclair.

Le séisme de force 7,4 qui a frappé l’est du Japon le 22 novembre 2016 et serait une réplique du grand séisme du Japon de l’Est du 11 mars 2011, a servi à réveiller les consciences ; en tant qu’humains, nous avons en effet la mémoire terriblement courte.

Beaucoup cette fois se sont inquiétés en apprenant l’arrêt momentané de la pompe de refroidissement de la piscine de combustible nucléaire usé à la centrale de Fukushima No.2 opérée par Tokyo Electric Power Co (TEPCO)… Au tout début de la catastrophe de mars 2011, l’arrêt de la pompe de refroidissement à la centrale de Fukushima No.1 avait soulevé de sévères inquiétudes quant au combustible usé. On avait alors redouté un rejet massif de substances radioactives.

Nous craignons que cette leçon particulière de la catastrophe de 2011 n’ait déjà été oubliée.

Nous devons en toute humilité tirer les leçons de chaque désastre. Il revient à la société – aux particuliers comme aux entreprises – de continuer à envisager des contremesures viables et ce, constamment.

En fin de compte, c’est la seule manière de pouvoir se préparer à la prochaine catastrophe qui pourrait se produire aujourd’hui même…

http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201611230030.html

Akio Matsumura

Le gouvernement japonais et le gouvernement métropolitain de Tokyo innondent l’actualité de promotions pour les Jeux olympiques de 2020 prévus à Tokyo. Devant tant de nouvelles passionnantes, nous remarquons à peine qu’on ne parle quasiment pas de l’avancement des réparations, des difficultés rencontrées par les équipes ou du nombre de zones encore inapprochables sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima.

De fait, l’observateur lambda au Japon ou aux États-Unis a l’impression que les problèmes nucléaires de Fukushima ont été résolus depuis longtemps et qu’aujourd’hui tout va bien. Ce n’est bien sûr pas le cas. Je crains fort que bien des aspects de la crise nucléaire de Fukushima ne continuent à affecter la sécurité des personnes et de l’environnement.

Les médias ont détourné les projecteurs de la crise.(Lien en anglais) Il est donc important de garder à l’esprit les réalités suivantes :

  • En raison de l’importance des radiations, personne ne peut approcher les réacteurs 1, 2 et 3. Aucune solution pour retirer les coriums n’est envisagée pour au moins 40 ans.
  • TEPCO utilise 400 tonnes d’eau par jour pour refroidir les cœurs fondus des trois réacteurs dévastés et 400 tonnes supplémentaires s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments réacteurs endommagés. De plus, la pluie emporte dans l’océan les matériaux radioactifs restant sur le site.
  • Le phytoplancton (algues) qui absorbe les isotopes radioactifs de Fukushima nourrit le plancton animal et ses larves microscopiques. Ces microorganismes, première source de nourriture des poissons et des mammifères marins, sont ensuite transportés le long du courant du Pacifique nord jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord et se retrouvent en Alaska et au Chili
  • Un mur souterrain de boue gelée d’une trentaine de mètres de profondeur et de près d’un kilomètre et demi de longueur – officiellement dénommé « le mur de glace » – a coûté 320 millions de dollars et est totalement incapable de remplir son objectif, qui était de réduire le passage de l’eau contaminée.
  • Selon le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les mesures de décontamination coûteront plusieurs milliards de dollars par an si l’on veut vraiment améliorer la situation. Il y a peu de chances que le gouvernement japonais soit prêt à consacrer autant de son budget à cet objectif.

Ce que nous avons appris avec l’accident nucléaire de Fukushima, c’est que les priorités du gouvernement japonais et de TEPCO n’étaient pas de protéger le public et malheureusement, beaucoup d’éminents scientifiques nucléaires japonais ont soutenu TEPCO ou gardé le silence. TEPCO a fini par admettre, cinq ans plus tard, qu’ils avaient attendu deux mois pour utiliser le terme de « fusion » à la centrale. Pour les experts du monde entier qui observaient la situation, il était évident que les cœurs étaient en train de fondre dès lors qu’ont eu lieu des rejets massifs de gaz de fission.

J’ai également beaucoup de mal à accepter la façon dont l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA) a géré la situation depuis la crise initiale jusqu’à aujourd’hui. Au départ, l’AIEA a envoyé des experts à Fukushima pour évaluer la situation et aider par leur expertise le gouvernement et TEPCO. Pourquoi l’Agence ne s’est-elle pas interposée quand le gouvernement japonais a décidé une zone d’évacuation de 20 km, soit un quart de la recommandation américaine (80 km) et un dixième ( !) des 200 km –incluant Tokyo – préconisés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ? La mission de l’AIEA est de promouvoir l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, tout en empêchant que celle-ci soit utilisée à des fins militaires, dont les armes nucléaires. Ces objectifs devraient comprendre une obligation morale de faire de la sécurité publique une priorité, et non pas de défendre les positions des gouvernements-membres et de l’industrie nucléaire.

Index de fragilité des pays
Centrales nucléaires et Index de fragilité des États
Cette carte interactive est visible sur le site de Akio Matsumura
cliquer sur l’image

http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html

À mon avis, la probabilité d’attaques terroristes sur l’un des 430 réacteurs nucléaires existant dans le monde est forte et va en augmentant. Compte tenu des enjeux politiques, économiques et environnementaux que représente le nucléaire pour les gouvernements et l’industrie, la discussion sur la sûreté et la sécurité de l’industrie nucléaire a toutes les chances de rester opaque et limitée.
Pour faire contrepoids au manque d’information, il en va de l’intérêt public d’établir un réseau indépendant d’experts en sûreté et sécurité nucléaires. Hans-Peter Durr, récemment disparu, ancien directeur du département d’Astrophysique à l’Institut Max Planck en Allemagne, m’avait dit quelques jours après le début de la crise de Fukushima, qu’après un accident nucléaire, une solution scientifique pour y mettre fin peut prendre des décennies. Selon lui, le seul moyen de minimiser les dégâts serait de rassembler des experts en divers domaines pour arriver à avoir une vue d’ensemble de l’accident nucléaire.

Il est très encourageant de constater l’ampleur du soutien que j’ai reçu pour établir le «Conseil consultatif international de l’Alliance pour l’action en cas d’urgence nucléaire (NEAA)». Beaucoup de gens m’ont aidé à recruter des experts dans de nombreux domaines : ingénierie nucléaire, médecine, santé et justice environnementales, armée, biologie, activisme social, industrie et réseaux sociaux. Les membres de notre conseil sont des sommités dans leur domaine ; tous sont reconnus et recommandés tant par leurs collègues que par le public.
(Remarque : Dans ce conseil, nous ne représentons que nous-mêmes. Les détails professionnels ne sont là que pour le contexte.)

Je suis extrêmement heureux de vous présenter les membres actuels du Conseil consultatif international de la NEAA.
Conseil consultatif international de la NEAA
Prénom Nom de famille Détails professionnels Pays
Robert Alvarez Founder of the Environment Policy Institute USA
Claus Biegert Director of the Nuclear-Free Foundation Allemagne
Oleg Bodrov Chairman of Green World Russie
Rinaldo Brutoco Founding President of the World Business Academy USA
Helen Caldicott Founding President of Physicians for Social Responsibility Australie
Agnes Denes International Conceptual and Environmental Artist, pioneer of the ecological art movement USA
Arne Johnanson Fjortoft Fonder of the Worldview International Foundation Norvège
Subrata Ghoshroy Research affiliate at the Program in Science, Technology, and Society at the Massachusetts Institute of Technology USA
Roza (Rose) Goncharova Head of Genetic Safety Laboratory, National Academy of Science of Belarus, Institute of Genetics and Cytology Biélorussie
Pervez Hoodbhoy Member of the Permanent Monitoring Panel on Terrorism of the World Federation of Scientists Pakistan
Scott Jones Career naval officer, Qualified nuclear weapons delivery pilot USA
David Krieger Founder of the Nuclear Age Peace Foundation USA
Claus Montonen Professor of Elementary Particle Physics at University of Helsinki Finlande
Eisuke Matsui Director of Gifu Research Institute for Environmental Medicine Japon
Akio Matsumura Founder of NEAA, Founder of the Global Forum of Spiritual and Parliamentary Leaders Japon
Mitsuhei Murata Former Japanese Ambassador to Switzerland Japon
Andreas Nidecker Founder of Physicians for Social Responsibility/International Physicians for the Prevention of Nuclear War/Switzerland (PSR/IPPNW/Switzerland) Suisse
Michel Prieur President of the International Center of Comparative Environmental Law (CIDCE), Professor Emeritus of University of Limoges France
Muhammad Riaz Pasha Scientist and former Adviser/ Technical Consultant to the Pakistan Atomic commission Pakistan
Alex Rosen Vice President of the International Physicians for the Prevention of Nuclear War Germany(IPPNW) Allemagne
Vinod Saighal Major General (ret), Executive Director of Eco Monitors Society Inde
Jurgen Scheffran Professor of Climate Change and Security at University of Hamburg Allemagne
Alice Slater Lawyer, Nuclear Age Peace Foundation USA
Gordon Thompson Executive Director of Institute for Resource and Security Studies USA
Francisco Chico Whitaker World Future Council (WFC), Catholic Commission for Justice and Peace Brésil
Yves Lenoir Social movement for children of Chernobyl. President of the French Association Enfants de Tchernobyl Belarus France

Remarque : l’IPPNW a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985.

Nous ne savons pas quand, ni où, ni comment un accident nucléaire se produira, mais nous devons admettre le fait que les gouvernements et l’industrie feront tout leur possible pour masquer les dangers au public.

De nos jours, nous avons accès à l’information et les moyens de connecter des experts pour analyser, interpréter et communiquer cette information. Le défi auquel nous sommes confrontés est de mettre en place et de maintenir un réseau efficace, indépendant, qui serve à défendre l’intérêt public.

Akio Matsumura

Le texte origine sur le blog de Akio Matsumura:
http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html
http://akiomatsumura.com/2016/03/introduction-de-lalliance-pour-laction-durgence-premieres-etapes-apres-une-catastrophe-nucleaire.html

En Anglais: http://akiomatsumura.com/2016/11/in-defense-of-the-public-interest-connecting-and-amplifying-independent-voices-around-nuclear-accidents.html

Les pages françaises de son blog:
http://akiomatsumura.com/category/translations/french-translations

Qui est Akio Matsumura ?

Akio Matsumura est un diplomate de renom qui a consacré sa vie à construire des ponts entre les gouvernements, les entreprises et les dirigeants spirituels pour la cause de la paix mondiale. Il est le fondateur et le secrétaire général du «Forum mondial des leaders spirituels et parlementaires pour la survie humaine»; il a tenu des conférences à Oxford, à Moscou, à Rio de Janeiro, à Kyoto et à Konya.

Voici des extraits de son blog qui décrivent son action:

«Trouver le chaînon manquant»

http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Trouver le chaînon manquant est le projet d’ Akio Matsumura pour relier les personnes, les informations et idées, pour apporter des solutions efficaces et innovantes aux nouveaux types de problèmes internationaux.
Nous posons de nouvelles questions et apportons des réponses nouvelles.

  • Quels sont les plus grands défis auxquels l’humanité sera confrontée dans le siècle à venir?
  • Comment définissons-nous la sécurité maintenant, à l’ère du changement climatique, de l’énergie nucléaire et du terrorisme?
  • En tant que décideurs, que pensons-nous sur notre époque et sur notre responsabilité dans un monde en évolution technologique rapide ?

Notre travail est pris en compte par des gouvernements influents et des chefs d’entreprise dans le monde entier, en particulier par les décideurs au Japon et aux États-Unis; la majorité de notre attention s’est concentrée là-bas depuis l’accident de Fukushima en mars 2011.

Japonais par naissance il vit tantôt à Tokyo, tantôt à Londres ou New York. Il a passé quatre décennies à l’ONU et dans d’autres activités internationales, à redéfinir ce que la population, le développement, signifient au niveau international.

En tant que fondateur et Secrétaire général du «Forum mondial des dirigeants spirituels et parlementaires pour la survie humaine», Matsumura a innové en réunissant des centaines de leaders internationaux à Oxford, Moscou, Rio de Janeiro, Konya et Kyoto pour redéfinir l’ordre du jour international dans les années 1980 et 90.

La présentation de «trouver le chaînon manquant» sur son blog:
http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Le 07 décembre 2016


Nov 13

Uranium appauvri: des armes à bannir


1er Novembre 2016: La Première Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution concernant les armes à uranium appauvri.

Cette résolution stipule que deux réunions de négociation d’un contrat juridiquement contraignant en vue de l’interdiction des armements nucléaires, auront lieu en 2017. La première rencontre se déroulera du 27 au 31 mars et la deuxième du 15 juin au 7 juillet 2017.
Elle ne définit pas le contenu du traité, mais reconnaît l’impact humain des armements nucléaires et les risques liés à l’existence d’armes nucléaires comme des raisons de s’engager pour leur interdiction.
La résolution appelle les États à participer afin « d’unir leurs efforts pour conclure au plus tôt un contrat juridiquement contraignant pour l’interdiction des armes nucléaires ».
Voici les résultats. Je note que le gouvernement français a voté contre.

tableau d'affichage du vote

Cette résolution a pris note des inquiétudes concernant les états comme l’Irak en ce qui concerne les effets des armes à Uranium Appauvri sur la santé des populations civiles. Le vote est survenu une semaine après que les USA aient reconnu qu’ils avaient utilisé des armes à Uranium Appauvri en Syrie en 2015

Détails en anglais:
http://www.bandepleteduranium.org/en/unga-first-l63-depleted-uranium-results

Compte rendu de la session en français sur le site de l’ONU:
http://www.un.org/press/fr/2016/agfdis3566.doc.htm

Le représentant de la France, au nom également du Royaume-Uni, a justifié son vote contre le texte en citant les travaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur cette question. Selon le représentant, les études existantes démontrent que l’utilisation de ces armes et munitions contenant de l’uranium appauvri, y compris dans les sites les plus contaminés, n’avait pas d’effet nocif sur la santé.


Les armes à l’uranium appauvri:

L’uranium appauvri (isotope U238, abréviation « UA ») est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium et du traitement du combustible usé. Il ne possède pas les propriétés nécessaires pour être utilisé dans un réacteur ni dans une bombe.

C’est un métal lourd, il est toxique chimiquement, spécialement pour le rein.
Il est faiblement radioactif. Il émet des rayons Alpha, peu pénétrants mais très dangereux pour les cellules vivantes. Plus des rayons Bêta faibles.
Il est très durable: pour perdre la moitié de sa radioactivité (demi-vie) il faut 4,47 milliards d’années !
Il est difficile à détecter, les rayons Alpha n’étant pas détectés par les compteurs Geiger standards.

L’uranium appauvri est utilisé dans l’armement pour ses propriétés physiques. Du fait de sa forte densité (2 fois le plomb) il est d’une efficacité redoutable pour transpercer les parois des chars blindés et des abris.
Il est tellement dur qu’il ne se déforme pas lorsqu’il entre en contact avec sa cible.
Au contact de sa cible, l’uranium s’enflamme, relâchant en grande quantité de minuscules particules radioactives. Transportées par le vent, ces particules vont se retrouver dans l’eau, les poussières, le sol, les nappes phréatiques… contaminant tout l’environnement. Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

L’uranium appauvri utilisé pour la fabrication d’obus-flèches provient de la filière civile, et notamment des étapes d’enrichissement et retraitement du combustible. L’armement est un débouché bien utile pour se débarrasser de cette matière encombrante !

L’UA équipe aujourd’hui les chars Leclerc. En France, deux sites militaires accueillent les essais d’obus à l’uranium appauvri : à Bourges (Cher,) les essais se font en plein air, tandis qu’ à Gramat (Lot), les tirs d’obus ont lieu dans des cavités souterraines . La Direction Générale de l’Armement assure qu’il n’y a aucun risque de contamination de l’air et des nappes phréatiques mais le secret défense entourant ces essais ne permet pas d’en être certain.

Ces armes ont déjà été utilisées dans de nombreux conflits. En Ex-Yougoslavie (Bosnie, Serbie, Kosovo), pendant le conflit qui a entraîné une intervention des forces de l’OTAN. En Irak, pendant la Guerre du Golfe de 1991 et pendant l’intervention américaine de 2003 justifiée par la prétendue présence d’ « armes de destruction massive ». On soupçonne aussi les États-Unis d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri en Afghanistan. Ils viennent de reconnaître les avoir utilisées en Syrie en 2015.
De plus, il y a de fortes suspicions d’utilisation d’UA pendant la guerre du Liban par l’armée israélienne.
On estime que 140 000 kg d’uranium appauvri auraient été utilisés dans ces conflits avant 2004.

L’uranium appauvri est néfaste pour la santé des populations civiles

La contamination par l’uranium appauvri se fait quasi exclusivement de manière interne, car le rayonnement émis par l’UA est de type alpha, et donc très peu pénétrant. Il y a trois voies majeures de contamination,

  • par inhalation de poussières
  • par ingestion d’aliments ou d’eau
  • ou par lésion cutanée.

C’est l’inhalation de particules de 1 à 10 microns qui est la plus dangereuse pour les êtres vivants:lorsque des particules de 1 à 10 microns se fixent dans les poumons: elles irradient les cellules environnantes de façon permanente, la vie durant; leur rayonnement Alpha est très nocif et est source de cancer.

L’uranium appauvri atteint les reins, les poumons, le squelette, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques ainsi que le système neurologique. Les types de pathologies observées sont principalement les cancers les leucémies et les malformations congénitales.
L’uranium appauvri s’attaque au capital génétique des personnes. De génération en génération, les effets s’accumulent…(persistance de l’irradiation et instabilité génomique)

Les enfants sont les plus vulnérables aux effets de l’uranium appauvri; parce qu’ils sont plus au contact des poussières, qu’ils portent fréquemment la main à la bouche, que les cimetières de matériels militaires détruits peuvent leur servir de terrains de jeux. Même une faible dose peut avoir des effets; il est reconnu qu’il n’existe pas de seuil d’innocuité.

On observe ces pathologies chez les populations victimes de bombardements à l’uranium appauvri, mais aussi chez les vétérans des conflits irakiens, des Balkans ou encore d’Afghanistan.

La présence de l’UA dans l’environnement peut être considéré comme irréversible: il se présente sous forme de très fines poussières; il reste radioactif pour une éternité. Les eaux, les terres agricoles, l’air, les épaves de véhicules civils ou militaires attaqués et, au final, toute la chaîne alimentaire sont contaminés.

Dans 4,47 milliards d’années l’UA disséminé n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Il continue d’avoir des effets sur l’environnement et la population même après la fin du conflit pendant des laps de temps impossibles à se représenter à l’échelle humaine.
Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

Conséquences sur les populations:

Le gouvernement français reprend la doctrine officielle qui est que l’exposition à l’UA ne provoque aucun effet néfaste sur la santé.

En cherchant «uranium appauvri» sur le site de l’OMS on ne trouve qu’un texte daté de 2001:
Un document entièrement détaché de la réalité des populations. Totalement inutile pour les malades et leurs médeçins. Il ne parle même pas des malformations. Il conclut qu’il faut dépolluer, contrôler l’exposition, «prendre les mesures préventives nécessaires pour les enfants», poursuivre des études..
http://www.who.int/entity/ionizing_radiation/pub_meet/en/DU_French.pdf
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/83757/2/fa5419a1.pdf?ua=1

Un Rapport conjoint de l’OMS et du ministère de la santé irakien sur les cancers et malformations congénitales en Irak devait être publié en Novembre 2012. «Il a été retardé à plusieurs reprises et n’a maintenant plus aucune date de sortie prévue.»
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

Pourquoi ?

Depuis 1959, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est liée à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) par un accord qui lui interdit de publier des rapports qui concernent la radioactivité, sans l’aval de cette dernière. De ce fait, aucun des rapports « critiques » de l’OMS sur les armes à l’uranium appauvri n’a jamais été publié.

Sur le terrain, les médecins clament l’apparition
de pathologies cancéreuses et de malformations:

– Croissance des cancers et des anomalies à la naissance en Irak: l’OMS refuse de publier les résultats:
Rise of Cancers and Birth Defects in Iraq: World Health Organization Refuses to Release Data
http://www.globalresearch.ca/rise-of-cancers-and-birth-defects-in-iraq-world-health-organization-refuses-to-release-data/5344530
Par Mozhgan Savabieasfahani
Global Research, July 31, 2013 (en anglais)

– L’OMS refuse de publier le rapport sur les cancers et les anomalies à la naissance causés par l’uranium appauvri
WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition.
By Denis Halliday – Global Research, September 13, 2013
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

– Selon Hans von Sponeck, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies,
«Le gouvernement américain a cherché à empêcher l’OMS de cartographier les zones du sud de l’Irak, où l’uranium appauvri a été utilisé et a provoqué des dangers sanitaires et environnementaux graves.»
Cité dans l’article de Mozhgan Savabieasfahani

Le rapport du Dr Al-Azzawi publié par Harvard (en anglais)
http://users.physics.harvard.edu/~wilson/soundscience/Al-Azzawi.pdf
Il cite: Cancers chez les enfants, leucémies, déficiences immunitaires, malformations chez les nouveux-nés

Les médecins de l’hôpital de Falloujah ont observé une croissance très inquiétante du nombre de bébés naissant avec des malformations congénitales : celles-ci concerneraient 144 naissances sur 1000, soit 14,4%. Ce taux est normalement inférieur à 2%, explique le docteur Alaani, qui étudie ce phénomène depuis de nombreuses années à Falloujah. Afin d’alerter la communauté internationale sur ces crimes, et de demander à l’Organisation Mondiale de la Santé de révéler ces nouvelles informations, elle a lancé une pétition :

Dr Alaani

Dr Samira Alaani à l’hôpital de Falloudja

Le Dr Samira Alaani, hôpital de Falloujah

« Je suis le Docteur Samira ALAANI, je suis pédiatre à l’Hôpital Général de Falloujah. Dans les années qui ont suivi les attaques des forces américaines sur notre ville, mes collègues et moi avons remarqué une augmentation horrifiante du nombre de bébés nés avec des malformations congénitales graves : spina bifida, anomalies cardiaques et des malformations auxquelles je ne peux même pas donner de nom. Beaucoup ne survivent pas. Pour ceux qui survivent, nous leur procurons des soins tant bien que mal avec le peu de ressources dont nous disposons.

Je travaille comme pédiatre à Falloujah depuis 1997, et c’est depuis 2006 que j’ai remarqué ce problème, nous avons alors commencé à enregistrer ces cas. Nous nous sommes rendus compte que sur 1000 naissances, 144 bébés présentaient des malformations. Nous sommes convaincus que, même aujourd’hui, ces cas sont liés à la contamination provenant des conflits dans notre ville il y a plus de dix ans maintenant. Ce phénomène n’est pas unique à Falloujah : les hôpitaux dans tout le Gouvernorat d’alAnbar ainsi que d’autres régions d’Irak constatent une hausse similaire. Tous les jours je vois les ravages que cette peur inculque aux futures mères et à leurs familles. La première question que l’on me pose lorsqu’un enfant naît n’est pas « Est-ce une fille ou un garçon ? » mais « Mon bébé est-il en bonne santé ? » Lorsque j’ai entendu que le Ministère de la Santé Irakien et l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) allaient faire des recherches, cela m’a donné une lueur d’espoir. Je savais que cela ne ferait que confirmer ce que nous savions déjà : que le nombre de malformations congénitales avait augmenté, mais je pensais aussi que cela pousserait l’Irak et la communauté internationale à agir.

La recherche est maintenant terminée et on nous avait promis que le rapport serait publié début 2013 ; mais nous voici six mois plus tard et l’OMS vient d’annoncer de nouveaux délais. Nous sommes inquiets que cela soit du à un problème d’ordre politique et non pas scientifique. Nous avons déjà attendu des années que la vérité éclate et mes patientes ne peuvent plus continuer comme cela. L’OMS a une autre option. Que les données soient publiées dans une revue à libre accès pour un examen indépendant par des pairs. Ce procédé serait rapide, rigoureux et transparent.

Mes patientes ont besoin de savoir la vérité, elles ont besoin de savoir pourquoi elles ont fait une fausse couche, elles ont besoin de savoir pourquoi leurs bébés sont si malades et par-dessus tout, elles ont besoin de savoir que l’on est en train de faire quelque chose pour y remédier. Le Ministère de la Santé Irakien et l’OMS se doivent de publier ces données et de nous fournir des réponses.

Je vous demande de signer cette pétition et de prouver que le reste du monde n’a pas oublié le peuple d’Irak.»

L’article d’où est extrait cet appel (en français)
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu

Un ensemble d’articles sur le sujet:
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551


* Une synthèse du problème en français:
ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf

Ferrailleurs de tanks contaminés

Recyclage de ferrailles contaminées par des travailleurs kurdes, Qushtapa, route entre Kirkuk et Arbil, Kurdistan. Irak, Septembre 2003. Les tanks ont été importés du sud de l’iRAK. Cliché www.paxforpeace.nl

jeux d'enfants sur des chars contaminés

Jeux d’enfants sur des chars contaminés


Oct 24

L’OMS renouvelle son poste de Directeur Général

Le collectif « IndependentWHO – Santé et nucléaire » (IW) a écrit à chacun des six candidats pour le poste de Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en soulignant les lacunes de l’organisation concernant les effets des rayonnements ionisants sur la santé de millions de personnes.
La lettre (ci-jointe) attire l’attention sur six demandes formulées par IW, qui depuis près de dix ans a tenu une « Vigie d’Hippocrate » face au siège de l’OMS à Genève. Le collectif souligne que pendant le mandat du Dr Margaret Chan à la tête de l’OMS, ces demandes ont été ignorées.
La lettre exhorte l’OMS à «se libérer des chaines du lobby nucléaire.»

Les candidat-e-s (pour plus d’information voir leurs sites internet) :

  • – Tedros Adhanom (Éthiopie)
  • – Flavia Bustreo (Italie)
  • – Philippe Douste-Blazy (France)
  • – David Nabarro (Royaume-Uni)
  • – Sania Nishtar (Pakistan)
  • – Miklós Szócska (Hongrie)

Genève … octobre 2016
Chère candidate, cher candidat,

Depuis bientôt dix ans notre collectif « IndependentWHO – Santé et Nucléaire » interpelle
l’Organisation Mondiale de la Santé sur ses manquements dans le domaine des effets des
rayonnements ionisants sur la santé de millions d’êtres humains. Par notre « vigie
d’Hippocrate » chaque jour ouvrable devant le siège de l’OMS et par d’autres actions
d’information auprès d’un large public, nous demandons que l’OMS se libère de l’emprise du
lobby nucléaire. Nos revendications se résument à six demandes d’action formulées à l’OMS
que vous trouverez ci-dessous mais qui sont restées à ce jour sans réponse.
Nous avons appris que vous briguiez la succession de l’actuelle Directrice générale de
l’institution, la Dr Margaret Chan. Votre élection sera-t-elle l’occasion de donner un nouvel
espoir aux victimes des radiations atomiques ? Pour cela, nous vous proposons de vous
engager à :

1. Rétablir le Département Radiation et Santé au niveau de directeur et recruter des
experts indépendants et reconnus internationalement pour conduire et coordonner les
réponses à apporter en matière de santé publique lors de catastrophes telles que Fukushima et Tchernobyl et pour travailler également sur les conséquences sanitaires liées aux activités du nucléaire en général.

2. Prendre des mesures immédiates, en collaboration avec les partenaires compétents comprenant l’Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), pour s’assurer que les soins médicaux, les traitements et une radioprotection appropriés seront fournis aux populations vivant dans les régions contaminées.

3. Coordonner en priorité avec les partenaires compétents, l’importation de nourriture propre pour satisfaire tous les besoins nutritionnels des populations vivant dans les régions contaminées et l’exécution d’interventions (telles que l’administration quotidienne de pectine de pomme) connues pour faciliter l’élimination des radionucléides et qui réduisent de manière significative les doses radioactives délivrées aux cellules et aux organes sensibles.

4. Instaurer une Commission sur les rayonnements ionisants et la santé, composée d’experts indépendants pour examiner et étudier scientifiquement les conséquences sanitaires des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, en intégrant toutes les études réalisées par les chercheurs indépendants, qui n’ont aucune relation, financière ou autre, avec l’industrie nucléaire ni avec des associations de l’industrie nucléaire, et de rendre compte de leurs résultats à l’Assemblée Mondiale de la Santé.

5. Au sein de cette Commission, créer des groupes de travail pour examiner et faire des rapports sur les preuves disponibles, les lacunes dans la recherche sur différents aspects de la radioprotection, et comme priorité, un groupe de travail sur les conséquences sanitaires des doses faibles, internes, chroniques, et un groupe de travail sur les effets causés sur le génome humain par les sources externes et internes d’irradiations.

6. Publier et rendre disponibles dans leur intégralité, les actes des conférences de Genève en 1995 et de Kiev en 2001 sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.

Vous trouverez ces demandes ainsi que des informations sur toutes les actions entreprises par les membres de notre collectif sur notre site internet www.independentwho.org . Vous verrez les portraits de tous ceux et toutes celles qui année après année, quelles que soient la saison et les intempéries, ont maintenu leur vigie silencieuse en face du siège de l’OMS, dont vous souhaitez prendre en mains la direction.
Vous y trouverez également les Actes des deux Forums scientifiques et citoyens, sur la radioprotection et sur les effets génétiques des rayonnements ionisants, que nous avons organisés à Genève les 12 et 13 Mai 2012 et le 29 Novembre 2014 en l’absence de l’OMS qui y était invitée. Nous considérons qu’en organisant ces rencontres et en en publiant les exposés, débats et conclusions, nous avons fait le travail de l’institution que vous aspirez à diriger et dont nous déplorons le silence sur ces travaux malgré son engagement de prendre en compte les recherches de scientifiques indépendants.

Vous engagerez-vous à reprendre à votre compte notre combat en faveur des victimes des rayonnements ionisants disséminés à Tchernobyl plus de trente ans après l’accident, à Fukushima depuis plus de cinq ans, et ailleurs dans le monde du fait des retombées des essais nucléaires atmosphériques militaires, des rejets autorisés et accidentels des centrales nucléaires civiles, des zones de stockage des déchets nucléaires et des sites d’extraction d’uranium, et lors de l’emploi d’armes contenant de l’uranium appauvri ?
Nous comptons sur votre réponse.

INDEPENDENT WHO


IndependentWHO – Santé et Nucléaire est un mouvement citoyen créé en 2007 par un
collectif d’individus et d’associations
– Brut de Beton Production, Contratom Genève,
CRIIRAD, Enfants de Tchernobyl Belarus, IPPNW Suisse, People’s Health Movement,
Réseau SDN, SDN Loire&Vilaine – soutenu par une large coalition d’ONG.
Il s’adresse à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui, en matière de rayonnements ionisants, ne remplit pas sa mission constitutionnelle : « agir en tant qu’autorité directrice et coordinatrice dans le domaine de la santé » et « aider à former parmi les peuples une opinion éclairée en ce qui concerne la santé».

Pour plus d’informations: www.independentwho.org
ou appelez: George Gordon-Lennox +33 (0) 4 50 42 44 67
info@independentwho.org

Le Processus d’élection du Directeur général de l’OMS:
http://www.who.int/dg/election/fr/

Le 24 ocoobre 2016


Sep 21

Consultation publique sur le projet de décret
relatif à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants

La CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés
pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.

Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ? À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?

Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase post accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.

Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN[1]. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.

Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !

Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.

Participez à la consultation publique
et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

Comment participer à la consultation publique ?

Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site:
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html
ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.

Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.
Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits de notre présentation ci-après :

Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »

Proposition de message :

« Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :

  • 20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
  • 1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.

Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.

Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !
Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse: contact@criirad.org !

La Directive traite de nombreux sujets que nous analyserons plus avant. D’autres actions seront mises en place dans les semaines qui viennent. Nous comptons d’ores et déjà sur votre aide pour les relayer !

En savoir plus sur les valeurs proposées par le décret

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


J’ai reproduit ci dessus intégralement l’appel de la CRIIRAD.
La parole est à vous.

Le 21 septembre 2016


[1] Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire : une association qui compte 4 membres (EDF, AREVA, le CEA et l’IRSN) et qui a très largement infiltré les instances nationales et internationales de décision et notamment la CIPR (Jacques Lochard, directeur du CEPN, est désormais vice-président de la commission principale)


Sep 19

Les suites du désastre caché de MAYAK

Mardi 27 septembre 2016 de 18h30 à 21h30 à Paris,

Mairie du 2e arrondissement (salle des Expositions au 1er étage), 8 rue de la Banque, métro Bourse,

Exposé-débat Santé et Droits de l’Homme à la suite des désastres nucléaires à Mayak en Russie – à l’occasion de la date anniversaire de la catastrophe nucléaire qui s’est produite à Mayak (Kyshtym) le 29 septembre 1957 –

Par Nadezda Kutepova,
fondatrice de l’association « Planète de l’espoir » à Ozersk (Mayak)
et Yves Lenoir,
président de l’association « Enfants de Tchernobyl Belarus » http://enfants-tchernobyl-belarus.org/,

Orateurs invités par Françoise Boman, médecin, association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN http://amfpgn.org/ affiliée à IPPNW http://www.ippnw.eu/).

Références

La comédie atomique – L’histoire occultée des dangers des radiations. Yves Lenoir. Éd. La Découverte, Paris, 2016.

À propos de Mayak et de Nadezda Kutepova :

  • article de Reporterre le 8 septembre 2016
    https://reporterre.net/Elle-se-bat-pour-la-verite-sur-le-terrible-accident-nucleaire-de-Maiak-en
  • documentaire « City 40 » (VICE, Canada, 2016) de Samira Goetschel. Accès libre en français
    http://www.netflixfr.com/city-40/.
Programme :

Introduction par Françoise Boman (15 mn),
projection d’extraits tournés à Mayak (15 mn),
témoignage de Nadezda Kutepova (30 mn),
présentation par Yves Lenoir (30 mn),
débat avec les participants (90 mn).

Entrée libre et gratuite.


Voici le lien vers la vidéo (42 mn) de l’exposé-débat « Nucléaire militaire et santé » qui a eu lieu le 5 août 2016 à la Mairie du 2e arrondissement de Paris:
https://www.youtube.com/watch?v=0kYSQ87u8wI


L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Juin 05

Frankushima: un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France

Géraud Boumet, illustrateur de formation scientifique,
publie en mars 2016 son livre « Franckushima »,
qui mêle BD, illustrations, cartes, témoignages, articles

S’appuyant sur deux ans de recherches et un réseau de contributeurs, « Franckushima » aborde la catastrophe de Fukushima et ses multiples facettes de façon très complète, et traite en filigrane la question du risque nucléaire en France.

Les chapitres:

Préface:
«N’oubliez pas Fukushima»

11 mars 2011:
Début d’une longue réaction en chaîne

Contamination:
Aperçu des retombées radioactives sur le territoire japonais et dans l’océan Pacifique.

evacs300

(Non) évacuation des territoires contaminés:
Comment s’est déroulée l’évacuation des populations juste après l’accident ? retour sur la gestion de crise par le biais de nombreux témoignages

Restés dans la zone interdite
Malgré l’ordre d’évacuer, des personnes ont continué à vivre dans la zone interdite/ Rencontre avec quelques unes d’entr’elles

L’impossible décontamination ou l’arnaque de la décontamination:
Depuis 2011, les opérations de décontamination se succèdent. Cette décontamination est-elle efficace ? comment est-elle vécue par les populations ?

décontamination

Retour en zones contaminées:
Apprendre à vivre avec la contamination serait-elle la seule issue proposée par les autorités ? Comment ont été gérées les réouvertures de zones ?

Qu’est-ce que la radioactivité ? Quels sont ses effets ?
Notions de base sur la radioactivité, effets des radiations sur l’organisme et risque «acceptable»

Tchernobyl: 30 ans de déni
Trente ans après cette catastrophe majeure, comparons le bilan sanitaire officiel et les principales conclusions d’études indépendantes

Tout va bien !
Conséquences sanitaires, des points de vue (très) divergents. Des médecins et des habitants livrent leurs points de vue sur les conséquences sanitaires de l’accident.

Freeter300

Initiatives citoyennes
La société civile japonaise s’est largement mobilisée depuis mars 2011 quels combats ? quels enjeux ?

Dans l’enfer de la centrale
Que se passe-t-il à la centrale depuis 5 ans ? Des travailleurs témoignent.

Demain, un accident chez nous ?
En France le risque nucléaire est désormais admis. Que prévoient les plans d’urgence ? Sommes-nous prêts à faire face ?


256 pages couleur, format 21 x 27,6 cm ISBN : 978-2-9555634-0-3
http://franckushima.com/
–Se procurer l’ouvrage chez l’auteur:
Envoyez un chèque à l’ordre de Lutopiquant édition, en mentionnant vos coordonnées :
Lutopiquant édition 17 route de Revel 38420 Domène
– 20€ : à retirer sur Grenoble (à l’atelier ou lors d’événements à venir)

– 26€: livré en France (20€ pour le livre + 6€ de frais de port)
– 28€ : livré à l’étranger (20€ pour le livre + 8€ de frais de port)

–Commander sur le site de « sortir du nucléaire » : cliquer ici

silence !

Le 5 juin 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
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Mai 13

TCHERNOBYL, Le nuage sans fin

30 ans après l’explosion de la centrale nucléaire, l’Association Française des Malades de la Thyroïde raconte son combat pour faire reconnaître la vérité dans une Bande dessinée.

titre de l'ouvrage

Le 26 avril 1986, à 1h 23 mn du matin, une manoeuvre humaine erronée déclenche la fusion du cœur du réacteur N°4 de la centrale ukrainienne puis une explosion qui libère une énorme quantité d’éléments radioactifs dans l’atmosphère.

Le nuage contaminé entame alors sa course dans le ciel européen au gré des vents. Des mesures de protection sont décrétées en urgence dans la plupart des pays, comme l’interdiction aux enfants de jouer à l’extérieur, la mise en garde contre l’exposition à la pluie, la destruction de milliers de tonnes de légumes frais, etc.

En France, la communication gouvernementale se veut rassurante, au point d’affirmer que le nuage radioactif va épargner l’Hexagone !

Des communiqués laconiques nient la gravité de la pollution radioactive et conseillent « de ne rien changer à nos habitudes » notamment alimentaires !!!

La Bande dessinée illustrée par Ming relate l’explosion du réacteur N°4, le travail des liquidateurs, mais surtout , le déni de tous les acteurs politiques sur la gravité de cet accident tant en URSS que dans notre pays.

En 2016, il nous faut constater:
À Fukushima, les discours et les comportements des autorités sont les mêmes:

Le déni du désastre est le même : les victimes doivent apprendre à vivre en territoire contaminé. Nous voilà prévenus ! Nous, citoyens, avons des leçons à tirer de la façon dont les responsables politiques ont fait face à leur devoir de protection des populations lors des événements de Tchernobyl puis de Fukushima.

macaron

Tchernobyl « Le nuage sans fin » Scénario AFMT, dessin Ming
Cette BD n’est pas disponible en librairie.
Vous pouvez la commander en envoyant un chèque de 22 € (15 € de BD + 7 € de port et d’emballage) à l’adresse ci-dessous
AFMT
BP 21
82700 BOURRET
(Pour les envois en nombre, voir directement avec l’association)

La présentation de l’ouvrage sur le site de l’AFMT:
http://www.asso-malades-thyroide.org/detail_asc.php?id=1

Documentation

Sur le site « http://nuagesansfin.info/ » L’AFMT a rassemblé des documents qui fournissent des références sourcées et indiscutables aux faits évoqués dans la Bande Dessinée « Tchernobyl, un nuage sans fin ».

Ces pièces ont été extraites des milliers de pages des dossiers des perquisitions menées par Madame la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Elles vous permettront de cerner comment les responsables politiques ont utilisé leurs pouvoirs pour la défense de l’industrie nucléaire civile et militaire, à tout prix et contre toute vérité.

Si ces informations vous parviennent si longtemps après la survenue de la catastrophe du 26 avril 1986, c’est qu’elles sont issues d’un très long processus. Il a fallu un accroissement anormal du nombre de cancers thyroïdiens, spécialement en Corse, pour que l’Association Française des Malades de la Thyroïde se constitue et tente tous les recours légaux qui étaient en son pouvoir devant toutes les juridictions possibles – 31 mars 2011 – Rejet en cour d’appel avec énoncé d’un Non Lieu – 7 sept 2011 —Rejet du pourvoi en cassation – 8 octobre 2013 – La Cour Européenne des Droits de l’Homme, juge irrecevable la plainte de Me. Fau déposée pour l’AFMT .

Le 13 mai 2013

Avr 05

Oleg Veklenko, liquidateur à Tchernobyl

Le 3 avril 2016 à Darnieulles, dans le cadre des évènements promus par l’Appel du 26 avril, Vosges Alternatives au Nucléaire a accueilli Oleg Veklenko, liquidateur ukrainien de Tchernobyl .
Il raconte la vie des liquidateurs sur le site de la centrale détruite à l’aide de nombreuses photographies

Conférence de Oleg Veklenko, liquidateur ukrainien de Tchernobyl, sur les hommes qui ont sauvé l’Europe d’un enfer radioactif

https://youtu.be/3TDQBDWiqSI (première partie)
https://youtu.be/hBRVUrOKPdQ (deuxième partie)

Conférence de Jocelyn Peyret sur la lutte des aborigènes australiens contre les mines d’uranium
https://youtu.be/DW_m34MjEgU

Conférence de Claude Kaiser sur un scénario de sortie du nucléaire en moins de 10 ans
https://youtu.be/kNPn_3jECVM


Vous pouvez encore rencontrer Oleg Veklenko jusqu’au 15 avril.
Se reporter au programme ci-dessous

Mardi 5 avril à 20h – Nevers 58000 Salle Stephane Hessel
20 Rue Henri Bouquillard,

Mercredi 6 avril à 20h – Valence 26000 à la MJC du Grand Charran
61 avenue du Grand Charran à Valence

Jeudi 7 avril à 20h – Le Puy en Velay 43000 à la Biocoop
34 route de roderie

Vendredi 8 avril à 20h – Clermont-Ferrand 63000 Salle Multi média
3 Rue Léo-Lagrange 63000 Clermont-ferrand

Samedi 9 avril 20h30 – Léguillac de Cercles 24340 Salle des fêtes

Dimanche 10 avril 17h Moulidars 16290 Ferme-Théâtre de Malvieille
Le Cluzeau

Lundi 11 avril 20h – Poitiers 86000 Le Local
16 rue St Pierre le Puellier

Mardi 12 avril 20h – Alençon 61000 Arts Terre Native
http://www.asso-atn.org/

Mercredi 13 avril 20h30 – Paris 75012 la M.E.O 3 passage Hennel
http://www.sildav.org.

Jeudi 14 avril 20h ! Montreuil 93100 La Guillotine
24 rue Robespierre
http://la-guillotine.fr

Vendredi 15 avril Colloque de 10h à 19h (ELENA à 18h) Paris 75013 INALCO Auditorium
65 rue des Grands Moulins.


Avr 02

Cancers de la thyroïde: Création d’un groupe d’entraide par les familles

Les familles de jeunes patients de la préfecture de Fukushima atteints d’un cancer de la Thyroïde après la catastrophe du 3/11, ont créé un groupe d’entraide qui vise à faire pression sur les médecins et les autorités pour qu’ils améliorent leurs politiques.

Traduction d’un article du journal Asahi Shimbun du 24 mars 2016
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201603240025

Le « 311 Thyroid cancer family group» souhaite que les gens puissent partager leurs inquiétudes concernant la santé de leurs proches depuis les 5 ans écoulés depuis la catastrophe nucléaire.

Un membre de l’association: «Nous voulons que les responsables de la préfecture de Fukushima et les médecins fassent preuve d’une meilleure compréhension des patients»

Le groupe a été créé par 7 parents et familles de 5 jeunes de Nakadori et de Hamadori (régions centrale et orientale de la préfecture); ils ont subi une intervention chirurgicale sur la thyroïde après la triple fusion des coeurs à la centrale de N°1 de Fukushima.

Hiroyuki Kawai, un avocat de l’association « Daini Tokyo Bar» dirigera le groupe et le représentera. D’autres vont aider à gérer l’association, dont Motomi Ushiyama, un médecin qui a travaillé à la préfecture de Fukushima et a mené une étude sur les habitants des zones contaminées lors de la catastrophe de Chernobyl en 1986.

« Notre objectif est de créer un lieu où les patients, qui restent isolés et ne peuvent même pas parler de leurs inquiétudes et de leurs doutes, puissent se rencontrer et parler ensemble» dit Kawai. «Le fait que les patients et leurs familles soient unis et crient d’une seule voix nous rend plus facile de faire des suggestions de politiques au gouvernement.»

Le groupe envisage, à l’avenir, de mener des poursuites judiciaires contre les gouvernements centraux et préfectoraux, ainsi que contre Tokyo Electric Power Co; mais, pour l’instant, son but principal et de fournir une aide directe aux patients et à leurs familles.

La préfecture de Fukushima continue d’examiner les glandes thyroïdes des habitants âgés de 18 ans ou moins au moment du désastre nucléaire de 2011 et ceux qui sont nés après; cela représente environ 380.000 personnes. Un total de 166 cas ou suspicions de cancer de la Thyroïde a été détecté avant la fin de l’année 2015.

Cependant le groupe d’experts de la préfecture qui examine les statistiques a estimé qu’il était «peu probable que ces cas aient été causés par les radiations»
Sans surprise, les membres du groupe ont considéré ce communiqué officiel avec inquiétude et scepticisme.

Une élève de l’école secondaire de Nakadori a subi l’ablation de la glande thyroïde par un médecin de l’hôpital Universitaire de Fukushima au printemps dernier. Mais du fait que les cellules cancéreuses s’étaient disséminées plus que prévu, elle a maintenant une grande cicatrice sur son cou qu’elle doit couvrir avec un foulard, même l’été.

Sa mère, âgée de 40 ans a déclaré: « Ma fille est plus sujette à la fatigue depuis l’intervention chirurgicale. Jamais auparavant elle ne s’endormait en jouant à ses jeux vidéos qu’elle aime.»

Il y a deux ans, un nodule avait été trouvé dans la thyroïde de cette jeune fille. A l’hôpital, son chirurgien lui a dit: «Nous allons examiner le tissu dont nous pensons qu’il est formé de cellules cancéreuses en plantant une aiguille dans votre cou. C’est très douloureux, c’est donc à vous de décider. Vous avez un mois pour prendre votre décision.»

La jeune fille et sa mère en ont discuté et ont choisi de faire l’examen. Mais quand elles sont retournées à l’hôpital pour obtenir les résultats, la mère a été très choquée: le médecin a jeté à la figure de la jeune patiente: «C’est une tumeur maligne.»
Il a toutefois expliqué qu’il n’y avait pas à s’inquiéter et a dit :«Ce n’est pas une grosse affaire. Les cancers de la thyroïde peuvent être laissés tels quels pendant 6 mois à 1 an; ils ne seront toujours pas une quelconque menace pour la vie.»
Mais quand elle a subi l’intervention six mois plus tard, le médecin a réprimandé la mère: «La tumeur était plus grosse que prévu. Mais qui donc vous a dit qu’on pouvait la négliger pendant 6 mois ?»
Le médecin l’a aussi avertie des possibilités de récidive.

Après l’opération de sa fille, la mêre s’est rendue à une réunion organisée par l’hôpital pour les patients atteints de cancer de la thyroïde, pour qu’ils puissent se rencontrer. Mais ce ne fut pas du tout comme elle l’avait imaginé.
«Nous n’avons entendu qu’un discours à sens unique; ce ne fut pas un forum capable de répondre aux doutes que j’avais. C’était complètement inutile»

Le père d’un jeune homme qui était élève du secondaire en 2011 a été perturbé par l’attitude du même médecin qui a également opéré la thyroïde de son fils.

«Après l’intervention, j’ai demandé à plusieurs reprises au médecin si le cancer avait quelque chose à voir avec la centrale nucléaire, mais il a catégoriquement nié, disant ‘Il n’y a pas de relation’.
De plus, le médecin lui a dit:«Ne dites rien aux médias s’ils apprennent l’intervention chirurgicale de votre fils. Vous savez qu’il n’y a aucune obligation à leur répondre.»

«Mon fils , chaque jour, a peur d’une récidive et d’une métastase.»

Toutefois, le médecin a affirmé à l’Asahi Shimbun, par l’intermédiaire du services des relations publiques de son institution qu’il avait été mal compris.

«Nous portons la plus grande attention à établir un environnement où les patients peuvent parler de leurs inquiétudes et de leurs doutes; et voir des spécialistes de la santé mentale qui s’impliquent avec eux à un stade précoce de leur traitement. Ces efforts se poursuivent également pendant la période post opératoire» a-t-il affirmé par écrit.
« Nous prenons un soin extrème lorsque nous révélons au patient le diagnostic de cancer. Mais maintenant, après avoir été confronté à des interprétations qui n’étaient pas dans mes intentions, je réalise fortement la difficulté qu’il y a à transmettre ce message au patient. Lorsque nous informons les mineurs, nous consultons auparavant leurs parents, nous discutons avec eux avant de prononcer le mot [de cancer].

Le «311 Thyroid cancer family Group» créera des réunions pour promouvoir la mise en réseau des familles de patients; ils pourront y obtenir des conseils et ils encourageront plus de gens à se joindre au groupe.

Les membres du groupe affirment: «Nous voulons d’abord encourager les patients à se rencontrer, à partager des informations et demander une amélioration de leurs environnements médicaux.»

By MASAKAZU HONDA

La version originale de l’article en anglais


Notes:

– 1. Dans la société japonaise, il est mal vu de réclamer, de parler même de ses soucis concernant le nucléaire, la santé de ses enfants. D’où la solitude des familles atteintes.

– 2. Le 10 juin 2014, lors de réunions de la commission de surveillance des dysfonctionnements thyroïdiens, le professeur Suzuki de l’université médicale de Fukushima avait affirmé que la plupart des cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima avaient déjà envahi les ganglions lymphatiques lors du diagnostic.
Ceci en réponse à l’affirmation d’ «experts» qui pensaient que toutes ces opérations, étaient de la surmédication pour une affection finalement sans gravité.
Source: Le Fukushima diary
Voir l’article du 15 Février 2015

Voici ce qu’ont constaté les médecins qui ont travaillé à Chernobyl, dans leur ouvrage
Tchernobyl,Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement
A.V.Yablokov – V.B.Nesterenko – A.V.Nesterenko, Natalia E. Preobrajenskaya:

Chapitre 6.2
L’incidence du cancer de la thyroïde nécessite une attention spéciale, car il constitue la plus répandue de toutes les tumeurs malignes provoquées par la catastrophe. Comme la thyroïde est une partie critique du système endocrinien, le dysfonctionnement de la glande provoque bien d’autres maladies graves.
Les caractéristiques cliniques et moléculaires des cancers de la thyroïde qui se sont développés à la suite de Tchernobyl sont exclusives. Les cancers de la thyroïde de Tchernobyl surviennent pratiquement toujours sous la forme papillaire, sont plus agressifs lorsqu’ils apparaissent et sont souvent associés à une auto-immunité thyroïdienne. En outre, beaucoup sont d’un sous-type inhabituel avec une grande composante solide, se développent rapidement et ont des taux élevés de métastases locales et à distance [Williams et al., 2004 ; Hatch et al.,2005 ; et bien d’autres]. Ils sont également souvent précédés ou accompagnés par des nodules thyroïdiens bénins radio-induits, une hypothyroïdie, une thyroïdite auto-immune et une insuffisance thyroïdienne.

Télécharger la traduction en français de l’ouvrage
Je vous invite à en lire la préface de Alexey V. YABLOKOV,: «Aux lecteurs français», 15 Janvier 2015.

Le 02 avril 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Mar 26

5 ans. Bilan sanitaire de la catastrophe de Fukushima.

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) et l’association Physicians for Social responsability (PSR)
ont publié le 9 mars 2016 un rapport intitulé
« Vivre avec Fukushima depuis 5 ans»

Il est disponible en anglais ici:
http://www.psr.org/resources/fukushima-report-2016.html

La couverture du rapport de IPPNW/PSR

Voici une traduction partielle de ce rapport.

Traduction Odile Girard, http://www.fukushima-is-still-news.com/
avec l’aimable autorisation des auteurs

Auteurs
Dr.med. Alex Rosen, Vice-Chair, IPPNW Germany
Dr.med. Angelika Claussen, IPPNW Vice President for Europe

mars 2016


5 ans: vivre avec Fukushima – Résumé des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire

Résumé

Le 11 mars 2016, le Japon et le monde commémorent le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Plus de 200 000 personnes furent évacuées de la préfecture de Fukushima dans des camps de fortune, où vivent encore quelque 100 000 d’entre elles. Mais les conséquences de la catastrophe s’étendent bien au-delà des limites de la préfecture. Depuis le début, des millions de gens ont été exposés à une augmentation des doses de radiation, principalement dans les zones de fortes retombées radioactives. Les retombées radioactives affectent les personnes à travers l’exposition atmosphérique pendant les émissions de radioactivité ou les tempêtes qui soulèvent de la poussière radioactive, ainsi que via l’exposition directe à un sol et des surfaces contaminés. Tout le monde, y compris ceux qui vivent dans les régions moins contaminées du pays, a également été confronté à la radioactivité contenue dans l’eau de boisson et l’alimentation contaminées. Cette forme d’exposition est extrêmement inquiétante, car les particules radioactives peuvent
être absorbées par les organes et les tissus internes et continuer à émettre des rayonnements ionisants pendant des dizaines d’années.

Selon le Premier ministre japonais de l’époque, ce n’est que grâce à une « divine Providence » que le Grand Tokyo, avec ses plus de 30 millions d’habitants, a évité la contamination et l’évacuation. Les autorités ayant omis de distribuer de comprimés d’iode, la population est restée sans protection face à l’iode radioactif, qui peut provoquer cancers thyroïdiens et hypothyroïdisme.
Cette tragédie se poursuit encore aujourd’hui.
Chaque jour, quelque 300 tonnes d’eau radioactive se déversent de manière incontrôlée dans l’océan. La catastrophe de Fukushima est déjà responsable de la plus grave contamination radioactive des océans dans l’histoire de l’humanité.

Cinq ans après la fusion des cœurs, on ne connaît toujours pas avec certitude ses effets sur la santé de la population japonaise. Premièrement, on ne sait pas exactement combien de radiation a été réellement émise en mars et avril 2011, et combien s’est échappée depuis des ruines des réacteurs et du site de la centrale. Comment l’expliquer?

  • Des études indépendantes indiquent parfois des émissions radioactives
    considérablement plus importantes
  • Tous les isotopes radioactifs n’ont pas été mesurés, en particulier le
    strontium-90
  • Les premiers rejets n’ont pas été inclus dans l’évaluation des impacts
    sanitaires.

En d’autres termes, les informations de base concernant la contamination du sol,de l’océan et de la nourriture sont encore un sujet de controverse entre le lobby nucléaire et les scientifiques indépendants.
Deuxièmement, le gouvernement pro-nucléaire du Japon et le tout-puissant lobby nucléaire font tout ce qu’ils peuvent pour minimiser et dissimuler les conséquences de la catastrophe.
Même l’Université de Médecine de Fukushima, qui coordonne le programme
de dépistage du cancer de la thyroïde, a des liens avec le lobby nucléaire et a reçu de l’argent de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). On a l’impression que l’idée est de refermer au plus vite le dossier de Fukushima et de s’assurer que le public japonais retrouve une attitude positive vis-à-vis de l’énergie nucléaire.

Toutefois, les données montrent un tableau assez différent. Non seulement des fuites radioactives périodiques en provenance des réacteurs dévastés ainsi que des épisodes de recontamination dans toute la région continuent à se produire, mais la perception de l’énergie nucléaire a aussi changé et une majorité de Japonais rejettent désormais le nucléaire. L’étude controversée relative aux cancers de la thyroïde n’a pas envoyé le signal de fin d’alerte tant espéré par le lobby nucléaire. Au contraire, 116 enfants de la préfecture de Fukushima ont déjà été diagnostiqués comme souffrant d’un cancer de la thyroïde agressif et à évolution rapide, ou déjà au stade des métastases. Dans une population de cette taille, on attendrait normalement environ un cas par an. Pour 16 de ces enfants, on peut exclure l’effet du dépistage (screening effect), étant donné que leur cancer s’est déclaré au cours des deux dernières années.

Ce qui est encore plus inquiétant que les résultats de l’étude, c’est qu’à part l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants de la préfecture de Fukushima, le Japon n’a pas commencé d’autres enquêtes scientifiques à grande échelle sur les maladies liées aux radiations.
L’origine d’un cancer est difficile à étiqueter
et la cause d’un cancer individuel ne peut être reliée par un lien de causalité à un incident spécifique. Les autorités japonaises sont parfaitement conscientes de ce fait et n’ont pas cherché les augmentations de fausses couches, de malformations fœtales, de leucémies, de lymphomes, de tumeurs solides et de maladies non cancéreuses parmi la population qui a été touchée par les retombées radioactives. Or on sait que le taux d’augmentation de toutes ces maladies avait été significatif après l’accident de Tchernobyl.

Quand nous parlons de la population affectée au Japon, nous la divisons en quatre sous-groupes :

  • Plus de 25 000 personnes ayant participé au nettoyage et aux secours ont reçu les doses de radiations les plus fortes doses et risqué leur vie, en empêchant l’escalade de la situation sur le site de la centrale. Si l’on en croit les données fournies par l’opérateur TEPCO, une centaine d’ouvriers contracteront un cancer dû aux doses excessives de radiations, cancer qui sera fatal dans 50 pour cent des cas. Cependant, les véritables niveaux de dose sont très probablement bien plus élevés, car l’opérateur n’hésite pas à manipuler les données afin d’éviter les demandes de compensation ; l’entreprise est ainsi capable d’engager des travailleurs temporaires non enregistrés, de trafiquer les dosimètres et même d’avoir recours à des faux grossiers.
  • La population évacuée, soit 200 000 personnes, qui a été initialement exposée à des doses de radiation considérables, vit maintenant pour la majeure partie en-dehors de la préfecture de Fukushima.
  • Les populations non évacuées des zones irradiées continuent à être exposées chaque jour à des doses accrues de radiation.
  • La population du reste du Japon est exposée à des doses accrues de radiation provenant de retombées radioactives minimales, ainsi que d’aliments et d’eau contaminés.

Ce qui est absolument nécessaire à présent, c’est de réaliser une série d’études épidémiologiques pour examiner les conséquences sanitaires de l’exposition aux doses excessives de radiation, en particulier les maladies qui peuvent être détectées et traitées de manière précoce. Ces études doivent être guidées par les enquêtes déjà publiées, exposées dans le présent rapport, sur les animaux , les oiseaux et les insectes touchés par la catastrophe et qui montrent des effets hématologiques, une élévation des taux de mutation dans la seconde génération et une augmentation des taux de mortalité. Mais comme ce genre d’études – et l’image négative de l’énergie nucléaire qu’elles véhiculeraient – ne sont pas politiquement désirables, nous ne connaîtrons sans doute jamais l’ampleur réelle des effets sur la santé de la catastrophe de Fukushima et nous devons nous limiter à faire des estimations fondées sur les émissions radioactives connues ou présumées et sur les voies d’exposition.

Si l’on se base sur les chiffres du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), qui est un organisme pro-nucléaire, qui estimait la dose collective à vie à environ 48 000 personne-Sieverts et si l’on utilise les facteurs de risque reconnus au niveau international dans le rapport BEIR-VII, on peut attendre un excès d’incidence de cancers d’un peu moins de 10 000 au Japon dans les décennies à venir (intervalle de confiance allant de 4 300 à 16 800 cas). Si l’on prend en compte des données et des facteurs de risque plus modernes, les estimations de l’augmentation des taux de cancer sont nettement plus élevées, à savoir quelque 66 000 cas de cancer supplémentaires, dont environ la moitié seraient mortels.

Est-ce beaucoup ?
Certainement pas en regard d’une population de presque 127 millions de personnes et un risque “normal” de cancer de 50 % au cours de la vie. Mais est-ce négligeable ? Vu que dix mille personnes vont développer un cancer uniquement suite à une « catastrophe causée par l’homme » à Fukushima (c’est ainsi que l‘a qualifiée la Commission d’enquête indépendante de la Diète nationale), certes non. Le destin de ces personnes et de leur famille n’est ni « négligeable » ni « non significatif », comme voudraient nous le faire croire le lobby de l’industrie nucléaire, l’AIEA et l’UNSCEAR.

Le discours public sur la catastrophe de Fukushima ne doit pas se laisser guider par le profit économique et l’influence politique, mais doit se concentrer sur la santé et destin des populations affectées, ceux qui ont tout perdu, qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, et qui ne demandent rien de plus que de pouvoir vivre sans la peur incessante des radiations.

Les risques sanitaires pour la population japonaise doivent être étudiés par des scientifiques indépendants et de manière à exclure toute influence indue de la part de l’industrie nucléaire et de ses soutiens politiques. Des études extensives sont nécessaires pour comprendre les conséquences sanitaires sur la population affectée, pour identifier les maladies à un stade précoce et améliorer la protection des générations futures en approfondissant nos connaissances sur les effets des rayonnements ionisants. Le débat sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima va bien au-delà du principe de l’indépendance de la recherche et de la résistance à l’influence des tout-puissants groupes de pression. Il s’agit ici du droit universel de chaque être humain à la santé et à vivre dans un environnement sain.

Dr. Alex Rosen, médecin, vice-président, IPPNW Allemagne
Catherine Thomasson, médecin, directrice exécutive, PSR (États-Unis)


Extraits de quelques chapitres du rapport

Perspectives

Les résultats ci-dessus montrent clairement que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’est toujours pas sous contrôle et que le processus enclenché pour faire face aux conséquences sur les humains et l’environnement ne fait que débuter.
Dans le même temps, les informations élémentaires concernant le terme source [expression technique utilisée pour décrire le rejet accidentel de matières radioactives à partie d’une installation nucléaire dans l’environnement] et la contamination du sol, de l’océan et de
l’alimentation est encore sujette à des controverses entre d’une part, le lobby nucléaire et ses institutions, et d’autre part, les chercheurs et physiciens indépendants, même cinq ans après le début de la catastrophe.
Les effets sanitaires sur les ouvriers exposés de par leur travail et le public en général sont systématiquement minimisés par l’industrie nucléaire et leurs groupes de pression comme l’AIEA ou l’UNSCEAR.
À coup de
déclarations éloquentes et de rapports palliatifs, particulièrement de la part des autorités japonaises, des efforts persistants sont faits pour mettre fin à toute discussion sur la catastrophe de Fukushima.

Il faut le clamer avec insistance : le débat est loin d’être terminé.
Selon TEPCO, chaque jour quelque 300 tonnes d’eau radioactive se déversent dans la mer.1 Les travaux de décontamination sont en panne et sont sans cesse contrariés par la recontamination. La décontamination des montagnes, des forêts et des champs s’est avérée impossible, même pour un pays comme le Japon. Les autorités comptent avec optimiste sur “l’effet protecteur” du lavage des radionucléides dans le sol et l’infiltration des particules radioactives dans les couches plus profondes du sol, mais oublient de tenir compte de l’augmentation de l’exposition du public au césium-137 radioactif présent dans les nappes phréatiques et la chaîne alimentaire. 2 Il faudra des dizaines d’années et des milliards de dollars des contribuables pour retirer les matériaux radioactifs restant dans les réacteurs dévastés.3 La demi-vie du césium-137 est d’environ 30 ans. Cela signifie que des quantités non négligeables de radiation resteront présentes dans les champs, les pâturages et les forêts pendant les 300 prochaines années et plus. Le fait que les forêts du sud de l’Allemagne soient encore activement contaminées 30 ans après Tchernobyl en est un parfait exemple.

Il ne serait pas très scientifique de formuler des conclusions définitives sur les effets à long terme d’une catastrophe nucléaire cinq ans seulement après l’accident, surtout que les problèmes principaux sont les cancers et les maladies cardiovasculaires qui prennent des années, voire des décennies à se manifester. C’est précisément pourtant ce que les autorités japonaises, l’AIEA et l’UNSCEAR essaient de faire quand elles déclarent qu’il n’y aura pas dans la population affectée d’effets « pertinents » ou « discernables » dus aux radiations.
Ce dont ont besoin les gens qui vivent dans les régions concernées, c’est d’une information crédible, de conseils et de soutien, et non pas de mensonges, d’études manipulées ou de faux espoirs.
La motivation d’organismes comme l’AIEA n’est pas de protéger la santé des populations : leur intérêt consiste en grande partie à protéger les profits et l’influence politique de l’industrie nucléaire au Japon et dans le reste du monde.
Alors que le secteur de l’énergie nucléaire japonais a généré depuis des dizaines d’années d’immenses profits avec ses réacteurs vieillissants, le coût de la contamination extensive et des efforts de nettoyage à Fukushima sera du ressort de plusieurs générations de contribuables japonais, dont la majorité doute aujourd’hui sérieusement du bien-fondé du nucléaire. Au Japon, un gigantesque système de mensonge organisé a été installé pour protéger l’industrie nucléaire. Les rapports indésirables peuvent être accusés de “trahison de secrets d’État” et sont punis par la loi. 4

Le débat public sur Fukushima ne doit pas concerner les profits, le pouvoir et l’influence politique de l’industrie nucléaire, mais la situation et la santé des populations affectées, ceux qui ont tout perdu, qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, qui ne demandent rien de plus que de pouvoir vivre sans la peur incessante des radiations.
Les risques sanitaires pour la population japonaise doivent être étudiés par des scientifiques indépendants pour exclure tout soupçon d’influence indue de la part de l’industrie nucléaire et de ses soutiens politiques. Des études extensives sont nécessaires pour comprendre les conséquences sanitaires sur la population affectée, pour identifier les maladies à un stade précoce et améliorer la protection des générations futures en approfondissant nos connaissances sur les effets des rayonnements ionisants. Le débat sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima va bien au-delà du principe de l’indépendance de la recherche et de la résistance à l’influence des tout-puissants groupes de pression. Il s’agit ici du droit universel de chaque être humain à la santé et à vivre dans un environnement sain.

3.Conséquences de la catastrophe nucléaire sur la santé humaine

pp.22-25

La nature cancérigène des radiations ionisantes est connue depuis longtemps. class= »fvert »>1 Les personnes qui sont soumises aux radiations sur leur lieu de travail sont plus souvent malades que les personnes non exposées.
Une méta-analyse de 2007 des données émanant de 15 pays a montré une corrélation significative entre la dose de radiation et l’incidence de cancer sans dose seuil chez les personnes exposées.2
Le Comité consultatif de l’Académie des Sciences américaine sur les effets biologiques des radiations ionisantes déclare dans son rapport BEIR VII qu’il n’existe pas de dose seuil minimale et que même de faibles doses de radiation sont capables de provoquer des dégâts dans les tissus et des mutations génétiques. L’exposition d’une population importante à de faibles doses de radiation peut donc avoir un effet similaire à celle qu’aurait une forte dose de radiation sur une population réduite. Le modèle dose-risque du rapport BEIR VII montre que l’exposition d’une population de 100 000 personnes à une moyenne de 1 mSv aurait pour résultat une moyenne de 20 cas de cancers (avec un intervalle de confiance ou IC de 9 à 35). On pourrait attendre le même nombre de cancers si 1 000 personnes étaient exposées à 100 mSv de radiation.
Dans les deux cas, on part du principe que le facteur de risque relatif à l’incidence de cancer (intervalle de confiance 0,09-0,35) est de 0,2 par personne-sievert. L’OMS utilise aussi un facteur de risque de cancer de 0,2/PSv dans son rapport de 2013 sur Fukushima.4 Le facteur de risque pour la mortalité due au cancer est à peu près deux fois moins élevé (0,1/PSv, IC 0,05-0,19).

Si on applique ce modèle à la situation du Japon après la catastrophe nucléaire de Fukushima, voici l’image qui en résulte :
Les ouvriers responsables du nettoyage de la centrale ont probablement été les plus exposés. Ils constituent cependant un groupe
relativement réduit.
Les retombées radioactives et la contamination incessante de l’océan, de l’eau de boisson et des aliments font qu’une bien plus grande proportion de la population japonaise est actuellement exposée à de faibles doses de radiations, en particulier dans les zones les plus contaminées. Mais les gens vivant dans le Grand Tokyo sont eux aussi affectés, ainsi que les consommateurs de produits irradiés dans tout le pays. La contamination radioactive continuera à avoir des conséquences pour la population pendant longtemps. Le strontium-90 ayant une demi-vie de 28 ans et le césium-137 une demi-vie de 30 ans, il faudra 300 ans avant que le processus de désintégration ne rende les niveaux d’irradiation acceptables.

Dans les décennies à venir, l’exposition chronique d’importantes parties de la population à de faibles doses de radiations va représenter le défi le plus sévère pour la politique de santé publique. L’origine des cancers étant difficile à identifier, le lien de causalité entre les cas de cancers spécifiques et tel ou tel évènement ne peut jamais être établi. En outre, le Japon a déjà une incidence “naturelle” de cancer relativement élevée : environ la moitié des Japonais développeront un cancer au cours de leur vie. Néanmoins, des études épidémiologiques appropriées pourraient différencier les cas de cancers radio-induits du “bruit de fond” de l’incidence naturelle de cancer. On l’a vu très clairement dans l’étude des leucémies et des cancers chez les enfants vivant près de réacteurs nucléaires en Allemagne, qui a révélé une augmentation significative du nombre de cancers
infantiles aux alentours des centrales nucléaires. 5
Mais ce genre d’études ne sert évidemment pas les intérêts des autorités et du puissant lobby nucléaire japonais. Leurs organismes soutiennent par conséquent qu’ « on n’attend pas
d’augmentation perceptible du taux d’incidence des cancers dans cette population qui pourrait être attribuée à une exposition aux radiations liée à l’accident. »6
Dans les deux chapitres qui suivent, nous examinerons cette affirmation [de manière critique] sur la base des deux populations les plus affectées, à savoir les travailleurs affectés au nettoyage et l’ensemble de la population. Pour finir nous reprendrons [encore une fois séparément] les résultats de l’étude en cours sur les cancers de la thyroïde menée par l’Université de Médecine de Fukushima, car elle est jusqu’à présent la seule
étude à présenter la possibilité d’un lien entre l’augmentation de l’incidence des cancers et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

3.1 Effets sur la santé des personnes exposées professionnellement

3.2 Effets sur la santé du public en général

Contrairement aux ouvriers qui ont été et continuent à être exposés à des taux de radiation élevés, la plus grande partie de la population japonaise a été exposée à des doses relativement faibles, à travers les aliments, l’eau et l’air contaminés. Cependant, de par sa taille, c’est dans ce groupe qu’on peut attendre de loin le plus grand nombre d’effets concrets sur la santé. L’exemple suivant peut servir d’illustration : si on prend les chiffres de l’UNSCEAR, les 127 millions de Japonais seront exposés à une dose vie d’environ 48 000 personne-sieverts (PSv), dont la majorité affectera la population des préfectures les plus contaminées. En appliquant le facteur de risque de 0,2/PSv (IC : 0,09-0,35) proposé dans le rapport BEIR VII, que même l’OMS utilise à présent, on estime le total des cas de cancers radio-induits au Japon à 9 600 (IC : 4 300 – 16 800), dont environ la moitié seront mortels.

Ce chiffre est encore plus élevé si l’on utilise les calculs de doses du rapport de l’OMS sur Fukushima. L’OMS part du principe que la dose individuelle durant la première année était entre 3 et 25 mSv pour la population des zones les plus contaminées (un peu
moins d’un million de personnes) et de 0,316 mSv (IC : 0,1-1 mSv) pour le reste de la population (soit quelque 126 millions).17

Selon le facteur utilisé pour calculer la dose vie (le double ou le triple de la dose de la première année), on arrive à une dose vie collective de 110 000 à 165 000 PSv. Si on prend le facteur de risque d’incidence de cancer de 0,2/ PSv (IC : 0,09 – 0,35), on peut s’attendre à un chiffre de cancers supplémentaires de 9 900 à 57 000 pour l’ensemble du Japon.
D’autres modèles de calcul qui appliquent le facteur de risque plus élevé de 0,4/PSv pour le taux d’incidence des cancers arrivent à un chiffre situé entre 22 000 et 66 000 cas de cancers.18
Des études épidémiologiques récentes suggèrent que ce facteur de risque reflète le risque réel de cancer de manière plus fiable que le facteur moins élevé appliqué dans le rapport BEIR VII.19

Quelles que soient les estimations de doses, les calculs de dose à vie ou les facteurs de risque qu’on ait tendance à préférer, il ne fait aucun doute que les rejets radioactifs de Fukushima provoqueront au Japon un nombre significatif de cancers – leucémies, lymphomes et tumeurs solides – même si individuellement le lien avec la catastrophe nucléaire de Fukushima n’est pas démontrable. Il n’est envisagé aucun programme de dépistage de masse ou de prévention spécifique pour l’ensemble de la population, à la seule exception des tests thyroïdiens prévus pour les enfants de la préfecture de Fukushima.

On sait en outre que les radiations ionisantes causent non seulement des cancers, mais aussi des maladies cardiovasculaires, ainsi qu’un certain nombre d’autres maladies, et qu’une partie de celles-ci présentent les mêmes facteurs de risque que le cancer.20-21
De plus, les dommages génétiques et les effets ransgénérationnels des radiations ionisantes sont aujourd’hui bien connus. On peut en trouver de nombreux exemples dans la récente étude de synthèse de Scherb et al.22
Tout particulièrement, une évolution du rapport des sexes (sex-ratio) chez les nouveau-nés a été observée chez les populations ayant été exposées aux radiations. Avec moins de filles à la naissance, le rapport des sexes évolue en faveur des mâles. Il reste à voir si cet effet se fera également sentir à Fukushima au cours des prochaines années, mais la question vaut certainement la peine d’être examinée. Dans une analyse statistique des registres des naissances au Japon, Körblein a trouvé une augmentation significative de 20 % de mortalité périnatale dans les régions contaminées en 2012 et 2013, ce qui correspond à quelque 140 cas de cas excédentaires de mort périnatale. 23

Il faut noter que les calculs des taux de maladies et d’effets sanitaires sont fondés sur un grand nombre d’hypothèses, telles que le terme source, l’ingestion de particules radioactives dans l’alimentation et certains comportements ayant un impact sur le risque.24
Dans ce chapitre, les calculs sont basés sur les évaluations de doses faites par l’OMS et les estimations de doses vie collectives de l’UNSCEAR. On a déjà montré que cette information est tellement empreinte d’incertitudes et systématiquement sujette à une telle sous-estimation que les doses collectives, et par conséquent le nombre de cas de cancers et de morts, est en toute probabilité plusieurs fois supérieur. En voici quelques raisons :

  • Le montant total de particules radioactives rejetées est probablement
    beaucoup plus élevé que les chiffres utilisés pour les rapports
    de l’OMS et de l’UNSCEAR (voir chapitre sur les rejets
    atmosphériques).
  • L’exposition de la population dans la zone des 20 km avant et durant
    l’évacuation n’a pas été incluse dans ces estimations. 25
  • La quantité et la sélection des échantillons alimentaires pour
    calculer les doses d’irradiation interne étaient inadéquates ou
    biaisées (voir chapitre sur la contamination radioactive des
    aliments).
  • L’indépendance des auteurs des deux rapports doit être mise en question. Des
    représentants de l’AIEA ont écrit des passages essentiels du
    rapport de l’OMS, alors que le principal objectif de l’agence
    est de promouvoir l’énergie nucléaire dans le monde entier. 26

L’exactitude des calculs des risques sanitaires ne vaut que les hypothèses sur lesquelles sont fondés ces calculs. Une évaluation basée sur des données d’une objectivité discutable, un échantillonnage sélectif, la distorsion des données et la soustraction de faits pertinents ne saurait servir de fondement à une politique de santé
publique.

4.3 Les dépistages concernant la thyroïde(résumé)

p.28

Le nombre d’enfants qui n’ont pas été examinés suggère que l’augmentation de l’incidence des cancers thyroïdiens pourrait être encore plus forte. Plus de 67 000 enfants de la
préfecture de Fukushima ayant été exposés aux radiations n’ont pas été inclus dans l’étude et plus de 160 000 sont encore sur la liste d’attente pour un dépistage complet [attendent leur second dépistage]. Un autre motif d’inquiétude est que les enfants qui vivent hors de la préfecture de Fukushima ne sont pas systématiquement examinés ou soumis à un dépistage, alors qu’on sait que les retombées radioactives contenant du césium-131 ont atteint la banlieue nord de Tokyo et que des centaines de milliers d’enfants supplémentaires ont été exposés à une élévation de la radioactivité dans les premiers jours et les premières semaines de la catastrophe nucléaire mais n’ont pas fait l’objet d’un dépistage. Sans des dépistages de masse, il ne sera pas possible d’établir un lien de causalité entre l’excès
des cas de cancer et l’exposition aux radiations, et certains cas de cancer risquent d’être dépistés trop tard.

Dans ce contexte, il est important de rappeler que les autorités ont délibérément omis de distribuer des comprimés d’iode pour protéger la population contre les effets néfastes de l’iode-131. Le rapport du Comité d’enquête indépendant du parlement japonais indique que « quoique les effets positifs de l’administration d’iode stable et les délais appropriés aient été parfaitement connus, les autorités de réponse à l’urgence nucléaire du gouvernement et le gouvernement de la préfecture n’ont pas réussi à donner au public des instructions correctes.[check report]. »12
Il est difficile également de comprendre pourquoi, le 19 avril 2011, le gouvernement japonais a augmenté le niveau d’exposition permissible pour les enfants à 3,8 μSv/heure (l’équivalent de 20 mSv par an pour une exposition de 14 heures par jour).13
Suite aux protestations des organisations de parents, de scientifiques et de médecins, le gouvernement a annulé la nouvelle norme le 27 mai 2011 et repris l’ancienne qui était de 0,2 μSv par heure (soit 1 mSv par an).14 Durant les premières semaines et les premiers mois de la catastrophe, ce changement de norme aura certainement
contribué à exposer les enfants des zones affectées à de plus fortes doses de radiation.

En résumé, on peut dire que les dépistages de masse peuvent aider à étayer l’incidence des carcinomes thyroïdiens et à détecter et donc soigner plus tôt les évolutions angereuses.

Au vu de l’expérience de Tchernobyl, il est incompréhensible qu’à part les dépistages pour la thyroïde, il n’y ait eu aucune autre forme de dépistage de masse des enfants dans les préfectures contaminées.
Une évaluation et un dépistage pour rechercher d’autres formes de maladies radio-induites, telles les tumeurs solides, les leucémies, les lymphomes ainsi que des effets sanitaires non cancéreux comme les cataractes, les maladies endocriniennes et cardiovasculaires, et les conséquences génétiques de l’exposition aux radiations, auraient dû être effectués. Il est encore possible de le faire. Une recherche extensive doit absolument être menée par des scientifiques indépendants pour quantifier l’ampleur réelle de la charge de morbidité au sein de la population affectée.

Recommandations

pp.33-34

Pour le Japon :

  • Les populations affectées par la catastrophe nucléaire et leur droit
    à vivre dans un environnement sain doivent être au centre de
    toutes les discussions et des décisions sur les mesures à prendre.
    Dans ce but, il convient de garantir que les groupes affectés
    soient impliqués comme il se doit dans les processus décisionnels.
  • Tous ceux qui ont été impliqués dans le nettoyage de la catastrophe
    nucléaire, qu’ils aient été ou qu’ils doivent à l’avenir
    être exposés à la radioactivité, doivent être équipés de
    dosimètres fiables et être régulièrement examinés par des
    médecins indépendants. Ceci s’applique également aux employés
    des sous-traitants, aux travailleurs temporaires et aux volontaires.
    Les opérateurs nucléaires comme TEPCO ne doivent plus influencer
    les études et les données.
  • Le gouvernement japonais doit établir et tenir des registres
    semblables à ceux qui ont été mis en place par l’Union
    soviétique après Tchernobyl, pour couvrir tous les groupes ayant
    été exposés aux radiations suite à la catastrophe nucléaire de
    Fukushima. Ceci concerne :
    • Tous les évacués des zones contaminées et ceux qui vivent encore en zone
      contaminée ;
    • Les travailleurs de la centrale et ceux qui s’occupent du nettoyage et
      de la décontamination.
  • Les résidents des zones contaminées doivent être autorisés à
    décider s’ils veulent continuer à y vivre ou s’ils préfèrent
    déménager dans une région non contaminée. Un soutien financier
    et logistique doit leur être fourni.
  • Il faut mettre fin à la réinstallation forcée des évacués dans les
    zones contaminées. En particulier ils ne doivent pas être menacés
    de se voir retirer l’assistance financière s’ils ne veulent pas
    retourner [avec leur famille] dans les zones contaminées.
  • Des recherches épidémiologiques doivent être menées sur les effets
    de la catastrophe nucléaire et les populations affectées doivent
    avoir droit, régulièrement et gratuitement, à des bilans de santé
    et aux traitements. Les risques sanitaires pour la population
    japonaise doivent être évalués par des scientifiques indépendants
    qui n’ont pas de conflit d’intérêt avec l’industrie
    nucléaire ou ses soutiens politiques.
  • Étant donné qu’une grande partie des retombées a touché l’Océan
    Pacifique, une recherche systématique doit être effectuée sur la
    vie marine ; le Japon et des instituts de recherche
    océanographique internationaux doivent travailler en coopération.
  • Les reportages et recherches sur les conséquences de la catastrophe nucléaire ne
    doivent pas se heurter à la répression de l’État, comme la loi
    controversée sur la “trahison des secrets d’État”.
  • Après la fusion des cœurs à Fukushima, le Japon a arrêté toutes ses
    centrales nucléaires et durant plusieurs années, le pays s’est
    débrouillé sans énergie nucléaire. Le lobby nucléaire essaie
    actuellement de redémarrer les réacteurs, contre la volonté de la
    majorité de la population japonaise. Le Japon doit arrêter
    définitivement ses quelque 50 réacteurs et investir à la
    place dans la production d’énergie renouvelable et durable. Le
    pays a un potentiel énorme en termes d’énergie solaire,
    éolienne, hydraulique et géothermique et particulièrement dans le
    domaine de l’efficacité et des économies énergétiques.
  • En attendant, une enquête [par des instances parlementaires
    indépendantes] s’impose sur l’énorme influence exercée par le
    lobby nucléaire sur la politique japonaise et la corruption et la
    collusion endémiques entre hommes politiques, opérateurs de
    centrales et régulateurs, afin d’y mettre un terme et de prévenir
    l’occurrence de nouveaux désastres comme Fukushima.

Pour l’Europe et le reste du monde :

  • En Europe et aux États-Unis un peu moins de 300 réacteurs sont toujours en
    fonctionnement ; la moyenne d’âge est entre 30 et 40 ans.
  • L’IPPNW et PSR exhortent tous les États possédant des centrales nucléaires à
    commencer à fermer et à démanteler leurs réacteurs et à
    s’engager dans la production d’énergie renouvelable durable et
    dans l’efficacité énergétique. Il existe au niveau
    international un large consensus sur le fait que les combustibles
    fossiles ne peuvent ni ne doivent jouer le moindre rôle dans la
    production énergétique future. Mais le nucléaire ne représente
    pas non plus une alternative acceptable.
  • Pour l’IPPNW et PSR, la transition énergétique mondiale tendant vers 100 %
    d’énergie renouvelable associée à l’efficacité et aux
    économies énergétiques, ainsi qu’à la décentralisation de la
    production de l’énergie, est la seule conséquence politique
    raisonnable à tirer des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et
    de Fukushima.

Mars 2016

Télécharger le rapport: http://www.psr.org/FukushimaReport2016

Les références surlignées en vert se rapportent au texte anglais

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