Radioactivité des aliments

Véritable surveillance ou permis de polluer ?
La CRIIRAD met en cause les choix de la DGAL

La CRIIRAD a détecté des anomalies préoccupantes dans le plan de surveillance des aliments établi par la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

  • 1/ l’alerte pour enquête est déclenchée à partir de niveaux de contamination beaucoup trop élevés et dépourvus de toute justification juridique ;
  • 2/ pour le césium 137 imputable à Tchernobyl, la DGAL applique, en toute illégalité, une tolérance nettement supérieure à celles en vigueur en Europe (et 10 à 20 fois plus élevée que les maxima autorisés au Japon !)

Une demande de régularisation vient d’être adressée au directeur général de l’alimentation.

Plus d’information :
Lire le communiqué du 7/02/2018
Lire le recours gracieux adressé par la CRIIRAD au directeur général de l’alimentation

CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla
26000 VALENCE
04 75 41 82 50
www.criirad.org

logo de la CRIIRAD


Note

Ces limites concernent les conditions normales de fonctionnement des installations nucléaires, hors accident local ou à distance.
Il est incroyable de constater que la découverte de Plutonium dans nos aliments ne déclenche l’alerte que s’il y en a plus de 10 Bq/kg.(voir le tableau du communiqué de la CRIIRAD). Le plutonium n’a rien à faire dans nos aliments; la découverte d’un seul Becquerel est franchement anormale et elle signale une fuite quelque part. Même chose pour les autres éléments radioactifs polluant nos aliments.
Il semble qu’en haut lieu on considère comme normal que nous consommions « un peu » de radioactivité et qu’on ne soit pas très curieux sur la cause d’une éventuelle contamination.

Extraits du communiqué de la CRIIRAD:
Ces seuils sont bien trop élevés: mesurer 1 seul becquerel de plutonium 239 ou d’uranium 235 dans un litre de lait devrait suffire à lancer l’alerte. Il est irresponsable d’attendre que l’activité de l’iode 131 ou du ruthénium 106 dépasse 100 Bq/kg pour diligenter une enquête! Et le seuil est à 1000 Bq/kg pour le cobalt 60, à 10.000 Bq/kg pour le technétium 99!
Selon les cas, des taux de contaminations 10 fois, 100 fois, voire 1000 fois inférieurs à ces limites justifient une intervention. Et il est d’autant plus urgent de déterminer la source de la pollution qu’il est improbable, vu le faible nombre de contrôles, que l’analyse ait porté sur l’échantillon le plus contaminé.

En dehors des contaminations résiduelles attendues (Tchernobyl, essais nucléaires…), toute activité mesurable de radionucléides artificiels dans les aliments doit conduire à s’interroger sur son origine. Les enjeux sont évidemment sanitaires mais la sûreté et la sécurité nucléaires sont également concernées (La présence de plutonium ou d’uranium 235 peut traduire un trafic de matières nucléaires mais n’importe quels produits radioactifs peuvent être associés à des explosifs classiques pour la préparation de bombes sales)…

le 8 février 2018


Les commentaires sont fermés.