Nov 04

Marins américains contaminés-lettre au premier ministre japonais

Le gouvernement japonais tente d’influencer les tribunaux américains

Voici la traduction d’une lettre adressée au premier ministre japonais par Brian Victoria et publiée par le Japan Times.
La version anglaise du Japan Times




Le 2 novembre 2016

Le gouvernement japonais ne doit pas se mêler du procès des marins américains contre Tepco

[Lettre adressée au Premier Ministre japonais Shinzo Abe]

Monsieur le Premier Ministre,

Tout d’abord, je voudrais remercier le gouvernement japonais d’avoir finalement, après quatre longues années de silence, pris position concernant le procès mené aux États-Unis contre Tokyo Electric Power Company par plus de 450 marins, militaires et civils, qui se trouvaient à bord de l’USS Reagan et des vaisseaux militaires l’accompagnant au large du Tohoku après le 11 mars 2011.
Ces jeunes souffrent de sévères problèmes de santé résultant, selon eux, de l’exposition aux radiations subie pendant leur participation à l’Opération Tomodachi, la mission de secours humanitaire de l’armée américaine, lancée pour répondre au grand séisme et au tsunami qui avaient frappé le Japon de l’Est et les multiples fusions des réacteurs qui en ont résulté à la centrale nucléaire de Fukushima No.1 en mars 2011.

Si nous apprécions le fait que le gouvernement japonais ait reconnu officiellement l’existence du procès, le soutien inconditionnel que le gouvernement a apporté à Tepco est profondément inquiétant. Aujourd’hui encore, les personnels militaires américains se trouvent dans l’impossibilité de demander justice, parce que Tepco, avec l’appui du gouvernement japonais, se démène pour s’assurer que l’affaire ne soit jamais instruite dans un tribunal américain.

Le gouvernement a soumis un mémoire d’amicus curiae le 3 février à la Cour d ‘appel du neuvième circuit [cour d’appel fédérale des États-Unis, sise à San Francisco]. Un mémoire d’amicus curiae (littéralement « ami de la cour ») est un mémoire présenté par une partie qui n’est pas directement impliquée dans l’affaire, dans l’espoir d’influencer le résultat.
Ce mémoire contient deux points :

  • 1. «  le gouvernement du Japon a mis en place un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes de l’accident nucléaire de Fukushima. »
  • 2. « Les demandes de dommages et intérêts présentées dans des tribunaux hors Japon menacent la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement japonais. »

Prenons le premier point : Si le gouvernement japonais avait véritablement « un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes, » les soldats américains n’auraient pas besoin d’aller en justice. Toutefois, comme vous le savez, le gouvernement japonais et les services gouvernementaux n’ont pas, à ce jour, versé un seul yen à une victime de l’exposition aux radiations de Fukushima No.1 qui ne soit pas liée à Tepco. C’est notamment le cas des 173 enfants de la préfecture qui ont été opérés après un diagnostic de suspicion de cancer, et dont le cancer a été confirmé chez 131 d’entre eux.

Si le gouvernement japonais ne veut pas admettre que les souffrances de ses propres enfants ont été causées par l’exposition aux radiations, quelle chance peuvent avoir de jeunes Américains de voir reconnaître comme telles les maladies apparemment radio-induites dont ils souffrent, sans parler de se voir indemniser, au Japon ?

En outre, au moins sept de ces jeunes Américains auparavant en parfaite santé sont déjà morts et beaucoup d’autres sont trop malades pour se rendre au Japon même s’ils pouvaient se le permettre ; ils seraient encore moins en mesure de rester dans le pays durant les longues procédures juridiques qui, dans ce genre de cas, peuvent prendre des années à résoudre. Sans parler bien sûr du poids des coûts juridiques, les frais de tribunaux, d’avocats japonais, de traduction des documents pertinents, etc. Et n’oublions jamais, Monsieur le Premier Ministre, que c’est le gouvernement japonais qui a appelé ces militaires américains à la rescousse.

Quant au second point mentionné plus haut, j’admets que le procès des soldats américains menace « la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement du Japon. » Si par exemple un tribunal américain décidait d’attribuer les maladies des plaignants à l’exposition aux radiations, comment le gouvernement japonais pourrait-il continuer à proclamer qu’aucune des nombreuses maladies dont souffrent actuellement les enfants et les adultes de Fukushima n’a rien à voir avec les radiations ? Les soldats américains sont véritablement « le canari dans la mine de charbon » dans cette démonstration des effets dangereux de l’exposition aux radiations. Et ce canari, le gouvernement japonais n’a pas moyen de le contrôler.

Imaginons maintenant qu’un tribunal américain accorde une indemnisation de 3 millions de dollars par personne, pour les décès, actuellement au nombre de sept, des soldats américains irradiés ; et que le gouvernement japonais, quant à lui, continue de refuser d’indemniser les maladies radio-induites, ne parlons pas de morts, de ses propres citoyens. Il est certain que la « viabilité » (et la réputation !) du gouvernement japonais dans son refus obstiné d’admettre les problèmes radio-induits de ceux qui ne sont pas des employés de Tepco en prendrait un coup.

Permettez-moi pour terminer de rappeler qu’il y a un leader politique japonais qui a accepté d’engager sa responsabilité personnelle dans cette affaire de blessures infligées à des soldats américains. Je veux parler ici de l’ancien Premier Ministre Junichiro Koizumi qui, après avoir rencontré des soldats malades à San Diego en mai, a lancé un fonds destiné à couvrir un maximum des besoins médicaux de ces marins.

Heureusement, grâce au soutien de milliers de Japonais ordinaires, il a déjà réussi à lever 700 000 dollars, sur un objectif d’un million de dollars. Les larmes aux yeux, Koizumi a expliqué qu’il ne pouvait pas ignorer la souffrance de centaines de jeunes Américains en parfaite santé avant l’accident et qui ont de leur plein gré accepté de risquer leur vie pour venir en aide à la population japonaise.

Monsieur le Premier Ministre, je vous conjure de mettre fin au soutien juridique inconditionnel fourni par le gouvernement à Tepco. Et si le gouvernement japonais a une conscience, accordez immédiatement assistance médicale et indemnisation aux centaines de victimes américaines de l’Opération Tomodachi.

BRIAN VICTORIA
Kyoto


Traduction: «Fukushima is still news» – mise en page: «vivre après fukushima»
L’article original en anglais


Brian Daizen Victoria (Né en 1939 à Omaha, Nebraska) est professeur d’études japonaises à Yellow Springs, Ohio.
Il a étudié le Zen au monastère de Zen d’Eihei-ji. Il a été ordonné prêtre ZEN. Il tient un M.A. d’Études Bouddhiste du Sōt ō à l’Université de Komazawa de Tokyo.

Brian Victoria a manifesté contre la guerre du Viêt Nam.
Il a publié abondamment sur le rapport à la violence du Bouddhisme et de la religion en général; spécialement sur le rapport entre le Bouddhisme et le militarisme japonais pendant et après la Deuxième guerre Mondiale.

Le 04 Novembre 2016


Oct 31

Fukushima 5 ans après– Nouveaux résultats concernant les cancers de la thyroïde

Une synthèse de la situation par le Dr Rosen de la section allemande de l’ IPPNW.

https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/fukushima-nach-5-jahren-neue-erk.html

12.10.2016
Depuis 2011, tous les habitants de la préfecture de Fukushima qui avaient moins de 18 ans lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011, sont soumis tous les deux ans à des tests thyroïdiens.
La première série d’examens s’est déroulée entre octobre 2011 et mars 2014, la seconde d’avril 2014 à avril 2016 et la troisième a démarré en mai 2016. Les résultats de cette troisième série ne sont pas encore disponibles et nous devons donc nous limiter à ceux des deux premières séries de tests.
Parmi les 381 281 enfants ciblés, un total de 300 476 a été examiné au cours de la première série de tests, et seulement 270 378 (70,9 %) pendant la seconde série.
Le sort des quelque 110 000 enfants restants, ce qui représente tout de même près de 30 % de la population concernée, n’entre en compte dans aucune étude scientifique. Ces enfants peuvent par exemple avoir déménagé vers une destination inconnue, avoir été empêchés de prendre part au dépistage en raison des restrictions s’appliquant aux tests ou avoir refusé de participer. Cette dernière variante est même depuis peu soutenue activement par l’Université de Médecine de Fukushima (voir IPPNW ATOM-Energie-Newsletter August 2016).

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que le second dépistage a trouvé 59,8 % de nodules ou de kystes. Le premier dépistage en avait trouvé 48,5 %. Cela signifie que chez 42 422 enfants qui ne présentaient encore aucune anomalie thyroïdienne la première fois, on a découvert des kystes ou des nodules au second dépistage. Et chez 393 d’entre eux, ces nodules étaient déjà si gros qu’il a été nécessaire de faire des examens complémentaires.
En outre, chez 935 des enfants qui, au premier dépistage, présentaient des kystes ou des nodules de petite taille, on s’est rendu compte au second dépistage que ces anomalies s’étaient développé si vite que les enfants ont dû être soumis à des examens plus poussés. Ces chiffres sont tous perturbants, mais ils illustrent aussi une dynamique certaine de la morbidité entre les deux premières séries de dépistage.

En raison des changements importants visibles à l’examen échographique, 721 enfants ont dû jusqu’à présent subir une biopsie à l’aiguille fine (545 après le premier dépistage, 176 après le second). L’examen au microscope a décelé un total de 175 cas de suspicion de cancer (116 au premier dépistage, 59 au second).
Parmi ces enfants, 136 ont dû être opérés parce qu’ils présentaient des métastases dans les ganglions lymphatiques (22,4 %), des métastases distantes (2,4 %) ou une croissance dangereuse de leur tumeur (pourcentage inconnu) : 102 enfants (premier dépistage) et 34 enfants (second dépistage) ont ainsi été opérés.
Dans 91 % des cas, on a seulement enlevé un seul lobe thyroïdien, mais chez 9% des patients, toute la thyroïde a dû être enlevée.
Chez 135 de ces enfants (99,3 %) le diagnostic de cancer a été confirmé par un examen histologique. Dans 133 cas, on a trouvé en termes histologiques un « carcinome papillaire de la thyroïde » ; deux cas ont été jugés comme un carcinome de la thyroïde « autre » ou « peu/mal différencié ». Un des cas s’est avéré être une tumeur bénigne. Il reste encore 39 autres enfants chez qui on soupçonne fortement un carcinome de la thyroïde (14 issus du premier dépistage, 25 du second) mais ils attendent encore d’être opérés.

Pour ce qui est des 102 cas de cancer du premier dépistage, il est difficile de dire clairement dans quelle mesure ils sont attribuables à l’effet dépistage, c’est-à-dire qu’ils représenteraient des diagnostics qui en réalité n’auraient été décelés que plus tard, mais qui auraient été découverts de façon précoce grâce aux séries d’examens pratiqués sur des participants cliniquement sains. Toutefois, les 34 cas de cancer nouvellement diagnostiqués à partir de la seconde série de tests doivent s’être développés dans la période qui sépare le premier du second dépistage.
Si l’on part du principe qu’entre les deux séries de tests il s’est toujours écoulé deux ans comme prévu, on arrive à un taux annuel de nouveaux cas de maladie (incidence) de 6,3 cas par an pour 100 000 enfants (34 nouveaux cas pour une population de 270 327 enfants sur une période de 2 ans). Le taux d’incidence du cancer de la thyroïde chez les enfants au Japon était de 0,3 pour 100 000, avant la catastrophe nucléaire de Fukushima. La multiplication de l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants par plus de 20 ne peut plus s’expliquer par un soi-disant effet de dépistage.

Depuis, on a également appris que des cas de récidive ont déjà été constatés : il s’agit ici de patients qui avaient été opérés de leur cancer et qui, à l’occasion des tests suivants, présentent à nouveau, des tumeurs cancéreuses. Au cours du Symposium international qui s’est tenu dans la ville de Fukushima le 26 septembre 2016, le Professeur Shunichi Suzuki de l’Université de Médecine de Fukushima a parlé d’un taux de récidive de « quelques pour cents ». Ces informations prouvent encore une fois que si les carcinomes thyroïdiens se laissent en principe bien traiter chez les enfants, les complications ne sont jamais à exclure.
Outre la stigmatisation à vie qu’entraîne toujours le cancer, outre la nécessité d’une prise permanente de médicaments et d’examens médicaux réguliers, la peur d’une rechute et des complications fatales constituent pour les patients concernés et leur famille un fardeau non négligeable. Et ce fardeau est tout simplement ignoré dans les statistiques et les conférences de presse de l’Université de Médecine de Fukushima.

Résumé des données concernant le cancer de la thyroïde (mise à jour de septembre 2016) :

 

Première étude (octobre 2011 – mars 2014)
Nombre d’enfants testés 300 476 (81,7 %)
Nodules et kystes à l’échographie 145 869 (48,5 %)
Biopsie à l’aiguille fine suite à des résultats échographiques frappants 545
Suspicions de cancer après biopsie à l’aiguille fine 116
Opérations à cause de métastases ou de croissance rapide 102
Confirmation du diagnostic de cancer par l’examen histologique 101
Tumeur bénigne à l’examen histologique 1
Prévalence des cancers thyroïdiens dans la cohorte étudiée 33,6 pour 100 000

 


 

Deuxième étude (avril 2014 – mars 2016)
Nombre d’enfants testés 270 378 (70,9%)
Nodules et kystes à la radio  161 708 (59,8 %)
Dont nouveaux cas non décelés au 1er examen 42 422
Nodules > 5 mm, ou kystes < 20 mm 393
Biopsie à l’aiguille fine suite à des résultats échographiques frappants 176
Suspicions de cancer après biopsie à l’aiguille fine 59
Opérations à cause de métastases ou de croissance rapide 34
Confirmation du diagnostic de cancer par l’examen histologique 34
Tumeur bénigne à l’examen histologique 0
Prévalence des cancers thyroïdiens entre le 1er et le 2è dépistage 6,3 pour 100 000

 

Dr Alex Rosen
Section allemande de l’IPPNW – https://www.ippnw.de/

 

Sources: 

The 24th Prefectural Oversight Committee Meeting for Fukushima Health Managemant Survey“ 15.09.2016

Thyroid Cancer: A Few Percent Recurred After Surgeries. NHK News. http://archive.is/XSVmR#selection-2965.1-2983.13. (Englische Übersetzung)

 
 

Traduction: www.fukushima-is-still-news.com/
Mise en page Vivre-apres-fukushima.fr


Note:

Je vous rappelle l’article du Pr TSUDA paru dans «EPIDEMIOLOGY» en Mai 2016 qui affirmait déjà que contrairement à ce qu’affirme la Faculté de Fukushima l’excès de cancers de la Thyroïde ne peut ếtre causé par l’amélioration du dépistage.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26441345

Oui, la faculté elle même affirme auprès des jeunes que ces dépistages sont «déraisonnables», qu’on peut les «sécher» sans problème. !
voyez l’article: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-le-depistage-des-cancers-de-la-thyroide-serait-deraisonnable/

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 31 octobre 2016


Oct 25

Les cancers de la thyroïde en France après Tchernobyl

Communiqué commun du 24/10/2016
Se sont associés à la CRIIRAD, le Dr Denis FAUCONNIER,
Annie THÉBAUD-MONY (Association Henri PÉZERAT & GISCOP93)
et Chantal LHOIR (AFMT)

« Épidémie » de cancers de la thyroïde :
Faut-il poursuivre l’Institut de Veille Sanitaire (InVS)
pour délit de tromperie ?

L’InVS a célébré le 30ème anniversaire de la catastrophe de TCHERNOBYL avec un rapport qui constitue un véritable déni de droit pour les victimes, passées et à venir, des polluants cancérogènes.
L’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ne serait pas réelle mais proviendrait pour l’essentiel de l’amélioration du dépistage et de la découverte de micro-cancers qui n’auraient jamais atteint de stade clinique. Rien ne prouverait, en particulier, le rôle des pollutions radioactives.

Le 1er juin 2016, en réaction à cette publication, le Dr Fauconnier, l’Association Française des Malades de la Thyroïde, l’Association Henri Pézerat et la CRIIRAD ont adressé une demande au ministère de la Santé, ministère de tutelle de l’InVS.

Cinq mois plus tard, en dépit d’une relance, aucune réponse de fond n’est encore parvenue. Les signataires ont donc décidé de rendre publique leur critique des travaux de l’Institut de Veille sanitaire : méthodologie inadaptée, données non actualisées, erreurs de raisonnement.

Cet institut est désormais intégré dans Santé publique France qui a pour mission de «protéger efficacement la santé des populations», « d’anticiper et d’alerter par la veille et la surveillance épidémiologique ». Les associations demandent à Mme Touraine, ministre de la santé, des actes concrets prouvant la réalité de ces engagements : la publication de toutes les données d’incidence sur le cancer de la thyroïde et la correction des erreurs de raisonnement qui biaisent l’analyse des données et conduisent à masquer l’impact de Tchernobyl.

Cela fait 30 ans que les autorités françaises s’emploient à étouffer le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl. Par exemple, aucune enquête officielle n’a jamais été ouverte, en dépit de demandes répétées, sur le pic d’hypothyroïdies néonatales de 1986, alors qu’il constitue la preuve de l’importance de la contamination subie par la population et de la réalité des dommages. Pour que ceci ne se reproduise jamais, des garanties et des outils doivent impérativement être mis en place.

Face à l’explosion de l’incidence des cancers, il est impératif de mettre en œuvre des registres de cancer qualitatifs, documentant l’exposition personnelle et professionnelle des malades, et de réorienter d’urgence la recherche en santé publique, afin qu’elle soit effectivement au service de la connaissance, de la reconnaissance et de la prévention.

Lire la critique des travaux de l’InVS

CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


Je vous invite à lire les deux textes présentés ci dessus par la CRIIRAD: la critique des travaux de l’INVS et le pic d’hypothyroïdies néonatales de 19896.
En Californie une augmentation des cas d’hypothyroïdie chez les nouveaux-nés a été constatée après le passage du nuage radioactif de Fukushima; lire l’article du 08 Janvier 2014: Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima
Le 25 octobre 2016

Oct 24

L’OMS renouvelle son poste de Directeur Général

Le collectif « IndependentWHO – Santé et nucléaire » (IW) a écrit à chacun des six candidats pour le poste de Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en soulignant les lacunes de l’organisation concernant les effets des rayonnements ionisants sur la santé de millions de personnes.
La lettre (ci-jointe) attire l’attention sur six demandes formulées par IW, qui depuis près de dix ans a tenu une « Vigie d’Hippocrate » face au siège de l’OMS à Genève. Le collectif souligne que pendant le mandat du Dr Margaret Chan à la tête de l’OMS, ces demandes ont été ignorées.
La lettre exhorte l’OMS à «se libérer des chaines du lobby nucléaire.»

Les candidat-e-s (pour plus d’information voir leurs sites internet) :

  • – Tedros Adhanom (Éthiopie)
  • – Flavia Bustreo (Italie)
  • – Philippe Douste-Blazy (France)
  • – David Nabarro (Royaume-Uni)
  • – Sania Nishtar (Pakistan)
  • – Miklós Szócska (Hongrie)

Genève … octobre 2016
Chère candidate, cher candidat,

Depuis bientôt dix ans notre collectif « IndependentWHO – Santé et Nucléaire » interpelle
l’Organisation Mondiale de la Santé sur ses manquements dans le domaine des effets des
rayonnements ionisants sur la santé de millions d’êtres humains. Par notre « vigie
d’Hippocrate » chaque jour ouvrable devant le siège de l’OMS et par d’autres actions
d’information auprès d’un large public, nous demandons que l’OMS se libère de l’emprise du
lobby nucléaire. Nos revendications se résument à six demandes d’action formulées à l’OMS
que vous trouverez ci-dessous mais qui sont restées à ce jour sans réponse.
Nous avons appris que vous briguiez la succession de l’actuelle Directrice générale de
l’institution, la Dr Margaret Chan. Votre élection sera-t-elle l’occasion de donner un nouvel
espoir aux victimes des radiations atomiques ? Pour cela, nous vous proposons de vous
engager à :

1. Rétablir le Département Radiation et Santé au niveau de directeur et recruter des
experts indépendants et reconnus internationalement pour conduire et coordonner les
réponses à apporter en matière de santé publique lors de catastrophes telles que Fukushima et Tchernobyl et pour travailler également sur les conséquences sanitaires liées aux activités du nucléaire en général.

2. Prendre des mesures immédiates, en collaboration avec les partenaires compétents comprenant l’Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), pour s’assurer que les soins médicaux, les traitements et une radioprotection appropriés seront fournis aux populations vivant dans les régions contaminées.

3. Coordonner en priorité avec les partenaires compétents, l’importation de nourriture propre pour satisfaire tous les besoins nutritionnels des populations vivant dans les régions contaminées et l’exécution d’interventions (telles que l’administration quotidienne de pectine de pomme) connues pour faciliter l’élimination des radionucléides et qui réduisent de manière significative les doses radioactives délivrées aux cellules et aux organes sensibles.

4. Instaurer une Commission sur les rayonnements ionisants et la santé, composée d’experts indépendants pour examiner et étudier scientifiquement les conséquences sanitaires des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, en intégrant toutes les études réalisées par les chercheurs indépendants, qui n’ont aucune relation, financière ou autre, avec l’industrie nucléaire ni avec des associations de l’industrie nucléaire, et de rendre compte de leurs résultats à l’Assemblée Mondiale de la Santé.

5. Au sein de cette Commission, créer des groupes de travail pour examiner et faire des rapports sur les preuves disponibles, les lacunes dans la recherche sur différents aspects de la radioprotection, et comme priorité, un groupe de travail sur les conséquences sanitaires des doses faibles, internes, chroniques, et un groupe de travail sur les effets causés sur le génome humain par les sources externes et internes d’irradiations.

6. Publier et rendre disponibles dans leur intégralité, les actes des conférences de Genève en 1995 et de Kiev en 2001 sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.

Vous trouverez ces demandes ainsi que des informations sur toutes les actions entreprises par les membres de notre collectif sur notre site internet www.independentwho.org . Vous verrez les portraits de tous ceux et toutes celles qui année après année, quelles que soient la saison et les intempéries, ont maintenu leur vigie silencieuse en face du siège de l’OMS, dont vous souhaitez prendre en mains la direction.
Vous y trouverez également les Actes des deux Forums scientifiques et citoyens, sur la radioprotection et sur les effets génétiques des rayonnements ionisants, que nous avons organisés à Genève les 12 et 13 Mai 2012 et le 29 Novembre 2014 en l’absence de l’OMS qui y était invitée. Nous considérons qu’en organisant ces rencontres et en en publiant les exposés, débats et conclusions, nous avons fait le travail de l’institution que vous aspirez à diriger et dont nous déplorons le silence sur ces travaux malgré son engagement de prendre en compte les recherches de scientifiques indépendants.

Vous engagerez-vous à reprendre à votre compte notre combat en faveur des victimes des rayonnements ionisants disséminés à Tchernobyl plus de trente ans après l’accident, à Fukushima depuis plus de cinq ans, et ailleurs dans le monde du fait des retombées des essais nucléaires atmosphériques militaires, des rejets autorisés et accidentels des centrales nucléaires civiles, des zones de stockage des déchets nucléaires et des sites d’extraction d’uranium, et lors de l’emploi d’armes contenant de l’uranium appauvri ?
Nous comptons sur votre réponse.

INDEPENDENT WHO


IndependentWHO – Santé et Nucléaire est un mouvement citoyen créé en 2007 par un
collectif d’individus et d’associations
– Brut de Beton Production, Contratom Genève,
CRIIRAD, Enfants de Tchernobyl Belarus, IPPNW Suisse, People’s Health Movement,
Réseau SDN, SDN Loire&Vilaine – soutenu par une large coalition d’ONG.
Il s’adresse à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui, en matière de rayonnements ionisants, ne remplit pas sa mission constitutionnelle : « agir en tant qu’autorité directrice et coordinatrice dans le domaine de la santé » et « aider à former parmi les peuples une opinion éclairée en ce qui concerne la santé».

Pour plus d’informations: www.independentwho.org
ou appelez: George Gordon-Lennox +33 (0) 4 50 42 44 67
info@independentwho.org

Le Processus d’élection du Directeur général de l’OMS:
http://www.who.int/dg/election/fr/

Le 24 ocoobre 2016


Oct 16

NON au recyclage des déchets dits «très faiblement radioactifs» dans notre environnement quotidien!

Vous pouvez participer à la consultation publique sur le «plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR 2016-2018)»

Le 16 octobre 2016

La CRIIRAD nous alerte sur un aspect particulièrement inquiétant du projet du «Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs» : l’article 24 du projet d’arrêté demande à AREVA et EDF de présenter d’ici le 30 juin 2018 un avant-projet d’installation de traitement des déchets métalliques «Très Faible Activité» pour recyclage dans les biens de consommation ou les produits de construction.

Si ce projet est adopté, à plus ou moins long terme, les métaux issus du nucléaire (et leur contamination résiduelle) se retrouveront dans nos voitures, nos poussettes, nos casseroles…

Actuellement, le recyclage de produits même très faiblement radioactifs dans le domaine public est interdit par le code de la santé publique : seul le recyclage dans des filières nucléaires contrôlées est autorisé. Pour contourner cet obstacle, le projet d’arrêté demande aux exploitants de préparer les éléments nécessaires à l’obtention d’une dérogation.

Voir les détails dans le dossier de la CRIIRAD:

http://www.criirad.org/mobilisation/metaux-radioactifs.html

Comment agir ?

Il vous suffit de vous rendre sur le site des consultations publiques du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et d’y déposer votre commentaire.

p>Cliquer ici pour accéder aux documents et participer à la consultation.
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/plan-national-de-gestion-des-matieres-et-des-a1539.html

Vous trouverez une lettre type sur le site de la CRIIRAD. Vous pouvez la résumer, la modifier à votre guise:
http://www.criirad.org/mobilisation/metaux-radioactifs.html

J’ai pour ma part déposé le texte suivant:

Pas de recyclage de matériaux radioactifs dans le domaine public.
Les matériaux même faiblement radioactifs issus du démantèlement des installations nucléaires doivent rester dans des filières contrôlées. Elles ne doivent pas être dispersées dans le domaine public où elles seront vite perdues de vue. Il est prouvé que l’exposition à la radioactivité est nocive pour les populations et leurs descendants, sans seuil.
Aucune dérogation n’est tolérable en la matière.
Je demande le report à fin décembre 2016 de la date de clôture de la consultation publique afin de pouvoir analyser plus avant ce volumineux dossier de plus de 500 pages de documents et formuler un avis.

Note:

Il n’y a toujours pas de solution pour gérer les déchets des installations radioactives; ici, les ferrailles issues du démantèlement des vieilles installations.
La dilution de la contamination radioactive ne la diminue en rien. Elle augmente seulement le nombre de gens susceptibles d’être contaminés.

Mise à jour du 27 octobre: La CRIIRAD précise:
Sont d’ores-et-déjà concernés 900 000 tonnes de métaux ferreux de catégorie TFA (Très Faible Activité) :

  • 150 000 tonnes provenant du démantèlement de l’usine Eurodif d’enrichissement de l’uranium (INB 93),
  • 100 000 t provenant du démantèlement de générateurs de vapeur des centrales nucléaires EDF
  • et 650 000 t de « vrac » hétérogène

Sep 21

Consultation publique sur le projet de décret
relatif à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants

La CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés
pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.

Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ? À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?

Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase post accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.

Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN[1]. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.

Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !

Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.

Participez à la consultation publique
et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

Comment participer à la consultation publique ?

Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site:
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html
ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.

Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.
Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits de notre présentation ci-après :

Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »

Proposition de message :

« Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :

  • 20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
  • 1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.

Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.

Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !
Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse: contact@criirad.org !

La Directive traite de nombreux sujets que nous analyserons plus avant. D’autres actions seront mises en place dans les semaines qui viennent. Nous comptons d’ores et déjà sur votre aide pour les relayer !

En savoir plus sur les valeurs proposées par le décret

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


J’ai reproduit ci dessus intégralement l’appel de la CRIIRAD.
La parole est à vous.

Le 21 septembre 2016


[1] Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire : une association qui compte 4 membres (EDF, AREVA, le CEA et l’IRSN) et qui a très largement infiltré les instances nationales et internationales de décision et notamment la CIPR (Jacques Lochard, directeur du CEPN, est désormais vice-président de la commission principale)


Sep 19

Les suites du désastre caché de MAYAK

Mardi 27 septembre 2016 de 18h30 à 21h30 à Paris,

Mairie du 2e arrondissement (salle des Expositions au 1er étage), 8 rue de la Banque, métro Bourse,

Exposé-débat Santé et Droits de l’Homme à la suite des désastres nucléaires à Mayak en Russie – à l’occasion de la date anniversaire de la catastrophe nucléaire qui s’est produite à Mayak (Kyshtym) le 29 septembre 1957 –

Par Nadezda Kutepova,
fondatrice de l’association « Planète de l’espoir » à Ozersk (Mayak)
et Yves Lenoir,
président de l’association « Enfants de Tchernobyl Belarus » http://enfants-tchernobyl-belarus.org/,

Orateurs invités par Françoise Boman, médecin, association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN http://amfpgn.org/ affiliée à IPPNW http://www.ippnw.eu/).

Références

La comédie atomique – L’histoire occultée des dangers des radiations. Yves Lenoir. Éd. La Découverte, Paris, 2016.

À propos de Mayak et de Nadezda Kutepova :

  • article de Reporterre le 8 septembre 2016
    https://reporterre.net/Elle-se-bat-pour-la-verite-sur-le-terrible-accident-nucleaire-de-Maiak-en
  • documentaire « City 40 » (VICE, Canada, 2016) de Samira Goetschel. Accès libre en français
    http://www.netflixfr.com/city-40/.
Programme :

Introduction par Françoise Boman (15 mn),
projection d’extraits tournés à Mayak (15 mn),
témoignage de Nadezda Kutepova (30 mn),
présentation par Yves Lenoir (30 mn),
débat avec les participants (90 mn).

Entrée libre et gratuite.


Voici le lien vers la vidéo (42 mn) de l’exposé-débat « Nucléaire militaire et santé » qui a eu lieu le 5 août 2016 à la Mairie du 2e arrondissement de Paris:
https://www.youtube.com/watch?v=0kYSQ87u8wI


L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Août 22

Fukushima: Le dépistage des cancers de la thyroïde serait «déraisonnable».


C’est ainsi que l’université de Fukushima présente le dépistage des cancers de la thyroïde dans les écoles de Fukushima.

Voici la traduction d’un article de Yuri Hiranuma, ostéopathe, en réaction à un article d’un journal de Fukushima

Ce qu’il faudrait faire: «Respecter le souhait des enfants de ne pas participer à l’examen»

Le 15 Juin, 2016, «Fukushima Minyu», l’un des principaux journaux régionaux de la préfecture de Fukushima, a publié un article mettant en vedette Sanae Midorikawa , MD, Ph.D., une endocrinologue qui a visité les écoles de la préfecture de Fukushima pour informer les enfants sur les examens de la thyroïde auxquels ils participent. Midorikawa est également professeur associé dans la gestion de la santé des radiations à l’Université médicale de Fukushima et chargée de la communication avec les habitants.

L’article décrit comment Midorikawa est «accommodante» envers les enfants qui ne veulent pas participer à l’examen de la thyroïde: celui-ci pourrait conduire à un «diagnostic déraisonnable de cancer de la thyroïde». Le «caractère déraisonnable de ces examens» est apparemment fondé sur l’avis de l’Université médicale de Fukushima: pour elle les cas de cancer de la thyroïde trouvés au cours des 4 premières années après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne sont pas dus aux effets des rayonnements, mais simplement le résultat du dépistage de masse.
En d’autres termes, ces diagnostics sont considérés comme «déraisonnables» parce que sans le dépistage de masse, ces cancers n’auraient peut-être été découverts que plus tard, lorsque des symptômes seraient apparus.

Il est vrai que le diagnostic du cancer peut provoquer angoisse mentale et stress. Quand cela arrive aux enfants, c’est encore pire puisque les enfants ne sont généralement pas atteints de cancer.

Cependant, il semble tout aussi déraisonnable que l’Université médicale de Fukushima déclare prématurément que le rayonnement n’a aucune responsabilité pour les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima; cette opinion n’est basée que sur les résultats de la première série de tests. En fait, la seconde série de tests juste terminée mais avec certains résultats encore en suspens, montre qu’il y a plus de cas de cancer de la thyroïde que ce qui serait explicable par «effet de dépistage». (Voir ce post pour les derniers résultats: http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html).

Bien qu’il soit important de tenir compte de l’anxiété et de la peur ressentie par les enfants (et leurs proches) qui participent à l’examen, les enfants et leurs familles ont le droit de recevoir une information impartiale et réaliste en ce qui concerne les risques radiologiques.

Oui, leurs doses d’exposition pourraient ne pas être aussi élevées que celles de la population de Tchernobyl; mais il y a de nombreuses incertitudes sur les doses d’exposition réelles à Fukushima.

Dans un document récent publié dans «Thyroïd», l’Université médicale de Fukushima conclut que des cancers de la thyroïde induits par les radiations ne sont pas susceptibles d’apparaître à Fukushima parce que les doses d’exposition ne dépassent pas 100 mSv.
Mais ce seuil 100 mSv a été scientifiquement réfuté par des études récentes, telles que l’étude australienne CT (http://www.bmj.com/content/346/bmj.f2360)et l’étude suisse sur le rayonnement de fond .

Yuri Hiranuma – le 17 Juin 2016


  • L’article original de Yuri Hiranuma en anglais
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/thyroid-cancer-in-fukushimahow-thyroid.html?m=1
    Yuri Hiranuma est une ostéopathe d’origine japonaise travaillant aux USA
  • La traduction anglaise non officielle de l’article du Fukushima Minyu:
    http://www.minyu-net.com/news/news/FM20160615-084349.php
  • La traduction vers l’anglais de l’article du Fukushima Minyu par l’Université de Fukushima:
    http://fmu-global.jp/2016/06/30/article-of-the-fukushima-minyu-shimbun%E3%80%80%E3%80%90wednesday-june-15-2016%E3%80%91/
  • L’article de l’Université de Fukushima:
    http://online.liebertpub.com/doi/abs/10.1089/thy.2015.0564
  • Un article détaillé de Yuri Hiranuma qui nous fait une synthèse de la situation en juin 2016 (anglais ):
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html
  • Le blog de Yuri Hiranuma:
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/
Notes:

Cela s’appelle manipuler les enfants. Quelles conséquences sur la relation parents-enfants ? sur la relation avec les soignants ? sur l’angoisse des enfants, invités à prendre seuls des décisions qui ne sont pas forcément de leur âge ?

Au fil des mois, on voit apparaître les avis que le lobby nucléaire fournit aux politiques:

  • 1- «au dessous de 100mSv il n’y a aucun risque». Cette affirmation qui date des études sur les survivants des bombes atomiques américaines n’est plus juste: 1) l’exposition à l’explosion unique d’une bombe n’est pas comparable à une exposition chronique au fil des ans; spécialement pour des enfants.
    2)Plusieurs études modernes ont montré qu’il n’existe pas de seuil en dessous duquel l’exposition aux rayonnements serait inoffensive. Une exposition chronique à 20 mSv/an est déjà considéée comme trop élevée. Voir l’étude citée ci dessus, et «A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé»:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
  • 2- Il est inutile d’évacuer les populations. L’évacuation causerait plus de problèmes de santé que de laisser tout le monde en milieu contaminé. Cela coûte extrèmement cher et cela ruine toute une province.
  • 3- La doctrine, déjà mise en oeuvre à Tchernobyl et actuellement en cours à Fukushima est de tenter de persuader les populations qu’on peut très bien vivre en milieu contaminé, femmes enceintes et enfants compris; qu’il suffit d’apprendre à chacun comment utiliser son dosimètre et contrôler ainsi sa contamination. C’est le programme ETHOS. La responsabilité des affections provoquées par les rayonnements est ainsi reportée sur les populations qui en sont victimes.
  • 4- Et voici maintenant qu’il est déraisonnable d’examiner les enfants victimes de l’irradiation radioactive.

Il est fort probable que ce sont les conseils que le lobby nucléaire donnera aux politiques lors du prochain accident au Japon, en Europe ou ailleurs. Les politiques suivront-ils ?

Vous trouverez des articles concernant les faibles doses à la rubrique «faibles doses» dans l’index en haut de page. Notamment:

  • Les cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima sont bien dus à la radioactivité:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-cancers-de-la-thyroiactivite/
  • A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé
    – lire: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
    – Télécharger: vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/danger-20mSv-impr.pdf
  • Le rapport des médecins de l’IPPNW/PSR:
    http://tinyurl.com/zzmazqj
    ou http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Ippnw-fukushima-report-FRa.pdf
  • Les maladies radio-induites “NEGLIGEABLES“
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-maladies-radio-induites-negligeables-un-nouveau-paradigme

N’est-ce pas un bon moyen de saborder une étude dont les résultats vous déplaisent que de dire aux enfants concernés que ce n’est pas la peine de continuer de s’astreindre à des examens «déraisonnables»?

L’université de Fukushima a signé des accords avec l’AIEA. Ce qui sort de cette université a l’accord de l’AIEA(le lobby officiel du nucléaire).
Au sujet des liens de l’université médicale de Fukushima, je reprends une note de Yuri Hiranuma dans son article http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/strict-management-of-fukushima-health.html :

(Note: Il est de notoriété publique que l’Université médicale de Fukushima est comissionnée par la préfecture de Fukushima pour mener l’enquête sur la gestion de la santé de Fukushima en utilisant les ¥ 78,2 milliards du «Fonds pour la santé des Residents de Fukushima» créé à la fin 2011 par le gouvernement japonais(~684 millions d’€). Cependant, il pourrait ne pas être aussi bien connu que les 78,2 milliards de yens provenaient du «Ministère de l’Economie, du commerce et de l’Énergie», dont l’«Agence des ressources naturelles et de l’énergie» est chargée de promouvoir la construction de centrales nucléaires électriques au Japon; par l’intermédiaire de son service pour l’expansion des installations nucléaires et des industries du cycle du carburant qui fait partie du département pour l’expansion de l’industrie de l’électricité et du gaz).
Deuxièmement, il est devenu évident que l’Université médicale de Fukushima a des lignes directrices strictes concernant l’utilisation des données de l’Enquête sur la gestion de la santé Fukushima; et qu’il existe un contrôle serré sur la présentation et la publication des données analysées par le biais d’un processus d’examen par les pairs qui approuve ou désapprouve le travail. Les références sont dans l’article anglais, en anglais ou en japonais

Pour information, les buts et le conmpte-rendu officiel du «Fukushima Health Management Survey» se trouvent sur le site web du « Radiation Health Science Center»: http://fmu-global.jp/?wpdmdl=1032 (anglais)

le 22 août 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
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et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Août 16

Fukushima – Arnie Gundersen: le monde en danger

Traduction de la video d’une conférence donnée le 29 Juillet 2016 en Californie.

La video: https://www.youtube.com/watch?v=Fm6X3zdZZVM
Le texte anglais original: http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education//world-in-danger

Arnie Gundersen est le directeur de l’association Fairewinds Energy Education,une organisation sans but lucratif fondée en 2008: «Notre mission est d’informer le public sur les problèmes causés par l’énergie nucléaire et les autres énergies.»


EEMCEE : Je vais commencer par une citation du célèbre philosophe américain W.C. Field qui a dit un jour« Il arrive une fois dans la vie où l’on doit prendre le taureau par la queue et regarder les choses carrément en face ». Et c’est ce que nous allons faire ce soir.
Alors, Arnie Gundersen, c’est à vous.

Arnie GUNDERSEN : Ce dont je voudrais parler, et Tim y a fait allusion, c’ est comment l’industrie nucléaire a réussi à formuler son argumentation sur le nucléaire avec tant de succès. Voiçi un livre: Ne pensez pas à l’éléphant. Quelle est la première chose à laquelle vous pensez ? A l’éléphant. Et la personne qui expose l’argument gagne généralement sur cet argument. Nous nous retrouvons étiquetés anti-nucléaires. Nous ne les appelons jamais zélotes du nucléaire. Ils ont été capables de formuler l’argument.

Voici un exemple:

Qu’est-ce qui est faux dans cette phrase : «L’accident de Fukushima s’est produit le 11 mars 2011»?
le public: «Il est toujours en cours»

– 1. Oui, Il est toujours en cours.

Quand l’industrie nucléaire parle de Fukushima au passé le nœud du problème est que la centrale saigne toujours dans le Pacifique et qu’il faudra cent ans et la moitié d’un trillion de dollars pour nettoyer; mais ils veulent que vous pensiez que c’est fini. Aussi, premièrement: l’accident se poursuit.

2. C’ est un accident mondial. Un accident, c’est quand tu conduis sur la route, qu’un hibou vole devant toi, heurte ton pare-brise et te sort de la route. C’est un accident. Tu ne pouvais pas le prévoir. Mais leur commission de la DIETE (la DIETE est leur parlement national) a affirmé que ce n’est pas un accident. Il a été causé par l’homme. Profondément causé par l’homme. Les ingénieurs le savaient depuis quarante ans.
Ainsi la mèche de cette bombe à retardement a été allumée en 1967 quand ils ont commencé à construire. Et ça a explosé en 2011, mais l’accident n’est pas un accident: C’est un désastre créé par l’homme. Aussi j’essaie d’éliminer ça de mon vocabulaire parce que j’ai été ingénieur et j’aurais parié que tout le monde appellerait ça un accident. C’est inculqué. Ce n’est pas un accident. C’est un désastre.

3. Et la dernière erreur est qu’on parle de « l’accident de Fukushima». Fukushima est une jolie préfecture et il vaudrait mieux que nous l’appelions l’accident de Fukushima Daiichi, ce qui signifie que c’est le premier site nucléaire construit à Fukushima; plus bas sur la route à environ six kilomètres se trouve Fukushima Daini. Ce serait comme parler de l’accident de Californie. Cela aurait un sens pour les habitants de la Préfecture de Fukushima que le désastre soit correctement appelé accident de Daiichi.

Mais poursuivons:
Il y a quatre points dont j’aimerais parler:

  • 1- Le premier est que les accidents nucléaires arrivent bien plus fréquemment que nos régulateurs voudraient que vous le croyiez, que nos politiciens voudraient que vous le croyiez et que l’industrie nucléaire voudrait que vous le croyiez.
  • 2- Avec le temps ces désastres sont devenus pires, pas moindres mais pires.
  • 3- La troisième chose est que, si grave que fut Fukushima Daiichi, ça aurait pu être pire.
  • 4- Et enfin c’est que ça frappe ici en Californie et sur la côte ouest, et que les radiations ne connaissent pas de frontières.

Aussi au cours de ma vie – voilà à quoi je ressemblais au sortir du lycée- regardez cette cravate, on dirait que j’avais une carpette ou quelque chose comme ça, ce gars était plus brillant que celui qui se tient devant vous, mais probablement un peu moins sage. Aussi je voudrais vous dire que ma sagesse peut avoir augmenté, mais mon intellect a peut-être diminué un peu. Mais au cours de notre parcours commun d’environ quarante étranges années, voici ce qui est arrivé:

  • Nous avons eu une fusion partielle à Three Miles Island.
  • Nous avons eu une fusion complète à Tchernobyl
  • Nous avons eu une fusion complète à Fukushima Daiichi unité 1
  • une fusion complète à Daiichi unité 2
  • une fusion complète à Daiichi unité 3

Ainsi dans ces 35 années depuis TMI à aujourd’hui nous avons eu cinq fusions.
Si vous prenez 35 divisé par 5, ce n’est pas sorcier, vous avez 7. Tous les 7 ans environ, environ tous les dix ans, vous avez une fusion.

C’est ce que l’histoire montre. Cependant, les régulateurs, et la Commission Régulatoire Nucléaire et l’industrie nucléaire ont dit aux politiques que les chances d’accident étaient de un sur un million.

Donc si vous prenez un million et que vous divisez par 400 centrales nucléaires, vous avez un accident, un désastre tous les 2.500 ans.
Mais l’histoire nous dit que c’est une fois tous les 7 ans, et cependant les régulateurs basent leurs processus de décisions sur une fois tous les 2.500 ans. Ceci montre comment l’industrie nucléaire a tordu l’argument, et, malheureusement, ça influence énormément nos élus. Qui, au Congrès, autoriserait à mettre en route Diablo s’il pensait qu’il y aurait fusion dans les 7 ans ? Ainsi, premier point,les décideurs sont dans un monde et les faits du monde réel sont dans un autre.

Le deuxième problème est que les accidents sont devenus pires, les désastres ont empiré. Le premier est TMI. C’était une fusion partielle – comme si on pouvait être partiellement enceinte !
L’équipe qui a pris cette photo – la façon de penser du pouvoir nucléaire est une histoire intéressante- l’a prise un an après l’accident, le désastre ! Environ un an après le désastre, ils ont plongé une caméra depuis le sommet du réacteur. C’est une histoire, d’après des personnes de l’équipe. Ils l’ont descendue à plusieurs mètres jusqu’où aurait dû se trouver le cœur du réacteur, et ils ne l’ont pas trouvé. Ils ont remonté la caméra et se sont dit qu’il y avait quelque chose de faux dans leurs mesures. Aussi ils ont re-mesuré le fil et l’ont plongée une seconde fois. Et ils n’ont pas trouvé le cœur. Et ils ont re-tiré la ligne et se sont dit «il y a quelque chose de faux dans nos mesures. Le cœur doit se trouver ici.» Ils l’ont replongée une troisième fois. Et ils ne l’ont pas vu. C’est à la troisième fois que la personne chargée de l’opération a dit : «mon Dieu, c’est une fusion!». Deux ans après, avec d’énormes émissions de radioactivité, le psychisme de l’industrie nucléaire était tel qu’ils ne voulaient pas s’avouer qu’il y avait eu fusion jusqu’à ce que cette image apparaisse.

Il n’y a pas que les fusions comme conséquences; il y a aussi les victimes. Si vous allez sur le site web de la Commission de Réglementation Nucléaire, personne n’a été blessé à Three Miles Island. Et, bien sûr, l’industrie dit ça aussi.
Voici le Dr. Steve Wing. Et la diagonale blanche qui court d’ici à là, voici Susquehanna River et là, Three Miles Island. Et Steve a regardé les données démographiques de décès par cancer du poumon dix ans après l’accident. Et il a clairement montré que les cancers du poumon dans la vallée de la rivière étaient horribles comparés à ceux des coteaux. Pourquoi ça ? Quand l’accident est arrivé, quand le désastre est survenu, quand la fusion s’est produite, il y avait inversion des températures ce jour-là et ça a maintenu les radiations dans la vallée. L’industrie nucléaire ne veut pas l’admettre et Steve a pris un tas de critiques, mais en fait c’est ce que disent les données. Des gens sont morts après TMI.

Voici une photo des restes du cœur du réacteur à Tchernobyl. On l’appelle le pied d’éléphant. Elle a été prise par un robot environ un an après l’accident – le désastre, la fusion- et ce pied d’éléphant est si radioactif que s’il était ici, nous serions tous morts en environ 2 minutes. Voilà la quantité de radiation qui s’échappe du pied d’éléphant en ce moment même. Mais nous avions une photo qui montre à quoi ressemblait TMI et à quoi ressemblait Tchernobyl deux ans après l’accident, le désastre.

La diapo suivante – et nous savons tous que l’Europe a été hautement contaminée suite à la fusion de Tchernobyl. Le Dr. Alexey Yablokov calcule que plus d’un million de personnes mourront des émissions radioactives. L’IAEA dit qu’environ 40 personnes sont mortes. Il y a une grande différence (10:54).

Maintenant rendons-nous à Fukushima Daiichi. Où sont les cœurs ? Personne ne sait. Cela fait cinq ans que le processus a commencé et nous n’avons même pas une photo qui montre où sont les cœurs nucléaires. La tendance est allée d’une fusion partielle à une fusion complète, à trois fusions complètes et – les niveaux de radiations sont si élevés dans ce bâtiment – que nous ne pouvons pas encore trouver les cœurs des réacteurs.

Diapo suivante. Voici une séquence vraiment rapide.
De gauche à droite Fukushima Daiichi unité 1 – déjà explosée- 2, 3, 4. Gardez l’oeil sur la 3, ici à droite.

Diapo suivante. Ceci ne peut pas arriver! Selon la Commission de Régulation du Nucléaire, vous ne pouvez pas avoir une explosion d’hydrogène et vous ne pouvez pas avoir une onde de choc de détonation dans une centrale nucléaire. Alors ne vous inquiétez pas. Ce que vous voyez ici n’est pas arrivé.

Mais l’exemple existe – Diablo Canyon ne peut pas résister à ça. Ce que dit la Commission de Régulation du Nucléaire c’est que ceci ne peut jamais arriver. Donc Diablo Canyon peut continuer à fonctionner.

Cette petite diapo montre l’éclatement initial de la première explosion – l’onde de choc de la détonation. Le reste, après, est balistique. Cela emporte juste le toit du bâtiment. Mais ne vous inquiétez pas, ça ne peut pas arriver à Diablo Canyon. Je vais cliquer dessus 21 fois (de 12:36 à 13:04). Ce n’est pas une onde de choc de détonation. Aucune enceinte de confinement au monde ne peut supporter l’onde de choc d’une explosion. Alors la solution des régulateurs est de présupposer qu’une onde de choc d’explosion ne peut arriver.

La diapo suivante montre un problème que les régulateurs ont réussi à traiter: Les enceintes de confinement ne fuient pas. Voilà les dômes de Diablo et San Onofre – cette chose qui ressemble à une demi-sphère. Voiçi le dôme de confinement. Et je discutais de ça – j’étais invité au comité consultatif de sécurité des réacteurs – les 17 sages qui guident la Commission de Régulation du Nucléaire – quatre mois avant Fukushima Daiichi. Et j’arguais que les enceintes de confinement fuient et qu’ils devaient changer la réglementation, spécialement pour un nouveau réacteur.
Après ça, le mois suivant, l’équipe de la NRC – 4 000 membres – a envoyé un document de synthèse à la NRC, ils disaient que le risque de fuite est de zéro.

Voici une photo infra-rouge de Fukushima Daiichi unité 3 environ un mois après l’accident nucléaire. Le désastre. La grosse forme vague est la piscine du réacteur qui bout et se mélange à l’air, et vous pouvez voir (il y a juste deux mots ici en anglais) : c’est à environ 62 degrés centigrades, ce qui signifie que les gaz qui s’échappent étaient à environ à 130 degrés (Farenheit). C’était un gros problème et c’était la même chose à l’unité 4 et dans les autres unités.
Les piscines des réacteurs bouillaient. Mais ce n’est pas le point-clé ici. Vous voyez ce petit point juste ici ? Il indique 128° (Centigrade). Ce qui signifie environ 252 degrés (Farenheit). Vous vous souvenez, l’eau bout à 100° en conditions atmosphériques. Ce qui me dit que l’enceinte de confinement fuyait comme une passoire.
L’enceinte de confinement de Fukushima Daiichi unité 3 n’est pas étanche. Encore un des problèmes que la NRC a mis de côté. Il y a eu des communications entre la NRC et les gens à Tokyo et ils estimaient que le confinement fuyait à 300 pour cent par jour. Si ce chiffre était appliqué à Diablo Canyon il devrait fermer immédiatement parce que selon l’analyse de l’accident – je peux l’employer parce que ce sont les termes de la NRC – ils présupposent seulement un dixième de pourcent par jour. Ceci est un autre exemple de la façon dont l’industrie envoie son argumentation.

Ensuite,voici un morceau de combustible nucléaire. C’est dans un microscope à balayage électronique fait par Marco Kaltofen à Worcester Polytechnic. Ce qu’il y a de fascinant, c’est que ça a été trouvé à environ 300 km de Fukushima Daiichi. Donc un accident/désastre ne se limite pas aux limites de la centrale. Et si ceci a été ramassé dans un sac d’aspirateur, si c’est dans le sac de l’aspirateur, c’est dans vos poumons parce que vous inspirez tout ce qui remonte du sol.

Diapo suivante : des filtres à air de voiture. Chacun de ces points noirs est une particule radioactive. Si vous regardez de près (nous avons un grand projecteur de diapos en ce moment) nous avons une particule radioactive sur un filtre à air de voiture à Seatle – mais ceux de la ville de Fukushima sont d’évidence les pires. Et une voiture respire exactement la même chose que les personnes. De sorte que – Dieu nous aide quand ces gens auront 10 ou 15 ans et quand nous commencerons à voir une incidence accrue des cancers du poumon comme Steve Wing l’a découvert à TMI. Mais, selon la NRC, TMI n’a pas eu lieu non plus, OK.

La dernière de cette série:

– Fairewinds a demandé des chaussures d’enfants. Et nous avons reçu 7 paires de chaussures d’enfants de Fukushima et les avons comparées avec 7 paires de chaussures d’enfants des Etats Unis. Et basiquement les chaussures de droite sont à la limite inférieure de détection, c’est le mieux que puissent faire les instruments. Les chaussures des enfants des EU sont vraiment propres. Et les chaussures des enfants japonais sont chargées de césium. Bon, que font les enfants ? Ils lacent leurs chaussures et mettent leurs mains dans leurs bouches, ceci partout au Japon.

Donc la seconde conclusion est que nous sommes allés d’une fusion partielle à une fusion totale puis à trois fusions totales. Et les conséquences empirent et la fréquence des accidents augmente. Ce n’est pas une bonne tendance.
Et ça va empirer à mesure que les centrales vieillissent
.

Diablo a plus de 30 ans de fonctionnement, mais ils avaient construit le réacteur avant ainsi que d’autres choses qui ont ralenti la construction. Il s’agit d’une technologie des années 60 et d’un béton des années 60 et à mesure que les choses vieillissent, elles finissent par casser. Mon corps me le dit. Conséquence numéro deux: la fréquence des désastres et la gravité des désastres augmentent.

La troisième partie tourne autour du point clé du pouvoir nucléaire que personne ne veut vous voir connaître:

Actuellement nous savons tous que quand un atome d’uranium se divise en deux, il dégage des quantités d’énergie.
C’est ce qui rend la puissance nucléaire si cool et c’est ce qui fait exploser les bombes atomiques.
Prenez de l’uranium, divisez-le en deux et vous obtenez des quantités d’énergie. Si ça s’arrêtait là, nous n’aurions pas de problème à Daiichi. Mais ça ne s’arrête pas là, et c’est ce dont ils ne vous parlent pas.

La réaction nucléaire en chaine du coeur – libère seulement 93% de la chaleur. Les autres 7% proviennent des parties qui l’entourent, ici et là. Elles restent physiquement chaudes et radioactivement chaudes pour des centaines d’années (19:41). Donc quand Fukushima Daiichi a été arrêté en sécurité, ça a arrêté la réaction en chaine. Il n’y avait plus d’atomes d’uranium qui se divisait. Mais les pièces qui étaient à côté continuaient à malaxer 7% du problème.
7% ne semblent pas un gros morceau, sauf que – regardons Daiichi unité 2 – qui faisait 4 millions de chevaux. 7% de 4 millions de chevaux sont 270 000 chevaux de chaleur à dissiper et le cœur du réacteur est seulement de 12x12x12. Alors pensez à 270 000 chevaux dans un espace de 12x12x12 et qui doivent être dissipés et ne le peuvent pas.

Ce qui est arrivé à Daiichi fut que (vous l’avez tous appris) la vague est arrivée, a frappé les diesels et parce que les diesels ne pouvaient tourner, il n’y avait plus d’eau pour refroidir. C’est vrai, mais même si les diesels avaient été au sommet de l’Empire State Building, Daiichi aurait quand même connu la fusion, voici pourquoi. Le long de la rive il y a un tas de décombres: ce sont les pompes de refroidissement destinées à dissiper un quart de millions de chevaux pour chaque réacteur. La vague a détruit les pompes de refroidissement. Nous appelons ça perte du dissipateur thermique principal: PDTP (LOUHS). Aussi, ça n’a pas d’importance et les gens diront qu’à Diablo le bâtiment du réacteur est à 24 ou 27 mètres. Les pompes de refroidissement sont au niveau de l’eau. Si un tsunami survenait, il ne frapperait pas le bâtiment mais les pompes le long de l’eau. Et l’industrie nucléaire a énoncé le problème ainsi : «Nous n’avons pas de problème à Diablo puisque nous sommes sur le haut de la falaise». Les pompes ne sont pas sur la falaise, parce que si elles y étaient, elles ne pourraient pas pomper l’eau. Les pompes sont en bas, au niveau de l’eau et c’est un problème critique qui n’a jamais été soulevé. De ce point de vue Fukushima aurait pu être pire. Quand le tsunami est survenu, il a frappé presque toutes les pompes. Une pompe a survécu à Daiichi, une paire plus bas à Daini. Mais 14 réacteurs nucléaires ont perdu leur eau de refroidissement. 14 réacteurs qui ont perdu leur eau de refroidissement ça signifiait que 24 diesels n’ont pas pu démarrer. (il y en avait 37 ). Ils avaient seulement 12 pompes pour refroidir 14 réacteurs nucléaires. Et si ça avait été pire d’un poil, nous n’aurions pas eu 3 fusions comme à Daiichi, mais 14.
Et ce n’est pas un problème qui concerne le seul Japon. C’est le genre de problème qui concerne l’hémisphère nord. Donc la question de la chance y joue un rôle important.

Daiichi aurait pu être bien pire. Ce fut un échec technique complet. Chaque système qui avait été conçu pour fonctionner ne l’a pas fait.

Et nous devons notre vie dans cet hémisphère au courage de deux centaines d’ouvriers japonais. Ainsi le courage est crucial ici. Le dirigeant de la centrale était très respecté par les gens, et quand il resta, ils restèrent. Aussi je dédie toujours mes débats à cette centaine de personnes – nous les appelons les Cinquante de Fukushima. Il y eut probablement plus de 50 mais moins de 200 personnes qui restèrent et qui ont maintenant des leucémies comme résultat. Premièrement.

L’autre chose est la chance. Quand cet accident arriva, quand ce désastre arriva, le vent soufflait vers la mer à peu près 80% du temps. Maintenant, si le vent avait soufflé dans l’autre sens comme il le fait pendant quelques saisons au Japon, le Japon aurait été coupé en deux par l’émission des radiations de ces trois réacteurs nucléaires. Vous auriez eu le Japon du Nord, le Japon du Sud et cette ceinture inhabitée au milieu. La chance tient à ce que le vent soufflait dans la bonne direction. L’autre aspect de la chance est que ceci eut lieu pendant le jour. Il y avait 1 000 personnes ce Vendredi, y compris les cadres dirigeants. Si c’était arrivé douze heures plus tard, au milieu de la nuit, il y aurait eu 100 personnes, et pas de cadres. Et l’infrastructure pour qu’ils aillent au travail détruite. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient sauter dans la voiture et conduire pour aller secourir la centrale. Ils n’auraient pas pu se rendre sur place parce que l’infrastructure pour s’y rendre était détruite. Donc si ce n’avait pas été deux centaines de personnes courageuses et la chance de 12 heures de différence quand le tremblement de terre et le tsunami ont frappé, le désastre à Daiichi aurait éliminé le Japon et hautement contaminé l’hémisphère Nord également.

C’est le commentaire de Naoto Kan sur l’accident. Naoto Kan était le premier ministre au moment de l’accident, et il a dit : « Notre existence en tant que nation était en jeu ». A mettre en parallèle avec ce que dit Gorbatchev dans ses mémoires. Gorbatchev dit que l’Union Soviétique ne s’est pas écroulée à cause de la pérestroïka mais à cause de Tchernobyl. Ainsi les deux premiers ministres qui ont vécu ça – l’un élu démocratiquement, et l’autre un dirigeant communiste – en viennent aux mêmes conclusions qu’une technologie est capable de détruire un pays du jour au lendemain. Contrairement aux autres choses avec lesquelles nous vivons, le pouvoir nucléaire peut détruire le tissu d’un pays du jour au lendemain.

Diapo suivante : le pouvoir nucléaire est-il trop grand pour faire faillite ? Ce serait
l’image que je pense que vous avez quand vous regardez sa structure robuste. Mais en fait nous avons vu, maintenant trois fois, à Daiichi 1, à Daiichi 2 et à Daiichi 3, que c’est faux. J’aime le dire ainsi. Tôt ou tard, dans tout système à l’épreuve des fous, les fous vont dépasser les limites.

Dernier point : qu’est-ce que ça signifie pour la Californie et la côte ouest ? Cela signifie que la radiation ne connait pas de frontières. Elle ne s’y arrête pas – c’est un accident japonais et la radiation dit «oh ! je dois revenir derrière la ligne et revenir au Japon». Non. Nous sommes tous embarqués dans cette affaire. La radiation ne connait pas de frontières. Ce que j’ai été capable de faire est de mettre ici cette petite diapo qui explique l’impact sur la Californie mieux que tout à ce que je vois. La fusion à Daiichi fait relâcher 400 tonnes d’eau par jour dans le Pacifique. TEPCO en recueille frénétiquement dans tous ces réservoirs. Ces trucs bleus et argent. Ils n’étaient pas là quand la centrale a été construite mais ils construisent une citerne tous les deux ou trois jours essayant frénétiquement de récupérer l’eau, et cependant 400 tonnes coulent dans le Pacifique.
Qu’est-ce que ça signifie ? C’est l’équivalent de la charge de 25 000 tracteurs de liquide radioactif pompé dans le Pacifique. Et ça n’a pas cessé. Ceci pour les quatre premières années. Parlons de ce que ça signifie.

Seriez-vous inquiets de vivre en Californie ? Je vais utiliser ce cube comme exemple. Ce cube fait 10x10x10. Donc 10x10x10 ça fait 1 000 morceaux dans ce cube. Quand j’étais à l’école on nous disait la dilution est la solution à la pollution. Et je pense que le problème de Daiichi est que nous vivons dans un monde terriblement trop petit pour diluer. Regardons le premier gros bloc de 10x10x10. Disons que chaque partie est un rem. Un REM est une unité – Roentgen equivalent man – c’est une unité de radiation. On peut parler en Sieverts, 1 000 rems sont 10 Sieverts. J’ai été éduqué en REM aussi je parlerai en REM. Un millier de REM – si je vous ai donné un cube – voici votre cube d’un millier de REM – vous êtes mort en une heure. Maintenant prenons-en un dixième. Divisons le cube en 100. Maintenant, c’est 10x10x1. C’est un cube de 100 REM. Si je donne 100 REM aux 10 premières personnes ici, une sur 10 mourra de cancer. Nous appelons ça la théorie du modèle de radiation sans valeur seuil. Ce que ça signifie c’est que, si je continue de diviser ce bloc je n’arrive jamais à un point où il y ait une dose minimum qui ne cause plus de souci. Quelqu’un aura un cancer par cette radiation. Nous sommes arrivés à 100 REM. Une personne sur dix exposée à 100 REM mourra du cancer. Descendons un peu plus – jusqu’à 10 – donc 10x1x1 – donc 10 REM. Et si j’étends ça à tout le monde dans cette salle, il y aura une augmentation : un d’entre vous aura un cancer à cause de cette radiation.

Mais ce qui se passe ici, et je pense que vous pouvez deviner que les gens de la politique officielle comptent sur le fait que, de toute façon, 40% des Américains meurent de cancer. Aussi pour extraire cette personne des 40 est épidémiologiquement très difficile.
Plus c’est dilué, moins probablement vous saurez qui va mourir du cancer. Mais vous pouvez être sûrs que quelqu’un en mourra.

La dernière diapo va dans le même sens. Ainsi à mesure que la radiation est diluée, ça ne signifie pas qu’elle atteint un niveau minimal et que tout le monde est sauf.
Quand ils disent que le poisson dans le Pacifique est sauf, en fait ce n’est pas vrai. Ce qui arrive est qu’il y a environ 2 milliards de personnes dans le Pacifique et qu’il y a toute une foule de ces cubes de 10x10x10 jetés dans le Pacifique. Ce qui se passe c’est que l’incidence des cancers diminue si bien (en cas de dilution – ndr) qu’il est extraordinairement difficile pour un épidémiologiste de les détecter dans une population. Mais il y aura des milliers et des dizaines de milliers de cancers, vous pouvez compter là-dessus. Nous ne savons pas qui. Est-ce que Fukushima cause des cancers dans le Bassin Pacifique ? Absolument. Aussi quand j’entends des officiels de santé publique dire: «bon ce poisson n’a que 10 Becquerels, par conséquent on peut le consommer», ce n’est vraiment pas ce qu’ils devraient dire. «Ce poisson a 10 Becquerels et si vous avez un cancer, nous ne pourrons pas prouver que ça vient de Fukushima»: c’est la vraie façon dont le communiqué devrait être rédigé. Alors, seriez-vous inquiet ? Personnellement, j’ai pris la décision de ne pas manger de poisson du Pacifique jusqu’à ce que les régulateurs mesurent le poisson et me disent ce qu’il y a dedans. C’est une décision personnelle mais il y a des gens qui mangent ce poisson.

Il y a un phénomène nommée bioaccumulation à laquelle la dilution n’est pas reliée. A mesure que cette radiation se propage dans l’environnement, elle est capturée par les algues. Nous en avons déjà trouvé des concentrations dans les algues. Puis les bestioles qui mangent les algues en concentrent plus. Tout à fait comme le mercure et le saumon – vous savez comment il chemine dans la chaîne alimentaire. Et avec le temps nous verrons l’augmentation de la concentration des radiations au sommet de la chaîne alimentaire – le saumon, le requin, le thon, etc. Aussi la la dilution est une solution à la pollution qui présume que c’est dans l’eau et qu’il n’y a pas bioaccumulation, ce qui aggrave le problème. Bon, tout va bien merci.

Comme nous disons sur le petit bouton ici, les radiations ne connaissent pas de frontières (32:33 Demande de retour sur une diapo). Ce qui arrive ici, c’est que la concentration des radiations à Daiichi était importante, mais quand elle atteint le Pacifique au fil du temps, elle se dilue. Mais le même nombre d’atomes est en jeu. Ce que vous voyez dans le Pacifique maintenant: le centre Pacifique, est relativement peu contaminé par rapport aux iles Aléoutiennes jusqu’à la côte de Vancouver et de Californie. Et ça continuera de progresser vers le Sud jusqu’à l’équateur environ et cela recommencera sa rotation. Mais la source ne diminue pas. Ken Beussel (?33:18) et moi avons des désaccords, mais une chose sur laquelle je suis tout à fait d’accord avec lui est que les concentrations dans le Pacifique montrent clairement que la centrale continue de saigner dans le Pacifique. Si ça avait été un événement unique – si c’était arrivé le premier mois, puis résolu, nous ne connaitrions pas ce problème aujourd’hui. Aussi le fait que Fukushima continue de saigner dans le Pacifique est, je pense, une des questions-clé pour l’institut océanographique de Woods Hole – qui fut le premier à la poser – je leur tire mon chapeau.

1- TMI : Three Miles Island : centrale nucléaire américaine qui a connu une fusion du coeur.
2- NRC ou CRN : commission de régulation nucléaire
3- Diablo Canyon: centrale nucléaire située en bord de mer en Californie, dans une zone très sismique.

EON, California
Videos & Audio

Traduction: Le blog du non:
https://blogdunon.wordpress.com/2016/08/04/fukushima-arnie-gundersen-le-monde-en-danger/
Mise en page: Vivre-après-Fukushima.

Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a étudié à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de la Commission de l’énergie atomique pour sa maîtrise en génie nucléaire. Arnie détient un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire. Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie a également géré et coordonné des projets dans les centrales nucléaires des années 70 aux États-Unis.
Fairewinds Energy Education · 70 S Winooski Ave, 289, Burlington, VT 05401, United States
http://www.fairewinds.org/

le 16 août 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
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et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Août 08

71ème anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki

La bombe atomique couverte par un brevet français ?

Un article de http://www.dissident-media.org/infonucleaire/


L’énergie atomique se manifesta publiquement pour la première fois le 6 août 1945: destruction à peu près complète et instantanée d’Hiroshima. La « performance » fut répétée trois jours plus tard sur Nagasaki avec le même succès. Si la surprise fut grande dans l’opinion publique, parmi les savants il n’en fut rien car ils envisageaient ce développement scientifique depuis 1939. Contrairement à ce qui a été écrit plusieurs années plus tard, ces destructions de masse ne traumatisèrent ni le milieu scientifique ni l’opinion publique. Elles furent perçues comme le début d’une ère nouvelle, « l’âge atomique » confirmant la fiabilité de cette nouvelle source d’énergie.

un brûlé de Hiroshima
(Photo Masayoshi Onuka)
Le 7 août, au poste de quarantaine militaire de Ninoshima, à environ 4 kilomètres au large de Hiroshima. «Beaucoup de ceux atteints de profondes brûlures dues à la chaleur de l’explosion, restent étendus ainsi sans bouger, respirant à peine, jusqu’à ce que la vie s’en aille.»

Le mercredi 8 août 1945, on put lire à la une du journal Le Monde : « Une révolution scientifique: Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ». L’unanimité fut assez parfaite dans l’ensemble de la presse. L’ampleur du désastre, ces êtres humains qui, en quelques millionièmes de seconde, furent « volatilisés » et ne laissèrent qu’une ombre sur les murs, loin de déclencher horreur et indignation, fut reçue comme la preuve objective d’un avenir radieux pour une humanité qui allait enfin être débarrassée à tout jamais des contraintes du travail. La matière se révélait source inépuisable d’énergie, qu’il serait possible d’utiliser partout sans limite, sans effort, sans danger.

D’invraisemblables projets étaient présentés sérieusement comme à notre portée dans un avenir très proche. On parlait de faire fondre la glace des pôles par bombardement atomique pour produire un climat tempéré sur la terre entière, d’araser le Mont Blanc ou de combler la Méditerranée pour irriguer le Sahara (Joliot), etc.

Le délire scientiste n’a plus jamais atteint de tels sommets. Les explosions sur le japon furent glorifiées et bénies par tout ce que l’establishment scientifique avait de disponible: à l’époque cela s’appelait « les savants ». La mobilisation fut spontanée pour nous initier à cet avenir que les prix Nobel du « Projet Manhattan » nous avaient soigneusement préparé. Hiroshima devait ouvrir à l’humanité une ère de liberté, on entrait dans la modernité libératrice.

La seule voix discordante fut celle d’Albert Camus dans l’éditorial de Combat le 8 août 1945: « Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes, que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. […] Il est permis de penser qu’il ya quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles ». Ces positions lui valurent, quelques jours plus tard, de violentes critiques.

Pour France-Soir, l’ère nouvelle fut inaugurée le 16 juillet 1945, date de l’essai de la première bombe atomique. Il titre le 8 novembre 1945: « Le 16 juillet 1945 à Alamogordo, par une nuit d’orage, le monde est entré dans une ère nouvelle ». L’article se poursuit ainsi: « L’espèce humaine a réussi à passer un âge nouveau: l’âge atomique ».
Ce même journal titrait un article le 9 août 1945: « L’emploi de la bombe atomique ouvre des horizons illimités ».

Le 10 août 1945, après la destruction de Nagasaki, France-Soir confiait ses colonnes à « un prince, académicien français et prix Nobel de physique » qui titrait son article: « L’homme pourra demain tirer plus d’énergie de quelques grammes de matière désintégrée que de la houille, de l’eau et du pétrole, par le prince Louis de Broglie, de l’Académie française ».

Le 8 août 1945, le journal Libération titrait en première page: « La nouvelle découverte peut bouleverser le monde. […] Charbon, essence, électricité ne seraient bientôt plus que des souvenirs ».

L’Humanité du 8 août 1945 titre en première page: « La bombe atomique a son histoire depuis 1938, dans tous les pays des savants s’employaient à cette tâche immense: libérer l’énergie nucléaire. Les travaux du professeur Frédéric Joliot-Curie ont été un appoint énorme dans la réalisation de cette prodigieuse conquête de la science ». Les journaux mentionnent à de nombreuses reprises la part jouée par la France dans cette prodigieuse découverte.
Ainsi on trouve dans le Figaro du 9 août 1945 un communiqué de l’AFP: « Paimpol 8 août – M. Joliot-Curie fait de Paimpol la communication suivante: L’emploi de l’énergie atomique et de la bombe atomique a son origine dans les découvertes et les travaux effectués au Collège de France par MM. Joliot-Curie, Alban et Kowarski en 1939 et 1940. Des communications ont été faites et des brevets pris à cette époque ». Un de ces brevets porte sur les « Perfectionnements aux charges explosives », brevet d’invention n° 971-324, « demandé le 4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris » (lire: L’histoire de la protection des brevets de l’équipe Joliot).
Cependant, personne n’osa en 1945 réclamer au gouvernement américain des royalties, bien que finalement on affirmât que la destruction de Hiroshima était couverte par un brevet français! Seul un bénéfice moral était attendu en exigeant que l’opinion mondiale reconnût la contribution française aux massacres d’Hiroshima et de Nagasaki.

Témoignages:

Récits des jours d’Hiroshima du docteur Shuntaro Hida
Futaba Kitayama, atomisée à 1 700 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Hideo Shimpo atomisé â 1 300 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Tomiko Matsumoto atomisé à 1 300 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Ube Makoto atomisé à 3 kilomètres de l’hypocentre à Hiroshima
Hiroshima 54 jours d’enfer du Docteur Michihiko Hachiya
Tamiki Hara atomisé à Hiroshima

A lire:

L’homme qui défia la censure (Les destructions de masse de la bombe atomique ne traumatisèrent ni le milieu scientifique, ni la presse, ni l’opinion publique)
Hiroshima et Nagasaki anéanties pour rien
Les ingénieurs oubliés de la bombe
– Lire l’extrait du livre « Plus clair que mille soleils » de Robert Jungk qui présente les physiciens ayant participés à la construction de la bombe atomique américaine, leurs motivations puis les réticences de certains…)
Hiroshima 8h15 le 6 août 1945

www.dissident-media.org/infonucleaire

Le 08 août 2016

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