Avr 09

Tchernobyl: Atlas des contaminations radioactives en France

Vous pouvez télécharger gratuitement la version numérique de l’Atlas
sur la page suivante des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Contaminations radioactives
CRIIRAD & André Paris
Éditions Yves Michel

A-t-on menti aux populations françaises, en 1986, sur les dépôts de radioactivité consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl ? La contamination des sols était-elle vraiment négligeable, les risques infimes et toute mesure de protection inutile ? Quelles sont les régions, les communes épargnées par les retombées de Tchernobyl ? Que reste-t-il, aujourd’hui, dans les sols ? Peut-on désormais se fier aux informations diffusées par les services officiels ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – présente en première partie le dossier accablant qu’elle a constitué, tout au long des années, passant au crible les informations et les cartes publiées par les services officiels, étayant ses démonstrations sur le résultat des investigations et contre-expertises de son laboratoire.

Avoir accès à une information indépendante et argumentée sur la radioactivité est une revendication citoyenne légitime et nécessaire face aux dysfonctionnements des services de l’Etat. Cet atlas de référence fournit des cartes et des informations inédites utiles à tous ceux qui veulent comprendre le débat sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. C’est le résultat de plus de 3000 mesures réalisées de 1999 à 2001 par le géologue André Paris dans toute la France, et jusqu’en Ukraine, au coeur de la zone interdite. Ces mesures ont été effectuées selon une méthodologie unique qui en garantit la reproductibilité.

Le travail réalisé, immense et incontournable, vient combler, autant qu’il est encore possible, les carences des services officiels dans l’évaluation de l’impact de Tchernobyl.

André Paris est géologue indépendant animé d’un infatigable souci de savoir.

Association à but non lucratif, créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD se bat depuis 1986 pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Elle a mobilisé les compétences de son laboratoire d’analyse (laboratoire spécialisé et agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour la mesure de la radioactivité de l’environnement) pour apporter à André Paris un soutien scientifique en procédant notamment, in situ et en laboratoire, à plusieurs séries d’intercomparaisons.

Les activités en césium 137 exprimées en Bq/m 2 et mentionnées dans l’Atlas rendent compte de la contamination superficielle des sols au moment de la réalisation des mesures entre 1999 et 2001. La période physique du césium 137 est de trente ans, c’est-à- dire que sa radioactivité est divisée par 2 tous les 30 ans du fait de sa désintégration. Le césium 137, détecté en 1999-2001 sur les sols en France provenait principalement du reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60 et des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Téléchargement gratuit de l’ATLAS sur cette page des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Le 09 avril 2017


Mar 29

Le réacteur nucléaire de Halden en Norvège : un danger pour l’Europe

Il n’est pas en fusion mais les autorités nucléaires l’ont trouvé
« dans un état très spécial »…

Le site European News Weekly a réalisé la traduction du rapport de l’autorité de sûreté norvégienne vers l’anglais.
Merci à Pierre FETET d’avoir réalisé la traduction vers le français de ce texte.
Je vous invite à le lire sur son site www.fukushima-blog: Cliquer ICI

En voici la présentation et le sommaire:

La pollution radioactive à l’iode 131 en Europe au début de l’année 2017 a permis de mettre en lumière l’activité d’un réacteur inconnu du grand public, le réacteur de recherche de Halden en Norvège. Bien qu’il ne puisse être tenu responsable du nuage radioactif qui s’est étendu de l’Espagne à la Norvège en janvier-février, on a appris grâce à l’ONG norvégienne Bellona que ce réacteur avait connu un « incident » en octobre dernier. La lecture d’un rapport de l’agence de sûreté nucléaire norvégienne daté du 13 février 2017 permet de se rendre compte du danger que font courir aux Européens les utilisateurs de ce réacteur. On s’éloigne un peu de Fukushima mais pas tant que ça car la problématique est la même : panne de refroidissement du réacteur, risque d’explosion d’hydrogène, rejet d’iode 131 et autres radionucléides cancérigènes, MOX, … ça ne vous rappelle rien ?
Pierre Fetet

  • 1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité
  • 2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »
  • 3. L’« Incident » du 24 octobre 2016
  • 4. Expérimentation de nouveaux combustibles
  • 5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?
  • 6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden
  • 7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets
  • 8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet évènement d’octobre 2016 ?
  • 9. Exiger des éclaircissements
  • 10. Annexes

Le 29 mars 2017


Mar 27

Essais nucléaires: Victoire de douze vétérans bretons

La cour administrative d’appel de Nantes a donné suite aux demandes de douze vétérans bretons d’essais nucléaires, ou à leurs ayants-droits : leurs cancers sont bien liés aux essais nucléaires en Polynésie française.

Un article du journal le Télégramme
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php

Le 28 février dernier, ils étaient présents à l’audience de la cour administrative d’appel. Des vétérans, ou leurs veuves et leurs proches. La plupart étaient venus du Finistère: Brest, Saint-Pol-de-Léon, Landéda, Concarneau, Loperhet, Saint-Thégonnec, Saint-Thonan, Lannilis. mais aussi des Côtes-d’Armor (Pléneuf-Val-André, Ploufragan et Plélo), du Morbihan (Marzan), d’Ille-et-Vilaine (Pleurtuit), et de Loire-Atlantique (Pontchâteau).

Le procès avait été l’occasion de revenir sur le quotidien de ces militaires et civils embarqués aux côtés de l’armée française en Polynésie française, dans les années 1960. À l’époque, on se baignait dans le lagon après les essais nucléaires, on buvait de l’eau contaminée après l’avoir passée dans un « bouilleur »…

98 % des demandes refusées

Au final, quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, avait rappelé le rapporteur public à l’audience. Et ce n’est qu’en 2010 qu’un régime d’indemnisation spécifique avait été créé, sur le principe de la « solidarité nationale.
Ce mécanisme était censé être favorable aux vétérans : c’était à l’administration de prouver que le lien de cause à effet entre les essais nucléaires et leur maladie était « négligeable« ; et non pas aux victimes de rapporter la preuve de leur contamination. Mais le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n’avait reçu qu’un millier de demandes, selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2015, alors que le gouvernement en prévoyait « vingt fois plus« . Surtout, il n’avait indemnisé que vingt personnes:

« 98% » des demandes ont été refusées, selon un magistrat de la cour administrative d’appel. Celle-ci a donc donné suite aux demandes présentées par douze vétérans ou leurs ayants-droits. Seuls trois requérants ont vu leurs requêtes rejetées mais ils seront en droit de déposer une nouvelle demande devant le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Celui-ci pourrait en effet les voir sous un jour plus favorable au vu de la loi publiée au Journal officiel le 1er mars dernier: elle supprime en effet le principe de « risque négligeable« , sur lequel s’appuyait le ministère de la Défense pour refuser l’indemnisation de ses anciens militaires.
Onze autres dossiers de vétérans bretons et normands devraient être examinés par la même cour administrative d’appel de Nantes le 28 mars prochain, a indiqué l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires).

Voir l’article original du journal Le Télégramme:
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php


Voir également le site de l’ Association des Vétérans des Essais Nucléaires (AVEN):
http://www.aven.org/
Bulletin AVEN N°4 décembre 2016
et aussi sur le site des témoignages, des livres etc…

Voir l’article de Vivre-apres-fukushima du 1° mars:
«Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

Le 27 mars 2017


Mar 24

Il n’y a pas de Fukushima bis en Norvège

Voici des extraits du communiqué de la CRIIRAD :

Valence, le 14 mars 2017
(Complétée le 24/3/2017)

Confusion

Depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux, des messages très inquiétants comme “Alerte en ce jour (12 mars 2017) on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines (on évoque même fin octobre)..”.

Il s’agit d’une confusion entre deux évènements :

De l’iode 131 (isotope radioactif artificiel) a été détecté, à de faibles niveaux, dans l’air ambiant de plusieurs pays européens en janvier 2017. L’origine exacte de cet iode 131 n’est pas connue et plusieurs hypothèses sont envisageables. Voir communiqué CRIIRAD du 14 février 2017.

Il y a eu un incident sur un réacteur nucléaire en Norvège en octobre 2016, mais il n’y a pas à notre connaissance d’incident ou accident nucléaire actuellement en Norvège et les stations de mesure dont les résultats sont publiés sur le site du réseau Européen EURDEP ne montrent pas actuellement de radioactivité anormale en Norvège ou sur les pays proches.

Rejets d’iode 131 d’un réacteur Norvégien en octobre 2016
Il y a bien eu, le 24 octobre 2016 à 13H45 un incident significatif sur le réacteur nucléaire de l’IET (ou IFE)à Halden au sud-est d’Oslo en Norvège, lors de la manipulation du combustible usé. L’autorité Norvégienne de Protection Radiologique (NRPA) a signalé cet incident dans un communiqué du 25 octobre 2016.

Cet incident, qui a conduit à évacuer le personnel de la centrale, a entrainé des rejets radioactifs à l’atmosphère. Les autorités norvégiennes ont estimé le rejet à 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132. A noter que le communiqué ne précise pas comment ces estimations ont été effectuées, ni leur niveau de fiabilité. On peut s’étonner d’ailleurs du fait que les autorités n’aient pas fait état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées (tritium, carbone 14, gaz rares radioactifs) (voir complément en Annexe1 : les échanges du 16 mars 2017 avec la NRPA ont confirmé que les rejets anormaux ont duré jusqu’au début novembre et ont concerné d’autres radionucléides).

Heureusement, la situation a pu être maîtrisée. Cet « incident » d’octobre 2016 pose de nombreuses
questions sur le plan de la sûreté (origine de l’incident), du défaut de transparence (l’exploitant n’a déclaré l’incident que 20 heures après), des insuffisances de la métrologie (pas d’évaluation de l’ensemble des rejets radioactifs). L’ONG Norvégienne Bellona, avait fait part en 2004 d’inquiétudes sur la sûreté et dénoncé des fuites d’eau lourde et des rejets élevés de tritium (isotope radioactif de l’hydrogène)…


A ce jour, rien ne permet de faire le lien entre les rejets d’iode 131 du réacteur de Halden en Norvège en octobre 2016 et la détection d’iode 131 dans l’atmosphère de plusieurs pays européens en janvier 2017.

Les résultats des mesures de radioactivité dans l’environnement effectuées en Norvège et dans les pays limitrophes en ce moment permettent d’affirmer qu’il ne s’est pas produit un “Fukushima bis” à Halden.

Cependant de nombreuses questions restent en suspens en ce qui concerne ce réacteur Norvégien, sa sûreté et l’impact de son fonctionnement.
Il serait nécessaire de conduire une enquête approfondie et indépendante sur la sûreté de ce réacteur.
De ce point de vue, la CRIIRAD considère que les éléments recueillis posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponse et donnent un sentiment de non maîtrise de la situation.

Voyez le texte complet et les résultats des mesures ICI

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD avec le support technique de Jérémie MOTTE, ingénieur environnement, responsable du service Balises de la CRIIRAD

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Le 24 Mars 2017

Mar 07

Fukushima – 6 ans.

La situation est très loin d’être sous contrôle

Le réseau «Sortir du nucléaire» nous fait une synthèse de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore là bas:

Aller directement à l’article complet de «sortir du nucléaire»:
http://sortirdunucleaire.org/Fukushima-6-ans-plus-tard-la-situation-est-tres
avec plusieurs videos et de nombreuses références.

Extraits de l’article:
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Nous commémorons ce 11 mars 2017 les 6 ans du début de la catastrophe de Fukushima.

Ce début d’année aura été marqué par une information peu réjouissante sur les taux de radioactivité records mesurés par une sonde envoyée dans le réacteur 2.

Celle-ci a pu mesurer une radioactivité ambiante de 530 Sv – un taux capable de tuer un homme instantanément ce qui n’augure guère d’espoir quant à la capacité humaine (ou même robotique) à démanteler l’installation et à récupérer les coriums de combustible fondu – dont on ne connait toujours pas la localisation précise…

Par ailleurs le gouvernement japonais via une nouvelle évaluation a considérablement revu à la hausse le coût estimé de la gestion de cette catastrophe, la facture passant ainsi d’une trentaine de milliards d’euros en 2013 à 170 milliards d’euros en 2016 !

Si les médias ont quelque peu déserté le suivi au quotidien de celle-ci et que le gouvernement japonais a tenté la relance de 5 réacteurs nucléaires au Japon, (dont 3 fonctionnent à ce jour), il est pourtant fondamental de rappeler que la situation n’est en aucun cas sous contrôle.

Retour sur la chronologie des événements marquants de ces six dernières années, au cœur de l’enfer radioactif d’un désastre industriel, humain, économique et sanitaire.

Un impact sanitaire préoccupant et difficile à estimer

Les conséquences de la catastrophe étant toujours en cours il est difficile de faire un bilan sur le nombre de personnes directement contaminées, irradiées ou décédées en raison de Fukushima. D’après l’ONG Green Cross c’est près de 32 millions de personnes qui ont été touchées par les retombées atmosphériques de l’accident.

Immédiatement après l’accident, le taux de mortalité des personnes âgées a été multiplié par 3 sur une période d’un an. Le taux de mortalité infantile, d’avortements spontanés et d’anomalies à la thyroïde sur les nouveaux nés a été mesuré en hausse significative jusqu’en Californie, pourtant à 8000 km de la centrale (résultats controversés par le lobby nucléaire américain).

L’ex-directeur de la centrale au moment de la catastrophe, Masao Yoshida, est décédé d’un cancer de l’œsophage deux ans après son exposition mais TEPCO refuse pourtant de relier sa maladie aux radiations qu’il a reçu sur le site de Fukushima.

Une étude significative et sérieuse est à mettre en exergue concernant l’augmentation de cas de cancers de la thyroïde chez les enfants. Dévoilée en février 2015 cette étude a permis de détecter un taux de 30 cas de cancers de la thyroïde par échantillon de 100 000 enfants vivant à Fukushima alors que la moyenne se situait à 1,7 cas pour 100 000 enfants dans la préfecture voisine [11]. Officiellement fin 2016, 173 cas de cancers de la thyroïde suspects ont déjà été déclarés chez des enfants de la région dont au moins 135 confirmés.

Ayant analysé des données médicales et scientifiques des territoires touchés par les retombées radioactives‬, les deux ONG « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN) estiment en mars 2016 que la catastrophe pourrait être responsable de 9 600 à 66 000 cas de cancers supplémentaires au Japon.

Une grande partie des pathologies radio-induites, en particulier les multiples formes de cancer, se déclarent en général après une période de latence qui peut durer des décennies. Il est donc certain qu’un bilan sanitaire de Fukushima ne pourrait être établi qu’au moyen d’études épidémiologiques rigoureuses et honnêtes, menées pendant 40 à 60 ans au moins après la catastrophe – des études peu probables (qui voudrait les financer ?)… Et c’est sans compter les éventuels effets génétiques sur les générations suivantes.

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La contamination de l’environnement marin induite par cet accident est considérée comme étant la plus grande pollution radioactive marine de l’Histoire !
Si les éléments charriés par les courants marins auraient eu par la suite tendance à se déposer sur les couches sédimentaires de par leur masse atomique conséquente, une bonne partie de ces éléments se retrouve pourtant dans tout l’écosystème marin. Le plancton à la base de l’alimentation des animaux marins a incorporé des éléments nocifs tels que le césium137 qui se retrouve ainsi dans la chaîne alimentaire.
C’est ainsi que le taux de radioactivité dans les thons péchés dans le Pacifique (poisson très prisé de la gastronomie japonaise) a augmenté significativement (avec des concentrations en radio-césium jusqu’à 10 fois plus élevées qu’avant Fukushima [3]), et les migrations des bancs de poisson ont répandu cette contamination jusqu’aux thons péchés aux abords des côtes californiennes


Près de 160 000 personnes ont donc ainsi été obligées d’évacuer leurs logements, abandonnant bien souvent tous leurs effets personnels mais aussi parfois leurs animaux de compagnie ou d’élevage sur place, pensant pouvoir revenir rapidement sur place à la suite de l’alerte.

La leçon de l’histoire n’a pas été retenue…

Cliquer sur l’une des images pour voir l’article en entier

Du 11 Mars 2011
image du tsunami

à Février 2017:

le trou sous la cuve

530 Sv/h: Inapprochable

Le 07 Mars 2017


Mar 01

Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

La suppression de la notion de «risque négligeable» dans la loi Morin est validée à Paris

PARIS, 6 février 2017 – A l’occasion des débats autour de la loi « Égalité réelle pour l’Outre-mer », sénateurs et députés ont entériné un changement radical dans le mode de calcul des indemnisations des victimes du nucléaire. Les élus ont supprimé la notion de « risque négligeable », ouvrant ainsi la voie selon eux à une « automaticité » des réparations financières.

Les négociations ont été ardues, tendues même, mais pour les élus polynésiens le résultat est là : un amendement est glissé dans la loi « Egalité réelle pour l’Outre-mer », pour supprimer de l’article 4 de la loi Morin le « risque négligeable » en matière d’exposition au nucléaire.

C’est jusqu’ici en arguant d’un « risque négligeable » d’exposition aux rayonnements ionisants que le Civen (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) a presque systématiquement retoqué les demandes des anciens travailleurs des sites nucléaires atteints d’une des 21 maladies reconnues comme potentiellement radio-induites, ou de leurs descendants.

Depuis 2010, sur les 1043 demandes d’indemnisation manifestées sous l’égide de la loi Morin, seules 54 ont définitivement obtenu gain de cause, soit directement devant le Civen: 19 dont 7 polynésiennes; soit à l’issue d’une procédure contentieuse devant la justice administrative (35).

Le combat a été rude , car en coulisses le gouvernement Valls a tenté de négocier un compromis jusqu’au dernier moment. La loi Morin, qui fixe les critères d’indemnisation devait initialement être amendée à la marge, via la modification d’un décret d’application. C’est le Conseil d’Etat qui a contraint le gouvernement français à passer par une loi afin de changer les dispositions de la loi d’indemnisations des victimes des essais nucléaires.

Ce facteur « risque négligeable », dans le mode de calcul du «Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire » (Civen), bloquait jusqu’ici toute indemnisation. Il était l’argument numéro un de l’administration pour donner un avis défavorable à l’immense majorité des 1 043 demandes déposées. La loi Morin n’a donné lieu à l’indemnisation que de 19 victimes, dont sept polynésiennes.
Avec les nouvelles règles, de nombreux critères comme le type de maladie, le lieu où elle s’est déclarée et bien sûr la date (entre 1960 et 1996) demeurent. Mais la majorité du millier de dossiers examinés jusqu’ici pourrait connaître une issue favorable. Lorsque la loi « Égalité réelle pour l’outre-mer » sera promulguée, il existera au contraire du « risque négligeable » une « présomption de causalité » entre l’exposition aux radiations et le cancer déclaré chez les travailleurs des sites nucléaires ou leurs ayants droit.

Désormais, aucun malade ne devrait plus s’entendre dire : « Le risque que votre cancer soit dû aux tirs de bombes atomiques dans votre archipel est négligeable. »

« Ce ne sont pas un ou deux tirs qui ont eu lieu chez nous mais 193, pendant trente ans. 46 d’entre eux ont eu lieu à l’air libre et cette phase a duré neuf ans, rappelait en séance la députée (UDI) de Polynésie Maïna Sage. Voilà à quoi ont été exposés les Polynésiens ! Le traumatisme est profond, il touche de nombreux sujets. Le préjudice est unique et mérite une place unique dans le droit français. Nous demandons le minimum : des actes clairs de réparation. C’est une promesse de François Hollande. »


Les articles dont j’ai fait le résumé ci-dessus:
http://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-la-suppression-du-risque-negligeable-validee-a-Paris_a157563.html
http://www.tahiti-infos.com/Suppression-du-risque-negligeable-le-president-du-Senat-apporte-son-soutien_a157746.html
https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/la-question-du-nucleaire-en-polynesie-nest-plus-negligeable


Documents

Voyez les témoignages rassemblés par l’assemblée de Polynésie française:
http://www.assemblee.pf/_documents/actualites_documents/livret_temoins_bombe.pdf

Le dossier de la CRIIRAD:
http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/dossierdepressepolynesie.pdf

Site officiel de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires:
http://www.aven.org/

L’article: «En Polynésie aussi on a été irradié»
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/en-polynesie-aussi-on-a-ete-irradie/
Publié le 18 avril 2013

Note:

Voyons comment cela va être appliqué. J’espère que les militaires présents aux tirs en Algérie, que les sous mariniers de Brest, que les militaires chargés d’entretenir les bombes nucléaires seront aussi concernés.


Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Fév 02

Belgique: bientôt des comprimés d’Iode pour presque tout le monde ?

Extrait de l’article de la rtbf:
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pilules-d-iode?id=9516533


Voici ce qui est prévu : dans un rayon de 20 km autour des centrales, distribution préventive à tous les riverains via les pharmacies. Pas de distribution « boîte aux lettres » tout simplement car il s’agit tout de même d’un médicament.

La nouveauté : prochainement – après approbation par le gouvernement fédéral, ne vous ruez donc pas en pharmacie! -, dans un rayon de 100 km autour des centrales, soit concrètement tout le pays, distribution préventive via pharmacies UNIQUEMENT aux groupes cibles : enfants, femmes enceintes, allaitantes.

Et pour tous les autres ? La distribution attendra le jour J, le jour d’une éventuelle réelle catastrophe nucléaire, et après communication des autorités.

Autre nouveauté : les pharmacies continueront à conserver au nom de l’État de larges stocks stratégiques d’iode, mais elles seront surtout dotées à l’avenir de pastilles déjà fabriquées et d’iode transformé prêt à l’emploi, de quoi éviter pénurie et longue attente au cas où.


Voyez l’article complet de la RTBF:
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pastilles-d-iode?id=9516533

Voyez également l’intéressante revue de presse de « savoie antinucléaire »:
http://savoie-antinucleaire.fr/
Notamment:

Belgique et sortie du nucléaire : les ministres de l’énergie réunis pour préparer le pacte énergétique:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/30/belgique-et-sortie-du-nucleaire-les-ministres-de-lenergie-reunis-pour-preparer-le-pacte-energetique/

France: le démantèlement des centrales nucléaires est mal engagé et sera très coûteux. , par la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale, mercredi 1er février:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/02/01/le-demantelement-des-centrales-nucleaires-est-mal-engage-et-sera-tres-couteux/

Les craintes de Michail Gorbatchev quand à la possibilité d’un conflit nucléaire:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/27/pour-mikhail-gorbatchev-le-monde-se-prepare-pour-la-guerre/

N’oublions pas que la prise d’iode stable ne protège QUE de l’iode radioactif. Pas du tout des nombreux autres produits radioactifs rejetés en cas d’accident.

Le 02 Février 2017


Jan 31

Prise d’iode lors d’un accident nucléaire: les recommandations des médecins de l’IPPNW

Les recommandations des médecins de l’IPPNW pour protéger la thyroïde
avec des comprimés d’iode stable (pour bloquer la fixation de l’iode radioactif)
après un accident nucléaire

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Un accident survenant dans une centrale nucléaire peut libérer de grandes quantités de particules radioactives qui se répandent dans l’air. Pour les habitants des zones touchées, le risque est grand d’absorber ces particules via l’air, l’eau ou la nourriture.
L’absorption d’iode radioactif provoque/peut provoquer des radiolésions durables même quand l’iode s’est désintégré ou a été évacué après quelques semaines. Nos organes « n’oublient » jamais une irradiation. Des années, voire des dizaines d’années plus tard, un cancer de la thyroïde peut apparaître.
Des études menées dans l’ancienne Union soviétique montrent en outre une augmentation des dysfonctionnements et des maladies auto-immunes de la glande thyroïde suite aux retombées radioactives de Tchernobyl.
Il n’existe aucune mesure de protection contre la plupart des particules radioactives. Mais prendre au bon moment de fortes doses d’iodure de potassium (blocage de l’iode) peut largement empêcher la thyroïde d’absorber l’iode radioactif.

Principe de fonctionnement

Pour fonctionner, la thyroïde a besoin d’iode qu’elle tire de l’alimentation, mais elle n’est pas capable de faire la distinction entre l’iode ordinaire et l’iode radioactif. C’est ainsi qu’après un accident nucléaire l’iode radioactif peut être stocké dans la thyroïde et endommager les cellules. Pour inhiber le captage de l’iode radioactif, il faut prendre de l’iode ordinaire (I-127) au bon moment, c’est-à-dire avant le contact avec l’iode radioactif (I-131) pour en saturer la thyroïde. Au moment critique, la thyroïde a donc accumulé suffisamment d’iode non radioactif et arrête d’absorber l’iode. Avec un blocage effectif de l’iode, on peut réduire le risque d’atteintes de la thyroïde de manière indéniable ; on peut même réduire le risque de cancer de la thyroïde de plus de 90 %.

Début et durée du traitement

Pour pouvoir démarrer la prise d’iode au bon moment et juger de la durée du traitement, il faut absolument que les autorités diffusent des informations fiables sur le danger radioactif et la zone concernée. L’idéal est de prendre une forte dose d’iode 3 à 6 heures avant d’être touché par la radioactivité. Quand l’information est incertaine, il est également possible de commencer plus tôt, mais avec un risque d’effets secondaires.
La prise d’iode ne marche plus qu’à 50 % 3 heures après le passage du nuage et n’a plus aucun effet après 10 heures. Si l’iode est pris trop tôt et qu’il n’y a pas de prises consécutives, l’efficacité du blocage se trouve réduite, car l’iode est évacué de l’organisme en permanence et la saturation de la thyroïde diminue avec le temps. Une prise trop tardive peut même provoquer des dégâts, car elle va perturber l’élimination de l’iode radioactif et ses effets délétères peuvent s’en trouver accrus.

Un dosage élevé

L’effet protecteur souhaité n’est atteint que si les doses sont suffisamment fortes. Les comprimés d’iode bien connus qui sont prescrits en cas de carence en iode ne contiennent que quelques microgrammes et ne protègent pas en cas d’accident. Pour assurer le blocage de l’iode radioactif, il faut utiliser des doses nettement plus élevées. Ces comprimés à fortes doses doivent être dissouts dans une bonne quantité d’eau et avalés immédiatement, mais pas à jeun.

Doses conseillées

Nourrissons 1 à 36 mois ½ comprimé = 32,5 mg
Enfants 3 à 12 ans 1 comprimé = 65 mg
Ados/adultes à partir de 13 ans 2 comprimés = 130 mg
Femmes enceintes 2 comprimés
(le fœtus est aussi protégé)
= 130 mg

Le renouvellement des prises au cours des jours suivants peut contribuer à réduire encore le risque de maladie, en particulier quand l’exposition à l’iode radioactif se prolonge ou quand les informations données à la population ne sont pas claires. Compte tenu de l’efficacité et des possibles effets secondaires, nous recommandons une prise quotidienne de la moitié de la dose initiale jusqu’à la fin des mesures d’évacuation ou jusqu’à cessation de l’exposition à la radioactivité. Les nouveau-nés, les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent recevoir au maximum une deuxième dose et doivent être ensuite soumis à un examen de la thyroïde.

Disponible sans ordonnance à la pharmacie

Dans le cadre de la protection allemande contre les catastrophes, un stock de comprimés „Lannacher® 65 mg“ est gardé en réserve. Ces comprimés sont bon marché et sécables pour les enfants et les tout-petits. En raison de la longueur des délais de livraison, il est indispensable pour le pharmacien de commander suffisamment tôt auprès du fabricant autrichien. Il n’existe actuellement aucun traitement alternatif. Comme l’iode peut être considéré comme stable d’un point de vue pharmacologique, les dates de péremption relativement courtes indiquées sur l’étui ne doivent pas être retenues de manière trop rigide si les conditions de stockage (dans un endroit sec et protégé de la lumière) ont été respectées. Du reste, tout pharmacien doit pouvoir de par sa formation fabriquer lui-même les comprimés d’iode à forte dose nécessaires dans ce cas.

La question de l’âge

En cas de nécessité, un blocage de l’iode doit être effectué chez les personnes de tous les âges quels qu’ils soient (depuis les nouveau-nés jusqu’aux personnes âgées).
La recommandation officielle actuelle de protection contre les catastrophes qui a choisi de limiter le blocage de l’iode aux personnes de moins de 45 ans est, à notre avis, dépassée. En effet après la catastrophe de Tchernobyl on a constaté dans les zones contaminées par la radioactivité une importante augmentation des cas de cancers de la thyroïde même chez des gens âgés.
Avant de prendre de fortes doses d’iode, nous conseillons aux gens de plus de 45 ans chez qui on suspecte une maladie thyroïdienne, ou ceux dont la famille présente plusieurs cas de maladies thyroïdiennes et finalement, aux habitants de zones de carence en iode de consulter au préalable leur médecin de famille et éventuellement de faire des examens complémentaires en lui présentant la présente recommandation de l’IPPNW.

Distribution préventive

L’IPPNW recommande, pour que la première prise ait nécessairement lieu au bon moment, on ait recours en Allemagne aussi – comme c’est le cas en Autriche et en Suisse – à une solution politique globale, à savoir la distribution préventive généralisée et indépendante des événements à tous les foyers ainsi qu’aux centres d’accueil pour enfants, adolescents et jeunes adultes (crèches, maternelles, écoles, lycées).

Risques associés au médicament

Le fait qu’il est possible de se procurer les comprimés d’iode fortement dosés sans ordonnance ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un médicament. Les effets secondaires sont certes rares mais comme avec tous les médicaments, mais ils sont fondamentalement possibles en particulier en cas d’allergie à l’iode, de tendance à l’hyperthyroïdie, de maladie de Basedow, d’adénomes autonomes, d’autonomie thyroïdienne diffuse ou de maladies rares comme la dermatite herpétiforme, la dermite tubéreuse due à l’iode (Iododerma tuberosum), la myotonie congénitale ou la vascularité hypocomplémentémique.
Des réserves sont à appliquer en cas de dysfonctionnement des reins et de traitements par diurétiques d’épargne potassique (agents de drainage). Si vous vous procurez de l’iode fortement dosée ( cp d’iode à 65mg d’Iodure de potassium)de manière préventive, demandez d’abord conseil à votre médecin de famille en lui montrant cette fiche. Il peut par exemple, (si nécessaire)avec un test sanguin complété éventuellement par une échographie, écarter de manière assez sûre une hyperthyroïdie dont vous ne seriez pas encore conscient et vous donner des conseils sur d’autres risques et interactions possibles.
L’alternative à l’iodure de potassium recommandée est le perchlorate de sodium (Irenat®), qui doit par contre faire l’objet d’une prescription.

Une efficacité limitée : l’iode ne protège que la thyroïde.

Le blocage de l’iode par la thyroïde protège uniquement contre le cancer de la thyroïde et les autres maladies de la thyroïde, mais pas des autres effets délétères des radiations. Il n’existe aucune « pilule miracle », aucune panacée qui protégerait globalement contre les radiations. La seule manière véritablement efficace de se protéger contre les risques atomiques, c’est d’arrêter tous les réacteurs nucléaires du monde entier. C’est l’un des combats que mène l’IPPNW.

Mentions légales : IPPNW e.V., Körtestraße 10, 10967 Berlin,
www.ippnw.de, Tél. 030-6980740, kontakt@ippnw.de

Rédaction : Reinhold Thiel, Ulmer Ärzteinitiative
www.ippnw-ulm.de

Mise à jour du 15.11.2016 en collaboration avec le groupe régional de l’IPPNW d’Aix la Chapelle

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Le texte original, en allemand:
sur le site de IPPNW Ulm: http://www.ippnw-ulm.de/
Le pdf: http://www.ippnw-ulm.de/Dokumente/IPPNW-Empfehlung-Jodblockade-Vers.15.11.2016.pdf
Traduction «Fukushima is still news» (http://www.fukushima-is-still-news.com/)

L’IPPNW a révisé sa fiche d’information de 2011 sur les comprimés d’iode à distribuer en cas d’accident nucléaire, parce qu’on dispose aujourd’hui de nouvelles études scientifiques sur la question et que les autorités de sûreté nucléaire allemandes ont émis une nouvelle recommandation.
Liste des sources des recommandations de l’IPPNW : https://www.ippnw.de/atomenergie/sicherheit/artikel/de/ippnw-empfehlung-bei-atomreaktorunf.html


En France:

En résumé: tout le monde peut prendre l’Iode.Seuls ceux qui ont ou chez qui on suspecte une maladie de la thyroïde devraient demander à l’avance à leur médecin s’ils peuvent prendre ces comprimés.

Les consignes officielles françaises sont ici: http://www.distribution-iode.com/
Je cite le paragraphe concernant une éventuelle allergie à l’iode:

« Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin. »

Voyez à ce sujet le site officiel canadien:
http://www.urgencequebec.gouv.qc.ca/fr/situation-urgence/Pages/accident-radiologique-et-nucleaire.aspx#Comprimes_d_iode

Il n’y a plus de zones de carence en Iode en France du fait de l’adjonction d’Iode dans le sel de cuisine.

L’expérience polonaise:

En Pologne suite à l’accident de Tchernobyl,plus de 17 millions de doses ont été reçues.
Deux réactions allergiques graves ont été observées chez les adultes présentant une
sensibilité connue à l’iode. L’incidence des effets secondaires graves découlant d’une
dose unique d’iode représentait moins de 1 sur 10 millions chez les enfants, et moins de
1 sur un million chez les adultes. (IRSN)

Se procurer des comprimés:

Le gouvernement français est en train de distribuer gratuitement des comprimés d’Iodure de Potassium dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires aux familles, écoles et collectivités.
Hors de cette zone dite de «Plan Particulier d’Intervention» on peut se procurer des comprimés d’Iodure de Potassium à 65 mg dans toutes les pharmacies sans ordonnance. Elles doivent les commander, n’étant pas dépositaires des stocks.

boite d'IK en France

A propos de la fiabilité des autorités

Nous avons vu que ni à Tchernobyl, ni à Fukushima les autorités n’ont su ni donner l’ordre de prise, ni distribuer correctement les comprimés à temps. Nous avons vu qu’à chaque accident nucléaire les autorités ont menti; allant jusqu’à affirmer que le nuage ne franchirait pas la frontière.

A propos des vents

En cas de catastrophe, avec une petite brise de 10 km/h le nuage radioactif sort de la zone des 10 km en une heure. Nous avons vu qu’à Fukushima le vent chargé de radioactivité a tourné à plusieurs reprises.

Voyons ce qu’en pensent les bretons, bons connaisseurs des vents :

Résumons : si la population était prévenue de l’éventuelle arrivée d’un nuage radioactif, il faudrait, pour s’en protéger, prendre l’iode 2h avant son arrivée ! Mais si on est à côté d’une centrale, il faudrait prendre l’iode 2h avant les rejets donc avant un accident nucléaire dont on ignore qu’il va avoir lieu. Cela n’est pas sans rappeler l’histoire des pompiers qui doivent vérifier leur camion la veille de chaque incendie !

Après Fukushima (cela aurait été plus logique après Tchernobyl en 1986), le gouvernement français a mis en place le Plan Orsec Iode qui nous dit que « la présente circulaire a pour objet de définir les nouvelles modalités de mise en place des stocks de comprimés d’iodure de potassium au sein du territoire, ainsi que les conditions de leur distribution à la population hors des zones couvertes par un plan particulier d’intervention (PPI). […] Elle prévoit que les stocks de comprimés d’iodure de potassium soient constitués, […] et que chaque préfet organise dans son département les modalités de mise à disposition de la population en cas d’urgence, en s’appuyant notamment sur les maires. »

C’est ce qui a incité le collectif trégorois de Sortir du nucléaire à interroger (c’était en 2015) le préfet des Côtes d’Armor, puis le sous-préfet de Lannion sur ces fameux comprimés d’iodure de potassium. Aucune réponse. Puis de nouveau question au préfet en début 2016 après les attentats terroristes et en fonction de l’éventualité d’attentat contre une centrale. Là, le préfet a enfin répondu. Mais pour dire quoi ? Que conformément au Plan Orsec Rad, le département possède bien un stock de 600000 comprimés à St Brieuc. Point final, aucune information sur la distribution.

D’aucuns diront que cela n’a pas d’importance parce qu’il n’y a pas d’installations nucléaires en Côtes d’Armor. Certes, mais si on regarde la carte, on voit que La Hague, 300 km de St Brieuc par la route, est à 140 km à vol d’oiseau.

Imaginons un incident à La Hague et un vent de Nord-Est d’environ 50 km/h (rien d’inimaginable donc !). Le nuage arrive en 3h sur les Côtes d’Armor, or il est souhaitable de prendre pour être immunisés les comprimés 2h avant son arrivée. En admettant que l’alerte se mette en place très rapidement, il faudra que le préfet explique comment il fait pour distribuer en 1h depuis St Brieuc où ils sont stockés, les comprimés d’iodure de potassium à la toute la population du département…

Le texte complet: https://lepeuplebreton.bzh/en/2016/06/22/de-la-distribution-diode-2/


Qu’est ce que l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire.
Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/


Jan 22

La ville de Hirono a du lancer un appel à dons pour sauver son seul hôpital.

Le seul hôpital en fonctionnement de la ville de Hirono, préfecture de Fukushima, est en crise suite à la mort le mois dernier de son unique médecin à temps plein; la ville a lancé une campagne de crowdfunding pour solliciter les dons du public.

Synthèse de deux articles de la presse japonaise en anglais:
http://www.japantimes.co.jp/news/2017/01/10/national/town-near-fukushima-no-1-raising-funds-invite-volunteer-doctors-care-sole-hospitals-100-patients/
http://mainichi.jp/english/articles/20170111/p2a/00m/0na/008000c

Hideo Takano, le directeur de 81 ans de l’hôpital privé, est décédé dans un incendie à son domicile, sur le terrain de l’hôpital, le 30 décembre, laissant 100 patients hospitalisés à soigner.

C’est le seul hôpital en fonctionnement dans la région de Futaba, site de la centrale nucléaire accidentée Fukushima no 1. Les cinq autres hôpitaux de la région ont été arrêtés suite au tremblement de terre de mars 2011, au tsunami et aux catastrophes nucléaires.

l'unique hôpital de Hirono

L’unique hôpital de Hirono
cliché Mainichi

La campagne de crowdfunding (readyfor.jp/projects/hirono-med) a été lancée lundi 9 janvier 2017 avec un objectif de ¥ 2,5 millions (~20.000€)pour aider la ville à financer le coût d’un appel à des médecins volontaires pour venir accomplir les tâches de Takano jusque fin mars.
Jusqu’à présent, plus de 30 médecins de la région ont offert leur aide

Mardi après-midi, le total avait déjà dépassé ¥ 3 millions.(~25.000€)
L’argent sera utilisé pour couvrir les frais de transport et d’hébergement des médecins bénévoles non rémunérés par ailleurs.
Les dons doivent être d’au moins ¥ 3000 (~25 €)et ils sont partiellement déductibles de l’impôt, car ils utilisent le système furusato nozei (don d’impôt à la ville natale), qui permet aux contribuables d’orienter le paiement de leur impôt vers les municipalités de leur choix.

L’hôpital Takano est situé à 22 kilomètres au sud de la centrale nucléaire N ° 1 de Fukushima. Le dr Takano a choisi de rester sur place et a continué de traiter des patients hospitalisés à son hôpital après l’accident nucléaire et les évacuations qui ont suivi. Il a également soigné les résidents locaux et les personnes engagées dans le déclassement de la centrale nucléaire.

La compagnie de télévision NHK avait réalisé une video
Elle nous montre un médecin âgé, fatigué, mais quel sourire !
https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/videos/20170105161403595/

Le Dr Takano

Le Dr Tankano

La campagne se poursuivra jusqu’au 28 février, et la quantité de dons qui dépassera l’objectif de 2,5 millions de yens sera utilisée pour le renforcement du système de soins médicaux à Hirono.

Voyant la réponse rapide et positive des donateurs à travers le Japon, Satoshi Endo, maire de Hirono a dit, «Ce niveau de générosité, de tant de gens à travers le Japon, a été plus élevé que prévu». Ceci nous permettra d’aider à maintenir le système local de soins dans cette région affectée par la catastrophe.»


Ces articles m’ont été signalés par le site «Fukushima is still news»:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/crowdfunding-for-hirono-a-success.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/raising-funds-for-hirono-hospital.html


Quelques détails sur Hirono:

A HIRONO, la levée de l’ordre d’évacuation a été faite en septembre 2011.
Les indemnités mensuelles de 100.000 Y (716 € par personne) ne sont plus versées depuis Août 2012.
Seulement 1.300 des 5.200 habitants avaient regagné leur maison en Avril 2014:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-3-ans-difficiles-retours-a-la-maison/

Le gouvernement Japonais a installé à Hirono un centre d’entraînement pour les jeux olympiques:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/preparatifs-japonais-pour-les-jo-de-2020/