Fév 12

Les seuls vrais experts en armes nucléaires sont les survivants de Hiroshima-Nagasaki

Un article du journal suisse «le temps»
https://www.letemps.ch/monde/beatrice-fihn-survivants-dhiroshima-seuls-vrais-experts-armes-nucleaires

L’ICAN vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Sa directrice, Beatrice Fihn, a beau avoir eu droit aux honneurs planétaires le 10 décembre dernier à Oslo, elle garde les pieds sur terre, dans le quartier de la Jonction à Genève.

Directrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, ONG dont le siège est à Genève, Beatrice Fihn raconte l’aventure du Prix Nobel de la paix obtenu le 10 décembre. Si elle a côtoyé les grands de ce monde, elle garde les pieds sur terre

Au milieu d’un couloir anonyme, la petite salle 477 installée dans le complexe du Conseil œcuménique des Églises au Grand-Saconnex, sur les hauts de Genève, ne paie pas de mine. Quelques chaises et bureaux entassés, une poignée d’employés. C’est pourtant là qu’a son siège la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), une organisation non gouvernementale méconnue du grand public qui vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Sa directrice, Beatrice Fihn, a beau avoir eu droit aux honneurs planétaires le 10 décembre dernier à Oslo, elle garde les pieds sur terre, dans le quartier de la Jonction à Genève, où elle vit avec son mari et ses deux enfants. Suédoise, millennial, elle ne s’embarrasse pas des étiquettes. Au Forum économique de Davos, elle était ravie de pouvoir défendre sa cause auprès des décideurs de la planète. Mais au fond, elle aurait presque préféré être du côté des manifestants, de l’autre côté des barrières. La cause du désarmement? Elle s’y est attelée un peu par hasard. En suivant les débats de la Conférence du désarmement à Genève, où les débats stériles n’ont pas manqué de l’irriter. Maintenant, elle ne ferait autre chose pour rien au monde.

B. Fihn

capture d’écran de la video

Votre organisation, l’ICAN, a obtenu le Prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur de l’abolition des armes nucléaires. Comment réagissez-vous à la nouvelle doctrine de l’administration Trump prônant l’usage de bombes nucléaires à faible puissance?

C’est une doctrine très dangereuse et irresponsable. Elle augmente le risque déjà élevé de recours à l’arme nucléaire. Elle abaisse le seuil à partir duquel on pourrait utiliser la bombe. Il suffit désormais d’une guerre commerciale ou d’une cyberattaque pour déclencher une riposte nucléaire. C’est un revirement majeur. De plus, on nous dit que de telles bombes à faible puissance rendraient la dissuasion nucléaire plus crédible, car elles pourraient effectivement être utilisées. C’est terrifiant. À la conférence de presse du Pentagone, ils n’ont jamais parlé des millions de morts que de telles armes peuvent causer.

L’ICAN a joué un rôle majeur dans l’adoption du traité sur l’interdiction des armes nucléaires en juillet 2017 à New York. Les puissances atomiques et les membres de l’OTAN (à l’exception des Pays-Bas) ont boycotté l’événement. Etes-vous un agent du changement ou une douce rêveuse?

On nous a dit que ceux qui bénéficient du statu quo rendront tout changement impossible. Ce n’est pas vrai. Nous sommes des agents du changement. Le monde a déjà accompli des choses plus difficiles. Il a fait des progrès immenses en matière de droits de l’homme, de droit humanitaire et même de désarmement. Ce que nous faisons n’est qu’une manière d’assurer un suivi des Conventions de Genève et des traités d’interdiction d’armes de destruction massive. Nous devons refuser le narratif des puissances nucléaires selon lequel les armes atomiques sont nécessaires pour notre sécurité et pour la paix. C’est faux. Si c’était le cas, pourquoi ne pas se réjouir de voir la Corée du Nord en acquérir? Pourquoi les gens sont-ils nerveux à l’idée que Donald Trump détient les codes nucléaires?

Comment convaincre maintenant les puissances nucléaires?

La tâche s’annonce ardue. Mais avec le Prix Nobel, nous avons une autorité morale que nous n’avions pas avant. Nous insistons: le risque zéro n’existe pas. Un mauvais calcul ne peut être exclu. Il ne s’agit pas de savoir si une telle arme sera utilisée un jour, mais quand. C’est un fait statistique. Les armes nucléaires seront abolies un jour. C’est ma conviction. J’espère simplement que cette abolition aura lieu avant que de telles armes ne soient utilisées.

En ce sens, la fausse alerte à l’attaque de missile à Hawaii voici quelques semaines est révélatrice…

Quand j’ai entendu parler de cette alerte, j’étais au Mémorial de la paix à Nagasaki. Des survivants venaient de me décrire ce qui se passe des heures, des jours voire des semaines après une attaque nucléaire. J’ai été d’autant plus bouleversée par cette fausse alerte que mes enfants étaient à des milliers de kilomètres de là. Imaginez: les habitants d’Hawaii ont dû décider en vingt minutes où aller, quel enfant aller chercher en premier. Paniqués, ils ont cherché sur Google comment agir en cas d’attaque nucléaire. J’étais aussi en colère. Pourquoi doit-on vivre avec une telle menace? C’est une situation inutile que nous avons créée nous-mêmes. Que se serait-il passé si l’alerte avait été adressée à Donald Trump ou à Kim Jong-un? L’homme qui a déclenché l’alerte à Hawaii pensait qu’il s’agissait d’une vraie alerte. Les armes nucléaires sont maniées par des êtres humains faillibles.

Avant le 6 octobre 2017, votre vie était plutôt normale. Depuis, vous avez rencontré la famille royale de Norvège, des personnalités politiques de haut rang à Davos, à New York et Bruxelles. Comment gère-t-on un tel tsunami?

À Oslo, ce fut un peu difficile, je l’avoue. Limousine, convoi spécial: j’avais l’impression d’être une cheffe d’État ou une pop star. À Genève, où je vis, il y avait de grandes photos dans les journaux. Les voisins les ont vues, mais tout est très vite redevenu normal. En fait, tout a changé et rien n’a changé. Nous avons beaucoup plus d’attention médiatique. Tant mieux. Mais aussi plus de pression, car nous devons obtenir des résultats. Nous restons cependant un mouvement de la base. Nous ne sommes pas des chefs d’État, ni des célébrités, juste des gens normaux qui poursuivent la lutte contre les armes nucléaires. Nous venons d’obtenir un levier supplémentaire grâce au Nobel et devons l’utiliser. C’est un vrai défi pour une petite organisation comme la nôtre, même si la campagne est importante (468 partenaires dans 101 pays). Notre priorité est de nous concentrer sur ce qui est faisable et sur ce qui aura le plus d’impact.

D’un côté, le risque nucléaire a augmenté, de l’autre, une nouvelle dynamique du désarmement est en route.

Oui, des épisodes comme celui d’Hawaii accroissent la prise de conscience du public. Nous n’avons plus parlé autant du risque nucléaire depuis la fin de la Guerre froide qu’aujourd’hui. Il faut saisir ce moment. Le Traité de non-prolifération nucléaire a été adopté après la crise des missiles de Cuba, le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire après les fortes tensions des années 1980.

Vous étiez à Hiroshima et à Nagasaki en janvier. Comment avez-vous vécu ce moment?

C’était très émouvant d’entendre des histoires d’enfants qui avaient le même âge que les miens et qui ont subi les effets de la bombe. On l’oublie, mais quand une bombe nucléaire éclate, ce n’est pas la fin du monde. Il y a des survivants qui doivent se battre pour vivre. Ce qui m’a beaucoup inspirée au Japon, ce sont les survivants. Bien qu’âgés, ils étaient très contents du Prix Nobel, du combat que nous menons, du traité d’interdiction. Ils ont l’impression d’avoir contribué à une cause importante alors qu’ils ont longtemps été ignorés, sacrifiés sur l’autel des préoccupations sécuritaires et de la théorie de la dissuasion. D’ailleurs pour moi, les vrais experts nucléaires, ce ne sont pas des spécialistes assis dans leurs bureaux à Paris ou Washington. Ce sont les survivants. Ils sont les seuls à connaître la vraie réalité et l’impact de telles armes.

Dans une vidéo, vous avez parlé de la bombe atomique comme d’un symbole phallique…

C’était à la fin d’une interview. La citation a pris des proportions excessives. Mais ces armes révèlent effectivement une masculinité toxique. Trump est la caricature de cette masculinité toxique quand il déclare que son bouton nucléaire est plus grand que celui du leader nord-coréen Kim Jong-un. Le président américain s’est aussi moqué de son secrétaire d’État Rex Tillerson, qui avait l’intention de mener une action diplomatique avec la Corée du Nord.

Les femmes sont-elles plus à même d’éviter les conflits?

Je ne dis pas que les femmes sont forcément plus pacifiques. Mais elles sont beaucoup plus formées pour valoriser la négociation et le compromis. C’est la société qui les a mises dans ce rôle. Contrairement aux hommes, elles n’ont pas appris à obtenir quelque chose par la pure force, à résoudre les conflits brutalement, mais plutôt à trouver d’autres voies pour obtenir ce qu’elles veulent. Quand les hommes disent que les armes nucléaires offrent davantage de sécurité, de quoi parlent-ils? Dans le Nevada et au Nouveau-Mexique, où des essais nucléaires ont été effectués, les femmes font des fausses couches en raison des radiations. Dans des négociations de paix, si vous n’incluez pas des femmes, les solutions diplomatiques seront plus difficiles à trouver et la paix ne sera pas durable.

Qu’allez-vous faire des 900 000 dollars obtenus grâce au Prix Nobel?

Nous les avons placés dans un «fonds dit des 1000 jours». À partir du 10 décembre 2017, nous nous donnons 1000 jours pour faire en sorte que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires entre en vigueur. Ce travail s’effectuera moins au niveau de l’ONU, mais plus dans les capitales. Nous allons financer des projets visant à pousser les États à ratifier le traité et la recherche.

On vous dit déçue des positions suisse et suédoise…

Oui, la Suisse et la Suède attendent de voir comment les choses évoluent. Ce n’est pas une politique étrangère très courageuse. Mais nous ne lâcherons pas la Suisse, qui était d’ailleurs très engagée au début du processus. Si la Suisse ratifie le traité, c’est là qu’elle aura le plus d’impact. En renforçant la norme d’interdiction, elle fera indirectement pression sur les États nucléaires. Si le siège de l’ICAN est à Genève, ce n’est pas par hasard. C’est ici que se rencontrent les instances du désarmement et le monde humanitaire.

Barack Obama a obtenu le Prix Nobel en grande partie en raison de son discours de Prague d’avril 2009 où il appelait à dénucléariser le monde. A-t-il joué un rôle important?

Oui et non. Il a fait de bonnes choses, mais il a aussi accepté la modernisation de l’arsenal nucléaire américain en contrepartie d’une ratification du nouveau traité Start de réduction des armes stratégiques. C’est le plus grand investissement (1200 milliards de dollars) dans un programme nucléaire depuis le projet Manhattan. Le discours d’Obama à Prague nous a cependant énormément aidés. Il a montré qu’il était possible pour un président américain d’avoir une réflexion rationnelle sur les armes atomiques. Il a fait du problème une question centriste alors qu’elle était avant l’apanage de l’extrême gauche. L’impact d’Obama se fait sentir aujourd’hui encore.

Vous avez été touchée par votre visite du pape au Vatican.

Oui, je ne suis pas une personne religieuse, mais j’ai été impressionnée par le pape, par les valeurs qu’il véhicule. Il n’a pas de puissance militaire derrière lui. Son pouvoir, c’est son autorité morale, c’est le fait que les gens croient en lui. Le pape a joué un rôle crucial dans le processus d’interdiction. Le Saint-Siège a été le premier pays à signer le traité. Le message du Vatican fut très fort. Il dit que même posséder la bombe atomique est un péché.

Pour vous, la société civile joue un rôle primordial.

Oui, son rôle est essentiel. La démocratie ne consiste pas seulement à aller voter tous les quatre ans. La société civile doit se mobiliser pour reconquérir une forme de pouvoir. C’est à nous qu’incombe le changement. À personne d’autre. Les dirigeants politiques ne vont pas régler les problèmes pour nous.

Article de Stéphane Bussard

Pour voir la vidéo (4mn01s) qui accompagne cet article,
cliquer ici

Merci à Savoie Antinucléaire de nous avoir fait connaître cet article


Voici comment c’était sur place après les bombardements:
Fév 08

Radioactivité des aliments

Véritable surveillance ou permis de polluer ?
La CRIIRAD met en cause les choix de la DGAL

La CRIIRAD a détecté des anomalies préoccupantes dans le plan de surveillance des aliments établi par la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

  • 1/ l’alerte pour enquête est déclenchée à partir de niveaux de contamination beaucoup trop élevés et dépourvus de toute justification juridique ;
  • 2/ pour le césium 137 imputable à Tchernobyl, la DGAL applique, en toute illégalité, une tolérance nettement supérieure à celles en vigueur en Europe (et 10 à 20 fois plus élevée que les maxima autorisés au Japon !)

Une demande de régularisation vient d’être adressée au directeur général de l’alimentation.

Plus d’information :
Lire le communiqué du 7/02/2018
Lire le recours gracieux adressé par la CRIIRAD au directeur général de l’alimentation

CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla
26000 VALENCE
04 75 41 82 50
www.criirad.org

logo de la CRIIRAD


Note

Ces limites concernent les conditions normales de fonctionnement des installations nucléaires, hors accident local ou à distance.
Il est incroyable de constater que la découverte de Plutonium dans nos aliments ne déclenche l’alerte que s’il y en a plus de 10 Bq/kg.(voir le tableau du communiqué de la CRIIRAD). Le plutonium n’a rien à faire dans nos aliments; la découverte d’un seul Becquerel est franchement anormale et elle signale une fuite quelque part. Même chose pour les autres éléments radioactifs polluant nos aliments.
Il semble qu’en haut lieu on considère comme normal que nous consommions « un peu » de radioactivité et qu’on ne soit pas très curieux sur la cause d’une éventuelle contamination.

Extraits du communiqué de la CRIIRAD:
Ces seuils sont bien trop élevés: mesurer 1 seul becquerel de plutonium 239 ou d’uranium 235 dans un litre de lait devrait suffire à lancer l’alerte. Il est irresponsable d’attendre que l’activité de l’iode 131 ou du ruthénium 106 dépasse 100 Bq/kg pour diligenter une enquête! Et le seuil est à 1000 Bq/kg pour le cobalt 60, à 10.000 Bq/kg pour le technétium 99!
Selon les cas, des taux de contaminations 10 fois, 100 fois, voire 1000 fois inférieurs à ces limites justifient une intervention. Et il est d’autant plus urgent de déterminer la source de la pollution qu’il est improbable, vu le faible nombre de contrôles, que l’analyse ait porté sur l’échantillon le plus contaminé.

En dehors des contaminations résiduelles attendues (Tchernobyl, essais nucléaires…), toute activité mesurable de radionucléides artificiels dans les aliments doit conduire à s’interroger sur son origine. Les enjeux sont évidemment sanitaires mais la sûreté et la sécurité nucléaires sont également concernées (La présence de plutonium ou d’uranium 235 peut traduire un trafic de matières nucléaires mais n’importe quels produits radioactifs peuvent être associés à des explosifs classiques pour la préparation de bombes sales)…

le 8 février 2018


Jan 31

Césium et Iode radioactifs ne sont pas les seuls rejets nucléaires

QUI SE CACHE DANS LA FORÊT DERRIÈRE L’ARBRE “CÉSIUM“ ?
Un exemple : le CERIUM 144.

Dr A. BEHAR,Médecine Nucléaire (MCU-PH)
président le l’Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire ( AMFPGN)
Janvier 2017.

Il existe une montagne de publications scientifiques et autres sur le radionucléide “CÉSIUM 137”. Il n’est pourtant qu’un parmi les centaines d’isotopes produits, et pas le plus toxique, lors d’une explosion atomique ou dans les rejets des centrales nucléaires. De fait, tout se passe comme si le césium 137 n’est “qu’un arbre qui cache la forêt“.
Les raisons pragmatiques ne manquent pas eu égard à sa très facile détection avec son émission gamma de 662 KeV, sa demi vie idéale de 30 ans, ce qui laisse le temps de le trouver, son extraordinaire mobilité dans le sol et l’eau et son incorporation remarquable dans les végétaux comme les champignons. Il a donc tout pour plaire d’où son éligibilité comme témoin de la radio contamination. Mais pour nous médecins cela ne nous satisfait pas car il n’est pas aussi abondant que le strontium 90 bien plus dangereux avec sa fixation longue sur les os, et surtout il éclipse les centaines de radiotoxiques autrement plus redoutables (comme le plutonium, l’américium, etc.)

Il y a cependant quelques vedettes dans la forêt comme l’IODE 131 (pourquoi lui et pas les autres isotopes de l’iode tout aussi toxiques ?), Le tritium, tout de même le plutonium et, malgré ses difficultés de détection, le strontium 90.
Rappelons ici que la soudaine augmentation des ostéosarcomes à NEW YORK corrélée avec des retombées de strontium radioactif 6 fois plus élevées qu’en Argentine, est la raison première de l’abandon des essais nucléaires atmosphériques.

Et les autres, tous les autres ? Les petits, les sans grades, les mal vus par la communauté scientifique ? Ils restent à la portion congrue, et pourtant dans une approche multifactorielle de la radio-toxicité globale, ils sont pour les humains d’une importance décisive.
Parmi ceux ci, nous vous proposons de sortir de l’anonymat l’un d’entre eux, un métal de la famille des terres rares, LE CÉRIUM 144.

Il a eu ses heures de gloire lors des accidents de Mayak, de WINSCALE et de TCHERNOBYL avec une abondance remarquée, puis il est retombé dans l’oubli.
Voici les raisons de notre choix :

  • Dans les trop rares cas de recherche des radionucléides dans les urines des vétérans français des essais nucléaires radio contaminés, on a retrouvé du cérium 144 en quantité significative.
  • De 1945 à 1962, les essais nucléaires dans l’atmosphère ont libéré 2,2 10 puissance 19 de Cérium 144 dans l’environnement.
  • Les centrales nucléaires rejettent par an 3 millions de Becquerels de cérium 144 par mégawatt

Autour de la Hague, centre de retraitement des déchets radioactifs près de Cherbourg, le cérium 144 représente 12% des rejets d’émetteurs béta globaux. Mais qui s’en soucie ?….

Lire l’article entier
Qu’est-ce que le Cérium ?
la toxicité du Cérium
Cérium et radioprotection

Dr A. BEHAR


Le site de l’ AMFPGN

L’AMFPGN est affiliée à l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), prix Nobel de la paix en 1985, fédération d’associations de plus de 60 pays, qui regroupe des dizaines de milliers de praticiens. Son objectif premier est la prévention d’un conflit atomique. C’est la seule association médicale internationale indépendante entièrement dédiée à la recherche, l’éducation et l’action pour la prévention d’un conflit atomique. Ceci suppose en premier lieu une réponse médicale à la société nucléaire qui est la nôtre.
AMFPGN
5 rue Las Cases
75007 PARIS – FRANCE

Jan 22

Essais nucléaires en polynésie: les petits-enfants oubliés de la bombe

Une étude révélée par « Le Parisien »
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php

L’étude menée par le Dr Christian Sueur sur des enfants polynésiens dont les grands-parents ont travaillé sur les sites des explosions atomiques atmosphériques est alarmante

C’est un rapport qui dérange. Les essais nucléaires atmosphériques qui ont eu lieu, entre 1966 et 1974, en Polynésie française, ont-ils eu des répercussions génétiques sur les descendants des vétérans du Centre d’Essais du Pacifique (CEP) ayant participé à ces essais, et plus largement sur les populations locales ? C’est ce que laisse entendre le rapport alarmant du Dr Christian Sueur, responsable jusqu’en décembre 2017 de l’unité de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier de Polynésie française. Dans ce document que nous avons pu nous procurer, ce praticien, retourné en poste en Métropole depuis janvier, relève des anomalies morphologiques parfois couplées à des retards mentaux chez de nombreux enfants.

Les observations du docteur Sueur sont le fruit d’un travail de consultation et de recherche clinique, mené entre 2012 et 2017. Un travail réalisé à Tahiti, et dans cinq archipels, en particulier aux îles des Tuamotu-Gambier, l’une des zones les plus touchées par les retombées radioactives des 46 essais atmosphériques polynésiens menés durant huit ans à Mururoa et Fangataufa.

Déficiences génétiques

271 enfants ont consulté pour des troubles envahissants du développement (TED)*. Parmi ces jeunes patients, 69 d’entre eux ont également développé des anomalies morphologiques et/ou des retards mentaux. Dans son rapport, le praticien relève des pathologies liées à des déficiences génétiques, susceptibles d’avoir été provoquées par des retombées radioactives sur les « cellules germinales » des grands-parents, avant de se transmettre sur plusieurs générations. La grande majorité de ces enfants ont en effet des aïeux qui ont travaillé sur place à l’époque des essais nucléaires et dont les parents sont nés à cette période. Fait troublant, plus de 70 % de ces enfants ont des parents mais aussi des frères et sœurs qui ont développé des pathologies telles que leucémies, cancers du rein ou de la thyroïde. Autant de pathologies radio-induites, c’est-à-dire des maladies considérées comme pouvant être liées aux retombées radioactives.

Certaines données relevées dans ces îles des Tuamotu-Gambier posent question. À Tureia, atoll habité le plus proche de Mururoa et touché par 39 retombées radioactives, un enfant sur 4 est atteint d’un cancer de la thyroïde, de jeunes adultes sont décédés à la trentaine ou ont développé des pathologies héréditaires. Sur près de 300 habitants, le docteur Sueur a relevé une vingtaine de pathologies possiblement radio-induites, soit une morbidité d’une personne sur 5. À Reao, où vivent 369 habitants, près de 10 % de la population est touchée par une maladie radio-induite.

carte des retombées

document Le Parisien

Les responsables politiques alertés en vain

Étonné par cette concentration de cas dans une population infanto-juvénile sur une zone restreinte, Le Dr Sueur a alerté de cette situation il y a quelques années auprès des autorités polynésiennes et a interpellé les différents ministres de la Santé qui se sont succédés au sein du gouvernement polynésien. Sans effet.

Si des scientifiques se sont déjà intéressés aux différents cancers en Polynésie française, rares sont ceux qui se sont penchés sur la question des anomalies génétiques ou morphologiques chez les enfants. Dès 2012, le pédopsychiatre a travaillé sur le lancement d’un programme de recherche avec l’aide de Bruno Barrillot, délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires. Ceci jusqu’au décès de ce dernier en mars 2017.

L’idée des deux experts était de lancer une recherche épidémiologique chez les anciens travailleurs du CEP et leurs descendants (première et deuxième génération) mais aussi au sein de la population de la Polynésie française. En effet, selon des documents secret-défense déclassifiés en 2013, le territoire aurait été survolé dans son ensemble par les nuages radioactifs.

*Les troubles envahissants du développement peuvent se traduire par différentes pathologies : autisme, syndrome de Rett, syndrome d’Asperger, dysharmonies d’évolution.

«Le parisien» du 20 janvier 2018
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php


Notes:

Dommage que l’étude envisagée par le Dr Sueur et Bruno Barillot ait été bloquée.

Comme prévisible,le service de santé des armées critique l’étude qu’il juge «excessive». Mais dès les premières lignes de la réponse des militaires on peut lire: « Nous ne menons aucune étude sur ces enfants……»
a lire ici:
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-l-armee-francaise-conteste-l-etude-du-docteur-sueur-21-01-2018-7513143.php

«Nous avons servi de cobayes» : témoigne le père d’une enfant atteinte de troubles du développement
http://www.leparisien.fr/faits-divers/polynesie-nous-avons-servi-de-cobaye-a-l-epoque-des-essais-nucleaires-21-01-2018-7513140.php

Entretien avec le Dr Sueur qui avait commencé à organiser avec Bruno Barillot (délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires, décédé en mars 2017) une étude poussée, en liaison avec des scientifiques japonais.Projet stoppé :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-un-medecin-denonce-une-omerta-21-01-2018-7513137.php

Le blog du Dr Christian Sueur:
https://blogs.mediapart.fr/christian-sueur/blog/050811/les-essais-nucleaires-francais-dans-le-pacifique-n-etaient-pas-prop

La définition des «troubles envahissants du développement» par la haute Autorité de santé française:
https://www.has-sante.fr//portail/upload/docs/application/pdf/2010-03/autisme_et_autres_ted_etat_des_connaissances_resume.pdf

Le 22 janvier 2018


Jan 01

La pollution de l’Europe par le Ruthénium 106. Toujours le silence.

On ne sait toujours pas comment il se fait qu’une grande partie de l’europe a subi des retombées de Ruthénium radioactif

Dans son communiqué du 20 décembre 2017
la CRIIRAD fait le point et conteste le rapport russe
Voir le communiqué de la CRIIRAD (avec une carte)
http://criirad.org/accident-et-pollutions/2017-12-20_cp_Ru-106_enqu%C3%AAte-russe.pdf

L’AIEA (Agence internationale pour l’énergie nucléaire – agence de l’ONU) semble n’avoir publié qu’un relevé de mesures confidentiel « réservé aux autorités » (que la CRIIRAD a pu consulter). Effectivement en allant sur le site de l’AIEA, je n’ai trouvé aucune mention de l’accident.
L’OMS, autre agence de l’ONU: site muet sur la question du Ruthénium. L’OMS est censée se préoccuper de la santé des populations…

Les pays de l’Ouest de l’Europe n’ont pas subi de retombées préoccupantes (voir le rapport de la CRIIRAD)
Il semble bien que les populations proches du site de rejet n’aient bénéficié d’aucune mesure de protection.


Libérer l’ONU du nucléaire

À propos de l’AIEA et de l’ONU, toutes deux faisant partie de l’ONU, je vous propose de lire ces intéressantes interventions au «Forum social antinucléaire» de novembre 2017 à Paris
Ce sont les textes des contributions à l’atelier « Libérer l’ONU du nucléaire », animé par Michel Lablanquie, Yves Lenoir, Paul Lannoye et Nicole Roelens.

  • Nicole Roelens, « Pourquoi les peuples laissent-ils s’accomplir le crime nucléaire contre les prochaines générations ? »:
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Roelens-FSMAN-pourquoi-les-peuples-laissent-ils-s-accomplir-le-crime-nucleaire.pdf
  • Paul Lannoye, « La radioprotection doit être refondée,ses bases scientifiques sont erronées » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lannoye-FSMAN-2017.pdf
  • Yves Lenoir, « L’ONU et ses organes :des institutions de et pour l’âge atomique »
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/index-lenoir.html
  • Michel Lablanquie, « Les droits de l’ADN – Libérer l’ONU du nucléaire » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lablanquie-FSMAN-les-droits-de-l-adn.pdf

Les textes des interventions, qui ne sont pas retranscription, et de nombreuses autres sources sont publiés ici :http://tinyurl.com/yazl94mr

Voir aussi la synthèse qu’a faite le journal «Basta»:
https://www.bastamag.net/Nouvel-incident-nucleaire-en-Russie-le-silence-et-l-opacite-sont-toujours-la


Note

Tout cela est sérieusement inquiétant en ce qui nous concerne, nous, la population, lors de futurs accidents nucléaires; où qu’ils soient dans le monde. Il est fort probable que nous serons alors comme ici très mal informés et protégés…..
Mayak, Tchernobyl, Fukushima on montré qu’il est impossible de gérer efficacement un accident nucléaire civil. Quand à la joute actuelle entre Corée du Nord et USA, espérons qu’elle restera verbale…

Une bonne chose quand même en 2017: la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires par de nombreuses nations. Malheureusement, dans un coin de la cour de récréation, quelques fiers à bras ricanent et affirment qu’ils ne lâcheront jamais leur gros bâton atomique….

Le 01 janvier 2018


Déc 16

Les installations nucléaires sont très vulnérables aux aggressions:

la sortie du nucléaire est une urgence

Après l’émission « Sécurité nucléaire, le grand mensonge »sur ARTE,
je reprends ci dessous le communiqué de l’association SORTIR DU NUCLÉAIRE.

Communiqué du 6 décembre 2017

Comme l’a démontré le reportage de Arte « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », quasiment aucune installation nucléaire n’est à l’abri du risque d’agression, qui n’a pas été prévu lors de leur conception. Tir de roquette sur une centrale, une usine ou un transport radioactif, crash d’avion, cyberterrorisme, attaque de drones ou actes de sabotage : tous ces scénarios sont malheureusement crédibles et leurs conséquences seraient catastrophiques (impacts sanitaires lourds, exode massif des populations…). Les autorités et les industriels doivent en tirer les leçons qui s’imposent.

Regarder le documentaire de ARTE:
Sécurité nucléaire – le grand mensonge

https://tinyurl.com/y93aajaa
ou
https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

Disponible du 05/12/2017 au 03/02/2018

Ces failles de sécurité béantes, qui viennent se rajouter à un contexte déjà inquiétant en termes de sûreté (vieillissement des installations, incapacité d’EDF et Areva à assurer une maintenance correcte de leurs installations, découverte de nombreuses malfaçons), appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. La sécurité des populations doit passer avant les intérêts économiques d’EDF et Areva. Elle ne pourra être garantie qu’avec la disparition du risque nucléaire actif, ce qui signifie une sortie en urgence du nucléaire.

Dans ce contexte, il apparaît d’autant plus irresponsable que l’échéance de réduction de la part du nucléaire ait été repoussée à une date pour l’instant indéterminée. Le gouvernement, responsable en premier lieu de la sécurité des citoyens, se doit d’engager dès maintenant un programme de fermeture des centrales, sans attendre qu’EDF daigne enfin renoncer à prolonger leur durée de fonctionnement.

Alors que la France n’est pas à même de sécuriser ses 58 réacteurs et ses nombreuses usines nucléaires, il apparaît également irresponsable d’accroître cette vulnérabilité en mettant en service l’EPR de Flamanville – dont il est démontré depuis déjà de nombreuses années qu’il ne résisterait pas plus que les autres installations au crash d’un avion de ligne. Ce risque d’agression vient se rajouter aux nombreux problèmes de sûreté (cuve défectueuse, malfaçons en série…) qui plaident déjà pour l’abandon du réacteur.

Enfin, comme le démontrent les faits exposés dans le reportage « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », il n’est pas concevable que la France puisse poursuivre plus longtemps les opérations de séparation du plutonium effectuées à La Hague, qui posent un risque énorme en terme de prolifération. Et que dire de la fabrication du combustible MOX, qui entraîne des allées et venues dans toute la France de camions de plutonium à la merci d’une attaque ?

C’est avec raison que, le 2 décembre, près de 250 personnes ont déposé plainte contre EDF et l’État pour « risque causé à autrui » en raison de l’insécurité nucléaire.

La France ne peut pas continuer à menacer plus longtemps la sécurité des populations européennes. Il est inacceptable que la seule réponse aux alertes posées dans ce documentaire soit, en l’état actuel, la criminalisation des militants qui ont le courage de s’engager pour mettre en lumière les problèmes. Au lieu de se réfugier dans le mutisme, les responsables politiques ont le devoir de prendre le sujet à bras-le-corps : la sortie du nucléaire s’impose en urgence !

Sortir du nucléaire
Contact presse :
Martial Chateau – 06 45 30 74 66


Note:

Et j’ajoute: la France doit signer et appliquer le traité d’interdiction des armes nucléaires qui sont une menace pour l’humanité entière et les générations futures. Voir l’affaire USA contre Corée du nord et les problèmes du moyen orient.

le 16 décembre 2017


Déc 14

Il y a 60 ans: Kychtym, le premier Tchernobyl

Le désastre nucléaire en Oural en 1957

La traduction française du livre de Jaurès Medvedev a été publié en 1988 sous le titre « Désastre nucléaire en Oural ». Il est épuisé en librairie mais disponible en PDF sur:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf .
L’ouvrage initial en anglais: «Nuclear Disaster in the Urals » a été publié fin 1979 en Angleterre.

Préface par Bella Belbéoch

Au cours de l’hiver 1957-1958, une catastrophe est survenue en URSS
dans la région de Kychtym (Oural), dans un centre de stockage de
déchets nucléaires entraÎnant l’évacuation de nombreux villages et la
condamnation d’un vaste territoire.

Comment un tel désastre a-t-il pu rester ignoré en Occident alors qu’il
s’agissait de la plus grande catastrophe industrielle ? Sans le biologiste
soviétique dissident Jaurès Medvedev, cette catastrophe aurait pu être
complètement occultée. La brève description qu’il en fit dans un article de
la revue britannique « New Scientist » en novembre 1976 fut accueillie
par de violentes critiques, voire des sarcasmes, par la plupart des
experts nucléaires.

Jaurès Medvedev fut ainsi poussé à faire la démonstration minutieuse de la véracité de l’événement par l’analyse de ses conséquences écologiques. C’est l’objet de son livre « Nuclear Disaster in the Urals » publié fin 1979 en Angleterre.

Le lecteur peut se poser des questions complémentaires :

  • – Le tabou concernant les accidents majeurs est-il si grand qu’il a
    rendu aveugles (et sourds) les experts qui affirmaient posséder la
    maÎtrise nucléaire puisque la plupart des preuves de Medvedev
    proviennent de textes scientifiques soviétiques disponibles dans les
    bibliothèques occidentales ou exposés à des congrès internationaux
    auxquels participaient les experts occidentaux ?
  • – Est-ce un hasard si le livre de Medvedev traduit dans la plupart des
    langues dès 1978 n’a pas été publié en France, le pays le plus nucléarisé
    du monde et le plus étatisé (après l’URSS) ?

Fort heureusement les Editions lsoète comblent cette lacune à un
moment opportun. Après la catastrophe de Tchernobyl il a été dit dans la
presse française que la région contaminée serait « le premier laboratoire
en vraie grandeur » pour l’étude écologique des effets des rayonnements
ionisants. Affirmation erronée puisqu’il y a eu Kychtym – dont on ignore
toujours le nombre de morts. Ainsi, la quasi censure continue. D’ailleurs,
dans les discussions post-Tchernobyl entre les experts occidentaux et
leurs collègues soviétiques, aucune référence n’est faite à Kychtym et
aux enseignements que les soviétiques ont dû en tirer.

Bien sûr la référence à Kychtym aurait pu être embarrassante
lorsqu’un an après Tchernobyl les Soviétiques, sous la pression des
nucléocrates occidentaux, ont réduit l’ampleur des effets à long terme de
la catastrophe par un facteur 10 en arguant qu’ils s’étaient trompés dans
l’évaluation de la contamination de la population ; eux qui sont les seuls à
avoir « expérimenté » un événement du même type, le « laboratoire » de
Kychtym leur ayant fourni les meilleurs données mondiales existantes sur
l’évolution en milieu naturel d’une contamination importante par éléments
radioactifs…

Bella Belbéoch


En savoir plus:

Télécharger le livre en français sur le site des enfants de tchernobyl-belarus:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf

Un article passionnant de dissident-media sur la genèse du livre et l’accident:
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/20ans_de_silence.html

L’article de Wikipedia sur la catastrophe de Kychtym
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Kychtym

La notice de Wikipedia sur Jaurès Medvedev:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaur%C3%A8s_Medvedev

Jaurès Aleksandrovitch Medvedev (en russe: Жорес Медведев), né le 14 novembre 1925 à Tbilissi, en RSS de Géorgie (Union soviétique), est un biologiste et ancien dissident soviétique.

Il est le frère jumeau de l’historien et dissident Roy Medvedev. Son prénom a été choisi par ses parents en l’honneur de Jean Jaurès. L’orthographe Zhores découle donc uniquement d’une adaptation à la graphie cyrillique.

Jaurès Medvedev remettait en cause les thèses biologiques en vogue en URSS sous la présidence de Brejnev et auparavant, notamment le lyssenkisme accusé d’avoir contribué à voiler la réalité scientifique au profit du soutien de l’idéologie stalinienne. Pour étouffer la portée de sa contestation, le régime en place sous Brejnev décida son internement dans un hôpital psychiatrique après l’avoir accusé de démence. Le 29 mai 1970, J.Medvedev fut placé à l’hôpital psychiatrique de Kalouga, officiellement pour avoir écrit quelques articles sur les violations des droits de l’homme en URSS, parmi lesquels ceux relatifs à la protection du caractère privé de la correspondance. Dans ses articles, Medvedev affirmait que les membres du KGB pouvaient ouvrir n’importe quelle lettre de n’importe quel citoyen d’URSS

Jaurès Medvedev révéla en 1976 dans la revue américaine New Scientist qu’une catastrophe nucléaire était survenue dans le sud de l’Oural près d’une vingtaine d’années plus tôt. Cet évènement est connu depuis comme la catastrophe nucléaire de Kychtym. Elle se produisit près de Tcheliabinsk en septembre 1957, et reste avec celle de Tchernobyl et celle de Fukushima l’une des plus trois graves catastrophes nucléaires jamais connues. Trois ans plus tard, il publia un livre sur le sujet: Nuclear disaster in the Urals

Jaurès Medvedev


Notes:

Le ruthénium qui a contaminé fin septembre l’Europe semble bien provenir de cette même région. On ne sait toujours pas ce qui s’est passé là bas; on ne sait rien non plus du sort des populations concernées.L’AIEA, l’OMS sont étrangements muettes….
Voir le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Le complexe nucléaire accidenté Maïak se trouve entre les villes de Kasli et Kychtym, à 72 km au nord de la ville de Tcheliabinsk en Russie.
La notice de Maïak sur Wikipedia

Le 14 décembre 2017

Déc 07

Augmentation de la mortalité périnatale dans les préfectures contaminées par l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima.

Une étude dans le temps et l’espace publiée par la revue MEDICINE
– Hagen Heinrich Scherb, Dr rer nat Dipl-Math (Allemagne)
– Kuniyoshi Mori, MD (Japon)
– Keiji Hayashi, MD (Japon)

Résumé

Des études descriptives par observation (Descriptive observational studies) ont montré une évolution à la hausse de la mortalité périnatale européenne séculaire après Tchernobyl.
L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a-t-il entraîné des phénomènes similaires au Japon ? C’est la question que nous posons ici
.

Le gouvernement japonais a publié pour la période 2001-2014 des statistiques mensuelles pour 47 préfectures représentant 15,2 millions de naissances. 69.171 cas de mort périnatale du foetus ou du nouveau-né ont été enregistrés entre la fin de la 22ème semaine de grossesse et 7 jours révolus après la naissance.

Afin d’évaluer et de vérifier la part de l’augmentation des taux de mortalité périnatale attribuable au tremblement de terre, au tsunami ou à l’exposition aux rayonnements, nous avons appliqué une méthode dite de variation du point (change-point) permettant de détecter les modifications des variables dans le temps. Nous avons aussi analysé l’évolution dans le temps de la mortalité périnatale dans les préfectures japonaises classées par ordre d’exposition aux rayonnements.

Les zones présentant des niveaux de rayonnement modérés à élevés ont été comparées à des zones moins exposées et non affectées; de même les zones fortement contaminées ont été comparées selon qu’elles ont été touchées ou pas par le tremblement de terre et le tsunami.

Dix mois après le tremblement de terre,le tsunami et l’accident nucléaire qui a suivi, la mortalité périnatale dans 6 préfectures gravement contaminées a fait un bond à partir de janvier 2012: rapport de probabilité du saut de 1,156; Intervalle de confiance à 95% (1,061, 1,259), valeur P 0,0009.

Il y a eu de légères augmentations dans les zones exposées à des niveaux de contamination modérés et aucune augmentation dans le reste du Japon.

Dans les zones fortement contaminées, l’augmentation de la mortalité périnatale 10 mois après Fukushima n’est pas liée au nombre de morts et de disparus dus au tremblement terre et au tsunami.

Dans les zones contaminées par des substances radioactives, la mortalité périnatale a commencé d’augmenter 10 mois après l’accident nucléaire par rapport à la baisse séculaire stable existante. Ces résultats concordent avec les constatations en Europe après Tchernobyl.

Cependant, cette étude – comme d’autres du même type – ne peut qu’émettre des hypothèses sans pouvoir établir un véritable lien de causalité, du fait de facteurs inconnus et non contrôlés ou de facteurs de confusion. De ce fait, il est nécessaire et urgent d’intensifier les recherches dans diverses disciplines scientifiques; pour mieux qualifier et quantifier le rapport entre les radiations naturelles et artificielles de l’environnement et les effets nuisibles sur la santé génétique de la population.


L’article original publié dans le journal «Medicine»:
Scherb et al, “Increases in perinatal mortality in prefectures contaminated by the Fukushima nuclear power plant accident in Japan: A spatially stratified longitudinal study.” Medicine; 2016 Sep; 95(38).
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5044925/pdf/medi-95-e4958.pdf
http://ebm-jp.com/wp-content/uploads/media-2016002-medicine.pdf


Note:

– Les méthodes statistiques ne sont pas capables d’identifier la cause de cette augmentation de la mortalité périnatale. Concernant les problèmes de santé, le lobby nucléaire en profite pour nier tout lien avec l’exposition aux rayonnements nucléaires. Et de ce fait il incite les gouvernements à renvoyer les populations déplacées, y compris enfants et femmes enceintes, dans des zones toujours contaminées.
La statistique a ses limites mais cela ne dispense pas d’utiliser notre intelligence.

Le 7 Décembre 2017


Nov 30

Qui est concerné par un éventuel accident nucléaire en France ?

Une carte de Greenpeace

La France, pays le plus nucléarisé au monde, avec ses 58 réacteurs en fonctionnement et ses dizaines d’installations civiles et militaires, se contente de protéger les populations dans une zone beaucoup trop restreinte en cas d’accident nucléaire. Pourtant, l’impact d’une catastrophe nucléaire peut s’étendre au-delà de 100 kilomètres (Fukushima) voire au-delà de 300 kilomètres (Tchernobyl).

En France, c’est le Plan Particulier d’Intervention (PPI) qui comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées en cas d’accident sur un site nucléaire. Greenpeace demande l’extension de cette zone PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Pour plus de détails lire l’intéressant rapport du 30/01/2016 de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information
http://www.anccli.org/
En France, chaque installation nucléaire est pourvue d’une Commission Locale d’Information (CLI) qui a la double mission d’informer la population sur les activités nucléaires et assurer un suivi permanent de l’impact des installations nucléaires

Le rapport de l’ANCCLI- 2016


carte des zones autour de Lyon

Un exemple de la carte Greenpeace pour Lyon


Aller sur la carte de Greenpeace


PS. Le rayon des PPI autour des centrales devait être élargi à 20 km.
(http://www.maire-info.com/risques/le-perimtre-des-ppi-nucleaire-va-tre-etendu-20-km-article-19532)
Je ne sais pas si cet élargissement est appliqué actuellement…j’ai cherché en vain dans le fouillis de la législation…si un lecteur a la réponse peut-il me l’envoyer ? merci

le 30 novembre 2017


Nov 25

Les migrants du nucléaire

Une étude de la sociologue Cécile Asanuma-Brice

Publié le 18/10/2017
Auteur(s) : Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie urbaine, Maison franco-japonaise Tokyo UMIFRE 19-CNRS / Laboratoire CLERSE, Université Lille 1

L’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima 1 le 11 mars 2011 a provoqué une grave contamination radioactive contraignant des dizaines de milliers de personnes à la fuite de leur domicile.

Parce qu’il prouve l’impossibilité de la gestion d’un accident nucléaire, le refuge n’est souhaité ni par les autorités nationales ayant opté pour une poursuite du nucléaire, ni par les autorités internationales.

Si dans un premier temps, les autorités ont simulé l’aide au refuge, cette aide a été interrompue en avril 2017 simultanément à la réouverture à l’habitat d’une partie de l’ancienne zone d’évacuation afin de contraindre les migrants au retour à la vie dans les territoires contaminés.

Sommaire

  • Un matin comme un autre
  • Les effets de la résilience
  • Ce nouveau séisme ravive les colères
  • En dépit du bon sens, le retour dans l’ancienne zone d’évacuation organisé par les autorités prend place
  • Dans les faits, où en est-on ?
  • Du progrès, et de la vie : ce que les sciences sont en droit d’interroger

Lire la suite

Lire l’article origine de C. Asanuma-Brice

Merci à Fukushima blog qui nous a signalé et a publié cette étude


carte de la contamination du Japon après Fukushima


Le 25 novembre 2017