Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima

La nocivité des faibles doses de radioactivité, la rapide dispersion des éléments radioactifs de Fukushima se confirment

En Californie, chez les nouveaux-nés des femmes qui étaient enceintes au moment du passage du nuage radioactif de Fukushima, les cas d’hypothyroïdie ont augmenté de 7 fois par rapport aux périodes précédentes sans pollution radioactive.

Les doses d’Iode radioactif qu’ont reçu les mères de Californie devaient être assez faibles. L’Iode radioactif a été dispersé au cours de son trajet de 6 jours au dessus du Pacifique et son activité radioactive diminue de moitié en 8 jours.

Ceci montre que contrairement à ce qu’affirme le lobby nucléaire, les faibles doses ont un effet néfaste sur la santé.


Notes

1- Je ne sais pas quel est l’avenir de ces enfants. Leur thyroïde se remettra-t-elle à fonctionner ? resteront-ils dépendants leur vie durant d’un traitement ? y a-t-il un risque que se développent des tumeurs bénignes ou malignes ?

2- Le nuage radioactif a traversé le Pacifique et atteint la côte Ouest des USA en 6 jours. Il a vraisemblablement fait le tour de l’hémisphère nord. Donc beaucoup de gens ont été exposés à des doses relativement faibles de la radioactivité de Fukushima.

3- Il ne devait pas y avoir que de l’Iode radioactif. Aussi du Césium, Strontium, peut-être du plutonium.

le panache radioactif de Fukushima

L’étude a été publiée dans l’Open journal of Pediatrics, (J. Mayano, J. Sherman, Christopher Busby)
Résumé-traduction et commentaire de l’étude:

L’état de Californie, sur la côte pacifique des USA pratique depuis des années sur tous les nouveaux nés un test permettant le diagnostic de l’Hypothyroïdie (manque ou absence de production d’hormone thyroïdienne par la Thyroïde). Le manque d’hormone thyroïdienne a de graves conséquences sur le développement physique et le développement intellectuel de l’enfant.

Si on additionne, en Californie, les cas limites et les cas confirmés, les cas d’hypothyroïdie à la naissance ont augmenté de 7 fois chez les enfants soumis à la pollution intra-utérine, pendant la grossesse de leur mère. Les cas « limite » ont plus augmenté que les cas confirmés.
Aucune autre cause que le passage du nuage radioactif de Fukushima au printemps 2011 n’est décelable.

Ceci confirme encore une fois la nocivité des faibles doses et la grande sensibilité des foetus.

La glande thyroïde est la première glande à apparaître chez l’embryon humain, vers le 70° jour de gestation. Le développement du cerveau dépend d’un fonctionnement thyroïdien normal.

Par ailleurs, à Fukushima:

44 cas de cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués depuis mars 2011 sur 178.000 enfants de 0 à 18 ans

Soit un proportion de 12 pour 100.000 enfants chaque année;
Le taux « habituel », avant la pollution, était de 0,15 pour 100.000 en 2005.

On a constaté aussi la présence de nodules ou de kystes chez 43,6% des 94.426 enfants examinés, ce qui est totalement anormal.

De nombreuses études prouvent la nocivité des faibles doses de radioactivité.

L’étude BEIR (dont nous avons parlé à propos de la vie dans un milieu à 20mSv/an) a conclu à une relation proportionelle entre la radioactivité et le risque de cancer, sans seuil; donc dès le premier Becquerel.

– Steward et d’autres ont montré un quasi-doublement de la mortalité des enfants exposés in utero aux rayons X à l’occasion d’une radiographie pelvienne.

– L’institut US de médecine et le National Research Council estiment que au moins 212.000 américains ont développé un cancer de la thyroïde suite à leur exposition, pendant la période foetale ou l’enfance, aux doses relativement basses d’Iode 131 relâchées par les essais nucléaires dans le désert du Nevada.

– Des études récentes montrent la nocivité des faibles doses sur les travailleurs du nucléaire. Les faibles doses reçues de façon chronique semblent plus dangereuses que la même dose reçue en une fois.

– D’autres études montrent que les faibles doses provoquent des translocations chromosomiques (cassure des chromosomes suivies d’une mauvaise réparation). Ces translocations chromosomiques sont considérées comme la cause primaire des cancers.

De plus en plus d’auteurs affirment que le modèle qu’utilise le lobby nucléaire officiel (AIEA, OMS, UNSCEAR etc…) pour la prédiction des effets des faibles doses en sous estime fortement la gravité.
Le lobby nucléaire ne cesse d’affirmer que les faibles doses ne représentent aucun risque alors que les faits viennent le démentir.


Références

L’étude en anglais sur les nourrissons californiens

Qui est Christopher Busby l’un des auteurs de cette étude

Le blog de Michel Philips sur médiapart

Un article de Christopher Busby traduit en français sur fukushima-over-blog

L’article de «vivre-apres-fukushima» sur le danger de vivre dans un milieu à 20mSv/an

Autres études sur les doses faibles

L’étude BEIR VII : étude des effets biologiques des rayonnements ionisants: c’est un rapport de l’Académie Nationale des Sciences US – 2006. Il a étudié les effets biologiques des doses dites « faibles»: jusqu’à 100mSv.
j’en ai rendu compte dans l’article sur les risques qu’il y a de vivre dans une zone à 20mSv/an.
Vous pouvez la consulter et télécharger gratuitement sur le site de l’Académie nationale des Sciences US:
Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation: BEIR VII Phase 2 (2006)

Et des études récentes:

Une étude de 2007 sur l’exposition professionnelle aux faibles doses: En 2007, la plus grande étude jamais menée sur l’exposition professionnelle aux rayonnements à faible dose a été publiée. L’étude contenait plus de 400 000 travailleurs de l’industrie nucléaire de 15 pays. [Radiat Res. 2007 Apr;167(4):396-416]. Étude collaborative dans 15 pays du risque de cancer chez les travailleurs de rayonnement de l’industrie nucléaire: les estimations des risques de cancer liés aux rayonnements. par Cardis E. et all.
Deux ans plus tard, en 2009, Jacob et ses collègues ont analysé l’étude de 15 pays que nous venons d’examiner, plus huit autres études de travailleurs nucléaires. [Occup Environ Med 2009; 66 : 789-796 Jacob P. et all. Is cancer risk of radiation workers larger than expected?]
visible ici

En 2010, Bhatti et ses collègues ont publié une méta-analyse (=regroupement d’études sur le même sujet) d’études examinant l’influence des examens médicaux par rayons X sur l’incidence des translocations chromosomiques. [Radiat Res. 2008 August; 170(2): 149–155 Augmentation de la fréquence des translocations chromosomiques associée aux examens radio-diagnostiques ].


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