Les déchets américains à BIKINI fuient

Le dôme sous lequel ils ont enterré «provisoirement» leurs déchets se dégrade; l’élévation du niveau des mers risque de faire passer 85.000 m3 de déchets radioactifs à la mer.

Résumé d’un article du «Gardian» en anglais-3 Juillet 2015

L’atoll d’ENEWETAK et celui de BIKINI, plus connu, ont été le site principal des essais atomiques des USA pendant les premières années de la guerre froide.
carte des îles Marshall
En 1948, la population locale de pêcheurs et cultivateurs a été évacuée vers un autre atoll distant de 200 km
En tout, 67 bombes nucléaires, en essais atmosphériques ont été explosées à Enewetak et Bikini entre 1946 et 1958. Ce qui équivaut à 1,6 bombe d’Hiroshima explosée chaque jour pendant 12 ans.

Les explosions ont couvert les îles de débris contaminés dont du Plutonium-239 dont la demi-vie est de 24.000 ans.

Quand les essais nucléaires furent terminés, la «US Defense Agency» (DNA) a nettoyé pendant 8 ans; mais le congrès a refusé de financer un programme complet de décontamination qui aurait rendu l’atoll habitable à nouveau.
L’option préférée de la DNA, l’immersion en mer profonde, était interdite par les traités internationaux. Finalement les militaires américains ont simplement râclé le sol arable contaminé et l’ont mélangé avec des débris radioactifs.
Cette bouillie radioactive a été jetée dans un cratère de 350 pieds (100 mètres), sans voile d’étanchéité, à la pointe nord de l’île Runit; puis elle a été enfermée sous 358 panneaux de béton.

Ce dôme n’a pas été conçu pour durer: c’était un stockage «provisoire» de matériaux radioactifs jusqu’à ce qu’un plan de décontamination définitive ait été conçu.
Nulle part sur les plages ou sur le dôme il n’y a d’avertissement à rester à l’écart, nulle indication qu’il s’agit de radioactivité, aucune clôture.

En 1980, alors que les américains préparaient leur propre départ, la population d’Enewetak a été autorisée à retourner chez elle, après 33 ans d’éloignement.
Les travaux de réinstallation à Rongelap et Bikini , également concernés par des tests, ont été abandonnés dans les années 1970 en raison de persistance de la contamination, en dépit des assurances sur la sécurité données par les États-Unis.

Seulement 3 des 40 iles ont été nettoyées, mais pas ENJEBI où la moitié de la population d’Enewetak avait toujours vécu.

Sur l’attoll ENEWETAK, Ils ont laissé ce dôme de béton sous lequel ils ont laissé 85.000 m3 de déchets nucléaires provenant de leurs 12 années d’essais nucléaires. Cette poubelle nucléaires a été construite en 1979; elle est nommée officiellement le « Runit dome ». les locaux l’appellent le tombeau.

Il y a des mares d’eau saumâtre autour du dôme dont le béton a commencé à se fendre (voyez la video).
Des déchets radioactifs ont commencé de fuir et selon un rapport de 2013 du département US de l’énergie, le sol autour du dôme est déjà plus contaminé que son contenu.

Les Marshallais savent qu’il y a un «poison» sur l’atoll, mais celui-ci leur offre une des rares sources de revenus possible.
Aujourd’hui, Enewetak est toujours inhabitée mais elle reçoit un flux régulier de visiteurs venant des îles voisines; ils viennent pêcher dans ses eaux poissonneuses ou récupérer de la ferraille; des bunkers abandonnés parsèment le littoral, des câbles électriques courent sous le sable.

Maintenant, les gens du pays, les scientifiques et les environnementalistes craignent que la houle d’une tempête, un typhon, ou autre événement cataclysmique provoqué par le changement climatique n’ouvre la couverture de béton et libère ses contenus dans l’Océan pacifique.

Michel Gerrard, directeur du centre Sabin sur le changement climatique à l’Université de Columbia a visité le dôme en 2010.
« Il contient de grandes quantités de Plutonium. Il est maintenant progressivement submergé du fait de de l’élévation du niveau de la mer provoquée par l’augmentation de l’émissions des gaz à effet de serre par les pays industriels, États Unis en tête.»

En 1983 les Îles Marshall ont signé un pacte d’association avec les US (sans accès à la pleine citoyenneté). L’accord réglait «toutes les réclamations passées, présentes et futures» et il laissait au gouvernement des îles Marshall la responsabilité du «Runit dome».

Aujourd’hui, les gouvernement US affirme qu’il a honoré toutes ses obligations et que le dôme et son contenu toxique relèvent de la compétence des îles Marshall.

Le gouvernement des îles Marshall de son côté affirme qu’avec une population de 53.000 habitants et un PIB de 190 Millions $ (la plus grande partie est l’aide des USA) il est absolument incapable de faire face à la catastrophe radioactive potentielle que les américains ont laissée derrière eux.

L’économie des atolls est ruinée.

Les américains ont interdit l’exportation de poisson et du Coprah en raison de leur contamination persistante. Le département américain de l’agriculture expédie des aliments: du Spam, de la farine, des conserves.

La destruction d’un mode de vie séculaire a abouti à une épidémie de diabète et des épisodes réguliers de famine.
Certains ont pu émigrer. D’autres vont s’installer pour quelques semaines sur les attols récupérer des cables de cuivre et autres ferrailles qu’ils vendent au seul commerce d’Eniwetak: un marchand chinois qui les achète un dollar ou deux par livre et les exporte avec des coquillages et des concombres de mer vers la province du Fujian, en Chine.

Un rapport de 2013 commandée par le ministère américain de l’énergie a confirmé que des typhons sont capables de détruire ou endommager les panneaux de béton; des matières radioactives fuient déjà hors du dôme.
Le DOE (département de l’énergie des USA) déclare que les fissures dans le béton sont simplement dues au séchage et au retrait; il affirme avoir l’intention de procéder à des réparations cosmétiques de façon à restaurer la confiance du public.
Il affirme qu’il surveille la contamination des résidents locaux, les eaux souterraines, la vie marine. Mais les habitants se plaignent que les résultats des mesures ne leur sont pas aisément accessibles.

Du Plutonium des expériences nucléaires d’Eniwetak a été trouvé en 2014 en Chine dans l’estuaire de la rivière des perles (Canton).

L’article complet du «Gardian» en anglais – 3 Juillet 2015


Quelques essais nucléaires
16 juillet 1945 USA premier essai mondial: Trinity Alamogordo
nouveau mexique (USA)
06 Aout 1945 USA Little Boy sur Hiroshima
09 Aout 1945 USA fat man sur Nagasaki
30 Juin 1946 USA Able premiere explosion sur Bikini
….
29 aout 1949 URSS premier essai à Semipalatinsk (Kazakhstan)
….
01 novembre 1952 USA Castel Bravo sur Bikini.
Contamination de pêcheurs japonais
(sur leur bateau, le Luccky Dragon)
13 février 1960 France Gerboise Bleue
première française
Reggane(Algérie)

Les deux bombes larguées sur le Japon ont tué environ 280.000 personnes de suite
plus 200.000 après, conséquence de leurs brûlures, blessures et irradiation (chiffres ONU).


La quantité invraisemblable d’essais officiellement reconnus:
USA 1054
URSS 715
France 210
CHINE 45
ROYAUME UNI 45
CORÉE DU NORD 2
INDE 2
PAKISTAN 2
Références:

Liste des essais nucléaires
Une carte animée des explosions nucléaires de 1945 à 1998
le site de l’ONU

Le 01 Août 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

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