Les cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima sont bien dus à la radioactivité

Un épidémiologiste japonais, le prof. Toshihidé TSUDA de l’université de Okayama vient de publier avec son équipe une synthèse qui démontre que les cancers de thyroïde découverts à Fukushima sont bien liés à l’irradiation de l’accident de Fukushima.

L’étude du Pr TSUDA parue dans la revue «Epidemiology»

En voici la conclusion en français (traduction «Vivre après Fukushima»)

  • Dans la préfecture de Fukushima, on a détecté une augmentation de quelque 30 fois du nombre de cancers de la thyroïde chez les jeunes âgés de 18 ans et moins en 2011; déjà dans les 4 ans qui ont suivi l’accident de la centrale; que ce soit en comparant avec la moyenne japonaise ou en comparant avec le district le moins contaminé de Fukushima.
    Ce résultat est peu susceptible d’ être entièrement expliqué par l’effet du dépistage.
  • Concernant Tchernobyl, en Belarus et Ukraine l’excès du nombre de cancers de la thyroïde est devenu plus net 4 ou 5 ans après l’accident; ainsi l’excès observé [au Japon] nous incite à nous préparer à la possibilité de survenue de plus de cas dans quelques années.
  • Nous pourrions de plus en déduire la possibilité que l’exposition des habitants [à l’Iode 131] a été supérieure au rapport officiel ou à l’estimation de l’OMS; en effet le nombre de cancers de la thyroïde a cru plus vite que ce que prévoyait le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé.

La revue «Epidemiology»
Télécharger l’étude complète en anglais

Submitted 25 January 2015; accepted 10 August 2015.
Les références des 4 auteurs:
a.Toshihide Tsuda from the a Department of Human Ecology, Graduate School of Environmental and Life Science, Okayama University, Okayama, Japan;
b. Akiko Tokinobu and Etsuji Suzuki, Department of Epidemiology, Graduate School of Medicine, Dentistry and Pharmaceutical Sciences, Okayama University, Okayama, Japan;
c. Eiji Yamamoto, Department of Information Science, Faculty of Informatics, Okayama University of Science, Okayama, Japan.


Note

Jusqu’à présent tout lien entre les cancers de la thyroïde détectés et les fuites radioactives était nié par les officiels japonais.

  • L’un des arguments était que si on découvrait plus de cancers qu’avant c’était dû aux progrès du dépistage ou même au simple fait de pratiquer des dépistages; certains osaient même préconiser l’arrêt des opérations de dépistage !
  • Le second argument était que c’était trop tôt pour être en relation avec l’accident Nucléaire. A Tchernobyl les premiers cas ne seraient apparus que 4 ans après l’explosion. Le problème, c’est qu’il n’y a pas eu de dépistages autour de Tchernobyl les 3 premières années (ref 30 de la publication)

Ces deux arguments sont invalidés par l’étude du Pr Tsuda.


le 11 Octobre 2011

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

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