Le nouvel an 2016 à Fukushima

Il n’y a aucune raison de se réjouir:

Le nombre de cas de cancers de la thyroïde augmente toujours chez les 380.000 jeunes examinés:

Le nombre officiel de cas confirmés de Cancer de la Thyroïde est maintenant de 153.
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512010072

Les 380 000 jeunes examinés avaient 18 ans ou moins lors de l’accident de 2011.
L’incidence « normale » du cancer de la thyroïde chez l’enfant est de 1 à 3 par million et par an.
153 cas en 4,5 années chez 380 000 jeunes, cela fait 89 cas/an et par million de jeunes: au minimum 30 fois plus.


La centrale accidentée échappe toujours à tout contrôle :
  • Il y a toujours plus de fuites
  • La radioactivité locale augmente par endroits sans qu’on sache pourquoi
  • Les eaux qui fuient sont de plus en plus radioactives
  • On ne peut toujours pas approcher les 3 réacteurs dont le coeur a fondu

http://hillion-fukushima.blogspot.fr/


Les ingénieurs sont obligés d’improviser :

Dans un entretien accordé le 20 décembre à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, ni de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous sols et l’atmosphère.

Masuda Naohiro a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur les réactions nucléaires qui se poursuivent en dégageant de la chaleur et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il a du faire face à une véritable « zone de guerre ». Toutes déclarations qui contrastent avec les affirmations du gouvernement japonais répétant régulièrement que la situation est entièrement sous contrôle.

Le responsable de la Tepco, la société propriétaire de la centrale, a précisé que les ingénieurs ne savent même pas où se trouvent les débris des réacteurs fondus ni comment il serait possible de les extraire. Il ignore également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années.
Il a précisé:
« Une nouvelle science devra être inventée pour commencer le nettoyage et il faudra pour cela prendre en compte les risques courus par les salariés et l’environnement. » D’autant plus que des éléments radioactifs continueront à fuir dans les nappes souterraines, dans la mer et dans l’air.

http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512150079


La centrale continue de polluer l’eau et l’air

Selon Tepco:
(conférence de presse du 25 Août 2014 – pas de données pour 2015)

  • En 2014, 5 milliards de Bq de strontium 90 s’écoulaient chaque jour dans le Pacifique.
    C’ est dû au débordement des eaux extrêmement radioactives vers la mer des réacteurs 1 à 4 dans le port de la centrale nucléaire de Fukushima.
  • 2 milliards de Bq de césium 137
  • et un milliard de Bq de tritium s’écoulaient également en mer tous les jours.

Si on suit l’actualité ces quantités seraient actuellement en franche augmentation.
Le port de la centrale de Fukushima n’est pas isolé du Pacifique. Les nucléides déversés se répandent ensuite dans la mer.
Je n’ai pas les chiffres pour les émissions dans l’air.

http://www.tepco.co.jp/tepconews/library/archive-j.html
http://fukushima-diary.com/2014/08/5-billion-bq-strontium-90-flows-sea-every-single-day/


Tepco envisage de larguer 800 000 m³ d’eau tritiée dans l’air

Le 11 décembre 2015, Tepco a évoqué la possibilité d’évaporer l’eau tritiée entreposée dans la centrale de Fukushima. Ils ont présenté l’idée au cours d’un groupe de travail du METI (Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie).
Selon Tepco, le volume à larguer estimé est de 800 000 m³. Ils espèrent ainsi évaporer 400 m³ d’eau au tritium par jour.
[Cela représente 10 MW (juste pour l’évaporation, pas la mise à 900° qu’il faut ajouter) pendant 5,5 ans !]
Le record de radioactivité du Tritium est de 4 200 000 000 Bq/m³ (4,2 milliards).
L’eau serait évaporée entre 900 et 1 000 ℃, [pourquoi si chaud ?] puis larguée dans l’atmosphère à 60 m au-dessus du sol.
Tepco affirme que la radioactivité descend en dessous de 5 000 Bq/m³ à partir de 40 m du point de largage, ce qui est la limite de radioactivité réglementaire.

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/roadmap/images/c151211_09-j.pdf
http://fukushima-diary.com/2015/12/tepco-considers-evaporating-800000-m3-of-tritium-water-to-the-air/

Le tritium ne sera pas bien sûr détruit par la chaleur. Il sera seulement disséminé dans l’atmosphère, au gré des vents et des pluies qui pouront le disperser dans tout l’hémisphère nord.

Il est facile de faire baisser la densité volumique (Bq/m3) : 1m3 d’eau liquide = 1000kg = 1667 m3 de vapeur d’eau (à 100° et pression atmosphérique)

Cela s’appelle envoyer ses saletés chez les voisins

plus diluer et tricher sur les chiffres :
le nombre d’éléments radioactifs ne baisse pas, c’est la densité volumique qui baisse par augmentation de volume lors de la vaporisation + la dilution.

Le 03 janvier 2016 – commentaire de Pierre Fetet, http://fukushima.over-blog.fr/

Dans cet article, il est dit que Tepco veut envoyer dans l’atmosphère de l' »eau tritiée ». En fait, elle n’est pas seulement tritiée car il existe au moins 276 radionucléides dans les rejets d’une centrale nucléaire (source AIEA : External irradiation during and after the passage of a radioactive cloud- une étude du CEA, en français, 1980). Mais le système de traitement n’en n’enlève que 60. Il en reste donc au moins 216 dans cette eau « décontaminée », dont le tritium en quantité. Il est probable que certains de ces éléments aient une durée de vie inférieure à 5 ans, mais peu importe, il en reste beaucoup.
Pourquoi faire chauffer cette eau à 900 °C ? Tout simplement pour faire évaporer AUSSI ces 200 radionucléides très gênants qui risqueraient de rester dans la marmite si on ne faisait que bouillir de l’eau à 100 °C. Tepco, avec la bénédiction de l’AIEA, est donc très généreux avec notre atmosphère !


GM: Le Tritium ne peut pas être confiné: il traverse toutes les parois des récipients. Il ne peut pas non plus être filtré car il traverse tous les filtres. Même en fonctionnement normal, toutes les installations nucléaires ont des « autorisations de rejets » pour le tritium.
J’aimerais bien connaître également la qualité du filtrage des 60 éléments « éliminés » de cette eau polluée.

5 janvier:
J’ai tenté de me rendre compte de ce que représentent 800 000 m3: Le canal St Martin, à Paris va être vidé pour nettoyage sur environ 1,5 km. La presse indique que cela représente 90 000 m3. On multiplie par 9 !

Sur le plan société:
  • les centrales nucléaires japonaises redémarrent les unes après les autres malgré les protestations des habitants.
  • on ne sait toujours pas que faire des montagnes déchets collectés lors des opérations de décontamination (demi-vie du Césium= 30 ans; du plutonium = 24.000 ans)
  • Il y a toujours dans les 120.000 réfugiés. L’état envisage de leur couper les vivres fin mars 2018. Seulement 20% souhaitent rentrer mais il manque de commerces, d’hôpitaux, de transports en commun, d’emplois; 40% souhaitent refaire leur vie ailleurs.
    Lire Un entretien avec Ken Sakamoto
    Lire le reportage de Médiapart réservé aux abonnés…Merci à Mediapart de nous autoriser à télécharger le .pdf ce cet article: cliquer ici
  • Un élément satisfaisant : certains habitants prennent des initiatives pour évoluer vers une société indépendante du nucléaire
    voir l’article: des citoyens se réapproprient les sources d’énergie locales

Le 02 janvier 2015

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

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