Le déni des responsabilités du nucléaire par les institutions officielles de l’ONU

Un texte du Dr Gordon Edwards président du CCNR

CCNR: Canadian Coalition for Nuclear Responsibility
en version française: Regroupement pour la Surveillance du Nucléaire: RSN

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26 octobre 2015

Deux organismes internationaux associés à l’organisation des nations Unies -–l’UNSCEAR et l’OMS –n’ont pas hésité à affirmer qu’il ne sera pas possible de prouver que les conséquences néfastes sur la santé du désastre de Fukushima sont attribuables aux rayons. Ils se basent sur une argumentation mathématique abstraite, sans aucune preuve médicale, et sans connaître les doses individuelles de rayonnements ionisants reçues par les citoyens japonais habitant dans le région où la catastrophe de Fukushima a eu lieu.

Ces organismes ne nient pas qu’il y aura de nombreux cancers, leucémies, effets génétiques et autres maladies causées par l’accident dans les décades à venir; ils disent simplement qu’il est peu probable que quiconque sera en mesure de prouver, hors de tout doute raisonnable, en utilisant des méthodes statistiques, que ces décès supplémentaires seront causés par l’exposition des gens à la radioactivité provenant des réacteurs de Fukushima dai ichi.

John Gofman, un physicien nucléaire pionnier qui est devenu un chercheur médical primé, a appelé cela « le crime parfait »: vous savez qui a été tué, vous connaissez la cause du décès, vous savez qui en est l’auteur, mais vous ne pouvez pas le prouver.
Et en effet, ces deux organismes internationaux n’ont absolument rien fait pour aider à recueillir les éléments qui auraient permis de prouver quelque chose: c’est à dire collecter des données sur les expositions individuelles; ce qui aurait pu être fait par exemple en collectant systématiquement les dents des bébés par localisation géographique. Les dents des bébés pourraient avoir absorbé du strontium 90 ou d’autres radionucléides ostéotropes et auraient donné une estimation approximative de l’exposition aux radiations des jeunes enfants en fonction de leur emplacement.

Toutes les maladies radio-induites consécutives à une exposition chronique de faible niveau ont une «période de latence» qui se mesure en années ou en décades avant que les effets médicaux complets ne soient visibles dans la population exposée.
Les cancers de la Thyroïde ont l’une des périodes de latence les plus courtes, spécialement chez les jeunes enfants; de sorte que cette maladie est la première chose à rechercher. Au Belarus, plus de 5.000 enfants ont du subir l’ablation chirurgicale de leur glande à la suite de l’accident de Chernobyl; et dans ce cas la période de latence a été d’environ 5 ans.

Dans la région de Fukushima le nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants a été tellement plus grand que prévu qu’il est difficile d’échapper à la conclusion que ces cancers en plein accroissement sont dus aux radiations.
Ironiquement, ceux qui mettent leur foi dans les estimations à vue de nez de l’UNSCEAR et de l’OMS soutiennent que la relation de cause à effet ne peut être prouvée en l’absence de mesures de dose individuelles.

Ainsi, on pourrait conclure, en l’absence de preuves et de doses individuelles, que ces cancers ne SONT PAS causés par les rayons,
mais on ne pourrait pas conclure que ces cancers SONT provoqués par les radiations alors qu’on constate une augmentation de 20 à 50 fois du nombre de cancers de la Thyroïde, quoiqu’on n’ait pas de données sur les doses individuelles ?

Le Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a été vivement critiqué par l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), lauréate du prix Nobel, pour avoir une approche biaisée envers les conséquences médicales de la triple fusion des coeurs de Fukushima; l’UNSCEAR en effet nie ou minimise les conséquences sur la santé des émissions radioactives des réacteurs accidentés.

«Alex Rosen, de l’IPPW-Allemagne, un des principaux auteurs de la critique, affirme que l’UNSCEAR est composé de délégués d’états nucléaires qui ont des intérêts et une vue biaisée sur l’énergie nucléaire. Leur rapport sur la catastrophe nucléaire se fonde plus sur les publications de l’industrie nucléaire que sur des sources indépendantes; il omet ou interprète de façon erronée des aspects cruciaux sur l’exposition aux rayonnements et il utilise des hypothèses contestables comme base pour ses calculs.»
Voir: http://tinyurl.com/n9wkqxr

Par ailleurs l’organisation Mondiale de la santé (OMS) est liée par un accord signé il y a longtemps (1959) avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA); Il limite la capacité de l’OMS à procéder à des études ou à publier des rapports sur les effets observés chez les populations exposées aux rayonnemens nucléaires émis par les installations nucléaires autorisées.
Voici un extrait de l’accord:

«..L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) la responsabilité première d’encourager, assister et coordonner la recherche sur, et le développement et l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques à travers le monde; sans préjudice du droit de l’OMS de promouvoir, développer, assister et coordonner l’action sanitaire internationale, y compris la recherche sous tous ses aspects…
Chaque fois qu’une des associations se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine où l’autre organisation a ou pourrait avoir un intérêt substantiel, la première partie s’engage à consulter l’autre en vue de régler la question d’un commun accord.»

Gordon Edwards, président du RSN.

L’auteur poursuit:

  • En signalant une émission de TV Canadienne au cours de laquelle il a parlé de l’incidence élevée des cancers de la thyroïde:
    https://www.youtube.com/watch?v=Xk1L_JHHFuA&feature=youtu.be
  • Il signale que: La principale source d’iode alimentaire au Japon c’est les algues et non pas l’ingestion de lait comme c’est le cas en Europe et en Amérique du nord. Il est probable que cet iode alimentaire est la cause de la hausse dramatique des cas de cancers de la Thyroïde chez les enfants japonais

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Note

Effectivement, les japonais consomment régulièrement des algues. Qui contiennent de l’Iode.
Si les algues contiennent de l’Iode radioactif, il ne peut pas s’agir de l’Iode 131 rejeté lors de l’accident de 2011. Il ne peut s’agir que d’Iode rejeté récemment par la centrale ruinée.
En effet la période de l’Iode 131 est de 8 jours; au bout de 3 mois il a perdu son activité radioactive.
On a trouvé en juillet 2015 de l’Iode 131 dans les boues d’une station d’épuration à Gunma (voir l’article).Il est donc très vraisemblable que les réacteurs en ruine émettent encore actuellement de l’Iode radioactif et sont capables de contaminer les algues.
Des mesures et des précisions seraient bienvenues sur ce sujet.


Le RSN est un organisme sans but lucratif, reconnu par gouvernement fédéral canadien en 1978. Il est voué à l’éducation et à la recherche concernant toutes les questions qui touchent à l’énergie nucléaire, civiles ou militaires — y compris les solutions alternatives au nucléaire — et tout particulièrement celles touchant au Québec et au Canada.

Le site du RSN (en français)
http://ccnr.org/index_f.html
http://ccnr.org/index_fuk.html

le texte d’origine en anglais:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2015/10/children-cancers-radiation.html

Le site de «independent WHO» qui milite pour l’indépendance de l’OMS vis à vis de l’AIEA
http://independentwho.org/fr/


Les critiques du rapport de l’UNSCEAR:

La critique du rapport de l’UNSCEAR par les médecins de l’IPPNW
http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-medecins-de-lippnw-critiquent-severement-le-dernier-rapport-de-lunscear/
Vous pouvez y trouver un résumé de leurs critiques et en télécharger la version française intégrale

La critique par le Dr Keith BAVERSTOCK
http://www.vivre-apres-fukushima.fr/la-critique-du-rapport-2013-de-lunscear-sur-les-consequences-de-fukushima-en-francais/
La critique par les 40 ONG:
http://www.vivre-apres-fukushima.fr/40-ong-ont-demande-a-lonu-la-revision-du-rapport-de-l-unscear-sur-les-consequences-de-fukushima-pour-la-sante/

Le rapport de l’UNSCEAR:
http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf

Le 30 octobre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

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