Il faut entre 12 h et 6 jours pour évacuer la population autour d’une centrale nucléaire

12 heures à 6 jours sont nécessaires pour évacuer la population vivant dans un rayon de 30 km autour d’une centrale nucléaire accidentée.

C’est le résultat d’une étude réalisée au Japon par « Kanto Keizai Kenkyujo » (institut de recherche sur l’économie de l’environnement – organisme indépendant)

Cette étude montre qu’il est quasiment impossible d’évacuer assez rapidement tous les habitants pour éviter leur exposition aux rayonnements en cas d’accident nucléaire avec rejets dans l’air.

Cette étude a été réalisée dans des communes japonaises situées dans les 30 km d’une centrale nucléaire: elles sont tenues de préparer un plan d’évacuation d’urgence.

    L’étude s’est basée sur

  • la disponibilité de 30% des autocars et 50% des véhicules particuliers.
  • sur l’hypothèse que tous les habitants de la zone partiraient en même temps
  • les techniques de gestion du trafic (gestion des embouteillages) seraient utilisées.
    2 situations ont été étudiées:

  1. seules les routes nationales sont utilisées, les routes secondaires étant inutilisables du fait du désastre (tremblement de terre…) ou utilisées par les services de secours d’urgence.
  2. toutes les routes sont disponibles.

Dans le cas où seules les routes nationales sont utilisées pour l’évacuation:
– Au moins 15 heures seraient nécessaires pour évacuer tous les habitants dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Tomari (préfecture d’Hokkaido)
– 5,5 jours pour la centrale de Tokai (préfecture d’Ibaraki)
– 6 jours pour évacuer les habitants autour de la centrale de Hamaoka

Si toutes les routes peuvent être utilisées:
– 8 heures seraient nécessaires pour évacuer les habitants autour de la centrale de Oi (préfecture de Fukui)
– 63 heures pour la centrale de Hamaoka.
A Hamakoa environ 740.000 personnes vivent dans les 30 km autour de la centrale et il y a un nombre restreint de routes utilisables. Il y aurait vraisemblablement de gros embouteillages concernant les véhicules privés et les autocars.
… …

Naomi Kamioka qui dirige l’institut de recherche et est vice-président de l' »Association pour la recherche sur les problèmes de transport et les droits de l’homme »:

Bien que les activités visant à relancer les réacteurs soient menées activement, les conditions du réseau routier n’ont pas été considérablement améliorées, même après l’accident de Fukushima.
Cette étude montre qu’il est quasiment impossible d’évacuer assez rapidement tous les habitants pour éviter leur exposition aux rayonnements en cas d’accident nucléaire avec rejets dans l’air.

Extraits d’un article en anglais du Mainichi Japan du 14 janvier 2014
L’article original


Notes: je tente d’imaginer:

– avec une petite brise de 15 km/h le panache radioactif a parcouru 30 km en 2 heures
– si le vent change de direction comme à Fukushima…
– si cela se passe la nuit, s’il pleut, s’il neige, s’il y a un fort vent, des innondations, comment cela se passe-t-il ?
– si c’est pendant les heures de classe, pendant les heures de travail… les familles sont dispersées…
et la distribution des comprimés d’Iode ?
– et les consignes de confinement ? les gens avec enfants et bagages des heures dans les embouteillages…
– le transfert des malades des hôpitaux et des pensionnaires grabataires des maisons de retraite s’est avéré difficile et dangereux à Fukushima…


Les commentaires sont fermés.