Mar 27

Essais nucléaires: Victoire de douze vétérans bretons

La cour administrative d’appel de Nantes a donné suite aux demandes de douze vétérans bretons d’essais nucléaires, ou à leurs ayants-droits : leurs cancers sont bien liés aux essais nucléaires en Polynésie française.

Un article du journal le Télégramme
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php

Le 28 février dernier, ils étaient présents à l’audience de la cour administrative d’appel. Des vétérans, ou leurs veuves et leurs proches. La plupart étaient venus du Finistère: Brest, Saint-Pol-de-Léon, Landéda, Concarneau, Loperhet, Saint-Thégonnec, Saint-Thonan, Lannilis. mais aussi des Côtes-d’Armor (Pléneuf-Val-André, Ploufragan et Plélo), du Morbihan (Marzan), d’Ille-et-Vilaine (Pleurtuit), et de Loire-Atlantique (Pontchâteau).

Le procès avait été l’occasion de revenir sur le quotidien de ces militaires et civils embarqués aux côtés de l’armée française en Polynésie française, dans les années 1960. À l’époque, on se baignait dans le lagon après les essais nucléaires, on buvait de l’eau contaminée après l’avoir passée dans un « bouilleur »…

98 % des demandes refusées

Au final, quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, avait rappelé le rapporteur public à l’audience. Et ce n’est qu’en 2010 qu’un régime d’indemnisation spécifique avait été créé, sur le principe de la « solidarité nationale.
Ce mécanisme était censé être favorable aux vétérans : c’était à l’administration de prouver que le lien de cause à effet entre les essais nucléaires et leur maladie était « négligeable« ; et non pas aux victimes de rapporter la preuve de leur contamination. Mais le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n’avait reçu qu’un millier de demandes, selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2015, alors que le gouvernement en prévoyait « vingt fois plus« . Surtout, il n’avait indemnisé que vingt personnes:

« 98% » des demandes ont été refusées, selon un magistrat de la cour administrative d’appel. Celle-ci a donc donné suite aux demandes présentées par douze vétérans ou leurs ayants-droits. Seuls trois requérants ont vu leurs requêtes rejetées mais ils seront en droit de déposer une nouvelle demande devant le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Celui-ci pourrait en effet les voir sous un jour plus favorable au vu de la loi publiée au Journal officiel le 1er mars dernier: elle supprime en effet le principe de « risque négligeable« , sur lequel s’appuyait le ministère de la Défense pour refuser l’indemnisation de ses anciens militaires.
Onze autres dossiers de vétérans bretons et normands devraient être examinés par la même cour administrative d’appel de Nantes le 28 mars prochain, a indiqué l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires).

Voir l’article original du journal Le Télégramme:
http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php


Voir également le site de l’ Association des Vétérans des Essais Nucléaires (AVEN):
http://www.aven.org/
Bulletin AVEN N°4 décembre 2016
et aussi sur le site des témoignages, des livres etc…

Voir l’article de Vivre-apres-fukushima du 1° mars:
«Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

Le 27 mars 2017


Oct 20

Un premier cas de leucémie professionelle reconnu à Fukushima.

Le ministère du travail japonais a reconnu le caractère professionnel de la leucémie qu’a contractée un travailleur de la centrale de Fukushima dai ichi.

Résumé d’un article en anglais de la NHK, chaîne de télévision japonaise, le 20 octobre 2015
http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/english/news/20151020_34.html

L’homme a travaillé de Novembre 2011 à Novembre 2013 dans diverses centrales nucléaires dont celle de Fukushima dai ichi.
Les experts du ministère ont admis qu’il avait probablement contracté la leucémie suite aux travaux de nettoyage à Fukushima dai ichi.
Il a été exposé à 19,8 millisieverts en tout, dont 15,7 millisieverts à la centrale de Fukushima.
Sa leucémie est reconnue comme maladie professionnelle et il sera indemnisé.

La règle japonaise est qu’une indemnisation est due à un travailleur du nucléaire s’il a été exposé à un rayonnement annuel de 5 millisieverts et qu’il a développé le cancer plus d’un an après.
D’après le ministère, jusqu’à présent 13 cas de cancer ont été reconnus maladie professionnelle chez les travailleurs du nucléaire. C’est le premier à la centrale de Fukushima.
Environ 45.000 personnes ont travaillé à la centrale de Fukushima depuis l’ accident. Plus de 21.000 ont été exposés à des niveaux de 5 Millisieverts par an.

L’article en anglais sur le site de la NHK


Note

On sait que l’utilisation de la sous-traitance est importante sur le chantier de Fukushima dai ichi. Les sous-traitances en cascade on même donné lieu à quelques scandales (ponctions sur les salaires, intervention de la pègre, dosimètres entourés de plomb, travailleurs perdus de vue donc non suivis sur le plan santé…)

Le 20 octobre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 28

Aux travailleurs de Fukushima.

A ceux des premiers instants, les plus terribles de la catastrophe nucléaire.
A ceux qui chaque jour continuent de se battre contre la situation qui s’aggrave.
A ceux qui devront les remplacer pendant de nombreuses années.
A leur famille et à leurs proches.

travailleurs à Fukushima

Voici un message de reconnaissance et de sympathie qui vient de France.

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Nov 01

Discussions entre agriculteurs et le gouvernement-Tepco sous le signe de l’incompréhension

Voici la version sous-titrée en français de la video que vous avez déjà pu voir sous-titrée en anglais.

Les difficultés et le désespoir des agriculteurs; la fin de non recevoir des « autorités ».

«https://youtu.be/StocwDjr21E»


Manifestation antinucléaire par les employés du quartier des affaires

Environ 600 employés du quartier des affaires ont manifesté le 30 octobre à Tokyo.
La plupart étaient en costume-cravate et sortaient de leur travail.

    Les slogans:

  • «Non au redémarrage des centrales»
  • «Arrêtez l’eau contaminée»
  • « Arrêtez l’exportation»

Ils ont défilé devant le siège de Tepco.

Résumé de l’article en anglais de l’Asahi Simbun

les employés en costume-cravate manifestent

Manifestants antinucléaires, en costume-cravate, marchant dans Tokyo le 30 Octobre
Cliché Sayuri Ide – Asahi Simbun

Note:

Remarquez le slogan: «Non à l’exportation»
En effet, le gouvernement japonais espère vendre des centrales nucléaires, notamment en Afrique
Les employés de bureau ne sont pas coutumiers des manifestations


Novembre: un mois risqué !

Tepco va en effet commencer de tenter de retirer les barres de combustible stockées dans la piscine N°4
Espérons que tout se passe bien
Tepco a des problèmes avec ses employés sur le site de la centrale: pas assez nombreux, travail difficile et fatiguant, salaires bas et souvent amputés par la mafia japonaise(les yakusas)et des empilements de sous-traitants; leur moral s’en ressent; il y a un gros turn over, ce qui fait qu’il y a peu d’employés expérimentés (il va s’agir de lever des barres de combustible sans les casser en pilotant une grue par télécommande et en surveillant l’opération sur un écran de télé…).

Sep 22

Le nombre de travailleurs ayant des problèmes de santé augmente autour de Fukushima Dai Ichi.

D’après le ministère de la santé japonais le pourcentage de travailleurs de la centrale et des localités voisines ayant un problème de santé a augmenté.

Pour le première fois le ministère a analysé les résultats des examens transmis par le bureau de la médecine du travail compétent pour la centrale Nucléaire Dai Ichi et les localités environnantes.
Environ 6.700 personnes engagées dans un travail en relation avec les radiations, dans 545 unités de travail dans la région ont bénéficié d’un examen médical spécial l’an dernier. La plupart d’entre eux seraient des travailleurs de la centrale.

D’après le ministère de la santé, 284 d’entre eux, soit 4,21% des employés de la zone ont des résultats médicaux anormaux, comme une augmentation du nombre de globules blancs.
Ils ont été invités à faire des examens plus détaillés ou à démarrer un traitement.

C’est 4 fois la proportion de travailleurs ayant eu des problèmes de santé en 2010.

Selon le ministre, il n’est pas facile de comparer simplement les résultats car 70 % du personnel des unités de travail a changé dans les 3 dernières années.
Le ministre prévoit de mener une étude épidémiologique pour en apprendre plus sur l’impact des radiations.

Résumé d’un article de NHK daté du 20 septembre


Note

Les informations dans le domaine de la santé sont rares ces temps. Celle-ci a le mérite d’exister; mais ce n’est pas bien précis. On attend vivement cette enquête épidémiologique promise…si elle est sincère.


Dernière minute

On vient de découvrir un stock de 200 à 300 tonnes de copeaux de bois contaminés au Césium à 500 km de Fukushima, dans le lit à sec de la rivière Kamo affluent du lac Biwa (préfecture de Shiga)ainsi qu’à d’autres endroits près du lac. Il y a jusqu’à 3.000 becquerels de Césium par kg.

Rapporté par Enenews

Lac Biwa

Lac Biwa
cliché office national du tourisme japonais.

Le Lac Biwa est le plus grand lac du japon: 670 km²
Il alimente 15 millions de personnes en eau potable.
C’est un lieu de tourisme très fréquenté et un lieu historique.
Son écosystème est protégé.

situation du lac Biwa

Lac Biwa marqué « A »


Avr 18

En Polynésie aussi on a été irradié

Février 2013: 98% des demandes d’indemnisation aux victimes des essais nucléaires en Polynésie ont été rejetées au titre des « risques négligeables » auxquels ils auraient été exposés.

baie de Rikitea

La baie de Rikitea aux îles Gambier

Le ministre de la défense répond aux parlementaires qui s’en inquiétaient et aux associations de victimes dans le JO du 19 février 2013.
Selon le ministre, la loi d’indemnisation – dite loi Morin- aurait été établie selon les « normes les plus récentes » et « sur la base de calculs scientifiques ».

Sur les 782 dossiers reçus par le comité d’organisation, 9 indemnisations ont été recommandées, dont 4 concernent des polynésiens, les 5 autres sont des vétérans militaires européens.
Les 4 indemnisés polynésiens étaient des personnes habitant les îles Gambier à 225 milles (~400km) de Muruora.
Tous les dossiers des polynésiens travaillant sur les sites nucléaires ont été rejetés.
Ces rejets reposent sur « les résultats scientifiques les plus aboutis » selon le ministre.
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Avr 07

Les pêcheurs de la région de Fukushima sont très inquiets des fuites d’eau polluée de la centrale Dai ichi

Cette fuite survient au moment où ils se préparent à tenter de reprendre leur moyen de subsistance après un arrêt de deux ans.

Tepco annonce que l’eau polluée n’a pas atteint la mer; mais les pêcheurs ne sont pas rassurés pour autant.
les portsde soma et IwakiEnviron 40 espèces sont interdites à la vente du fait de leur trop grande contamination radioactive.
A Soma, au nord des réacteurs ruinés les pêcheurs locaux ont repris la pêche en juin dernier à titre d’essai; Ils ont commencé par le poulpe et un coquillage local appelé Tsubu. Ces espèces sont considérées comme moins sujettes à être contaminées. Un essai de pêche d’anguille de sable a été fait; c’est une espèce dont la prise a été autorisée à titre d’essai.
Les produits ont été expédiés deux fois au marché au poisson de Tokyo; la seconde fois, le prix d’achat a été supérieur au prix demandé.
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Jan 04

Les problèmes de la décontamination à Fukushima

4 journalistes du journal « The Asahi Shimbum » ont observé les travaux de décontamination à différents endroits de la Préfecture de Fukushima du 11 au 18 décembre.

La décontamination vise à permettre à des milliers d’évacués de retourner chez eux.
Ces travaux ont été concédés à de grosses entreprises qui éventuellement les sous-traitent..
Le but est d’enlever les substances radioactives jusqu’à 20 m des habitations, des routes et des fermes.
La terre et les feuilles contaminés doivent être placés dans des sacs de façon qu’elles ne se dispersent pas à nouveau.
Les murs et toits doivent être essuyés à la main ou  à la brosse
Les jets d’eau sous pression doivent être réservés aux gouttières et l’eau contaminée doit être récupérée. Lire la suite

Nov 29

Fukushima dai Ichi: le bâtiment réacteur 3 de plus en plus radio actif

TEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l’unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l’année dernière, le 14 novembre 2011.

La plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose mortelle en l’espace de 3 heures. Lire la suite

Nov 28

cultivateurs de Fukushima : partir ou rester ?

manifestation de paysans japonais
Partir ou rester ? Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, cette question hante les paysans qui ne savent plus comment assumer leur mission séculaire : celle de nourrir leurs concitoyens.
Le film « Terre souillée » s’attache à l’histoire de trois familles paysannes de Nihonmatsu, une ville de 60 000 habitants située à trente kilomètres de la zone interdite. Tous pratiquent l’agriculture biologique depuis plus de trente ans.
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