Jan 15

Une visite aux réfugiés à Aizuwakamatsu, Japon

Aidez les enfants de Fukushima, arrêtez les centrales nucléaires
un appel de Kazuhiko Kobayashi

Deux textes à lire absolument sur le fukushima – blog:
La visite aux réfugiés, en français
L’appel de Kazuhiko Kobayashi, en français


L'escroquerie nucléaire-un numéro ancien de Charlie-Hebdo

Un Hors série de Charlie-Hebdo – «L’escroquerie nucléaire»
5 Août 2012

Le 15 janvier 2015


le 16 Janvier 2015
La présentation du numéro spécial de Charlie-hebdo : «L’escroquerie nucléaire»


L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Jan 13

Les inquiétudes des mères de jeunes enfants à Fukushima

Un psychiatre de Fukushima, Yukihiko Kayama, a suivi depuis 2013, 250 mères d’enfants âgés de 3 à 6 ans, demeurant à Fukushima-ville :
24% étaient fortement déprimées

Le taux habituel de dépression pour cette population serait de 15%
Ces chiffres me posent problème – voir la note

    Les causes principales de ces états dépressifs étaient:

  • leur préoccupation au sujet des effets des radiations
  • leur sentiment d’être « à part » des autres habitants du fait de leur trop de souci ou au contraire de leur manque de souci concernant les radiations.

La ville de Fukushima est à 60 km de la centrale ravagée; elle n’a pas été évacuée; elle abrite encore des réfugiés en provenance des zones évacuées.

    Le niveau d’anxiété à propos des radiations varie:

  • – Certaines ne veulent pas que leurs enfants mangent des aliments originaires de la préfecture de Fukushima et n’autorisent pas leurs enfants à jouer dehors
  • – d’autres se soucient de l’origine des aliments mais ne s’inquiètent pas de laisser les enfants jouer dehors
  • – d’autres ne se préoccupent ni de l’une ni de l’autre

Certaines mères qui emmènent leurs enfants en voiture au jadin d’enfants parce qu’elles redoutent les radiations tout au long du chemin craignent d’être considérées comme trop nerveuses;
D’autres craignent d’être considérées comme insensibles si elles nourrissent leurs enfants avec des aliments en provenance de Fukushima.

Il semble de plus qu’il devienne de plus en plus difficile de parler de rayonnement, de ses soucis à ce sujet, avec ses amis, ses voisins, même en dehors de la préfecture.

Des divergences d’opinion dans le couple peuvent provoquer des difficultés, voire des divorces.

Des divisions et des jalousies sont apparues entre les différents groupes de population selon leur statut de réfugiés, l’emplacement de leur maison, leurs ressources économiques.
Les habitants des zones d’évacuation reçoivent 100.000 Yens (710 €) par mois et par personne. Pour 4 personnes cela fait 400.000 Y (2.840 €) par mois
Des tracts diffamatoires ont été jetés dans les logements temporaires des évacués.
Des voitures avec des plaques d’immatriculation des zones proches de la centrale ont été suivies en klaxonnant en ville.

Le psychiatre pense que les réunions d’information officielles où un expert parle du haut de son estrade devraient être complétées par des réunions en petit groupes où les mères pourraient parler de leurs préoccupations. Avec des interlocuteurs en lesquels elles ont confiance.

Résumé d’un article en anglais de l’Asahi Shimbun du 26 décembre 2014


Note

Plus d’une mère d’un jeune enfant sur 10 « fortement déprimée » dans une population « normale », c’est vraiment beaucoup et peu crédible.
Je pense qu’on est dans un problème de vocabulaire. Les paroles du psychiatre ont été recueilies par le journaliste, écrites en japonais puis traduites en anglais; puis lu par un français. Le texte anglais utilise l’expression « strongly depressed ».
Le psychiatre propose des ateliers de parole, ce qui convient bien pour des mères inquiètes et ne sachant que faire pour élever leurs enfants; mais ce ne serait pas suffisant pour des dépressions sévères telles que nous les nommons en France.
On ne sait pas non plus si ces 250 mères ont été sélectionnées.
Je cite quand même cet article car il montre les problèmes de la vie quotidienne à Fukushima-ville.
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le 13 Janvier 2015

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Jan 09

Le riz de la préfecture de Fukushima est à moins de 100 Bq par kg

Tout le riz cultivé à Fukushima en 2014 a satisfait aux contrôles de radioactivité.

je suis CharlieUn article de l’ Asahi Shimbun du 3 Janvier 2014

Résumé de l’article:

Dans la préfecture de Fukushima 10,75 millions de sacs de riz ont été testés en 2014; tous émettaient moins de 100 Bq/kg, ce qui est la limite au dessous de laquelle ils peuvent être commercialisés.

La préfecture dispose de 190 appareils de contrôle.
En 2012, sur environ 10 millions de sacs testés 71 sacs avaient été trouvés au dessus de la norme.
En 2013, 28 sacs dépassaient la norme.

Les sacs conformes à la norme reçoivent une étiquette confirmant que le test a été effectué avec succès.
Ceux qui dépassent la norme sont détruits.

Les riziculteurs de la préfecture de Fukushima ont testé diverses méthodes pour diminuer la présence de produits radioactifs dans le riz. L’une des mesures étudiée est d’utiliser certains engrais pour éviter que le césium soit absorbé par la plante.


Notes

    Cet article manque de précision:

  • – le taux normal de césium dans le riz , c’est ZÉRO
  • – Il est prouvé qu’il n’y a pas de dose inoffensive de radioactivité.
  • il n’est pas dit si les sacs de riz sont vérifiés producteur par producteur ou s’ils ont été mélangés
  • il n’est pas précisé si ce riz contaminé mais dans les normes va être commercialisé tel quel ou s’il va être mélangé avec des riz normaux
  • Il n’est pas précisé dans quelle zone géographique ce riz va être vendu
  • Y a-t-il eu un tri préalable ? je suppose que le riz des régions proches de la centrale n’a pas été utilisé
  • le gouvernement japonais a décidé qu’à moins de 100 Bq/kg, il n’y a pas de problème. On peut donc mettre dans le commerce du riz à moins de 100 Bq/kg et en consommer à longueur d’année. Je ne sais pas si dans le commerce de détail le taux de pollution radioactive même faible et conforme aux normes est signalé sur les emballages
  • Femmes enceintes et enfants vont consommer ce riz contaminé. Il serait intéressant de savoir combien de riz par an consomment les japonais , leurs enfants.
  • L’expérience de Tchernobyl montre que les problèmes de santé rencontrés par les populations vivant dans les zones contaminées sont essentiellement dus à la radioactivité ingérée avec les aliments. Il en résulte une contamination interne de l’organisme qui est sans cesse renouvelée. Ce sont les enfants qui sont le plus sensibles à la radioactivité.
  • – Les techniques qui ont permis de diminuer la migration de la radioactivité du sol dans les plants de Riz ne sont pas détaillées dans l’article.
    Dans son livre « Après l’accident atomique », Vladimir Babenko donne des conseils concernant la culture pour les potagers familliaux de la région de Tchernobyl. Très schématiquement, comme les propriétés chimiques du Césium sont proches de celles du potassium et celles du Strontium sont proches de celles du calcium, il faut veiller à ce que les plantes ne manquent ni de potassium ni de calcium dans le sol pour qu’elles ne soient pas amenées à absorber ces deux éléments radioactifs proches.
    « En règle générale on pourra obtenir des produits peu contaminés sur des sols convenablement traités et bien fertilisés
    Son livre a été traduit en japonais et il a rencontré là bas un grand succès.Il est disponible en librairie en France.
  • Vous trouverez une synthèse des constatations faites déjà en 2002 par les médecins de la région de Tchernobyl dans ce texte de Bella Belbeoch:Il concerne les problèmes liés à la contamination chronique d’aliments même faiblement contaminés.
    Plus d’informations concernant la contamination des aliments sur le site de la CRIIRAD

PS. le Pr Youri Bandajevsky, cité dans le texte de Bella Belbeoch, soutenu par Amnesty international et d’autres associations a été libéré le 6 janvier 2006. Indésirable en Biélorussie, a reçu une bourse de recherches d’un an financée par le Conseil régional d’Auvergne et il s’est installé en France à Clermont-Ferrand.
Plusieurs publications du Pr Bendajevsky


Carte de la préfecture de Fukushima

La Préfecture de Fukushima


Les zones en vert sont les plaines et c’est de là que la majeure partie du riz doit provenir
les zones en ocre sont montagneuses et couvertes de forêts (voir la vue satellite sur Google-maps)


Le 09 janvier 2015

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Déc 30

« À cause de l’accident nucléaire, nous avons perdu notre vie »

Il est difficile de se rendre compte de ce que représente une évacuation suite à une pollution nucléaire.
Pour quelques uns qui ont de l’argent, un métier demandé, une bonne santé, la réinsertion ailleurs doit être possible. Mais pour beaucoup c’est un drame.
Comme l’indique le rapport des sociologues que je vous ai présenté dans le billet précédent la vie de la famille est détruite: perte de leur maison, de leur emploi, de leur environnement social, mauvais relogement, études interrompues pour les enfants, couple disloqué, apauvrissement, ennuis de santé aggravés, discriminations…..

Je vous laisse lire le Rapport de HORI Yasuo du 22 décembre 2014 lors du La 7ème séance publique de Cour d’Assises de Maebashi concernant l’accident nucléaire.
Témoignage d’une femme de 59 ans qui habitait à Minami-Soma

« Mon mari, ma fille et moi-même habitions dans le district Takanokura de la ville de Minami-Sōma. Ce district de montagne, distant de plus de trente kilomètres de la centrale, est situé hors de la zone évacuée, cependant il est très radioactif…»

Lire la suite sur le Fukushima-blog

Le 30 Décembre 2014


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Déc 09

Les effets génétiques des rayonnements ionisants – Genève 2014

Forum Scientifique et Citoyen du 29 Novembre 2014 à Genève

Carriole IndepWHO
Ce forum était organisé par le collectif «IndependentWHO» et «Santé et Nucléaire» qui lutte pour que l’OMS (WHO) remplisse, en toute indépendance, son mandat dans le domaine des rayonnements ionisants.
Depuis plus d’un demi-siècle, les conséquences sanitaires des accidents nucléaires, tels que Tchernobyl et Fukushima, et des activités nucléaires en général ont été cachées au grand public.
L’OMS est complice de cette dissimulation. La raison principale de cette dissimulation est la subordination de l’OMS à l’establishment nucléaire et en particulier à son porte-parole l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique (AIEA) depuis l’accord signé le 28 Mai 1959.

Les demandes de «IndependentWHO» à l’OMS

Les vigies de «IndependentWHO» manifestent silencieusement devant le siège de l’OMS à Genève, tous les jours ouvrables depuis le 26 Avril 2007. Ils manifestent également à Paris, tous les vendredis devant le ministère de la santé, depuis novembre 2012.

Il y avait au Forum 200 à 300 150 (11 décembre:correction par une participante qui a compté) personnes de toutes origines rassemblées dans le calme autour d’auteurs scientifiques internationaux reconnus.

Le représentant de la mairie de Genève est venu confirmer son soutien à la manifestation de Independent WHO devant le siège de l’OMS. Il a précisé que la ville s’engage dans une politique de sobriété énergétique et d’usage des énergies renouvelables.

Merci aux bénévoles de «independent WHO» qui nous ont accueillis avec efficacité et gentillesse.

Était présente l’association «Enfants de Tchernobyl Belarus»; elle soutient l’institut Belrad qui travaille à améliorer la santé des 25.000 enfants les plus exposés vivant dans les régions polluées par l’accident de Tchernobyl.
Le site de Enfants de Tchernobyl Belarus

Les comptes rendus officiels seront rendus publics comme l’ont été ceux du Forum de Mai 2012 qu’on peut télécharger ici
Vous trouverez la présentation des orateurs et les résumés de leurs interventions sur le site de IndependentWHO


Pourquoi le Génome ?
Le génome : trésor le plus précieux du genre humain

Déjà en 1956:

« Le génome détermine la vie de nos descendants et le développement harmonieux des générations futures. En tant qu’experts du Génome, nous rappelons que la santé des générations futures est menacée par l’expansion de l’industrie nucléaire et l’augmentation de la quantité de sources radioactives. Nous considérons également que l’apparition de nouvelles mutations observées chez les personnes peuvent être fatales pour elles et pour leurs descendants ».

C’est ainsi, qu’en 1956, le groupe d’experts en génétiques de l’OMS, qui comprenait H.J. Muller, lauréat du prix Nobel, a qualifié la menace que représentent les rayonnements ionisants sur le patrimoine génétique de l’être humain. Aucune preuve scientifique n’est venue contredire cette prise de position depuis 1956. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés.

Face au véritable déni des méfaits biologiques de la contamination radioactive, «IndependentWHO» se donne pour tâche de de faire connaître aux citoyens soucieux de vérité, l’état des recherches menées par des scientifiques de renommée internationale sur les conséquences sanitaires de ces catastrophes

Présentation officielle du forum sur le site de IndependtWHO


Quelques aspects très partiels des interventions

Dr Inge Schmitz-Feuerhake (Allemagne)
Il est difficile de faire le bilan génétique de l’accident de Chernobyl: rétention des résultats des tests de contamination par les gouvernements, données douteuses voir inexistantes. Les organisations officielles du lobby nucléaire affirment que les effets de la contamination des populations sont négligeables.
Par contre si on va effectivement sur le terrain, on constate dans la descendance des parents exposés aux radiations de Tchernobyl, une augmentation des décès précoces, malformations, syndromes de Down (nom savant du Mongolisme), anomalies du tube neural (la région qui entoure la moëlle épinière et le cerveau: spina bifida,pas ou mauvais développement du cerveau…)


Dr Yuri DUBROVA (Royaume uni)
Prouver la mutation des cellules germinales humaines suite à une irradiation reste encore difficile. Le Dr Yuri E. Dubrova (Royaume Uni)a présenté une technique permettant d’observer les mutations des cellules germinales humaines. Cette technique utilise des «loci de minisatellites» [ce sont des zones sur chromosomes]; elle fournit une méthode capable de détecter les mutations induites dans un échantillon relativement petit de population.
Cette technique a été utilisée pour étudier la mutation des cellules germinales dans les familles des zone rurales d’Ukraine et du Bélarus lourdement contaminées.
Elle permet de mesurer le phénomène d’instabilité génétique induite par le rayonnement qui se traduit par une augmentation du taux de mutations dans la descendance de parents irradiés.


Dr Wertelecki (USA)
Le Dr Wertelecki est un médecin humaniste. Il a constaté un taux élevé d’anomalies congénitales (un accident dans la croissance d’un embryon au départ normal) dans la région nommée Polésie polluée par les rayonnements ionisants de Tchernobyl. Il s’agissait de jumeaux siamois, de tumeurs du sacrum, spina bifida, anencéphalie, microcéphalie, microphtalmie. Ces anomalies sont plus répandues chez les enfants de sexe féminin; leur taux sont parmi les plus hauts rencontrés en Europe et ils persistent au fil des ans.
Les observations faites sont suffisamment frappantes pour justifier des études complémentaires à la fois en Polésie et au Japon. Ces études permettraient d’améliorer la compréhension des impacts des rayonnements ionisants sur l’embryon humain.

Le Dr Wertelecki milite pour que aider les populations, soigner les enfants atteints, tenter de faire de la prévention passe avant de faire des statistiques.
Il a dédié son intervention à « T » une petite fille que son équipe a sortie d’un orphelinat:

"T" recueillie dans un orphelinat
Orpheline du fait des circonstances. Perdue dans un orphelinat.
les membres de OMNI-Net ont retrouvé ses parents.
Elle a reçu des soins médicaux sur plusieurs continents.
C’est maintenant une jeune-fille trilingue vivant au loin en Europe avec sa mère
elle fréquente le lycée.
« T » est le symbole d’un combat victorieux pour la vie.
Elle montre aussi la nécessité de combiner le recensement des malformations congénitales avec une médecine humaniste et des programmes de prévention.

En attendant la publication des actes du forum de 2014, on peut voir la video sous-titrée français par KNA de l’intervention du Dr WERTELECKI le 12/03/2013 au Symposium de New York


Dr BAVERSTOCK (Finlande)
Il est l’auteur d’une critique sévère du dernier rapport de l’UNSCEAR sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl.
Voir la traduction française de cette critique

Il propose de dépasser la notion classique des Chromosomes porteurs exclusifs de l’hérédité et des affections héréditaires.
Il propose de considérer la cellule, puis l’organisme entier comme des systèmes complexes où des milliers de molécules interagissent de façon coordonnée; au fil des temps tous ces processus ont acquis une stabilité; ce qui se traduit par la stabilité de l’espèce. Si un élément (rayonnement ionisant ou autre) vient détraquer ces systèmes complexes, l’organisme perd ses stabilités et s’installe une instabilité génétique. Cette instabilité se reproduit de génération en génération.
Il s’agit encore d’une hypothèse qui a été publiée, soumise à critique et qui a encore besoin d’êre testée. Elle dispose d’un pouvoir d’explication considérable.
Les conséquences en seraient, sur plusieurs générations un déclin progressif de l’état de santé et du bien-être des personnes touchées, avec une avancée des maladies généralement liées à l’âge et l’apparition de malformations.

L’article origine: «Genes without prominence: a reappraisal of the fundations of biology» par Arto Annila et Keith Baverstock, publié par la « Royal Society »:
http://rsif.royalsocietypublishing.org/content/11/94/20131017
On peut trouver les publications du Dr Baverstock en PDF sur son site: www.kbaverstock.org/


Dr Timoty MOUSSEAU
Le dr Timoty MOUSSEAU et ses collaborateurs vont sur le terrain à Tchernobyl et à Fukushima. Ils y étudient les conséquences sur ceux qui y vivent des faibles doses continues de radioactivité qu’ils subissent. Pour cela, ils font un recensement détaillé de la situation des arbres, des plantes, des insectes, des oiseaux, des mammifères… Ils évaluent la vitalité des populations, leur état de santé, leur fertilité et leur évolution au fil des ans.

Fauvette au cerveau atrophié

Fauvette au cerveau atrophié. Ces oiseaux ne vivent pas vieux.(Cl T. Mousseau)

Plusieurs espèces de plantes et d’animaux subissent des modifications variées (par exemple: taille réduite du cerveau, cataractes, décolorations du plumage ou du pelage, chute de la fertilité….). Chez l’hirondelle par exemple, cette irradiation a eu des conséquences fort néfastes sur la reproduction et sur la survie de l’espèce.


Un dosimètre dans une bague

Un dosimètre dans une bague

Il travaille à préciser les doses reçues dans la nature par les animaux et de comprendre les causes des différences de leur sensibilité apparente aux rayonnements

Des publications en anglais du Dr Timoty MOUSSEAU:
http://cricket.biol.sc.edu/chernobyl/Chernobyl_Research_Initiative/Publications.html
En attendant la publication de son intervention, je vous conseille vivement de prendre une demi-heure pour visionner la passionnante Video (sous-titrée français par KNA) de son intervention au symposium de New York le 11/03/2013


Chiyo NOHARA
Son équipe de l’université d’Okinawa (Japon) a étudié le devenir de générations successives de papillons Zizeera Maha (pale Grass blue butterfly).
C’est un papillon commun dans tout le Japon,un bon marqueur biologique.
Les papillons adultes recueillis en mai 2011 (2 mois après la catastrophe)dans la nature à Fukushima et en d’autres lieux avaient des anomalies légères. Leur descendance (F1)avait des anomalies plus sérieuses dont ont hérité les papillons des générations suivantes.
Las papillons récoltés en Septembre 2011 (accident + 6 mois)avaient des anomalies plus sévères.
Il a été remarqué que de poursuivre l’alimentation des générations successives avec des feuilles recueillies dans des zones contaminées était catastrophique pour la survie de la génération F2.
Passer à une alimentation non contaminée (origine Okinawa)pour les larves de la seconde génération(F2) était franchement bénéfique sur le taux de survie.

Ces études montrent que la radioactivité provoque des anomalies chez ces papillons:
– certaines sont transmises aux générations suivantes;
– d’autres peuvent être annulées par une alimentation non contaminée et ne sont donc pas héréditaires
On ne peut bien sûr pas extrapoler directement des papillons au mammifères et à l’homme, mais cela donne à réfléchir.

Le détail de leur minutieuse publication est ici, en anglais


Notes

    Mes conclusions provisoires:

  • 1- L’impact néfaste des radiations nucléaires à faible dose sur la santé des humains et celle de l’ensemble des vivants est réelle et prouvée. Elle est évidente à Tchernobyl pour l’observateur scientifique. Des phénomènes semblables semblent débuter à Fukushima.
  • 2- Les institutions telles que l’UNSCEAR, censées conseiller les gouvernants nient l’évidence et produisent des « études » non scientifiques qui tiennent de la propagande.
  • 3- Dans le domaine du nucléaire, l’OMS n’est pas en mesure de jouer son rôle de protecteur de la santé des peuples.
  • 4- Quel va être l’avenir des gens et de leurs enfants obligés de rester vivre et se nourrir en zone contaminée ?
    Nul ne le sait précisément, mais les constatations faites à Tchernobyl ne sont pas rassurantes.
    Plusieurs observations mentionnent que les dégâts iraient en s’aggravant au fil des ans.
  • 5- La situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima.
  • 6- Quand aura lieu l’accident nucléaire grave suivant, et où ?

Le 09 Décembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
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Nov 12

Des victimes de la maladie de Minamata protestent contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Satsumasendai.

«S’ils négligent le danger des centrales nucléaires, c’est qu’ils n’ont pas tiré les leçons de la maladie de Minamata»

a déclaré Koïchiro Matsunaga qui préside l’association «Stop au redémarrage de la centrale nucléaire».
Cette association a été crée en Septembre dernier par Huit personnes dont 3 patients atteints par la maladie de Minamata.
Minamata est situé à 45 km au nord de la centrale nucléaire de Satsumasendai

Résumé d’un article en anglais du Journal Asahi Shimbun daté du 09 Novembre 2014

Koichiro Matsunaga victime de la maladie de Minamata, second à partir de la droite et des membres de son association.

Koichiro Matsunaga victime de la maladie de Minamata, second à partir de la droite et des membres de son association.
Cliché Asahi Shimbun – Yasushi Saito

Matsunaga voit des similitudes entre le redémarrage de la centrale de Sendaï et la maladie de Minamata: « La priorité été accordée aux bénéfices des sociétés industrielles et non pas à la vie humaine

Matsunaga, 51 ans a visité la commune de Iitate dans la préfecture de Fukushima en février 2013. C’est une commune de montagne située à 40 Km de Fukushima; elle restait évacuée à cause du fort niveau de radiations qui persiste. «Rien ne garantit que Minamata pourrait échapper au même sort».

Il a cité deux problèmes concernant le redémarrage de la centrale nucléaire de Sendai: Des plans d’évacuation inadéquats en cas de catastrophe et le manque de confiance envers le gouvernement.
Matsunaga a noté que le gouvernement a affirmé qu’il prendrait la responsabilité de la reprise de l’activité de la centrale nucléaire. « Mais il n’a pas assumé la responsabilité de la maladie de Minamata».

L’association de Matsunaga a demandé au conseil municipal de Minamata d’adopter une délibération écrite s’opposant au redémarrage des réacteurs nucléaires; celui-ci a rejeté la demande. Mais le maire de Minamata, Hiroshi Nishida a lui aussi exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences d’un accident nucléaire éventuel.

Kenji Magamoto, un homme de 55 ans atteint de la maladie de Minamata a déclaré: « je suis déçu que nous n’ayons pas été compris… les priorités économiques passent toujours en premier

La ville de Minamata prévoit de recueillir 6.645 évacués de la commune de Izumi, préfecture de Kagoshima, en cas d’un accident nucléaire grave.

Une autre association de Minamata a exprimé ses inquiétudes concernant les procédures d’évacuation. Takafuni Nagano, président de ce groupe: « Si un accident grave se produit, Minamata devra également être évacué
Il a également exprimé sa méfiance envers le gouvernement central et le ministre de l’industrie:

« En fait, ils semblent surtout se hâter de lancer le redémarrage de la centrale nucléaire.»

Note:

La maladie de Minamata est une intoxication chronique provoquée par le mercure déversé dans la baie de Minamata par l’entreprise CHISSO. Les poissons de la baie étaient contaminés par le mercure; les japonais sont de gros consommateurs de poisson.

La première description de la maladie remonte à 1949. Elle a été officiellement reconnue en 1956. On a compté de 900 à 1800 décès (selon les publications)entre 1949 et 1965; 2.200 malades ont été officiellement reconnus mais l’entreprise a indemnisé près de 10.000 personnes.

Le mercure intoxique le système nerveux dont le cervelet.
Les principaux symptômes sont – un rétrécissement du champ visuel, des troubles de la coordination des mouvements (ataxie par lésion du cervelet), des tremblements, des troubles de la sensibilité, des troubles de la parole, de l’audition, de la marche, des troubles mentaux légers. La maladie peut provoquer la mort ou laisser des séquelles nerveuses considérables à vie.

Des mères ne présentant aucun symptôme ont donné naissance à des enfants gravement atteints (malformations congénitales plus ou moins lourdes, handicaps divers ou multiples, enfants mort-nés…).
On a constaté sur le long terme, une augmentation sensible du nombre de leucémies

Le Mercure avait également intoxiqué les chats du port qui devenaient fous; ils se jetaient à l’eau et se noyaient.

Le problème de l’intoxication au mercure se pose actuellement en Guyane pour les populations qui vivent le long des fleuves à cause de l’orpaillage.

Plus de détails ici:
– Yugi SATO, « MINAMATA MALADIE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2014. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maladie-de-minamata/
– Et sur Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Minamata

le 12 Novembre 2014

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Nov 02

L’état de santé réel des populations de la préfecture de Fukushima est dissimulé

Les médecins subissent de fortes pressions pour ne jamais incriminer la radioactivité.

Extraits d’une interview de Arnie Gundersen sur Radio Ecoshoc, le 29 octobre 2014.
Enregistrement de l’émission radio sur le site de Fairewinds en anglais.
La transcription anglaise est de ENENEWS.
Traduction par « vivre-apres-fukushima»


Alex SMITH (Radio Ecoshock): ( à 10mn30)Nous n’entendons quasiment rien concernant les effets de la catastrophe de Fukushima sur les habitants de cette région. On entend d’étranges rumeurs à propos de tumeurs étranges, d’enfants qui meurent, d’animaux qui meurent – qu’avez-vous entendu ? Pouvons nous espérer un compte-rendu honnête des autorités japonaises ?

Arnie GUNDERSEN : Voilà un très bon résumé , franchement. Nous continuons de recevoir des informations des gens qui vivent là bas, sur les taux de cancers et les maladies en général, pas seulement les cancers. Nous savons que les radiations sont une cause de cancers mais elles provoquent également bien d’autres affections. Toutes sortes de maladies sont devenues bien plus fréquentes qu’en 2010, avant l’accident
Nous travaillons également avec des médecins japonais; et certains de ces médecins courageux disent qu’ils ont été menacés – que leurs droits de travailler à l’hôpital ont été menacés. Si vous dites à votre patient que sa maladie est causée par les radiations, vous allez perdre votre droit de pratiquer et d’autres choses de ce genre.
Il y a une énorme pression sur la communauté médicale pour qu’il soit dit aux patients que ce qu’ils vivent n’est pas du tout causé par les radiations.

La clef , ce sont les statistiques; et la question est de savoir quand les statistiques sur la mortalité, la morbidité et les maladies en général seront publiées…
Nous ne voyons pas les données.

La communauté médicale doit communiquer tous les rapports qu’elle écrit à l’AIEA, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique, avant de les publier. Donc si vous êtes médecin hospitalier et que vous avez des données sur la mortalité, vous n’êtes pas autorisé à les rendre publiques tant que l’AIEA ne les a pas approuvées.

L’article II de la charte de l’AIEA est de promouvoir l’énergie nucléaire. Donc même si l’hôpital est consciencieux – il y a beaucoup de pressions politiques pour ne pas l’être – il y a une autre étape dans le processus: il faut franchir l’obstacle qu’est l’AIEA avant que ces chiffres soient diffusés. La pression sur le corps médical en cours au Japon est vraiment effrayante. Très peu d’entre-eux sont décidés à dire la vérité…


Des nouvelles des marins de l’US Navy irradiés

Les marins de l’US Navy contaminés et irradiés sur leur porte-avions les jours suivant l’accident nucléaire vont engager un procès contre TEPCO et autres, General Electric, EBASCO, Toshiba et Hitachi, les constructeurs de réacteurs nucléaires de Fukushima.
Voici un extrait du communiqué de presse de leurs avocats après la décision d’un tribunal américain autorisant les victimes à une class action:

Les 200 jeunes marins affirment que TEPCO a délibérément menti au public et à l’US Navy sur les niveaux de radiation émis par la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi lorsque le gouvernement japonais a demandé de l’aide pour les victimes du 11 Mars 2011. La plainte comprend des réclamations pour des maladies telles que la leucémie, les ulcères, le dérèglement de la vésicule biliaire, cancer du cerveau, les tumeurs cérébrales, le cancer des testicules, saignements utérins anormaux, les maladies de la thyroïde, les maux d’estomac et une foule d’autres plaintes inhabituelles chez ces jeunes adultes.
Un marin, âgé de 22 ans, a été diagnostiqué avec une leucémie et perd la vue. Dans sa déclaration à la cour américaine, il déclare: «À mon retour de l’opération Tomodachi, j’ai commencé de perdre la vision. Je suis incapable de lire les panneaux de rue et ne suis plus en mesure de conduire. Avant l’opération Tomodachi, j’avais 20/20 de vision, je ne portais pas de lunettes et je n’ai pas eu la chirurgie corrective de l’œil. De plus, je ne connais pas de membres de la famille ayant eu eu la leucémie»…

Le communiqué de presse en anglais.


Notes

– Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience professionelle en ingénierie nucléaire. Il a une Maîtrise en génie nucléaire, un brevet en sécurité nucléaire. Il a géré et coordonné des travaux dans 70 centrales nucléaires aux USA. Il a créé le site Fairewinds pour informer sur les conséquences de la radioactivité.
Le site de Fairewinds: www.fairewinds.org

– Je confirme que l’université médicale de Fukushima a signé un accord avec l’AIEA stipulant que ses publications doivent être soumises à l’AIEA. Voir également la lettre du Dr Fernex après sa visite à l’université médicale de Fukushima (Août 2012)

– Il est effectivement impossible d’avoir une vue sur l’état de santé des personnes qui vivent en terrain contaminé. On ne dispose que de quelques articles de journalistes assez imprécis, de témoignages sur des blogs.

– Arnie Gundersen affirme avec raison que la statistique est la clef de la connaissance des conséquences de la vie en milieu contaminé. En effet il n’y a pas de signature indiquant que la radioactivité est responsable d’une maladie, cancéreuse ou pas.
La seule solution est de comparer la nature et la fréquence des maladies dans une population donnée, avant et après l’accident nucléaire (ou avec une population semblable vivant dans un lieu non contaminé). Si depuis l’accident le nombre de malades augmente franchement,(ou s’il est plus important en zone contaminée qu’en zone saine) il y a de fortes chances que la radioactivité soit en cause; si aucune autre cause n’est décelable.

– Il y a aussi les constatations qu’ont faites sur le terrain les médecins des régions contaminées par Tchernobyl
Je vous invite à jeter un oeil sur ces deux publications réalisées par les médecins sur le terrain:

26 ans après, la santé des enfants de Tchernobyl est mauvaise et continue de se dégrader
La communication du Dr Galina Bandazhevskaya (Belarus) pédiatre, cardiologue,au forum de Genève du 12 Mai 2012 sur la santé des enfants au Belarus.
Lire ou charger l’exposé

Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Bélarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
-2009- Prof. Yury Bandazhevski – Dr. Galina Bandazhevskaya
La contamination nucléaire chronique ne provoque pas que des cancers. Elle provoque aussi une multitude de pathologies, surtout cardio-vasculaires.
Lire ou télécharger


En ce qui concerne les marins de l’US Navy, c’est très impressionnant et scandaleux: voilà une population d’adultes jeunes, sélectionnés, en bonne santé maintenus en plein panache radioactif pendant plusieurs jours. Et très rapidement on constate dans cette population la survenue en quantité tout à fait anormale de maladies de toutes sortes.
Le procès nous permettra peut-être d’en savoir plus sur les conséquences de cette irradiation-contamination aigüe.

Attention: On ne peut pas extrapoler des marins US, victimes d’une irradiation-contamination aigüe et de faible durée, aux japonais obligés de vivre et se nourrir dans des zones faiblement contaminées mais pendant des années.

le 02 Novembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
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Oct 28

La commune de Satsumasendai approuve le redémarrage de sa centrale nucléaire

Le conseil municipal de Satsumasendai, préfecture de Kagoshima, a approuvé mardi le redémarrage de la centrale nucléaire locale.

La ville compte 100.000 habitants. Elle est située à 1.000 Km au sud-ouest de Tokyo, à l’extrème sud du pays, et a longtemps compté sur sa centrale nucléaire pour des subventions et des emplois.
19 des 26 membres du conseil municipal ont voté pour le redémarrage, 4 ont voté contre et trois se sont abstenus.
Satsumasendai sur Google maps

La centrale est gérée par Kyushu Electric Power Co; elle a deux réacteurs; elle a été la première à répondre aux nouvelles exigences de sûreté.

Le maire de Satsumasendai, Hideo Iwakiri a donc donné le feu vert pour que la centrale redémarre au début de l’année 2015.
Lors d’une conférence de presse, tout en annonçant l’accord de la municipalité, le maire a dit que le gouvernement central devrait finalement être tenu pour responsable des accidents qui se produiraient dans l’usine.
Il a également souligné que le Japon devrait faire plus d’efforts pour développer de nouvelles sources d’énergie et réduire la dépendance nucléaire.

D’autres municipalités autour de la centrale affirment que la remise en marche de la centrale sans leur consentement est inacceptable. Elles ne profitent pas de la présence de la centrale, mais elles seront également exposées à des rejets radioactifs dans l’éventualité d’une catastrophe.

Mais le gouverneur de Kagoshima, Yuchiro Ito a négligé ces craintes disant que la seule approbation nécessaire est celle de la commune qui abrite la centrale.

Dans la période qui a précédé le vote de Satsumasendai, des fonctionnaires ont tenu des réunions dans les villes voisines pour expliquer le redémarrage. Certains habitants se sont plaints que ces réunions publiques étaient restrictives et ne répondaient pas aux préoccupations des populations concernant les plans d’évacuation.


Ceci est un petit résumé des articles en anglais de deux journaux japonais:
L’Asahi Shimbun
Le Japantimes

Le 28 Octobre 2014


Mise à jour du 29 octobre

Voici des informations intéressantes que nous fournit l’ACRO

Le vote positif de la commune de Satsumasendaï en faveur du redémarrage des réacteurs nucléaires de Sendaï, même s’il n’est pas une surprise, suscite de nombreux commentaires. Le maire, fervent partisan du nucléaire, qui a été réélu en 2012 à une forte majorité, avait fait campagne en annonçant qu’il soutiendrait le redémarrage. Suite au vote de son conseil municipal, il a même déclaré qu’il estimait que la centrale était sûre à 100%, même si elle devait subir une agression externe similaire à celle de Fukushima daï-ichi. Il est bien le seul à faire ce genre d’affirmations.
La commune reçoit chaque année fond de soutien gouvernemental de 1,2 milliards de yens (8,7 millions d’euros) d’un fond de soutien gouvernemental, auxquels il faut ajouter 400 millions de yens (2,9 millions d’euros) de taxe sur les combustibles nucléaires. Kyûshû Electric a versé en tout 27 milliards de yens (200 millions d’euros au cours actuel) à la ville, sur les 30 ans de fonctionnement de la centrale. La contribution à l’économie est estimée à environ 600 millions de yens (4,4 millions d’euros) par an, selon la chambre de commerce.

Une autre commune, Aïra, située partiellement dans la zone de préparation à l’évacuation de 30 km autour de la centrale a voté, en juillet dernier, contre le redémarrage de la centrale et pour son arrêt définitif. Deux autres communes, Ichikikushikino et Hioki, situées entièrement dans cette zone, ont voté des résolutions demandant à être consultées, comme on l’a déjà signalé. Ichikikushikino ne reçoit que 90 millions de yens (655 000 euros) par an du fond gouvernemental, soit moins d’1% de son budget. Mais le gouverneur a décidé que la commune qui héberge la centrale suffit, en l’absence de règles officielles.
Ce genre de problème n’est pas limité à la centrale de Sendaï. Partout au Japon, les communes qui doivent préparer des plans d’évacuation demandent légitimement à avoir droit au chapitre.


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Oct 26

Les habitants interdisent l’accès à un site destiné à l’entreposage de déchets radioactifs

Un forage exploratoire en vue d’un dépôt de déchets provenant de l’accident nucléaire a été annulé après que des habitants aient bloqué l’accès du site à KAMI, préfeture de Miyagi.

Le ministère de l’environnement avait sélectionné le site pour y installer un dépôt final de déchets tels que de la paille de riz contaminée par la radioactivité provoquée par le désastre de la centrale électrique n°1 de Fukushima.

Le maire de Kami, Hirobumi Inomata, accompagné d’habitants a bloqué la route menant au site dans la matinée du 24 Octobre 2014.
Les habitants se sont rassemblés autour d’un barrage routier à environ 6h du matin.

image de la manifestation

Les habitants de Kami refusent de bouger même après une explication par un fonctionnaire ministère de l’Environnement, à l’extrême droite.
(Shuhei Takei) Cliché Asahi Shimbun

L’équipe du Ministère de l’environnement d’environ 15 personnes est arrivée vers 08h40, avec entr’autres des équipements pour défricher.
Elle a été accueillie par des chants «rentrez chez vous ! », «Nous ne laisserons jamais s’installer ici le site de décharge nucléaire»… et n’a pas pu aller plus loin.

Les habitants de Kami ont insisté sur le fait que ce site, l’un des 3 sélectionnés par le gouvernement, ne répond pas aux exigences d’une installation de stockage; entr’autres points à cause des formations rocheuses fragiles et du risque grave de contamination de l’eau souteraine.

«Notre sécurité n’est pas garantie si un site de décharge final est construit ici, Nous continuerons de protester» a déclaré un habitant de 56 ans. Le président de l’organisation locale contre le site de décharge, âgé de 72 ans, a déclaré: «Le ministère de l’environnement n’a pas idée à quel point nous sommes préoccupés par les dommages économiques que provoqueront les rumeurs concernant cette installation. Je ne les laisserai pas passer même au prix de ma vie.»

Le responsable du ministère de l’environnement a accepté la lettre de protestation qui lui a été remise et a déclaré aux journalistes: « Il nous sera très difficile d’écarter les manifestants et d’entrer sur le site dans ces conditions; nous allons envisager de les repousser par la force.»

Dans le même domaine, le ministre a été aussi contacté par les mairies de Kurihara et Taiwa, qui sont également sélectionnées en vue de dépôts définitifs. Les travaux ont donc été interrompus dans les 3 communes.
Les communes de Kurihara et Taiwa avaient accepté les travaux d’exploration à condition qu’ils se fassent en même temps dans les 3 communes.


D’après les articles en anglais de l’Asahi Shimbun et du Mainichi:
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201410250024
http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20141025p2a00m0na014000c.html


Note:

«Les rumeurs».
Le gouvernement japonais fait campagne contre les «rumeurs néfastes» concernant les produits agricoles des zones contaminées qu’il souhaite voir commercialisés comme si de rien n’était. En fait les produits issus de la région de Fukushima se heurtent à la méfiance des acheteurs et se vendent à bas prix. Il s’agit donc de la réputation des produits des communes concernées qui sont situées à 130km au Nord de la centrale accidentée.
Le gouvernement autorise et favorise la mise en vente de produits contaminés par les Césiums jusqu’à 100Bq/kg.

D’après les vues satellite, Kami est une commune agricole, comme celles de la région de Fukushima. La région produit du riz, des légumes (maraîchage), des fruits (pommes), des produits de la forêt (bois, champignons). Une mauvaise réputation c’est la catastrophe économique.
Voir sur Google Maps

Le 26 octobre 2014

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Oct 17

Est-il possible d’évacuer correctement les populations en cas d’accident nucléaire ?

Je reproduis ici partiellement un article de l’ACRO du 08 Octobre 2014

ACRO :Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l’Ouest – Laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité – Centre d’information et de documentation – France.

Chaque pays nucléarisé se doit d’avoir un logiciel pour prédire les retombées radioactives en fonction de la météo en cas d’accident grave.
Au Japon, il s’appelle SPEEDI et n’a servi à rien lors de la catastrophe de mars 2011. Les experts ne pouvaient estimer la quantité de radioéléments qui étaient rejetés et donc la quantité qui retombaient. La seule information disponible était où ils retombaient. Mais cela n’a pas été transmis aux personnes concernées et de nombreuses personnes ont évacué vers des zones plus contaminées.

La nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA, a décidé de ne pas utiliser SPEEDI en cas de nouvel accident, car il ne serait pas fiable. On ne sait pas comment elle va faire.

Les autorités locales peinent à établir des plans d’évacuation des populations en cas d’accident nucléaire.
40% des communes n’y seraient pas encore parvenu, selon le gouvernement japonais.
Le trafic engendré va fortement ralentir l’évacuation, exposant les populations dans les véhicules où elles sont peu protégées.
Il n’est pas toujours facile de trouver un abri pour tous les habitants vivant à moins de 30 km des centrales…

Et là où les plans sont terminés, comme autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) ou dans la province de Fukui, il y a encore de nombreuses lacunes. Plusieurs responsables locaux considèrent qu’ils ne sont pas réalistes.

L’exemple japonais prouve qu’il n’est pas possible d’avoir un plan d’évacuation effectif si l’on veut faire les choses sérieusement. Ce qui signifie que les plans européens ne seront pas fiables en cas d’accident.

Texte original sur le site de l’ACRO à la date du 8 Octobre 2014:
http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html


Note

Un exemple simple: la vallée du Rhône qui abrite beaucoup d’installations nucléaires et plusieurs grandes villes.
Accident par temps de mistral: 80 km/h de vent du Nord. Le panache toxique descend la vallée du Rhône.

Pour les administrations c’est: reçevoir l’information, évaluer la gravité, distribuer l’Iode, donner les consignes aux habitants, gérer un flux de voitures, d’autocars, de camions, les ponts sur le Rhône, les voies de chemin de fer…les hôpitaux… les installations industrielles à mettre en sécurité…
Pour un accident de la région de Pierrelatte, en une heure le nuage radioactif sera sur Arles; en 1h30 il sera sur Aix en Provence, Marseille.

– Pour nos lecteurs étrangers: le Mistral est un vent du Nord qui souffle dans la vallée du Rhône 130 jours par an à une vitesse variant de 30 à 120 km/h
– Une centrale accidentée qui a perdu son étanchéité émet des produits radioactifs sous forme de gaz (Iode radioactif)et sous forme de poussières (les Césiums et d’autres); une partie de ces poussières mesure 2 microns; cette taille leur permet de s’infiltrer partout y compris dans nos poumons.

Le 17 octobre 2014

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