Juil 01

Ballade dans un parc à Koriyama – Aide aux enfants

De nombreux points chauds dans un parc «décontaminé» et ouvert au public à Koriyama.

situation de Koriyama

(Traduction de l’article du site «Sauvez les enfants des radiations»)

Le Kaiseiazan-parc est le parc le plus populaire de la ville de Koriyama.
Mr Masa a visité ce parc avec un compteur Geiger et a fait un court film de sa visite.

Trois ans et demi ont passé depuis le désastre nucléaire; le parc a été décontaminé et un compteur dans le parc indique moins de 0,3 µSv/h.
(ndtr: le niveau de fond normal au Japon était «avant Fukushima» de moins de 0,10 µSv/h)
Le compteur personel de Masa a indiqué des valeurs supérieures en maints endroits du parc; des valeurs sérieusement élevées ont été trouvées dans la boue accumulée au sol.
Il y a de ces « micro-points chauds » partout dans le parc.
https://youtu.be/EzZTOZAt3vQ

Le website de Masa フクシマンマサのブログ
Le site de «Sauvez les enfants des radiations»


Accueil d’enfants de Fukushima en France

Fukushima-blog nous signale une initiative qui a pour but d’offrir des vacances « propres » à des enfants de Fukushima:

Vous pouvez aider les enfants
Depuis 2012, des citoyens s’organisent pour accueillir des enfants de Fukushima dans le sud de la France.
L’objectif ? Sortir ces enfants des zones contaminées pour préserver leur santé et leur permettre de retrouver des moments d’insouciance et de véritables jeux d’enfants.
En second lieu, cet événement annuel sert aussi à médiatiser les conséquences de la catastrophe nucléaire et à alerter sur les dangers qu’encourent ces enfants sur le long terme.
Pour l’accueil 2014, un appel au don est lancé afin d’accueillir le plus d’enfants possible. Et les dons sont possibles à partir de 5 €. Pour une fois, nous pouvons tous aire quelque chose !

Pour voir la suite de l’article, cliquer ici ou sur l’image

bannière

Le projet pour les enfants de Fukushima

le 1er Juillet 2014


Mai 15

Un saignement de nez qui émeut jusqu’au gouvernement japonais !

Un Manga qui offense le gouvernement !

Jusqu’à présent le manga hebdomadaire «Oishinbo» ne parlait que de gastronomie. Et voici que dans les pages des 28 Avril et 12 mai, le héros a un saignement de nez après avoir visité la centrale détruite de Fukushima Dai ichi. Dans ce même manga, d’autres personnages déconseillent aux gens de vivre à Fukushima; un professeur agrégé qui apparait sous son vrai nom dans la parution du 12 mai y affirme qu’il est impossible de décontaminer toute la préfecture et de la rendre à nouveau habitable. Katsuka Idogawa, l’ancien maire de Futaba y est cité aussi sous son vrai nom.
Il n’y a aucune mention des rayonnements, mais le lien est évident.

La page du manga Oishinbo en cause

La page du manga Oishinbo en cause

Réaction offensée de la préfecture de Fukushima:
« les sentiments des gens de Fukushima ont été totalement ignorés et profondément blessés.» «Cette publication pourrait gravement nuire à l’agriculture, la foresterie, la pêche et au tourisme
La préfecture a protesté auprès de l’éditeur, affirmant qu’«il n’y a aucun cas confirmé de dommages directs causés à la santé par les matières radioactives émises par l’accident nucléaire».
[ils ont déjà oublié les cancers de la thyroïde ?]

Le gouvernement a réagi: «Il a été précisé par les experts qu’il n’existe pas de lien de causalité entre l’exposition aux rayonnements et les saignements de nez».

Même l’Université appelle les enseignants à la réserve suite à la citation du professeur agrégé.

Les divers protagonistes résistent à la pression des autorités

Tetsu kariya, le créateur du manga Oishinbo

Tetsu kariya, le créateur du manga Oishinbo


– Le professeur à confirmé.
– Katsuka Idogawa, l’ancien maire de Futaba ( voir son interview à la télé russe> ) a confirmé ce que le manga lui attribue.
– Les dirigeants du magazine ont annoncé qu’ils ne modifieraient pas le manga.
– Tetsu Kariya, le créateur de Oishinbo: «J’assume l’entière responsabilité de ce qui apparait dans le manga».

Information tirée en majeure partie de l’article en anglais de l’Asahi Shimbun


Dans le même temps, une journaliste libre, Mari Takenouchi est tracassée par la police à cause d’un Tweet où elle mettait en cause le programme ETHOS et sa directrice japonaise.

Le programme ETHOS est un programme international qui a débuté en Europe à Tchernobyl. Son but était de favoriser le retour des populations dans les zones contaminées et la reprise de l’économie.
Effectivement des populations vivent dans des zones contaminées autour de Tchernobyl mais la santé des enfants est mauvaise et cela ne fait qu’empirer.
Voir l’article du Pr Fernex sur l’action de Ethos à Tchernobyl

Voir les articles sur la santé des enfants dans la région de Tchernobyl à la rubrique « Documents » en haut de page.Spécialement l’article du dr Bandajevskaya

ETHOS est maintenant à l’oeuvre au Japon avec toujours le même but: inciter les gens à revenir vivre en zone contaminée.
Alors que plusieurs organisations japonaises demandent que les enfants au moins soient évacués des zones contaminées.


Mari Takenouchi

Mari Takenouchi

Le blog de Mari Takenouchi
Articles de journaux au sujet de Mari Takenouchi:
http://nuclear-news.net/2014/05/12/what-will-happen-on-mothers-day-for-mari-takenouchi/

http://enenews.com/vice-japan-mother-fled-radiation-jail-tweet-critical-nuclear-lobbyist-fukushima-police-travel-1000-miles-interrogate-her-examine-computer-officer-only-prefecture-potentially-dangerous-criminal

Un article du Pr Fernex sur l’action d’ ETHOS à Tchernobyl


Note

Pourquoi cette inquiétude devant les saignements de nez des enfants qui sont en principe sans gravité ?
Tout d’abord, il n’est pas tout à fait normal que dans une famille un ou des enfants saignent souvent du nez; des professeurs des écoles signalent régulièrement que beaucoup de leurs élèves saignent du nez.
Les parents voient leur demande de soins rejetée systématiquement; pourquoi les autorités refusent-elles de voir ce symptôme et de l’examiner ?
En 1945, juste après les explosions de Hiroshima et Nagasaki, les saignements de nez ont été les premiers symptômes de la grave maladie des radiations chez des survivants qui semblaient ne pas avoir été atteints par les radiations. Les japonais le savent.

le 15 mai 2014


Mai 06

Malformations congénitales et accident de Tchernobyl.

J’ai trouvé cette video passionnante.
Elle nous montre comment une équipe internationale libre a réalisé une étude sérieuse sur la fréquence de malformations congénitales dans une région d’Ukraine touchée par Tchernobyl.

Il s’agit ici des Spina bifida et des microcéphalies.
Le dr Wladimir Wertelecki, pédiatre et généticien, nous montre comment s’est organisée une telle étude, comment elle tient compte de multiples facteurs, comment l’équipe a découvert et confirmé des choses inattendues.
Il nous en montre les limites, les questions qu’elle soulève tant pour l’Ukraine que pour le Japon et nous tous.
Surtout cette étude est utile: il en tire des conclusions pratiques , à même d’améliorer l’état de santé des populations.

«La prévention vient en premier, pas l’épidémiologie» (Dr Wertelecki)

Concernant Fukushima, où sont les études, les statistiques, les données
sur l’impact de la catastrophe sur les nouveaux-nés depuis 3 ans ?
Quelles actions ont été entreprises en faveur des populations et des enfants à naître ?

Equipe internationale libre: aucun financement officiel, aucune subordination à OMS ni AIEA.
Le Dr Wladimir Wertelecki, nous montre que l’OMS, vassale de l’AIEA se garde bien d’aller enquêter là où il faut et écarte délibérément toute mise en cause de l’exposition à la radioactivité. Lorsque les conclusions d’une ou plusieurs enquêtes lui déplaisent, elle refuse d’en tenir compte (par exemple:l’augmentation des cas de Leucémie autour des installations nucléaires).
Nous apprenons ainsi que l’EUROCAT, un réseau de surveillance européen des anomalies congénitales, n’a mené aucune étude en Ukraine, et que le principal sujet d’étude où vont les crédits est l’alcool, en tant que cause des anomalies à la naissance…

Video réalisée à l’occasion du symposium « The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident » (Conséquences médicales & environnementales de l’accident nucléaire de Fukushima) organisé par la fondation Helen Caldicott les 11 & 12 Mars 2013 à New York.

    Quelques précisions avant de visionner cette video:

  • OMS: Organisation Mondiale de la Santé. Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
  • Affection héréditaire: c’est une anomalie due à une altération des chromosomes. Elle se transmet de génération en génération.
  • Affection congénitale (l’objet de cette étude): c’est un embryon qui a des chromosomes en bon état mais qui a un « accident » dans son développement. C’est le cas du Spina bifida. L’accident peut être provoqué par des virus, l’exposition à des toxiques (alcool, tabac, médicaments: thalidomide) l’exposition aux rayonnements ionisants, des carences alimentaires.
  • J’ai mis quelques indications sur le Spina Bifida et la Microcéphalie ici en bas de page

https://youtu.be/-qsedHFLXQk
Sous-titrage français par KNA


Les Défauts du Tube Neural:

Ce sont des malformations congénitales du système nerveux central et des strucures adjacentes; elles sont liées à un défaut de fermeture du « tube neural » entre 3° et 5°semaines de la gestation.
Le « tube neural » est la structure qui chez l’embryon très jeune va former la Möelle épinière et le cerveau.
L’empilement des vertèbres va former un canal qui contient la moëlle épinière avec ses nerfs.

Le Spina Bifida

Il est consécutif à une mauvaise fermeture de ce tube neural.
Les enfants souffrent de paralysies et de troubles sensitifs plus ou moins importants des jambes, des fesses, de la vessie, de l’intestin, de l’anus.

Les causes en sont mal connues(alcool, tabac, autres facteurs dont les radiations). On sait par contre que l’absorption par la mère, dès AVANT la conception, d’acide folique réduit considérablement le risque que l’enfant à naître ait un Spina bifida

L’hydrocéphalie accompagne 70 % des cas de Spina Bifida. C’est un défaut de drainage du Liquide céphalo rachidien au niveau de la boite cranienne.Elle nécessite la mise en place d’un drain pour évacuer ce liquide céphalo-rachidien. Si on ne met pas ce drain en place, le cerveau est comprimé et l’enfant a de très gros troubles mentaux avec une tête énorme.

Documentation:
Un site canadien
Le Site du CHU de Rouen
La Fédération française des associations du Spina Bifida


La microcéphalie

La microcéphalie désigne la taille anormalement petite du crâne. On la détecte par les échographies pré-natales et tout au long de la croissance du nourrisson par la mesure du périmètre cranien. Elle est la conséquence soit d’un arrêt de développement du cerveau, soit de la soudure trop précoce des os du crâne.

    Les symptômes de la microcéphalie sont :

  • une taille de crâne inférieure à la normale, estimée par la mesure du périmètre crânien
  • un retard mental plus ou moins profond.

La microcéphalie est congénitale: c’est un accident de la croissance du foetus.

Pour éviter les anomalies de l’enfant à naître et notamment la microcéphalie, il est important que la grossesse se déroule au mieux et que la mère ne consomme pas de substance toxique pour le développement du foetus, comme l’alcool, le tabac, les drogues. Le dr Wertelecki suggère que l’effet des radiations ionisantes soit étudié (Alors que l’OMS se cantonne à l’effet de l’alcool).
Plus d’info sur santé-médecine

Retour à la video


Fév 18

Le Dr MITA conseille aux habitants de Tokyo de passer 1 ou 2 mois par an en zone « propre ».


Entretien du Dr Shigeru MITA, médecin d’une clinique privée à Tokyo avec une revue internationale, vice.com, le 14 Février 2014

Ce qui suit est une traduction-résumé de cet entretien. J’ai conservé la forme: questions-réponses
Le texte original en anglais

Les test effectués par le dr Mita:
J’ai examiné plus de 1.500 patients. la plupart étaient des enfants.
J’interroge les patients, je les examine puis je fais pratiquer un examen du sang et une échographie de la thyroïde.

Dr Shigeru MITA

Dr Shigeru Mita

Les résultats:
J’ai surtout examiné des patients habitant Tokyo. J’ai constaté des symptômes anormaux surtout chez les enfants du jardin d’enfants et du primaire; et aussi chez les gens âgés. Ils avaient surtout des anomalies des globules blancs: une baisse des polynucléaires neutrophiles. Le sang est fabriqué par la moëlle osseuse qui est l’un des organes les plus sensibles aux rayonnements. Dans les cas graves on peut en arriver à des affections mortelles telle qu’une septicémie.

Est-ce que les anomalies s’améliorent ou s’aggravent depuis la fusion des réacteurs?
J’ai effectué les premiers tests en décembre 2011. Je ne peux pas comparer avec avant l’accident. Mais je peux dire que la menace a semblé se propager dans Tokyo depuis.

Quels ont les symptômes les plus graves que vous ayez rencontrés ?
C’était un bébé qui n’avait plus de polynucléaires neutrophiles. Cela signifie qu’elle aurait pu attraper une maladie grave éventuellement mortelle. Elle a par la suite été examinée dans un hôpital plus grand. Heureusement elle a récupéré après être partie vers Kyushu.

Que prescrivez-vous dans ces cas ?
Je ne peux rien prescrire, il n’y a pas de traitement pour cela. Il semble qu’ils récupèrent quand ils vivent un temps hors de la partie Est du Japon est; donc j’encourage cela.

Les effets disparaissent lorsqu’ils quittent les régions à risque ?
Oui, quand les patients vont à un autre endroit, comme Osaka, Kyoto, Shikoku ils vont mieux; mais ils rechutent quand ils reviennent à Tokyo.

Y a-t-il d’autres médecins qui font ces examens ?
Pratiquement pas. Je sais qu’un médecin de la clinique de Mitakanomori fait les mêmes examens. J’ai demandé à d’autres médecins de réaliser ces examens mais aucun n’a accepté.

Avez vous suffisamment de données pour publier une étude concluante ?
Je ne pense pas car je ne contrôle pas le lieu d’origine de mes patients. Certains se sont déplacés avant d’arriver à la clinique. Je n’ai pas actuellement assez de données pour une étude concluante. J’aurais besoin de la collaboration d’autres médecins.

Que pensez-vous de la contamination des aliments ? pensez-vous que les gens doivent prendre des précautions ?
De la nourriture contaminée arrive certainement à Tokyo. Beaucoup de gens pensent que nous devons manger des produits locaux pour soutenir l’économie. Je pense que nous devrions tout tester à fond et qu’au moins les enfants devraient ête tenus à l’écart de tout risque de contamination.

La clinique du Dr MITA

La clinique du dr MITA

Pensez-vous que les médias ont négligé la couverture des effets des rayonnements ? Ils ne mettent certainement pas l’accent sur ce problème. Je crois que les médias se sont mis du côté des puissants. Je pense qu’il est de la responsabilité du gouvernement d’aider les patients mais il ne le fait pas.

Le public japonais se préoccupe-t-il suffisamment du risque des radiations ?
Ceux qui vivent à l’Est sont réellement concernés; ils tentent de détourner les yeux des dangers de la radioactivité. Ceux qui vivent à l’Ouest sont plus rationnels et ils sont nombreux à aider ceux qui migrent, venant de l’Est du Japon.

Quel est selon vous est la meilleure conduite à tenir pour les personnes vivant au Japon?
Je ne peux penser que sur la région autour de Tokyo. Je m’inquiète au sujet des enfants, de leurs parents, et des enfants qui naîtront à l’avenir. Je souhaite que les patients se déplacent vers un endroit plus sûr, mais la plupart des gens ne veulent pas se déplacer. Je recommande fortement à toute personne vivant dans la région de la capitale d’aller vivre dans un endroit plus sûr un ou deux mois par an. J’encourage tous ceux qui vivent à Tokyo de passer des tests sanguins aussi souvent que possible. Dans l’intervalle, il n’y a rien que je puisse faire, à part soutenir les patients à mon niveau du secteur privé.

Le texte original en anglais de l’entretien


Notes:

J’avais déjà rendu compte dans un billet du 15 Novembre 2013 de l’activité du Dr MITA
http://www.vivre-apres-fukushima.fr/il-faut-faire-des-analyses-de-sang-aux-enfants-du-kanto/

Le Dr MITA confirme ici ses constatations; elles sont cohérentes avec ses déclarations de Novembre.
La fiabilité du Dr MITA et de ses dossiers? Je n’ai aucun élément permettant de la certifier. Mais c’est apparemment l’un des seuls médecins n’observant pas les consignes officielles de dénégation du risque nucléaire; je suppose qu’elle n’est pas en odeur de sainteté auprès des autorités. Connaissant les mensonges, omissions et consignes officielles, il me semble que la fiabilité du Dr Mita est bien meilleure que celle des autorités.
Comme il le souligne lui-même, il lui est impossible de connaître la proportion des patients atteints dans la population, ni d’avoir des détails sur d’éventuels antécédents communs. Il est apparemment impossible aussi de savoir si les aliments consommés sont contaminés ou pas: ils sont mis en vente dès qu’ils ne dépassent pas la limite officielle de contamination.

Le dr MITA parle des populations de l’est du Japon: le tremblement de terre et le tsunami qui ont suivi sont appelés officiellement la catastrophe du « Grand Est ».

Les globules blancs sont l’un des éléments importants de la protection de l’organisme vis à vis des microbes et virus.
Les constatations du dr MITA recoupent ce qu’ont constaté les médecins de Tchernobyl chez les populations obligées de vivre en milieu contaminé:baisse de l’immunité, fragilité de l’organisme, pathologies non cancéreuses…

Ses constatations sont faites dans le Kanto, une province qui officiellement a été très peu polluée, où aucune précaution particulière n’est recommandée, où les jeux olympiques sont prévus.


Pour plus d’information:

Les conséquences médicales et écologiques de l’accident nucléaire de Fukushima – au forum de New York le 12 mars 2013
Le diaporama du Dr Yablokov transcrit en français par Kna

Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Belarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
Forum de Genève 2012
cliquer ici

L’ouvrage de base:
Tchernobyl.Conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature

Pr Youri Bandazhevski – Dr Galina Bandazhevskaya
Voir le chapitre 6.4 Altérations de l’immunité et du système lymphoïde
Cliquer ici

Fiabilité des officiels ?

Au sujet des données médicales à Tchernobyl, voici ce qu’a dit le Pr Yablokov au symposium de New York du 12 Mars 2013

Mais en plus, à Tchernobyl, (à Fukushima maintenant), nous avons eu beaucoup de falsifications. En Union Soviétique ça a été le secret officiel pendant 3 ans 1/2 après la catastrophe. Nous avions des documents spéciaux – j’ai un de ces documents ici – du ministre de la santé publique, un ordre spécial pour modifier les données médicales. Ne jamais consigner dans les dossiers la vérité à propos de Tchernobyl et des conséquences de la radioactivité. Comment peut-on se baser sur ces données ? C’est impossible.

Texte disponible en français à la page Téléchargements du Symposium de New York Le diaporama du Dr Yablokov transcrit en français par Kna

le 18 février 2014 – mis à jour le 31 juillet 2014


Fév 08

Le nombre de cas de cancers de la thyroïde continue d’augmenter chez les jeunes de Fukushima

La préfecture de Fukushima a annoncé le 7 Février 2014 que le nombre d’enfants chez qui on a diagnostiqué définitivement ou suspecté un cancer de la thyroïde est monté à 75.

En Novembre 2013, c’était 26 cas confirmés + 32 suspects, soit 58 cas
En juillet 2013, c’était 18 cas confirmés + 25 suspects, soit 43 cas.

254.000 jeunes ont été examinés.
Seuls ont été examinés les résidents de la préfecture de Fukushima âgés de 18 ans ou moins lors de la catastrophe nucléaire de 2011.
Ces derniers résultats incluent 28.000 personnes de plus qu’en Novembre 2013.
L’âge moyen des enfants atteints était de 14,7 ans au moment de la catastrophe.

Les officiels de la préfecture affirment qu’ils ne croient pas que ces cancers sont dus à la catastrophe nucléaire. Les scientifiques officiels disent qu’ils espèrent trouver dans les tissus thyroïdiens cancéreux enlevés par les chirurgiens des mutations d’un autre sorte que celles déclenchées par les radiations ionisantes; pour tenter de savoir si ces cancers ont été induits par les radiations ou pas.
Leur argument est qu’à Tchernobyl les cancers de la thyroïde ne sont survenus que 4 à 5 ans après l’accident nucléaire.
Il n’y a actuellement aucune technique capable de déterminer si, chez un individu donné, le cancer est du aux rayons ou pas.

Résumé d’un article de l’Asahi Shimbun du 7 Février 2014
L’article en anglais


Notes

Il est exact qu’il n’y a actuellement aucun moyen de savoir chez un malade donné si un cancer est du à l’exposition aux radiations ionisantes ou pas.

La date de survenue: 4 à 5 ans après l’accident:
– c’est la bouée de sauvetage des médecins officiels de Fukushima; la radioactivité est en fait la seule cause vraisemblable.
– il faut noter de plus qu’à Tchernobyl, les données médicales des premières années qui ont suivi l’accident ont été falsifiées ou détruites.(voir la note en bas de page)

L’incidence « normale » des cancers de la thyroïde chez l’enfant est de 1 à 3 pour un million d’enfants par an. On est devant un accroissement très important des cas. Ici on est à 75 pour 254.000 en 3 ans.


Voici ce que dit du cancer de la Thyroïde le Dr Yablokov dans son livre: «Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et l’environnement»

Les particularités caractéristiques de la diffusion et de l’apparition du cancer de la thyroïde de Tchernobyl sont très différentes des données, largement utilisées comme références, sur les conséquences des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
Le cancer de Tchernobyl :
– apparaît beaucoup plus tôt (non après 10 ans, mais déjà au bout de 3-4 ans après l’irradiation)
– il se développe dans une forme beaucoup plus agressive
– il ne touche pas seulement les enfants, mais des personnes adultes au moment de l’irradiation.

Il est erroné de penser que ce cancer est facilement guérissable chirurgicalement. Bien que dans la majorité des cas il est curable par l’opération, dans un tiers des cas environ le cancer continue à se développer après l’intervention. En outre, dans tous les cas de la cure chirurgicale sans exception le malade reste invalide pour toute la vie, dépendant entièrement des médicaments.

Enfin, il faut tenir compte du fait que le cancer de la thyroïde n’est que la pointe de l’iceberg des affections radio induites de cet organe (cf. partie 6.3.2.) – pour chaque cas de cancer il y a des centaines de cas d’autres maladies de la thyroïde, qui altèrent aussi son fonctionnement.

Publié en 2010 par l’académie des sciences de New York, cet ouvrage est le plus complet panorama critique des publications médicales et biologiques consacrées aux conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
Vous pouvez consulter et télécharger une traduction française partielle de ce livre en vous rendant à la page «Téléchargements» en haut de cette page

Au sujet des données médicales à Tchernobyl, voici ce qu’a dit le Pr Yablokov au symposium de New York du 12 Mars 2013

Mais en plus, à Tchernobyl, (à Fukushima maintenant), nous avons eu beaucoup de
falsifications. En Union Soviétique ça a été le secret officiel pendant 3 ans 1/2 après la catastrophe. Nous avions des documents spéciaux – j’ai un de ces documents ici – du ministre de la santé publique, un ordre spécial pour modifier les données médicales.
Ne jamais consigner dans les dossiers la vérité à propos de Tchernobyl et des conséquences de la radioactivité. Comment peut-on se baser sur ces données ? C’est impossible.
Texte disponible en français à la page Téléchargements, Symposium de New York


Jan 08

Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima

La nocivité des faibles doses de radioactivité, la rapide dispersion des éléments radioactifs de Fukushima se confirment

En Californie, chez les nouveaux-nés des femmes qui étaient enceintes au moment du passage du nuage radioactif de Fukushima, les cas d’hypothyroïdie ont augmenté de 7 fois par rapport aux périodes précédentes sans pollution radioactive.

Les doses d’Iode radioactif qu’ont reçu les mères de Californie devaient être assez faibles. L’Iode radioactif a été dispersé au cours de son trajet de 6 jours au dessus du Pacifique et son activité radioactive diminue de moitié en 8 jours.

Ceci montre que contrairement à ce qu’affirme le lobby nucléaire, les faibles doses ont un effet néfaste sur la santé.


Notes

1- Je ne sais pas quel est l’avenir de ces enfants. Leur thyroïde se remettra-t-elle à fonctionner ? resteront-ils dépendants leur vie durant d’un traitement ? y a-t-il un risque que se développent des tumeurs bénignes ou malignes ?

2- Le nuage radioactif a traversé le Pacifique et atteint la côte Ouest des USA en 6 jours. Il a vraisemblablement fait le tour de l’hémisphère nord. Donc beaucoup de gens ont été exposés à des doses relativement faibles de la radioactivité de Fukushima.

3- Il ne devait pas y avoir que de l’Iode radioactif. Aussi du Césium, Strontium, peut-être du plutonium.

le panache radioactif de Fukushima

L’étude a été publiée dans l’Open journal of Pediatrics, (J. Mayano, J. Sherman, Christopher Busby)
Résumé-traduction et commentaire de l’étude:

L’état de Californie, sur la côte pacifique des USA pratique depuis des années sur tous les nouveaux nés un test permettant le diagnostic de l’Hypothyroïdie (manque ou absence de production d’hormone thyroïdienne par la Thyroïde). Le manque d’hormone thyroïdienne a de graves conséquences sur le développement physique et le développement intellectuel de l’enfant.

Si on additionne, en Californie, les cas limites et les cas confirmés, les cas d’hypothyroïdie à la naissance ont augmenté de 7 fois chez les enfants soumis à la pollution intra-utérine, pendant la grossesse de leur mère. Les cas « limite » ont plus augmenté que les cas confirmés.
Aucune autre cause que le passage du nuage radioactif de Fukushima au printemps 2011 n’est décelable.

Ceci confirme encore une fois la nocivité des faibles doses et la grande sensibilité des foetus.

La glande thyroïde est la première glande à apparaître chez l’embryon humain, vers le 70° jour de gestation. Le développement du cerveau dépend d’un fonctionnement thyroïdien normal.

Par ailleurs, à Fukushima:

44 cas de cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués depuis mars 2011 sur 178.000 enfants de 0 à 18 ans

Soit un proportion de 12 pour 100.000 enfants chaque année;
Le taux « habituel », avant la pollution, était de 0,15 pour 100.000 en 2005.

On a constaté aussi la présence de nodules ou de kystes chez 43,6% des 94.426 enfants examinés, ce qui est totalement anormal.

De nombreuses études prouvent la nocivité des faibles doses de radioactivité.

L’étude BEIR (dont nous avons parlé à propos de la vie dans un milieu à 20mSv/an) a conclu à une relation proportionelle entre la radioactivité et le risque de cancer, sans seuil; donc dès le premier Becquerel.

– Steward et d’autres ont montré un quasi-doublement de la mortalité des enfants exposés in utero aux rayons X à l’occasion d’une radiographie pelvienne.

– L’institut US de médecine et le National Research Council estiment que au moins 212.000 américains ont développé un cancer de la thyroïde suite à leur exposition, pendant la période foetale ou l’enfance, aux doses relativement basses d’Iode 131 relâchées par les essais nucléaires dans le désert du Nevada.

– Des études récentes montrent la nocivité des faibles doses sur les travailleurs du nucléaire. Les faibles doses reçues de façon chronique semblent plus dangereuses que la même dose reçue en une fois.

– D’autres études montrent que les faibles doses provoquent des translocations chromosomiques (cassure des chromosomes suivies d’une mauvaise réparation). Ces translocations chromosomiques sont considérées comme la cause primaire des cancers.

De plus en plus d’auteurs affirment que le modèle qu’utilise le lobby nucléaire officiel (AIEA, OMS, UNSCEAR etc…) pour la prédiction des effets des faibles doses en sous estime fortement la gravité.
Le lobby nucléaire ne cesse d’affirmer que les faibles doses ne représentent aucun risque alors que les faits viennent le démentir.


Références

L’étude en anglais sur les nourrissons californiens

Qui est Christopher Busby l’un des auteurs de cette étude

Le blog de Michel Philips sur médiapart

Un article de Christopher Busby traduit en français sur fukushima-over-blog

L’article de «vivre-apres-fukushima» sur le danger de vivre dans un milieu à 20mSv/an

Autres études sur les doses faibles

L’étude BEIR VII : étude des effets biologiques des rayonnements ionisants: c’est un rapport de l’Académie Nationale des Sciences US – 2006. Il a étudié les effets biologiques des doses dites « faibles»: jusqu’à 100mSv.
j’en ai rendu compte dans l’article sur les risques qu’il y a de vivre dans une zone à 20mSv/an.
Vous pouvez la consulter et télécharger gratuitement sur le site de l’Académie nationale des Sciences US:
Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation: BEIR VII Phase 2 (2006)

Et des études récentes:

Une étude de 2007 sur l’exposition professionnelle aux faibles doses: En 2007, la plus grande étude jamais menée sur l’exposition professionnelle aux rayonnements à faible dose a été publiée. L’étude contenait plus de 400 000 travailleurs de l’industrie nucléaire de 15 pays. [Radiat Res. 2007 Apr;167(4):396-416]. Étude collaborative dans 15 pays du risque de cancer chez les travailleurs de rayonnement de l’industrie nucléaire: les estimations des risques de cancer liés aux rayonnements. par Cardis E. et all.
Deux ans plus tard, en 2009, Jacob et ses collègues ont analysé l’étude de 15 pays que nous venons d’examiner, plus huit autres études de travailleurs nucléaires. [Occup Environ Med 2009; 66 : 789-796 Jacob P. et all. Is cancer risk of radiation workers larger than expected?]
visible ici

En 2010, Bhatti et ses collègues ont publié une méta-analyse (=regroupement d’études sur le même sujet) d’études examinant l’influence des examens médicaux par rayons X sur l’incidence des translocations chromosomiques. [Radiat Res. 2008 August; 170(2): 149–155 Augmentation de la fréquence des translocations chromosomiques associée aux examens radio-diagnostiques ].


Déc 12

Une école de Koriyama protège ses élèves avec le système D

Des bouteilles d’eau pour protéger les élèves en salle de classe.

les bouteilles alignées

Cliché site de l’école

Une école élémentaire à Koriyama City, (situé dans la préfecture de Fukushima quelque 34 miles à l’ouest de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi) utilise des bouteilles d’eau pour protéger les élèves du rayonnement provenant de la cour et d’autres zones autour des bâtiments scolaires.
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Nov 21

Miko Tsukamoto témoigne de la tragédie de Fukushima

Un témoignage à voir absolument sur le Fukushima-blog

«Miko Tsukamoto vivait dans la ville d’Iwaki, à 42 km de la centrale de Fukushima Daiichi, avec son mari et ses deux enfants. Après avoir longtemps hésité, elle a décidé de déménager avec sa famille à KitaKyusyu, dans la préfecture de Fukuoka. Elle est depuis très engagée dans une association qui tente d’enseigner aux résidents les notions élémentaires pour se protéger de la radioactivité.

Dans une vidéo mise en ligne à la fin du mois d’octobre, elle dénonce les informations erronées diffusées par les autorités et par les médias. Elle témoigne surtout de son ignorance passée et de la nécessité de s’informer et d’agir pour protéger ses enfants.»

La video

La video est sous-titrée en anglais mais le texte français est publié sous la video
Voir le témoignage de Miko Tsukamoto

Le 21 novembre 2013


Nov 19

Ne pas jouer ici plus d’une heure

Un parc à Fukushima:
N’amenez pas ici les enfants de l’âge de la classe élémentaire ou moins.

(La Division des parcs et espaces verts de Fukushima)

Akemi, une mère de Fukushima a volontairement évacué vers Kyoto, à plus de 500 km.
Elle a pris les photos suivantes lors d’une visite à la maison de ses parents en mars 2013.
Les retombées de l’accident sont nommées «radiations de l’environnement» comme si elles étaient naturelles.
Il y a des différences entre le niveau officiel des radiations dans l’air après décontamination et les niveaux détectés par son dosimètre personnel.

panneau entrée du parc

Traduction:
Aux utilisateurs du parc:

  • Ne restez pas plus d’une heure par jour dans ce parc
  • Lavez vous les mains, la figure et gargarisez-vous après votre passage
  • Veillez à ne pas porter de terre, de sable à votre bouche

Pour tout renseignement: contactez la division des parcs et espaces verts de Fukushima (tel: 525-3765)


pancarte à l'entrée d'un parc

Traduction :
Du fait que la radioactivité de l’environnement au 22 Avril est supérieure à la limite réglementaire, respectez le consignes suivantes quand vous êtes dans le parc:
(la limite réglementaire est de 2,8 µSv/h)


  • N’amenez pas ici d’enfants de l’âge du cours élémentaire ou plus jeunes
  • limitez le séjour à 1 heure par jour pour les enfants de la « junior highschool » ou plus âgés.
  • n’utilisez pas le bac à sable
  • Lavez vos mains, le visage et gargarisez vous après avoir quitté le parc

(Division des parcs et espaces verts de Koriyama – tel 924-1227)

le bac à sable couvert d'une bâche

C’est le parc où est posée la pancarte. Akemi dit que des pancartes analogues sont installées dans les 3 parcs voisins de la maison de ses parents.
Le bac à sable est couvert d’une bâche bleue lestée.
Akemi nous dit que c’était un parc verdoyant. Elle avait envoyé son fils à Kyoto en premier; mais pendant qu’elle était en visite chez lui à Kyoto pour une semaine en août 2012, le parc verdoyant a été transformé en aire de jeu plate.
Était-ce un élément du travail de décontamination ?

Chaque jour un enfant traverse le parc, sur le chemin de l’école.


maison en construction au dessus du parc

Au dessus du parc, une maison est en construction.

Vue sur le chantier<br /> Le compteur Radex indique 0,52 µSv/h

Vue sur le chantier

Le compteur Radex indique 0,52 µSv/h


mesure officielle: 0,186 µSv/h/ mesure effective: 0,49 µSv/h

Mesure officielle: 0,186 µSv/h/
mesure effective: 0,49 µSv/h

Dans chaque parc on affiche le niveau de rayonnement officiel après décontamination.
La mesure dans ce parc a été effectuée le 11 mars 2013: le niveau dans l’air affiché était de 0,186 µSv/h.
Cependant le Radex de Akemi affiche 0,49 µSv/h, plus que 2,5 fois le niveau officiel.

Un écran télé

Station de TV montrant les niveaux des radiations de la préfecture de Fukushima, accompagnée d’une musique légère comme si c’était une émission de prévisions météo.


Pour plus d’informations, aller à: http://fukushimavoice-eng2.blogspot.com
L’article original en anglais est sur le site de « save the children from radiations.


Note:

La politique du gouvernement et de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Énergie Atomique, le lobby officiel à l’ONU) est que les gens peuvent très bien vivre dans un milieu contaminé jusqu’à 20mSv/an (20 milli Sieverts/an).
Aux habitants de prendre leurs précautions pour diminuer leur exposition aux rayonnements: éviter certains endroits, se laver mains et figure, se gargariser en rentrant à la maison.

A chacun d’avoir son compteur Geiger pour adapter son comportement, pour éviter les points chauds, pour autoriser ou pas aux enfants d’aller jouer dehors.et au retour, les laver, les faire se gargariser, changer de vêtements, nettoyer les chaussures…

Quand aux aliments, le gouvernement autorise la vente d’aliments contaminés jusqu’à:

  • 100 Bq/kg pour les aliments en général
  • 50 Bq/kg pour les aliments destinés aux enfants

Ces chiffres concernent la pollution radioactive par le Césium seulement (la seule qui soit en pratique mesurée).
Comment faire pour les repas ? 2 cuisines différentes pour parents et enfants ? comment faire pour les femmes enceintes ?

Le 19 novembre 2013


Précisions suite aux remarques de deux lecteurs:

1- J’avais indiqué dans la note que l’AIEA souhaite faire vivre les gens dans un milieu contaminé jusqu’à 20µSv/an (micro sieverts/an). En fait il s’agit de 20mSv/an (milli Sieverts, soit mille fois plus). J’ai corrigé dans le texte.

2- La comparaison des doses « officielles » et de la dose mesurée par un compteur portable tel que le radex montré sur la photo n’est valable que si les mesures sont faites à la même hauteur par rapport au sol. L’intensité du rayonnement décroit en effet avec la distance d’avec la source. C’est exact mais les rayons gamma du Césium 137 peuvent parcourir 61 mètres dans l’air avant d’avoir perdu la moitié de leur énergie. Dans le cas du césium 137 une différence même de 1 mètre ne devrait pas être très importante. Par contre pour une source de rayonnement beta, bien moins pénétrante la différence peut être notable.
Normalement, les mesures de rayonnement gamma du Césium se font à 1 mètre du sol.
Ceci explique aussi que les enfants, plus petits, plus proches des sources radioactives déposées au sol en reçoivent plus. Ils sont en outre plus près des poussières soulevées par leur activité.

Merci à ces lecteurs attentifs


Nov 15

« Il faut faire des analyses de sang aux enfants du Kanto »

nous dit le Dr Shigeru Mita

Dr Mita

Dr Mita, CLinique Mita, Tokyo (photo site Mamarevo)

La clinique Mita (Koidara, Tokyo) a procédé à des examens sanguins et des échographies de la thyroïde sur 1500 patients, y compris les enfants. Voici une interview pour le magazine Mamarevo du Dr Mita, directeur de la clinique, qui commente les résultats des examens sanguins
Kanto = préfectures de Tokyo-métropole, Ibaraki,Saitama, Tochigi et Kanagawa.

Voir l’article original en anglais sur le site de WNSCR, Réseau mondial pour sauver les enfants des radiations

Qu’est-ce qu’une numération leucocytaire différentielle ? Quelles informations peut-on en tirer ?


Q : Parlez-nous des examens qui ont été effectués dans la clinique Mita

dr Mita: Depuis octobre 2011, nous avons fait des analyses sanguines, y compris des numérations leucocytaires différentielles, [ndtr: la Formule leucocytaire] et des échographies de la thyroïde. Il y a cinq types différents de leucocytes : les neutrophiles, les lymphocytes, les éosinophiles, les basophiles et les monocytes. Lorsqu’on fait une numération leucocytaire différentielle, on compare les taux d’occurrence de ces cinq types de cellules. Les ouvriers qui travaillent dans un environnement à fort niveau de rayonnements ionisants doivent être soumis à des contrôles de santé spécifiques s’intéressant particulièrement à cette numération leucocytaire différentielle.

On parle beaucoup à l’heure actuelle d’échographies de la thyroïde, mais je considère que la numération leucocytaire différentielle est aussi un outil important pour évaluer les effets des rayonnements.

Q : Vous voulez dire que les résultats de cette numération leucocytaire différentielle permet de mieux comprendre les effets des rayonnements sur l’être humain ?

Mita : Oui. Le sang est produit dans la moelle osseuse qui est un des organes les plus vulnérables aux rayonnements. L’exposition à de fortes doses de rayonnements peut modifier la qualité et le pourcentage des cellules sanguines. Une inflammation même mineure du corps humain peut modifier le résultat de la numération leucocytaire différentielle. Dans notre clinique, nous commençons donc par rechercher des symptômes d’inflammation et de dysfonctionnement hépatique. Si le patient présente ce type de problème, l’examen sanguin ne se fera qu’après guérison complète.
Mais pour pouvoir dégager des tendances par zone géographique, il faut évaluer les résultats de centaines et de milliers de personnes.
Si donc les résultats des examens sanguins collectifs ne sont en moyenne pas très bons, il faut sans doute se demander si on décide de rester vivre dans cette zone.
D’ailleurs dans le cadre de l’enquête sanitaire menée par la préfecture de Fukushima, ces numérations leucocytaires différentielles n’ont été faites que sur des personnes ayant résidé dans la zone d’évacuation.Or je pense qu’on devrait encourager tous les résidents de la zone nord de Kanto et de la ville de Tokyo à se faire faire cet examen.

Q : Vous avez noté des modifications dans la numérotation leucocytaire différentielle chez les enfants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Carte des provinces japonaises

Les provinces du Japon

Mita : oui. Nos patients viennent principalement de Tokyo, Chiba, Kanagawa,Saitama et d’autres régions du nord de Kanto. J’ai pu noter une diminution évidente du nombre de neutrophiles dans les numérations leucocytaires de ces enfants.
La valeur de référence donnée dans les manuels de pédiatrie pour un enfant en bonne santé (6 à 12 ans) varie entre 3000 et 5000, le seuil étant situé à 3000. La moyenne des neutrophiles enregistrés pour les enfants examinés dans notre clinique depuis l’accident se situe maintenant à seulement 2500, or cette moyenne devrait être de 4000. Nous sommes donc en dessous du seuil de 3000 – et il me semble que c’est un problème majeur.

moins de 1 mois moins de 1 an 1 à 5 ans plus de 6 ans
WBC leucocytes 7.000- 25.000 7.000-15.000 7.000-11.000 6.000-10.000
Neutrophiles 5.000-15.000 4.000-8.000 2.500-5000 3.000-5.000
Lymphocytes 3.000-14.000 4.000-11.000 3.000-7.000 2.500-4.500
% neutrophiles 60±10% 60±10% 40±10% 65±10%
% lymphocytes 30±10% 30±10% 40±10% 25±10%

Le tableau du journal de l’association des médecins japonais, Volume 141, Special volume (1)
Traitement des enfants/adolescents, le manuel le plus récent.

Q : Quelle serait la conséquence d’une diminution du nombre de neutrophiles dans la numération ?

Mita : Une diminution du taux de neutrophiles n’induit pas directement une détérioration des résistances immunitaires. Normalement, les neutrophiles constituent 60 % des leucocytes et ils tuent les bactéries et les champignons qui pénètrent dans le corps humain en les ingérant dans leur propre cellule. Les neutrophiles sont la dernière défense du système immunitaire, ce qui veut dire que les bactéries et les champignons ont toute une série d’obstacles à franchir avant que les neutrophiles interviennent pour les supprimer. Une diminution du nombre de neutrophiles ne veut donc pas dire que le sujet doive plus facilement attraper un rhume ou une maladie infectieuse dans l’immédiat. Mais il faut savoir qu’en cas de rhume aggravé, un taux extrêmement faible de neutrophiles peut être la cause de maladies mortelles comme la septicémie.

Q : Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de symptômes constatés lorsque le taux de neutrophiles diminue ?

Mita : Un faible taux de neutrophiles ne veut pas dire nécessairement que l’enfant va se sentir mal ou qu’il se défendra moins bien contre les maladies. Mais comme je l’ai déjà dit, si un enfant tombe malade et ne se rétablit pas normalement, il y a plus de risques de voir son état de santé se détériorer sérieusement. De plus, cette diminution du nombre de neutrophiles n’est pas la seule modification qu’on voit apparaitre : on constate également des modifications de sa condition physique.
Au cours de l’été 2011, nous avons vu beaucoup d’enfants dont les yeux étaient injectés de sang, et surtout un grand nombre d’enfants ayant des cernes noirs autour des yeux. Beaucoup plus de sinusites aussi.
Avant, leur condition s’améliorait rapidement après un traitement approprié, mais aujourd’hui nous voyons plus de cas de sinusites accompagnées de légères manifestations asthmatiques qui se prolongent sur de plus longues périodes.
Or nous avons vu leur condition s’améliorer après un séjour à l’ouest du pays. J’aimerais dans la mesure du possible que ces enfants quittent l’est du Japon.

Q : Est-ce que la diminution du taux de neutrophiles est due à la contamination radioactive ?

Mita : On sait que des substances radioactives venant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont atteint Tokyo, et on a brûlé ici des quantités énormes de déchets radioactifs. Il est donc possible que nous inhalions des substances radioactives contenues dans l’air, je ne peux pas l’exclure. Permettez-moi de répéter qu’après l’accident nucléaire, des quantités énormes de substances nucléaires ont été lâchées dans l’environnement. Si donc on voit augmenter l’occurrence de symptômes différents de ceux que nous connaissions précédemment, nous devons, nous médecins, commencer par nous demander si c’est un effet de la radioactivité.

Q : Que faut-il faire si le taux de neutrophiles est bas ?

Mita : Si on prend les résultats chiffrés des enfants examinés dans notre clinique, on voit que même si le taux de neutrophiles est bas, la plupart d’entre eux va guérir après un séjour d’au moins deux semaines à l’ouest du Japon.
Nous avons eu le cas d’un enfant dont le taux de neutrophiles est passé de 1000 initialement à 4000 après un séjour à Nagano. Dans un autre cas, le taux est passé de 0 (zéro) à 2000 après un séjour de deux mois environ à Kyushu pour ensuite monter jusqu’à 4000.

Par contre, lorsque leur taux de neutrophiles est vraiment très bas, certains enfants ont du mal à retrouver le taux moyen de 4000 même après leur évacuation à l’ouest. Voilà donc ce que je conseille : si vous constatez une modification anormale du taux de neutrophiles, évacuez l’enfant vers une région non contaminée.
Le taux de neutrophiles est resté relativement stable chez les enfants qui ont été évacués dans une zone non contaminée ne serait-ce que pendant quelques semaines. Mais ce que j’espère vraiment, c’est qu’on va pouvoir éloigner de Tokyo non seulement les enfants mais aussi les adultes.

Q : Vous avez constaté des taux anormaux de neutrophiles chez les adultes aussi ?

Mita : Je n’ai pas constaté de véritables modifications chez les adultes, mais leur condition est clairement différente de ce qu’elle était avant l’accident nucléaire.

Il faut plus de temps pour guérir l’asthme des personnes âgées. Il semble que les médicaments n’aient plus d’effet. Nous voyons aussi augmenter le nombre de patients souffrant de maladies qui étaient rares. La polymyalgie rhumatismale par exemple est une maladie commune au-delà de 50 ans, touchant 1,7 personne sur 100 000. Avant la catastrophe de Fukushima nous constations un cas de cette maladie par an, voire moins. Aujourd’hui nous traitons plus de 10 patients à la fois.

Q : Quel est votre avis sur les résultats d’ensemble des échographies thyroïdiennes ?

Mita : nous n’avons rien constaté d’inquiétant chez les enfants que nous avons examinés. Par contre, nous avons détecté un cancer de la thyroïde chez deux mères d’une trentaine d’années. Les risques de contracter une maladie thyroïdienne est plus grand chez la femme et il est possible que la radioactivité soit la cause de l’évolution de nodules en cancer. Il est aussi possible que des microcarcinomes thyroïdiens aient toujours été présents chez un certain nombre de jeunes patients, et aient évolué en véritable cancer à mesure que ceux-ci avancent en âge, ces cancers de la thyroïde étant détectés à l’occasion des examens poussés que nous menons aujourd’hui.

Une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde a également été constatée 10 ans après la catastrophe de Tchernobyl. Il faut donc mettre en place des examens médicaux réguliers non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes.

Q : N’est-il pas vrai qu’après l’accident de Tchernobyl, les médecins locaux ont pu constater les effets des rayonnements sur leurs patients ?

Mita : c’est vrai. Je pense que les médecins qui connaissaient bien leurs patients ont pu constater chez eux des choses étranges. Mais comme nous ne savons pas quel a été le taux d’exposition de ces patients, il est vraiment difficile d’établir un lien de cause à effet.

Ce qu’il faut, c’est faire les mêmes examens sur un groupe de personnes ayant été exposées au rayonnement d’une part et un autre groupe non exposé d’autre part. Mais pour Tokyo, on ne sait pas quel a été le taux d’exposition de la population. De plus, il faudrait pouvoir faire des prises de sang à des centaines d’enfants en bonne santé. C’est impossible à faire pour un médecin qui agit seul. En d’autres termes, il est impossible aujourd’hui de rassembler le type d’informations qui pourrait faire l’objet d’un article dans un magazine scientifique prestigieux. Mais d’un autre côté, je ne peux pas rester bras croisés et ne rien faire si je sais qu’il se passe vraiment des choses bizarres.

Après l’accident de Fukushima j’ai plusieurs fois demandé à un groupe de médecins de faire des prises de sang à des enfants, leur réponse a toujours été de dire qu’on ne constatait aucun effet dû aux radiations, sans aucune explication supplémentaire. Or si nous voulons comprendre ces effets, ces examens devraient se poursuivre sur 20 ou 30 ans. Nous avons déjà perdu deux ans et demi mais les médecins devraient étudier les données récoltées en Bélarus et en Ukraine, en tirer des leçons sur les effets des rayonnements sur le corps humain, écouter les patients et mener eux-mêmes des investigations.

Q : Comment nous faire faire un examen sanguin ?

Mita : Soyez franc avec votre médecin ; dites-lui que les effets des rayonnements vous inquiètent et que donc vous voudriez vous faire faire une analyse sanguine. Certains médecins fronceront les sourcils mais c’est la seule façon de les faire revoir leur point de vue. Ce que je recommande c’est un examen sanguin et une échographie thyroïdienne par an.

Voici une liste des analyses à pratiquer sur le sang:
Numération-formule sanguine (hématies, leucocytes, hématocrite, hémoglobine, plaquettes, formule leucocytaire)
Biochimie sanguine: (AST, ALT, Gamma GT,TG, GDL-C, LDL-C, HbA1c, glycémie, créatinine, acide urique)
Fonction Thyroïdienne: (FT4, TSH)
CRP (test d’inflammation)


Texte original en japonais dans la revue Mama-revo-magazine
Traduit vers l’anglais par l’équipe du WNSCR
Traduit de l’anglais au français par l’équipe de « vivre-apres-fukushima.fr»

Voir l’article original en anglais sur le site de WNSCR, réseau mondial pour sauver les enfants des radiations
voyez aussi sa page en français.


Note

– Ces constatations recoupent ce qu’ont constaté les médecins de Tchernobyl chez les populations obligées de vivre en milieu contaminé:baisse de l’immunité, fragilité de l’organisme, pathologies non cancéreuses…

– Ce qui est impressionnant, c’est que ces constatations ont été faites dans le Kanto, une province qui officiellement a été très peu polluée, où aucune précaution particulière n’est recommandée, où les jeux olympiques sont prévus. Le dr Mita signale outre les retombées directes éventuelles de l’accident, les incinérations de débris qui ont été effectuées un peu partout. Il y a également le problème de la pollution des aliments: on peut mettre sur le marché des aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.
Impressionnante aussi, la survenue rapide de ces troubles non cancéreux.

Pour plus d’information:

Les conséquences médicales et écologiques de l’accident nucléaire de Fukushima – au forum de New York le 12 mars 2013
Le diaporama du Dr Yablokov transcrit en français par Kna

Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Belarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
Forum de Genève 2012
cliquer ici

L’ouvrage de base:
Tchernobyl.Conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature

Pr Youri Bandazhevski – Dr Galina Bandazhevskaya
Voir le chapitre 6.4 Altérations de l’immunité et du système lymphoïde
Cliquer ici

le 15 Novembre 2014 – mis à jour le 31 Juillet 2014