Juin 02

Le rapport des médecins de l’IPPNW/PSR sur Fukushima-5 ans disponible en français

C’est une synthèse des conséquences à 5 ans de l’accident de Fukushima dont vous avez déjà pu lire des extraits sur « vivre-apres-fukushima » ces dernières semaines.

Vous pouvez maintenant télécharger la version française complète ici ou ICI

la page 1

Les chapitres:

  • 1. Le début de la catastrophe nucléaire
  • 2. Emissions et contamination radioactives
    • 2. 1. Rejets dans l’atmosphère
    • 2. 2. Rejets dans l’océan Pacifique
    • 2. 3. Contamination radioactive des denrées alimentaires
  • 3. Conséquences de la catastrophe nucléaire sur la santé humaine
    • 3. 1. Effets sur la santé des personnes exposées professionnellement
    • 3. 2. Effets sur la santé du public
  • 4. Les tests thyroïdiens dans la préfecture de Fukushima
    • 4. 1. Dépistage préliminaire de base
    • 4. 2. Dépistage à grande échelle
    • 4. 3. Les dépistages thyroïdiens, synthèse
  • 5. Conséquences de la catastrophe nucléaire sur le biote non humain
  • 6. Perspectives
  • 7. Recommandations de l’IPPNW et de PSR

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://www.ippnw.eu/fr/accueil.html

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le PSR: « Physicians for Social Responsability » est une association américaine de médecins qui milite pour que cessent toutes sortes de pollutions : le nucléaire, les gaz de schiste etc…
Le site du PSR: http://www.psr.org/

Le 2 juin 2016

Mar 26

5 ans. Bilan sanitaire de la catastrophe de Fukushima.

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) et l’association Physicians for Social responsability (PSR)
ont publié le 9 mars 2016 un rapport intitulé
« Vivre avec Fukushima depuis 5 ans»

Il est disponible en anglais ici:
http://www.psr.org/resources/fukushima-report-2016.html

La couverture du rapport de IPPNW/PSR

Voici une traduction partielle de ce rapport.

Traduction Odile Girard, http://www.fukushima-is-still-news.com/
avec l’aimable autorisation des auteurs

Auteurs
Dr.med. Alex Rosen, Vice-Chair, IPPNW Germany
Dr.med. Angelika Claussen, IPPNW Vice President for Europe

mars 2016


5 ans: vivre avec Fukushima – Résumé des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire

Résumé

Le 11 mars 2016, le Japon et le monde commémorent le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Plus de 200 000 personnes furent évacuées de la préfecture de Fukushima dans des camps de fortune, où vivent encore quelque 100 000 d’entre elles. Mais les conséquences de la catastrophe s’étendent bien au-delà des limites de la préfecture. Depuis le début, des millions de gens ont été exposés à une augmentation des doses de radiation, principalement dans les zones de fortes retombées radioactives. Les retombées radioactives affectent les personnes à travers l’exposition atmosphérique pendant les émissions de radioactivité ou les tempêtes qui soulèvent de la poussière radioactive, ainsi que via l’exposition directe à un sol et des surfaces contaminés. Tout le monde, y compris ceux qui vivent dans les régions moins contaminées du pays, a également été confronté à la radioactivité contenue dans l’eau de boisson et l’alimentation contaminées. Cette forme d’exposition est extrêmement inquiétante, car les particules radioactives peuvent
être absorbées par les organes et les tissus internes et continuer à émettre des rayonnements ionisants pendant des dizaines d’années.

Selon le Premier ministre japonais de l’époque, ce n’est que grâce à une « divine Providence » que le Grand Tokyo, avec ses plus de 30 millions d’habitants, a évité la contamination et l’évacuation. Les autorités ayant omis de distribuer de comprimés d’iode, la population est restée sans protection face à l’iode radioactif, qui peut provoquer cancers thyroïdiens et hypothyroïdisme.
Cette tragédie se poursuit encore aujourd’hui.
Chaque jour, quelque 300 tonnes d’eau radioactive se déversent de manière incontrôlée dans l’océan. La catastrophe de Fukushima est déjà responsable de la plus grave contamination radioactive des océans dans l’histoire de l’humanité.

Cinq ans après la fusion des cœurs, on ne connaît toujours pas avec certitude ses effets sur la santé de la population japonaise. Premièrement, on ne sait pas exactement combien de radiation a été réellement émise en mars et avril 2011, et combien s’est échappée depuis des ruines des réacteurs et du site de la centrale. Comment l’expliquer?

  • Des études indépendantes indiquent parfois des émissions radioactives
    considérablement plus importantes
  • Tous les isotopes radioactifs n’ont pas été mesurés, en particulier le
    strontium-90
  • Les premiers rejets n’ont pas été inclus dans l’évaluation des impacts
    sanitaires.

En d’autres termes, les informations de base concernant la contamination du sol,de l’océan et de la nourriture sont encore un sujet de controverse entre le lobby nucléaire et les scientifiques indépendants.
Deuxièmement, le gouvernement pro-nucléaire du Japon et le tout-puissant lobby nucléaire font tout ce qu’ils peuvent pour minimiser et dissimuler les conséquences de la catastrophe.
Même l’Université de Médecine de Fukushima, qui coordonne le programme
de dépistage du cancer de la thyroïde, a des liens avec le lobby nucléaire et a reçu de l’argent de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). On a l’impression que l’idée est de refermer au plus vite le dossier de Fukushima et de s’assurer que le public japonais retrouve une attitude positive vis-à-vis de l’énergie nucléaire.

Toutefois, les données montrent un tableau assez différent. Non seulement des fuites radioactives périodiques en provenance des réacteurs dévastés ainsi que des épisodes de recontamination dans toute la région continuent à se produire, mais la perception de l’énergie nucléaire a aussi changé et une majorité de Japonais rejettent désormais le nucléaire. L’étude controversée relative aux cancers de la thyroïde n’a pas envoyé le signal de fin d’alerte tant espéré par le lobby nucléaire. Au contraire, 116 enfants de la préfecture de Fukushima ont déjà été diagnostiqués comme souffrant d’un cancer de la thyroïde agressif et à évolution rapide, ou déjà au stade des métastases. Dans une population de cette taille, on attendrait normalement environ un cas par an. Pour 16 de ces enfants, on peut exclure l’effet du dépistage (screening effect), étant donné que leur cancer s’est déclaré au cours des deux dernières années.

Ce qui est encore plus inquiétant que les résultats de l’étude, c’est qu’à part l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants de la préfecture de Fukushima, le Japon n’a pas commencé d’autres enquêtes scientifiques à grande échelle sur les maladies liées aux radiations.
L’origine d’un cancer est difficile à étiqueter
et la cause d’un cancer individuel ne peut être reliée par un lien de causalité à un incident spécifique. Les autorités japonaises sont parfaitement conscientes de ce fait et n’ont pas cherché les augmentations de fausses couches, de malformations fœtales, de leucémies, de lymphomes, de tumeurs solides et de maladies non cancéreuses parmi la population qui a été touchée par les retombées radioactives. Or on sait que le taux d’augmentation de toutes ces maladies avait été significatif après l’accident de Tchernobyl.

Quand nous parlons de la population affectée au Japon, nous la divisons en quatre sous-groupes :

  • Plus de 25 000 personnes ayant participé au nettoyage et aux secours ont reçu les doses de radiations les plus fortes doses et risqué leur vie, en empêchant l’escalade de la situation sur le site de la centrale. Si l’on en croit les données fournies par l’opérateur TEPCO, une centaine d’ouvriers contracteront un cancer dû aux doses excessives de radiations, cancer qui sera fatal dans 50 pour cent des cas. Cependant, les véritables niveaux de dose sont très probablement bien plus élevés, car l’opérateur n’hésite pas à manipuler les données afin d’éviter les demandes de compensation ; l’entreprise est ainsi capable d’engager des travailleurs temporaires non enregistrés, de trafiquer les dosimètres et même d’avoir recours à des faux grossiers.
  • La population évacuée, soit 200 000 personnes, qui a été initialement exposée à des doses de radiation considérables, vit maintenant pour la majeure partie en-dehors de la préfecture de Fukushima.
  • Les populations non évacuées des zones irradiées continuent à être exposées chaque jour à des doses accrues de radiation.
  • La population du reste du Japon est exposée à des doses accrues de radiation provenant de retombées radioactives minimales, ainsi que d’aliments et d’eau contaminés.

Ce qui est absolument nécessaire à présent, c’est de réaliser une série d’études épidémiologiques pour examiner les conséquences sanitaires de l’exposition aux doses excessives de radiation, en particulier les maladies qui peuvent être détectées et traitées de manière précoce. Ces études doivent être guidées par les enquêtes déjà publiées, exposées dans le présent rapport, sur les animaux , les oiseaux et les insectes touchés par la catastrophe et qui montrent des effets hématologiques, une élévation des taux de mutation dans la seconde génération et une augmentation des taux de mortalité. Mais comme ce genre d’études – et l’image négative de l’énergie nucléaire qu’elles véhiculeraient – ne sont pas politiquement désirables, nous ne connaîtrons sans doute jamais l’ampleur réelle des effets sur la santé de la catastrophe de Fukushima et nous devons nous limiter à faire des estimations fondées sur les émissions radioactives connues ou présumées et sur les voies d’exposition.

Si l’on se base sur les chiffres du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), qui est un organisme pro-nucléaire, qui estimait la dose collective à vie à environ 48 000 personne-Sieverts et si l’on utilise les facteurs de risque reconnus au niveau international dans le rapport BEIR-VII, on peut attendre un excès d’incidence de cancers d’un peu moins de 10 000 au Japon dans les décennies à venir (intervalle de confiance allant de 4 300 à 16 800 cas). Si l’on prend en compte des données et des facteurs de risque plus modernes, les estimations de l’augmentation des taux de cancer sont nettement plus élevées, à savoir quelque 66 000 cas de cancer supplémentaires, dont environ la moitié seraient mortels.

Est-ce beaucoup ?
Certainement pas en regard d’une population de presque 127 millions de personnes et un risque “normal” de cancer de 50 % au cours de la vie. Mais est-ce négligeable ? Vu que dix mille personnes vont développer un cancer uniquement suite à une « catastrophe causée par l’homme » à Fukushima (c’est ainsi que l‘a qualifiée la Commission d’enquête indépendante de la Diète nationale), certes non. Le destin de ces personnes et de leur famille n’est ni « négligeable » ni « non significatif », comme voudraient nous le faire croire le lobby de l’industrie nucléaire, l’AIEA et l’UNSCEAR.

Le discours public sur la catastrophe de Fukushima ne doit pas se laisser guider par le profit économique et l’influence politique, mais doit se concentrer sur la santé et destin des populations affectées, ceux qui ont tout perdu, qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, et qui ne demandent rien de plus que de pouvoir vivre sans la peur incessante des radiations.

Les risques sanitaires pour la population japonaise doivent être étudiés par des scientifiques indépendants et de manière à exclure toute influence indue de la part de l’industrie nucléaire et de ses soutiens politiques. Des études extensives sont nécessaires pour comprendre les conséquences sanitaires sur la population affectée, pour identifier les maladies à un stade précoce et améliorer la protection des générations futures en approfondissant nos connaissances sur les effets des rayonnements ionisants. Le débat sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima va bien au-delà du principe de l’indépendance de la recherche et de la résistance à l’influence des tout-puissants groupes de pression. Il s’agit ici du droit universel de chaque être humain à la santé et à vivre dans un environnement sain.

Dr. Alex Rosen, médecin, vice-président, IPPNW Allemagne
Catherine Thomasson, médecin, directrice exécutive, PSR (États-Unis)


Extraits de quelques chapitres du rapport

Perspectives

Les résultats ci-dessus montrent clairement que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’est toujours pas sous contrôle et que le processus enclenché pour faire face aux conséquences sur les humains et l’environnement ne fait que débuter.
Dans le même temps, les informations élémentaires concernant le terme source [expression technique utilisée pour décrire le rejet accidentel de matières radioactives à partie d’une installation nucléaire dans l’environnement] et la contamination du sol, de l’océan et de
l’alimentation est encore sujette à des controverses entre d’une part, le lobby nucléaire et ses institutions, et d’autre part, les chercheurs et physiciens indépendants, même cinq ans après le début de la catastrophe.
Les effets sanitaires sur les ouvriers exposés de par leur travail et le public en général sont systématiquement minimisés par l’industrie nucléaire et leurs groupes de pression comme l’AIEA ou l’UNSCEAR.
À coup de
déclarations éloquentes et de rapports palliatifs, particulièrement de la part des autorités japonaises, des efforts persistants sont faits pour mettre fin à toute discussion sur la catastrophe de Fukushima.

Il faut le clamer avec insistance : le débat est loin d’être terminé.
Selon TEPCO, chaque jour quelque 300 tonnes d’eau radioactive se déversent dans la mer.1 Les travaux de décontamination sont en panne et sont sans cesse contrariés par la recontamination. La décontamination des montagnes, des forêts et des champs s’est avérée impossible, même pour un pays comme le Japon. Les autorités comptent avec optimiste sur “l’effet protecteur” du lavage des radionucléides dans le sol et l’infiltration des particules radioactives dans les couches plus profondes du sol, mais oublient de tenir compte de l’augmentation de l’exposition du public au césium-137 radioactif présent dans les nappes phréatiques et la chaîne alimentaire. 2 Il faudra des dizaines d’années et des milliards de dollars des contribuables pour retirer les matériaux radioactifs restant dans les réacteurs dévastés.3 La demi-vie du césium-137 est d’environ 30 ans. Cela signifie que des quantités non négligeables de radiation resteront présentes dans les champs, les pâturages et les forêts pendant les 300 prochaines années et plus. Le fait que les forêts du sud de l’Allemagne soient encore activement contaminées 30 ans après Tchernobyl en est un parfait exemple.

Il ne serait pas très scientifique de formuler des conclusions définitives sur les effets à long terme d’une catastrophe nucléaire cinq ans seulement après l’accident, surtout que les problèmes principaux sont les cancers et les maladies cardiovasculaires qui prennent des années, voire des décennies à se manifester. C’est précisément pourtant ce que les autorités japonaises, l’AIEA et l’UNSCEAR essaient de faire quand elles déclarent qu’il n’y aura pas dans la population affectée d’effets « pertinents » ou « discernables » dus aux radiations.
Ce dont ont besoin les gens qui vivent dans les régions concernées, c’est d’une information crédible, de conseils et de soutien, et non pas de mensonges, d’études manipulées ou de faux espoirs.
La motivation d’organismes comme l’AIEA n’est pas de protéger la santé des populations : leur intérêt consiste en grande partie à protéger les profits et l’influence politique de l’industrie nucléaire au Japon et dans le reste du monde.
Alors que le secteur de l’énergie nucléaire japonais a généré depuis des dizaines d’années d’immenses profits avec ses réacteurs vieillissants, le coût de la contamination extensive et des efforts de nettoyage à Fukushima sera du ressort de plusieurs générations de contribuables japonais, dont la majorité doute aujourd’hui sérieusement du bien-fondé du nucléaire. Au Japon, un gigantesque système de mensonge organisé a été installé pour protéger l’industrie nucléaire. Les rapports indésirables peuvent être accusés de “trahison de secrets d’État” et sont punis par la loi. 4

Le débat public sur Fukushima ne doit pas concerner les profits, le pouvoir et l’influence politique de l’industrie nucléaire, mais la situation et la santé des populations affectées, ceux qui ont tout perdu, qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, qui ne demandent rien de plus que de pouvoir vivre sans la peur incessante des radiations.
Les risques sanitaires pour la population japonaise doivent être étudiés par des scientifiques indépendants pour exclure tout soupçon d’influence indue de la part de l’industrie nucléaire et de ses soutiens politiques. Des études extensives sont nécessaires pour comprendre les conséquences sanitaires sur la population affectée, pour identifier les maladies à un stade précoce et améliorer la protection des générations futures en approfondissant nos connaissances sur les effets des rayonnements ionisants. Le débat sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima va bien au-delà du principe de l’indépendance de la recherche et de la résistance à l’influence des tout-puissants groupes de pression. Il s’agit ici du droit universel de chaque être humain à la santé et à vivre dans un environnement sain.

3.Conséquences de la catastrophe nucléaire sur la santé humaine

pp.22-25

La nature cancérigène des radiations ionisantes est connue depuis longtemps. class= »fvert »>1 Les personnes qui sont soumises aux radiations sur leur lieu de travail sont plus souvent malades que les personnes non exposées.
Une méta-analyse de 2007 des données émanant de 15 pays a montré une corrélation significative entre la dose de radiation et l’incidence de cancer sans dose seuil chez les personnes exposées.2
Le Comité consultatif de l’Académie des Sciences américaine sur les effets biologiques des radiations ionisantes déclare dans son rapport BEIR VII qu’il n’existe pas de dose seuil minimale et que même de faibles doses de radiation sont capables de provoquer des dégâts dans les tissus et des mutations génétiques. L’exposition d’une population importante à de faibles doses de radiation peut donc avoir un effet similaire à celle qu’aurait une forte dose de radiation sur une population réduite. Le modèle dose-risque du rapport BEIR VII montre que l’exposition d’une population de 100 000 personnes à une moyenne de 1 mSv aurait pour résultat une moyenne de 20 cas de cancers (avec un intervalle de confiance ou IC de 9 à 35). On pourrait attendre le même nombre de cancers si 1 000 personnes étaient exposées à 100 mSv de radiation.
Dans les deux cas, on part du principe que le facteur de risque relatif à l’incidence de cancer (intervalle de confiance 0,09-0,35) est de 0,2 par personne-sievert. L’OMS utilise aussi un facteur de risque de cancer de 0,2/PSv dans son rapport de 2013 sur Fukushima.4 Le facteur de risque pour la mortalité due au cancer est à peu près deux fois moins élevé (0,1/PSv, IC 0,05-0,19).

Si on applique ce modèle à la situation du Japon après la catastrophe nucléaire de Fukushima, voici l’image qui en résulte :
Les ouvriers responsables du nettoyage de la centrale ont probablement été les plus exposés. Ils constituent cependant un groupe
relativement réduit.
Les retombées radioactives et la contamination incessante de l’océan, de l’eau de boisson et des aliments font qu’une bien plus grande proportion de la population japonaise est actuellement exposée à de faibles doses de radiations, en particulier dans les zones les plus contaminées. Mais les gens vivant dans le Grand Tokyo sont eux aussi affectés, ainsi que les consommateurs de produits irradiés dans tout le pays. La contamination radioactive continuera à avoir des conséquences pour la population pendant longtemps. Le strontium-90 ayant une demi-vie de 28 ans et le césium-137 une demi-vie de 30 ans, il faudra 300 ans avant que le processus de désintégration ne rende les niveaux d’irradiation acceptables.

Dans les décennies à venir, l’exposition chronique d’importantes parties de la population à de faibles doses de radiations va représenter le défi le plus sévère pour la politique de santé publique. L’origine des cancers étant difficile à identifier, le lien de causalité entre les cas de cancers spécifiques et tel ou tel évènement ne peut jamais être établi. En outre, le Japon a déjà une incidence “naturelle” de cancer relativement élevée : environ la moitié des Japonais développeront un cancer au cours de leur vie. Néanmoins, des études épidémiologiques appropriées pourraient différencier les cas de cancers radio-induits du “bruit de fond” de l’incidence naturelle de cancer. On l’a vu très clairement dans l’étude des leucémies et des cancers chez les enfants vivant près de réacteurs nucléaires en Allemagne, qui a révélé une augmentation significative du nombre de cancers
infantiles aux alentours des centrales nucléaires. 5
Mais ce genre d’études ne sert évidemment pas les intérêts des autorités et du puissant lobby nucléaire japonais. Leurs organismes soutiennent par conséquent qu’ « on n’attend pas
d’augmentation perceptible du taux d’incidence des cancers dans cette population qui pourrait être attribuée à une exposition aux radiations liée à l’accident. »6
Dans les deux chapitres qui suivent, nous examinerons cette affirmation [de manière critique] sur la base des deux populations les plus affectées, à savoir les travailleurs affectés au nettoyage et l’ensemble de la population. Pour finir nous reprendrons [encore une fois séparément] les résultats de l’étude en cours sur les cancers de la thyroïde menée par l’Université de Médecine de Fukushima, car elle est jusqu’à présent la seule
étude à présenter la possibilité d’un lien entre l’augmentation de l’incidence des cancers et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

3.1 Effets sur la santé des personnes exposées professionnellement

3.2 Effets sur la santé du public en général

Contrairement aux ouvriers qui ont été et continuent à être exposés à des taux de radiation élevés, la plus grande partie de la population japonaise a été exposée à des doses relativement faibles, à travers les aliments, l’eau et l’air contaminés. Cependant, de par sa taille, c’est dans ce groupe qu’on peut attendre de loin le plus grand nombre d’effets concrets sur la santé. L’exemple suivant peut servir d’illustration : si on prend les chiffres de l’UNSCEAR, les 127 millions de Japonais seront exposés à une dose vie d’environ 48 000 personne-sieverts (PSv), dont la majorité affectera la population des préfectures les plus contaminées. En appliquant le facteur de risque de 0,2/PSv (IC : 0,09-0,35) proposé dans le rapport BEIR VII, que même l’OMS utilise à présent, on estime le total des cas de cancers radio-induits au Japon à 9 600 (IC : 4 300 – 16 800), dont environ la moitié seront mortels.

Ce chiffre est encore plus élevé si l’on utilise les calculs de doses du rapport de l’OMS sur Fukushima. L’OMS part du principe que la dose individuelle durant la première année était entre 3 et 25 mSv pour la population des zones les plus contaminées (un peu
moins d’un million de personnes) et de 0,316 mSv (IC : 0,1-1 mSv) pour le reste de la population (soit quelque 126 millions).17

Selon le facteur utilisé pour calculer la dose vie (le double ou le triple de la dose de la première année), on arrive à une dose vie collective de 110 000 à 165 000 PSv. Si on prend le facteur de risque d’incidence de cancer de 0,2/ PSv (IC : 0,09 – 0,35), on peut s’attendre à un chiffre de cancers supplémentaires de 9 900 à 57 000 pour l’ensemble du Japon.
D’autres modèles de calcul qui appliquent le facteur de risque plus élevé de 0,4/PSv pour le taux d’incidence des cancers arrivent à un chiffre situé entre 22 000 et 66 000 cas de cancers.18
Des études épidémiologiques récentes suggèrent que ce facteur de risque reflète le risque réel de cancer de manière plus fiable que le facteur moins élevé appliqué dans le rapport BEIR VII.19

Quelles que soient les estimations de doses, les calculs de dose à vie ou les facteurs de risque qu’on ait tendance à préférer, il ne fait aucun doute que les rejets radioactifs de Fukushima provoqueront au Japon un nombre significatif de cancers – leucémies, lymphomes et tumeurs solides – même si individuellement le lien avec la catastrophe nucléaire de Fukushima n’est pas démontrable. Il n’est envisagé aucun programme de dépistage de masse ou de prévention spécifique pour l’ensemble de la population, à la seule exception des tests thyroïdiens prévus pour les enfants de la préfecture de Fukushima.

On sait en outre que les radiations ionisantes causent non seulement des cancers, mais aussi des maladies cardiovasculaires, ainsi qu’un certain nombre d’autres maladies, et qu’une partie de celles-ci présentent les mêmes facteurs de risque que le cancer.20-21
De plus, les dommages génétiques et les effets ransgénérationnels des radiations ionisantes sont aujourd’hui bien connus. On peut en trouver de nombreux exemples dans la récente étude de synthèse de Scherb et al.22
Tout particulièrement, une évolution du rapport des sexes (sex-ratio) chez les nouveau-nés a été observée chez les populations ayant été exposées aux radiations. Avec moins de filles à la naissance, le rapport des sexes évolue en faveur des mâles. Il reste à voir si cet effet se fera également sentir à Fukushima au cours des prochaines années, mais la question vaut certainement la peine d’être examinée. Dans une analyse statistique des registres des naissances au Japon, Körblein a trouvé une augmentation significative de 20 % de mortalité périnatale dans les régions contaminées en 2012 et 2013, ce qui correspond à quelque 140 cas de cas excédentaires de mort périnatale. 23

Il faut noter que les calculs des taux de maladies et d’effets sanitaires sont fondés sur un grand nombre d’hypothèses, telles que le terme source, l’ingestion de particules radioactives dans l’alimentation et certains comportements ayant un impact sur le risque.24
Dans ce chapitre, les calculs sont basés sur les évaluations de doses faites par l’OMS et les estimations de doses vie collectives de l’UNSCEAR. On a déjà montré que cette information est tellement empreinte d’incertitudes et systématiquement sujette à une telle sous-estimation que les doses collectives, et par conséquent le nombre de cas de cancers et de morts, est en toute probabilité plusieurs fois supérieur. En voici quelques raisons :

  • Le montant total de particules radioactives rejetées est probablement
    beaucoup plus élevé que les chiffres utilisés pour les rapports
    de l’OMS et de l’UNSCEAR (voir chapitre sur les rejets
    atmosphériques).
  • L’exposition de la population dans la zone des 20 km avant et durant
    l’évacuation n’a pas été incluse dans ces estimations. 25
  • La quantité et la sélection des échantillons alimentaires pour
    calculer les doses d’irradiation interne étaient inadéquates ou
    biaisées (voir chapitre sur la contamination radioactive des
    aliments).
  • L’indépendance des auteurs des deux rapports doit être mise en question. Des
    représentants de l’AIEA ont écrit des passages essentiels du
    rapport de l’OMS, alors que le principal objectif de l’agence
    est de promouvoir l’énergie nucléaire dans le monde entier. 26

L’exactitude des calculs des risques sanitaires ne vaut que les hypothèses sur lesquelles sont fondés ces calculs. Une évaluation basée sur des données d’une objectivité discutable, un échantillonnage sélectif, la distorsion des données et la soustraction de faits pertinents ne saurait servir de fondement à une politique de santé
publique.

4.3 Les dépistages concernant la thyroïde(résumé)

p.28

Le nombre d’enfants qui n’ont pas été examinés suggère que l’augmentation de l’incidence des cancers thyroïdiens pourrait être encore plus forte. Plus de 67 000 enfants de la
préfecture de Fukushima ayant été exposés aux radiations n’ont pas été inclus dans l’étude et plus de 160 000 sont encore sur la liste d’attente pour un dépistage complet [attendent leur second dépistage]. Un autre motif d’inquiétude est que les enfants qui vivent hors de la préfecture de Fukushima ne sont pas systématiquement examinés ou soumis à un dépistage, alors qu’on sait que les retombées radioactives contenant du césium-131 ont atteint la banlieue nord de Tokyo et que des centaines de milliers d’enfants supplémentaires ont été exposés à une élévation de la radioactivité dans les premiers jours et les premières semaines de la catastrophe nucléaire mais n’ont pas fait l’objet d’un dépistage. Sans des dépistages de masse, il ne sera pas possible d’établir un lien de causalité entre l’excès
des cas de cancer et l’exposition aux radiations, et certains cas de cancer risquent d’être dépistés trop tard.

Dans ce contexte, il est important de rappeler que les autorités ont délibérément omis de distribuer des comprimés d’iode pour protéger la population contre les effets néfastes de l’iode-131. Le rapport du Comité d’enquête indépendant du parlement japonais indique que « quoique les effets positifs de l’administration d’iode stable et les délais appropriés aient été parfaitement connus, les autorités de réponse à l’urgence nucléaire du gouvernement et le gouvernement de la préfecture n’ont pas réussi à donner au public des instructions correctes.[check report]. »12
Il est difficile également de comprendre pourquoi, le 19 avril 2011, le gouvernement japonais a augmenté le niveau d’exposition permissible pour les enfants à 3,8 μSv/heure (l’équivalent de 20 mSv par an pour une exposition de 14 heures par jour).13
Suite aux protestations des organisations de parents, de scientifiques et de médecins, le gouvernement a annulé la nouvelle norme le 27 mai 2011 et repris l’ancienne qui était de 0,2 μSv par heure (soit 1 mSv par an).14 Durant les premières semaines et les premiers mois de la catastrophe, ce changement de norme aura certainement
contribué à exposer les enfants des zones affectées à de plus fortes doses de radiation.

En résumé, on peut dire que les dépistages de masse peuvent aider à étayer l’incidence des carcinomes thyroïdiens et à détecter et donc soigner plus tôt les évolutions angereuses.

Au vu de l’expérience de Tchernobyl, il est incompréhensible qu’à part les dépistages pour la thyroïde, il n’y ait eu aucune autre forme de dépistage de masse des enfants dans les préfectures contaminées.
Une évaluation et un dépistage pour rechercher d’autres formes de maladies radio-induites, telles les tumeurs solides, les leucémies, les lymphomes ainsi que des effets sanitaires non cancéreux comme les cataractes, les maladies endocriniennes et cardiovasculaires, et les conséquences génétiques de l’exposition aux radiations, auraient dû être effectués. Il est encore possible de le faire. Une recherche extensive doit absolument être menée par des scientifiques indépendants pour quantifier l’ampleur réelle de la charge de morbidité au sein de la population affectée.

Recommandations

pp.33-34

Pour le Japon :

  • Les populations affectées par la catastrophe nucléaire et leur droit
    à vivre dans un environnement sain doivent être au centre de
    toutes les discussions et des décisions sur les mesures à prendre.
    Dans ce but, il convient de garantir que les groupes affectés
    soient impliqués comme il se doit dans les processus décisionnels.
  • Tous ceux qui ont été impliqués dans le nettoyage de la catastrophe
    nucléaire, qu’ils aient été ou qu’ils doivent à l’avenir
    être exposés à la radioactivité, doivent être équipés de
    dosimètres fiables et être régulièrement examinés par des
    médecins indépendants. Ceci s’applique également aux employés
    des sous-traitants, aux travailleurs temporaires et aux volontaires.
    Les opérateurs nucléaires comme TEPCO ne doivent plus influencer
    les études et les données.
  • Le gouvernement japonais doit établir et tenir des registres
    semblables à ceux qui ont été mis en place par l’Union
    soviétique après Tchernobyl, pour couvrir tous les groupes ayant
    été exposés aux radiations suite à la catastrophe nucléaire de
    Fukushima. Ceci concerne :
    • Tous les évacués des zones contaminées et ceux qui vivent encore en zone
      contaminée ;
    • Les travailleurs de la centrale et ceux qui s’occupent du nettoyage et
      de la décontamination.
  • Les résidents des zones contaminées doivent être autorisés à
    décider s’ils veulent continuer à y vivre ou s’ils préfèrent
    déménager dans une région non contaminée. Un soutien financier
    et logistique doit leur être fourni.
  • Il faut mettre fin à la réinstallation forcée des évacués dans les
    zones contaminées. En particulier ils ne doivent pas être menacés
    de se voir retirer l’assistance financière s’ils ne veulent pas
    retourner [avec leur famille] dans les zones contaminées.
  • Des recherches épidémiologiques doivent être menées sur les effets
    de la catastrophe nucléaire et les populations affectées doivent
    avoir droit, régulièrement et gratuitement, à des bilans de santé
    et aux traitements. Les risques sanitaires pour la population
    japonaise doivent être évalués par des scientifiques indépendants
    qui n’ont pas de conflit d’intérêt avec l’industrie
    nucléaire ou ses soutiens politiques.
  • Étant donné qu’une grande partie des retombées a touché l’Océan
    Pacifique, une recherche systématique doit être effectuée sur la
    vie marine ; le Japon et des instituts de recherche
    océanographique internationaux doivent travailler en coopération.
  • Les reportages et recherches sur les conséquences de la catastrophe nucléaire ne
    doivent pas se heurter à la répression de l’État, comme la loi
    controversée sur la “trahison des secrets d’État”.
  • Après la fusion des cœurs à Fukushima, le Japon a arrêté toutes ses
    centrales nucléaires et durant plusieurs années, le pays s’est
    débrouillé sans énergie nucléaire. Le lobby nucléaire essaie
    actuellement de redémarrer les réacteurs, contre la volonté de la
    majorité de la population japonaise. Le Japon doit arrêter
    définitivement ses quelque 50 réacteurs et investir à la
    place dans la production d’énergie renouvelable et durable. Le
    pays a un potentiel énorme en termes d’énergie solaire,
    éolienne, hydraulique et géothermique et particulièrement dans le
    domaine de l’efficacité et des économies énergétiques.
  • En attendant, une enquête [par des instances parlementaires
    indépendantes] s’impose sur l’énorme influence exercée par le
    lobby nucléaire sur la politique japonaise et la corruption et la
    collusion endémiques entre hommes politiques, opérateurs de
    centrales et régulateurs, afin d’y mettre un terme et de prévenir
    l’occurrence de nouveaux désastres comme Fukushima.

Pour l’Europe et le reste du monde :

  • En Europe et aux États-Unis un peu moins de 300 réacteurs sont toujours en
    fonctionnement ; la moyenne d’âge est entre 30 et 40 ans.
  • L’IPPNW et PSR exhortent tous les États possédant des centrales nucléaires à
    commencer à fermer et à démanteler leurs réacteurs et à
    s’engager dans la production d’énergie renouvelable durable et
    dans l’efficacité énergétique. Il existe au niveau
    international un large consensus sur le fait que les combustibles
    fossiles ne peuvent ni ne doivent jouer le moindre rôle dans la
    production énergétique future. Mais le nucléaire ne représente
    pas non plus une alternative acceptable.
  • Pour l’IPPNW et PSR, la transition énergétique mondiale tendant vers 100 %
    d’énergie renouvelable associée à l’efficacité et aux
    économies énergétiques, ainsi qu’à la décentralisation de la
    production de l’énergie, est la seule conséquence politique
    raisonnable à tirer des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et
    de Fukushima.

Mars 2016

Télécharger le rapport: http://www.psr.org/FukushimaReport2016

Les références surlignées en vert se rapportent au texte anglais

Deutsche Sektion der Internationalen Ärzte
für die Verhütung des Atomrieges / Ärzte in sozialer Verantwortung e. V. (IPPNW)
Körtestr. 10 · 10967 Berlin · Deutschland
Tel. ++49/ (0)30/ 69 80 74-0
Fax ++49/ (0)30/ 693 81 66
E-Mail: kontakt@ippnw.de
Internet: www.ippnw.de

PHYSICIANS FOR SOCIAL RESPONSIBILITY
1111 14th St NW
Washington, DC 20005 USA
Phone 202-667-4260
Fax: 202-667-4201
E-Mail: psrnatl@psr.org
Internet: www.psr.org

Jan 20

La centrale de Fukushima fuit toujours:

On a encore trouvé de l’iode 131 dans deux stations d’épuration de Tokyo en décembre dernier

Le 25 décembre 2015, le Bureau de l’Épuration de la Métropole de Tokyo a déclaré qu’ils avaient détecté de l’iode 131 dans 2 stations d’épuration de Tokyo.
Ces stations sont situées dans la région de Tama (communes d’Akishima et Hachiouji).

Les échantillons testés sont des cendres d’incinération des boues d’épuration. Ils ont été collectés entre le 2 et le 15 décembre 2015.

Les radioactivités relevées variaient de 21 à 25 Bq/kg.
Dans le secteur de Edogawa aussi, on a mesuré 1450 Bq/Kg de Cs-134/137. La concentration en Cs134 était de 250 Bq/Kg, ce qui prouve qu’il provenait de la centrale de Fukushima.
Dans l’usine de Akashima on avait déjà relevé 20 Bq/kg d’iode 131 en Novembre dernier.

L’information a été fournie par «Fukushima Diary»:
http://fukushima-diary.com/2016/01/i-131-still-detected-from-two-sewage-plants-in-tokyo-this-december/


Note:

– L’iode 131 a une demi-vie de 8 jours. Au bout de 80 jours il n’en persiste que le 1/1000°. Ceci prouve que les émissions d’Iode ne datent pas de l’accident de 2011: elles sont récentes.
La centrale fuit donc toujours et les produits radioactifs émis vont au moins jusqu’à Tokyo.
Contrairement aux déclarations officielles, la situation n’est pas du tout maîtrisée

– En France on s’apprête à étendre la distribution des comprimés d’iode à un rayon de 10km.
Ce n’est pas suffisant. On n’a pas tiré (ou on ne veut pas) les leçons de l’accident de Fukushima: les 3/4 du nuage radioactif sont partis en mer. Le reste s’est étalé sur bien plus de 10 km.
Vous voyez sur la carte que la pollution ayant entraîné l’évacuation a largement dépassé les 20 km.
la carte de l'Asahi

Enfin, l’iode stable ne protège que la thyroïde (surtout celle des enfants); mais il n’y a pas que de l’Iode131 qui est rejeté, dont les fameux Césiums et Strontium.

le 20 janvier 2015

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 10

Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

Parmi les substances radioactives, le césium137 est la préoccupation majeure car sa demi-vie est de 30 ans à peu près. Comme les forêts ont été exclues des travaux de décontamination, une quantité indéterminée de césium va persister dans les forêts et rester enfouie dans le sol pendant de nombreuses années.

Des forêts montagneuses couvrent 70% de la surface de la Préfecture de Fukushima.
L’agence gouvernementale Japan Atomic Energy Agency (JAEA) est l’une des organisations qui étudie les effets de la radioactivité et la façon dont le césium se diffuse dans les zones boisées.

Lors d’un récent déplacement sur le terrain à Kawauchi, les niveaux de radiations sur un point de contrôle ont été de 1,2 à 1,3 microsieverts par heure.
Dans le sol on a mesuré entre 300 000 et 400 000 Becquerels par mètre carré.
voir la note

Le point de contrôle se trouvait dans une zone « No Entry»; cette zone couvrait un rayon de 20 km autour de l’usine; elle a été évacuée peu après l’accident nucléaire.
Actuellement, le site du point de contrôle est classé «Zone en préparation pour la levée de l’ordre d’évacuation» conformément à la réévaluation que fait le gouvernement de la situation des communautés touchées.

Des brindilles en décomposition et des branches mélangées à la couverture de feuilles recouvrent les pentes abruptes de la forêt de cèdres. Au cours de l’enquête, les chercheurs ont balisé une parcelle rectangulaire de 66 m2 comme témoin et y ont recueilli l’eau de pluie et les feuilles tombées.
Ils ont également mesuré la radioactivité de l’eau de pluie. Les chercheurs ont pour cela entouré les troncs d’arbres avec une bande et ont recueilli l’eau de pluie qui y coulait.

Avant la catastrophe de Fukushima, les seules données disponibles pour les chercheurs du JAEA sur le transfert à long terme du césium dans le sol était limitées à des données expérimentales au laboratoire.
«Nous avons du tâtonner pour trouver sous quelle forme et où se trouve le césium dans les forêts après avoir été relâché par la centrale nucléaire» a déclaré Kazuki Iijima, attaché au centre de sécurité environnementale de Fukushima.

Selon les chercheurs, le césium des feuilles se retrouve au sol du fait de la défoliation.
Dans le cas des cèdres, par exemple, les feuilles sont remplacées tous les 3 à 4 ans.
Les feuilles des cèdres tombées au moment de l’accident nucléaire étaient criblées de césium qui ensuite s’est infiltré dans le sol. Chaque nouveau lit de feuilles mortes pèse sur le sol de surface et repoussse le césium plus bas.
De ce fait, le niveau de radiations dans l’air de la zone considérée baisse plus rapidement que la décroissance naturelle du césium au fil du temps.

Les études précédentes des chercheurs ont montré que, en forêt, seulement 0,1 % de la quantité totale de césium des sites surveillés se propage hors de la zone sur une période de 1 an.
« La plus grande partie du césium reste dans le sol de surface jusqu’à 5 à 10 cm de la surface.»

Du fait que le césium se fixe sur la terre et se dissout dans l’eau, il se propage facilement. Il se dépose également dans le lit des rivières et au fond des lacs.
Au barrage de Ogaki, à environ 20 km au Nord-Ouest de la centrale nucléaire, les chercheurs ont mesuré 800 000 Becquerels/kg à 20 cm sous le niveau du lit du lac, à proximité de l’embouchure de la rivière Ukedogawa.
Mais un prélèvement près de la surface du lit du lac était à moins de 200 000 Bq.
Selon les chercheurs, cette différence est facile à expliquer: de la terre hautement contaminée par le césium s’est écoulée dans le barrage immédiatement après l’accident; et de la terre moins contaminée s’est accumulée plus tard au dessus.

Les chercheurs tentent également de déterminer si la libération de matières radioactives affecte la croissance des plantes et des animaux.
Les chercheurs ont rapporté des mutations et des anomalies concernant des espèces comme les sapins, les pucerons, les singes japonais, les carpes et les grenouilles.
L’institut national des sciences radiologiques (NIRS) , une organisation gouvernementale, a déclaré fin août que les troncs des sapins ne poussent pas à la verticale. (http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201508290045)
Les sapins sont l’une des 44 espèces que le gouvernement a demandé au NIRS et d’autres organismes de recherche d’étudier; dans le but de déterminer les effets des radiations sur les êtres vivants.

La NIRS a indiqué que la fréquence de ces mutations est liée à l’élévation du niveau de fond de la radioactivité naturelle.(note 2)
Dans la ville de Okuma, à seulement 3,5 km de la centrale accidentée, plus de 90% des sapins ont des anomalies de croissance.
«Nous avons besoin de comprendre comment la radioactivité s’accumule dans les sapins; nous faisons des recherches complémentaires.» affirme un chercheur de la NIRS.

Parmi les autres modifications signalées: les pattes de pucerons collectés à Kawamata, une ville située à plus de 30 km de la centrale, étaient manquantes ou tordues; et à Fukushima, capitale de la préfecture, à 60 km de la centrale, le nombre de leucocytes dans le sang des singes japonais était abaissé.
D’autres scientifiques étudient les vers de terre, les carpes, les grenouilles, les mouches et les coléoptères dorés.

Manabu Fukumoto, professeur de pathologie, du vieillissement, du cancer à l’Institut du développement de l’université du Tohoku, a mis en garde contre toute conclusion hâtive selon laquelle les retombées nucléaires seraient responsables de tous ces effets.
« Nous ne pouvons pas conclure définitivement que ces phénomènes ont été causés par les radiations tant que les doses cumulées (des estimations fiables) n’ont pas été calculées» a déclaré Fukumoto qui est aussi le chef de la société japonaise de recherche sur les radiations.
Mais l’évaluation de leur effet sur les animaux sauvages est un défi pour les scientifiques.
Avant la catastrophe, la plupart des expériences visant à évaluer l’impact des radiations sur les animaux avaient été menées dans les laboratoires.

Au cours de ces expériences, les animaux ont été exposés à des intensités de rayonnement variées sous le contrôle des chercheurs.
Dans l’environnement naturel il est difficile d’évaluer l’exposition externe car les animaux se déplacent.
De plus, les doses de leur exposition interne peuvent varier considérablement, en fonction de ce qu’ils mangent: quand et combien.
Il est également possible que certains animaux, même s’ils ont des signes d’effets des rayonnements, ne restent pas en vie et ne puissent être examinés. Ils pourraient également avoir été tués par leurs prédateurs naturels.

En outre, les scientifiques ne peuvent pas exclure des facteurs tels que la température, la présence de produits chimiques agricoles, derrière ces anomalies.

Les experts affirment qu’ils ont besoin de reproduire de semblables résultats dans des tests de laboratoire.
« Nous devons continuer de surveiller l’environnement pendant au moins 5 ou 6 ans» affirme Fukumoto. « Et dans le même temps nous devons commencer à analyser les phénomènes constatés»

le Journal Asahi Shimbun – 22 décembre 2015


Notes:

  • Pas bien précis cet article et on sent plein de réserves. On dirait que tous les scientifiques japonais, hormis quelques exceptions notables, se sont donné le mot: « Pas question de conclure sur les conséquences des retombées radioactives avant 5 ou 6 ans. Il faut faire des études complémentaires».
  • C’est la même rengaine au sujet de la multiplication des cancers de la thyroïde chez les enfants (au moins 30 fois plus qu’avant la catastrophe nucléaire).
    C’est beau, c’est très scientifique.
  • Mais en attendant, on fait quoi ? On incite énergiquement les gens, les enfants, les femmes enceintes, à aller vivre dans les zones polluées ! Avec l’aide des dosimètres que le programme «Ethos» leur fournit chacun pourra contrôler sa contamination !
    On compte le nombre d’enfants ayant un cancer de la thyroïde !
  • Il n’est pas mentionné que lorsque les arbres font de nouvelles feuilles ils remontent du césium puisé dans le sol

(1) La radioactivité naturelle au Japon est généralement franchement inférieure à 0,10 µSv/h
A partir de 8000 Bq/kg, on objet est déclaré «déchet radioactif» et doit être traité en conséquence.
La teneur normale d’un sol en Césium est ZÉRO
Un aliment contaminé jusqu’à 100 Bq/kg de Césium est déclaré consommable.
Retour au texte

(2)-un exploit cette phrase ! affirmer que l’augmentation de la radioactivité locale serait «naturelle»! Je ne peux déterminer si c’est le journaliste ou le scientifique qui a affirmé cela; ou peut-être une erreur dans les traductions successives.
Retour au texte

(3) Et on n’oublie pas bien sûr l’énorme fuite de méthane dans la région de Los Angeles. Des milliers de personnes ont du évacuer. 30 à 58 tonnes par heure ! La fuite dure depuis au moins le 23 octobre. Encore un exemple d’une « super » technologie non maîtrisée, avec de lourdes conséquences.

Le 10 janvier 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

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Jan 05

La préfecture de Fukushima demande la décontamination de ses forêts.

Les fonctionnaires de la préfecture japonaise de Fukushima et ses municipalités ont demandé au gouvernement central d’étendre le travail de décontamination plus profondément dans les forêts.

Ils en ont fait la demande lundi à Tamayo Marukawa, ministre de l’environnement à Tokyo.
Le gouvernement a placé le limite de principe du nettoyage des substances radioactives de l’accident nucléaire de 2011 à 20 mètres des communautés. Il affirme qu’il n’a pas l’intention d’aller au delà car il n’a pas confirmation que des matières radioactives dangereuses aient été dispersées plus loin.

Toshiyuki Hata, vice gouverneur de la préfecture de Fukushima a demandé au gouvernement de revoir son plan et de trouver les moyens de nettoyer entièrement les forêts . Il a exposé les inquiétudes des habitants qui sont désireux de rentrer chez eux et celles des travailleurs de l’industrie forestière.

Le ministre Marukawa a seulement répondu que le gouvernement continuera d’écouter les opinions locales.

Après la réunion, le vice gouverneur a déclaré que beaucoup de gens sont préoccupés à ce sujet quand leurs maisons sont entourées de forêts.

Traduction d’un article de la NHK daté du 4 janvier 2016
http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/english/news/nuclear.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/


Notes:

  • Tiens, c’est comme en France, la pollution radioactive s’arrête pile; non pas à la frontière mais à 20 mètres des maisons !!!!
  • Les ministres sont à l’écoute ! cela, on connait aussi !
  • La préfecture de Fukushima est couverte de forêts sur 70 % de sa surface.
  • Imaginez vous chargé de décontaminer une forêt: sols plus ou moins pentus, rocheux, marécageux, broussailles, petits et grands arbres, les feuilles qui tombent, les pluies et cyclones …
  • Les chercheurs trouvent déjà dans les forêts des anomalies chez les végétaux et les animaux
    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512220004
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/la-pollution-radioactive-emise-par-fukushima-dai-ichi-suit-son-cours-2/

Je vous invite vivement à aller lire sur le blog Fukushima
le compte rendu d’une visite à Minami-Soma et Motomiya
à l’automne 2015

Un récit de HORI Yasuo traduit en français

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

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Nov 30

171 Bq/kg de Césium dans le sol d’une aire de jeux à Kamakura

6 fois plus que l’an dernier

Un article du Fukushima-Diary

<<
Le 20 Octobre 2015 la mairie de Kamakura a révélé qu’elle a mesuré 171 Bq/kg dans le sol de l’aire de jeux d’une école élémentaire. Le nom de l’école est « Yamasaki Elementary School».

Le niveau du Cs134 était de 31 Bq/Kg ce qui prouve que la radioactivité provient de l’accident de Fukushima. Les échantillons ont été prélevés en Août dernier.

La mairie a collecté des échantillons dans 25 écoles élémentaires et secondaires. Les Cs 134/137 ont été détectés dans 22 des 25 écoles.

La mairie a conclu dans son rapport que la dose atmosphérique en découlant est plus basse que la limite de sécurité.

Cependant, le niveau du Cs 134/137 était de 26 Bq/kg en 2014. Il a augmenté de 6,6 fois depuis l’an dernier.
La cause possible de cette augmentation n’est pas mentionnée dans le rapport.

les documents japonais:
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/documents/h27koutei.pdf
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/documents/h26koutei1.pdf
https://www.city.kamakura.kanagawa.jp/kyoplan/syoutyuu_housyasen_tuti.html

>>


Notes

  • Kamakura est à 280 Km de la centrale accidentée, 50 km au delà de Tokyo. Le nuage radioactif a survolé Tokyo avant de passer sur Kamakura.
  • Les éléments météorologiques déplacent constamment la pollution: les vents, les pluies des typhons surtout déplacent de grosses quantités de matières. Ce qui a été à peu près décontaminé peut se retrouver à nouveau contaminé.
  • Lors de l’accident nucléaire, les CS 134 et 137 sont émis en quantités sensiblement équivalentes.
    le CS 137 a une demi-vie de 30 ans; au bout de 4 ans,il persiste donc 91% de son activité.
    Le Cs 134 a une demi vie de 2 ans; au bout de 4 ans il ne persiste plus que 25% de son activité.
    Le fait qu’on trouve du Cs 134 en quantités bien moindres que le Cs 137 prouve qu’il s’agit bien des retombées de l’accident de la centrale de Fukushima.
  • Dommage que le niveau de rayonnement aérien auquel sont soumis les enfants qui jouent sur ce sol contaminé ne soit pas précisé; c’est pourtant facile à mesurer ( au ras du sol et à 1 mètre). Les enfants sont soumis aux rayons gamma émis par le sol contaminé et également aux rayonnements alpha, β ou γ émis par les poussières qui se déposent sur leurs vêtements(chaussures), qu’ils inhalent quand le temps est sec , qu’ils avalent quand ils portent la main à la bouche, etc…
  • A titre de point de repère, les aliments sont considérés comme non comestibles au delà de 100 Bq/Kg

Le 30 novembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
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Oct 01

420 Bq/kg de césium 134/137 dans des champignons vendus sur un étalage à Gunma

Le 25 septembre 2015, le Ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales a déclaré avoir relevé une haute radioactivité en Cs 134/137 dans des champignons déjà en vente.

situation de Gunma
Le record est de 420 Bq/kg dans des Shimeji. L’analyse a été menée par le National Institute of Health Sciences (Institut National des Sciences de la Santé).

Ils ont également relevé de 120 à 240 Bq/kg de Cs 134/137 dans 3 autres échantillons de champignons.

Tous étaient en vente et produits dans la préfecture de Gunma (200 km de la centrale).

L’échantillonnage a eu lieu mi-septembre.


J’ai simplement repris l’article original du Fukushima Diary: http://fukushima-diary.com/2015/09/420-bqkg-of-cs-134137-detected-from-mushroom-sold-on-a-shelf-in-gunma/


NOTE:

La teneur normale en Césium de tout objet ou être vivant sur terre est de ZÉRO.
Le Césium est un poison entièrement fabriqué par les industries nucléaires civile et militaire.
Les champignons sont connus pour concentrer la radioactivité du sol. Les japonais consomment beaucoup de champignons.

    Les normes alimentaires japonaises concernant les Césiums depuis le 1 Avril 2012:

  • 100 Bq/kg pour les aliments en général
  • 50 Bq/kg pour la nourriture pour enfants
  • 10 Bq/l pour l’eau potable

L’Europe s’est alignée sur ces chiffres. Mais un projet de réglement européen «en cas d’accident nucléaire» est en cours que critique vivement la CRIIRAD.
La CRIIRAD considère que ce projet établit des normes bien trop élevées, notamment pour les enfants. Certains chiffres sont manifestement erronés. Elle a demandé les coordonnées des « experts » qui ont rédigé ce projet , mais l’administration refuse de les communiquer.

Voir le dossier de la CRIIRAD

4 articles de Vivre-apres-fukushima traitent de ce problème:

Le 1er Octobre 2015

L’information en français sur Fukushima:
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Sep 25

Une synthèse des conséquences sur la santé du désastre de Fukushima

par le Dr Ian FAIRLIE

Il est apparu récemment que les évacuations rendues nécessaires par les désastres nucléaires et leurs conséquences ont tué des milliers de gens. A l’avenir, ces décès par maladie et suicide devraient être inclus dans l’évaluation des décès causés par les désastres nucléaires.
Au total, le nombre des victimes humaines de Fukushima est effrayant : 2.000 japonais sont décédés des conséquences des évacuations et 5.000 autres vont vraisemblablement décéder ultérieurement de cancers à venir
.

1. Les décès causés par les évacuations nécessaires .

Les données officielles de Fukushima montrent que près de 2.000 personnes sont décédées – suicides inclus – suite aux évacuations organisées pour les soustraire aux fortes expositions aux radiations causées par la catastrophe.
http://www.reconstruction.go.jp/topics/main-cat2/sub-cat2-1/20141226_kanrenshi.pdf
Le déracinement vers des régions non familières, la rupture des liens familiaux, la perte des réseaux de soutien sociaux, la perturbation, l’épuisement, une mauvaise condition physique et la désorientation peuvent être la cause de nombreux décès, surtout chez les personnes âgées.
Suite aux évacuations de Fukushima, le nombre de suicides a augmenté chez les jeunes et chez les gens plus âgés, mais aucune tendance ne se dégage clairement.
www.pref.fukushima.lg.jp/uploaded/attachment/62562.docx (4 minutes de téléchargement).
Le rapport d’un bureau ministériel japonais a établi qu’entre mars 2011 et juillet 2014, dans la préfecture de Fukushima, 56 suicides sont liés à l’accident nucléaire.
http://www.japantimes.co.jp/news/2014/08/26/national/social-issues/fukushimas-high-number-disaster-related-suicides-likely-due-nuclear-crisis-cabinet-office/#.Vcstm_mrGzl
Ce nombre doit être considéré comme un minimum plutôt qu’un maximum.

2. Les conséquences sur la santé mentale.

Les conséquences sur la santé mentale de l’exposition aux radiations et celles des évacuations doivent également être prises en compte. Par exemple, Becky Martin affirme dans sa thèse de doctorat de l’université de Southampton au Royaume Uni que « la plupart des conséquences des situations d’urgences radiologiques relèvent du domaine mental ».
Elle ajoute «  … imaginez qu’on vous annonce que votre terre, votre eau, l’air que vous avez respiré ont peut-être été pollués par un contaminant mortel et invisible. Quelque chose qui a la capacité de détruire votre fertilité ou d’affecter vos enfants à naître. Même les plus solides d’entre nous seraient inquiets…. plusieurs milliers de survivants d’ une situation d’urgence radiologique ont développé par la suite un « syndrome de stress post traumatique » (PTSD Post-Trauma Stress Disorder), une dépression et des troubles anxieux en conséquence de leur vécu et de l’incertitude planant sur leur santé »
http://www.theguardian.com/science/brain-flapping/2015/aug/09/nagasaki-anniversary-radiation-nuclear-mental-health
Il est vraisemblable que ces craintes, anxiétés et stress vont aggraver les conséquences des évacuations; provoquant encore plus de décès de gens âgés, ou de suicides.
Les paragraphes ci-dessus ne doivent pas être pris comme des arguments contre les évacuations: celles-ci constituent une stratégie importante pour sauver des vies. Mais comme l’affirme Becky Martin « nous devons offrir une aide sociale fortement améliorée et des soins psychologiques approfondis et de longue durée à tous les survivants d’une situation d’urgence radiologique après leur réinstallation, pour améliorer leur état de santé et préserver leur avenir ».

3. Les conséquences néfastes sur la grossesse.

Récemment, le Dr Alfred Körblein de Nürenberg (Allemagne) a relevé une chute de 15% (statistiquement hautement significative) des naissances d’enfants vivants dans la préfecture de Fukushima en Décembre 2011, soit 9 mois après l’accident. Ce qui pourrait signifier une augmentation des avortements spontanés précoces. Il a également observé une augmentation (statistiquement significative) de 20% de la mortalité infantile en 2012 par rapport à la tendance à long terme concernant la préfecture de Fukushima et six préfectures environnantes.
http://www.strahlentelex.de/Koerblein_infant%20mortality%20after%20Fukushima.pdf
Ces résultats sont plus indicatifs que définitifs. Il faudrait pour les vérifier de nouvelles études qui, malheureusement, brillent par leur absence.

4. Le cancer et autres effets tardifs des retombées radioactives.

Enfin, il faut considérer les effets sur la santé des expositions aux radiations provenant des 4 explosions et des 3 fusions des coeurs de réacteurs de Fukushima en mars 2011. C’est un sujet qui est loin de faire l’unanimité au Japon, ce qui le rend difficilement compréhensible pour les journalistes et les profanes. (Voir l’encadré).

Précisions:
Le gouvernement japonais, ses conseillers et la plupart des scientifiques experts en radiations au Japon (avec quelques exceptions honorables) minimisent les risques causés par les radiations. La position officielle la plus répandue est de prétendre que de petites quantités de radiations sont sans danger: scientifiquement parlant c’est indéfendable. Par exemple, le gouvernement japonais tente de relever la limite d’exposition aux radiations pour le public de 1 mSv à 20 mSv par an. Ses scientifiques voudraient contraindre la CIPR [Commission internationale de Protection Radiologique] à accepter cette forte augmentation. Cette attitude n’est pas seulement contraire à l’esprit scientifique : elle est déraisonnable.

On peut trouver une explication partielle à cette situation dans le fait que les radiophysiciens japonais (comme les américains) paraissent incapables ou refusent d’accepter la nature stochastique des effets des faibles doses de rayonnements. « Stochastique » signifie que la réponse est du type tout ou rien : soit vous avez un cancer, soit vous n’en avez pas. Quand vous diminuez la dose, les conséquences deviennent moins probables: vos chances d’avoir un cancer baissent à mesure que vous diminuez la dose vers zéro. Le corollaire est que même des doses minimes, bien inférieures au bruit de fond, sont encore porteuses d’un risque de cancer : il n’existe pas de dose sûre, sauf la dose zéro.
Mais comme l’ont relevé Spycher et coll. (2015),
http://ehp.niehs.nih.gov/1510111R/
certains scientifiques « … excluent à priori la possibilité que de faibles doses de radiations puissent augmenter le risque de cancer. Il n’acceptent donc pas les études qui remettent en question leur idée préconçue».

Une des raisons pour lesquelles ces scientifiques refusent d’accepter les effets stochastiques des radiations (cancers, accidents vasculaires cérébraux, maladies cardio-vasculaires, effets héréditaires etc.) est qu’ils n’apparaissent qu’après une longue période de latence – souvent des dizaines d’années pour les cancers solides. Pour le gouvernement japonais et ses conseillers en radiations, il semble que « hors de vue immédiate » signifie « n’y pensons plus ». Ce qui est bien commode, car le gouvernement japonais se croit ainsi autorisé à ignorer les effets tardifs des radiations.
Mais les preuves à leur opposer sont solides comme le roc. L’ironie du sort veut qu’elles proviennent principalement de la « life span study » (étude sur toute la durée de vie), la plus grande étude épidémiologique mondiale en cours qui porte sur des survivants japonais aux bombes atomiques, qui est pilotée par la « RERF foundation » basée à Hiroshima et Nagasaki.
http://www.rerf.jp/index_e.html

La masse des données épidémiologiques issues du désastre de Chernobyl de 1986 indique clairement qu’il est très probable que le nombre de cancers, augmentera aussi à Fukushima; mais beaucoup de scientifiques japonais (et US) réfutent cette affirmation.
Par exemple, l’augmentation du nombre de cancers, de kystes et de nodules de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima consécutifs à la catastrophe nucléaire, et l’interprétation de ces données sont un grand sujet de débats. Selon les constatations faites à Chernobyl, on estime que les cancers de la thyroïde devraient commencer à augmenter 4 à 5 ans après 2011. Attendons les résultats qui seront disponibles en 2016 avant de faire des commentaires, mais les premiers signes ne sont pas rassurants pour le gouvernement japonais. Ultérieurement, on s’attend à ce que le nombre d’autres cancers solides s’accroisse également, mais il faudra du temps avant que cela soit manifeste.

Le meilleur moyen de prévoir le nombre d’effets tardifs (cancers etc.) est d’estimer la dose collective qui a été délivrée au Japon par les retombées de Fukushima. Pour ce faire, considérons que tous ceux qui ont été exposés aux rayonnements de Fukushima ont participé à une loterie, sachant que c’est une loterie négative. Si votre numéro sort, vous faites un cancer. (1). Si vous vivez loin de la centrale de Fukushima Dai ichi, vous ne recevez que peu de billets de loterie et votre chance d’avoir un cancer est faible. Si vous vivez à côté vous recevez plus de billets et votre risque est plus grand. Impossible de dire qui tirera le mauvais numéro, mais on peut en estimer le nombre total en utilisant la notion de dose collective.
Le rapport de l’UNSCEAR de 2013
http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf
a estimé que la dose collective concernant la population de Fukushima est de 48.000 personnes.Sv, ce qui est une dose vraiment forte (voir ci-dessous).

Malheureusement, les scientifiques japonais pro-nucléaires critiquent également la notion de dose collective car elle est reliée à la nature stochastique des effets des radiations et à la nature des effets « linéaires et sans seuil » des radiations, qu’ils réfutent également. Mais quasiment tous les organismes officiels de régulation dans le monde reconnaissent la nature stochastique des effets des radiations, la notion d’effet linéaire sans seuil et les doses collectives.

5. Synthèse de l’accident de Fukushima

Environ 60 personnes sont décédées pendant les évacuations dans la préfecture de Fukushima en Mars 2011.
Entre 2011 et 2015, 1.867 personnes supplémentaires (2) sont décédées des suites de l’évacuation consécutive au désastre nucléaire (3). Ce furent des décès à cause de problèmes de santé ou par suicide.
http://www.japantimes.co.jp/news/2015/03/15/national/death-toll-grows-in-311-aftermath/#.Vcn84PmrGzm
A partir de l’estimation de l’UNSCEAR d’une dose collective de 48.000 personnes.Sv, on peut raisonnablement estimer (en utilisant un facteur de risque de cancer mortel de 10% par Sievert) qu’environ 5.000 cancers mortels vont survenir à l’avenir à cause des retombées de Fukushima. Cette estimation à partir des données officielles concorde avec mon estimation personnelle obtenue par une méthode différente.
http://www.ianfairlie.org/news/new-unscear-report-on-fukushima-collective-doses/

Au total, le bilan sanitaire du désastre de Fukushima est effrayant.
Au minimum :

  • Plus de 160.000 personnes ont été évacuées, la plupart de façon permanente.
  • nombreux cas de cas de troubles liés au stress post traumatique (PTSD), dépressions et troubles anxieux causés par l’évacuation.
  • Environ 12.000 travailleurs exposés à de hauts niveaux de radiations, certains jusqu’à 250 mSv.
  • On estime à 5.000 le nombre de cancers mortels dus à l’exposition aux radiations dans l’avenir.
  • Même estimation (non quantifiée) d’accidents vasculaires cérébraux, d’affections cardio-vasculaires et d’affections héréditaires dûs aux rayonnements.
  • Entre 2011 et 2015, environ 2.000 morts par maladie et par suicide chez les évacués pour cause de radiations.
  • un nombre de cancers de la thyroïde encore inquantifié à ce jour.
  • Une augmentation de la mortalité infantile en 2012 et une diminution des naissances en vie en Décembre 2011.

Effets non sanitaires :

  • 8% du Japon (30.000 km²) y compris une partie de Tokyo contaminés par la radioactivité.
  • Des pertes économiques évaluées à entre 300 et 500 milliards de dollars.
6. Conclusions

L’accident de Fukushima n’est pas encore terminé et ses conséquences sur la santé vont persister encore longtemps. Quoi qu’il en soit nous pouvons maintenant affirmer que le désastre nucléaire de Fukushima a infligé un rude coup au Japon et à son peuple. 2.000 japonais sont déjà décédés des conséquences des évacuations et on s’attend à ce que 5.000 autres meurent de cancers dans l’avenir.

Il est impossible de ne pas être ému par le coût de Fukushima en termes de décès, suicides, de troubles mentaux et de souffrances humaines.
Les conséquences de Fukushima sur le Japon sont comparables au coup massif porté par Chernobyl à l’ ex-Union soviétique en 1986. En effet, on a pu lire sous la plume de plusieurs auteurs que le désastre nucléaire de Chernobyl a largement contribué à l’effondrement de l’URSS en 1989-1990.
Il est intéressant de constater que Mikhail Gorbatchev, président de l’URSS au moment de Chernobyl, et Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de Fukushima, ont tous deux affirmé leur opposition à l’énergie nucléaire.
http://bos.sagepub.com/content/67/2/77.full
Kan a même préconisé l’abolition totale de l’énergie nucléaire
https://wallofcontroversy.wordpress.com/2014/03/17/japans-ex-prime-minister-naoto-kan-on-how-fukushima-changed-his-mind-about-nuclear-power/

Est-ce que le gouvernement japonais et d’autres gouvernements (y compris les gouvernements de GB et US) ont tiré les leçons de ces catastrophes nucléaires ? Le philosophe américain George Santyana ( USA 1963 – 1962) a dit un jour que ceux qui ne savent pas tirer les leçons de l’histoire sont condamnés à la répéter.

Dr Ian FAIRLIE – Le 16 Août 2015


Merci à Azby Brown, Yuri Hiranuma, dr Tadahiro Katsuta, Dr Alfred Körblein, Becky Martin et Mycle Schneider pour leurs commentaires de mon projet de texte.
Toute erreur relève de ma responsabilité
.


(1) C’est Jan Beya aux USA qui a eu l’idée de la loterie négative
(2) Mis à jour en Mars 2015
(3) De plus, 1.603 personnes ont été tuées directement par le tremblement de terre et le Tsunami dans la préfecture de Fukushima, et environ 1.350 personnes sont mortes lors de l’évacuation dans les préfectures de Miyagi et Iwate: dans ces derniers cas les évacuations n’étaient pas dues aux radiations.


Le site du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/
Le texte original du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/news/summing-the-health-effects-of-the-fukushima-nuclear-disaster/
Télécharger l’article original: http://www.ianfairlie.org/wp-content/uploads/2015/08/Summing-up-the-Effects-of-the-Fukushima-Nuclear-Disaster-10.pdf
Télécharger le texte français: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Synthese-Fukushima-IFairlie.pdf
Traduction « vivre-apres-fukushima.fr » avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Notes:

Ce travail de Ian FAIRLIE ne considère que l’Île JAPON
Son analyse ne concerne pas:

  • Les conséquences de la contamination (toujours en cours chaque jour) de l’océan Pacifique.
    On sait que le Césium et autres radionucléides ont atteint les côtes américaines
    Il y a actuellement dans le Pacifique Nord, côté américain,un problème de mortalité massive d’animaux marins, des étoiles de mer aux Grands mammifères marins et aux oiseaux. Les scientifiques en ignorent les causes (pollution chimique, réchauffement, recul de la banquise ?). Le gouvernement américain refuse de faire une veille attentive concernant la pollution radioactive.
  • La contamination de l’atmosphère mondiale par les produits radioactifs vaporisés lors de l’accident, et par les relâchers toujours quotidiens de produits radioactifs. Ces polluants radioactifs circulent tout autour du globe et retombent doucement.

Dose collective:
Un indicateur utile pour la gestion d’une collectivité

La somme des doses individuelles dans une population est la « dose collective ». Cette dose collective est exprimée en « homme.sievert » (homme.Sv). Elle se calcule en multipliant la dose efficace moyenne reçue par le nombre de personnes concernées.

Elle ne peut en aucun cas donner une idée sur le sort d’un individu donné.
Par contre elle est utile pour gérer une population exposée aux rayonnements:
– prévoir ce qui va se passer dans une population irradiée ou contaminée et s’organiser en fonction
– en médecine du travail: lorsque dans une centrale nucléaire la dose collective a baissé, c’est qu’il y a des progrès dans la radio-protection.

Plus de détails dans l’article:
http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/dosecollective.htm

Le 25 septembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 23

Fukushima: Les voix silencieuses

Un projet de film documentaire sur une famille de Fukushima

Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ».
Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région.

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Dès mars 2011, j’ai demandé, très inquiète, à ma mère et à mon père s’ils envisageaient de déménager. Ils m’ont simplement répondu non.
Je me suis alors rendue compte avec étonnement que les appréhension, les doutes, les débats consécutifs au tremblement de terre et à la contamination nucléaire de la région ne s’invitaient jamais dans les discussions familiales.
Cette catastrophe qui, à ce moment là encore, touchait tant les coeurs et les esprits en France, s’illustrait par son absence dans la parole de ceux qui la vivaient.
De fait, lors de mes visites qui ont suivi je n’ai jamais eu l’occasion d’entendre ma famille prendre position sur le sujet. Je n’ai même pas eu l’occasion de partager mes interrogations, mes analyses ou ma peine concernant l’avenir de notre région.
Je me rends désormais compte que plus le temps passe, plus l’invisible menace radioactive s’efface des esprits. C’est pour cela que j’ai décidé de réaliser ce documentaire.

Pour que la France n’oublie pas, que ma famille n’oublie pas. Et que l’on puisse ensemble essayer de comprendre la réalité dans laquelle vivent les gens de cette région à jamais sinistrée.

Ce documentaire doit être avant tout être un film proche de l’intimité familiale. C’est pourquoi, je désire le construire sous une forme simple, claire. Selon la temporalité d’une journée.

https://youtu.be/XxI4gc6pHvo
Quelques premières images du film.

Techniquement, je désire tourner ce film en caméra légère et compacte pour ne pas perturber nos moments familiaux et pour que la parole se délivre le plus naturellement possible.

La présentation complète de « Fukushima les voix silencieuses » par Chiho SATO
sur Kisskissbankbank
http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/fukushima-les-voix-silencieuses

Chiho SATO – Réalisatrice. Chiho est née à Fukushima, Japon en 1985. Diplomée en 2007, de “Tama art university” de Tokyo, elle commence rapidement à tavailler pour une société de production à Tokyo “CYCLOIMAGE”. Elle a réalisé plus d’une cinquantaine de documentaires sur le cyclisme dont 6 formats longs (60min) pour des chaînes tel que NHK, BS-TBS, Site Web “Cyclo-Channel”.
En 2010, elle s’expatrie en France, où elle travaille ponctuellement comme assistante caméra, assistante photographe, et coordinatrice de tournage japonais en France.
Cette année elle se consacre au développement de ses projets.
Avant tout le documentaire “Fukushima : Les voix silencieuses” puis une série de documentaires centrés sur les rapports entre les cultures française et japonaise.

Le 23 Septembre 2015>

L’information en français sur Fukushima:
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Sep 20

Typhon au Japon: la contamination radioactive a été déplacée.

les innondations ont recontaminé le Japon

Traduction d’un communiqué de Fairewinds education.
Les inondations ont recontaminé le Japon

le 18 Septembre 2015
Les grands médias des États-Unis et du Japon n’ont tout simplement pas fait leur travail.

La semaine dernière un sérieux typhon a frappé l’Est du Japon provoquant des innondations comme il n’en était pas survenues au Japon depuis au moins 50 ans.
Avant que le typhon n’arrive, Tokyo Electric avait assuré aux japonais que la centrale de Fukushima Dai ichi était sûre.
Quand le typhon a frappé le Japon, Tokyo Electric a admis que les pompes de drainage ont failli et que de l’eau radioactive s’était à nouveau écoulée dans l’Océan Pacifique.
De même, Tokyo Electric a admis que plusieurs dizaines de sacs contenant des matières radioactives antérieurement collectés, ont été emportés.
Pour les médias grand public, l’extension de la contamination radioactive consécutive à ce typhon s’est limitée à ces relativement petites quantités concernant le site de Fukushima.

préparation d'héliportage

Préparation d’héliportage
Voyez la violence du courant

Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.
La préfecture de Fukushima est très montagneuse et a été fortement contaminée après la triple fusion des coeurs. Ceux d’entre nous qui ont étudié la catastrophe de Fukushima Daiichi ont noté que de grandes quantités de césium radioactif, le strontium et d’autres isotopes radioactifs issus des 3 fusions du coeur se sont répandus à des centaines de miles du site du désastre. La pluie qui a fouetté la côte est du Japon a fait descendre les produits radioactifs vers de nouveaux endroits en aval.
Il est évident pour les scientifiques, mais pas pour les médias grand-public du Japon, que des zones qui avaient été auparavant décontaminées par les japonais sont maintenant à nouveau contaminées. Ces zones nouvellement contaminées comprennent des villages qui avaient été évacués lors du désastre il y a 4 ans et demi et que le gouvernement japonais avait ouvert au retour des populations.

Fairewinds l’avait déjà dit et nous allons le répéter. Suivez l’argent ! Tokyo Electric et le gouvernement japonais ne veulent pas de réévaluer la propagation du rayonnement à la suite de ce dernier typhon. Cela coûterait trop cher. Le coût d’une décontamination réelle après ce désastre est inimaginable.
La dissémination de la contamination dans les zones peuplées par ces innondations est un risque pour la santé du peuple japonais que le gouvernement refuse de considérer.

Innondations
Au cours des 300 prochaines années des événements comme ce typhon se reproduiront; jusqu’à ce que toute la radioactivité relâchée par le désastre de Fukushima soit finalement entièrement lessivée dans l’océan Pacifique; non seulement seulement à partir du site de Fukushima Dai Ichi mais aussi à partir de tous les affluents et rivières des montagnes qui se jettent dans l’océan Pacifique.

Il est temps que les grands médias traditionnels japonais et américains tiennent que Tokyo Electric et le gouvernement japonais ont la responsabilité de réévaluer la propagation de la contamination radioactive qu’a provoqué ce dernier typhon, et quelle dose atteint la population suite aux innondations.

Arnie Gundersen.
Fairewinds vous tiendra informés.

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