Août 18

Radiations Ionisantes: les normes de radioprotection doivent être améliorées

Des médecins et des scientifiques lancent une alerte au sujet des risques sur la santé des radiations ionisantes.
Même de faibles doses d’environ 1 millisievert (mSv) augmentent le risque de faire se développer des maladies radio-induites.
Il n’y a pas de seuil en dessous duquel les radiations pourraient être considérées comme inoffensives.

Résumé d’une réunion d’experts à Ulm (Allemagne) le 19 octobre 2013

Le 19 octobre 2013, les membres allemands et suisses de « International Physicians for the Prevention of Nuclear War» (IPPNW – médecins du monde pour la prévention de la guerre nucléaire) ont invité des médecins et des scientifiques dans les domaines de la radiobiologie, épidémiologie, statistique et physique à une réunion d’experts à ULM, la ville natale d’Einstein. Les participants ont discuté des connaissances  actuelles concernant les effets sur la santé des radiations ionisantes, spécialement dans le domaine des faibles doses.

Le groupe d’experts a conclu qu’une révision des normes de radio-protection actuelles est essentielle, de façon qu’elles reflètent le niveau actuel des connaissances scientifiques. Les radiations ionisantes sont capables de causer des effets préjudiciables à la santé; certains peuvent être prévus et quantifiés grâce à l’utilisation de modèles épidémiologiques.

Dans le passé, la détermination des risques sanitaires des radiations ionisantes a été basée sur des études concernant les survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Ce groupe de référence ne peut plus être considéré comme approprié à la lumière des nouvelles preuves statistiques. Même de très faibles doses de radiations sont susceptibles de provoquer des maladies.

Voici les conclusions du symposium d’ULM:
  • 1. Même le rayonnement naturel de fond a des effets néfastes qui sont mesurables ;
  • 2. L’usage des radiations en vue de faire des diagnostics médicaux a des effets néfastes sur la santé qui sont mesurables ;
  • 3. L’usage de l’énergie nucléaire et les tests d’armes nucléaires ont des effets néfastes sur la santé qui sont mesurables ;
  • 4. L’utilisation du concept de dose collective dans les études épidémiologiques permet de prédire et quantifier de façon fiable les risques pour la santé des faibles doses de radiations.
  • 5- L’usage par la CIPR de baser les facteurs de risques pour les faibles doses de radiations sur l’examen des survivants de Hiroshima et Nagasaki doit être considéré comme périmé.
  • 6. Une amélioration de la radioprotection basée sur la notion de risque est nécessaire. Elle doit être combinée à l’application rigoureuse de l’impératif de minimisation de l’exposition aux radiations.
1. Même le rayonnement naturel
a des effets néfastes mesurables sur la santé.

Même les faibles doses du rayonnement naturel (radiations d’origine terrestre et cosmique, radon inhalé et ingestion de radioisotopes naturels), ont des effets néfastes sur la santé qui peuvent être mesurés par les études épidémiologiques. C’est donc une tromperie d’affirmer que l’exposition aux radiations peut être considérée sans danger tant qu’elle elle se trouve au niveau des doses de la radiation de fond « naturelle ». 1-17

2. L’usage des radiations en vue de faire des diagnostics médicaux a des effets néfastes sur la santé qui sont mesurables

Il a été mis en évidence que le scanner et les examens radiologiques conventionnels provoquent une augmentation des cas de cancer (surtout cancer du sein, leucémie, cancer de la thyroïde et tumeurs du cerveau). Le risque est plus grand chez les enfants et les adolescents que chez les adultes et l’embryon est le plus vulnérable de tous. 18-40

Limiter l’usage des rayons à usage diagnostique et l’usage de la médecine nucléaire aux cas d’absolue nécessité est recommandé de façon urgente. Il faudrait adhérer à des règles strictes pour l’usage des scanners et n’utiliser que des CT scanners [Computed tomography=tomodensitomètre appelés simplement scanners -ndt] à basse émission de radiations. Chaque fois que c’est possible les ultrasons et l’imagerie par résonnance magnétique devraient être préférés.

Certains groupes de population ont un risque augmenté de développer un cancer suite à l’exposition aux radiations, par exemple les femmes qui ont une prédisposition génétique au cancer du sein. Par conséquent il est recommandé que les femmes avec un tel risque ne soient pas incluses dans les dépistages utilisant les rayons X. 41-45

3. L’usage de l’énergie nucléaire et les tests d’armes nucléaires ont des effets néfastes sur la santé qui sont mesurables

Du fait de l’usage des armes nucléaires (plus de 2.000 tests) et de graves accidents nucléaires, de grandes quantités de radionucléides ont été relâchées et largement dispersées ; elles exposent une grande partie de la population mondiale à une exposition accrue aux radiations. Les études épidémiologiques effectuées chez les populations concernées, autour des sites des tests d’armes nucléaires du Nevada et de Semipalatinsk et dans les régions affectées par le désastre de Tchernobyl et de Fukushima, montrent une augmentation de la morbidité et de la mortalité. 46-54
Même les opérations de routine des centrales nucléaires ont des effets néfastes sur la santé de la population environnante. Dépendant de la distance, une augmentation des cas de leucémies et d’autres sortes de cancers a été constatée chez les enfants de moins de 5 ans dans l’environnement des centrales nucléaires. (Actuellement, la preuve la plus forte se trouve en Allemagne, avec des résultats concordants dans des études en Suisse, en France et au Royaume-Uni.) 55-59

Chez les travailleurs exposés professionnellement aux radiations ionisantes, on constate une élévation significative des cas de cancer, en comparaison avec les autres groupes même si la dose limite officielle n’a pas été dépassée.
La santé de leurs enfants est plus altérée que celle des autres enfants. 60-64
Chez les employés des compagnies minières d’uranium et des sites de production d’armes atomiques, on observe une augmentation des leucémies lymphoïdes chroniques. 65-68
Des leucémies et beaucoup d’autres types de cancers ont été provoqués par de faibles doses de radiations ionisantes, dans les régions dont le rayonnement de fond a augmenté suite aux tests des armes nucléaires, aux accidents nucléaires, ou du fait d’examens de diagnostic médical et d’exposition professionnelle. 69-92

Suite à l’exposition à de faibles doses d’Iode radioactif, des maladies de la thyroïde dont des cancers ont été observées chez des enfants, des adolescents et des adultes. 93-99
De plus, de faibles doses de radiations ionisantes provoquent des maladies graves non malignes telles que des méningiomes et autres tumeurs bénignes, des maladies ou dysfonctionnements cardiaques, cérébro-vasculaires, respiratoires, gastrointestinaux et endocriniens ; et aussi des troubles psychiatriques et des cataractes.100-113

Des études ont pu montrer que, in utero et chez les enfants, l’exposition du cerveau aux radiations ionisantes provoque une diminution du développement cognitif. Les sources possibles de radiations sont, parmi d’autres, les rayons X pour diagnostic, les radiothérapies et l’exposition aux radiations due aux accidents nucléaires. 114-116

Suite aux accidents nucléaires, des effets tératogènes ont été observés tant chez les animaux que chez les humains, même chez ceux qui n’ont été exposés qu’à de faibles niveaux de radiations. 117-120
Certains effets génétiques peuvent déjà être observés dans la première génération de descendants, d’autres ne commencent à apparaître que dans les générations suivantes. Les affections tardives peuvent de ce fait être difficiles à confirmer.
De nombreuses études ont été menées dans les « zones mortes » de Tchernobyl et Fukushima sur des animaux dont les générations se succèdent rapidement ; elles ont montré de sévères anomalies génétiques en rapport avec le niveau de radiation dans leur habitat.

Chez les humains, de telles anomalies ont depuis longtemps été observées suite à une exposition à des doses faibles.
Des effets transgénérationnels des radiations, c’est-à-dire génétiquement fixés, ont été souvent documentés par exemple chez les enfants des liquidateurs de Tchernobyl. 121-128. De nombreuses autres études suggèrent également que les radiations ionisantes provoquent des dommages génétiques ou épigénétiques sur le long terme. 129-146

4.L’utilisation du concept de dose collective dans les études épidémiologiques permet de prédire et quantifier de façon fiable les risques pour la santé des faibles doses de radiations.

Le concept de dose collective est, dans l’état actuel des connaissances, le moyen le plus sûr d’évaluer quantitativement les risques stochastiques des radiations. D’importantes études cliniques nouvelles confirment le modèle linéaire sans seuil ; ce modèle établit qu’il n’y a pas de seuil au-dessous duquel les radiations n’auraient pas d’effets sur la santé. 147,148

En utilisant le concept de dose collective qui prend en considération les études scientifiques actuelles, voici les facteurs de risque (Excès absolu de risque, EAR) qui devraient être appliqués :

Un facteur de risque de 0,2/Sv devrait être utilisé pour prévoir la mortalité par cancer et de 0,4/Sv pour prévoir l’incidence des cancers. 149-151
Le comité scientifique de l’ONU pour les effets des radiations atomiques (UNSCEAR) et la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) utilisent encore des facteurs de risque bas, soit 0,05/Sv pour la mortalité par cancer et 0,1/Sv pour l’incidence des cancers. Cependant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans son évaluation de 2013 sur les risques pour la santé à Fukushima, a reconnu que les facteurs de risque de la CIPR devraient être doublés. 152

Les facteurs de risque ci-dessus s’appliquent à une population exposée dont les âges ont une distribution standard. Cependant, selon la CIPR, la sensibilité aux radiations ionisantes des jeunes enfants (moins de 10 ans) et des fœtus est trois fois plus élevée que celle des adultes. 153-155

Les facteurs de risque pour la prédiction de l’incidence et de la mortalité des affections non malignes (maladies non cancéreuses), spécialement les affections cardiovasculaires, sont du même ordre que celles des affections malignes. 156-157

Il serait souhaitable que l’OMS et les institutions nationales de radioprotection adoptent les facteurs de risque mentionnés ci-dessus comme base pour l’évaluation des risques après les accidents nucléaires.

5. L’utilisation par la CIPR [Commission internationale de protection radiologique] des études sur les survivants de Hiroshima et Nagasaki comme base pour déterminer les risques des faibles doses de radiations doit être considérée comme une pratique périmée.

Dans leurs études, les institutions comme la CIPR ont utilisé comme référence les survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki pour la prédiction des effets des radiations.
La prédiction du risque sur cette base n’est pas transférable à d’autres populations exposées sur une longue période à des niveaux croissants de radiations, pour les raisons suivantes :

Les survivants japonais ont été exposés brièvement à des radiations gamma pénétrantes à haute énergie. Les recherches radiobiologiques ont montré qu’une telle exposition est moins nuisible pour les tissus qu’une irradiation interne Alpha ou Beta consécutive à l’incorporation de radionucléides.
La même chose vaut pour l’exposition à long terme à des rayons X ou des rayons Gamma issus de sources naturelles ou artificielles, à des niveaux comparables à la radiation normale de fond. 158-159

Les radiations délivrées par les bombes nucléaires ont un niveau de dose extrêmement élevé. Antérieurement, il était accepté que la mutagénicité serait donc dans ce cas plus élevée que pour de faibles doses. Actuellement la CIPR prétend que cette assertion tient toujours et elle divise dans ses calculs le risque de développer des cancers par un facteur 2.
Les études sur des cohortes de travailleurs exposés professionnellement contredisent cette affirmation et l’OMS ne voit plus de justification pour diviser ce facteur de risque par deux. 160-161

Les doses de radiations reçues du fait des retombées radioactives et de l’activation neutronique n’ont pas été prises en compte par la RERF (Radiation Effects Research Fondation), malgré le fait qu’elles ont causé des effets signifiants sur les survivants de Hiroshima et Nagasaki. Les effets réels des radiations s’en sont donc trouvés sous-estimés. 162

Du fait que le RERF n’a commencé ses travaux qu’en 1950, il manque d’importantes données sur les 5 premières années qui ont suivi le bombardement nucléaire. Il faudrait donc reconnaître que l’évaluation des effets tératogéniques et génétiques, ainsi que celle des cancers avec une courte période de latence est incomplète.
Du fait de la situation catastrophique après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, il faut admettre de considérer les survivants comme une cohorte sélectionnée de gens spécialement résistants («la survie du plus apte»). Par conséquent ces études n’étaient pas représentatives d’une population normale. Ce biais de sélection a provoqué une sous-estimation d’environ 30% du risque des radiations. 163

Les survivants des bombardements nucléaires étaient ostracisés par la société japonaise. Il est fort probable que les informations concernant l’origine de la famille ou la morbidité des descendants aient été cachées ou falsifiées pour ne pas mettre en danger, par exemple les chances de mariage et l’intégration sociale des enfants. 164

Note des éditeurs:

Les facteurs de risque utilisés dans le concept de dose collective décrivent la probabilité que des cas supplémentaires de maladie, supérieurs aux taux de cancers spontanés, se produisent, que la carcinogénèse provoquée par les radiations, l’incidence ou la mortalité du cancer, s’accroissent au dessus de la ligne de base d’une population donnée.
Habituellement cet Excès Absolu de Risque (EAR) est représenté par l’unité 1/Sv. Un facteur de risque (EAR) de 0,2/Sv pour la mortalité par cancer signifie qu’une irradiation de 1Sv provoquerait un risque supplémentaire de décès par cancer de 20% – en supplément du risque de base de 25%. Un EAR de 0,2/Sv correspond à un excès relatif de risque (ERR) de 0,2/0,25=0,8/Sv.

6. Une amélioration de la radioprotection basée sur la notion de risque est nécessaire. Elle doit être combinée à l’application rigoureuse de l’impératif de minimisation de l’exposition aux radiations.

Déterminer à quel niveau le risque pour la santé provoqué par les radiations est acceptable et raisonnable ne peut se faire qu’au niveau de la société, en écoutant la voix de ceux qui sont concernés. Pour protéger les populations, les risques des radiations ionisantes devraient être déterminés aussi précisément que possible et présentés d’une façon compréhensible. En médecine, de tels critères de radioprotection s’imposent déjà de plus en plus.

L’évaluation des dangers des radiations ionisantes selon un concept basé sur le risque peut aider à minimiser leurs effets néfastes, même aux doses faibles. Associé aux exigences légales de minimisation, un ensemble de mesures concrètes utilisant un tel concept pourrait servir à réduire encore plus les effets néfastes des radiations. Le concept d’acceptabilité du risque pour les matériaux cancérigènes au travail déjà existant dans la législation allemande est, dans ses grandes lignes, un bon exemple à suivre. 165-169

La plus haute priorité devrait être donnée à la protection de la vie avant la naissance et à l’intégrité des futures générations. La radioprotection doit élargir ses modèles basés sur les adultes et les adapter à la vulnérabilité particulière de l’embryon et des enfants.


Orateurs et participants à la réunion d’experts de Ulm,
19 Octobre 2013:
  • » » Prof. Dr. med. Wolfgang Hoffmann, MPH, Professor für
    bevölkerungsbezogene Versorgungsepidemiologie und
    Community Health, Institut für Community Medicine,
    Universitätsmedizin in Greifswald
  • » » Dr. rer. nat. Alfred Körblein, Dipl. Phys., selbstständiger
    Wissenschaftler in Nürnberg, Wissenschaftlicher Beirat
    der IPPNW.de
  • » » Prof. Dr. med. Dr. h.c. Edmund Lengfelder, Professor
    em. des Strahlenbiologisches Institutes an der Medizini-
    schen Fakultät der LMU München, Leiter des Otto Hug
    Strahleninstitutes für Gesundheit und Umwelt
  • » » Dr. rer. nat. Hagen Scherb, Dipl. Math., Helmholtz Zen-
    trum, Deutsches Forschungszentrum für Gesundheit und
    Umwelt in München
  • » » Prof. Dr. rer. nat. Inge Schmitz-Feuerhake, Professorin
    em. für experimentelle Physik an der Universität in Bre-
    men, Wissenschaftlicher Beirat der IPPNW.de
  • » » Dr. med. Hartmut Heinz, Facharzt für Arbeitsmedizin,
    ehem. leitender Werksarzt in Salzgitter, AK Atomenergie
    der IPPNW.de
  • » » Dr. med. Angelika Claußen, Fachärztin für Psychothe-
    rapie in Bielefeld, AK Atomenergie der IPPNW.de
  • » » Dr. med. Winfrid Eisenberg, ehem. Chefarzt der Kin-
    derklinik in Herford, AK Atomenergie der IPPNW.de
  • » » Dr. med. Claudio Knüsli, Leitender Arzt der Onkologie
    im St. Claraspital in Basel, Vorstandsmitglied IPPNW.ch
  • » » Dr. med. Helmut Lohrer, Facharzt für Allgemeinmedizin
    in Villingen, Int. Board der IPPNW, International Councillor
    der IPPNW.de
  • » » Henrik Paulitz, Dipl.-Biol., Atomenergie-Referent der
    IPPNW.de in Seeheim
  • » » Dr. med. Alex Rosen, Kinderarzt in Berlin, Stellv. Vorsit-
    zender der IPPNW.de
  • » » Dr. med. Jörg Schmid, Facharzt für Psychotherapie in
    Stuttgart, AK Atomenergie der IPPNW.de
  • » » Reinhold Thiel, Facharzt für Allgemeinmedizin, Ulmer
    Ärzteinitiative, AK Atomenergie der IPPNW.de

Le texte est complété par une longue liste de références à télécharger ici


Traduction:fukushima-is-still-news.com/ et vivre-apres-Fukushima.fr
à partir des versions allemande et anglaise
La version allemande:
http://www.ippnw.de/commonFiles/pdfs/Atomenergie/Ulmer_Expertentreffen_-_Gefahren_ionisierender_Strahlung.pdf
La version anglaise:
https://www.ippnw.de/commonFiles/pdfs/Atomenergie/Health_effects_of_ionising_radiation.pdf


Je rajoute une référence traduite en français:
Risque de cancer chez 680 000 personnes exposées à la tomodensitométrie dans l’enfance ou l’adolescence: étude reliant les données de 11 millions d’Australiens
Version française
original en anglais

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë. L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.

Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/
Le site de la section française: Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

le 18 Août 2017


Juin 19

Fissures à Tihange – malfaçons sur EPR
interdiction des armes nucléaires

Voici l’appel à se joindre à la chaîne humaine en Belgique dimanche 25 juin 2017 pour l’arrêt d’urgence de réacteurs nucléaires fissurés maintenus en fonctionnement sous la pression des nucléocrates français : https://www.chain-reaction-tihange.eu/fr/.
Un bus est prévu à Paris à 7h45, angle de l’av. de Friedland et de la place du Général de Gaulle – Étoile.

En France, des actions se multiplient pour que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’autorise pas EDF à construire le désastreux EPR de Flamanville sur une cuve siège de malfaçons.
À ce sujet (entre autres), (ré-)écouter les quatre volets de l’émission « À l’ombre des centrales nucléaires » diffusée sur France Culture du 12 au 15 juin 2017, et sur le site : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/lombre-des-centrales-nucleaires.
Et (re)voir la vidéo par Stéphane Lhomme
https://youtu.be/06M2DzpDuK0.

Pour plus d’information, voir l’article de l’observatoire du nucléaire:
http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article326

Concernant le nucléaire militaire, la vidéo par Dominique Lalanne est plus que jamais d’actualité car, en ce moment même, le traité d’interdiction des armes atomiques est vigoureusement porté à l’ONU malgré l’opposition de pays accros à l’atome comme la France :
https://www.youtube.com/watch?v=R7GgEMBDGbk&t=13s.

Voir aussi le site de « sortir du nucléaire »:
http://sortirdunucleaire.org/Abolition-des-armes-nucleaires

le 19 juin 2017

Mai 24

«La farce cachée du nucléaire»-un livre instructif

Ce livre décapant dresse un panorama saisissant des centrales nucléaires françaises. Il vulgarise le fonctionnement d’une centrale en décryptant de nombreux documents internes d’EDF. Il propose une vision sans concession du quotidien des centrales hexagonales. Le texte est enrichi de figures, de tableaux, de schémas et de photographies prises à l’intérieur des sites nucléaires.
Les phénomènes physiques sont expliqués sans langue de bois, à des années lumière de la communication lénifiante d’EDF. Plusieurs chapitres détaillent la cinétique d’un grave accident nucléaire avec les rejets radioactifs massifs associés.

Cependant tous les mécanismes sont en place pour cacher à la population les conséquences radiologiques d’un tel accident, à l’image de ce qui se passe au Japon et dans l’ex-Union soviétique suite aux catastrophes de Fukushima Dai ichi et de Tchernobyl. Cet ouvrage donne quelques coups de canif à la propagande bien huilée des zélateurs de l’atome.
L’auteur conclut sur la nécessité d’arrêter les centrales avant la catastrophe. Il liste les tranches nucléaires les plus dangereuses qu’il faudrait mettre à l’arrêt en priorité. Enfin, des pistes pour sortir du nucléaire sont abordées… pour le salut de nos enfants.

Nozomi SHIHIRO est issue du sérail d’EDF. Formaté par le culte du secret au sein de son entreprise, l’auteur s’est caché derrière un pseudonyme pour publier cet ouvrage. L’ensemble des droits d’auteur sera versé en soutien à l’institut de radioprotection BELRAD de Minsk (Ukraine) qui réalise notamment des mesures de contamination radioactive dans l’organisme des enfants irradiés de Tchernobyl.

On peut se procurer l’ouvrage ici:
http://boutique.sortirdunucleaire.org/index.php
12€


L’une des illustrations du livre:
Description d'un accident nucléaire grave

En voici la table des matières:

  • 1ere partie: les barrières de sûreté
  • Chapitre 1: première barrière
  • Chapitre 2: deuxième barrière
  • Chapitre 3:Les générateurs de vapeur
  • Chapitre 4: Troisième barrière
  • 2° partie: Accidents nucléaires
  • Chapitre 5: L’accident grave
  • Chapitre 6:L’accident sur les tranches de 900 MWe
  • Chapitre 7: L’accident sur les tranches de 1300 et 1450 MWe
  • Chapitre 8: Les rejets radioactifs en accident grave
  • Chapitre 9: Les conséquences radioactives: la farce cachée de l’accident grave
  • 3° partie, chapitre 10: Sortir du nucléaire
  • Épilogue
  • Annexes

le 24 Mai 2017


Mai 12

Coûts et faisabilité du démantèlement des installations nucléaires

Le point sur le rapport parlementaire français du 1er février 2017

Au terme de 7 mois d’enquête et l’audition de 70 personnes, dont les porte-paroles du réseau «Sortir du nucléaire, la rapporteure Barbara Romagnan (PS) et le président Julien Aubert (LR) de la commission parlementaire ont rendu un rapport (1)d’information sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires.

Ce rapport est disponible à l’adresse:
http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i448.asp

Voici çi-dessous l’analyse qu’en fait le réseau «Sortir du nucléaire»:

<<

Ce rapport fait ressortir les divergences entre les auteurs sur l’évolution de la production d’électricité d’origine nucléaire en France et dans le monde, sur le montant des provisions réalisées par EDF et sur la remise en état des sites sur lesquels se trouvent des installations nucléaires. Il instruit de façon pertinente la problématique du démantèlement en apportant des informations et des justifications sur le dogme de la nécessité du démantèlement immédiat. Dressant d’abord un état des lieux, le document détaille les difficultés techniques que rencontre EDF, les questions cruciales de la gestion des déchets et de la sous-traitance, et s’intéresse aux provisions de l’exploitant et à la sous évaluation des coûts induite par des hypothèses trop optimistes, de nombreuses dépenses non provisionnées et des charges sous-évaluées.

Qu’est-ce que le démantèlement immédiat ?

L’article 127 de la loi n°215-992 du 17 août 2015(2) relative à la transition énergétique pour la croissance verte dispose que «lorsque le fonctionnement d’une installation nucléaire de base ou d’une partie d’une telle installation est arrêté définitivement, son exploitant procède à son démantèlement dans un délai aussi court que possible.
Ce principe est toutefois relatif, dans la mesure où il s’écoule un délai de 5 à 7 ans entre la mise à l’arrêt définitif d’un réacteur et le début de son démantèlement, qui prendra plusieurs d’années. Les exemples en cours contredisant d’ailleurs ce dogme du démantèlement «immédiat» : les chantiers de Brennilis (arrêt en 1985) et Superphénix (arrêt en 1998) sont loin d’être terminés. Quand à la filière graphite gaz, EDF a reporté au XXII° siècle leur déconstruction ! Et pour les sous-marins nucléaires mis à l’arrêt, le tronçon réacteur est découpé et entreposé «pour une durée de l’ordre de quelques dizaines d’années» dans l’attente d’une diminution de la radioactivité de certains matériaux métalliques.

Une faisabilité technique pas entièrement assurée.

C’est que pour démanteler, EDF se heurte à plusieurs difficultés techniques. La première est de travailler dans un milieu radioactif. Milieu qui, en outre, n’a pas toujours été conçu pour dans l’optique d’être un jour démantelé.

Par ailleurs, 80% des réacteurs ont été mis en service entre 1877 et 1987. Du fait de la mise en service resserrée dans le temps, leur démantèlement sera donc aussi rapproché et cette quasi-simultanéité posera de véritables défis en termes de moyens et de main d’oeuvre à mobiliser simultanément en de nombreux points du territoire.

La gestion des déchets est elle aussi problématique. Le démantèlement d’une installation nucléaire génère la production d’une grande quantité de déchets, certains conventionnels et d’autres radioactifs. c’est un volume de 2.300.000 m3 qui est attendu, toutes catégories confondues, auxquels il faut encore ajouter les combustibls usagés. Les décharges existantes arriveront rapidement à saturation et la création de nouveaux sites de stockage de déchets se heurtera à la légitimes oppositions des populations impactées comme à Bure avec le projet CIGEO (3).

Et il y a aussi la question du seuil de libération: afin d’en diminuer le volume, le rapport n’exclut pas que des déchets de radioactivité comparable à la radioactivité naturelle puissent être réutilisés dans le domaine public, même si cette option (surtout envisagée pour les métaux) coûterait plus cher car elle impose un tri plus sévère des déchets. Le rapport prend en compte le niveau de radioactivité sans se poser la question de la nature de la radioactivité, question pourtant importante sachant par exemple que des matériaux peuvent contenir des traces de plutoniun sans pour autant dépasser le niveau de la radioactivité naturelle.

Enfin, autre difficulté: il n’existe pas de filière industrielle spécialisée du démantèlement. Et le recours à la sous-traitance pose problème comme le signale le rapport:« L’absence de cadre législatif réellement contraignant en matière de recours à la sous-traitance dans le secteur empêche à l’heure actuelle à la fois la sructuration de cette filière et de réels gains d’eficacité comme d’efficience des opérations de démantèlement. En d’autre termes, sans filière structurée du démantèlement, il semble peu probable que l’on puisse compter sur un véritable retour d’expérience permettant de gagner en efficacité au fil des démantèlements successifs ni que des économies d’échelle (réutilisation d’équipements lourds, de robots) soient possibles si le marché reste éclaté entre différents prestataires» (4)

Des provisions financières nettement insuffisantes:

Selon la loi française, le démantèlement doit être financé par l’exploitant des centrales. Examinant les principes et les méthodes d’estimation d’EDF, le rapport conclut à une sous-évaluation. Sur les 75 milliards d’euros du coût estimé du démantèlement, seuls 36 milliards sont provisionnés, dont 23 milliards couverts par des actifs dédiés qui sont des placements boursiers sensibles aux fluctuations des marchés financiers !

Quant aux comparaisons internationales, elles sont toutes défavorables aux calculs français; les provisions allemandes sont 2,4 fois supérieures aux provisions d’EDF !

Ces coûts ne prennent pas en compte la gestion des combustibles usagés, ni le coût social des suppressions d’emplois consécutives à la mise à l’arrêt des réacteurs; Les taxes et assurances auxquels les sites seront assujettis ne sont pas non plus prises en compte.
Hypothèses optimistes, dépenses non provisionnées, charges sous-évaluées…Il ne fait aucun doute qu’en l’absence de décisions politiques exigeant des provisions suffisantes, le coût du démantèlement et de la gestion des déchets sera supporté par les impôts des générations futures !

Les raisons du choix du démantèlement immédiat

On peut se demander si le choix du démantèlement immédiat n’a pas été fait dans l’idée de libérer des sites pour construire de nouveaux réacteurs. Comme l’a fait remarquer Mr André-Claude Lacoste, ancien président de l’ASN,  » l’idéal pour tout grand électricien serait de disposer, sur un même site, d’un réacteur en construction, d’un autre en exploitation et d’un troisième en cours de démantèlement »; (…) EDF considère qu’il y aura un réacteur en construction ou en exploitation sur tous les sites. Il s’agira la plupart du temps de nouveaux réacteurs dont la construction n’est actuellement pas décidée (5) ». Ainsi EDF considère que le programme nucléaire français va se poursuivre sans tenir compte de la loi de Transition Énergétique (6) qui limite à 50% la part du nucléaire dans l’électricité produite en France.

Le point de vue développé
lors de l’audition du réseau « Sortir du nucléaire »

Cas des Graphite-gaz arrêtés depuis plus de 20 ans

La décision d’EDF de reporter à 2100 le démantèlement des deux réacteurs de St Laurent des Eaux est risquée: les réacteurs auront alors 130 ans, et qui peut garantir qu’il n’y aura pas de fuite de radioactivité dans l’environnement ? D’autant plus que ces réacteurs ont déjà été à l’origine de rejets de radionucléides et qu’ils se trouvent en bord de Loire, dans une zone potentiellement innondable. Dès lors, quelles solutions pour les stocks de graphite contaminé ?

Démantèlement des sites nucléaires:

Notre réflexion est en discussion dans les groupes qui composent le Réseau mais nous nous orientons vers une position interrogative sur la nécessité de démanteler le coeur du réacteur pour 3 raisons essentielles:

  • la cuve et l’enceinte en béton sont radioactives et leur déconstruction ferait prendre des risques importants aux travailleurs qui l’effectueraient ainsi qu’à l’environnement
  • les gravats et ferrailles de démolition seraient alors envoyées dans des centres d’enfouissemnet à créer, or personne ne veut une poubelle nucléaire près de chez lui
  • il y a une tentation récurrente de la part des autorités d’autoriser le «recyclage» de déchets faiblement radioactifs dans les biens de consommation et matériaux de construction. Or cela aboutirait à disperser de faibles doses de radioactivité dans l’environnement et augmenter le niveau moyen d’exposition à la radioactivité du grand public.Nous sommes contre cette option et rappelons notre opposition catégorique au recyclage des matériaux même faiblement radioactifs pour la fabrication d’objets et d’infrastructures de la vie quotidienne.

Pourquoi ne pas utiliser les enceintes actuelles comme lieu de stockage des combustibles usagés tout en maintenant à l’intérieur la cuve fortement radioactive ? Contrôler l’état de confinement de ces vieilles enceintes et en cas de fuite construire une nouvelle «peau» par dessus la première ? Cette solution de non démantèlement immédiat avec sécurisation du confinement de la radioactivité dans les réacteurs existants ou dans des bunkers à proximité éviterait de nombreux transports de déchets radioactifs et leur mise en décharges.Néanmoins pour les réacteurs en zone potentiellement innondable (Gravelines, le Blayais, Fessenheim, Bugey, Chinon …), le démantèlement devra être mené dans les meilleurs délais sans attendre l’innondation !

le «retour à l’herbe» est pour nous un mythe idéaliste

En l’absence d’une définition stricte de ce qui constitue une installation démantelée, comme c’est le cas actuellement, la plupart des exploitants ont pour objectif d’obtenir simplement la déclassification administrative de l’installation nucléaire. Les lieux peuvent être déclassés en étant assortis d’une servitude pour l’éventuelle réutilisation industrielle du site.

Nécessité d’évaluer les coûts de manière réaliste et de provisionner en conséquence

Les provisions actuelles d’EDF nous semblent ridicules. Démantèlement ou pas, il est indispensable d’imposer à tous les producteurs de déchets nucléaires de provisionner des capitaux à hauteur des besoins.

Arrêter le retraitement des combustibles usagés à La Hague de toute urgence

Ce retraitement est coûteux, il s’accompagne de rejets radioactifs dans l’environnement (mer et atmosphère), et du fait des traitements chimiques utilisés, le volume des déchets radioactifs augments. Au final les déchets sont séparés les uns des autres, les plus dangereux se trouvent concentrés dans un faible volume, ce qui tend à augmenter leur dangerosité. C’est le cas en particulier du plutonium (50 tonnes en stock à La Hague alors qu’il suffit de 6 à 8 kg pour faire une bombe !).

Pas d’enfouissement des déchets à 500m de profondeur à Bure !

L’enfouissement ne garantit en rien la mise en sûreté des déchets, la réversibilité n’existe que sur le papier, personne ne peut garantir que les galeries ne se déformeront pas et la récupération des colis, si nécessaire, deviendrait problématique.
Pour évacuer les gaz et la chaleur, une ventilation permanente des galeries sera nécessaire pendant des centaines d’années ou plus, avec les risques de remontée de radioéléments dans l’environnement, de pollution des eaux…

Pour les déchets radioactifs, il n’y a pas de solution, que des options toutes mauvaises et nous considérons que la moins mauvaise consiste à les sécuriser et stocker en surface de façon à intervenir en cas de problème.

Les déchets nucléaires et le démantèlement sont les casse-têtes insolubles de la filière nucléaire. L’urgence est d’arrêter d’en produire. Le seul moyen pour y arriver est de fermer les réacteurs existants et de ne pas en construire de nouveaux.

Notes:

  • 1: rapport d’information n°4428, 1er février 2017,113 pages:
    http://www.assemblee-nationale.fr14/rap-info/i4428.asp
  • 2: LOI n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte
    ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2015/8/17/DEVX1413992L/jo/texte
    Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2015/8/17/2015-992/jo/texte
  • 3: Centre industriel de stockage géologique: www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-qu-est-ce-que-cest
  • 4 :Voir page 44 du rapport
  • 5: voir pages 52-53 du rapport
  • 6: loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énéergétique pour une croissance verte.

Martial Chateau et Laure Barthélémy.

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Cet article est paru dans «Sortir du nucléaire» n°73, printemps 2017
www.sortirdunucleaire.org
sa reproduction est autorisée et vivement conseillée sous réserve d’en indiquer la source et le nom des auteurs


Avr 26

Genève: La vigie antinucléaire fête ses dix ans et s’arrête

Depuis le 26 avril 2007, les militants de la «Vigie d’Hippocrate» d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO) se relaient quotidiennement devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé, à Genève, pour demander à l’OMS de «dire la vérité sur les effets sanitaires» des rayonnements ionisants, notamment pour les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et des catastrophes de Tchernobyl et Fukushima. Au bout de dix ans de protestation silencieuse, les vigies constatent que «le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent». Le collectif a décidé de poursuivre son combat «pour la vérité et la santé» sous d’autres formes. Pour marquer la fin de ses dix ans d’action, IWHO (pour une OMS indépendante)organise divers événements devant l’OMS, ce mercredi 26 avril 2017
Voir le site de Independent WHO
http://www.independentwho.org/

la vigie à Genève

A cette occasion, «Le Courrier» un quotidien suisse publie un article de Allison Katz:
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima

En finir avec le «dogme Hiroshima»
Lundi 03 avril 2017
Alison Katz

Depuis dix ans, des militants du collectif IndependentWHO manifestent quotidiennement devant le siège de l’OMS pour dénoncer ses liens avec l’industrie nucléaire.

«Exigeons que l’OMS démolisse enfin les trois piliers de la désinformation sur les rayonnements ionisants!» Alison Katz, d’IWHO, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.

La rencontre entre le collectif IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO, pour l’indépendance de l’OMS) et l’Organisation mondiale de la santé (1) a confirmé que l’autorité sanitaire internationale persiste à soutenir les trois piliers de la désinformation sur lesquels repose la dissimulation – internationale et de haut niveau – des conséquences sanitaires des activités nucléaires, qu’elles soient industrielles ou militaires.

    Les trois piliers sont

  • 1) la «maladie», dénommée «radiophobie»;
  • 2) l’utilisation du modèle Hiroshima pour établir les normes de radioprotection;
  • 3) l’affirmation qu’il n’existe pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de doses d’irradiation de 100 millisieverts par an (mSv/an), malgré le fait que la limite internationale recommandée par la Commission internationale de la protection radiologique (CIPR) soit de 1 mSv/an.

La scandaleuse pseudoscience de la «radiophobie»

L’OMS affirme que les problèmes psychologiques et sociaux sont les conséquences majeures de la catastrophe de Fukushima, en reprenant point par point son verdict final sur Tchernobyl(2), selon lequel «l’impact sur la santé mentale (…) est le problème de santé publique le plus grave et (que) la population affectée a un sentiment exagéré des dangers sanitaires de l’exposition aux rayonnements». Est-ce que l’establishment nucléaire, qui malheureusement dirige la politique de l’OMS dans ce domaine, suggère sérieusement que les plantes, les animaux et les bébés –même in utero! – souffrent de «radiophobie»?

De nouvelles maladies sont souvent montées de toutes pièces afin de créer ou élargir un segment de marché pour des traitements économiquement profitables. La «radiophobie», par contre, a été inventée afin de nier l’existence des maladies bien réelles apparues à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Quand il est devenu impossible de nier leur existence, on les a attribuées aux comportements irresponsables des victimes – abus d’alcool, de tabac, mauvaise alimentation… – comme si ces facteurs n’avaient pas été pris en compte dans les études épidémiologiques démontrant des différences significatives en termes d’effets sanitaires entre des territoires respectivement peu, moyennement et hautement contaminés.

Soyons clairs. La peur de la radiocontamination existe. Il s’agit d’une réponse normale face à un risque sanitaire réel. L’unique «traitement» éthique de l’angoisse qui résulte naturellement de l’exposition est de reconnaître que cette peur est normale, de minimiser toute exposition supplémentaire, de fournir des soins dès l’apparition de symptômes et d’établir des programmes de dépistage pour la prévention précoce (secondaire) des maladies.

Au Japon, aujourd’hui, les autorités ont conseillé aux victimes de Fukushima de sourire (3). Ces dernières sont soumises à d’intenses pressions pour retourner vivre dans des territoires inhabitables selon les normes de radioprotection de la communauté internationale, établie par la CIPR.

Lors de la rencontre avec l’OMS le 11 mars 2016, en signe d’encouragement aux visiteurs japonais, un membre de l’équipe Radiation (Département de santé publique et de l’environnement) a fait remarquer que leur pays avait un avantage en termes d’information sur les effets sanitaires des activités nucléaires grâce à la recherche entreprise à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Deux remarques sur cette observation. D’abord, il est notoirement connu que la recherche sur les effets sanitaires d’Hiroshima et Nagasaki est profondément défectueuse (4). Pendant cinq ans, après l’attaque des bombes A, aucune investigation officielle de la santé des survivants n’a été menée. En 1946, le gouvernement étatsunien a créé l’Atomic Bomb Casualty Commission (Commission d’évaluation des dommages dus à la bombe atomique – ABCC) et les Etats-Unis maintiennent toujours leur contrôle sur ce projet – qui s’appelle maintenant la Radiation Effects Research Foundation (Fondation pour la recherche des effets du rayonnement -RERF) – en fournissant la majeure partie de son financement.

Pour des raisons évidentes, le délai de cinq ans [entre les bombardements atomiques et les premières recherches] invalide plus ou moins les études sur les effets sanitaires, car les données les plus importantes font défaut. De plus, la population étudiée ne peut pas être considérée comme représentative de la population générale parce que les personnes encore en vie sont celles dont la résistance aux effets des rayonnements est naturellement plus élevée que la moyenne. Cet effet dit de «survivant en bonne santé» produit une sous-estimation considérable des effets sanitaires.

Pire encore, les études ABCC/RERF ne disposaient pas de groupe de contrôle adéquat. Cela est dû au fait que les groupes «irradiés» et les groupes de contrôle «non exposés» – les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, à diverses distances de l’épicentre – étaient tous contaminés par les retombées. De surcroît, le groupe «non exposé» avait un taux de leucémie deux fois plus haut que le reste de la population japonaise pendant toute la première période de l’étude et jusqu’aux années 1960. Par ailleurs, le fait que toutes ces personnes aient souffert d’une exposition interne à travers les aliments, le lait, l’eau et par inhalation n’a pas été pris en compte.

Enfin, le modèle Hiroshima est inapplicable aux accidents nucléaires. Les effets sanitaires d’une exposition externe de quelques secondes aux quantités gigantesques de radionucléides, comme ce fut le cas à Hiroshima et Nagasaki, sont incomparables aux effets sanitaires d’une exposition interne à de faibles doses sur des décennies. Ces faibles doses sont responsables de 95% de la radiocontamination lors d’accidents nucléaires.

Et pourtant, étonnamment, les normes de radioprotection actuelles se basent encore sur les études ABCC/RERF des survivants d’Hiroshima. Mais il n’existe aucune preuve d’équivalence entre l’irradiation chronique interne et l’irradiation externe aigüe.

Aucune preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an?

Des milliers d’études menées pendant trois décennies fournissent des preuves d’effets sanitaires graves à la suite de l’incorporation chronique à faible dose de radionucléides, bien en dessous de 100 mSv/an et, contrairement aux affirmations de l’establishment nucléaire, une grande partie de ces études est publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture – dans une proportion d’ailleurs bien plus grande que dans le rapport majeur de l’ONU, le «Forum de Tchernobyl» (5).

En 2015 et 2016, par exemple, des études ont démontré le lien entre la présence de césium 137 chez les femmes enceintes et de hauts niveaux d’anomalies congénitales (6); un risque élevé de leucémie, de lymphome (7) et de cancer chez les travailleurs du nucléaire (8); des taux élevés d’anomalies de la thyroïde (y compris des cancers et des précurseurs de cancer) chez les enfants à Fukushima (9), et toutes sortes de défauts héréditaires associés à des doses d’irradiation comprises entre 1 et 10 mSv/an (10).

Malgré la limite internationale de 1 mSv/an et les multiples preuves réunies sur ce sujet depuis des décennies, l’OMS a répété (notamment lors de la rencontre avec IndependentWHO du 11 mars 2016) qu’il n’existait pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an. Tout comme le Dr Shunichi Yamashita, professeur à l’université de Nagasaki et conseiller de la préfecture de Fukushima pour le risque sanitaire radiologique, qui, ainsi, donne raison au gouvernement japonais d’exercer une forte pression sur les populations pour qu’elles retournent vivre dans des régions non habitables (11). Relevons qu’à la suite de l’accident de Tchernobyl, la limite pour l’évacuation obligatoire des populations avait été fixée à 5 mSv/an.

Il est de plus en plus reconnu que la limite de 1 mSv/an est à peu près adéquate dans le cas de l’exposition externe (pour certains radionucléides seulement), mais qu’elle est totalement inadéquate en cas d’exposition interne. Différents radionucléides se concentrent dans divers organes. Ainsi, si la charge moyenne dans le corps est de 100 becquerels par kilo (Bq/kg), le cœur contiendra 2500 Bq/kg et les reins 1500 Bq/kg (12). Une particule d’uranium ou de plutonium logée dans le poumon va irradier pendant toute la vie de la personne et produira un cancer.

Le «dogme Hiroshima» mène l’establishment nucléaire vers une logique impossible. Quand on ne peut plus nier les effets sanitaires, on affirme qu’ils sont forcément causés par autre chose que les rayonnements parce que, selon le modèle utilisé par le CIPR, les doses reçues étaient trop faibles.
Le moment est venu pour l’OMS et l’institution nucléaire de reconnaître publiquement que l’exposition externe et l’exposition interne sont des phénomènes biologiquement distincts et que le modèle Hiroshima ne peut ni prédire les effets sanitaires observés à la suite d’expositions à faible dose, ni fournir une base pour la radioprotection.


1. A. Katz (agora), «Les victimes de Fukushima sous les pressions au retour», Le Courrier du 15 mars 2016.
2. World Health Organization. Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes. Report of the UN Chernobyl Forum. Expert Group on Health, Geneva, 2006.
3. Professeur Yamashita, conseiller du gouverneur de la préfecture de Fukushima pour la gestion des risques sanitaires, http://bit.ly/2moWYcx
4. Busby, C. Wings of Death: Nuclear Pollution and Human Health. Green Audit, Aberystwyth, 1995.
5. Katz, A. «Who is afraid of Volume 1181 of the New York Academy of Sciences? Under threat, the nuclear establishment plays dirty», International Journal of Health Services, 2015,Vol 45(3) 530-544.
6. Wertelecki et al. Elevated Congenital Anomaly Rates and Incorporated Cesium 137 in teh Polissia Region of Ukraine. Birth Defects Research (Part A).
7. Leuraud et al. «Ionizing Radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers». Lancet, Volume 2, N° 7, e276-e281, July 2015.
8. Richardson et al. «Risk of cancer from occupational exposure to ionizing radiation: retrospective cohort study of workers in France, the UK and the USA». British Medical Journal, 2015, 351: h5359.
9. Tsuda et al. «Thyroid cancer detection by ultrasound among residents aged 18 years and younger in Fukushima, Japan. 2011-2014». Epidemiology, 2015.
10. Schmitz-Feuerhake et al. «Genetic radiation risks – a neglected topic in the low dose debate. Environ Health Toxicol», 2016; e2016001, Published online 2016 January 20. doi: http://dx.doi.org/10.5620/eht.e2016001.
11. Greaves, S. «Tokyo contaminated and not fit for habitation, doctor says». Insitute of Science in Society, 4.9.2014, www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php
12. Bandachevsky, Y. Clinical and experimental aspects of the effect of incorporated radionuclides on the organism. Ministry of Health, Gomel State Medical Institute, Belorussian Engineering Academy, Belarus, Info Tribo Ltd, Gomel, 1995 (128 pages).


L’article original du «courrier»
https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima


le 27 Avril 2017


Mar 07

Fukushima – 6 ans.

La situation est très loin d’être sous contrôle

Le réseau «Sortir du nucléaire» nous fait une synthèse de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore là bas:

Aller directement à l’article complet de «sortir du nucléaire»:
http://sortirdunucleaire.org/Fukushima-6-ans-plus-tard-la-situation-est-tres
avec plusieurs videos et de nombreuses références.

Extraits de l’article:
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Nous commémorons ce 11 mars 2017 les 6 ans du début de la catastrophe de Fukushima.

Ce début d’année aura été marqué par une information peu réjouissante sur les taux de radioactivité records mesurés par une sonde envoyée dans le réacteur 2.

Celle-ci a pu mesurer une radioactivité ambiante de 530 Sv – un taux capable de tuer un homme instantanément ce qui n’augure guère d’espoir quant à la capacité humaine (ou même robotique) à démanteler l’installation et à récupérer les coriums de combustible fondu – dont on ne connait toujours pas la localisation précise…

Par ailleurs le gouvernement japonais via une nouvelle évaluation a considérablement revu à la hausse le coût estimé de la gestion de cette catastrophe, la facture passant ainsi d’une trentaine de milliards d’euros en 2013 à 170 milliards d’euros en 2016 !

Si les médias ont quelque peu déserté le suivi au quotidien de celle-ci et que le gouvernement japonais a tenté la relance de 5 réacteurs nucléaires au Japon, (dont 3 fonctionnent à ce jour), il est pourtant fondamental de rappeler que la situation n’est en aucun cas sous contrôle.

Retour sur la chronologie des événements marquants de ces six dernières années, au cœur de l’enfer radioactif d’un désastre industriel, humain, économique et sanitaire.

Un impact sanitaire préoccupant et difficile à estimer

Les conséquences de la catastrophe étant toujours en cours il est difficile de faire un bilan sur le nombre de personnes directement contaminées, irradiées ou décédées en raison de Fukushima. D’après l’ONG Green Cross c’est près de 32 millions de personnes qui ont été touchées par les retombées atmosphériques de l’accident.

Immédiatement après l’accident, le taux de mortalité des personnes âgées a été multiplié par 3 sur une période d’un an. Le taux de mortalité infantile, d’avortements spontanés et d’anomalies à la thyroïde sur les nouveaux nés a été mesuré en hausse significative jusqu’en Californie, pourtant à 8000 km de la centrale (résultats controversés par le lobby nucléaire américain).

L’ex-directeur de la centrale au moment de la catastrophe, Masao Yoshida, est décédé d’un cancer de l’œsophage deux ans après son exposition mais TEPCO refuse pourtant de relier sa maladie aux radiations qu’il a reçu sur le site de Fukushima.

Une étude significative et sérieuse est à mettre en exergue concernant l’augmentation de cas de cancers de la thyroïde chez les enfants. Dévoilée en février 2015 cette étude a permis de détecter un taux de 30 cas de cancers de la thyroïde par échantillon de 100 000 enfants vivant à Fukushima alors que la moyenne se situait à 1,7 cas pour 100 000 enfants dans la préfecture voisine [11]. Officiellement fin 2016, 173 cas de cancers de la thyroïde suspects ont déjà été déclarés chez des enfants de la région dont au moins 135 confirmés.

Ayant analysé des données médicales et scientifiques des territoires touchés par les retombées radioactives‬, les deux ONG « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN) estiment en mars 2016 que la catastrophe pourrait être responsable de 9 600 à 66 000 cas de cancers supplémentaires au Japon.

Une grande partie des pathologies radio-induites, en particulier les multiples formes de cancer, se déclarent en général après une période de latence qui peut durer des décennies. Il est donc certain qu’un bilan sanitaire de Fukushima ne pourrait être établi qu’au moyen d’études épidémiologiques rigoureuses et honnêtes, menées pendant 40 à 60 ans au moins après la catastrophe – des études peu probables (qui voudrait les financer ?)… Et c’est sans compter les éventuels effets génétiques sur les générations suivantes.

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La contamination de l’environnement marin induite par cet accident est considérée comme étant la plus grande pollution radioactive marine de l’Histoire !
Si les éléments charriés par les courants marins auraient eu par la suite tendance à se déposer sur les couches sédimentaires de par leur masse atomique conséquente, une bonne partie de ces éléments se retrouve pourtant dans tout l’écosystème marin. Le plancton à la base de l’alimentation des animaux marins a incorporé des éléments nocifs tels que le césium137 qui se retrouve ainsi dans la chaîne alimentaire.
C’est ainsi que le taux de radioactivité dans les thons péchés dans le Pacifique (poisson très prisé de la gastronomie japonaise) a augmenté significativement (avec des concentrations en radio-césium jusqu’à 10 fois plus élevées qu’avant Fukushima [3]), et les migrations des bancs de poisson ont répandu cette contamination jusqu’aux thons péchés aux abords des côtes californiennes


Près de 160 000 personnes ont donc ainsi été obligées d’évacuer leurs logements, abandonnant bien souvent tous leurs effets personnels mais aussi parfois leurs animaux de compagnie ou d’élevage sur place, pensant pouvoir revenir rapidement sur place à la suite de l’alerte.

La leçon de l’histoire n’a pas été retenue…

Cliquer sur l’une des images pour voir l’article en entier

Du 11 Mars 2011
image du tsunami

à Février 2017:

le trou sous la cuve

530 Sv/h: Inapprochable

Le 07 Mars 2017


Mar 01

Les conséquences du nucléaire en Polynésie ne sont plus «négligeables».

La suppression de la notion de «risque négligeable» dans la loi Morin est validée à Paris

PARIS, 6 février 2017 – A l’occasion des débats autour de la loi « Égalité réelle pour l’Outre-mer », sénateurs et députés ont entériné un changement radical dans le mode de calcul des indemnisations des victimes du nucléaire. Les élus ont supprimé la notion de « risque négligeable », ouvrant ainsi la voie selon eux à une « automaticité » des réparations financières.

Les négociations ont été ardues, tendues même, mais pour les élus polynésiens le résultat est là : un amendement est glissé dans la loi « Egalité réelle pour l’Outre-mer », pour supprimer de l’article 4 de la loi Morin le « risque négligeable » en matière d’exposition au nucléaire.

C’est jusqu’ici en arguant d’un « risque négligeable » d’exposition aux rayonnements ionisants que le Civen (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) a presque systématiquement retoqué les demandes des anciens travailleurs des sites nucléaires atteints d’une des 21 maladies reconnues comme potentiellement radio-induites, ou de leurs descendants.

Depuis 2010, sur les 1043 demandes d’indemnisation manifestées sous l’égide de la loi Morin, seules 54 ont définitivement obtenu gain de cause, soit directement devant le Civen: 19 dont 7 polynésiennes; soit à l’issue d’une procédure contentieuse devant la justice administrative (35).

Le combat a été rude , car en coulisses le gouvernement Valls a tenté de négocier un compromis jusqu’au dernier moment. La loi Morin, qui fixe les critères d’indemnisation devait initialement être amendée à la marge, via la modification d’un décret d’application. C’est le Conseil d’Etat qui a contraint le gouvernement français à passer par une loi afin de changer les dispositions de la loi d’indemnisations des victimes des essais nucléaires.

Ce facteur « risque négligeable », dans le mode de calcul du «Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire » (Civen), bloquait jusqu’ici toute indemnisation. Il était l’argument numéro un de l’administration pour donner un avis défavorable à l’immense majorité des 1 043 demandes déposées. La loi Morin n’a donné lieu à l’indemnisation que de 19 victimes, dont sept polynésiennes.
Avec les nouvelles règles, de nombreux critères comme le type de maladie, le lieu où elle s’est déclarée et bien sûr la date (entre 1960 et 1996) demeurent. Mais la majorité du millier de dossiers examinés jusqu’ici pourrait connaître une issue favorable. Lorsque la loi « Égalité réelle pour l’outre-mer » sera promulguée, il existera au contraire du « risque négligeable » une « présomption de causalité » entre l’exposition aux radiations et le cancer déclaré chez les travailleurs des sites nucléaires ou leurs ayants droit.

Désormais, aucun malade ne devrait plus s’entendre dire : « Le risque que votre cancer soit dû aux tirs de bombes atomiques dans votre archipel est négligeable. »

« Ce ne sont pas un ou deux tirs qui ont eu lieu chez nous mais 193, pendant trente ans. 46 d’entre eux ont eu lieu à l’air libre et cette phase a duré neuf ans, rappelait en séance la députée (UDI) de Polynésie Maïna Sage. Voilà à quoi ont été exposés les Polynésiens ! Le traumatisme est profond, il touche de nombreux sujets. Le préjudice est unique et mérite une place unique dans le droit français. Nous demandons le minimum : des actes clairs de réparation. C’est une promesse de François Hollande. »


Les articles dont j’ai fait le résumé ci-dessus:
http://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-la-suppression-du-risque-negligeable-validee-a-Paris_a157563.html
http://www.tahiti-infos.com/Suppression-du-risque-negligeable-le-president-du-Senat-apporte-son-soutien_a157746.html
https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/la-question-du-nucleaire-en-polynesie-nest-plus-negligeable


Documents

Voyez les témoignages rassemblés par l’assemblée de Polynésie française:
http://www.assemblee.pf/_documents/actualites_documents/livret_temoins_bombe.pdf

Le dossier de la CRIIRAD:
http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/dossierdepressepolynesie.pdf

Site officiel de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires:
http://www.aven.org/

L’article: «En Polynésie aussi on a été irradié»
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/en-polynesie-aussi-on-a-ete-irradie/
Publié le 18 avril 2013

Note:

Voyons comment cela va être appliqué. J’espère que les militaires présents aux tirs en Algérie, que les sous mariniers de Brest, que les militaires chargés d’entretenir les bombes nucléaires seront aussi concernés.


Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Jan 31

Prise d’iode lors d’un accident nucléaire: les recommandations des médecins de l’IPPNW

Les recommandations des médecins de l’IPPNW pour protéger la thyroïde
avec des comprimés d’iode stable (pour bloquer la fixation de l’iode radioactif)
après un accident nucléaire

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Un accident survenant dans une centrale nucléaire peut libérer de grandes quantités de particules radioactives qui se répandent dans l’air. Pour les habitants des zones touchées, le risque est grand d’absorber ces particules via l’air, l’eau ou la nourriture.
L’absorption d’iode radioactif provoque/peut provoquer des radiolésions durables même quand l’iode s’est désintégré ou a été évacué après quelques semaines. Nos organes « n’oublient » jamais une irradiation. Des années, voire des dizaines d’années plus tard, un cancer de la thyroïde peut apparaître.
Des études menées dans l’ancienne Union soviétique montrent en outre une augmentation des dysfonctionnements et des maladies auto-immunes de la glande thyroïde suite aux retombées radioactives de Tchernobyl.
Il n’existe aucune mesure de protection contre la plupart des particules radioactives. Mais prendre au bon moment de fortes doses d’iodure de potassium (blocage de l’iode) peut largement empêcher la thyroïde d’absorber l’iode radioactif.

Principe de fonctionnement

Pour fonctionner, la thyroïde a besoin d’iode qu’elle tire de l’alimentation, mais elle n’est pas capable de faire la distinction entre l’iode ordinaire et l’iode radioactif. C’est ainsi qu’après un accident nucléaire l’iode radioactif peut être stocké dans la thyroïde et endommager les cellules. Pour inhiber le captage de l’iode radioactif, il faut prendre de l’iode ordinaire (I-127) au bon moment, c’est-à-dire avant le contact avec l’iode radioactif (I-131) pour en saturer la thyroïde. Au moment critique, la thyroïde a donc accumulé suffisamment d’iode non radioactif et arrête d’absorber l’iode. Avec un blocage effectif de l’iode, on peut réduire le risque d’atteintes de la thyroïde de manière indéniable ; on peut même réduire le risque de cancer de la thyroïde de plus de 90 %.

Début et durée du traitement

Pour pouvoir démarrer la prise d’iode au bon moment et juger de la durée du traitement, il faut absolument que les autorités diffusent des informations fiables sur le danger radioactif et la zone concernée. L’idéal est de prendre une forte dose d’iode 3 à 6 heures avant d’être touché par la radioactivité. Quand l’information est incertaine, il est également possible de commencer plus tôt, mais avec un risque d’effets secondaires.
La prise d’iode ne marche plus qu’à 50 % 3 heures après le passage du nuage et n’a plus aucun effet après 10 heures. Si l’iode est pris trop tôt et qu’il n’y a pas de prises consécutives, l’efficacité du blocage se trouve réduite, car l’iode est évacué de l’organisme en permanence et la saturation de la thyroïde diminue avec le temps. Une prise trop tardive peut même provoquer des dégâts, car elle va perturber l’élimination de l’iode radioactif et ses effets délétères peuvent s’en trouver accrus.

Un dosage élevé

L’effet protecteur souhaité n’est atteint que si les doses sont suffisamment fortes. Les comprimés d’iode bien connus qui sont prescrits en cas de carence en iode ne contiennent que quelques microgrammes et ne protègent pas en cas d’accident. Pour assurer le blocage de l’iode radioactif, il faut utiliser des doses nettement plus élevées. Ces comprimés à fortes doses doivent être dissouts dans une bonne quantité d’eau et avalés immédiatement, mais pas à jeun.

Doses conseillées

Nourrissons 1 à 36 mois ½ comprimé = 32,5 mg
Enfants 3 à 12 ans 1 comprimé = 65 mg
Ados/adultes à partir de 13 ans 2 comprimés = 130 mg
Femmes enceintes 2 comprimés
(le fœtus est aussi protégé)
= 130 mg

Le renouvellement des prises au cours des jours suivants peut contribuer à réduire encore le risque de maladie, en particulier quand l’exposition à l’iode radioactif se prolonge ou quand les informations données à la population ne sont pas claires. Compte tenu de l’efficacité et des possibles effets secondaires, nous recommandons une prise quotidienne de la moitié de la dose initiale jusqu’à la fin des mesures d’évacuation ou jusqu’à cessation de l’exposition à la radioactivité. Les nouveau-nés, les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent recevoir au maximum une deuxième dose et doivent être ensuite soumis à un examen de la thyroïde.

Disponible sans ordonnance à la pharmacie

Dans le cadre de la protection allemande contre les catastrophes, un stock de comprimés „Lannacher® 65 mg“ est gardé en réserve. Ces comprimés sont bon marché et sécables pour les enfants et les tout-petits. En raison de la longueur des délais de livraison, il est indispensable pour le pharmacien de commander suffisamment tôt auprès du fabricant autrichien. Il n’existe actuellement aucun traitement alternatif. Comme l’iode peut être considéré comme stable d’un point de vue pharmacologique, les dates de péremption relativement courtes indiquées sur l’étui ne doivent pas être retenues de manière trop rigide si les conditions de stockage (dans un endroit sec et protégé de la lumière) ont été respectées. Du reste, tout pharmacien doit pouvoir de par sa formation fabriquer lui-même les comprimés d’iode à forte dose nécessaires dans ce cas.

La question de l’âge

En cas de nécessité, un blocage de l’iode doit être effectué chez les personnes de tous les âges quels qu’ils soient (depuis les nouveau-nés jusqu’aux personnes âgées).
La recommandation officielle actuelle de protection contre les catastrophes qui a choisi de limiter le blocage de l’iode aux personnes de moins de 45 ans est, à notre avis, dépassée. En effet après la catastrophe de Tchernobyl on a constaté dans les zones contaminées par la radioactivité une importante augmentation des cas de cancers de la thyroïde même chez des gens âgés.
Avant de prendre de fortes doses d’iode, nous conseillons aux gens de plus de 45 ans chez qui on suspecte une maladie thyroïdienne, ou ceux dont la famille présente plusieurs cas de maladies thyroïdiennes et finalement, aux habitants de zones de carence en iode de consulter au préalable leur médecin de famille et éventuellement de faire des examens complémentaires en lui présentant la présente recommandation de l’IPPNW.

Distribution préventive

L’IPPNW recommande, pour que la première prise ait nécessairement lieu au bon moment, on ait recours en Allemagne aussi – comme c’est le cas en Autriche et en Suisse – à une solution politique globale, à savoir la distribution préventive généralisée et indépendante des événements à tous les foyers ainsi qu’aux centres d’accueil pour enfants, adolescents et jeunes adultes (crèches, maternelles, écoles, lycées).

Risques associés au médicament

Le fait qu’il est possible de se procurer les comprimés d’iode fortement dosés sans ordonnance ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un médicament. Les effets secondaires sont certes rares mais comme avec tous les médicaments, mais ils sont fondamentalement possibles en particulier en cas d’allergie à l’iode, de tendance à l’hyperthyroïdie, de maladie de Basedow, d’adénomes autonomes, d’autonomie thyroïdienne diffuse ou de maladies rares comme la dermatite herpétiforme, la dermite tubéreuse due à l’iode (Iododerma tuberosum), la myotonie congénitale ou la vascularité hypocomplémentémique.
Des réserves sont à appliquer en cas de dysfonctionnement des reins et de traitements par diurétiques d’épargne potassique (agents de drainage). Si vous vous procurez de l’iode fortement dosée ( cp d’iode à 65mg d’Iodure de potassium)de manière préventive, demandez d’abord conseil à votre médecin de famille en lui montrant cette fiche. Il peut par exemple, (si nécessaire)avec un test sanguin complété éventuellement par une échographie, écarter de manière assez sûre une hyperthyroïdie dont vous ne seriez pas encore conscient et vous donner des conseils sur d’autres risques et interactions possibles.
L’alternative à l’iodure de potassium recommandée est le perchlorate de sodium (Irenat®), qui doit par contre faire l’objet d’une prescription.

Une efficacité limitée : l’iode ne protège que la thyroïde.

Le blocage de l’iode par la thyroïde protège uniquement contre le cancer de la thyroïde et les autres maladies de la thyroïde, mais pas des autres effets délétères des radiations. Il n’existe aucune « pilule miracle », aucune panacée qui protégerait globalement contre les radiations. La seule manière véritablement efficace de se protéger contre les risques atomiques, c’est d’arrêter tous les réacteurs nucléaires du monde entier. C’est l’un des combats que mène l’IPPNW.

Mentions légales : IPPNW e.V., Körtestraße 10, 10967 Berlin,
www.ippnw.de, Tél. 030-6980740, kontakt@ippnw.de

Rédaction : Reinhold Thiel, Ulmer Ärzteinitiative
www.ippnw-ulm.de

Mise à jour du 15.11.2016 en collaboration avec le groupe régional de l’IPPNW d’Aix la Chapelle

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Le texte original, en allemand:
sur le site de IPPNW Ulm: http://www.ippnw-ulm.de/
Le pdf: http://www.ippnw-ulm.de/Dokumente/IPPNW-Empfehlung-Jodblockade-Vers.15.11.2016.pdf
Traduction «Fukushima is still news» (http://www.fukushima-is-still-news.com/)

L’IPPNW a révisé sa fiche d’information de 2011 sur les comprimés d’iode à distribuer en cas d’accident nucléaire, parce qu’on dispose aujourd’hui de nouvelles études scientifiques sur la question et que les autorités de sûreté nucléaire allemandes ont émis une nouvelle recommandation.
Liste des sources des recommandations de l’IPPNW : https://www.ippnw.de/atomenergie/sicherheit/artikel/de/ippnw-empfehlung-bei-atomreaktorunf.html


En France:

En résumé: tout le monde peut prendre l’Iode.Seuls ceux qui ont ou chez qui on suspecte une maladie de la thyroïde devraient demander à l’avance à leur médecin s’ils peuvent prendre ces comprimés.

Les consignes officielles françaises sont ici: http://www.distribution-iode.com/
Je cite le paragraphe concernant une éventuelle allergie à l’iode:

« Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin. »

Voyez à ce sujet le site officiel canadien:
http://www.urgencequebec.gouv.qc.ca/fr/situation-urgence/Pages/accident-radiologique-et-nucleaire.aspx#Comprimes_d_iode

Il n’y a plus de zones de carence en Iode en France du fait de l’adjonction d’Iode dans le sel de cuisine.

L’expérience polonaise:

En Pologne suite à l’accident de Tchernobyl,plus de 17 millions de doses ont été reçues.
Deux réactions allergiques graves ont été observées chez les adultes présentant une
sensibilité connue à l’iode. L’incidence des effets secondaires graves découlant d’une
dose unique d’iode représentait moins de 1 sur 10 millions chez les enfants, et moins de
1 sur un million chez les adultes. (IRSN)

Se procurer des comprimés:

Le gouvernement français est en train de distribuer gratuitement des comprimés d’Iodure de Potassium dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires aux familles, écoles et collectivités.
Hors de cette zone dite de «Plan Particulier d’Intervention» on peut se procurer des comprimés d’Iodure de Potassium à 65 mg dans toutes les pharmacies sans ordonnance. Elles doivent les commander, n’étant pas dépositaires des stocks.

boite d'IK en France

A propos de la fiabilité des autorités

Nous avons vu que ni à Tchernobyl, ni à Fukushima les autorités n’ont su ni donner l’ordre de prise, ni distribuer correctement les comprimés à temps. Nous avons vu qu’à chaque accident nucléaire les autorités ont menti; allant jusqu’à affirmer que le nuage ne franchirait pas la frontière.

A propos des vents

En cas de catastrophe, avec une petite brise de 10 km/h le nuage radioactif sort de la zone des 10 km en une heure. Nous avons vu qu’à Fukushima le vent chargé de radioactivité a tourné à plusieurs reprises.

Voyons ce qu’en pensent les bretons, bons connaisseurs des vents :

Résumons : si la population était prévenue de l’éventuelle arrivée d’un nuage radioactif, il faudrait, pour s’en protéger, prendre l’iode 2h avant son arrivée ! Mais si on est à côté d’une centrale, il faudrait prendre l’iode 2h avant les rejets donc avant un accident nucléaire dont on ignore qu’il va avoir lieu. Cela n’est pas sans rappeler l’histoire des pompiers qui doivent vérifier leur camion la veille de chaque incendie !

Après Fukushima (cela aurait été plus logique après Tchernobyl en 1986), le gouvernement français a mis en place le Plan Orsec Iode qui nous dit que « la présente circulaire a pour objet de définir les nouvelles modalités de mise en place des stocks de comprimés d’iodure de potassium au sein du territoire, ainsi que les conditions de leur distribution à la population hors des zones couvertes par un plan particulier d’intervention (PPI). […] Elle prévoit que les stocks de comprimés d’iodure de potassium soient constitués, […] et que chaque préfet organise dans son département les modalités de mise à disposition de la population en cas d’urgence, en s’appuyant notamment sur les maires. »

C’est ce qui a incité le collectif trégorois de Sortir du nucléaire à interroger (c’était en 2015) le préfet des Côtes d’Armor, puis le sous-préfet de Lannion sur ces fameux comprimés d’iodure de potassium. Aucune réponse. Puis de nouveau question au préfet en début 2016 après les attentats terroristes et en fonction de l’éventualité d’attentat contre une centrale. Là, le préfet a enfin répondu. Mais pour dire quoi ? Que conformément au Plan Orsec Rad, le département possède bien un stock de 600000 comprimés à St Brieuc. Point final, aucune information sur la distribution.

D’aucuns diront que cela n’a pas d’importance parce qu’il n’y a pas d’installations nucléaires en Côtes d’Armor. Certes, mais si on regarde la carte, on voit que La Hague, 300 km de St Brieuc par la route, est à 140 km à vol d’oiseau.

Imaginons un incident à La Hague et un vent de Nord-Est d’environ 50 km/h (rien d’inimaginable donc !). Le nuage arrive en 3h sur les Côtes d’Armor, or il est souhaitable de prendre pour être immunisés les comprimés 2h avant son arrivée. En admettant que l’alerte se mette en place très rapidement, il faudra que le préfet explique comment il fait pour distribuer en 1h depuis St Brieuc où ils sont stockés, les comprimés d’iodure de potassium à la toute la population du département…

Le texte complet: https://lepeuplebreton.bzh/en/2016/06/22/de-la-distribution-diode-2/


Qu’est ce que l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire.
Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/


Jan 22

La ville de Hirono a du lancer un appel à dons pour sauver son seul hôpital.

Le seul hôpital en fonctionnement de la ville de Hirono, préfecture de Fukushima, est en crise suite à la mort le mois dernier de son unique médecin à temps plein; la ville a lancé une campagne de crowdfunding pour solliciter les dons du public.

Synthèse de deux articles de la presse japonaise en anglais:
http://www.japantimes.co.jp/news/2017/01/10/national/town-near-fukushima-no-1-raising-funds-invite-volunteer-doctors-care-sole-hospitals-100-patients/
http://mainichi.jp/english/articles/20170111/p2a/00m/0na/008000c

Hideo Takano, le directeur de 81 ans de l’hôpital privé, est décédé dans un incendie à son domicile, sur le terrain de l’hôpital, le 30 décembre, laissant 100 patients hospitalisés à soigner.

C’est le seul hôpital en fonctionnement dans la région de Futaba, site de la centrale nucléaire accidentée Fukushima no 1. Les cinq autres hôpitaux de la région ont été arrêtés suite au tremblement de terre de mars 2011, au tsunami et aux catastrophes nucléaires.

l'unique hôpital de Hirono

L’unique hôpital de Hirono
cliché Mainichi

La campagne de crowdfunding (readyfor.jp/projects/hirono-med) a été lancée lundi 9 janvier 2017 avec un objectif de ¥ 2,5 millions (~20.000€)pour aider la ville à financer le coût d’un appel à des médecins volontaires pour venir accomplir les tâches de Takano jusque fin mars.
Jusqu’à présent, plus de 30 médecins de la région ont offert leur aide

Mardi après-midi, le total avait déjà dépassé ¥ 3 millions.(~25.000€)
L’argent sera utilisé pour couvrir les frais de transport et d’hébergement des médecins bénévoles non rémunérés par ailleurs.
Les dons doivent être d’au moins ¥ 3000 (~25 €)et ils sont partiellement déductibles de l’impôt, car ils utilisent le système furusato nozei (don d’impôt à la ville natale), qui permet aux contribuables d’orienter le paiement de leur impôt vers les municipalités de leur choix.

L’hôpital Takano est situé à 22 kilomètres au sud de la centrale nucléaire N ° 1 de Fukushima. Le dr Takano a choisi de rester sur place et a continué de traiter des patients hospitalisés à son hôpital après l’accident nucléaire et les évacuations qui ont suivi. Il a également soigné les résidents locaux et les personnes engagées dans le déclassement de la centrale nucléaire.

La compagnie de télévision NHK avait réalisé une video
Elle nous montre un médecin âgé, fatigué, mais quel sourire !
https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/videos/20170105161403595/

Le Dr Takano

Le Dr Tankano

La campagne se poursuivra jusqu’au 28 février, et la quantité de dons qui dépassera l’objectif de 2,5 millions de yens sera utilisée pour le renforcement du système de soins médicaux à Hirono.

Voyant la réponse rapide et positive des donateurs à travers le Japon, Satoshi Endo, maire de Hirono a dit, «Ce niveau de générosité, de tant de gens à travers le Japon, a été plus élevé que prévu». Ceci nous permettra d’aider à maintenir le système local de soins dans cette région affectée par la catastrophe.»


Ces articles m’ont été signalés par le site «Fukushima is still news»:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/crowdfunding-for-hirono-a-success.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/raising-funds-for-hirono-hospital.html


Quelques détails sur Hirono:

A HIRONO, la levée de l’ordre d’évacuation a été faite en septembre 2011.
Les indemnités mensuelles de 100.000 Y (716 € par personne) ne sont plus versées depuis Août 2012.
Seulement 1.300 des 5.200 habitants avaient regagné leur maison en Avril 2014:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-3-ans-difficiles-retours-a-la-maison/

Le gouvernement Japonais a installé à Hirono un centre d’entraînement pour les jeux olympiques:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/preparatifs-japonais-pour-les-jo-de-2020/