Jan 25

« À Bruxelles, la vie des personnes passe après la bonne santé de l’industrie chimique »

L’Union européenne n’a toujours pas réglementé l’usage des perturbateurs endocriniens

Un article de www.bastamag.net

Extraits de l’article:

L’Union européenne n’a toujours pas réglementé l’usage des perturbateurs endocriniens, ces
substances chimiques aux effets sanitaires colossaux utilisées dans de très nombreux produits de
consommation courante. Malformations, cancers, obésité… Les perturbateurs endocriniens sont
pourtant à la source de bien des maux. Ce retard, qui vient d’être condamné par la justice
européenne, ne doit rien au hasard. Les industries de la chimie, des pesticides ou du plastique
pratiquent un lobbying intensif, et entravent toute avancée sérieuse.
La journaliste Stéphane Horel a décrypté dans un ouvrage intitulé «Intoxication» ce lobbying et ces objectifs.
Entretien:

Question: Votre enquête porte sur la réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques omniprésentes dans notre quotidien, et suspectées de participer à l’explosion des maladies modernes. Où en est-on sur ce sujet ?

Stéphane Horel [1] : Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques qui peuvent interagir avec le système hormonal (endocrinien veut dire hormonal). Ces substances agissent sur les humain mais aussi sur les animaux, comme les ours polaires, les chatons, les escargots. Plusieurs catégories d’êtres vivants sont ainsi touchées. C’est l’exposition du fœtus pendant la grossesse qui présente le plus grand risque, même si l’exposition reste problématique à d’autres périodes de la vie. La vie in utero est vraiment un moment crucial, puisque ce sont les hormones qui fabriquent les bébés. Les effets d’une exposition à ce moment-là peuvent se voir à la naissance, avec par exemple des malformtions génitales ; mais aussi dix, vingt ou trente ans plus tard. Avec l’apparition de cancers, de diabètes, de problèmes d’obésité ou d’infertilité.


Dans les institutions publiques européennes, il existe une grande confusion entre l’intérêt général et l’intérêt des grandes entreprises. Pour justifier le retard de deux ans qu’elle a pris sur son obligation de réglementation des PE, la Commission mène une étude d’impact : celle-ci mesure les effets négatifs d’une interdiction des PE sur l’économie et les entreprises, mais pas les effets positifs d’une telle interdiction sur la santé et l’environnement ! La vie des personnes est devenue moins prioritaire que la bonne santé des entreprises.

Lire l’article en entier


– [1] L’ouvrage de Stéphane Horel:
Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates : une bataille d’influence contre la santé, de Stéphane Horel, publié aux éditions La Découverte, 19 euros.
Pour découvrir l’intégralité de ses enquêtes, voir le site de Stéphane Horel: http://www.stephanehorel.fr/

retour au texte


Même situation pour le nucléaire:

* Le parlement européen, les institutions officielles de l’ONU (AIEA, OMS etc…) font passer l’industrie nucléaire avant la santé des populations
Voici deux articles concernant les votes récents du parlement européen :

— Sécurité alimentaire: le Parlement européen refuse de protéger la population en cas d’accident nucléaire [ l’article]
— En cas de catastrophe nucléaire en Europe, nous mangerons contaminé
[l’article]

* L’Organisation mondiale de la santé est soumise au bon vouloir de l’AIEA, le lobby officiel du nucléaire:
En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a signé avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) un accord référencé “WHA12-40”, le 28 mai 1959. Tout ce que publie l’OMS doit avoir l’accord de l’AIEA. Voir l’information sur le site «Independent WHO»

* On trouvera facilement bien d’autres exemples: les pesticides agricoles, les centaines molécules chimiques déversées dans l’environnement, les particules émises par les moteurs diesel, les OGM …

le 25 janvier 2016


Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Nov 28

L’Europe envisagerait d’alléger les contrôles de radioactivité de certains aliments en provenance de Fukushima.

Selon les sources du Japan Times, l’Europe va cesser de contrôler certains aliments en provenance de la préfecture de Fukushima.

Traduction de l’article du Japan Times du 26 Novembre 2015

Bruxelles – Ce sera la première fois que l’Europe supprimera des denrées alimentaires de sa liste de contrôles établie suite à la catastrophe de Fukushima dai ichi en Mars 2011.

Selon les sources du journal, l’Europe prévoirait d’exempter de contrôles les légumes, les fruits autres que les kakis, et les produits animaux. [ndtr: La chaîne de télé NHK cite en plus le sarrasin et le thé de la préfecture de Fukushima].

L’Union Européenne va également cesser d’exiger des certificats de contrôle pour les aliments en provenance des préfectures de Aomori et Saitama.
De plus, le riz et quelques autres aliments produits dans d’autres préfectures seront retirés de la liste des contrôles; une poignée de plantes sauvages comestibles y sera ajoutée.

Selon des sources proches du dossier, le Japon espère que l’assouplissement des restrictions de l’UE aidera à consolider la notion qu’il n’y a aucune base scientifique en faveur du maintien de la régulation.

La Corée du sud interdit l’importation de certains produits de pêche en provenance du Japon. Taiwan a renforcé ses règlements concernant les importations.

Lors d’une réunion d’experts mercredi dernier, l’UE a approuvé le proposition de dérégulation faite par la Commission européenne; elle est basée sur une analyse des résultats des tests qui ont été réalisés.
Selon les sources, la Commission, le bras exécutif de l’UE devrait officiellement décider les mesures de dérégulation à la fin de cette année.

Lors d’une rénion au début du mois à Luxembourg, le ministre des affaires étrangères, Fumio Kishida, a demandé à son homologue de l’Union Européenne, Federica Mogherini, d’alléger ou de supprimer les règles d’importation.

Le gouvernement japonais a pour objectif de stimuler les exportations japonaises de produits alimentaires jusqu’à 1 trillion de Yens d’ici 2020. A comparer aux 611,7 billions constatés en 2014.
Les exportations alimentaires du Japon vers les pays de l’UE en 2014 ont totalisé 33,2 billions de Yens, soit 5,4% du total des exportations alimentaires japonaises.
Quoiqu’elles soient modestes, les exportations alimentaires du Japon vers l’Union Européenne ont cru de 17% par rapport à l’année dernière.

L’article du Japan Times en anglais
L’article de la chaîne de télévision NHK


Notes

  • On connait la priorité des « autorités » qui est de ne pas nuire à l’industrie nucléaire, ni au commerce, avant la santé des populations.
  • Sont-ce les mêmes experts qui n’osent se montrer quand la CRIIRAD critique les normes qu’ils proposent pour l’alimentation des populations européennes en cas d’accident nucléaire ?
    Voir l’article au sujet de la protection des européens en cas d’accident nucléaire
  • Rien n’est dit sur les résultats des tests pratiqués ces dernières années.
    Précisions:
  • 1000 yens =7,68 €
  • 1 million de Yens (10E6) = 7681 €
  • 1 billion= 10E9 = 1 milliard
  • 1 trillion= 10E12 = mille milliards

le 28 Novembre 2015

COP 21

Le changement climatique
La pollution radioactive croissante
Mêmes responsables
Mêmes politiques
Oct 15

En cas de catastrophe nucléaire en Europe nous mangerons contaminé

Des autorisations de contamination radioactive des aliments excessivement élevées sont sur le point d’être adoptées par le Conseil de l’Union Européenne en cas d’accident nucléaire.

La CRIIRAD a analysé le dossier; elle a relevé des erreurs et anomalies inacceptables. Devant l’impossiblité de contacter les auteurs de ces normes, bien cachés derrière le secret administratif, elle s’adresse maintenant au Président de la République.

Je reprends ci-dessous des extraits de la lettre ouverte de la CRIIRAD au président de la République
Que vous pouvez consulter en entier ici
(La mise en page est de Vivre après Fukushima)

LETTRE OUVERTE de la CRIIRAD
au Président de la République

Le 14 Octobre 2015
Objet : ACCIDENT NUCLEAIRE / CONTAMINATION RADIOACTIVE DES ALIMENTS
Responsabilité des autorités françaises dans l’adoption d’un règlement exposant la population à des niveaux de risque inadmissibles

Monsieur le Président,
Le Conseil de l’Union européenne est sur le point d’adopter un règlement fixant des limites de contamination alimentaire excessivement élevées en cas d’accident nucléaire.
Comme vous le savez, un règlement européen est d’application directe et obligatoire en France, sans possibilité d’adaptation. Il faut donc agir avant son adoption.
Le projet a été élaboré par la Commission européenne sur la base des travaux du groupe d’experts de l’article 31 du traité Euratom (rapport d’expertise RP 105 de 1998, confirmé par les avis de 2011 et 2012).
Les vérifications auxquelles nous avons procédé montrent que les niveaux de risque associés aux limites européennes sont 10 à 100 fois supérieurs à ce qu’affirment les responsables.
Ces écarts proviennent d’une accumulation d’erreurs, d’incohérences et d’omissions qui discrédite le rapport des experts et invalide ses conclusions.

Les quelques exemples ci-après vous permettront de comprendre qu’il ne s’agit pas de points de détail. Les experts ont en effet :

  • 1/ « oublié » de comptabiliser l’impact de l’une des 5 catégories d’aliments !
  • 2/ méconnu le problème crucial de la dose à la thyroïde (responsable, après Tchernobyl, d’une véritable épidémie de cancer dans la cohorte des plus jeunes enfants) !
  • 3/ défini des limites pour un accident lointain (à plus de 1 000 km des frontières) alors que le règlement s’applique aussi – et avant tout – aux accidents pouvant survenir en Europe !
  • 4/ dimensionné les limites pour 1 ou 2 gorgées d’eau par jour alors que le règlement stipule que les calculs ont tenu compte d’une consommation d’eau courante !
  • 5/ commis des « erreurs » conduisant à sous-évaluer de 10 fois à 200 fois ( !) les doses reçues par les enfants de 1 an du fait du plutonium !

(Cf. démonstrations dans les annexes 1 à 4)…

Nous nous sommes demandé comment les Etats européens pouvaient se mettre d’accord sur des limites aussi dangereuses, fondées sur un rapport truffé d’erreurs ?…

Un courriel des autorités autrichiennes nous apprend que les représentants des Etats membres ont été pleinement informés des travers du rapport d’expertise. L’Autriche et l’Allemagne sont intervenues mais, faute de majorité, n’ont pu obtenir la révision du rapport et ont tenté de compenser ses insuffisances tout en s’efforçant d’éviter le pire : des Etats membres ont en effet soutenu « longtemps – et avec véhémence » les dispositions autorisant, en situation d’urgence, la fixation de limites encore supérieures aux niveaux définis dans le règlement !

Sur la base des informations transmises par le cabinet du ministère de la santé autrichien, nous souhaitons obtenir des réponses aux 2 questions suivantes :

  • 1/ Pourquoi la France n’a-t-elle pas joint ses efforts à ceux de l’Autriche et de l’Allemagne pour remettre à plat le travail d’expertise ? Comment nos représentants ont-ils pu accepter que la protection de plus de 500 millions d’Européens dépende d’un rapport qui sous-évalue scandaleusement les doses ? Ainsi que vous pourrez le constater en lisant l’annexe 2, les experts se sont trompés de façon grossière dans leurs calculs sur le taux de plutonium dans les aliments pour nourrissons ! : couvrir de telles erreurs est impardonnable…
  • 2/ Est-ce plus grave encore ? La France s’est-elle battue pour que soit autorisé, en cas d’accident, le relèvement des limites de contamination définies dans le règlement ?

Le 30 ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl approche et notre question s’inscrit dans un contexte historique difficile à oublier : en 1986, le service chargé de la surveillance radiologique du territoire français a enfreint délibérément, systématiquement et ouvertement le règlement européen interdisant l’importation d’aliments présentant des taux de césium radioactif supérieurs à 600 Bq/kg. Son directeur, le Pr PELLERIN, a signé nombre de télex faisant état de résultats d’analyse dépassant largement ces limites et invariablement assortis de la mention « ces produits sont sans exception consommables sans restriction »

…. En cette année 2015, alors que la révision de ces textes est enfin à l’ordre du jour, la préoccupation des autorités françaises est-elle encore et toujours de préserver les intérêts de l’industrie nucléaire, quoi qu’il en coûte pour la santé des personnes, et tout particulièrement des enfants ? Les calculs que nous avons conduits montrent qu’ils supporteront la plus lourde part du détriment : la moitié des cancers provoqués par la consommation des aliments légalement contaminés se développera dans leur organisme alors qu’ils ne représentent que 15% de la population.

… Ne laissez pas vos conseillers vous convaincre qu’en cas d’accident grave, les limites pourront toujours être revues à la baisse… en situation d’urgence, chaque heure compte. Il ne sera plus temps de débattre, de consulter les experts et de tenter de trouver un accord qui satisfasse les 28 Etats membres.

Compte tenu des enjeux sanitaires, nous considérons que votre responsabilité et celle de votre gouvernement sont engagées. A ce jour, le projet de règlement n’a pas été adopté par le Conseil de l’Union européenne : vous pouvez encore refuser de le cautionner et demander qu’il soit procédé, dans les plus brefs délais, à un réexamen complet et approfondi des textes et de leur justification, aussi bien scientifique qu’éthique.

La pétition que nous avons lancée pour une « refonte complète, transparente et démocratique de la réglementation, incluant la réduction drastique des niveaux de contamination autorisés en cas d’accident nucléaire » a recueilli à ce jour plus de 30.000 signatures. Elles seront bien plus nombreuses lorsque le dossier sera médiatisé car la gravité des faits révolte tous ceux qui en prennent connaissance.

…espérant un changement radical dans la position de la France, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre respectueuse considération.

Le président de la CRIIRAD, Roland DESBORDES
P/o Corinne CASTANIER, Responsable Réglementation / Radioprotection
Copie à : Premier ministre et Ministres en charge de la santé, de l’écologie, de l’agriculture et de la Contamination des aliments en Europe en cas d’accident nucléaire

Lire la lettre ouverte en entier
Les annexes détaillant erreurs du projet.
Signer la pétition


La CRIIRAD

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses homologué.

Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
Le site de la CRIIRAD: www.criirad.org


Note

Les Normes, c’est sur le papier. Mais où sont les matériels de détection ? Les personnels sachant les mener au bon endroit et réaliser des mesures fiables ? Comment les aliments trop contaminés seront-ils sortis des circuits alimentaires ? Le consommateur sera-t-il informé du niveau de contamination de ce qu’il achète ?
Les femmes enceintes et les enfants devraient pouvoir accéder à des aliments non contaminés.
La gestion des suites d’un accident nucléaire est un vrai casse-tête. Il vaudrait-mieux qu’il n’y ait plus d’accident grave. Ce qui signifie l’arrêt des installations nucléaires en commençant par les plus vieilles. Resteront les problèmes non résolus du démontage des installations et pour les siècles qui suivent la gestion des tonnes de déchets radioactifs dangereux.


L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
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Oct 09

Svetlana Alexievitch prix Nobel de littérature

Svetlana Alexievitch
Écrivain et journaliste Biélorusse elle est l’auteure du livre «La supplication», Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse.
Un livre poignant sur les conséquences humaines de l’accident de Tchernobyl.

Autrement plus humain et proche des gens que les froides statistiques du lobby du nucléaire.
On le trouve facilement en librairie.

Un extrait de la présentation qu’en fait «le Monde»:

Son œuvre forte et cohérente chemine à la lisière du documentaire. Les livres de Svetlana Alexievitch – six à ce jour – sont bâtis à partir de récits, tous patiemment collectés, dans un souci de vérité et de justesse. « Je vais vers l’homme pour rencontrer son mystère », dit-elle, « d’âme à âme, parce que tout se passe là ». Svetlana Alexievitch n’a jamais recours à la fiction : seul le récit lui paraît être véritablement à la hauteur de ce qui arrive…

La Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’Apocalypse, traduit en dix-sept langues, – et à ce jour encore interdit en Biélorussie –, donne la pleine mesure de son talent : un chœur d’hommes et de femmes y raconte le calvaire subi après l’accident nucléaire.

Magistrale polyphonie que l’on retrouve dans son dernier ouvrage en date, La Fin de l’homme rouge (2013, prix Médicis essai), consacré à cet « homo sovieticus » qu’il s’agit de sauver du mensonge et de l’oubli en en racontant les rêves, les épreuves et surtout le tragique destin. « Sculpter une époque », voilà ce qui importe à l’écrivaine, rendre ses spasmes et ses tremblements. Non pas l’histoire, telle que consignée dans les archives et les chroniques autorisées, mais « l’histoire des émotions, de l’esprit, de l’expérience humaine ».

L’article complet du «Monde»
Un entretien avec Svetlana Alexievitch, très intéressant, il retrace son itinéraire, ses démêlés avec les autorités…

Le 9 Octobre 2015

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Sep 05

ACCIDENT NUCLEAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !

je reprends ici in extenso le communiqué de la CRIIRAD du 3 septembre 2015
Voir également l’article du 21 Mai 2015
Une analyse détaillée du projet contesté – 6 avril 2015

Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire.
Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.

La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier). Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.

BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPEEN

Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication

1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.

· Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.

2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.

· Dans un nouveau courrier la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts).
La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !

Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.

Très bonne lecture à tous !
Très cordialement
L’équipe de la CRIIRAD


PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition.
Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org

Le 5 septembre 2015

Août 10

Dans les Alpes, 29 ans après Tchernobyl, certains sols sont toujours des «déchets radioactifs».

Le laboratoire de la CRIIRAD a procédé, les 5 et 6 juillet 2015, à des mesures de radioactivité et échantillonnages dans les Alpes, afin d’étudier l’évolution de la contamination résiduelle par les retombées consécutives à la catastrophe de Tchernobyl.
En mai 1986, les retombées avaient été particulièrement intenses dans le sud-est de la France et la CRIIRAD avait mis en évidence entre 1996 et 1998, de très fortes contaminations des sols dans le Mercantour.

Les nouvelles mesures réalisées au cœur du Parc National du Mercantour, entre 2 440 et 2 540 mètres d’altitude, dans le secteur du Col de la Bonette-Restefond, à la frontière entre les départements des Alpes de Haute-Provence et des Alpes Maritimes, montrent que :

  • A 1 mètre du sol, sur des centaines de mètres carrés, le niveau de radiation est toujours plus de 2 fois supérieur à la normale. Ces forts niveaux de rayonnement sont dus à la contamination résiduelle des sols par le césium 137 imputable principalement aux retombées de la catastrophe de Tchernobyl. Les rejets radioactifs massifs provenant du réacteur accidenté ont entrainé des dépôts radioactifs articulièrement intenses dans le sud-est de la France et en particulier en montagne.
  • En outre, en fonction de la topographie, des conditions climatiques, de la nature du couvert végétal et de la typologie des sols, le métal radioactif qui s’est déposé sur de vastes étendues a pu être redistribué et induire de très fortes accumulations. Les niveaux de radiation au contact du sol dépassent toujours, sur les zones d’accumulation, des valeurs plusieurs dizaines de fois voire plus de 100 fois supérieures au niveau naturel (cf Annexe 1).

Le fait de bivouaquer 2 heures sur certaines de ces zones induit toujours en 2015 une exposition non négligeable (débit de dose de 5 μSv/h au contact du sol).

Des échantillons de sol prélevés sur ces zones d’accumulation ont été ramenés au laboratoire de la CRIIRAD en caisson plombé. Leur radioactivité dépasse 100 000 Bq/kg en césium 137 (cf Annexe 1). Ils doivent être considérés comme des déchets radioactifs et devront être confiés à l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs).

Au début du siècle dernier, la radioactivité des sols était de 0 Bq/kg pour le césium 137.

La CRIIRAD a démontré à la fin des années 90 que la présence de fortes accumulations en césium 137 dans les sols concernait de vastes secteurs des Alpes en France, Suisse, Italie et Autriche. Elle a interpelé à plusieurs reprises les autorités sanitaires françaises, en particulier en 1997 et 1998, pour que les secteurs les plus radioactifs soient dépollués, ou tout au moins balisés, pour éviter des expositions inutiles. Le ministre de la Santé était venu dans le Mercantour constater la gravité des contaminations
(voir JT de France 2 du 21 Août 1998).

https://youtu.be/xkbaIhCYqko


Voir le communiqué complet de la CRIIRAD
Voir le dossier de la CRIIRAD concernant les sols des alpes.

Le 10 août 2015

L’information en français sur Fukushima:
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Juil 10

Sécurité alimentaire: le Parlement européen refuse de protéger la population en cas d’accident nucléaire

Le Parlement européen s’est prononcé aujourd’hui (09 juillet 2015)sur la proposition de règlement du Conseil fixant les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive pour les denrées alimentaires et les aliments pour bétail après un accident nucléaire ou dans toute autre situation d’urgence radiologique.
Ce texte fixe les seuils de contamination radioactive acceptable dans l’alimentation en cas d’accident nucléaire en Europe.

Réaction de Michèle RIVASI, Vice-Présidente du groupe Verts/ALE et cofondatrice de la CRIIRAD, à l’issue des votes:

« Jusqu’à aujourd’hui, pour tout ce qui touche au nucléaire, ce sont les États membres qui décident, seuls: le Parlement ne peut que commenter, donner un avis, qui est loin d’être respecté. Les eurodéputés n’ont jamais eu la codécision car la base juridique utilisée par la Commission européenne dans ses propositions législatives est le traité antidémocratique Euratom et non le traité de Lisbonne. Nous avons donc déposé un amendement pour que le Parlement obtienne la codécision et il a été adopté.

Par ailleurs, le rapport établissant les scénarios au sujet de la contamination (effectué par les experts d’Euratom) minimise complètement les risques en cas d’accident nucléaire. Celui-ci est entaché de contradictions et d’incohérences. Malgré notre demande de rencontrer les experts d’Euratom lors de la préparation du rapport parlementaire, il n’a pas été possible de les rencontrer ni de connaître leur identité. Un scandale en matière de transparence: comment se fier à des normes édictées par des experts dont on ne connaît pas le parcours ni les éventuels conflits d’intérêts?

Si demain l’Union européenne est confrontée à un accident nucléaire, la population ne sera pas protégée avec les seuils proposés par la Commission: ils sont beaucoup trop laxistes. Nous avons demandé à diviser par 10 ces valeurs mais la majorité des parlementaires ne nous a pas suivis, ce qui est grave.

En cas d’accident, celles et ceux qui ont voté contre notre amendement qui aurait permis de renforcer drastiquement les normes devront en répondre devant les Européennes et les Européens qui les ont élus. »

Le 09 juil 2015

Liens utiles:
fiche de procédure
amendements déposés en plénière
la pétition de la CRIIRAD

Le communiqué sur le site de Michèle RIVASI

Le communiqué de la CRIIRAD après le vote
Le dossier complet de la CRIIRAD : CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE


«Vivre après Fukushima» a déjà traité de la question:
Le 21 Mai 2015:« Europe:contamination légale des aliments en cas d’accident nucléaire »
Le 4 juin 2015: « En cas d’accident nucléaire en Europe mangerons-nous des aliments contaminés ? »

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Juil 03

Centrales nucléaires: Transfert du risque aux générations futures


DÉMANTELER nos Centrales nucléaires: Mission Impossible?

Un article de Fairewinds Energy Education

Compte-rendu de Caroline Phillips, administrateur Fairewinds– 18 juin 2015.

Comme la plupart d’entre vous, sympathisants et téléspectateurs, le savent, le fait que l’industrie du nucléaire commence à déclasser et démanteler les centrales nucléaires est une source d’inquiétude majeure pour Fairewinds Energy Education. Parrainé par la Fondation Lintilhac, Fairewinds a publié en Mars 2015 un important rapport sur le démantèlement de la centrale Vermont Yankee . Les organisations «Beyond Nuclear», «Vermont Yankee Decommissioning Alliance» et «Vermont Citizens Action Network » ont invité Fairewinds Energy Education à prendre la parole le mercredi 3 juin 2015 à Montpelier, VT (capitale de l’état de Vermont), lors de la première diffusion aux Etats Unis du documentaire « Démanteler nos centrales nucléaires, mission impossible ? »

J’ai regardé le documentaire d’Arte France qui examine le processus de démantèlement en cours de réacteurs nucléaires mis à l’arrêt en France, en Allemagne et aux États-Unis. Le film est effrayant, car il montre la réalité navrante de l’impréparation de l’industrie nucléaire et des gouvernements à travers le monde, lorsqu’il s’agit de déclasser et démanteler des centrales nucléaires qui sont trop anciennes pour respecter les réglementations de sécurité et ne sont économiquement plus viables.

Les déchets nucléaires restent hautement radioactifs et dangereux pendant des milliers d’années.

Le film d’Arte France, très bien documenté, démontre que les concepteurs de ces réacteurs nucléaires ignoraient totalement il y a 40 ans la façon dont on pourrait les démanteler et éliminer les matériaux et les déchets fortement radioactifs issus de leur fonctionnement.
Plus inquiétant encore, aucun progrès n’a été fait pour déterminer comment mettre en sécurité ces déchets pour les 250.000 années requises.

L’auteur, Bernard Nicolas attire l’attention de son auditoire sur un échec : celui du site d’enfouissement de déchets nucléaires de Asse en Allemagne où les ingénieurs ont voulu expérimenter le stockage des déchets nucléaires dans une mine de sel. Suite à un glissement de terrain en 2004, de l’eau s’est infiltrée dans la mine de sel, entraînant l’effondrement des parois et un dégagement de radiations. Une course contre la montre été engagée pour injecter du béton dans les zones effondrées afin de colmater les fuites avant les prochains mouvements de terrain.

En France une tentative de confinement de déchets nucléaires qui utilisait de l’asphalte pour piéger les contaminants toxiques a échoué. Cela a abouti à la libération d’hydrogène qui présente maintenant un risque élevé d’explosion s’il se trouve en présence d’Oxygène.

Actuellement, les experts ne savent pas (et ils ne sont pas d’accord entre-eux) quelle est la meilleure méthode pour éliminer les déchets nucléaires. Il n’en existe pas.

Le film nous emmène ensuite dans le Maine (USA)sur un ancien site nucléaire que l’industrie a baptisé «Installation provisoire de stockage pour combustible Nucléaire usagé» (IFSI). Autrefois centrale nucléaire, Maine Yankee a été fermée pour des problèmes de sécurité trop onéreux à corriger.

Les problèmes de de sécurité persistent à Maine Yankee: des fûts secs pleins de combustible usagé hautement radioactifs sont entreposés en plein air, sans lieu de stockage définitif et sans qu’on sache comment les éliminer définitivement. Il y a quelques semaines, Fairewinds a dévoilé une intervention directe de la NRC pour que soit retiré de la circulation un rapport mentionnant le survol de Maine Yankee par un drone non identifié.
Le site de Maine Yankee où sont abandonnés les déchets est très coûteux et il est exposé à deux risques potentiels : des attaques terroristes et la dégradation des fûts entreposés sur le site pour une durée indéfinie.

Les fûts sur Maine-Yankee

Le stockage sur Maine Yankee
Dans quel état seront les fûts dans 50 ans ?
dans 25.000 ans ?
En principe, il s’agit d’un stockage provisoire, en attendant une solution définitive.

Enfin, le film se penche sur la centrale nucléaire Vermont Yankee dans le sud du Vermont. Fermée en décembre 2014, la centrale de Vermont Yankee doit être prochainement déclassée, ce qui en fait potentiellement une zone où les déchets pourront être abandonnés et entreposés de façon non conforme.

Prenant l’exemple de centrales déjà démantelées dans le monde entier, la vidéo de Nicolas nous apprend que d’un bout à l’autre, le processus de déclassement présente des risques et des lacunes sécuritaires. Ces centrales n’étant plus opérationnelles ni productives, les opérateurs ne sont pas pressés de financer à grands frais un démantèlement en sécurité et il leur manque la motivation nécessaire pour prendre les mesures de sécurité qui permettraient d’assurer une bonne gestion des déchets radioactifs.

Le problème majeur qui en découle est celui de la transmission du risque aux générations suivantes. Non seulement ces déchets radioactifs hautement toxiques vont être transmis de génération en génération sans solution adéquate pour leur élimination; mais aussi le démantèlement physique des sites nucléaires va prendre des décennies avec un lourd transfert de responsabilité à des travailleurs sans expérience ni connaissances appropriées.

Il est vrai qu’actuellement, la société Entergy s’est engagée à assurer pendant 60 ans le suivi du déclassement de la centrale de Vermont Yankee dont elle est propriétaire. Mais Fairewinds a fait remarquer que 60 ans est un nombre totalement arbitraire qui ne repose sur aucune base scientifique.
Sans vouloir entrer dans le détail, constatons que dans 60 ans bon nombre d’entre nous nous seront plus de ce monde. Des ouvriers de la centrale ont d’ailleurs déjà été déplacés vers d’autres sites du territoire américain, privant ainsi Vermont Yankee de personnel familiarisé avec le site, son environnement et ses équipements. On peut prévoir sans trop de risque de se tromper que d’ici 60 ans, les travaux liés au déclassement seront effectués par de nouveaux employés qui connaîtront encore moins bien le mode opératoire initial de la centrale, ses faiblesses et ses bizarreries spécifiques.

La manipulation des déchets radioactifs ne doit pas être prise à la légère. Le fait même que personne au monde n’ait de solution quand à la façon de confiner et d’éliminer ces produits toxiques est la preuve que des précautions particulières, des efforts conséquents et une compétence étendue sont nécessaires pendant le déclassement et le démantèlement d’une centrale nucléaire.

Alors, où en sommes-nous ?
Il est clair que l’énergie nucléaire n’est pas une énergie sûre et économique; la surface de la terre est déjà suffisamment polluée par les déchets radioactifs : point n’est besoin d’en ajouter. L’opinion publique se rendant compte que les énergies vertes et renouvelables sont la meilleure solution au problème du changement climatique, la fermeture de centrales nucléaires va devenir un phénomène de plus en plus courant, et les états doivent se préparer à jouer un rôle plus actif dans leur mise hors service.

Il est probable que l’intervention du gouvernement ou des états fédéraux dans le processus de démantèlement se fera sous forme financière. Des états comme le Vermont n’ont aujourd’hui aucun droit de regard sur les fonds de déclassement de la centrale nucléaire de Vermont Yankee car il s’agit d’un fonds d’entreprise totalement indépendant du système de gestion des dépenses publiques (fédérales ou locales).

Afin de protéger les citoyens d’un déclassement laxiste et d’un abandon des déchets par l’industrie nucléaire, les états doivent créer une source de financement qui serait utilisée spécifiquement pour les sites à l’arrêt.

Avec l’argent vient le pouvoir, un pouvoir que les états peuvent utiliser pour obliger l’industrie nucléaire à rendre compte de la gestion des déchets radioactifs qu’elle a produits. C’est une des propositions qui permettraient avec le plus de chances de succès d’éliminer en sécurité les déchets nucléaires et de réduire le risque intergénérationnel ( transgénérationnel ?)

Il est hors de question d’accepter la présence de décharges nucléaires fortement radioactives – dont on sait qu’elles sont mal gérées et source de fuites – dans le voisinage immédiat des lacs, rivières, océans et ressources aquifères qui sont si précieux pour notre planète.

Fairewinds vous tiendra informés.

Article publié sur le site de Fairewinds et traduit avec son autorisation
L’article original en anglais


Articles Liés:

WCAX TV a enregistré Arnie Gundersen,l’ingénieur en chef de Fairewinds, suite à la première américaine du film français: le déclassement de nos Centrales nucléaires: Mission Impossible ?
http://www.wcax.com/story/29238571/group-raises-concerns-about-yankee-decommissioning

Le contrôleur de l’État Doug Hoffer affirme que les préoccupations que Fairewinds Education présente dans son rapport de 35 pages sur le déclassement de Vermont Yankee sont légitimes. (selon Amy Nixon,journaliste à AshVTDigger).
http://vtdigger.org/2015/06/04/anti-nuke-group-wants-hoffer-to-oversee-vermont-yankee-fund/

Le film sur le site de Arte: http://future.arte.tv/fr/sujet/centrales-nucleaires-demantelement-impossible


Qu’est «Fairewinds Energy Education» ?

Fairewinds se présente:
Démystifier l’énergie nucléaire par l’information. Notre mission est d’informer le public sur l’énergie nucléaire et d’autres problèmes d’énergie. «Fairewinds Energy Education», est un outil facile à utiliser pour obtenir une information basé sur des faits, une information sur l’énergie nucléaire sans distorsion. Le site Web de Fairewinds propose des podcasts et des vidéos, dans lesquelles nous collaborons avec des experts issus de domaines très variés pour traiter des questions relatives à l’énergie nucléaire.

L’ingénieur en chef de Fairewinds, Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a étudié à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI), où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de la Commission à l’Energie Atomique pour sa maîtrise en génie nucléaire. Arnie est titulaire d’un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire. Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie également géré et coordonné des projets dans 70 centrales nucléaires aux États-Unis.

Quelques références sur le site de Fairewinds

http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/generational-transfer-of-risk
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/remove-vy-carcass-veto-safstor
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/what-unidentified-flying-drone


Note

Mis à jour le 05 juillet 2015

Il est impossible de faire cesser la radioactivité d’un corps. Il faut attendre la décroissance naturelle qui peut être de quelques secondes à des millénaires (Plutonium: demi-vie de 24.000 ans; ceci signifie qu’au bout de 24.000 ans il n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Nettoyer, décontaminer un site, ce n’est donc que déplacer la radioactivité ailleurs.
Dans une centrale à démanteler, il n’y a pas que le combustible qui soit radioactif: il y a des tonnes de béton, des aciers…jusqu’à des gants de latex contaminés, à démonter, découper, emballer, transporter.
Il faut protéger les travailleurs, les populations locales, les populations sur les trajets des multiples convois de transport, puis les populations alentour des sites de stockage (ici, pendant des millénaires)

Le stockage en lui-même n’est pas de tout repos: au fil des centaines d’années (des millénaires pour certains, les conteneurs vieillissent, se corrodent, se mettent à fuir; certains déchets chauffent, dégagent des gaz explosifs (hydrogène).Il y a controverse entre stockage réversible ou pas, stockage en profondeur ou en surface.


Quelques installations concernées par le démantèlement

MAINE YANKEE

Centrale nucléaire de 900 MW Arrêtée définitivement en 1997 pour raisons économiques. Démantelée entre 1997 et 2005. Transformée en Installation de stockage provisoire de combustible usagé (ISFSI) Elle est actuellement constituée de 60 fûts contenant 1434 assemblages de combustible usagé et de 4 fûts contenant des parties fortement radioactives du réacteur. Coût de fonctionnement: 10 millions de Dollars par an.
Une présentation officielle du site: http://www.maineyankee.com/public/MaineYankee.pdf

VERMONT YANKEE

Centrale de 620 MW démarrée en 1972 Mise à l’arrêt le 29/12/2014 pour cause économique. Une partie du combustible avait déjà été stockée à sec depuis mai 2008. Prévision officielle du coût du démantèlement : $1,24 billions. Mais seulement $665 Millions ont été mis de côté pour le démantèlement pendant les 42 ans de fonctionnement.
Détails sur Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Vermont_Yankee_Nuclear_Power_Plant
Le site officiel du propriétaire Entergy: vydecommissionning.com

WIPP

http://www.wipp.energy.gov/wipprecovery/accident_desc.html
Une installation pilote au USA pour stockage profond dans le sel.
Elle a été victime en février 2014 d’un double accident: incendie d’un véhicule au fond des galeries puis explosion d’un baril de déchets avec contamination au plutonium de l’installation et des environs (par les cheminées de ventilation)
Une description par Wikipedia en français


Et En France ?

BRENNILIS

Centrale mise en service en 1967. Arrêtée en 1985.
Ce démantèlement qui se voulait exemplaire n’est toujours pas terminé 30 ans après l’arrêt.
Les péripéties du démantèlement:
sur wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Site_nucl%C3%A9aire_de_Brennilis
sur sortir du nucléaire cornouaille: http://www.sortirdunucleairecornouaille.org/spip.php?article218

SUPER-PHÉNIX

Ce fut une machine mythique soi-disant capable de régénérer son combustible.
L’usine de La Hague a été construite pour alimenter les surgénérateurs en plutonium.
Machine éminemment dangereuse avec 5 tonnes de plutonium radiotoxique et 5.000 Tonnes de Sodium explosif en présence d’eau.
Construction démarrée en 1976
En juillet 1977 grosse manifestation européenne sous la pluie qui fit un mort chez les manifestants et un blessé grave chez les forces de l’ordre.
Arrêt définitif en 1997. En 11 ans il a fonctionné 53 mois.
Démantèlement en cours

À lire : Superphénix, déconstruction d’un mythe, Christine Bergé (photographies de Jacqueline Salmon), Les empêcheurs de penser en rond, La Découverte, octobre 2010, 150 p., 13 euros.
Un dossier: https://fr.wikipedia.org/wiki/Superph%C3%A9nix

FESSENHEIM

La plus vieille centrale nucléaire en activité en France: elle a été connectée en 1977.
Elle cumule les risques: zone sismique, et inondable,importante nappe phréatique, couloir aérien, incidents à répétition,conception défectueuse.
Elle devrait être mise à l’arrêt prochainement…

ICEDA

Installation de stockage provisoire en construction au bord du Rhône, à côté de la centrale du Bugey.
Elle est destinée à reçevoir et conditionner des déchets en provenance des 9 réacteurs de la filière française Uranium-graphite-gaz à démanteler.
Elle accueillera des déchets de moyenne et faible activité à vie longue.Pour une durée en principe de 50 ans, dans l’attente d’un stockage définitif.
La présentation du projet par EDF: http://fr.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/Centrales/Bugey/Projet_ICEDA/documents/ICEDA%20presentation%20generale.pdf
Un dossier technique et administratif par l’association citoyenne stop-bugey
http://www.stop-bugey.org/iceda/
http://www.stop-bugey.org/centrale-nucleaire-bugey/projet-iceda/communique-de-la-coordination-stop-bugey/

CIGEO

Site prévu de stockage profond de déchets de haute et moyenne activité à vie longue
Début du stockage prévu en 2025
Vive contestation des riverains et de la société civile
La présentation par l’ ANDRA: www.cigeo.com
Les arguments des associations contestataires: http://www.sortirdunucleaire.org/Cigeo-un-projet-inacceptable
Un article de Wikipedia sur le stockage géologique en couche profonde

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
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Juin 07

Greenpeace publie un rapport confidentiel de l’AIEA sur l’accident nucléaire de Fukushima

«Le rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ne reflète pas avec exactitude l’ampleur et les conséquences de la catastrophe de Fukushima.»

Le conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique s’est réuni le 8 Juin 2015 pour discuter du résumé de son rapport confidentiel sur l’accident de Fukushima dai ichi.
Ce rapport se décrit comme une « évaluation des causes et des conséquences de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima dai ichi qui a débuté le 11 Mars 2011

Greenpeace a reçu une copie du rapport et l’a rendu public la semaine dernière. Greenpeace a également réalisé une analyse initiale de ce rapport et ses découvertes ne sont pas bonnes.
Voici un résumé du texte de Greenpeace:

Kiya Amano, directeur général de l’AIEA affirme que ce rapport est «une évaluation faisant autorité, factuelle et équilibrée, concernant les causes et les conséquences de l’accident ainsi que les leçons apprises.»

Cependant nos experts l’ont trouvé plein d’inexactitudes, d’incertitudes; et il ne parvient pas à répondre à plusieurs questions très importantes.
Nous avons envoyé nos conclusions à Mr Amano.

Voici quelques exemples:

– L’AIEA reconnaît que la mesure des radiations n’a pas fonctionné correctement dans les jours qui ont immédiatement suivi le désastre.
Malgré cette incertitude, le rapport minimise les risques pour la santé couru par de nombreuses victimes.
Ce qui signifie qu’on ne peut pas faire confiance aux estimations des niveaux de radiations auxquels les gens de Fukushima ont été exposés.

L’analyse que fait l’AIEA des nouvelles réglementations japonaises concernant la sécurité est au mieux superficielle; elle ne présente aucune preuve que l’industrie japonaise fonctionne aux normes mondiales les plus élevées de sécurité nucléaire.
La réalité c’est qu’il y a de grandes lacunes dans la réglementation nucléaire au Japon, dans le domaine du risque sismique et autres risques menaçant la sécurité des centrales; les risques sont ignorés ou sous-estimés.

Le rapport nie l’impact de la catastrophe sur la vie animale malgré les recherches scientifiques qui ont trouvé des effets mesurables sur la faune de la région.

Le rapport omet de reconnaître les incertitudes qui concernant encore les causes de la catastrophe. Une grande partie des systèmes critiques des réacteurs fondus n’ont pas encore été inspectés.

Voici quelques unes de nos constatations initiales. Il y en a plus à venir.

Vous pouvez lire la totalité de notre analyse du rapport ici
Les 5 parties du rapport de l’AIEA sont ici:

Ainsi nous voyons, commme nous l’avons vu dans le sillage du désastre nucléaire de Tchernobyl, que l’AIEA tente de créer un récit qui minimise les conséquences sur la santé et sur l’environnement de l’accident de Fukushima; tout en soulignant que les leçons en ont été tirées, y compris dans le domaine de la confection de règles de sûreté nucléaire plus efficaces.

En bref, l’AIEA se mobilise pour protéger l’industrie nucléaire plutôt que les gens dont la vie a été détruite par le désastre de Fukushima et ceux qui risquent d’être touchés par les accidents nucléaires futurs.

Ce n’est pas une surprise, le rôle central de l’AIEA est de promouvoir l’extension mondiale de l’énergie nucléaire. Le fait que tous les réacteurs commerciaux du Japon – 43 en tout- restent à l’arrêt est un défi direct à la mission de l’AIEA. Voilà le contexte dans lequel le rapport de l’AIEA doit être considéré.

Après 4 ans, la catastrophe de Fukushima est encore en cours et pour plusieurs décennies. Si on veut que le travail de nettoyage des dommages soit effectué de façon efficace et si on veut éviter autant que possible de futurs accidents, l’AIEA doit changer sa façon de fonctionner et rapidement.

L’AIEA ne sert actuellement que les intérêts de l’industrie nucléaire et sa recherche du profit, au détriment de ceux qui ont payé le prix des échecs de l’énergie nucléaire.

Greenpeace demande à Mr AMANO et à l’AIEA de suspendre l’examen des conclusions de ce rapport. Un processus ouvert et transparent doit être instauré qui prend en compte les opinions du peuple japonais et celles de scientifiques indépendants. Nous sommes prêts à rencontrer des représentants de l’AIEA pour discuter de nos graves préoccupations.

Justin Mc KeatingJustin McKeating (Royaume Uni)
Il tient un blog sur l’industrie nucléaire pour Greenpeace International depuis 2008
le Blog de Justin Mc Keating-Greenpeace


J’ai consulté la partie du document qui concerne la santé (partie 4).

L’AIEA se contente de reprendre le rapport de l’UNSCEAR
du 2 Avril 2014

Ce rapport de l’UNSCEAR a été vivement critiqué par des ONG, des médecins, des scientifiques du monde entier

L’organisation “Human Rights Now” et 40 organisations de la société civile issues du Japon, des USA, de Tunisie, d’Azerbaïdjan, des Pays-Bas, d’Allemagne, de France et d’Irlande ont publié une déclaration demandant que l’UNSCEAR et la Quatrième Commission de l’Assemblée Générale de l’ONU révisent le rapport de l’UNSCEAR et ses conclusions du point de vue de la perspective des droits de l’homme.

…Les médecins de 19 sections nationales affiliées à l’IPPNW (L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire ), dont «Physicians for Social Responsibility» (USA) et IPPNW Allemagne ont écrit, diffusé, et publié une «Critique du rapport de l’UNSCEAR» qui met en question les hypothèses et les données utilisées par l’UNSCEAR, et les interprétations et les conclusions qui en découlent.
Extrait:
….
Cependant, leur conclusion comme quoi il n’y a «pas d’effet discernable», maintenant ou dans le futur, est un défi au sens commun et sape la crédibilité de l’UNSCEAR.

Le texte intégral en français

Qu’est ce que l’UNSCEAR ?


Un scientifique, le Dr Keith BAVERSTOCK en a fait une critique sévère, qualifiant le document de l’UNSCEAR de document de propagande non scientifique.
Extraits:

…mon expérience de travail dans le passé avec certains des contributeurs de ce rapport, le Modus Operandi de certaines agences des Nations Unies, les tentatives claires d’induire en erreur dans les premiers jours de l’accident et les manquements à une approche véritablement scientifique indiqués ci-dessus, ne me laissent aucun doute que le rapport n’est pas une évaluation fiable des risques préparée avec la rigueur scientifique nécessaire

Ce sont principalement les nations qui utilisent l’énergie nucléaire qui fournissent l’expertise pour l’UNSCEAR: le braconnier et le garde-chasse sont les mêmes. Cet [arrangement] incestueux, doit-on en conclure, est au moins en partie responsable de l’échec du rapport à être considéré comme un document scientifique, un échec qui ne pourra pas être assez souligné: l’UNSCEAR ne peut pas maintenir de manière crédible sa déconnexion des questions de santé et de politiques publiques liées à l’énergie nucléaire, en ne faisant rien de plus que de produire de la propagande pour une industrie qui s’est arrangée pour avoir un accident qui a et continue d’avoir sans qu’on en voie la fin, un effet négatif sur l’environnement et la santé publique au Japon et au-delà.

Le rapport du Dr BAVERSTOCK en français


La négation des effets de l’accident n’est pas étonnante de la part de l’AIEA qui est un organisme chargé de disséminer le nucléaire civil dans le monde.
C’est plus inquiétant venant de l’UNSCEAR qui est chargée de conseiller les gouvernements sur les mesures à prendre pour protéger les populations du risque nucléaire civil.


Si on veut avoir une idée objective des problèmes consécutifs à la contamination radioactive d’un territoire, la référence c’est ce qui se passe à Tchernobyl.

L’ouvrage de référence sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl c’est:
«Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement», de Alexei Yablokov, Vassili Nesterenko, Alexei Nesterenko, Natalia Preobrajenskaya.
Il nous fournit des données fiables recueillies sur place au contact des populations et environnements contaminés.
Il confirme les conséquences énormes de la catastrophe pour la santé humaine et l’environnement.

Il vient d’être traduit en français
Cliquer ici pour télécharger l’ouvrage gratuitement ou pour acheter la version papier

Le 7 juin 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
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Juin 04

En cas d’accident nucléaire en Europe mangerons nous des aliments contaminés ?

Voici le communiqué de la CRIIRAD du 04 Juin 2015

le communiqué de la CRIIRAD

Pour en savoir plus, pour signer la pétition:

EUROPE: CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE
Voir l’article du 6 Avril:«Accident nucléaire en Europe: que mangerons-nous ?»

Voir le dossier complet de la CRIIRAD
Aller directement à la pétition


Qu’est-ce que la CRIIRAD ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité –
est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français.
La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses.
Indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents.
Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias.
Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
Le site de la CRIIRAD

Le 4 Juin 2014

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