Fév 18

58e anniversaire du premier essai nucléaire français dans le Sud algérien

Victimes des essais nucléaires en Algérie:toujours rien

«Nous interpellons de nouveau la France et les autorités algériennes
pour que ces victimes soient réellement prises en charge.
Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action»

Abdelkrim Touhami, vice-président de l’association Taourirt (Association des Victimes des Essais Nucléaires (Tamanrasset)

Un article du journal «Liberté Algérie»
https://www.liberte-algerie.com/centre/laven-de-tamanrasset-interpelle-de-nouveau-la-france-287084

Cinquante-huit ans se sont écoulés passés depuis la première tragédie nucléaire française, survenue le 13 février 1960 dans le Sahara algérien, et toujours rien n’est acquis pour les victimes qui meurent à petit feu.
L’association “Taourirt” des victimes des essais nucléaires (Aven) effectués à In Eker, dans la wilaya de Tamanrasset, saisit cette occasion pour lancer un énième cri de détresse face la prolifération inquiétante des maladies radio-induites dans ce vaste territoire du pays.
Un cri qui dénote les souffrances d’une population en proie à une importante charge de morbidité imputée particulièrement au cancer. L’association qui mène un double combat contre l’oubli et le silence coupable des autorités algériennes, se remet encore une fois dans le contexte de la douleur vécue tous les jours par les populations des zones irradiées. “
Nous interpellons la France et les autorités algériennes pour que ces victimes soient réellement prises en charge. Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action. Il faut qu’on agisse dans les faits afin d’aider ces populations à se débarrasser de ce lourd boulet sanitaire traîné depuis l’Indépendance. Nous devons faire toute la lumière sur les répercussions de cette tragédie afin d’y remédier en définissant les responsabilités de tout un chacun”, se lamente Abdelkrim Touhami, vice-président de Taourirt.
Joint par téléphone, notre interlocuteur se dit interpellé par les décès signalés presque quotidiennement dans les zones irradiées d’In Eker. La toute dernière étude réalisée par des experts fait ressortir un taux de 18 cancéreux sur 500 habitants. Un taux en-dessous de la norme fixée à 104 cas pour le même nombre d’habitants, précise-t-on. Sauf qu’à Tamanrasset, ce chiffre reste loin de la réalité puisque les malades ne consultent pas et nombreux sont ceux qui trépassent dans l’anonymat.
Plus de vingt types de cancers sont répertoriés dans la wilaya, indique Boubakeur Ibba, SG de ladite association qui ne dispose ni de siège social ni de moyens financiers pour mener ses projets à terme. M. Ibba regrette le fait que les cancéreux reçus dans les structures sanitaires locales soient généralement au dernier stade et décèdent peu après le diagnostic. Le constat est plus qu’alarmant. Le cancer de la thyroïde qui est au 10e rang, selon les registres du cancer du nord du pays, est en 4e position à Tamanrasset, surtout chez les femmes. Outre cette localisation néoplasique, on note un taux particulièrement élevé de cancers du sein et cutanés qui diffèrent par leur présentation clinique de ceux observés dans le nord du pays. La menace radioactive, faut-il le dire, pèse sur la femme enceinte avec son lot de malformations chez le nouveau-né et est souvent à l’origine de la stérilité des hommes.
À l’unité d’oncologie de l’EPH de Tamanrasset on a dénombré 100 nouveaux cas de cancer en 2017. Depuis la mise en service en 2015 de cette unité qui manque cruellement de médecins spécialistes et de radiothérapie, plus de 280 cancéreux ont été enregistrés à Tamanrasset, relève le président du conseil médical de cette structure hospitalière, Elias Akhamouk. “L’unité fonctionne avec un seul cancérologue. Si celui-ci décide de partir, les malades galèreront et on sera contraint de les évacuer de nouveau vers Alger ou Ouargla” regrette M. Akhamouk qui s’en est remis aux plus hautes autorités de pays pour se pencher sérieusement sur ce problème.
RABAH KARECHE

Un article du journal «Liberté Algérie» le 14 février 2018
https://www.liberte-algerie.com/centre/laven-de-tamanrasset-interpelle-de-nouveau-la-france-287084

AVEN : Association des Vétérans des Essais Nucléaires
Siege Social 44-A rue de la Favorite – 69005 Lyon –
Tél: 04 78 36 65 31
http://www.aven.org/
Un site riche en documentation sur les essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie

le 18 février 2018


Fév 14

On ne doit pas trouver de pollution radioactive dans les aliments en France

Un article du journal «Lyon capitale»

La Commission de recherche et d’information indépendante de la radioactivité (CRIIRAD), association créée à Valence au lendemain de Tchernobyl, juge « trop élevés » les seuils d’alerte de substances radioactives dans les aliments comme le lait, la viande ou encore les œufs.

La CRIIRAD a détecté des « anomalies préoccupantes » dans la surveillance de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), qui s’occupe des denrées d’origine animale comme le lait, la viande, ou encore les œufs. Cette branche du ministère français de l’Agriculture fixe les seuils de danger et fournit des directives à tous les exploitants concernant les substances radioactives dans la nourriture. Ces limites, définies par la DGAL, sont jugées « trop élevées » pour l’association valentinoise, qui se veut référence en termes de recherche sur la radioactivité. « Les seuils tolérés dans les aliments que nous consommons sont extrêmement hauts, et ce n’est qu’au-delà de ces limites que la DGAL demande d’établir une enquête» , déplore Corinne Castanier, la responsable des questions de réglementation et de radioprotection de la CRIIRAD.

« En France, on ne doit pas trouver de pollution radioactive dans les aliments»

« Il est question de la protection sanitaire des populations» , explique Corinne Castanier.
À titre d’exemple, « pour le strontium 90 (élément radioactif, ndlr), la limite est de 100 becquerels (unité de radioactivité, ndlr) par kg. Mais si l’on trouve ne serait-ce que 50 ecquerels par kg dans du lait, une enquête est primordiale, car il est anormal de trouver de telles quantités» , explique la scientifique. « En France, on ne doit pas trouver de pollution radioactive dans les aliments, sauf pour les produits artificiels, où l’on peut retrouver notamment des traces de Tchernobyl» , précise-t-elle. Corinne Castanier met en garde contre ces produits radioactifs qui, selon elle, « sont cancérigènes, mutagènes et peuvent causer des problèmes cardiaques» . Pour la scientifique, «dès le premier becquerel, le risque augmente pour la santé» .

« C’est presque une incitation à polluer pour les exploitants»

Selon Corinne Castanier, la norme de la DGAL ne se base pas sur le règlement français, mais sur le Codex alimentarius, un programme commun de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui définit les seuils de danger pour le commerce international des aliments. « Si l’on considère uniquement les produits nationaux, la quantité de substances dangereuses ingérée est plus importante, et il faut que les limites soient revues» , affirme Corinne Castanier. Elle ajoute que juridiquement, les limites du Codex ne s’appliquent qu’en cas d’accident nucléaire : « En période normale, on n’a pas à accepter des substances radioactives dans nos aliments» . Par ailleurs, « appliquer les limites telles qu’elles sont définies par la DGAL, c’est presque une incitation à polluer pour les exploitants : ils n’ont pas à faire d’effort pour diminuer leur pollution radioactive« , explique-t-elle.

La CRIIRAD demande aujourd’hui à ce que la DGAL corrige ces instructions. Corinne Castanier souhaite également que ces démarches soient rendues publiques, « pour que chacun sache comment l’État gère le contrôle de la radioactivité dans les aliments» . Pour elle, il s’agit surtout de « mettre des filtres supplémentaires, pour ne pas que la population soit contaminée» .

L’article dans Lyon Capitale


Contrôle radiologique des aliments en situation normale
Denrées alimentaires d’origine animale

Véritable surveillance ou permis de polluer ?
La CRIIRAD met en cause le dispositif officiel
Voir le dossier de la CRIIRAD

le 14 février 2018


Fév 08

Radioactivité des aliments

Véritable surveillance ou permis de polluer ?
La CRIIRAD met en cause les choix de la DGAL

La CRIIRAD a détecté des anomalies préoccupantes dans le plan de surveillance des aliments établi par la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

  • 1/ l’alerte pour enquête est déclenchée à partir de niveaux de contamination beaucoup trop élevés et dépourvus de toute justification juridique ;
  • 2/ pour le césium 137 imputable à Tchernobyl, la DGAL applique, en toute illégalité, une tolérance nettement supérieure à celles en vigueur en Europe (et 10 à 20 fois plus élevée que les maxima autorisés au Japon !)

Une demande de régularisation vient d’être adressée au directeur général de l’alimentation.

Plus d’information :
Lire le communiqué du 7/02/2018
Lire le recours gracieux adressé par la CRIIRAD au directeur général de l’alimentation

CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla
26000 VALENCE
04 75 41 82 50
www.criirad.org

logo de la CRIIRAD


Note

Ces limites concernent les conditions normales de fonctionnement des installations nucléaires, hors accident local ou à distance.
Il est incroyable de constater que la découverte de Plutonium dans nos aliments ne déclenche l’alerte que s’il y en a plus de 10 Bq/kg.(voir le tableau du communiqué de la CRIIRAD). Le plutonium n’a rien à faire dans nos aliments; la découverte d’un seul Becquerel est franchement anormale et elle signale une fuite quelque part. Même chose pour les autres éléments radioactifs polluant nos aliments.
Il semble qu’en haut lieu on considère comme normal que nous consommions « un peu » de radioactivité et qu’on ne soit pas très curieux sur la cause d’une éventuelle contamination.

Extraits du communiqué de la CRIIRAD:
Ces seuils sont bien trop élevés: mesurer 1 seul becquerel de plutonium 239 ou d’uranium 235 dans un litre de lait devrait suffire à lancer l’alerte. Il est irresponsable d’attendre que l’activité de l’iode 131 ou du ruthénium 106 dépasse 100 Bq/kg pour diligenter une enquête! Et le seuil est à 1000 Bq/kg pour le cobalt 60, à 10.000 Bq/kg pour le technétium 99!
Selon les cas, des taux de contaminations 10 fois, 100 fois, voire 1000 fois inférieurs à ces limites justifient une intervention. Et il est d’autant plus urgent de déterminer la source de la pollution qu’il est improbable, vu le faible nombre de contrôles, que l’analyse ait porté sur l’échantillon le plus contaminé.

En dehors des contaminations résiduelles attendues (Tchernobyl, essais nucléaires…), toute activité mesurable de radionucléides artificiels dans les aliments doit conduire à s’interroger sur son origine. Les enjeux sont évidemment sanitaires mais la sûreté et la sécurité nucléaires sont également concernées (La présence de plutonium ou d’uranium 235 peut traduire un trafic de matières nucléaires mais n’importe quels produits radioactifs peuvent être associés à des explosifs classiques pour la préparation de bombes sales)…

le 8 février 2018


Jan 01

La pollution de l’Europe par le Ruthénium 106. Toujours le silence.

On ne sait toujours pas comment il se fait qu’une grande partie de l’europe a subi des retombées de Ruthénium radioactif

Dans son communiqué du 20 décembre 2017
la CRIIRAD fait le point et conteste le rapport russe
Voir le communiqué de la CRIIRAD (avec une carte)
http://criirad.org/accident-et-pollutions/2017-12-20_cp_Ru-106_enqu%C3%AAte-russe.pdf

L’AIEA (Agence internationale pour l’énergie nucléaire – agence de l’ONU) semble n’avoir publié qu’un relevé de mesures confidentiel « réservé aux autorités » (que la CRIIRAD a pu consulter). Effectivement en allant sur le site de l’AIEA, je n’ai trouvé aucune mention de l’accident.
L’OMS, autre agence de l’ONU: site muet sur la question du Ruthénium. L’OMS est censée se préoccuper de la santé des populations…

Les pays de l’Ouest de l’Europe n’ont pas subi de retombées préoccupantes (voir le rapport de la CRIIRAD)
Il semble bien que les populations proches du site de rejet n’aient bénéficié d’aucune mesure de protection.


Libérer l’ONU du nucléaire

À propos de l’AIEA et de l’ONU, toutes deux faisant partie de l’ONU, je vous propose de lire ces intéressantes interventions au «Forum social antinucléaire» de novembre 2017 à Paris
Ce sont les textes des contributions à l’atelier « Libérer l’ONU du nucléaire », animé par Michel Lablanquie, Yves Lenoir, Paul Lannoye et Nicole Roelens.

  • Nicole Roelens, « Pourquoi les peuples laissent-ils s’accomplir le crime nucléaire contre les prochaines générations ? »:
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Roelens-FSMAN-pourquoi-les-peuples-laissent-ils-s-accomplir-le-crime-nucleaire.pdf
  • Paul Lannoye, « La radioprotection doit être refondée,ses bases scientifiques sont erronées » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lannoye-FSMAN-2017.pdf
  • Yves Lenoir, « L’ONU et ses organes :des institutions de et pour l’âge atomique »
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/index-lenoir.html
  • Michel Lablanquie, « Les droits de l’ADN – Libérer l’ONU du nucléaire » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lablanquie-FSMAN-les-droits-de-l-adn.pdf

Les textes des interventions, qui ne sont pas retranscription, et de nombreuses autres sources sont publiés ici :http://tinyurl.com/yazl94mr

Voir aussi la synthèse qu’a faite le journal «Basta»:
https://www.bastamag.net/Nouvel-incident-nucleaire-en-Russie-le-silence-et-l-opacite-sont-toujours-la


Note

Tout cela est sérieusement inquiétant en ce qui nous concerne, nous, la population, lors de futurs accidents nucléaires; où qu’ils soient dans le monde. Il est fort probable que nous serons alors comme ici très mal informés et protégés…..
Mayak, Tchernobyl, Fukushima on montré qu’il est impossible de gérer efficacement un accident nucléaire civil. Quand à la joute actuelle entre Corée du Nord et USA, espérons qu’elle restera verbale…

Une bonne chose quand même en 2017: la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires par de nombreuses nations. Malheureusement, dans un coin de la cour de récréation, quelques fiers à bras ricanent et affirment qu’ils ne lâcheront jamais leur gros bâton atomique….

Le 01 janvier 2018


Déc 14

Il y a 60 ans: Kychtym, le premier Tchernobyl

Le désastre nucléaire en Oural en 1957

La traduction française du livre de Jaurès Medvedev a été publié en 1988 sous le titre « Désastre nucléaire en Oural ». Il est épuisé en librairie mais disponible en PDF sur:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf .
L’ouvrage initial en anglais: «Nuclear Disaster in the Urals » a été publié fin 1979 en Angleterre.

Préface par Bella Belbéoch

Au cours de l’hiver 1957-1958, une catastrophe est survenue en URSS
dans la région de Kychtym (Oural), dans un centre de stockage de
déchets nucléaires entraÎnant l’évacuation de nombreux villages et la
condamnation d’un vaste territoire.

Comment un tel désastre a-t-il pu rester ignoré en Occident alors qu’il
s’agissait de la plus grande catastrophe industrielle ? Sans le biologiste
soviétique dissident Jaurès Medvedev, cette catastrophe aurait pu être
complètement occultée. La brève description qu’il en fit dans un article de
la revue britannique « New Scientist » en novembre 1976 fut accueillie
par de violentes critiques, voire des sarcasmes, par la plupart des
experts nucléaires.

Jaurès Medvedev fut ainsi poussé à faire la démonstration minutieuse de la véracité de l’événement par l’analyse de ses conséquences écologiques. C’est l’objet de son livre « Nuclear Disaster in the Urals » publié fin 1979 en Angleterre.

Le lecteur peut se poser des questions complémentaires :

  • – Le tabou concernant les accidents majeurs est-il si grand qu’il a
    rendu aveugles (et sourds) les experts qui affirmaient posséder la
    maÎtrise nucléaire puisque la plupart des preuves de Medvedev
    proviennent de textes scientifiques soviétiques disponibles dans les
    bibliothèques occidentales ou exposés à des congrès internationaux
    auxquels participaient les experts occidentaux ?
  • – Est-ce un hasard si le livre de Medvedev traduit dans la plupart des
    langues dès 1978 n’a pas été publié en France, le pays le plus nucléarisé
    du monde et le plus étatisé (après l’URSS) ?

Fort heureusement les Editions lsoète comblent cette lacune à un
moment opportun. Après la catastrophe de Tchernobyl il a été dit dans la
presse française que la région contaminée serait « le premier laboratoire
en vraie grandeur » pour l’étude écologique des effets des rayonnements
ionisants. Affirmation erronée puisqu’il y a eu Kychtym – dont on ignore
toujours le nombre de morts. Ainsi, la quasi censure continue. D’ailleurs,
dans les discussions post-Tchernobyl entre les experts occidentaux et
leurs collègues soviétiques, aucune référence n’est faite à Kychtym et
aux enseignements que les soviétiques ont dû en tirer.

Bien sûr la référence à Kychtym aurait pu être embarrassante
lorsqu’un an après Tchernobyl les Soviétiques, sous la pression des
nucléocrates occidentaux, ont réduit l’ampleur des effets à long terme de
la catastrophe par un facteur 10 en arguant qu’ils s’étaient trompés dans
l’évaluation de la contamination de la population ; eux qui sont les seuls à
avoir « expérimenté » un événement du même type, le « laboratoire » de
Kychtym leur ayant fourni les meilleurs données mondiales existantes sur
l’évolution en milieu naturel d’une contamination importante par éléments
radioactifs…

Bella Belbéoch


En savoir plus:

Télécharger le livre en français sur le site des enfants de tchernobyl-belarus:
http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=Medvedev.pdf

Un article passionnant de dissident-media sur la genèse du livre et l’accident:
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/20ans_de_silence.html

L’article de Wikipedia sur la catastrophe de Kychtym
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Kychtym

La notice de Wikipedia sur Jaurès Medvedev:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaur%C3%A8s_Medvedev

Jaurès Aleksandrovitch Medvedev (en russe: Жорес Медведев), né le 14 novembre 1925 à Tbilissi, en RSS de Géorgie (Union soviétique), est un biologiste et ancien dissident soviétique.

Il est le frère jumeau de l’historien et dissident Roy Medvedev. Son prénom a été choisi par ses parents en l’honneur de Jean Jaurès. L’orthographe Zhores découle donc uniquement d’une adaptation à la graphie cyrillique.

Jaurès Medvedev remettait en cause les thèses biologiques en vogue en URSS sous la présidence de Brejnev et auparavant, notamment le lyssenkisme accusé d’avoir contribué à voiler la réalité scientifique au profit du soutien de l’idéologie stalinienne. Pour étouffer la portée de sa contestation, le régime en place sous Brejnev décida son internement dans un hôpital psychiatrique après l’avoir accusé de démence. Le 29 mai 1970, J.Medvedev fut placé à l’hôpital psychiatrique de Kalouga, officiellement pour avoir écrit quelques articles sur les violations des droits de l’homme en URSS, parmi lesquels ceux relatifs à la protection du caractère privé de la correspondance. Dans ses articles, Medvedev affirmait que les membres du KGB pouvaient ouvrir n’importe quelle lettre de n’importe quel citoyen d’URSS

Jaurès Medvedev révéla en 1976 dans la revue américaine New Scientist qu’une catastrophe nucléaire était survenue dans le sud de l’Oural près d’une vingtaine d’années plus tôt. Cet évènement est connu depuis comme la catastrophe nucléaire de Kychtym. Elle se produisit près de Tcheliabinsk en septembre 1957, et reste avec celle de Tchernobyl et celle de Fukushima l’une des plus trois graves catastrophes nucléaires jamais connues. Trois ans plus tard, il publia un livre sur le sujet: Nuclear disaster in the Urals

Jaurès Medvedev


Notes:

Le ruthénium qui a contaminé fin septembre l’Europe semble bien provenir de cette même région. On ne sait toujours pas ce qui s’est passé là bas; on ne sait rien non plus du sort des populations concernées.L’AIEA, l’OMS sont étrangements muettes….
Voir le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Le complexe nucléaire accidenté Maïak se trouve entre les villes de Kasli et Kychtym, à 72 km au nord de la ville de Tcheliabinsk en Russie.
La notice de Maïak sur Wikipedia

Le 14 décembre 2017

Nov 30

Qui est concerné par un éventuel accident nucléaire en France ?

Une carte de Greenpeace

La France, pays le plus nucléarisé au monde, avec ses 58 réacteurs en fonctionnement et ses dizaines d’installations civiles et militaires, se contente de protéger les populations dans une zone beaucoup trop restreinte en cas d’accident nucléaire. Pourtant, l’impact d’une catastrophe nucléaire peut s’étendre au-delà de 100 kilomètres (Fukushima) voire au-delà de 300 kilomètres (Tchernobyl).

En France, c’est le Plan Particulier d’Intervention (PPI) qui comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées en cas d’accident sur un site nucléaire. Greenpeace demande l’extension de cette zone PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Pour plus de détails lire l’intéressant rapport du 30/01/2016 de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information
http://www.anccli.org/
En France, chaque installation nucléaire est pourvue d’une Commission Locale d’Information (CLI) qui a la double mission d’informer la population sur les activités nucléaires et assurer un suivi permanent de l’impact des installations nucléaires

Le rapport de l’ANCCLI- 2016


carte des zones autour de Lyon

Un exemple de la carte Greenpeace pour Lyon


Aller sur la carte de Greenpeace


PS. Le rayon des PPI autour des centrales devait être élargi à 20 km.
(http://www.maire-info.com/risques/le-perimtre-des-ppi-nucleaire-va-tre-etendu-20-km-article-19532)
Je ne sais pas si cet élargissement est appliqué actuellement…j’ai cherché en vain dans le fouillis de la législation…si un lecteur a la réponse peut-il me l’envoyer ? merci

le 30 novembre 2017


Nov 22

Ruthénium 106 – synthèse au 22/11/2017

Ce n’est toujours pas plus clair
Voici le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Contamination par le ruthénium 106
Présentation synthétique du 22/11/2017

Un énorme rejet de ruthénium 106 s’est produit dans la deuxième moitié du mois de septembre. Malgré les immenses capacités de dilution de l’atmosphère, le ruthénium 106 (ou plus exactement son descendant radioactif le rhodium 106) a en effet été mesuré dans l’atmosphère de très nombreux pays européens et les concentrations ont pu atteindre plusieurs dizaines de mBq/m3, voire dépasser 100 mBq/m3. La convention internationale imposant une notification rapide des accidents nucléaires n’a pas fonctionné. Alors que l’alerte sur la contamination de l’air a été lancée début octobre, on ne sait toujours pas quelle installation est à l’origine de la contamination. On ignore combien de travailleurs, combien d’habitants, combien d’enfants ont été exposés aux radiations ; combien ont été contaminés ; quelles doses de rayonnement ils ont pu recevoir …

Dans un premier temps, seule la CRIIRAD semble s’être souciée des risques encourus au niveau local. En Europe, la communication s’est focalisée sur l’absence de tout risque sanitaire. Au niveau international, l’OMS s’est enfermée dans le silence et l’AIEA a totalement occulté la question du terme source : aucun appel à investigation, aucune mise en garde sur les risques d’exposition des travailleurs et de la population locale. L’AIEA n’a même pas publié la liste des installations nucléaires susceptibles de rejeter du ruthénium 106.

Le 9/10/2017, les modélisations des organismes d’expertises français (IRSN) et allemand (BfS) ont désigné le sud de l’Oural comme la localisation la plus probable du rejet. Le 9/11/2017, l’IRSN a publié une note indiquant comme scénario le plus probable un rejet considérable de 100 à 300 TBq, survenu entre la Volga et l’Oural et qui aurait nécessité des mesures de protection de la population dans un rayon de 5 km et le contrôle des denrées alimentaires jusqu’à 40 km de distance.

Sur la base de ces estimations, la CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA (le 17/11/2017) et lancé un appel à une totale transparence, tant du côté des gouvernements, et notamment de la fédération de Russie, que de l’AIEA et des organismes d’expertises (communiqué du 20/11 sur Médiapart).

Peu après, plusieurs médias ont titré sur « les aveux de la Russie » et sur la publication par l’agence fédérale russe de météorologie de résultats attestant d’une contamination extrêmement élevée. Se basant sur son analyse des documents russes, la CRIIRAD a démenti ces informations par 2 communiqués successifs de mise au point, le 21/11/2017 et le 22/11/2017.
À ce jour le mystère reste entier. Nous ne pouvons qu’espérer que les modélisations soient erronées et que l’impact sanitaire soit moins important qu’envisagé.


Voir le communiqué origine et les précédents
http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html


Petite note

Le jour où il y aura un accident en France ou chez les voisins, il y a fort à craindre que nous soyons tout aussi mal informés !

Nov 11

Contamination par le ruthénium 106

Les rejets radioactifs sont considérables
et proviendraient de Russie ou de pays proches

Voici le communiqué de la CRIIRAD daté du 10 novembre 2017
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Les responsables se soucient enfin de l’importance des rejets du ruthénium 106 intervenus, fin septembre 2017, et des risques encourus au plus près du terme source !
Dans un premier temps, les communiqués officiels se sont contentés de souligner l’absence de risque en France et en Europe. La CRIIRAD avait alerté dès le 5 octobre, mais en vain, sur les risques encourus par les populations locales.
On sait pourtant depuis Tchernobyl qu’il faut agir très vite car l’exposition est majeure dans les premiers jours et les premières semaines.

Rappel : présence anormale de ruthénium 106 (1)dans l’air européen détectée fin septembre.
Dans un communiqué de presse (2) du 4 octobre 2017, l’IRSN indiquait que du ruthénium 106 avait été détecté dans l’air de plusieurs pays européens et concluait, sans émettre aucune réserve sur les niveaux de risque sur le lieu de l’accident et dans les zones proches : « Les niveaux très faibles de contamination atmosphérique en ruthénium 106 observés à ce jour par les réseaux européens de surveillance sont sans conséquences pour l’environnement et pour la santé. Néanmoins, l’IRSN maintient une vigilance de surveillance sur cette présence de ruthénium dans l’air ».

La CRIIRAD faisait part de son inquiétude le 5 octobre
Dans son communiqué (3) du 5 octobre 2017, la CRIIRAD indiquait : « Il faut déterminer l’origine du phénomène et les niveaux de risque au plus près du terme source ». « Il est important que l’origine de ces rejets de ruthénium 106 soit recherchée. De ce point de vue l’absence d’information est inquiétante. Si l’installation à l’origine des rejets n’en est pas consciente, elle n’a pas pu mettre en place de mesures de radioprotection alors que les doses subies par les riverains ou les travailleurs concernés pourraient ne pas être négligeables. S’il s’agit de dissimulation, la situation est encore plus problématique”.

La piste Russe
Plus d’un mois s’est écoulé et, à notre connaissance, l’origine exacte de cette contamination n’est pas élucidée. Des simulations effectuées par les organismes de radioprotection français (IRSN) et allemand (BfS), évoquaient une origine au sud de l’Oural. Les autorités russes (4) avaient alors réagi en niant toute responsabilité.

Un rejet colossal entre la Volga et l’Oural ?

Dans un nouveau communiqué (5) du 9 novembre 2017, l’IRSN indique que l’hypothèse de la retombée sur terre d’un satellite contenant du ruthénium 106 a été écartée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique).

Partant alors de l’hypothèse que le ruthenium 106 provient des rejets d’une installation terrestre, et sur la base de simulations, l’IRSN indique «la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet. En effet, c’est dans cette zone géographique que la simulation d’un rejet de ruthénium permet de mieux reproduire les mesures obtenues en Europe » et « Pour la zone de rejet la plus plausible, la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante, comprise entre 100 et 300 térabecquerels. Le rejet, accidentel eu égard à la quantité rejetée, aurait eu lieu au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017 ».

S’il s’agit bien de rejets émanant d’une installation unique à hauteur de 300 Terabecquerels, cela correspond à une quantité colossale, 300 mille milliards de becquerels est un chiffre, à titre de comparaison, 375 000 fois supérieur au rejet annuel maximal autorisé (6) de la centrale nucléaire de Cruas. Le ruthénium 106 est un produit de fission artificiel qui, une fois retombé au sol et sur le couvert végétal, va induire une contamination durable, il faut en effet plus d’un an pour que sa radioactivité soit divisée par deux.

Comme le note l’IRSN : “Du fait des quantités rejetées, les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet. Pour ce qui concerne les denrées alimentaires, le dépassement des niveaux maximaux admissibles (NMA) (1250 Bq/kg pour le ruthénium 106 et pour les denrées autres que le lait) serait quant à lui observé sur des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet”.

Il était donc bien indispensable, comme le demandait la CRIIRAD, le 5 octobre 2017, d’identifier l’installation à l’origine de la pollution par le ruthénium 106 et de mettre en oeuvre des mesures de protection pour la population proche. Et ce d’autant plus que , comme la CRIIRAD l’a dénoncé à plusieurs reprises, les critères d’intervention (7) retenus par les autorités françaises pour mettre en oeuvre des mesures de protection sont excessivement élevés.

Or, les documents analysés par la CRIIRAD montrent que, dans un premier temps, les services officiels en Europe se sont contentés d’insister sur l’absence de conséquences sanitaires sur le territoire Européen. Cette situation pose de nombreuses questions sur l’efficacité de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et des organismes de radioprotection officiels des pays européens.

  • A l’échelle de l’Europe et de la France, pourquoi des contrôles sur les avions susceptibles d’avoir survolé les secteurs incriminés n’ont pas été mis en place ?
  • Pourquoi les ambassades des pays Européens n’ont elles pas mis en place rapidement des dispositions particulières dans les pays pressentis comme pouvant être à l’origine de ces rejets massifs de ruthénium 106 (recueil d’échantillons de sol, couvert végétal, denrées alimentaires) ?
  • Si les Etats Européens n’ont pas souligné la gravité potentielle de la situation pour les populations et les travailleurs proches de l’installation, ils auraient pu au moins s’inquiéter de la protection de leurs ressortissants en voyage ou en séjour dans les pays incriminés

Protéger les populations proches du lieu du rejet

Avoir perdu plus d’1 mois pour alerter efficacement est une faute grave. En cas de rejet massif de substances radioactives dans l’atmosphère, il faut agir vite pour limiter les doses subies par les populations proches de l’installation incriminée. En l’absence de mesures de protection, les doses subies pourraient avoir dépassé largement les limites sanitaires.

S’il est probablement trop tard pour limiter les risques liés à l’inhalation dans le panache (on peut penser en effet que les rejets ont cessé depuis plusieurs semaines), les populations proches de l’installation sont toujours soumises aux radiations liées aux retombées de ruthénium 106 et à la contamination par ingestion de denrées contaminées. Il est donc important, en fonction des niveaux de retombées, de mettre en place des contre-mesures adaptées (évacuation ou décontamination des sols).

Il est tout aussi important de leur recommander de ne pas consommer les denrées qui ont subi une contamination par dépôt foliaire ou une contamination différée.

Dans la mesure où certains Etats ne sont pas capables d’assurer la protection radiologique des citoyens, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les ONG locales et développer les contrôles radiologiques indépendants.

Pour les autorités françaises il n’y a rien de plus à faire ?

En ce qui concerne les risques pour les personnes vivant en France, l’IRSN considère « d’une part que la probabilité d’un scénario qui verrait l’importation en France de denrées (notamment des champignons) contaminées par du ruthénium-106 à proximité de la source de rejets est extrêmement faible et, d’autre part, que le risque sanitaire potentiel lié à ce scénario est lui aussi très faible. Il n’apparait donc pas nécessaire de mettre en place des contrôles systématiques de la contamination des denrées importées ».
Cette position est reprise par l’ASN dans son communiqué (8) du 9 novembre.

La CRIIRAD considère, au contraire, qu’il est indispensable de mobiliser tous les moyens des Etats Européens (contrôles sur des denrées et produits provenant des zones incriminées, actions au niveau des ambassades) pour déterminer précisément l’origine des rejets et peser pour que les populations proches bénéficient de mesures de protection (même si elles sont tardives). Il faut penser aux populations locales et aux ressortissants des pays étrangers susceptibles de se trouver au plus près du terme source !

Un contrôle systématique des denrées importées n’est pas forcément le plus adapté, en revanche, il est nécessaire qu’un programme de surveillance radiologique spécifique soit mis en oeuvre au niveau Européen pour vérifier la contamination par le ruthénium 106 des denrées à risque en provenance des pays incriminés, mais également par d’autres substances radioactives moins mobiles qui pourraient être présentes dans les retombées locales sans pour autant être détectables dans l’air à grande distance.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire,
directeur du laboratoire de la CRIIRAD.

Contact : bruno.chareyron@criirad.org


  • (1) Le ruthénium 106 est un radionucléide artificiel (produit de fission), émetteur de rayonnements bêta, de période relativement longue (1,02 ans). Il se désintègre en donnant naissance au rhodium 106, émetteur de rayonnements bêta et gamma de période 29,8 secondes.
  • (2) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171004_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WgSLhXbkV8x
  • (3) http://balises.criirad.org/pdf/CP_CRIIRAD_171005_Ru106_Europe.pdf
  • (4) https://fr.sputniknews.com/international/201710111033422527-ruthenium-europe-russie/
  • (5) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171109_Detection-Ruthenium-106-en-france-et-en-europe-resultat-des-investigations-de-l-IRSN.aspx#.WgR77nbkV8x
  • (6) Pour les produits de fission et d’activation émetteurs bêta et gamma comme le ruthénium 106.
  • (7) L’IRSN se réfère par exemple au Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive applicables aux aliments après un accident nucléaire ou toute autre urgence radiologique. La CRIIRAD rappelle qu’elle s’est battue contre l’adoption de ces limites fixées à des niveaux excessivement élevés et basées sur un rapport d’expertise truffé d’anomalies. De plus, le dispositif ne devrait être mis en œuvre qu’en cas de contamination massive limitant l’accès à des aliments non contaminés. Qui souhaite consommer des champignons contenant 100 becquerels de ruthénium 106 par kg au prétexte qu’en cas d’accident la limite autorisée est de 1 250 Bq/kg ?
    Les consommateurs ont le droit de savoir et de choisir.
  • (8) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ruthenium-106-dans-l-air-ambiant-en-France-pas-de-risque-identifie-pour-la-population

Notes:

Le communiqué original sur le site de la CRIIRAD:
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Le site de la CRIIRAD
http://www.criirad.org/

1 Térabecquerel = 10 puissance 12 Becquerels – Un chiffre inimaginable….

Le 11 novembre 2017

Je vous recommande vivement la lecture de l’article bien documenté du «Fukushima-blog»: » http://www.fukushima-blog.com/2017/11/nouvel-accident-nucleaire-en-europe.html

voir aussi l’article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/10/01008-20171110ARTFIG00006-premiere-carte-de-la-pollution-radioactive-au-ruthenium-106-en-europe.php


Sep 07

Cuve EPR et Creusot Forge : plus que quelques jours !

Utiliser une cuve nucléaire non conforme !???
Info CRIIRAD
    L’Autorité de Sûreté Nucléaire a mis en consultation publique

  • 1/ son projet d’avis concluant à l’aptitude au service de la cuve malgré les défauts de fabrication des calottes ;
  • 2/ son projet de décision fixant au 31/12/2018 la date butoir pour le contrôle des dossiers de fabrication des équipements sous pression nucléaires forgés par Creusot Forge.

Considérant

  • 1/ les zones d’ombre qui subsistent dans le dossier de validation de la cuve de l’EPR,
  • 2/ la nécessité de traiter en priorité les anomalies des équipements en service et de refonder d’urgence le système de contrôle des installations nucléaire,

la CRIIRAD s’oppose à l’autorisation de mise en service de la cuve de Flamanville 3 alors que ses composants ne respectent pas les exigences fondamentales de sûreté.
Rappelons que les possibilités de dérogation à ces exigences ont été définies très opportunément, et de manière très laxiste, par l’arrêté du 30 décembre 2015

    La CRIIRAD demande

  • 1/ une réduction des délais de vérification des dossiers de fabrication des équipements en service,
  • 2/ l’évaluation des risques associés et
  • 3/ l’instauration de mesures de sauvegarde pour toute la période d’incertitude et pour tous les équipements concernés.

Étant donné les failles gravissimes découvertes dans le système de contrôle, dans l’assurance qualité interne aux inspection de l’ASN en passant par la surveillance d’AREVA et EDF, il faut d’urgence identifier les causes des dysfonctionnements, de mettre en place des actions correctrices et s’assurer de leur efficacité.

Au vu des constats des 3 dernières années, les autorités devraient se demander s’il est possible, et à quelles conditions, de laisser en service les 58 réacteurs du parc électronucléaire français, et non s’employer à délivrer des dérogations pour passer outres les principes et exigences fondamentales de sûreté.

Nous vous invitons à participer, vous aussi, aux consultations de l’ASN (voir ci-dessous).
Nous sommes sans illusion sur les dispositifs officiels de « participation du public » mais vu la gravité des enjeux mieux vaut utiliser tous les leviers, quitte à dénoncer ensuite le passage en force des autorités. …

L’équipe de la CRIIRAD

Plus d’informations :
Communiqué de presse CRIIRAD du 6/09/2017
Note d’information CRIIRAD de 4 pages.


Consultations ASN

Pour participer aux consultations de l’ASN, vous vous devez d’abord créer votre compte. Cliquer ici pour accéder directement à la page « espace personnel » et vous inscrire. Vous recevrez ensuite un courriel de l’ASN avec un lien pour activer votre compte.

Vous pourrez alors insérer vos commentaires dans les consultations de l’ASN:

Projet d’avis l’ASN relatif à l’anomalie de la composition de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de la centrale nucléaire de Flamanville

Revue des composants fabriqués par l’usine Creusot Forge Areva NP installés sur les réacteurs électronucléaires en exploitation

NB : avec l’ascenseur, allez bien jusqu’au bas de la page, après les commentaires déjà insérés, pour trouver la zone AJOUTER UN COMMENTAIRE.

N’hésitez pas à utiliser les passages de nos documents qui vous paraissent convaincants. Si vous avez des difficultés, vous pouvez également utiliser quelques idées clefs reprises ci-dessous.

    LIEN 1 : Consultation ASN sur la cuve de l’EPR

  • 1/ L’affaire Creusot Forge a révélé des défaillances gravissimes dans le système de contrôle des activités nucléaires. Il est indispensable et prioritaire d’en rechercher les causes et de les traiter. Dans un tel contexte, il serait irresponsable d’autoriser la mise en service d’équipements critiques qui ne satisfont pas aux minima requis par la réglementation.
  • 2/ Faute de pouvoir accéder à l’ensemble du dossier, toute contre-expertise est impossible.
  • 3/ Les documents à disposition émanent tous d’organismes impliqués dans les dysfonctionnements qui ont conduit à l’installation des composants défectueux ;
  • 4/ Le texte introductif de l’ASN induit d’ailleurs le lecteur en erreur, en présentant comme hypothétique l’altération bien réelle des propriétés mécaniques de l’acier des calottes ;
  • 5/ Les conditions posées par l’ASN pour la mise en service (contrôle sous 30 mois pour le fond de cuve et limitation à 2024 de l’utilisation pour le couvercle) ne sont pas de nature à compenser la dégradation des performances de l’acier et ne démontrent pas qu’aucun défaut nocif ne peut apparaître avant ces échéances ;
  • 6/ La dangerosité de l’EPR, réacteur de 1650 MWe dont la construction a été émaillé de nombreux problèmes et qui ne bénéficie d’aucun retour d’expérience, impose de proscrire toute diminution des marges de sécurité, toute zone d’ombre, toute remise en question du principe fondamental de défense en profondeur ;
  • 7/ Areva et EDF ont sciemment passé outre leurs engagements, les prescriptions réglementaires et les rappels à l’ordre de l’ASN. Ils doivent en assumer les conséquences. Toute autre décision enverrait un signal délétère.

LIEN 2 : Consultation ASN sur Creusot Forge

La consultation accorde un délai beaucoup trop long pour la vérification des dossiers. L’examen des équipements en service aurait dû et doit encore passer avant l’étude des équipements en projet, et notamment de l’EPR. De plus, le dossier ne contient aucune analyse de risque et ne prévoit aucune mesure conservatoire pour toute la période où l’on ignore la nature et la gravité des éventuelles anomalies. Il faut également ajouter des prescriptions pour garantir la fiabilité des vérifications. On est très loin du niveau d’exigence requis pour des installations aussi dangereuses.


[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org
[3] Site Fukushima : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla
26000 Valence © Copyright 2017

Le 07 septembre 2017


Mai 24

«La farce cachée du nucléaire»-un livre instructif

Ce livre décapant dresse un panorama saisissant des centrales nucléaires françaises. Il vulgarise le fonctionnement d’une centrale en décryptant de nombreux documents internes d’EDF. Il propose une vision sans concession du quotidien des centrales hexagonales. Le texte est enrichi de figures, de tableaux, de schémas et de photographies prises à l’intérieur des sites nucléaires.
Les phénomènes physiques sont expliqués sans langue de bois, à des années lumière de la communication lénifiante d’EDF. Plusieurs chapitres détaillent la cinétique d’un grave accident nucléaire avec les rejets radioactifs massifs associés.

Cependant tous les mécanismes sont en place pour cacher à la population les conséquences radiologiques d’un tel accident, à l’image de ce qui se passe au Japon et dans l’ex-Union soviétique suite aux catastrophes de Fukushima Dai ichi et de Tchernobyl. Cet ouvrage donne quelques coups de canif à la propagande bien huilée des zélateurs de l’atome.
L’auteur conclut sur la nécessité d’arrêter les centrales avant la catastrophe. Il liste les tranches nucléaires les plus dangereuses qu’il faudrait mettre à l’arrêt en priorité. Enfin, des pistes pour sortir du nucléaire sont abordées… pour le salut de nos enfants.

Nozomi SHIHIRO est issue du sérail d’EDF. Formaté par le culte du secret au sein de son entreprise, l’auteur s’est caché derrière un pseudonyme pour publier cet ouvrage. L’ensemble des droits d’auteur sera versé en soutien à l’institut de radioprotection BELRAD de Minsk (Ukraine) qui réalise notamment des mesures de contamination radioactive dans l’organisme des enfants irradiés de Tchernobyl.

On peut se procurer l’ouvrage ici:
http://boutique.sortirdunucleaire.org/index.php
12€


L’une des illustrations du livre:
Description d'un accident nucléaire grave

En voici la table des matières:

  • 1ere partie: les barrières de sûreté
  • Chapitre 1: première barrière
  • Chapitre 2: deuxième barrière
  • Chapitre 3:Les générateurs de vapeur
  • Chapitre 4: Troisième barrière
  • 2° partie: Accidents nucléaires
  • Chapitre 5: L’accident grave
  • Chapitre 6:L’accident sur les tranches de 900 MWe
  • Chapitre 7: L’accident sur les tranches de 1300 et 1450 MWe
  • Chapitre 8: Les rejets radioactifs en accident grave
  • Chapitre 9: Les conséquences radioactives: la farce cachée de l’accident grave
  • 3° partie, chapitre 10: Sortir du nucléaire
  • Épilogue
  • Annexes

le 24 Mai 2017