Nov 30

Qui est concerné par un éventuel accident nucléaire en France ?

Une carte de Greenpeace

La France, pays le plus nucléarisé au monde, avec ses 58 réacteurs en fonctionnement et ses dizaines d’installations civiles et militaires, se contente de protéger les populations dans une zone beaucoup trop restreinte en cas d’accident nucléaire. Pourtant, l’impact d’une catastrophe nucléaire peut s’étendre au-delà de 100 kilomètres (Fukushima) voire au-delà de 300 kilomètres (Tchernobyl).

En France, c’est le Plan Particulier d’Intervention (PPI) qui comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées en cas d’accident sur un site nucléaire. Greenpeace demande l’extension de cette zone PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Pour plus de détails lire l’intéressant rapport du 30/01/2016 de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information
http://www.anccli.org/
En France, chaque installation nucléaire est pourvue d’une Commission Locale d’Information (CLI) qui a la double mission d’informer la population sur les activités nucléaires et assurer un suivi permanent de l’impact des installations nucléaires

Le rapport de l’ANCCLI- 2016


carte des zones autour de Lyon

Un exemple de la carte Greenpeace pour Lyon


Aller sur la carte de Greenpeace


PS. Le rayon des PPI autour des centrales devait être élargi à 20 km.
(http://www.maire-info.com/risques/le-perimtre-des-ppi-nucleaire-va-tre-etendu-20-km-article-19532)
Je ne sais pas si cet élargissement est appliqué actuellement…j’ai cherché en vain dans le fouillis de la législation…si un lecteur a la réponse peut-il me l’envoyer ? merci

le 30 novembre 2017


Nov 22

Ruthénium 106 – synthèse au 22/11/2017

Ce n’est toujours pas plus clair
Voici le communiqué de la CRIIRAD du 22 novembre 2017

Contamination par le ruthénium 106
Présentation synthétique du 22/11/2017

Un énorme rejet de ruthénium 106 s’est produit dans la deuxième moitié du mois de septembre. Malgré les immenses capacités de dilution de l’atmosphère, le ruthénium 106 (ou plus exactement son descendant radioactif le rhodium 106) a en effet été mesuré dans l’atmosphère de très nombreux pays européens et les concentrations ont pu atteindre plusieurs dizaines de mBq/m3, voire dépasser 100 mBq/m3. La convention internationale imposant une notification rapide des accidents nucléaires n’a pas fonctionné. Alors que l’alerte sur la contamination de l’air a été lancée début octobre, on ne sait toujours pas quelle installation est à l’origine de la contamination. On ignore combien de travailleurs, combien d’habitants, combien d’enfants ont été exposés aux radiations ; combien ont été contaminés ; quelles doses de rayonnement ils ont pu recevoir …

Dans un premier temps, seule la CRIIRAD semble s’être souciée des risques encourus au niveau local. En Europe, la communication s’est focalisée sur l’absence de tout risque sanitaire. Au niveau international, l’OMS s’est enfermée dans le silence et l’AIEA a totalement occulté la question du terme source : aucun appel à investigation, aucune mise en garde sur les risques d’exposition des travailleurs et de la population locale. L’AIEA n’a même pas publié la liste des installations nucléaires susceptibles de rejeter du ruthénium 106.

Le 9/10/2017, les modélisations des organismes d’expertises français (IRSN) et allemand (BfS) ont désigné le sud de l’Oural comme la localisation la plus probable du rejet. Le 9/11/2017, l’IRSN a publié une note indiquant comme scénario le plus probable un rejet considérable de 100 à 300 TBq, survenu entre la Volga et l’Oural et qui aurait nécessité des mesures de protection de la population dans un rayon de 5 km et le contrôle des denrées alimentaires jusqu’à 40 km de distance.

Sur la base de ces estimations, la CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA (le 17/11/2017) et lancé un appel à une totale transparence, tant du côté des gouvernements, et notamment de la fédération de Russie, que de l’AIEA et des organismes d’expertises (communiqué du 20/11 sur Médiapart).

Peu après, plusieurs médias ont titré sur « les aveux de la Russie » et sur la publication par l’agence fédérale russe de météorologie de résultats attestant d’une contamination extrêmement élevée. Se basant sur son analyse des documents russes, la CRIIRAD a démenti ces informations par 2 communiqués successifs de mise au point, le 21/11/2017 et le 22/11/2017.
À ce jour le mystère reste entier. Nous ne pouvons qu’espérer que les modélisations soient erronées et que l’impact sanitaire soit moins important qu’envisagé.


Voir le communiqué origine et les précédents
http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html


Petite note

Le jour où il y aura un accident en France ou chez les voisins, il y a fort à craindre que nous soyons tout aussi mal informés !

Nov 11

Contamination par le ruthénium 106

Les rejets radioactifs sont considérables
et proviendraient de Russie ou de pays proches

Voici le communiqué de la CRIIRAD daté du 10 novembre 2017
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Les responsables se soucient enfin de l’importance des rejets du ruthénium 106 intervenus, fin septembre 2017, et des risques encourus au plus près du terme source !
Dans un premier temps, les communiqués officiels se sont contentés de souligner l’absence de risque en France et en Europe. La CRIIRAD avait alerté dès le 5 octobre, mais en vain, sur les risques encourus par les populations locales.
On sait pourtant depuis Tchernobyl qu’il faut agir très vite car l’exposition est majeure dans les premiers jours et les premières semaines.

Rappel : présence anormale de ruthénium 106 (1)dans l’air européen détectée fin septembre.
Dans un communiqué de presse (2) du 4 octobre 2017, l’IRSN indiquait que du ruthénium 106 avait été détecté dans l’air de plusieurs pays européens et concluait, sans émettre aucune réserve sur les niveaux de risque sur le lieu de l’accident et dans les zones proches : « Les niveaux très faibles de contamination atmosphérique en ruthénium 106 observés à ce jour par les réseaux européens de surveillance sont sans conséquences pour l’environnement et pour la santé. Néanmoins, l’IRSN maintient une vigilance de surveillance sur cette présence de ruthénium dans l’air ».

La CRIIRAD faisait part de son inquiétude le 5 octobre
Dans son communiqué (3) du 5 octobre 2017, la CRIIRAD indiquait : « Il faut déterminer l’origine du phénomène et les niveaux de risque au plus près du terme source ». « Il est important que l’origine de ces rejets de ruthénium 106 soit recherchée. De ce point de vue l’absence d’information est inquiétante. Si l’installation à l’origine des rejets n’en est pas consciente, elle n’a pas pu mettre en place de mesures de radioprotection alors que les doses subies par les riverains ou les travailleurs concernés pourraient ne pas être négligeables. S’il s’agit de dissimulation, la situation est encore plus problématique”.

La piste Russe
Plus d’un mois s’est écoulé et, à notre connaissance, l’origine exacte de cette contamination n’est pas élucidée. Des simulations effectuées par les organismes de radioprotection français (IRSN) et allemand (BfS), évoquaient une origine au sud de l’Oural. Les autorités russes (4) avaient alors réagi en niant toute responsabilité.

Un rejet colossal entre la Volga et l’Oural ?

Dans un nouveau communiqué (5) du 9 novembre 2017, l’IRSN indique que l’hypothèse de la retombée sur terre d’un satellite contenant du ruthénium 106 a été écartée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique).

Partant alors de l’hypothèse que le ruthenium 106 provient des rejets d’une installation terrestre, et sur la base de simulations, l’IRSN indique «la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet. En effet, c’est dans cette zone géographique que la simulation d’un rejet de ruthénium permet de mieux reproduire les mesures obtenues en Europe » et « Pour la zone de rejet la plus plausible, la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante, comprise entre 100 et 300 térabecquerels. Le rejet, accidentel eu égard à la quantité rejetée, aurait eu lieu au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017 ».

S’il s’agit bien de rejets émanant d’une installation unique à hauteur de 300 Terabecquerels, cela correspond à une quantité colossale, 300 mille milliards de becquerels est un chiffre, à titre de comparaison, 375 000 fois supérieur au rejet annuel maximal autorisé (6) de la centrale nucléaire de Cruas. Le ruthénium 106 est un produit de fission artificiel qui, une fois retombé au sol et sur le couvert végétal, va induire une contamination durable, il faut en effet plus d’un an pour que sa radioactivité soit divisée par deux.

Comme le note l’IRSN : “Du fait des quantités rejetées, les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet. Pour ce qui concerne les denrées alimentaires, le dépassement des niveaux maximaux admissibles (NMA) (1250 Bq/kg pour le ruthénium 106 et pour les denrées autres que le lait) serait quant à lui observé sur des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet”.

Il était donc bien indispensable, comme le demandait la CRIIRAD, le 5 octobre 2017, d’identifier l’installation à l’origine de la pollution par le ruthénium 106 et de mettre en oeuvre des mesures de protection pour la population proche. Et ce d’autant plus que , comme la CRIIRAD l’a dénoncé à plusieurs reprises, les critères d’intervention (7) retenus par les autorités françaises pour mettre en oeuvre des mesures de protection sont excessivement élevés.

Or, les documents analysés par la CRIIRAD montrent que, dans un premier temps, les services officiels en Europe se sont contentés d’insister sur l’absence de conséquences sanitaires sur le territoire Européen. Cette situation pose de nombreuses questions sur l’efficacité de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et des organismes de radioprotection officiels des pays européens.

  • A l’échelle de l’Europe et de la France, pourquoi des contrôles sur les avions susceptibles d’avoir survolé les secteurs incriminés n’ont pas été mis en place ?
  • Pourquoi les ambassades des pays Européens n’ont elles pas mis en place rapidement des dispositions particulières dans les pays pressentis comme pouvant être à l’origine de ces rejets massifs de ruthénium 106 (recueil d’échantillons de sol, couvert végétal, denrées alimentaires) ?
  • Si les Etats Européens n’ont pas souligné la gravité potentielle de la situation pour les populations et les travailleurs proches de l’installation, ils auraient pu au moins s’inquiéter de la protection de leurs ressortissants en voyage ou en séjour dans les pays incriminés

Protéger les populations proches du lieu du rejet

Avoir perdu plus d’1 mois pour alerter efficacement est une faute grave. En cas de rejet massif de substances radioactives dans l’atmosphère, il faut agir vite pour limiter les doses subies par les populations proches de l’installation incriminée. En l’absence de mesures de protection, les doses subies pourraient avoir dépassé largement les limites sanitaires.

S’il est probablement trop tard pour limiter les risques liés à l’inhalation dans le panache (on peut penser en effet que les rejets ont cessé depuis plusieurs semaines), les populations proches de l’installation sont toujours soumises aux radiations liées aux retombées de ruthénium 106 et à la contamination par ingestion de denrées contaminées. Il est donc important, en fonction des niveaux de retombées, de mettre en place des contre-mesures adaptées (évacuation ou décontamination des sols).

Il est tout aussi important de leur recommander de ne pas consommer les denrées qui ont subi une contamination par dépôt foliaire ou une contamination différée.

Dans la mesure où certains Etats ne sont pas capables d’assurer la protection radiologique des citoyens, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les ONG locales et développer les contrôles radiologiques indépendants.

Pour les autorités françaises il n’y a rien de plus à faire ?

En ce qui concerne les risques pour les personnes vivant en France, l’IRSN considère « d’une part que la probabilité d’un scénario qui verrait l’importation en France de denrées (notamment des champignons) contaminées par du ruthénium-106 à proximité de la source de rejets est extrêmement faible et, d’autre part, que le risque sanitaire potentiel lié à ce scénario est lui aussi très faible. Il n’apparait donc pas nécessaire de mettre en place des contrôles systématiques de la contamination des denrées importées ».
Cette position est reprise par l’ASN dans son communiqué (8) du 9 novembre.

La CRIIRAD considère, au contraire, qu’il est indispensable de mobiliser tous les moyens des Etats Européens (contrôles sur des denrées et produits provenant des zones incriminées, actions au niveau des ambassades) pour déterminer précisément l’origine des rejets et peser pour que les populations proches bénéficient de mesures de protection (même si elles sont tardives). Il faut penser aux populations locales et aux ressortissants des pays étrangers susceptibles de se trouver au plus près du terme source !

Un contrôle systématique des denrées importées n’est pas forcément le plus adapté, en revanche, il est nécessaire qu’un programme de surveillance radiologique spécifique soit mis en oeuvre au niveau Européen pour vérifier la contamination par le ruthénium 106 des denrées à risque en provenance des pays incriminés, mais également par d’autres substances radioactives moins mobiles qui pourraient être présentes dans les retombées locales sans pour autant être détectables dans l’air à grande distance.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire,
directeur du laboratoire de la CRIIRAD.

Contact : bruno.chareyron@criirad.org


  • (1) Le ruthénium 106 est un radionucléide artificiel (produit de fission), émetteur de rayonnements bêta, de période relativement longue (1,02 ans). Il se désintègre en donnant naissance au rhodium 106, émetteur de rayonnements bêta et gamma de période 29,8 secondes.
  • (2) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171004_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WgSLhXbkV8x
  • (3) http://balises.criirad.org/pdf/CP_CRIIRAD_171005_Ru106_Europe.pdf
  • (4) https://fr.sputniknews.com/international/201710111033422527-ruthenium-europe-russie/
  • (5) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171109_Detection-Ruthenium-106-en-france-et-en-europe-resultat-des-investigations-de-l-IRSN.aspx#.WgR77nbkV8x
  • (6) Pour les produits de fission et d’activation émetteurs bêta et gamma comme le ruthénium 106.
  • (7) L’IRSN se réfère par exemple au Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive applicables aux aliments après un accident nucléaire ou toute autre urgence radiologique. La CRIIRAD rappelle qu’elle s’est battue contre l’adoption de ces limites fixées à des niveaux excessivement élevés et basées sur un rapport d’expertise truffé d’anomalies. De plus, le dispositif ne devrait être mis en œuvre qu’en cas de contamination massive limitant l’accès à des aliments non contaminés. Qui souhaite consommer des champignons contenant 100 becquerels de ruthénium 106 par kg au prétexte qu’en cas d’accident la limite autorisée est de 1 250 Bq/kg ?
    Les consommateurs ont le droit de savoir et de choisir.
  • (8) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ruthenium-106-dans-l-air-ambiant-en-France-pas-de-risque-identifie-pour-la-population

Notes:

Le communiqué original sur le site de la CRIIRAD:
http://balises.criirad.org/pdf/cp_criirad_17-11-10_radioactivite_%20ru106.pdf

Le site de la CRIIRAD
http://www.criirad.org/

1 Térabecquerel = 10 puissance 12 Becquerels – Un chiffre inimaginable….

Le 11 novembre 2017

Je vous recommande vivement la lecture de l’article bien documenté du «Fukushima-blog»: » http://www.fukushima-blog.com/2017/11/nouvel-accident-nucleaire-en-europe.html

voir aussi l’article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/10/01008-20171110ARTFIG00006-premiere-carte-de-la-pollution-radioactive-au-ruthenium-106-en-europe.php


Sep 07

Cuve EPR et Creusot Forge : plus que quelques jours !

Utiliser une cuve nucléaire non conforme !???
Info CRIIRAD
    L’Autorité de Sûreté Nucléaire a mis en consultation publique

  • 1/ son projet d’avis concluant à l’aptitude au service de la cuve malgré les défauts de fabrication des calottes ;
  • 2/ son projet de décision fixant au 31/12/2018 la date butoir pour le contrôle des dossiers de fabrication des équipements sous pression nucléaires forgés par Creusot Forge.

Considérant

  • 1/ les zones d’ombre qui subsistent dans le dossier de validation de la cuve de l’EPR,
  • 2/ la nécessité de traiter en priorité les anomalies des équipements en service et de refonder d’urgence le système de contrôle des installations nucléaire,

la CRIIRAD s’oppose à l’autorisation de mise en service de la cuve de Flamanville 3 alors que ses composants ne respectent pas les exigences fondamentales de sûreté.
Rappelons que les possibilités de dérogation à ces exigences ont été définies très opportunément, et de manière très laxiste, par l’arrêté du 30 décembre 2015

    La CRIIRAD demande

  • 1/ une réduction des délais de vérification des dossiers de fabrication des équipements en service,
  • 2/ l’évaluation des risques associés et
  • 3/ l’instauration de mesures de sauvegarde pour toute la période d’incertitude et pour tous les équipements concernés.

Étant donné les failles gravissimes découvertes dans le système de contrôle, dans l’assurance qualité interne aux inspection de l’ASN en passant par la surveillance d’AREVA et EDF, il faut d’urgence identifier les causes des dysfonctionnements, de mettre en place des actions correctrices et s’assurer de leur efficacité.

Au vu des constats des 3 dernières années, les autorités devraient se demander s’il est possible, et à quelles conditions, de laisser en service les 58 réacteurs du parc électronucléaire français, et non s’employer à délivrer des dérogations pour passer outres les principes et exigences fondamentales de sûreté.

Nous vous invitons à participer, vous aussi, aux consultations de l’ASN (voir ci-dessous).
Nous sommes sans illusion sur les dispositifs officiels de « participation du public » mais vu la gravité des enjeux mieux vaut utiliser tous les leviers, quitte à dénoncer ensuite le passage en force des autorités. …

L’équipe de la CRIIRAD

Plus d’informations :
Communiqué de presse CRIIRAD du 6/09/2017
Note d’information CRIIRAD de 4 pages.


Consultations ASN

Pour participer aux consultations de l’ASN, vous vous devez d’abord créer votre compte. Cliquer ici pour accéder directement à la page « espace personnel » et vous inscrire. Vous recevrez ensuite un courriel de l’ASN avec un lien pour activer votre compte.

Vous pourrez alors insérer vos commentaires dans les consultations de l’ASN:

Projet d’avis l’ASN relatif à l’anomalie de la composition de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de la centrale nucléaire de Flamanville

Revue des composants fabriqués par l’usine Creusot Forge Areva NP installés sur les réacteurs électronucléaires en exploitation

NB : avec l’ascenseur, allez bien jusqu’au bas de la page, après les commentaires déjà insérés, pour trouver la zone AJOUTER UN COMMENTAIRE.

N’hésitez pas à utiliser les passages de nos documents qui vous paraissent convaincants. Si vous avez des difficultés, vous pouvez également utiliser quelques idées clefs reprises ci-dessous.

    LIEN 1 : Consultation ASN sur la cuve de l’EPR

  • 1/ L’affaire Creusot Forge a révélé des défaillances gravissimes dans le système de contrôle des activités nucléaires. Il est indispensable et prioritaire d’en rechercher les causes et de les traiter. Dans un tel contexte, il serait irresponsable d’autoriser la mise en service d’équipements critiques qui ne satisfont pas aux minima requis par la réglementation.
  • 2/ Faute de pouvoir accéder à l’ensemble du dossier, toute contre-expertise est impossible.
  • 3/ Les documents à disposition émanent tous d’organismes impliqués dans les dysfonctionnements qui ont conduit à l’installation des composants défectueux ;
  • 4/ Le texte introductif de l’ASN induit d’ailleurs le lecteur en erreur, en présentant comme hypothétique l’altération bien réelle des propriétés mécaniques de l’acier des calottes ;
  • 5/ Les conditions posées par l’ASN pour la mise en service (contrôle sous 30 mois pour le fond de cuve et limitation à 2024 de l’utilisation pour le couvercle) ne sont pas de nature à compenser la dégradation des performances de l’acier et ne démontrent pas qu’aucun défaut nocif ne peut apparaître avant ces échéances ;
  • 6/ La dangerosité de l’EPR, réacteur de 1650 MWe dont la construction a été émaillé de nombreux problèmes et qui ne bénéficie d’aucun retour d’expérience, impose de proscrire toute diminution des marges de sécurité, toute zone d’ombre, toute remise en question du principe fondamental de défense en profondeur ;
  • 7/ Areva et EDF ont sciemment passé outre leurs engagements, les prescriptions réglementaires et les rappels à l’ordre de l’ASN. Ils doivent en assumer les conséquences. Toute autre décision enverrait un signal délétère.

LIEN 2 : Consultation ASN sur Creusot Forge

La consultation accorde un délai beaucoup trop long pour la vérification des dossiers. L’examen des équipements en service aurait dû et doit encore passer avant l’étude des équipements en projet, et notamment de l’EPR. De plus, le dossier ne contient aucune analyse de risque et ne prévoit aucune mesure conservatoire pour toute la période où l’on ignore la nature et la gravité des éventuelles anomalies. Il faut également ajouter des prescriptions pour garantir la fiabilité des vérifications. On est très loin du niveau d’exigence requis pour des installations aussi dangereuses.


[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org
[3] Site Fukushima : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla
26000 Valence © Copyright 2017

Le 07 septembre 2017


Mai 24

«La farce cachée du nucléaire»-un livre instructif

Ce livre décapant dresse un panorama saisissant des centrales nucléaires françaises. Il vulgarise le fonctionnement d’une centrale en décryptant de nombreux documents internes d’EDF. Il propose une vision sans concession du quotidien des centrales hexagonales. Le texte est enrichi de figures, de tableaux, de schémas et de photographies prises à l’intérieur des sites nucléaires.
Les phénomènes physiques sont expliqués sans langue de bois, à des années lumière de la communication lénifiante d’EDF. Plusieurs chapitres détaillent la cinétique d’un grave accident nucléaire avec les rejets radioactifs massifs associés.

Cependant tous les mécanismes sont en place pour cacher à la population les conséquences radiologiques d’un tel accident, à l’image de ce qui se passe au Japon et dans l’ex-Union soviétique suite aux catastrophes de Fukushima Dai ichi et de Tchernobyl. Cet ouvrage donne quelques coups de canif à la propagande bien huilée des zélateurs de l’atome.
L’auteur conclut sur la nécessité d’arrêter les centrales avant la catastrophe. Il liste les tranches nucléaires les plus dangereuses qu’il faudrait mettre à l’arrêt en priorité. Enfin, des pistes pour sortir du nucléaire sont abordées… pour le salut de nos enfants.

Nozomi SHIHIRO est issue du sérail d’EDF. Formaté par le culte du secret au sein de son entreprise, l’auteur s’est caché derrière un pseudonyme pour publier cet ouvrage. L’ensemble des droits d’auteur sera versé en soutien à l’institut de radioprotection BELRAD de Minsk (Ukraine) qui réalise notamment des mesures de contamination radioactive dans l’organisme des enfants irradiés de Tchernobyl.

On peut se procurer l’ouvrage ici:
http://boutique.sortirdunucleaire.org/index.php
12€


L’une des illustrations du livre:
Description d'un accident nucléaire grave

En voici la table des matières:

  • 1ere partie: les barrières de sûreté
  • Chapitre 1: première barrière
  • Chapitre 2: deuxième barrière
  • Chapitre 3:Les générateurs de vapeur
  • Chapitre 4: Troisième barrière
  • 2° partie: Accidents nucléaires
  • Chapitre 5: L’accident grave
  • Chapitre 6:L’accident sur les tranches de 900 MWe
  • Chapitre 7: L’accident sur les tranches de 1300 et 1450 MWe
  • Chapitre 8: Les rejets radioactifs en accident grave
  • Chapitre 9: Les conséquences radioactives: la farce cachée de l’accident grave
  • 3° partie, chapitre 10: Sortir du nucléaire
  • Épilogue
  • Annexes

le 24 Mai 2017


Mai 12

Coûts et faisabilité du démantèlement des installations nucléaires

Le point sur le rapport parlementaire français du 1er février 2017

Au terme de 7 mois d’enquête et l’audition de 70 personnes, dont les porte-paroles du réseau «Sortir du nucléaire, la rapporteure Barbara Romagnan (PS) et le président Julien Aubert (LR) de la commission parlementaire ont rendu un rapport (1)d’information sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires.

Ce rapport est disponible à l’adresse:
http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i448.asp

Voici çi-dessous l’analyse qu’en fait le réseau «Sortir du nucléaire»:

<<

Ce rapport fait ressortir les divergences entre les auteurs sur l’évolution de la production d’électricité d’origine nucléaire en France et dans le monde, sur le montant des provisions réalisées par EDF et sur la remise en état des sites sur lesquels se trouvent des installations nucléaires. Il instruit de façon pertinente la problématique du démantèlement en apportant des informations et des justifications sur le dogme de la nécessité du démantèlement immédiat. Dressant d’abord un état des lieux, le document détaille les difficultés techniques que rencontre EDF, les questions cruciales de la gestion des déchets et de la sous-traitance, et s’intéresse aux provisions de l’exploitant et à la sous évaluation des coûts induite par des hypothèses trop optimistes, de nombreuses dépenses non provisionnées et des charges sous-évaluées.

Qu’est-ce que le démantèlement immédiat ?

L’article 127 de la loi n°215-992 du 17 août 2015(2) relative à la transition énergétique pour la croissance verte dispose que «lorsque le fonctionnement d’une installation nucléaire de base ou d’une partie d’une telle installation est arrêté définitivement, son exploitant procède à son démantèlement dans un délai aussi court que possible.
Ce principe est toutefois relatif, dans la mesure où il s’écoule un délai de 5 à 7 ans entre la mise à l’arrêt définitif d’un réacteur et le début de son démantèlement, qui prendra plusieurs d’années. Les exemples en cours contredisant d’ailleurs ce dogme du démantèlement «immédiat» : les chantiers de Brennilis (arrêt en 1985) et Superphénix (arrêt en 1998) sont loin d’être terminés. Quand à la filière graphite gaz, EDF a reporté au XXII° siècle leur déconstruction ! Et pour les sous-marins nucléaires mis à l’arrêt, le tronçon réacteur est découpé et entreposé «pour une durée de l’ordre de quelques dizaines d’années» dans l’attente d’une diminution de la radioactivité de certains matériaux métalliques.

Une faisabilité technique pas entièrement assurée.

C’est que pour démanteler, EDF se heurte à plusieurs difficultés techniques. La première est de travailler dans un milieu radioactif. Milieu qui, en outre, n’a pas toujours été conçu pour dans l’optique d’être un jour démantelé.

Par ailleurs, 80% des réacteurs ont été mis en service entre 1877 et 1987. Du fait de la mise en service resserrée dans le temps, leur démantèlement sera donc aussi rapproché et cette quasi-simultanéité posera de véritables défis en termes de moyens et de main d’oeuvre à mobiliser simultanément en de nombreux points du territoire.

La gestion des déchets est elle aussi problématique. Le démantèlement d’une installation nucléaire génère la production d’une grande quantité de déchets, certains conventionnels et d’autres radioactifs. c’est un volume de 2.300.000 m3 qui est attendu, toutes catégories confondues, auxquels il faut encore ajouter les combustibls usagés. Les décharges existantes arriveront rapidement à saturation et la création de nouveaux sites de stockage de déchets se heurtera à la légitimes oppositions des populations impactées comme à Bure avec le projet CIGEO (3).

Et il y a aussi la question du seuil de libération: afin d’en diminuer le volume, le rapport n’exclut pas que des déchets de radioactivité comparable à la radioactivité naturelle puissent être réutilisés dans le domaine public, même si cette option (surtout envisagée pour les métaux) coûterait plus cher car elle impose un tri plus sévère des déchets. Le rapport prend en compte le niveau de radioactivité sans se poser la question de la nature de la radioactivité, question pourtant importante sachant par exemple que des matériaux peuvent contenir des traces de plutoniun sans pour autant dépasser le niveau de la radioactivité naturelle.

Enfin, autre difficulté: il n’existe pas de filière industrielle spécialisée du démantèlement. Et le recours à la sous-traitance pose problème comme le signale le rapport:« L’absence de cadre législatif réellement contraignant en matière de recours à la sous-traitance dans le secteur empêche à l’heure actuelle à la fois la sructuration de cette filière et de réels gains d’eficacité comme d’efficience des opérations de démantèlement. En d’autre termes, sans filière structurée du démantèlement, il semble peu probable que l’on puisse compter sur un véritable retour d’expérience permettant de gagner en efficacité au fil des démantèlements successifs ni que des économies d’échelle (réutilisation d’équipements lourds, de robots) soient possibles si le marché reste éclaté entre différents prestataires» (4)

Des provisions financières nettement insuffisantes:

Selon la loi française, le démantèlement doit être financé par l’exploitant des centrales. Examinant les principes et les méthodes d’estimation d’EDF, le rapport conclut à une sous-évaluation. Sur les 75 milliards d’euros du coût estimé du démantèlement, seuls 36 milliards sont provisionnés, dont 23 milliards couverts par des actifs dédiés qui sont des placements boursiers sensibles aux fluctuations des marchés financiers !

Quant aux comparaisons internationales, elles sont toutes défavorables aux calculs français; les provisions allemandes sont 2,4 fois supérieures aux provisions d’EDF !

Ces coûts ne prennent pas en compte la gestion des combustibles usagés, ni le coût social des suppressions d’emplois consécutives à la mise à l’arrêt des réacteurs; Les taxes et assurances auxquels les sites seront assujettis ne sont pas non plus prises en compte.
Hypothèses optimistes, dépenses non provisionnées, charges sous-évaluées…Il ne fait aucun doute qu’en l’absence de décisions politiques exigeant des provisions suffisantes, le coût du démantèlement et de la gestion des déchets sera supporté par les impôts des générations futures !

Les raisons du choix du démantèlement immédiat

On peut se demander si le choix du démantèlement immédiat n’a pas été fait dans l’idée de libérer des sites pour construire de nouveaux réacteurs. Comme l’a fait remarquer Mr André-Claude Lacoste, ancien président de l’ASN,  » l’idéal pour tout grand électricien serait de disposer, sur un même site, d’un réacteur en construction, d’un autre en exploitation et d’un troisième en cours de démantèlement »; (…) EDF considère qu’il y aura un réacteur en construction ou en exploitation sur tous les sites. Il s’agira la plupart du temps de nouveaux réacteurs dont la construction n’est actuellement pas décidée (5) ». Ainsi EDF considère que le programme nucléaire français va se poursuivre sans tenir compte de la loi de Transition Énergétique (6) qui limite à 50% la part du nucléaire dans l’électricité produite en France.

Le point de vue développé
lors de l’audition du réseau « Sortir du nucléaire »

Cas des Graphite-gaz arrêtés depuis plus de 20 ans

La décision d’EDF de reporter à 2100 le démantèlement des deux réacteurs de St Laurent des Eaux est risquée: les réacteurs auront alors 130 ans, et qui peut garantir qu’il n’y aura pas de fuite de radioactivité dans l’environnement ? D’autant plus que ces réacteurs ont déjà été à l’origine de rejets de radionucléides et qu’ils se trouvent en bord de Loire, dans une zone potentiellement innondable. Dès lors, quelles solutions pour les stocks de graphite contaminé ?

Démantèlement des sites nucléaires:

Notre réflexion est en discussion dans les groupes qui composent le Réseau mais nous nous orientons vers une position interrogative sur la nécessité de démanteler le coeur du réacteur pour 3 raisons essentielles:

  • la cuve et l’enceinte en béton sont radioactives et leur déconstruction ferait prendre des risques importants aux travailleurs qui l’effectueraient ainsi qu’à l’environnement
  • les gravats et ferrailles de démolition seraient alors envoyées dans des centres d’enfouissemnet à créer, or personne ne veut une poubelle nucléaire près de chez lui
  • il y a une tentation récurrente de la part des autorités d’autoriser le «recyclage» de déchets faiblement radioactifs dans les biens de consommation et matériaux de construction. Or cela aboutirait à disperser de faibles doses de radioactivité dans l’environnement et augmenter le niveau moyen d’exposition à la radioactivité du grand public.Nous sommes contre cette option et rappelons notre opposition catégorique au recyclage des matériaux même faiblement radioactifs pour la fabrication d’objets et d’infrastructures de la vie quotidienne.

Pourquoi ne pas utiliser les enceintes actuelles comme lieu de stockage des combustibles usagés tout en maintenant à l’intérieur la cuve fortement radioactive ? Contrôler l’état de confinement de ces vieilles enceintes et en cas de fuite construire une nouvelle «peau» par dessus la première ? Cette solution de non démantèlement immédiat avec sécurisation du confinement de la radioactivité dans les réacteurs existants ou dans des bunkers à proximité éviterait de nombreux transports de déchets radioactifs et leur mise en décharges.Néanmoins pour les réacteurs en zone potentiellement innondable (Gravelines, le Blayais, Fessenheim, Bugey, Chinon …), le démantèlement devra être mené dans les meilleurs délais sans attendre l’innondation !

le «retour à l’herbe» est pour nous un mythe idéaliste

En l’absence d’une définition stricte de ce qui constitue une installation démantelée, comme c’est le cas actuellement, la plupart des exploitants ont pour objectif d’obtenir simplement la déclassification administrative de l’installation nucléaire. Les lieux peuvent être déclassés en étant assortis d’une servitude pour l’éventuelle réutilisation industrielle du site.

Nécessité d’évaluer les coûts de manière réaliste et de provisionner en conséquence

Les provisions actuelles d’EDF nous semblent ridicules. Démantèlement ou pas, il est indispensable d’imposer à tous les producteurs de déchets nucléaires de provisionner des capitaux à hauteur des besoins.

Arrêter le retraitement des combustibles usagés à La Hague de toute urgence

Ce retraitement est coûteux, il s’accompagne de rejets radioactifs dans l’environnement (mer et atmosphère), et du fait des traitements chimiques utilisés, le volume des déchets radioactifs augments. Au final les déchets sont séparés les uns des autres, les plus dangereux se trouvent concentrés dans un faible volume, ce qui tend à augmenter leur dangerosité. C’est le cas en particulier du plutonium (50 tonnes en stock à La Hague alors qu’il suffit de 6 à 8 kg pour faire une bombe !).

Pas d’enfouissement des déchets à 500m de profondeur à Bure !

L’enfouissement ne garantit en rien la mise en sûreté des déchets, la réversibilité n’existe que sur le papier, personne ne peut garantir que les galeries ne se déformeront pas et la récupération des colis, si nécessaire, deviendrait problématique.
Pour évacuer les gaz et la chaleur, une ventilation permanente des galeries sera nécessaire pendant des centaines d’années ou plus, avec les risques de remontée de radioéléments dans l’environnement, de pollution des eaux…

Pour les déchets radioactifs, il n’y a pas de solution, que des options toutes mauvaises et nous considérons que la moins mauvaise consiste à les sécuriser et stocker en surface de façon à intervenir en cas de problème.

Les déchets nucléaires et le démantèlement sont les casse-têtes insolubles de la filière nucléaire. L’urgence est d’arrêter d’en produire. Le seul moyen pour y arriver est de fermer les réacteurs existants et de ne pas en construire de nouveaux.

Notes:

  • 1: rapport d’information n°4428, 1er février 2017,113 pages:
    http://www.assemblee-nationale.fr14/rap-info/i4428.asp
  • 2: LOI n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte
    ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2015/8/17/DEVX1413992L/jo/texte
    Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2015/8/17/2015-992/jo/texte
  • 3: Centre industriel de stockage géologique: www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-qu-est-ce-que-cest
  • 4 :Voir page 44 du rapport
  • 5: voir pages 52-53 du rapport
  • 6: loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énéergétique pour une croissance verte.

Martial Chateau et Laure Barthélémy.

>>

Cet article est paru dans «Sortir du nucléaire» n°73, printemps 2017
www.sortirdunucleaire.org
sa reproduction est autorisée et vivement conseillée sous réserve d’en indiquer la source et le nom des auteurs


Avr 17

La cuve du futur EPR de Flamanville a de graves défauts

L’EPR (Réacteur Pressurisé Européen) est souvent présenté comme l’avenir de la filière nucléaire. En réalité, il concentre les principales failles de l’industrie nucléaire. Retards, coûts colossaux, risques en matière de sûreté… Interpelons l’Autorité de sûreté nucléaire pour qu’elle ne valide pas la cuve défectueuse de l’EPR !

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a détecté, dès 2005, de graves problèmes liés aux procédures de fabrication des aciers à l’usine Creusot Forge, où devait être fabriquée la cuve de l’EPR. Bien que l’ASN en ait averti EDF et Areva, cela n’a pas empêché la fabrication ni l’installation de cet équipement qui s’avère aujourd’hui défectueux… En cas d’accident, on risque une rupture de la cuve avec une catastrophe de type Tchernobyl.

Afin qu’elle homologue cette cuve malgré ses défauts, une pression considérable est exercée sur l’ASN de la part d’EDF, d’Areva, de l’État français et même de la Commission européenne. À nous, citoyens, de faire contrepoids et de rappeler que les intérêts de l’industrie nucléaire ne doivent jamais passer avant la protection des populations.

Texte et Illustration «Sortir du Nucléaire»

Je vous invite à signer la pétition de «Sortir du nucléaire» pour exiger de l’Autorité de sûreté nucléaire qu’elle ne valide pas la cuve de l’EPR.

la cuve de cristal

Rendez-vous sur le site de Sortir du nucléaire:
Cliquer sur l’image
http://sortirdunucleaire.org/Petition-cuve-EPR

Note

L’ASN a laissé monter cette cuve qu’elle sait non conforme sans protester énergiquement.
On sait maintenant aussi que sur de nombreuses centrales ont été montées des pièces non conformes aux normes de sécurité. Il faudrait que l’ASN se réveille et prouve qu’elle sert à quelque chose.
Il est vrai qu’elle ne semble pas avoir de moyens suffisants et qu’elle doit généralement se contenter des rapports que lui envoie le fabriquant.

Le 17 avril 2017


Avr 09

Tchernobyl: Atlas des contaminations radioactives en France

Vous pouvez télécharger gratuitement la version numérique de l’Atlas
sur la page suivante des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Contaminations radioactives
CRIIRAD & André Paris
Éditions Yves Michel

A-t-on menti aux populations françaises, en 1986, sur les dépôts de radioactivité consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl ? La contamination des sols était-elle vraiment négligeable, les risques infimes et toute mesure de protection inutile ? Quelles sont les régions, les communes épargnées par les retombées de Tchernobyl ? Que reste-t-il, aujourd’hui, dans les sols ? Peut-on désormais se fier aux informations diffusées par les services officiels ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – présente en première partie le dossier accablant qu’elle a constitué, tout au long des années, passant au crible les informations et les cartes publiées par les services officiels, étayant ses démonstrations sur le résultat des investigations et contre-expertises de son laboratoire.

Avoir accès à une information indépendante et argumentée sur la radioactivité est une revendication citoyenne légitime et nécessaire face aux dysfonctionnements des services de l’Etat. Cet atlas de référence fournit des cartes et des informations inédites utiles à tous ceux qui veulent comprendre le débat sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. C’est le résultat de plus de 3000 mesures réalisées de 1999 à 2001 par le géologue André Paris dans toute la France, et jusqu’en Ukraine, au coeur de la zone interdite. Ces mesures ont été effectuées selon une méthodologie unique qui en garantit la reproductibilité.

Le travail réalisé, immense et incontournable, vient combler, autant qu’il est encore possible, les carences des services officiels dans l’évaluation de l’impact de Tchernobyl.

André Paris est géologue indépendant animé d’un infatigable souci de savoir.

Association à but non lucratif, créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD se bat depuis 1986 pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Elle a mobilisé les compétences de son laboratoire d’analyse (laboratoire spécialisé et agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour la mesure de la radioactivité de l’environnement) pour apporter à André Paris un soutien scientifique en procédant notamment, in situ et en laboratoire, à plusieurs séries d’intercomparaisons.

Les activités en césium 137 exprimées en Bq/m 2 et mentionnées dans l’Atlas rendent compte de la contamination superficielle des sols au moment de la réalisation des mesures entre 1999 et 2001. La période physique du césium 137 est de trente ans, c’est-à- dire que sa radioactivité est divisée par 2 tous les 30 ans du fait de sa désintégration. Le césium 137, détecté en 1999-2001 sur les sols en France provenait principalement du reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60 et des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Téléchargement gratuit de l’ATLAS sur cette page des éditions Yves Michel:
http://www.yvesmichel.org/product-page/sante/contaminations-radioactives/

Le 09 avril 2017


Mar 29

Le réacteur nucléaire de Halden en Norvège : un danger pour l’Europe

Il n’est pas en fusion mais les autorités nucléaires l’ont trouvé
« dans un état très spécial »…

Le site European News Weekly a réalisé la traduction du rapport de l’autorité de sûreté norvégienne vers l’anglais.
Merci à Pierre FETET d’avoir réalisé la traduction vers le français de ce texte.
Je vous invite à le lire sur son site www.fukushima-blog: Cliquer ICI

En voici la présentation et le sommaire:

La pollution radioactive à l’iode 131 en Europe au début de l’année 2017 a permis de mettre en lumière l’activité d’un réacteur inconnu du grand public, le réacteur de recherche de Halden en Norvège. Bien qu’il ne puisse être tenu responsable du nuage radioactif qui s’est étendu de l’Espagne à la Norvège en janvier-février, on a appris grâce à l’ONG norvégienne Bellona que ce réacteur avait connu un « incident » en octobre dernier. La lecture d’un rapport de l’agence de sûreté nucléaire norvégienne daté du 13 février 2017 permet de se rendre compte du danger que font courir aux Européens les utilisateurs de ce réacteur. On s’éloigne un peu de Fukushima mais pas tant que ça car la problématique est la même : panne de refroidissement du réacteur, risque d’explosion d’hydrogène, rejet d’iode 131 et autres radionucléides cancérigènes, MOX, … ça ne vous rappelle rien ?
Pierre Fetet

  • 1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité
  • 2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »
  • 3. L’« Incident » du 24 octobre 2016
  • 4. Expérimentation de nouveaux combustibles
  • 5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?
  • 6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden
  • 7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets
  • 8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet évènement d’octobre 2016 ?
  • 9. Exiger des éclaircissements
  • 10. Annexes

Le 29 mars 2017


Mar 24

Il n’y a pas de Fukushima bis en Norvège

Voici des extraits du communiqué de la CRIIRAD :

Valence, le 14 mars 2017
(Complétée le 24/3/2017)

Confusion

Depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux, des messages très inquiétants comme “Alerte en ce jour (12 mars 2017) on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines (on évoque même fin octobre)..”.

Il s’agit d’une confusion entre deux évènements :

De l’iode 131 (isotope radioactif artificiel) a été détecté, à de faibles niveaux, dans l’air ambiant de plusieurs pays européens en janvier 2017. L’origine exacte de cet iode 131 n’est pas connue et plusieurs hypothèses sont envisageables. Voir communiqué CRIIRAD du 14 février 2017.

Il y a eu un incident sur un réacteur nucléaire en Norvège en octobre 2016, mais il n’y a pas à notre connaissance d’incident ou accident nucléaire actuellement en Norvège et les stations de mesure dont les résultats sont publiés sur le site du réseau Européen EURDEP ne montrent pas actuellement de radioactivité anormale en Norvège ou sur les pays proches.

Rejets d’iode 131 d’un réacteur Norvégien en octobre 2016
Il y a bien eu, le 24 octobre 2016 à 13H45 un incident significatif sur le réacteur nucléaire de l’IET (ou IFE)à Halden au sud-est d’Oslo en Norvège, lors de la manipulation du combustible usé. L’autorité Norvégienne de Protection Radiologique (NRPA) a signalé cet incident dans un communiqué du 25 octobre 2016.

Cet incident, qui a conduit à évacuer le personnel de la centrale, a entrainé des rejets radioactifs à l’atmosphère. Les autorités norvégiennes ont estimé le rejet à 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132. A noter que le communiqué ne précise pas comment ces estimations ont été effectuées, ni leur niveau de fiabilité. On peut s’étonner d’ailleurs du fait que les autorités n’aient pas fait état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées (tritium, carbone 14, gaz rares radioactifs) (voir complément en Annexe1 : les échanges du 16 mars 2017 avec la NRPA ont confirmé que les rejets anormaux ont duré jusqu’au début novembre et ont concerné d’autres radionucléides).

Heureusement, la situation a pu être maîtrisée. Cet « incident » d’octobre 2016 pose de nombreuses
questions sur le plan de la sûreté (origine de l’incident), du défaut de transparence (l’exploitant n’a déclaré l’incident que 20 heures après), des insuffisances de la métrologie (pas d’évaluation de l’ensemble des rejets radioactifs). L’ONG Norvégienne Bellona, avait fait part en 2004 d’inquiétudes sur la sûreté et dénoncé des fuites d’eau lourde et des rejets élevés de tritium (isotope radioactif de l’hydrogène)…


A ce jour, rien ne permet de faire le lien entre les rejets d’iode 131 du réacteur de Halden en Norvège en octobre 2016 et la détection d’iode 131 dans l’atmosphère de plusieurs pays européens en janvier 2017.

Les résultats des mesures de radioactivité dans l’environnement effectuées en Norvège et dans les pays limitrophes en ce moment permettent d’affirmer qu’il ne s’est pas produit un “Fukushima bis” à Halden.

Cependant de nombreuses questions restent en suspens en ce qui concerne ce réacteur Norvégien, sa sûreté et l’impact de son fonctionnement.
Il serait nécessaire de conduire une enquête approfondie et indépendante sur la sûreté de ce réacteur.
De ce point de vue, la CRIIRAD considère que les éléments recueillis posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponse et donnent un sentiment de non maîtrise de la situation.

Voyez le texte complet et les résultats des mesures ICI

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD avec le support technique de Jérémie MOTTE, ingénieur environnement, responsable du service Balises de la CRIIRAD

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Le 24 Mars 2017