Fév 15

COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE BLOQUÉ À LA CENTRALE DU TRICASTIN :

UN DANGER GRAVE PÈSE SUR LES TRAVAILLEURS ET LA POPULATION : FACE À L’OPACITÉ NOUS INTERPELLONS LES AUTORITÉS

Communiqué de presse commun CAN 84, FRAPNA Drôme Nature Environnement, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (ADN), Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, Réaction En Chaîne Humaine, Réseau « Sortir du nucléaire », Sortir du nucléaire Sud Ardèche, Stop Nucléaire Drôme-Ardèche (ADN), Stop Tricastin – 15 février 2019

Depuis le 3 février, un assemblage de combustible est bloqué dans le réacteur n°2 du Tricastin et menace de chuter. Cette situation fait peser un risque important pour les travailleurs et les riverains. Or EDF SA n’a pas informé les populations de sa gravité. Pire, l’entreprise maintient l’organisation d’ateliers pour enfants sur le site nucléaire pendant les vacances de février Nos associations dénoncent cette opacité et interpellent les autorités.

Le 3 février, lors d’une opération de déchargement de combustible sur le réacteur n°2, un assemblage de combustible nucléaire est resté coincé. Des opérations périlleuses devront être engagées pour le décrocher. En effet, celui-ci est actuellement suspendu au-dessus des 156 autres assemblages présents dans le cœur du réacteur : s’il venait à chuter, des gaines de combustible pourraient être endommagées.

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Lire le communiqué en entier

Le communiqué de la CRIIRAD


Fév 15

ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM : conférence à Genève le 7 mars 2019

À 18H AU PALAIS EYNARD

Le traité EURATOM, établi en 1957, a institué la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique chargée de développer des industries nucléaires puissantes en Europe.

C’est également sous son égide que sont fixées les normes de protection contre les dangers de la radioactivité. Le conflit d’intérêt est criant, au détriment de la protection des populations.

Plus de 60 ans après sa création, ce traité maintient l’énergie nucléaire en dehors du fonctionnement normal des institutions européennes. Ce régime d’exception est aussi anachronique qu’anormal.

Lire la suite

ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM : CONFÉRENCE À GENÈVE LE 7 MARS 2019 À 18H AU PALAIS EYNARD


Fév 09

L’assemblage suspendu du Tricastin

Origine: AIPRI
Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants.
L’AIPRI a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne.
https://aipri.blogspot.com/2019/02/lassemblage-suspendu-du-triscatin.html

vendredi 8 février 2019

Le 3 février dernier le réacteur N°2 du Tricastin a connu un accident aux conséquences potentiellement très graves comme le souligne à très juste titre la CRIIRAD. Un des 157 assemblages de quelque 750 kg et de plusieurs millions de Curie, qui aurait dû rester dans la cuve comme les autres, a été emporté avec le couvercle de plus de 66 tonnes durant les opérations de maintenance. Incorporé au couvercle, son système de blocage supérieur dans la cuve ne s’est pas déverrouillé et il est resté accroché au couvercle.

Il est à l’heure actuelle sous 9 mètres d’eau sans que l’on sache s’il a été partiellement ou intégralement retiré de son logement. Retirer sous l’eau un assemblage requiert une manipulation experte et un outillage adéquat car il doit être soulevé de manière parfaitement verticale tant le logement qui l’accueille est étroit. Tout balancement horizontal au moment de l’extraction risque de coincer si non de rompre ce parallélépipède rectangle de plus de 4 mètres de long qu’est un assemblage. En deux mots, sans compter le risque d’un déverrouillage impromptu qui le précipiterait sur le cœur, le couvercle n’est pas le treuil approprié pour extraire un assemblage.

Le fait est que plus de 66 tonnes en attente d’être calées sont suspendues au-dessus du réacteur ouvert, que plusieurs semaines inquiètes seront nécessaires avant de venir à bout de cet accident et que c’est là la troisième fois que ce type d’anomalie survient au Tricastin. L’AIPRI salue de tout cœur les agents qui maintenant s’efforcent de désamorcer ce potentiel désastre.


L’article de la CRIIRAD sur le même sujet


http://criirad.org/installations-nucl/tricastin-mesures/CP_CRIIRAD_190206_Incident_Centrale%20Nucl%C3%A9aire_Tricastin.pdf


Notes techniques fournies par l’AIPRI:

Radioactivité effective et radiotoxicité potentielle de l’assemblage suspendu au Tricastin qui sera ici considéré composé d’UOX et émettant 1/157ème de la radioactivité des 157 assemblages de ce réacteur de 915 MWé.

Estimations à deux dates différentes de l’arrêt. (NB. Si l’assemblage s’avérait au MOX la radiotoxicité potentielle serait là nettement plus élevée en raison de la quantité bien supérieure de plutonium et de ses dérivés d’activation, tous très fortement radiotoxiques.)

10 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale est divisée par 11 et s’élève à 8,5 millions de Curie soit 314 millions de milliards de Becquerel. La radiotoxicité par inhalation n’a cependant été elle divisée que par 1,09 et représente, selon les facteurs de dose de l’ICRP, encore un potentiel maximal de 16,6 milliards de Sievert pendant que la radiotoxicité par ingestion a été divisée par 2,7 et a encore un potentiel de 697 millions de Sievert.

20 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale est divisée par 14,6 et s’élève à 6,4 millions de Curie soit 237 millions de milliards de Becquerel. La radiotoxicité par inhalation n’a cependant été elle divisée que par 1,12 et représente encore un potentiel maximal de 16,2 milliards de Sievert pendant que la radiotoxicité par ingestion a été divisée par 3,6 et a encore un potentiel de 521,1 millions de Sievert. (NB. A 20 jours, uraniums et trans-uraniums comptent pour seulement 1,2 % de la radioactivité résiduelle mais comptent par contre pour 84% de la radiotoxicité potentielle par inhalation, si l’on en croit l’ICRP.)

Estimations pour les seuls gaz.

Les gaz sont de par leur nature volatile toujours les premiers immanquables candidats à l’évasion, accident ou pas. A deux dates différentes de l’arrêt, voici leur radioactivité probable dans cet assemblage suspendu et la radiotoxicité potentielle qui leur est associée selon les paramètres officiels de l’ICRP de conversion des Becquerel de chacun en dose.

10 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale des gaz a été divisée par 29,3 et s’élève à 530,7 mille Curie soit 20 millions de milliards de Becquerel. Leur radiotoxicité potentielle rémanente par inhalation est de 53,1 millions de Sievert et par ingestion de 154,2 millions de Sievert.

20 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale des gaz a été divisée par 95,7 et s’élève à 162,64 mille Curie soit 6 millions de milliards de Becquerel. Leur radiotoxicité potentielle rémanente par inhalation est de 22,1 millions de Sievert et par ingestion de 64,7 millions de Sievert.

*****

Activité totale du cœur atomique

Un réacteur atomique de 915 MWé engendre une radioactivité d’environ 14,66 milliards de Curie (5,42E20 Bq) qui représente selon l’ICRP un potentiel radiotoxique par inhalation de 2,84 mille milliards de Sievert et une radiotoxicité potentielle par ingestion de 292,80 milliards de Sievert. (Diviser les Sievert par 5 pour convertir en doses létales aigües potentielles, « à la Litvinenko » pour s’entendre.)


L’article sur le site de l’AIPRI
https://aipri.blogspot.com/2019/02/lassemblage-suspendu-du-triscatin.html

L’article de la CRIIRAD
:http://criirad.org/installations-nucl/tricastin-mesures/CP_CRIIRAD_190206_Incident_Centrale%20Nucl%C3%A9aire_Tricastin.pdf

Le silence de la presse est remarquable !!!


Jan 21

Naoto Kan en France

Il était premier ministre au Japon lors de la catastrophe de Fukushima

En février, l’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan viendra exceptionnellement dans trois villes de France pour faire le point sur la situation au Japon autour de la préfecture de Fukushima. L’ancien homme d’État japonais viendra également présenter trois avant premières de la nouvelle version du film «Fukushima : le couvercle du soleil» puis participera aux débats post-projection.
Officiellement, le thriller haletant qui retrace les heures et les jours qui suivirent la catastrophe de Fukushima de l’intérieur sortira le 6 mars en salle.

Avant premières « Fukushima, le couvercle du soleil »
VALENCE (26), GRENOBLE (38), PARIS (75)

PROGRAMME DES TROIS JOURS DE NAOTO KAN EN FRANCE :

Le lundi 18 février à Valence :
À 16h00, Naoto Kan visitera les locaux et le laboratoire de la CRIIRAD.
À 20h00 au cinéma Le Navire, 9 boulevard d’Alsace, il participera à la projection et au débat sur le film Fukushima, le couvercle du soleil.

Le mardi 19 février à Grenoble :
À 14h00 : visite du site de production d’électricité renouvelable
À 20h00 au cinéma Le Club, 9 bis rue du Phalanstère, il participera à la projection et au débat sur le film Fukushima, le couvercle du soleil.

Le mercredi 20 février à Paris :
À 20h00, au Forum des Images, Forum des Halles, 2 Rue du cinéma (75001), il participera à la projection et au débat sur le film Fukushima, le couvercle du soleil, animé par Audrey Pulvar et en compagnie de Corinne Lepage.


Tous les événements de l’agenda de «Sortir du nucléaire»
http://sortirdunucleaire.org/Agenda


Jan 20

L’impasse nucléaire française

Un film de Greenpeace:
https://greenpeacefilmfestival.org/film/nucleaire-limpasse-francaise/

Depuis 50 ans, la France satisfait 75 % de ses besoins en électricité grâce à la filière nucléaire.
Un cas unique au monde. Cette dépendance mène aujourd’hui l’entreprise publique EDF tout droit à la faillite.
Le nouveau réacteur français, l’EPR, accumule les retards de livraison, en France (à Flamanville), comme en Finlande.
Les coûts continuent de grimper et c’est en dizaine de milliards que se chiffrent aujourd’hui les dépenses de la France pour tenter de maîtriser cette technologie trop complexe.
Alors pourquoi la France a-t-elle donné le feu vert à la construction de deux autres EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point ? Et ce malgré de violentes oppositions au sein même d’EDF ?
Alors que de plus en plus de pays sortent du nucléaire, qu’on ne sait toujours pas comment démanteler les centrales en fin de vie ni que faire des déchets radioactifs, et que le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, la France est de plus en plus isolée dans ses choix pro-nucléaires.
Des choix qui pèsent très lourds sur le budget de l’État et qui font prendre à la France un retard colossal sur sa nécessaire transition énergétique.
Qui paiera la facture du nucléaire ? Un film écrit et réalisé par Patrick Benquet

Le mot du réalisateur

Ceux qui défendent le nucléaire perçoivent le monde à travers une industrie dont ils refusent de reconnaître le déclin.
La révolution des renouvelables en marche dans nos sociétés est vue comme une agression.
Ils s’entêtent : le nucléaire produirait une électricité plus sûre et moins chère que toutes les autres formes d’énergie…
Notre film souhaite démontrer que cet argument est non seulement faux mais qu’en outre il cache une réalité financière catastrophique : la facture que les générations futures vont avoir à payer à cause du nucléaire est colossale.
Chaque catastrophe nucléaire (Tchernobyl, Fukushima) en augmentant l’obligation de nouvelles mesures de sécurité, fait exploser les coûts et aboutit à la construction de prototypes comme l’EPR, hors de prix et technologiquement tellement compliqués que nombre d’ingénieurs disent aujourd’hui qu’il ne fonctionnera jamais.
Patrick Benquet

Pourquoi ce choix ?

Cette enquête complète tournée en France, en Chine, en Allemagne, en Grande-Bretagne et au Japon explique les enjeux de l’industrie nucléaire et les raisons pour lesquelles le gouvernement français refuse d’abandonner cette technologie, malgré les mises en garde de spécialistes.
Les interventions de salariés d’EDF, témoins de l’intérieur, mettent en lumière une situation plus qu’alarmante et nous invitent à nous interroger sur l’avenir de cette industrie française.

voir aussi les autres films 2019 de Greenpeace
https://greenpeacefilmfestival.org/edition/2019/

Oct 05

Nucléaire, la fin d´un mythe

Public Sénat-diffusion du documentaire de Bernard Nicolas, Thierry Gadault et Hugues Demeude. Réalisé par Bernard Nicolas

« Nucléaire, la fin d’un mythe »

Samedi 06 octobre 2018 à 23h25
et
Dimanche 07 octobre 2018 à 12h25

54min
D´ici à 2028, 34 des 58 réacteurs vont fêter leur quarantième anniversaire, âge limite d´exploitation fixé lors de la construction du parc. EDF surendetté n´a pas les moyens de remplacer ces réacteurs en fin de vie. Ce film raconte comment la France, par choix politique, s´est rendue totalement dépendante du nucléaire jusqu´à se mettre dans une dangereuse impasse.
Ce film montre aussi que simultanément au vieillissement des centrales nucléaires, plusieurs barrages stratégiques d´EDF donnent quelques signes de faiblesse inquiétants.
Qui ont été les acteurs de cette stratégie électronucléaire ? Comment s´est-elle été imposée dans les coulisses de l´Etat, quels ont été les moments clés ? Quels sont aujourd´hui les véritables raisons et les risques liés au prolongement de la durée de vie du parc en exploitation ?
Une enquête rigoureuse au coeur de la machine nucléaire française avec les témoignages des différents acteurs du secteur.

Un film de Bernard Nicolas, Thierry Gadault et Hugues Demeude Réalisé par Bernard Nicolas Une coproduction : Bonne Pioche /Public Sénat Avec la participation de France Télévisions

Plus d’info ici

Le 5 octobre 2018


Oct 05

Flamanville: Les soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur ne sont pas bonnes

Une note de L’Autorité de Sûreté Nucléaire du 03/10/2018:

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Soudures-de-l-EPR-un-travail-technique-important-reste-a-faire

>>

Anomalies des soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur EPR de Flamanville 3 : un travail technique important reste à faire

Objet : Réacteur EPR de Flamanville 3 – Soudures des tuyauteries VVP
Exigences d’exclusion de rupture et défauts non détectés lors des contrôles de fin de fabrication

Les soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur EPR de Flamanville 3 sont concernées par des écarts de conception et de réalisation.

EDF a informé l’ASN, par courrier le 23 juillet 2018, de la démarche de traitement des écarts qu’elle envisage de mettre en œuvre. L’ASN avait noté favorablement la proposition de remise à niveau d’une partie des soudures avec un procédé de soudage permettant de respecter les valeurs de résilience prévues dans le référentiel d’exclusion de rupture de ces tuyauteries.

EDF envisage néanmoins le maintien en l’état de certaines soudures, dont les 8 soudures situées au niveau de l’enceinte de confinement. L’ASN considère notamment que cette option nécessite la réalisation d’un programme conséquent d’essais visant à mieux caractériser les propriétés mécaniques des soudures. Dans la mesure où il n’est pas certain que cette démarche aboutisse, l’ASN invite EDF à engager dès à présent les actions préalables à la réparation des soudures concernées.

Les propositions d’EDF feront l’objet d’une instruction par l’ASN avec l’appui technique de l’IRSN. L’ASN consultera son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires dans le cadre de cette instruction.

L’ASN considère par ailleurs que les écarts constatés traduisent une défaillance de la surveillance réalisée par EDF sur certaines activités du chantier du réacteur EPR de Flamanville. Elle demande par conséquent à EDF d’étendre la revue de la qualité des matériels installés sur ce réacteur.

Enfin, le premier écart ayant été identifié par EDF en juillet 2015, l’ASN considère que la gestion de cette situation par l’exploitant a été défaillante. L’ASN demande donc à EDF d’effectuer une analyse approfondie des dysfonctionnements survenus au sein de ses services et de ceux de ses fournisseurs. EDF devra également expliquer l’information tardive de l’ASN, au début de l’année 2017.

>>

L’article original sur le site de l’ASN:

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Soudures-de-l-EPR-un-travail-technique-important-reste-a-faire

En savoir plus :lire l’article détaillé de l’ASN

Soudures des tuyauteries VVP.
Exigeance d’exclusion de rupture et défauts non détectés lors des contrôles de fin de fabrication. (PDF 193 Ko)


Note:

Je ne suis pas technicien mais je suis effaré par la quantité de malfaçons trouvées sur les centrales nucléaires.

«Exigeance d’exclusion de rupture»: cela signifie qu’une rupture d’un élément ou içi d’une soudure est considérée comme impossible. La réalisation de la pièce, de la soudure doit exclure ce risque. Il n’y a donc pas de protection supplémentaire installée pour ce risque puisqu’il est exclu. Les accidents nucléaires nous ont prouvé que l’impossible finit par arriver…Et si la pièce est en plus défectueuse…

Le 5 octobre 2018


Sep 20

Mycle Schneider : Dans le monde, « le nucléaire devient insignifiant »

Un article de « Reporterre »
https://reporterre.net/Dans-le-monde-le-nucleaire-devient
11 septembre 2018
Émilie Massemin (Reporterre)

Mycle Schneider est consultant international indépendant sur les questions de politique énergétique et nucléaire. Il est également l’auteur principal et l’éditeur du World Nuclear Industry Status Report 2018.
https://www.worldnuclearreport.org/World-Nuclear-Industry-Status-Report-2018-HTML.html

Mycle Schneider

Mycle Schneider

Le « Rapport sur l’état de l’industrie nucléaire dans le monde », établi par des experts internationaux indépendants, est officiellement présenté en France ce mardi 11 septembre. Parmi ses conclusions : une filière à la traîne loin derrière les énergies renouvelables, y compris en Chine, pourtant leader mondial de l’atome. Reporterre a fait le point avec Mycle Schneider, auteur principal et éditeur de ce rapport.

Mycle Schneider — Nous établissons ce rapport tous les ans depuis plus d’une dizaine d’années. Son objectif est de proposer une base factuelle aux débats sur les politiques nucléaires. Je trouve insupportables les discussions en l’air, comme s’il n’existait pas de chiffre sur le nombre de réacteurs nucléaires actuellement en construction, comme s’il s’agissait d’une opinion. … D’où ce rapport : on y donne des définitions très précises de ce qu’est un réacteur en construction, en fonctionnement, en démantèlement ; on donne les chiffres ; et on indique les sources — le texte compte plus de 12.000 notes de bas de page.

La première conclusion est que la Chine continue de dominer le paysage. Sur les quatre réacteurs nucléaires mis en service en 2017, trois étaient en Chine et le quatrième était au Pakistan, mais avait été construit par les Chinois. Par ailleurs, si la production mondiale d’électricité nucléaire a augmenté de 1 % en 2017, c’est le fait de la Chine.
Si l’on exclut la Chine, la production d’électricité nucléaire a baissé pour la troisième année consécutive. Mais même en Chine, la question de l’avenir du nucléaire se pose.

Deuxième point : le nucléaire devient irrelevant — je ne sais pas quel est le mot correspondant en français [« non pertinent »]. En effet, les capacités de production d’électricité ont augmenté de 257 gigawatts net — moins les arrêts — en 2017 au niveau mondial. Là-dedans, les quatre réacteurs mis en service ne représentent que 3,3 gigawatts, moins 2,3 gigawatts pour trois réacteurs arrêtés, donc 1 gigawatt net — insignifiant, irrelevant ; les énergies renouvelables, en revanche, représentent 157 gigawatts, soit plus de 60 % des nouvelles capacités nettes ! On fait toujours comme si le nucléaire était important, mais c’est surtout une perspective franco-française où il produit toujours plus de 70 % de l’électricité consommée. Et encore, ce chiffre est à nuancer : le nucléaire ne produit que 16 % de l’énergie finale, encore majoritairement issue du pétrole.

Un de ces nouveaux chapitres est consacré à l’avancement du démantèlement dans le monde. En effet, jusqu’à présent, nos statistiques s’arrêtent avec l’arrêt définitif du réacteur. Ainsi, mi-2018, 173 réacteurs étaient définitivement arrêtés dans le monde. D’où la question que nous nous sommes posée : que se passe-t-il ensuite ?

Nous avons aussi consacré un nouveau chapitre aux interdépendances entre nucléaire civil et militaire. La question de départ était : pourquoi cette dynamique de construction de nouveaux réacteurs ou de prolongation de réacteurs vieillissants ?


Pour lire l’article complet sur « Reporterre


Consulter le rapport sur l’état du nucléaire dans le monde
World Nuclear Industry Status Report 2018

Le 20 septembre 2018


Juil 16

Théatres d’Outre mer en Avignon– « LES CHAMPIGNONS DE PARIS », essais(polynésiens) transformés !

Texte original:
https://la1ere.francetvinfo.fr/theatres-outre-mer-avignon-champignons-paris-essais-polynesiens-transformes-608855.html

l'affivhe du spectacle
Grâce à ce spectacle, « Les Champignons de Paris», la compagnie polynésienne du Caméléon montre à quel point le théâtre citoyen est nécessaire dans les Outre-mer.

En racontant les conséquences individuelles, politiques et historiques des essais nucléaires qui se sont déroulés sur 30 ans dans l’archipel polynésien, la pièce livre à la fois les clés pour comprendre, une critique lucide d’un scandale d’État et un message fort.

Le spectacle « Les Champignons de Paris » pourrait se classer parmi ce que l’on appelle du théâtre documentaire. Ce genre, qui commence à faire florès sur les scènes de théâtre, en France et ailleurs, se veut un subtil mélange entre fiction et réalité montrée – la plupart du temps grâce à la diffusion d’éléments sonores ou à la projection d’archives ou de documents empruntés à l’actualité – tendant à expliquer, argumenter, dénoncer des faits historiques ou contemporains et se mêlant au récit… Un procédé qui unit plus ou moins habilement les faits et l’intime. À cet exercice, « Les Champignons de Paris » s’en sortent haut la main. C’est une réussite à la fois émouvante et édifiante, qui touche au cœur comme elle touche à l’esprit.

Plongée dans l’Histoire

Très loin du contexte culinaire que pourrait évoquer leur titre, ces « Champignons… » donneraient plutôt la recette pour comprendre comment une nation, la République française, sous l’air de « si vis pacem, para bellum » (si tu veux la guerre, prépare la guerre), a volontairement exposé l’un de ses territoires, la Polynésie française, aux radiations entraînées par les tirs nécessaires aux perfectionnement de son arsenal nucléaire. De 1966 à 1996, dans le cadre de ce programme nucléaire militaire, 193 tirs aériens et souterrains ont été ainsi opérés à Moruroa et Fangataufa, près de Tahiti.

Sur scène, plongée dans l’Histoire : l’auteure Emilie Genaedig et le metteur en scène François Bourcier convoquent les fantômes du Général de Gaulle, des ministres et des protagonistes militaires de l’époque, jusqu’au président Jacques Chirac relançant les essais puis annonçant leur arrêt définitif ; une multitude de personnages-clés se succèdent non seulement en images d’archives mais également par le truchement des acteurs. Ils sont trois sur scène endossant tour à tour le rôle des décideurs mais aussi des victimes, d’abord consentantes devant les promesses de richesses et d’avantages que le gouvernement français leur octroient, puis de plus en plus rétives devant les conséquences sanitaires épouvantables dont la Polynésie paie encore le prix fort de nos jours.

Trois comédiens pleins de talent

Les trois comédiens sont d’une grande justesse dans tous ces rôles : Tepa Teuru, Tuarii Tracqui et Guillaume Gay, par leurs interprétations, sont d’admirables passeurs de ce pan de l’histoire de France, aussi touchants quand ils jouent de simples travailleurs dans ces unités œuvrant à l’élaboration des tirs (on apprend notamment, consternés, quelle différence était faite entre militaires, vivant dans des bunkers relativement protégés des radiations et civils locaux, logés dans de simples baraques en bois…) que convaincants dans les rôles de militaires décisionnaires à Paris et en Polynésie ou autorités locales dépassées par les exigences françaises ou encore, personnalités politiques polynésiennes qui ont osé à l’époque se dresser contre le scandale annoncé.

Le public d’Avignon ne s’y est pas trompé en se rendant nombreux voir ces « Champignons… » dès les premières représentations : un thème volontairement méconnu, un scandale en puissance, la certitude d’en apprendre davantage sur l’envers (l’enfer ?) de ce décor paradisiaque polynésien et il n’en fallait pas plus pour que ce spectacle en particulier attise la curiosité des spectateurs jusqu’à pousser les portes de la Chapelle du Verbe Incarné. Le TOMA serait bien inspiré de réitérer ce type de sélection pour peu que les auteurs et les compagnies poursuivent ce genre de théâtre documentaire et de travail salutaire. Car les Outre-mer, du chlordécone aux Antilles ou à certaines affaires politiques, en passant par les petits bégaiements et les grands travers de l’Histoire, ont matière à fournir pour voir pousser d’autres « Champignons de Paris » sur scène…

Par Patrice Elie-Dit-Cosaque
Publié le 14/07/2018 à 11:46, mis à jour le 14/07/2018 à 11:47

« Les Champignons de Paris » jusqu’au 28 juillet à 21h35 à la Chapelle du Verbe Incarné (http://www.verbeincarne.fr/fr/), Festival d’Avignon.

Pour en savoir plus sur la compagnie du Caméléon : www.caméleon.pf

Texte original: https://la1ere.francetvinfo.fr/theatres-outre-mer-avignon-champignons-paris-essais-polynesiens-transformes-608855.html

le 16 juillet 2018


Juil 08

La commission d’enquête de l’assemblée Nationale française a rendu son rapport sur la sécurité et la sûreté des installations nucléaires:

Présentation:

Sur le site de l’Assemblée nationale:
http://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete/commission-d-enquete-sur-la-surete-et-la-securite-des-installations-nucleaires

<<
L’augmentation du nombre d’incidents survenus au sein des centrales nucléaires françaises au cours de ces dernières années, bien qu’ils n’aient jamais dépassé le niveau 2 sur l’échelle INES (de l’anglais International Nuclear Event Scale) graduée de 0 à 7, ainsi que les incursions répétées de militants opposés à l’énergie nucléaire ont conduit à la création d’un commission d’enquête, le 20 décembre 2017 permettant l’examen à la fois sur la sûreté matérielle de nos installations nucléaires et leur sécurité à l’égard de tout acte de malveillance.

Événement plus rare, la commission d’enquête a sollicité un organisme expert pour éclairer ses débats. En effet, confrontée à des positions divergentes de ses interlocuteurs sur la question technique du refroidissement à sec ou en piscine des combustibles usagés encore hautement radioactifs, elle a demandé à l’IRSN un rapport sur les mérites et les inconvénients respectifs de ces deux méthodes d’entreposage ( voir le rapport de l’IRSN).

Le présent rapport, suite aux 43 auditions menées entre février et juin 2018 (tome 2) , conclut par la publication de 33 préconisations (tome 1).

Ces préconisations visent à :

  • lutter contre les risques d’endogamie de l’expertise,
  • renforcer le rôle de l’ASN,
  • mieux envisager les accidents,
  • contrôler la sous-traitance et mieux protéger ses salariés,
  • repenser la gestion des déchets et des combustibles,
  • prévenir les actes de malveillance,
  • mieux contrôler le démantèlement,
  • améliorer le contrôle démocratique.

>>

Voir le rapport de la commission d’enquête

Le rapport de l’IRSN concernant l’entreposage du combustible nucléaire usé.
Il s’agit ici de l’entreposage provisoire du combustible encore très « chaud » qui vient d’être sorti des réacteurs.

Le 08 juillet 2018