Jan 31

Césium et Iode radioactifs ne sont pas les seuls rejets nucléaires

QUI SE CACHE DANS LA FORÊT DERRIÈRE L’ARBRE “CÉSIUM“ ?
Un exemple : le CERIUM 144.

Dr A. BEHAR,Médecine Nucléaire (MCU-PH)
président le l’Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire ( AMFPGN)
Janvier 2017.

Il existe une montagne de publications scientifiques et autres sur le radionucléide “CÉSIUM 137”. Il n’est pourtant qu’un parmi les centaines d’isotopes produits, et pas le plus toxique, lors d’une explosion atomique ou dans les rejets des centrales nucléaires. De fait, tout se passe comme si le césium 137 n’est “qu’un arbre qui cache la forêt“.
Les raisons pragmatiques ne manquent pas eu égard à sa très facile détection avec son émission gamma de 662 KeV, sa demi vie idéale de 30 ans, ce qui laisse le temps de le trouver, son extraordinaire mobilité dans le sol et l’eau et son incorporation remarquable dans les végétaux comme les champignons. Il a donc tout pour plaire d’où son éligibilité comme témoin de la radio contamination. Mais pour nous médecins cela ne nous satisfait pas car il n’est pas aussi abondant que le strontium 90 bien plus dangereux avec sa fixation longue sur les os, et surtout il éclipse les centaines de radiotoxiques autrement plus redoutables (comme le plutonium, l’américium, etc.)

Il y a cependant quelques vedettes dans la forêt comme l’IODE 131 (pourquoi lui et pas les autres isotopes de l’iode tout aussi toxiques ?), Le tritium, tout de même le plutonium et, malgré ses difficultés de détection, le strontium 90.
Rappelons ici que la soudaine augmentation des ostéosarcomes à NEW YORK corrélée avec des retombées de strontium radioactif 6 fois plus élevées qu’en Argentine, est la raison première de l’abandon des essais nucléaires atmosphériques.

Et les autres, tous les autres ? Les petits, les sans grades, les mal vus par la communauté scientifique ? Ils restent à la portion congrue, et pourtant dans une approche multifactorielle de la radio-toxicité globale, ils sont pour les humains d’une importance décisive.
Parmi ceux ci, nous vous proposons de sortir de l’anonymat l’un d’entre eux, un métal de la famille des terres rares, LE CÉRIUM 144.

Il a eu ses heures de gloire lors des accidents de Mayak, de WINSCALE et de TCHERNOBYL avec une abondance remarquée, puis il est retombé dans l’oubli.
Voici les raisons de notre choix :

  • Dans les trop rares cas de recherche des radionucléides dans les urines des vétérans français des essais nucléaires radio contaminés, on a retrouvé du cérium 144 en quantité significative.
  • De 1945 à 1962, les essais nucléaires dans l’atmosphère ont libéré 2,2 10 puissance 19 de Cérium 144 dans l’environnement.
  • Les centrales nucléaires rejettent par an 3 millions de Becquerels de cérium 144 par mégawatt

Autour de la Hague, centre de retraitement des déchets radioactifs près de Cherbourg, le cérium 144 représente 12% des rejets d’émetteurs béta globaux. Mais qui s’en soucie ?….

Lire l’article entier
Qu’est-ce que le Cérium ?
la toxicité du Cérium
Cérium et radioprotection

Dr A. BEHAR


Le site de l’ AMFPGN

L’AMFPGN est affiliée à l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), prix Nobel de la paix en 1985, fédération d’associations de plus de 60 pays, qui regroupe des dizaines de milliers de praticiens. Son objectif premier est la prévention d’un conflit atomique. C’est la seule association médicale internationale indépendante entièrement dédiée à la recherche, l’éducation et l’action pour la prévention d’un conflit atomique. Ceci suppose en premier lieu une réponse médicale à la société nucléaire qui est la nôtre.
AMFPGN
5 rue Las Cases
75007 PARIS – FRANCE

Jan 22

Essais nucléaires en polynésie: les petits-enfants oubliés de la bombe

Une étude révélée par « Le Parisien »
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php

L’étude menée par le Dr Christian Sueur sur des enfants polynésiens dont les grands-parents ont travaillé sur les sites des explosions atomiques atmosphériques est alarmante

C’est un rapport qui dérange. Les essais nucléaires atmosphériques qui ont eu lieu, entre 1966 et 1974, en Polynésie française, ont-ils eu des répercussions génétiques sur les descendants des vétérans du Centre d’Essais du Pacifique (CEP) ayant participé à ces essais, et plus largement sur les populations locales ? C’est ce que laisse entendre le rapport alarmant du Dr Christian Sueur, responsable jusqu’en décembre 2017 de l’unité de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier de Polynésie française. Dans ce document que nous avons pu nous procurer, ce praticien, retourné en poste en Métropole depuis janvier, relève des anomalies morphologiques parfois couplées à des retards mentaux chez de nombreux enfants.

Les observations du docteur Sueur sont le fruit d’un travail de consultation et de recherche clinique, mené entre 2012 et 2017. Un travail réalisé à Tahiti, et dans cinq archipels, en particulier aux îles des Tuamotu-Gambier, l’une des zones les plus touchées par les retombées radioactives des 46 essais atmosphériques polynésiens menés durant huit ans à Mururoa et Fangataufa.

Déficiences génétiques

271 enfants ont consulté pour des troubles envahissants du développement (TED)*. Parmi ces jeunes patients, 69 d’entre eux ont également développé des anomalies morphologiques et/ou des retards mentaux. Dans son rapport, le praticien relève des pathologies liées à des déficiences génétiques, susceptibles d’avoir été provoquées par des retombées radioactives sur les « cellules germinales » des grands-parents, avant de se transmettre sur plusieurs générations. La grande majorité de ces enfants ont en effet des aïeux qui ont travaillé sur place à l’époque des essais nucléaires et dont les parents sont nés à cette période. Fait troublant, plus de 70 % de ces enfants ont des parents mais aussi des frères et sœurs qui ont développé des pathologies telles que leucémies, cancers du rein ou de la thyroïde. Autant de pathologies radio-induites, c’est-à-dire des maladies considérées comme pouvant être liées aux retombées radioactives.

Certaines données relevées dans ces îles des Tuamotu-Gambier posent question. À Tureia, atoll habité le plus proche de Mururoa et touché par 39 retombées radioactives, un enfant sur 4 est atteint d’un cancer de la thyroïde, de jeunes adultes sont décédés à la trentaine ou ont développé des pathologies héréditaires. Sur près de 300 habitants, le docteur Sueur a relevé une vingtaine de pathologies possiblement radio-induites, soit une morbidité d’une personne sur 5. À Reao, où vivent 369 habitants, près de 10 % de la population est touchée par une maladie radio-induite.

carte des retombées

document Le Parisien

Les responsables politiques alertés en vain

Étonné par cette concentration de cas dans une population infanto-juvénile sur une zone restreinte, Le Dr Sueur a alerté de cette situation il y a quelques années auprès des autorités polynésiennes et a interpellé les différents ministres de la Santé qui se sont succédés au sein du gouvernement polynésien. Sans effet.

Si des scientifiques se sont déjà intéressés aux différents cancers en Polynésie française, rares sont ceux qui se sont penchés sur la question des anomalies génétiques ou morphologiques chez les enfants. Dès 2012, le pédopsychiatre a travaillé sur le lancement d’un programme de recherche avec l’aide de Bruno Barrillot, délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires. Ceci jusqu’au décès de ce dernier en mars 2017.

L’idée des deux experts était de lancer une recherche épidémiologique chez les anciens travailleurs du CEP et leurs descendants (première et deuxième génération) mais aussi au sein de la population de la Polynésie française. En effet, selon des documents secret-défense déclassifiés en 2013, le territoire aurait été survolé dans son ensemble par les nuages radioactifs.

*Les troubles envahissants du développement peuvent se traduire par différentes pathologies : autisme, syndrome de Rett, syndrome d’Asperger, dysharmonies d’évolution.

«Le parisien» du 20 janvier 2018
Suliane Favennec
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php


Notes:

Dommage que l’étude envisagée par le Dr Sueur et Bruno Barillot ait été bloquée.

Comme prévisible,le service de santé des armées critique l’étude qu’il juge «excessive». Mais dès les premières lignes de la réponse des militaires on peut lire: « Nous ne menons aucune étude sur ces enfants……»
a lire ici:
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-l-armee-francaise-conteste-l-etude-du-docteur-sueur-21-01-2018-7513143.php

«Nous avons servi de cobayes» : témoigne le père d’une enfant atteinte de troubles du développement
http://www.leparisien.fr/faits-divers/polynesie-nous-avons-servi-de-cobaye-a-l-epoque-des-essais-nucleaires-21-01-2018-7513140.php

Entretien avec le Dr Sueur qui avait commencé à organiser avec Bruno Barillot (délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires, décédé en mars 2017) une étude poussée, en liaison avec des scientifiques japonais.Projet stoppé :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-un-medecin-denonce-une-omerta-21-01-2018-7513137.php

Le blog du Dr Christian Sueur:
https://blogs.mediapart.fr/christian-sueur/blog/050811/les-essais-nucleaires-francais-dans-le-pacifique-n-etaient-pas-prop

La définition des «troubles envahissants du développement» par la haute Autorité de santé française:
https://www.has-sante.fr//portail/upload/docs/application/pdf/2010-03/autisme_et_autres_ted_etat_des_connaissances_resume.pdf

Le 22 janvier 2018


Jan 01

La pollution de l’Europe par le Ruthénium 106. Toujours le silence.

On ne sait toujours pas comment il se fait qu’une grande partie de l’europe a subi des retombées de Ruthénium radioactif

Dans son communiqué du 20 décembre 2017
la CRIIRAD fait le point et conteste le rapport russe
Voir le communiqué de la CRIIRAD (avec une carte)
http://criirad.org/accident-et-pollutions/2017-12-20_cp_Ru-106_enqu%C3%AAte-russe.pdf

L’AIEA (Agence internationale pour l’énergie nucléaire – agence de l’ONU) semble n’avoir publié qu’un relevé de mesures confidentiel « réservé aux autorités » (que la CRIIRAD a pu consulter). Effectivement en allant sur le site de l’AIEA, je n’ai trouvé aucune mention de l’accident.
L’OMS, autre agence de l’ONU: site muet sur la question du Ruthénium. L’OMS est censée se préoccuper de la santé des populations…

Les pays de l’Ouest de l’Europe n’ont pas subi de retombées préoccupantes (voir le rapport de la CRIIRAD)
Il semble bien que les populations proches du site de rejet n’aient bénéficié d’aucune mesure de protection.


Libérer l’ONU du nucléaire

À propos de l’AIEA et de l’ONU, toutes deux faisant partie de l’ONU, je vous propose de lire ces intéressantes interventions au «Forum social antinucléaire» de novembre 2017 à Paris
Ce sont les textes des contributions à l’atelier « Libérer l’ONU du nucléaire », animé par Michel Lablanquie, Yves Lenoir, Paul Lannoye et Nicole Roelens.

  • Nicole Roelens, « Pourquoi les peuples laissent-ils s’accomplir le crime nucléaire contre les prochaines générations ? »:
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Roelens-FSMAN-pourquoi-les-peuples-laissent-ils-s-accomplir-le-crime-nucleaire.pdf
  • Paul Lannoye, « La radioprotection doit être refondée,ses bases scientifiques sont erronées » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lannoye-FSMAN-2017.pdf
  • Yves Lenoir, « L’ONU et ses organes :des institutions de et pour l’âge atomique »
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/index-lenoir.html
  • Michel Lablanquie, « Les droits de l’ADN – Libérer l’ONU du nucléaire » :
    http://lotoisdumonde.fr/initiatives/FSMAN/Lablanquie-FSMAN-les-droits-de-l-adn.pdf

Les textes des interventions, qui ne sont pas retranscription, et de nombreuses autres sources sont publiés ici :http://tinyurl.com/yazl94mr

Voir aussi la synthèse qu’a faite le journal «Basta»:
https://www.bastamag.net/Nouvel-incident-nucleaire-en-Russie-le-silence-et-l-opacite-sont-toujours-la


Note

Tout cela est sérieusement inquiétant en ce qui nous concerne, nous, la population, lors de futurs accidents nucléaires; où qu’ils soient dans le monde. Il est fort probable que nous serons alors comme ici très mal informés et protégés…..
Mayak, Tchernobyl, Fukushima on montré qu’il est impossible de gérer efficacement un accident nucléaire civil. Quand à la joute actuelle entre Corée du Nord et USA, espérons qu’elle restera verbale…

Une bonne chose quand même en 2017: la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires par de nombreuses nations. Malheureusement, dans un coin de la cour de récréation, quelques fiers à bras ricanent et affirment qu’ils ne lâcheront jamais leur gros bâton atomique….

Le 01 janvier 2018