Sep 18

Le traité pour l’abolition des armes nucléaires sera ouvert à la signature le 20 septembre 2017

Les Nations Unies ont adopté le 7 juillet 2017 un traité qui interdit catégoriquement les armes nucléaires, par 122 voix pour – une contre, et une abstention.

Après plus de 10 ans d’efforts de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) et 72 ans après leur première utilisation

(extraits des communiqués de l’ICAN France)

Jusqu’à présent, les armes nucléaires étaient les seules armes de destruction massive qui n’étaient pas couvertes par un traité d’interdiction, malgré les conséquences humanitaires catastrophiques en cas d’explosion intentionnelle ou accidentelle. Les armes biologiques furent interdites en 1972 et les armes chimiques en 1992.

L’adoption de ce traité indique clairement que la majorité des États du monde n’accepte plus les armes nucléaires et ne les considère pas comme des outils de guerre légitimes.

L’objection répétée et le boycott des négociations par les États ayant des armes nucléaires démontrent que ce traité a un impact significatif sur leur politique. L’Histoire nous a montré que cela a été le cas avec les autres traités d’interdiction d’armes (les mines antipersonnel, et les bombes à sous-munitions). L’évolution des normes internationales conduit à des changements concrets dans les politiques et les comportements militaires, même dans les États qui ne sont pas parties au traité.

Alexia Berny, membre du CA d’ICAN France, a déclaré: « L’adoption de ce traité par l’ONU marque le début de la fin de l’ère nucléaire. Il est incontestable que les armes nucléaires violent les lois de la guerre et constituent un danger manifeste pour la sécurité mondiale. Personne ne croit que le fait de tuer indistinctement des millions de civils est acceptable — peu importe la circonstance — car c’est bien ce pourquoi les armes nucléaires sont conçues. »

Le traité crée également des obligations pour soutenir les victimes de l’utilisation d’armes nucléaires (Hibakusha) et des essais et pour réhabiliter les dommages environnementaux causés par ces armes. « La France ne pourra pas échapper à ses responsabilités vis-à-vis des Algériens et des Polynésiens qui ont été affectés directement par ses essais nucléaires » souligne Patrice Bouveret, membre du CA d’ICAN France.

Pour plus de détails sur ce traité, voir l’infographie de l’ICAN France (à diffuser librement)


Notes

Le traité, qui entrera en vigueur une fois ratifié par 50 pays, a été approuvé par 122 Etats membres, soit près des deux tiers des pays appartenant à l’Onu. Un pays a voté contre, un autre s’est abstenu. Mais des dizaines d’autres États membres dont la France ont boudé les négociations.

La France boycotte ce traité:

Communiqué du ministère des affaires étrangères:
Il s’agit d’un texte inadapté au contexte sécuritaire international, caractérisé par des tensions croissantes et la prolifération des armes de destruction massive, dont témoigne notamment la menace nucléaire nord-coréenne.
La France n’a pas participé aux négociations de ce traité et elle n’entend pas y adhérer. Ce traité ne nous lie pas et ne crée pas de nouvelles obligations. La décision d’un grand nombre d’Etats, dotés, possesseurs ou non d’armes nucléaires, de ne pas participer aux négociations, en Europe et en Asie notamment, illustre avec force ce décalage.
La politique de sécurité et de défense de la France, tout comme celle des alliés et d’autres partenaires proches, repose sur la dissuasion nucléaire.»
Le texte complet sur le site du Quai d’Orsay

Aux USA, il semble qu’on pense à fabriquer des bombes nucléaires à faible puisance et réglables; de façon à pouvoir les utiliser:
Voici un extrait de l’article du réseau international:
Reseauinternational.net/renovation-de-larmement-nucleaire-us-et-consequences/

Paul Selva, général de l’armée de l’air et vice-président de l’état-major interarmées US, estime que l’avenir de la dissuasion nucléaire réside, du moins en partie, dans les armes nucléaires plus petites, dont l’usage serait vraiment rendu possible. Selon lui, « Si nous faisons cela avec un missile balistique, un corps de rentré ou tout autre outil de l’arsenal, il est important d’avoir des armes nucléaires à rendement ajustable. » Le 3 août, devant l’Institut Mitchell de l’Association de l’armée de l’air du club de Capitol Hill, le numéro deux du commandement militaire a confirmé que, dans le cadre de la révision de la posture nucléaire du Pentagone, une nouvelle génération d’« armes nucléaires miniaturisées à faible rendement » était envisagée, afin d’assurer la crédibilité de la menace de l’arsenal nucléaire US.
Il pense que la riposte conventionnelle à l’attaque nucléaire ne suffirait pas à dissuader l’attaquant. Ce ne sont pas des armes tactiques ou de champs de bataille dont parle le général, mais plutôt des munitions dotées d’une puissance explosive décuplée ou réduite (rendement réglable) au moyen d’un système électronique à cadran. Cette combinaison de précision et de faible rendement en ferait les armes nucléaires les plus précieuses de l’arsenal, assurant aux USA la domination mondiale.
La menace d’une destruction mutuellement assurée ne joue pas avec les petites nations – comme la Corée du Nord et l’Iran – de la même manière qu’avec la Russie ou la Chine. Les USA doivent pouvoir lancer une attaque nucléaire sans conséquences mondiales contre un adversaire.


QUI est l’ICAN ?

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons
Le site de l’ICAN France: http://icanfrance.org/

Les organisations partenaires d’ICAN en France appellent les états, les organisations internationales, les organisations de la société civile (ONGs) et tous les acteurs à :

  • Reconnaître que toute utilisation des armes nucléaires auraient des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques
  • Reconnaître qu’il existe un impératif humanitaire d’interdire les armes nucléaires, même pour les états qui ne possèdent pas ces armes.
  • Reconnaître que les états dotés d’armes nucléaires ont une obligation de les éliminer complètement
  • Agir immédiatement pour soutenir un processus multilatéral de négociations d’un traité interdisant les armes nucléaires

le 18 septembre 2017


Sep 07

Cuve EPR et Creusot Forge : plus que quelques jours !

Utiliser une cuve nucléaire non conforme !???
Info CRIIRAD
    L’Autorité de Sûreté Nucléaire a mis en consultation publique

  • 1/ son projet d’avis concluant à l’aptitude au service de la cuve malgré les défauts de fabrication des calottes ;
  • 2/ son projet de décision fixant au 31/12/2018 la date butoir pour le contrôle des dossiers de fabrication des équipements sous pression nucléaires forgés par Creusot Forge.

Considérant

  • 1/ les zones d’ombre qui subsistent dans le dossier de validation de la cuve de l’EPR,
  • 2/ la nécessité de traiter en priorité les anomalies des équipements en service et de refonder d’urgence le système de contrôle des installations nucléaire,

la CRIIRAD s’oppose à l’autorisation de mise en service de la cuve de Flamanville 3 alors que ses composants ne respectent pas les exigences fondamentales de sûreté.
Rappelons que les possibilités de dérogation à ces exigences ont été définies très opportunément, et de manière très laxiste, par l’arrêté du 30 décembre 2015

    La CRIIRAD demande

  • 1/ une réduction des délais de vérification des dossiers de fabrication des équipements en service,
  • 2/ l’évaluation des risques associés et
  • 3/ l’instauration de mesures de sauvegarde pour toute la période d’incertitude et pour tous les équipements concernés.

Étant donné les failles gravissimes découvertes dans le système de contrôle, dans l’assurance qualité interne aux inspection de l’ASN en passant par la surveillance d’AREVA et EDF, il faut d’urgence identifier les causes des dysfonctionnements, de mettre en place des actions correctrices et s’assurer de leur efficacité.

Au vu des constats des 3 dernières années, les autorités devraient se demander s’il est possible, et à quelles conditions, de laisser en service les 58 réacteurs du parc électronucléaire français, et non s’employer à délivrer des dérogations pour passer outres les principes et exigences fondamentales de sûreté.

Nous vous invitons à participer, vous aussi, aux consultations de l’ASN (voir ci-dessous).
Nous sommes sans illusion sur les dispositifs officiels de « participation du public » mais vu la gravité des enjeux mieux vaut utiliser tous les leviers, quitte à dénoncer ensuite le passage en force des autorités. …

L’équipe de la CRIIRAD

Plus d’informations :
Communiqué de presse CRIIRAD du 6/09/2017
Note d’information CRIIRAD de 4 pages.


Consultations ASN

Pour participer aux consultations de l’ASN, vous vous devez d’abord créer votre compte. Cliquer ici pour accéder directement à la page « espace personnel » et vous inscrire. Vous recevrez ensuite un courriel de l’ASN avec un lien pour activer votre compte.

Vous pourrez alors insérer vos commentaires dans les consultations de l’ASN:

Projet d’avis l’ASN relatif à l’anomalie de la composition de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de la centrale nucléaire de Flamanville

Revue des composants fabriqués par l’usine Creusot Forge Areva NP installés sur les réacteurs électronucléaires en exploitation

NB : avec l’ascenseur, allez bien jusqu’au bas de la page, après les commentaires déjà insérés, pour trouver la zone AJOUTER UN COMMENTAIRE.

N’hésitez pas à utiliser les passages de nos documents qui vous paraissent convaincants. Si vous avez des difficultés, vous pouvez également utiliser quelques idées clefs reprises ci-dessous.

    LIEN 1 : Consultation ASN sur la cuve de l’EPR

  • 1/ L’affaire Creusot Forge a révélé des défaillances gravissimes dans le système de contrôle des activités nucléaires. Il est indispensable et prioritaire d’en rechercher les causes et de les traiter. Dans un tel contexte, il serait irresponsable d’autoriser la mise en service d’équipements critiques qui ne satisfont pas aux minima requis par la réglementation.
  • 2/ Faute de pouvoir accéder à l’ensemble du dossier, toute contre-expertise est impossible.
  • 3/ Les documents à disposition émanent tous d’organismes impliqués dans les dysfonctionnements qui ont conduit à l’installation des composants défectueux ;
  • 4/ Le texte introductif de l’ASN induit d’ailleurs le lecteur en erreur, en présentant comme hypothétique l’altération bien réelle des propriétés mécaniques de l’acier des calottes ;
  • 5/ Les conditions posées par l’ASN pour la mise en service (contrôle sous 30 mois pour le fond de cuve et limitation à 2024 de l’utilisation pour le couvercle) ne sont pas de nature à compenser la dégradation des performances de l’acier et ne démontrent pas qu’aucun défaut nocif ne peut apparaître avant ces échéances ;
  • 6/ La dangerosité de l’EPR, réacteur de 1650 MWe dont la construction a été émaillé de nombreux problèmes et qui ne bénéficie d’aucun retour d’expérience, impose de proscrire toute diminution des marges de sécurité, toute zone d’ombre, toute remise en question du principe fondamental de défense en profondeur ;
  • 7/ Areva et EDF ont sciemment passé outre leurs engagements, les prescriptions réglementaires et les rappels à l’ordre de l’ASN. Ils doivent en assumer les conséquences. Toute autre décision enverrait un signal délétère.

LIEN 2 : Consultation ASN sur Creusot Forge

La consultation accorde un délai beaucoup trop long pour la vérification des dossiers. L’examen des équipements en service aurait dû et doit encore passer avant l’étude des équipements en projet, et notamment de l’EPR. De plus, le dossier ne contient aucune analyse de risque et ne prévoit aucune mesure conservatoire pour toute la période où l’on ignore la nature et la gravité des éventuelles anomalies. Il faut également ajouter des prescriptions pour garantir la fiabilité des vérifications. On est très loin du niveau d’exigence requis pour des installations aussi dangereuses.


[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org
[3] Site Fukushima : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla
26000 Valence © Copyright 2017

Le 07 septembre 2017


Sep 03

Pas de droits de l’homme dans Namie à Fukushima ?

L’ordre d’évacuation des zones les plus peuplées de Namie, dans la préfecture de Fukushima, a été levé le 31 mars 2017.

Je transcris ici la partie française de l’article paru dans «Nos voisins 311»
Je vous invite à aller sur leur site voir l’article entier traduit en français et illustré

29/8/2017

Nous publions la carte la plus récente de densité de surface du sol de Namie créée par un groupe de mesures citoyennes nommé le «Projet de mesures de la radioactivité environnementale autour de Fukuichi (Fukushima Daiichi)».

la carte de la contamination de Namie

Cette carte est tout simplement terrifiante. Elle montre des niveaux de radio-contamination bien supérieurs au seuil défini pour une « zone contrôlée de radioactivité ».
Toute zone est désignée comme telle lorsque la dose efficace totale due à la radiation externe et celle due aux substances radioactives dans l’air est susceptible de dépasser 1,3 mSv par trimestre – sur une période de trois mois -, ou lorsque la densité de surface risque de dépasser 40.000 Bq/m2.
Dans la zone contrôlée de radioactivité, il est interdit de boire, de manger ou de passer la nuit. Même les adultes ne sont pas autorisés à rester plus de 10 heures. Pour quitter la zone, il faut passer par un dépistage rigoureux.

La radio-contamination de Namie va bien au-delà de ces chiffres. La densité moyenne de contamination du sol pour un total de 314 points dont le sol a été collecté et mesuré est de 858 143 Bq/m². La valeur maximale est de 6 780 000 Bq/m², et le minimum se lève à 31 400 Bq/m²!

Et les populations, y compris les nourrissons et les femmes enceintes, sont autorisées et encouragées à y retourner vivre en les persuadant qu’elles sont censées y être en sécurité. A la base, le gouvernement japonais ne reconnaît pas le droit humain fondamental de vivre dans un environnement sain. La population est confrontée à un avenir difficile, car la compensation sera bientôt coupée, et l’aide au logement par le gouvernement central a déjà fini. Continuer à vivre en tant que réfugiés nucléaires devient de plus en plus difficile. Nous considérons qu’il s’agit là d’une violation des droits fondamentaux de l’homme en matière d’environnement.

N’oublions pas de remercier les membres et les bénévoles de l’équipe du Projet de mesures de la radioactivité environnementales autour de Fukuichi. Ils sont surtout des personnes âgées de plus de 60 ans. Etant âgées, ces personnes sont censées être moins radio-sensibles que les personnes plus jeunes. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient insensibles à l’irradiation. Nous les remercions et prions pour leur santé.

une équipe de testeurs

Vous pourriez penser que les Japonais ont l’habitude d’endurer leur sort sans se plaindre. Ce n’est pas vrai. Beaucoup de gens se battent et protestent. Nous allons citer, parmi les nombreux procès en cours, l’un appelé le «procès pour exiger le retrait de la dose-limite de 20 mSv pour l’évacuation» déposé par les résidents de la ville de Minamisoma à Fukushima. Rappelons que le gouvernement japonais a adopté 1 mSv/an, la limite de dose internationalement reconnue pour le public recommandée par la CIPR (Commission internationale de protection radiologique), et que c’est encore la limite pour le public partout au Japon, sauf dans le département de Fukushima. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens de Fukushima se demandent: « Fukushima fait-il vraiment partie du Japon? » ou « sommes-nous les gens abandonnés par l’État? »

les plaignants devant le tribunal
Partie civile du procès pour exiger le retrait de la dose-limite de 20 mSv


Qui sont «Nos voisins lointains» ?
Nous sommes une association loi 1901. Notre objectif est de venir en aide aux populations sinistrées de l’accident de Fukushima.
Nous essayons de diffuser une information concernant la vie de sinistrés, mal connue en France, et aussi collecter des dons afin de venir en aide aux familles les plus nécessiteuses.

Le site de «Nos voisins lointains»
Le projet de mesures citoyennes:
http://www.f1-monitoring-project.jp/index.html
Page Facebook du « Projet de mesures de la radioactivité environnementale autour de Fukuichi (Fukushima Daiichi) » (en japonais):
https://www.facebook.com/fukuichi.mp/?fref=ts


Le 03 septembre 2017