Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Fév 02

Belgique: bientôt des comprimés d’Iode pour presque tout le monde ?

Extrait de l’article de la rtbf:
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pilules-d-iode?id=9516533


Voici ce qui est prévu : dans un rayon de 20 km autour des centrales, distribution préventive à tous les riverains via les pharmacies. Pas de distribution « boîte aux lettres » tout simplement car il s’agit tout de même d’un médicament.

La nouveauté : prochainement – après approbation par le gouvernement fédéral, ne vous ruez donc pas en pharmacie! -, dans un rayon de 100 km autour des centrales, soit concrètement tout le pays, distribution préventive via pharmacies UNIQUEMENT aux groupes cibles : enfants, femmes enceintes, allaitantes.

Et pour tous les autres ? La distribution attendra le jour J, le jour d’une éventuelle réelle catastrophe nucléaire, et après communication des autorités.

Autre nouveauté : les pharmacies continueront à conserver au nom de l’État de larges stocks stratégiques d’iode, mais elles seront surtout dotées à l’avenir de pastilles déjà fabriquées et d’iode transformé prêt à l’emploi, de quoi éviter pénurie et longue attente au cas où.


Voyez l’article complet de la RTBF:
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pastilles-d-iode?id=9516533

Voyez également l’intéressante revue de presse de « savoie antinucléaire »:
http://savoie-antinucleaire.fr/
Notamment:

Belgique et sortie du nucléaire : les ministres de l’énergie réunis pour préparer le pacte énergétique:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/30/belgique-et-sortie-du-nucleaire-les-ministres-de-lenergie-reunis-pour-preparer-le-pacte-energetique/

France: le démantèlement des centrales nucléaires est mal engagé et sera très coûteux. , par la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale, mercredi 1er février:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/02/01/le-demantelement-des-centrales-nucleaires-est-mal-engage-et-sera-tres-couteux/

Les craintes de Michail Gorbatchev quand à la possibilité d’un conflit nucléaire:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/27/pour-mikhail-gorbatchev-le-monde-se-prepare-pour-la-guerre/

N’oublions pas que la prise d’iode stable ne protège QUE de l’iode radioactif. Pas du tout des nombreux autres produits radioactifs rejetés en cas d’accident.

Le 02 Février 2017