Jan 31

Prise d’iode lors d’un accident nucléaire: les recommandations des médecins de l’IPPNW

Les recommandations des médecins de l’IPPNW pour protéger la thyroïde
avec des comprimés d’iode stable (pour bloquer la fixation de l’iode radioactif)
après un accident nucléaire

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Un accident survenant dans une centrale nucléaire peut libérer de grandes quantités de particules radioactives qui se répandent dans l’air. Pour les habitants des zones touchées, le risque est grand d’absorber ces particules via l’air, l’eau ou la nourriture.
L’absorption d’iode radioactif provoque/peut provoquer des radiolésions durables même quand l’iode s’est désintégré ou a été évacué après quelques semaines. Nos organes « n’oublient » jamais une irradiation. Des années, voire des dizaines d’années plus tard, un cancer de la thyroïde peut apparaître.
Des études menées dans l’ancienne Union soviétique montrent en outre une augmentation des dysfonctionnements et des maladies auto-immunes de la glande thyroïde suite aux retombées radioactives de Tchernobyl.
Il n’existe aucune mesure de protection contre la plupart des particules radioactives. Mais prendre au bon moment de fortes doses d’iodure de potassium (blocage de l’iode) peut largement empêcher la thyroïde d’absorber l’iode radioactif.

Principe de fonctionnement

Pour fonctionner, la thyroïde a besoin d’iode qu’elle tire de l’alimentation, mais elle n’est pas capable de faire la distinction entre l’iode ordinaire et l’iode radioactif. C’est ainsi qu’après un accident nucléaire l’iode radioactif peut être stocké dans la thyroïde et endommager les cellules. Pour inhiber le captage de l’iode radioactif, il faut prendre de l’iode ordinaire (I-127) au bon moment, c’est-à-dire avant le contact avec l’iode radioactif (I-131) pour en saturer la thyroïde. Au moment critique, la thyroïde a donc accumulé suffisamment d’iode non radioactif et arrête d’absorber l’iode. Avec un blocage effectif de l’iode, on peut réduire le risque d’atteintes de la thyroïde de manière indéniable ; on peut même réduire le risque de cancer de la thyroïde de plus de 90 %.

Début et durée du traitement

Pour pouvoir démarrer la prise d’iode au bon moment et juger de la durée du traitement, il faut absolument que les autorités diffusent des informations fiables sur le danger radioactif et la zone concernée. L’idéal est de prendre une forte dose d’iode 3 à 6 heures avant d’être touché par la radioactivité. Quand l’information est incertaine, il est également possible de commencer plus tôt, mais avec un risque d’effets secondaires.
La prise d’iode ne marche plus qu’à 50 % 3 heures après le passage du nuage et n’a plus aucun effet après 10 heures. Si l’iode est pris trop tôt et qu’il n’y a pas de prises consécutives, l’efficacité du blocage se trouve réduite, car l’iode est évacué de l’organisme en permanence et la saturation de la thyroïde diminue avec le temps. Une prise trop tardive peut même provoquer des dégâts, car elle va perturber l’élimination de l’iode radioactif et ses effets délétères peuvent s’en trouver accrus.

Un dosage élevé

L’effet protecteur souhaité n’est atteint que si les doses sont suffisamment fortes. Les comprimés d’iode bien connus qui sont prescrits en cas de carence en iode ne contiennent que quelques microgrammes et ne protègent pas en cas d’accident. Pour assurer le blocage de l’iode radioactif, il faut utiliser des doses nettement plus élevées. Ces comprimés à fortes doses doivent être dissouts dans une bonne quantité d’eau et avalés immédiatement, mais pas à jeun.

Doses conseillées

Nourrissons 1 à 36 mois ½ comprimé = 32,5 mg
Enfants 3 à 12 ans 1 comprimé = 65 mg
Ados/adultes à partir de 13 ans 2 comprimés = 130 mg
Femmes enceintes 2 comprimés
(le fœtus est aussi protégé)
= 130 mg

Le renouvellement des prises au cours des jours suivants peut contribuer à réduire encore le risque de maladie, en particulier quand l’exposition à l’iode radioactif se prolonge ou quand les informations données à la population ne sont pas claires. Compte tenu de l’efficacité et des possibles effets secondaires, nous recommandons une prise quotidienne de la moitié de la dose initiale jusqu’à la fin des mesures d’évacuation ou jusqu’à cessation de l’exposition à la radioactivité. Les nouveau-nés, les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent recevoir au maximum une deuxième dose et doivent être ensuite soumis à un examen de la thyroïde.

Disponible sans ordonnance à la pharmacie

Dans le cadre de la protection allemande contre les catastrophes, un stock de comprimés „Lannacher® 65 mg“ est gardé en réserve. Ces comprimés sont bon marché et sécables pour les enfants et les tout-petits. En raison de la longueur des délais de livraison, il est indispensable pour le pharmacien de commander suffisamment tôt auprès du fabricant autrichien. Il n’existe actuellement aucun traitement alternatif. Comme l’iode peut être considéré comme stable d’un point de vue pharmacologique, les dates de péremption relativement courtes indiquées sur l’étui ne doivent pas être retenues de manière trop rigide si les conditions de stockage (dans un endroit sec et protégé de la lumière) ont été respectées. Du reste, tout pharmacien doit pouvoir de par sa formation fabriquer lui-même les comprimés d’iode à forte dose nécessaires dans ce cas.

La question de l’âge

En cas de nécessité, un blocage de l’iode doit être effectué chez les personnes de tous les âges quels qu’ils soient (depuis les nouveau-nés jusqu’aux personnes âgées).
La recommandation officielle actuelle de protection contre les catastrophes qui a choisi de limiter le blocage de l’iode aux personnes de moins de 45 ans est, à notre avis, dépassée. En effet après la catastrophe de Tchernobyl on a constaté dans les zones contaminées par la radioactivité une importante augmentation des cas de cancers de la thyroïde même chez des gens âgés.
Avant de prendre de fortes doses d’iode, nous conseillons aux gens de plus de 45 ans chez qui on suspecte une maladie thyroïdienne, ou ceux dont la famille présente plusieurs cas de maladies thyroïdiennes et finalement, aux habitants de zones de carence en iode de consulter au préalable leur médecin de famille et éventuellement de faire des examens complémentaires en lui présentant la présente recommandation de l’IPPNW.

Distribution préventive

L’IPPNW recommande, pour que la première prise ait nécessairement lieu au bon moment, on ait recours en Allemagne aussi – comme c’est le cas en Autriche et en Suisse – à une solution politique globale, à savoir la distribution préventive généralisée et indépendante des événements à tous les foyers ainsi qu’aux centres d’accueil pour enfants, adolescents et jeunes adultes (crèches, maternelles, écoles, lycées).

Risques associés au médicament

Le fait qu’il est possible de se procurer les comprimés d’iode fortement dosés sans ordonnance ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un médicament. Les effets secondaires sont certes rares mais comme avec tous les médicaments, mais ils sont fondamentalement possibles en particulier en cas d’allergie à l’iode, de tendance à l’hyperthyroïdie, de maladie de Basedow, d’adénomes autonomes, d’autonomie thyroïdienne diffuse ou de maladies rares comme la dermatite herpétiforme, la dermite tubéreuse due à l’iode (Iododerma tuberosum), la myotonie congénitale ou la vascularité hypocomplémentémique.
Des réserves sont à appliquer en cas de dysfonctionnement des reins et de traitements par diurétiques d’épargne potassique (agents de drainage). Si vous vous procurez de l’iode fortement dosée ( cp d’iode à 65mg d’Iodure de potassium)de manière préventive, demandez d’abord conseil à votre médecin de famille en lui montrant cette fiche. Il peut par exemple, (si nécessaire)avec un test sanguin complété éventuellement par une échographie, écarter de manière assez sûre une hyperthyroïdie dont vous ne seriez pas encore conscient et vous donner des conseils sur d’autres risques et interactions possibles.
L’alternative à l’iodure de potassium recommandée est le perchlorate de sodium (Irenat®), qui doit par contre faire l’objet d’une prescription.

Une efficacité limitée : l’iode ne protège que la thyroïde.

Le blocage de l’iode par la thyroïde protège uniquement contre le cancer de la thyroïde et les autres maladies de la thyroïde, mais pas des autres effets délétères des radiations. Il n’existe aucune « pilule miracle », aucune panacée qui protégerait globalement contre les radiations. La seule manière véritablement efficace de se protéger contre les risques atomiques, c’est d’arrêter tous les réacteurs nucléaires du monde entier. C’est l’un des combats que mène l’IPPNW.

Mentions légales : IPPNW e.V., Körtestraße 10, 10967 Berlin,
www.ippnw.de, Tél. 030-6980740, kontakt@ippnw.de

Rédaction : Reinhold Thiel, Ulmer Ärzteinitiative
www.ippnw-ulm.de

Mise à jour du 15.11.2016 en collaboration avec le groupe régional de l’IPPNW d’Aix la Chapelle

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Le texte original, en allemand:
sur le site de IPPNW Ulm: http://www.ippnw-ulm.de/
Le pdf: http://www.ippnw-ulm.de/Dokumente/IPPNW-Empfehlung-Jodblockade-Vers.15.11.2016.pdf
Traduction «Fukushima is still news» (http://www.fukushima-is-still-news.com/)

L’IPPNW a révisé sa fiche d’information de 2011 sur les comprimés d’iode à distribuer en cas d’accident nucléaire, parce qu’on dispose aujourd’hui de nouvelles études scientifiques sur la question et que les autorités de sûreté nucléaire allemandes ont émis une nouvelle recommandation.
Liste des sources des recommandations de l’IPPNW : https://www.ippnw.de/atomenergie/sicherheit/artikel/de/ippnw-empfehlung-bei-atomreaktorunf.html


En France:

En résumé: tout le monde peut prendre l’Iode.Seuls ceux qui ont ou chez qui on suspecte une maladie de la thyroïde devraient demander à l’avance à leur médecin s’ils peuvent prendre ces comprimés.

Les consignes officielles françaises sont ici: http://www.distribution-iode.com/
Je cite le paragraphe concernant une éventuelle allergie à l’iode:

« Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin. »

Voyez à ce sujet le site officiel canadien:
http://www.urgencequebec.gouv.qc.ca/fr/situation-urgence/Pages/accident-radiologique-et-nucleaire.aspx#Comprimes_d_iode

Il n’y a plus de zones de carence en Iode en France du fait de l’adjonction d’Iode dans le sel de cuisine.

L’expérience polonaise:

En Pologne suite à l’accident de Tchernobyl,plus de 17 millions de doses ont été reçues.
Deux réactions allergiques graves ont été observées chez les adultes présentant une
sensibilité connue à l’iode. L’incidence des effets secondaires graves découlant d’une
dose unique d’iode représentait moins de 1 sur 10 millions chez les enfants, et moins de
1 sur un million chez les adultes. (IRSN)

Se procurer des comprimés:

Le gouvernement français est en train de distribuer gratuitement des comprimés d’Iodure de Potassium dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires aux familles, écoles et collectivités.
Hors de cette zone dite de «Plan Particulier d’Intervention» on peut se procurer des comprimés d’Iodure de Potassium à 65 mg dans toutes les pharmacies sans ordonnance. Elles doivent les commander, n’étant pas dépositaires des stocks.

boite d'IK en France

A propos de la fiabilité des autorités

Nous avons vu que ni à Tchernobyl, ni à Fukushima les autorités n’ont su ni donner l’ordre de prise, ni distribuer correctement les comprimés à temps. Nous avons vu qu’à chaque accident nucléaire les autorités ont menti; allant jusqu’à affirmer que le nuage ne franchirait pas la frontière.

A propos des vents

En cas de catastrophe, avec une petite brise de 10 km/h le nuage radioactif sort de la zone des 10 km en une heure. Nous avons vu qu’à Fukushima le vent chargé de radioactivité a tourné à plusieurs reprises.

Voyons ce qu’en pensent les bretons, bons connaisseurs des vents :

Résumons : si la population était prévenue de l’éventuelle arrivée d’un nuage radioactif, il faudrait, pour s’en protéger, prendre l’iode 2h avant son arrivée ! Mais si on est à côté d’une centrale, il faudrait prendre l’iode 2h avant les rejets donc avant un accident nucléaire dont on ignore qu’il va avoir lieu. Cela n’est pas sans rappeler l’histoire des pompiers qui doivent vérifier leur camion la veille de chaque incendie !

Après Fukushima (cela aurait été plus logique après Tchernobyl en 1986), le gouvernement français a mis en place le Plan Orsec Iode qui nous dit que « la présente circulaire a pour objet de définir les nouvelles modalités de mise en place des stocks de comprimés d’iodure de potassium au sein du territoire, ainsi que les conditions de leur distribution à la population hors des zones couvertes par un plan particulier d’intervention (PPI). […] Elle prévoit que les stocks de comprimés d’iodure de potassium soient constitués, […] et que chaque préfet organise dans son département les modalités de mise à disposition de la population en cas d’urgence, en s’appuyant notamment sur les maires. »

C’est ce qui a incité le collectif trégorois de Sortir du nucléaire à interroger (c’était en 2015) le préfet des Côtes d’Armor, puis le sous-préfet de Lannion sur ces fameux comprimés d’iodure de potassium. Aucune réponse. Puis de nouveau question au préfet en début 2016 après les attentats terroristes et en fonction de l’éventualité d’attentat contre une centrale. Là, le préfet a enfin répondu. Mais pour dire quoi ? Que conformément au Plan Orsec Rad, le département possède bien un stock de 600000 comprimés à St Brieuc. Point final, aucune information sur la distribution.

D’aucuns diront que cela n’a pas d’importance parce qu’il n’y a pas d’installations nucléaires en Côtes d’Armor. Certes, mais si on regarde la carte, on voit que La Hague, 300 km de St Brieuc par la route, est à 140 km à vol d’oiseau.

Imaginons un incident à La Hague et un vent de Nord-Est d’environ 50 km/h (rien d’inimaginable donc !). Le nuage arrive en 3h sur les Côtes d’Armor, or il est souhaitable de prendre pour être immunisés les comprimés 2h avant son arrivée. En admettant que l’alerte se mette en place très rapidement, il faudra que le préfet explique comment il fait pour distribuer en 1h depuis St Brieuc où ils sont stockés, les comprimés d’iodure de potassium à la toute la population du département…

Le texte complet: https://lepeuplebreton.bzh/en/2016/06/22/de-la-distribution-diode-2/


Qu’est ce que l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire.
Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/


Jan 22

La ville de Hirono a du lancer un appel à dons pour sauver son seul hôpital.

Le seul hôpital en fonctionnement de la ville de Hirono, préfecture de Fukushima, est en crise suite à la mort le mois dernier de son unique médecin à temps plein; la ville a lancé une campagne de crowdfunding pour solliciter les dons du public.

Synthèse de deux articles de la presse japonaise en anglais:
http://www.japantimes.co.jp/news/2017/01/10/national/town-near-fukushima-no-1-raising-funds-invite-volunteer-doctors-care-sole-hospitals-100-patients/
http://mainichi.jp/english/articles/20170111/p2a/00m/0na/008000c

Hideo Takano, le directeur de 81 ans de l’hôpital privé, est décédé dans un incendie à son domicile, sur le terrain de l’hôpital, le 30 décembre, laissant 100 patients hospitalisés à soigner.

C’est le seul hôpital en fonctionnement dans la région de Futaba, site de la centrale nucléaire accidentée Fukushima no 1. Les cinq autres hôpitaux de la région ont été arrêtés suite au tremblement de terre de mars 2011, au tsunami et aux catastrophes nucléaires.

l'unique hôpital de Hirono

L’unique hôpital de Hirono
cliché Mainichi

La campagne de crowdfunding (readyfor.jp/projects/hirono-med) a été lancée lundi 9 janvier 2017 avec un objectif de ¥ 2,5 millions (~20.000€)pour aider la ville à financer le coût d’un appel à des médecins volontaires pour venir accomplir les tâches de Takano jusque fin mars.
Jusqu’à présent, plus de 30 médecins de la région ont offert leur aide

Mardi après-midi, le total avait déjà dépassé ¥ 3 millions.(~25.000€)
L’argent sera utilisé pour couvrir les frais de transport et d’hébergement des médecins bénévoles non rémunérés par ailleurs.
Les dons doivent être d’au moins ¥ 3000 (~25 €)et ils sont partiellement déductibles de l’impôt, car ils utilisent le système furusato nozei (don d’impôt à la ville natale), qui permet aux contribuables d’orienter le paiement de leur impôt vers les municipalités de leur choix.

L’hôpital Takano est situé à 22 kilomètres au sud de la centrale nucléaire N ° 1 de Fukushima. Le dr Takano a choisi de rester sur place et a continué de traiter des patients hospitalisés à son hôpital après l’accident nucléaire et les évacuations qui ont suivi. Il a également soigné les résidents locaux et les personnes engagées dans le déclassement de la centrale nucléaire.

La compagnie de télévision NHK avait réalisé une video
Elle nous montre un médecin âgé, fatigué, mais quel sourire !
https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/videos/20170105161403595/

Le Dr Takano

Le Dr Tankano

La campagne se poursuivra jusqu’au 28 février, et la quantité de dons qui dépassera l’objectif de 2,5 millions de yens sera utilisée pour le renforcement du système de soins médicaux à Hirono.

Voyant la réponse rapide et positive des donateurs à travers le Japon, Satoshi Endo, maire de Hirono a dit, «Ce niveau de générosité, de tant de gens à travers le Japon, a été plus élevé que prévu». Ceci nous permettra d’aider à maintenir le système local de soins dans cette région affectée par la catastrophe.»


Ces articles m’ont été signalés par le site «Fukushima is still news»:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/crowdfunding-for-hirono-a-success.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/raising-funds-for-hirono-hospital.html


Quelques détails sur Hirono:

A HIRONO, la levée de l’ordre d’évacuation a été faite en septembre 2011.
Les indemnités mensuelles de 100.000 Y (716 € par personne) ne sont plus versées depuis Août 2012.
Seulement 1.300 des 5.200 habitants avaient regagné leur maison en Avril 2014:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-3-ans-difficiles-retours-a-la-maison/

Le gouvernement Japonais a installé à Hirono un centre d’entraînement pour les jeux olympiques:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/preparatifs-japonais-pour-les-jo-de-2020/


Jan 14

Alexei YABLOKOV grand-père de l’écologie russe est décédé

Voici la traduction de la notice que lui consacre l’association norvégienne Bellona
Le 10 Janvier 2017

Alexei Yablokov

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Alexei Yablokov, l’ imposant grand-père de l’écologie russe est décédé à Moscou après une longue maladie à l’âge de 83 ans. Il avait travaillé avec Bellona pour démasquer les pratiques de déversements nucléaires dans l ‘arctique pendant la Guerre Froide.

En tant que membre de l’Académie Russe des Sciences, il a également été l’auteur principal de l’ouvrage princeps: «Chernobyl: conséquences de la catastrophe pour la population et l’environnement».
Le livre concluait que le désastre de Chernobyl en 1986 était responsable de 985 000 décès prématurés- le décompte de mortalité le plus grand à ce jour- après analyse de 6 000 sources sur l’accident.

Le président de Bellona, Frédéric Hauge se souvient de Yablokov comme d’un ami depuis 30 ans. «Il était une source d’inspiration, un grand ami, un grand scientifique et l’un des plus importants héros de l’environnement au monde.»
A l’avoir connu et à avoir travaillé avec lui, quelqu’un d’une intelligence vive et fraîche, je pense que nous devrions tous conserver sa mémoire comme un trésor».

Yablokov a géré un vaste mandat environnemental et politique en Russie; il a publié plus de 500 textes sur la biologie, l’écologie, la conservation de la nature et de nombreux livres sur chacun de ces sujets. Il a fondé la branche russe de Greenpeace; il fut le leader du groupe Russie Verte du parti d’opposition Yabloko.

Pendant qu’il était conseiller à l’environnement du président Boris Yeltsin, de 1989 à 1992, il a publié un livre blanc brûlant qui détaillait la gravité de la menace nucléaire que représentaient l’immersion dans l’Arctique de réacteurs nucléaires militaires et le sabordage de sous-marins nucléaires.

sous-marin en cours de démantèlement

Sous-marin en cours de démantèlement
cliché Bellona

Le catalogue des déchets déversés à la mer par les soviétiques comprend quelques 17 000 conteneurs de déchets radioactifs, 19 navires contenant des déchets radioactifs, 14 réacteurs nucléaires dont 5 contiennent encore du combustible nucléaire usagé; 735 pièces de machineries lourdes contaminées; et le sous-marin nucléaire K-27 avec ses deux réacteurs chargés de combustible nucléaire.

Le livre blanc de Yablokov a ouvert une période d’ouverture à l’environnement qui a mené à plus de $3 milliards d’aide internationale à la Russie pour nettoyer 200 sous-marins déclassés et pour sécuriser des décennies de déchets nucléaires militaires.

Les conclusions du livre correspondaient avec un rapport précédent de Bellona daté de 1992, au sujet des déchets radioactifs déversés par la marine russe dans la mer de Kara.

Hauge disait que Yablokov était «la première personne dans une position de pouvoir en Russie qui ait eu le courage de mettre en avant et de soutenir nos conclusions». «Il a aidé à ouvrir des discussions sérieuses sur ce qui était un Tchernobyl au ralenti» disait Hauge.

Le partenariat est devenu critique. En 1995; Alexander Nikitin de Bellona a été inculpé de trahison pour sa contribution à un rapport développant les conclusions de Bellona au sujet des dangers nucléaires dans l’Arctique. Le rapport était nommé: «La flotte Russe du nord: source de contamination radioactive».
Pendant les interminables audiences menant à un acquittement éventuel, Yablokov, calme, recueilli, a contribué à orienter la défense de par sa connaissance de la constitution russe. «Son sang froid pendant l’affaire Nikitin a été remarquable» a affirmé Hauge mardi. «Il a fortement souligné que la constitution était la voie vers l’acquittement de Nikitin.»

En 2000, la cour suprème de Russie a accepté et a acquitté Nikitin; faisant de lui
la première personne confrontée à une accusation de trahison en Russie qui ait gagné.

Yablokov était un éclairage constant lors des présentations de Bellona en Russie, dans l’Union Européenne, les États-Unis et la Norvège ; plus récemment il a présenté son livre de 2007 à Oslo pour le 30° anniversaire de la catastrophe de Chernobyl.

Il fut aussi le défenseur infatigable des activistes environnementaux en Russie. En 2014, il a suggéré lors d’une conférence de Bellona à St Petersbourg que les groupes écologistes devraient publier la liste de ces fonctionnaires qui les harcèlent.
«Nous devons soutenir constamment nos camarades qui ont été forcés de quitter le pays ou qui ont fini en prison en raison de leur activisme environnemental» disait-il lors de cette conférence.

La même année, Yablokov a défendu la présentation d’un rapport sur les violations environnementales lors de la vitrine russe des jeux olympiques de Sochi.
Yablokov s’est arrangé pour que les activistes de la veille environnementale du Caucase Nord – beaucoup ont été emprisonnés, exilés ou harcelés en silence- puissent présenter leur rapport choquant sur la corruption environementale olympique à Moscou alors tout autre lieu les avait rejetés.

Hauge: «C’était un ami et un conseiller pour nous depuis le début et nous devons en grande partie le succès de notre travail en Russie à ses constants avis et conseils.»

La mort de Yablokov a été pleurée dans tous les milieux de Moscou. Igor Chestin, directeur du WWF a appelé Yablokov le «chevalier de l’environnement» de la Russie.

Valery Borschev, collègue de Yablokov dans la section des droits de l’homme du parti Yabloko disait de lui: «C’était une personne sur laquelle les autorités n’avaient aucune influence»

Charles DIGGS – charles@bellona.no

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L’article original sur le site de Bellona:
http://bellona.org/news/nuclear-issues/2017-01-alexei-yablokov-grandfather-of-russian-environmentalism-dies-at-83
La version originale en anglais sur Still news:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/farewell-mr.yablokov.html
Traduction Vivre apres fukushima


La fondation Bellona

La Fondation Bellona a été fondée en 1986. Nous travaillons actuellement au siège social d’Oslo et à nos trois bureaux internationaux à Murmansk (Russie) et à Saint-Pétersbourg (Russie) à Bruxelles (Belgique / UE). Nous avons des sites web en norvégien, anglais et russe.
Notre domaine d’expertise est vaste, et le personnel est composé de personnes ayant une vaste expérience professionnelle. Avec 30 ans d’expérience, nous avons établi un réseau unique à l’échelle nationale et internationale. Notre travail a gagné l’attention internationale dans plusieurs disciplines, et les conseillers de Bellona sont souvent des sources et des experts sur les questions de changement climatique dans la presse nationale et internationale.
http://bellona.org/

Chernobyl: conséquences de la catastrophe pour la population et l’environnement

C’est le livre de base sur les conséquences de Tchernobyl. Il a été publié par l’Académie des Sciences de New-York. Sa lecture est essentielle pour n’importe quelle personne à la recherche de preuves fiables issues de sources indépendantes sur les effets de l’énergie nucléaire sur la santé et l’environnement.

Six décennies de dissimulation institutionnelle, internationale et à un niveau élevé, ont privé le monde entier d’une information médicale et scientifique particulièrement importante sur les conséquences sanitaires des activités nucléaires industrielles et militaires. Ce livre rend disponibles d’énormes quantités de preuves issues d’études indépendantes entreprises dans le monde entier et dans les pays les plus touchés; des données uniques et fiables qui ont été ignorées et continuent de l’être par l’organisation mondiale de la santé. Il fournit une vision exhaustive des dimensions réelles de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé et l’environnement.

Lire ou télécharger gratuitement la version française en pdf de ce livre:
http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Tchernobyl_Consequences_de_la_catastrophe_sur_la_population_et_l_environnement_V01PDF.pdf

Il est également possible d’acheter une version française papier de ce livre. Le livre est imprimé à l’unité par Lulu.com au prix de 12,75 € + 1,50 € de taxe sur la valeur ajoutée et 3,99 € de frais d’envoi pour un envoi en courrier postal, soit un total de 18,24 € . Pour l’envoi en courrier postal, livraison sous 4 à 7 jours ouvrés une fois l’impression terminée.

Commander la version papier:
http://www.lulu.com/shop/alexey-v-yablokov-and-vassili-b-nesterenko-and-alexey-v-nesterenko-and-natalia-e-preobrajenskaya/tchernobyl-cons%C3%A9quences-de-la-catastrophe-sur-la-population-et-lenvironnement/paperback/product-22150312.html

Autres livres sur les conséquences du nucléaire. Voir: http://independentwho.org/fr/livres/