Mai 30

La comédie Atomique

L’histoire occultée des dangers des radiations.

Comment expliquer le déni systématique des dangers du nucléaire par les « experts », les politiques ?

la couverture du livreYves Lenoir, dans son livre, nous retrace l’aventure du nucléaire depuis ses débuts; la prise de conscience de ses dangers d’abord pour les manipulateurs, puis plus tardivement pour les populations.
Il nous montre la construction progressive d’un systèmes de normes de protection qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires, militaires et civiles.
Il nous montre comment la « vérité officielle » a été construite à Tchernobyl et comment les mêmes procédés sont utilisés à Fukushima.

Yves Lenoir est ingénieur de formation, Il a participé à un groupe interministériel sur les déchets radioactifs en 1974-75.
Il est président de l’association «Enfants de Tchernobyl Belarus» créé en 2001 pour financer un organisme indépendant de protection radiologique au Belarus: L’institut Belrad basé à Minsk.
Editions La Découverte – 22 € – disponible en librairie.

Vous pouvez commander ce livre auprès d’Enfants de Tchernobyl Belarus(26€ dont port 4€) par :
1. chèque à l’ordre d’ETB, 3 Avenue Pierre Poivre, 49240 Avrillé.
2. ou à http://enfants-tchernobyl-belarus.org
Les bénéfices seront reversés à BELRAD

le 29 mai 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Mai 23

TRITIUM: impact sur l’environnement et la santé

Les problèmes causés par cet isotope radioactif de l’Hydrogène
Dr Ian Fairlie.

Voici la traduction du podcast de Fairewinds sur ce sujet, daté du 18 avril 2016
Vous trouverez l’original ici


Maggie Gundersen : Bonjour. Mon nom est Maggie Gundersen et j’ai le plaisir de vous présenter le podcast de Fairewinds Energy Education que l’équipe de Fairewinds a organisé.
Vous avez sans doute entendu parler du tritium, cet isotope radioactif de l’hydrogène et sous-produit de la production d’énergie nucléaire. C’est un sujet d’inquiétude majeur, car on constate des fuites sur 75% des réacteurs aux US (Indian Point près de New York, Turkey Point en Floride). Et c’est aussi un problème considérable à Fukushima Daiichi, à cause des énormes quantités d’eau utilisées pour refroidir les réacteurs.
Nous allons donc parler du tritium et de son impact sur l’environnement et la santé. Les participants à cette table ronde sont : le Dr Ian Fairlie – consultant indépendant spécialiste des questions de contamination radioactive de l’environnement. Il a un Diplôme de biologie des rayonnements (Bart Hospital à Londres), un Doctorat portant sur les risques radiologiques du retraitement combustible nucléaire (Imperial College, Londres et université de Princeton). Il a travaillé pour le ministère britannique de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales en tant que spécialiste des risques liés aux radiations émises par les réacteurs nucléaires. De 2000 à 2004, il a dirigé le secrétariat du comité britannique SIRI pour une étude portant sur l’examen des risques liés aux « émetteurs éternels » de radiations. Après avoir quitté ses fonctions, il a travaillé en tant que consultant pour le Parlement européen, pour des pouvoirs locaux et régionaux, pour des O.N.G. s’intéressant à l’environnement et dans le secteur privé.
Bienvenue, Docteur Fairlie

Ian FAIRLIE : Ravi d’être parmi vous

MG : Participent aussi à cette table ronde Arnie Gundersen – ingénieur en chef et Caroline Phillips – administrateur de programme, travaillant toutes deux chez Fairewinds.
Le tritium est subitement devenu un sujet d’intérêt majeur aux États-Unis pour différentes raisons : fuites et débordements lors du démantèlement de centrales nucléaires et découverte récente de fuites sur différents sites américains (Indian Point et Biscayne Bay en Floride). De plus, la Tepco prévoit de rejeter des millions de mètres cubes d’eau tritiée dans l’océan Pacifique.
Que pouvez-vous nous en dire ?

Ian FAIRLIE : Bien sûr. Le tritium est l’isotope radioactif de l’hydrogène, et toute fission nucléaire génère du tritium qui est rejeté dans l’air, dans le sol ou dans les cours d’eau sous forme liquide ou de vapeur. On en trouve partout aux environs d’une centrale. Le tritium est un problème majeur pour l’industrie du nucléaire, car ce n’est pas seulement un produit d’activation, mais aussi un produit de fission nucléaire. Donc on ne peut pas parler d’énergie nucléaire sans immédiatement penser à son sous-produit incontournable : le tritium.

CP : j’ai cru comprendre que le tritium a les propriétés de l’hydrogène, et peut donc se lier à l’oxygène et à l’eau (H2O). Pouvez-vous nous redire comment les choses se passent?

Ian FAIRLIE: oui, bien sûr.
La forme la plus commune du tritium est l’eau tritiée, sous forme liquide ou de vapeur. Tout le monde connaît la formule de l’eau : H2O. Dans le cas de l’eau tritiée, un des H est radioactif, voire même les 2. Or cela devrait nous inquiéter, car les 2/3 des atomes de notre corps sont des molécules d’eau. L’exposition à de l’eau radioactive est donc beaucoup plus dangereuse pour notre santé qu’on ne veut bien le penser, ce que devraient reconnaître les autorités de santé du monde entier.

CP : vous dites que notre corps est composé d’eau pour 80 % … ?

Ian FAIRLIE: …les 2/3…

CP : …2/3 de notre corps. Mais n’oublions pas que l’eau s’évapore dans l’air. Et puis il y a la condensation, le brouillard et la pluie. Le problème de l’air tritié doit bien se poser lui aussi, comme pour l’eau ?

Ian FAIRLIE : bien sûr

CP : Mais le lien entre les centrales nucléaires et l’air tritié, on en parle beaucoup moins. La presse parle beaucoup ces temps-ci de la présence d’eau tritiée dans les nappes phréatiques (Fukushima et le Pacifique, la baie de Biscayne). Et l’air tritié, alors ?

Ian FAIRLIE : Vous savez, la vapeur d’eau, on en trouve partout dans l’air, tout le temps. Bien sûr quand il pleut, il y a 100% de vapeur d’eau dans l’air. Elle est très importante, même si on ne peut ni la voir, ni l’entendre, ni la sentir.

Arnie Gundersen : c’est là qu’intervient une des plus grandes opérations de poudre aux yeux jamais organisées par le nucléaire. En effet, une centrale nucléaire décharge par ses cheminées environ 5000 gallons (presque 19 000 litres) par jour à cause de fuites ou par évaporation de la piscine. Ce sont donc 19 000 l d’eau tritiée qui s’évaporent donc dans l’air tous les jours. Sur le site de la centrale d’Indian Point on a même trouvé des flaques fortement tritiées. Le terme « rainout » est utilisé quand une fuite aérienne de tritium venant de la centrale survient en même temps que la pluie, causant des retombées de tritium sur la centrale elle-même ou sur la communauté environnante. Et ça n’intéresse personne…

Ian FAIRLIE : Exact. Pourquoi ? Parce qu’une des caractéristiques du tritium est qu’il est très difficile à mesurer. Pour cela, il faut faire un prélèvement, l’envoyer un laboratoire et utiliser des techniques de mesure par scintillation liquide, ce qui prend environ 24 heures. Il existe bien des appareils de mesure électroniques portables, mais ils sont extrêmement coûteux et je ne connais personne parmi les O.N.G. ou les défenseurs de l’environnement qui puisse les financer, que ce soit aux États-Unis ou en Europe. On dispose généralement de compteurs Geiger, mais ils ne sont d’aucune utilité pour la mesure du tritium. On est assez démunis. Et les défenseurs de l’environnement ont du mal à « se coltiner » avec le problème du tritium.
Je voudrais ajouter ceci : le tritium qui est rejeté par les centrales nucléaires nous est rapidement transmis par notre environnement. Nous le respirons, nous mangeons des aliments et buvons de l’eau contaminés. Le tritium est rapidement absorbé par les pores de notre peau. Tout cela veut dire que l’être humain est facilement exposé au tritium et peut rapidement en absorber de fortes concentrations.

MG : j’essaie de comprendre. La NRC (commission de réglementation nucléaire des États-Unis) proclame urbi et orbi que le tritium n’est pas un problème, surtout dans la région de Miami et de la centrale d’Indian Point, parce qu’il se trouve dans de l’eau que personne ne boit. Mais si on regarde de plus près les données sur lesquelles leurs experts se fondent, on voit qu’ils ne prennent en compte ni l’air inhalé, ni le contact cutané, ni les processus de bio accumulation et leurs répercussions sur la chaîne bioalimentaire.

Ian FAIRLIE: c’est exact, Maggie. En Europe non plus, le tritium n’est pas considéré – à tort – comme un danger majeur par les régulateurs nucléaires. Ils ne disposent que rarement d’équipements de mesure du tritium, ce qui rend leur tâche très difficile.
Vous venez de faire allusion au tritium organiquement lié (TOL). Le problème est le suivant : en cas d’exposition au tritium, ce dernier s’accumule dans le corps humain. Suite à de nombreuses réactions métaboliques et chimiques, le corps humain absorbe l’hydrogène radioactif et le combine avec du carbone en TOL. Or ce paramètre est rarement pris en compte dans les agences nucléaires, ce qui est effrayant car le tritium lié au carbone reste beaucoup plus longtemps dans le corps humain, et le TOL est beaucoup plus dangereux que l’eau tritiée. La présence d’eau tritiée entraîne toujours celle de tritium organiquement lié.

CP : pouvez-vous nous parler plus en détail des conséquences de l’absorption de TOL sur le corps humain ? Sur les barrières placentaires, les organes internes, la formation de protéines et le DNA ?

Ian FAIRLIE: le tritium est un radionucléide, et sa demi-vie est longue, puisqu’elle est de 12 ans. Lorsqu’il se désintègre, le tritium émet une particule bêta (il y a 4 types de rayonnements : Alpha, bêta, rayons X, rayons gamma) dont l’énergie est qualifiée de faible : 5,7 keV en moyenne (l’énergie des particules beta est très variable). Certains en déduisent qu’il n’y a donc pas à s’en inquiéter, ce qui est totalement faux. La faible puissance de cette particule bêta ne l’empêche pas de représenter un danger d’irradiation lorsque le tritium est localisé près de ou à l’intérieur de l’ADN. Et je pense que plutôt que de parler de particule à faible énergie, il faudrait parler de particule à faible portée.

CP: que voulez-vous dire exactement ?

Ian FAIRLIE: je veux dire que c’est la portée de la particule bêta, la distance qu’elle parcourt, qui est faible. Mais une fois qu’elle est dans la cellule, cette particule n’a pas besoin d’aller bien loin pour être dangereuse, donc peu importe sa portée. Pour comparaison, sachez que le diamètre moyen d’une molécule d’ADN est de 0,5 microns. Et comme par hasard, cela coïncide avec la portée d’une particule bêta émise par le tritium, à savoir 0,6 microns.

CP: On peut dire que ça coïncide parfaitement…

Ian FAIRLIE : oui, malheureusement. Vous voyez donc que tous ceux qui parlent de la faiblesse d’émission du tritium ont tort et font circuler une information trompeuse. Une fois à l’intérieur du corps humain, même une particule de faible portée peut endommager l’ADN qui ne sera jamais hors d’atteinte !!!

Ian FAIRLIE : d’ailleurs, permettez-moi de corriger une autre idée reçue. Très souvent, quand on parle d’« eau radioactive », les gens pensent qu’il y a quelque chose de radioactif dans l’eau. Ils se trompent : c’est l’eau elle-même qui est radioactive. Et ce n’est pas du tout la même chose. Si de l’eau est contaminée par une impureté, comme du césium ou du strontium, on peut la filtrer. Mais dans le cas du tritium ce n’est pas possible car c’est l’eau elle-même qui est radioactive.

AG: Ian, l’industrie nucléaire prétend que « c’est juste comme de l’eau », que cette eau ne reste dans notre corps qu’une dizaine de jours, que ça ne dure pas longtemps. Tout à l’heure, vous nous avez parlé d’un long séjour du TOL dans le corps. Pouvez-vous nous aider à mieux comprendre la distinction qu’il faut faire ?

Ian FAIRLIE  : oui bien sûr. On a dit que la demi-vie biologique de l’eau tritiée dans le corps humain est d’une dizaine de jours, c’est vrai. Mais la demi-vie biologique du tritium organiquement lié – lorsque le tritium est lié au carbone – est plutôt de quelques années. En d’autres termes, une partie du tritium disparaît au bout de 40,50 ou 60 jours ; mais une autre partie du tritium reste beaucoup plus longtemps. Pour l’être humain, nous pensons que cette durée est d’environ 2 ans et demi à 3 ans, ce qui est un vrai problème. Car cela veut dire que la dose émise par du tritium organiquement lié est 5 fois plus importante que celles de l’eau tritiée, je dis bien 5 fois plus dangereuse.

AG: la dose est plus forte, elle reste plus longtemps : c’est une vraie bombe à retardement dans le corps humain…

Ian FAIRLIE : tout à fait. Et si la dose est plus forte, c’est précisément parce qu’elle reste plus longtemps.

MG: on y perd son latin… c’est tout le contraire de ce que nous dit l’industrie nucléaire. J’aimerais comprendre : vous nous avez dit que les biologistes nucléaires sont parfaitement conscients de la dangerosité du tritium pour le corps humain. Pourquoi est-ce qu’ils ne le disent pas ? Pourquoi les gouvernements ne prennent-ils pas des mesures de protection ? Que fait la commission internationale de protection radiologique ?

Ian FAIRLIE: Au cours de mes longues études sur le tritium, j’ai pu constater que de nombreuses études biologiques portant sur les rayonnements ont donné des résultats très clairs : les biologistes sont inquiets et le disent (voir une bonne vingtaine de citations dans 2 de mes précédentes études insistant sur sa dangerosité et demandant que des mesures soient prises). Mais au contraire, bon nombre de scientifiques qui travaillent pour l’industrie du nucléaire ou pour des agences comme l’UNSCAR, l’ICRP, l’AIEA ou même l’OMS ont tendance à sous-évaluer les dangers du tritium. Parmi les nombreuses études sur ce sujet, je voudrais en citer une du gouvernement britannique en 2006 ou 2007. C’est un rapport très connu dont le titre est « les risques liés au tritium » préparé par AGIR – groupe consultatif sur les rayonnements ionisants. C’est un long rapport détaillé d’une centaine de pages que vous trouverez facilement sur Google en tapant « risques tritium » et l’acronyme AGIR. Il y est dit clairement que les risques liés au tritium sont plus élevés qu’on ne le prétend aujourd’hui. Mais le problème est qu’aucune suite n’y a été donnée. Les collègues que je peux rencontrer en conférence en sont conscients : ils me sourient gentiment et opinent du chef, mais ils savent que les gouvernements ne veulent surtout pas savoir.

MG : est-ce à cause de l’utilisation du tritium dans le domaine militaire, surtout aux États-Unis et en Grande-Bretagne, à cause de l’utilisation d’uranium appauvri pour la fabrication d’armes et à cause de l’impact de tout cela à l’échelle mondiale ?

Ian FAIRLIE: oui, Maggie. Le tritium est un ingrédient capital pour la fabrication d’armes nucléaires. C’est ce qu’on appelle un « trigger », un déclencheur qui augmente leur rendement. On utilise toujours le tritium pour le complément de remplissage des armements nucléaires. Au bout de 12 ans il faut se débarrasser du tritium arrivé en fin de demi-vie et le remplacer par du tritium frais. C’est donc un ingrédient capital à connotation militaire directe. Je l’ai déjà dit, il n’y a pas de nucléaire sans tritium, que ce soit pour la production d’énergie ou d’armements, la fission ou la fusion. Et ça n’est pas sans poser de problèmes aux autorités responsables. On peut dire que le tritium est « le poil à gratter » de l’industrie nucléaire.

AG: le problème se pose de façon encore plus aiguë au Canada où nous avons des auditeurs, parce que par conception, les réacteurs CANDU utilisent le tritium comme modérateur pour ralentir la vitesse des neutrons. Ce qui donne lieu à beaucoup plus de rejets de tritium que chez nous.

Ian FAIRLIE: c’est tout à fait exact. En fait, ces réacteurs à eau lourde pressurisée (CANDU) utilisent le deutérium à la fois comme réfrigérant et comme modérateur, car c’est un modérateur très efficace. Grâce à lui, ils peuvent utiliser l’uranium naturel comme combustible. Mais le problème est que l’activation du deutérium vers le tritium se fait très facilement, le résultat étant que dans ces réacteurs à eau lourde, le modérateur et le réfrigérant sont incroyablement tritiés. Les concentrations de tritium que l’on trouve dans les émissions et les rejets d’un réacteur canadien sont plus importantes que celles réacteurs américains (réacteurs PWR ou VWR à eau bouillante) d’un facteur variant entre 10 et 100 par mégawatt généré. Un vrai problème pour les réacteurs canadiens.

CP : (23 :49) Arnie nous a parlé des réacteurs CANDU, parlez-nous des émissions en tritium des réacteurs à fusion et au thorium. On nous pose beaucoup de questions à ce propos.

Ian FAIRLIE: ces émissions sont gigantesques car les réacteurs à fusion utilisent le tritium comme combustible. En fait, l’idée est de faire fusionner le tritium et le deutérium à des températures et des pressions très élevées pour créer une bouffée d’énergie. Mais il faut avouer qu’on n’en est pas encore là : entre le développement et la mise en œuvre, il y a toujours une trentaine d’années d’écart…

CP : ce qui nous laisse une trentaine d’années devant nous…

Ian FAIRLIE: c’est exact

MG : cela rappelle de dicton du barbier qui affiche « demain on rase gratis »

Ian FAIRLIE: tout à fait. Heureusement, d’ailleurs, parce que si jamais les réacteurs à fusion fonctionnent, les niveaux quotidiens d’émission seront tellement incroyables que la population avoisinante sera noyée sous la vapeur d’eau de tritium. Pourquoi ? Parce qu’une des caractéristiques du tritium élément – l’hydrogène H3 – est que rien ne l’arrête : il est très difficile de l’isoler. Il est presque impossible de stocker de l’hydrogène dans des conteneurs standard. Lorsque vous allez à l’hôpital, par exemple, vous voyez des réservoirs d’oxygène, d’hélium ou de propane. Mais jamais de réservoirs d’hydrogène. La raison en est simple : si vous mettez de l’hydrogène dans un réservoir, il aura disparu au bout de 24 heures parce qu’il s’échappe même à travers de l’acier inoxydable. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de voitures à hydrogène : il est trop difficile à stocker. On comprend donc que lorsqu’il y a d’énormes émissions de tritium–dont la formule chimique est l’hydrogène– ce dernier va suinter à travers les canalisations, les pompes, les vannes et tout le système. Parvenir à en garder 95 % sur un an serait déjà un excellent résultat. Mais les quantités en cause sont si grandes que même si on en gardait 99 %, le niveau des fuites resterait énorme.

CP : (27 :01) voilà qui n’est pas très réjouissant. Mais parlons de la centrale d’Indian Point, qui est située à une quarantaine de kilomètres de Manhattan. Vous nous avez parlé des dangers de l’eau tritiée, de l’air tritié, du tritium organiquement lié, et aussi de la difficulté à stocker le tritium, de la façon dont il s’infiltre partout et se lie facilement : tout cela est effrayant ! Et je me dis que si le fleuve Hudson s’évapore beaucoup, s’il y a du brouillard, si les agriculteurs mettent sur le marché des aliments contaminés par le TOL … la population de New York – où j’ai de la famille et beaucoup d’amis – court un grand danger

Ian FAIRLIE: c’est exact, et c’est même pire que ça. Vous savez, on nous donne (en tous cas en Europe) des chiffres annuels de rejets pour les centrales nucléaires ; mais en réalité, 60 % de ces émissions ont lieu un jour donné, un matin ou une après-midi précis. Pourquoi ? Parce qu’il faut refaire le plein du réacteur en moyenne une fois par an, l’ouvrir, vidanger l’ancien combustible et le remplacer par du nouveau. Et c’est précisément à ce moment-là qu’intervient la presque totalité des émissions annuelles, au moment de ce que j’appelle un « pic ». C’est une information qu’on nous a cachée depuis le début du nucléaire. Il a fallu qu’une ONG, l’IPPNW (association internationale de médecins pour la prévention de la guerre nucléaire), intervienne fermement auprès du gouvernement de coalition écologiste/socialiste en Allemagne pour qu’on obtienne les premières données semi-horaires pour la centrale allemande de Gundremmingen en Bavière. Et nous avons constaté que la valeur de ces pics – dont nous prenions connaissance pour la première fois – représentait 70 % des émissions annuelles. Cette constatation a des conséquences dosimétriques énormes, puisque 70 % des rejets considérés comme annuels sont intervenus en une demi-journée, ce qui veut dire que les taux d’émission réels étaient multipliés par 20, voire selon certaines estimations par 100.

AG : en réalité, l’industrie nucléaire masque l’existence de ces pics en se cachant derrière des moyennes annuelles.

Ian FAIRLIE: exactement. Et absolument personne n’était au courant jusque tout récemment, (en 2012 je crois), lorsque le nouveau gouvernement de coalition « vert/rouge » s’est tourné vers les responsables de la centrale de Gundremmingen et vers le régulateur local (le Land étant partiellement propriétaire de la centrale) en exigeant des données semi-horaires pour la totalité de l’année. Ils essuyèrent d’abord un refus, sous prétexte que les données n’étaient pas disponibles. Il leur a fallu 6 mois pour les obtenir, et je crois même savoir qu’il a fallu menacer de faire renvoyer le régulateur pour obtenir un résultat. On ne voulait donc clairement pas les communiquer. Or les choses se passent toujours de la même façon, que ce soit à Gundremmingen ou dans toute autre centrale du même type (REP) : il faut ouvrir le réacteur, vidanger l’ancien combustible et le remplacer par du nouveau. Certains prétendent que c’est faux parce qu’on peut les réapprovisionner « en ligne », mais cette méthode n’a été utilisée que dans les années 70 et 80, au moment de la construction de ces réacteurs (REP en particulier, mais cela vaut aussi pour les réacteurs CANDU). On s’est vite rendu compte que cette méthode ne fonctionnait pas et qu’il fallait mettre le réacteur hors service, le vider de l’ancien combustible et le remplacer par du nouveau. Pour ce faire, il faut dépressuriser les réacteurs et ouvrir les vannes. Et c’est bien là ce qui doit nous inquiéter, car des gaz chauds sous haute pression giclent littéralement vers l’extérieur (on peut même en entendre le bruit dans les réacteurs à eau). Il s’agit de différentes sortes de gaz en très grande quantité, et parmi eux – et c’est le pire de tout – il y a de la vapeur d’eau, donc de la vapeur d’eau tritiée. Et aussi du gaz hydrogène H3 – qui est la forme élémentaire du tritium. Ces gaz s’échappant sous pression et à haute température vont former un panache qui va suivre le cours des vents, au gré de la météo. Si donc le vent rabat les gaz vers le fleuve Hudson vous avez raison : ils atteindront New York. Je n’essaie pas d’effrayer la population, je signale simplement le risque que de grosses quantités de tritium descendent la vallée du fleuve Hudson jusqu’à Manhattan. Et pas seulement de la vapeur d’eau tritiée, mais aussi une variété de gaz nobles, notamment du krypton 85 et du xénon 133, dont la durée de vie respective est de 8 ans pour l’un et de 5,3 jours pour l’autre. Notons d’ailleurs qu’il y a eu émission de krypton et de xénon à Three Mile Island en 1979, et donc probablement aussi émission de tritium.

AG : or l’industrie nucléaire le savait parfaitement, et s’est bien gardée de le faire savoir aux scientifiques indépendants comme vous.

Ian FAIRLIE: vous avez tout compris

Arnie Gundersen : lorsque je travaillais dans l’industrie, nous savions que les émissions étaient beaucoup plus importantes pendant les interruptions de fonctionnement. Et le règlement était fait de telle façon qu’il n’était pas nécessaire de faire des rapports horaires, mais plutôt des rapports annuels, ce qui permettait d’écréter les pics. Autre chose : Maggie et moi avons exploité 20 ans de données fournies par une centrale située à Sainte Lucie, en Floride. Les résultats affichés étaient totalement incohérents : on ne retrouvait pas les mêmes isotopes d’une année sur l’autre, et les ratios relatifs ne voulaient rien dire. Nous en avons conclu qu’ils se contentaient d’inscrire des chiffres et de les envoyer au NRC, ce dernier ne se posant aucune question sur leur signification. Donc je ne leur fais aucune confiance, même s’ils donnent des chiffres sur leurs prétendus rejets. Et vous avez raison de dire qu’au moment de la dépressurisation, tous les gaz nobles et tout le tritium en solution s’évacuent brutalement… comme un énorme rot !!! Et ça n’est pas tout, car dans la piscine du  réacteur vous avez la valeur d’un mois de combustible nucléaire et cette piscine dégage presque 20 000 litres de vapeur par jour dans l’atmosphère par la ventilation et la cheminée, un peu comme le contenu d’une cocotte qui s’évapore doucement sur le coin de la cuisinière ; et ça précisément au moment de la mise hors service du réacteur, donc au moment du pic dont vous parliez tout à l’heure. C’est donc pendant la période où on ferme la centrale pour la réapprovisionner en combustible que la piscine est la plus chaude, qu’il y a donc le plus d’évaporation et qu’il y a le plus fort dégagement de tritium.

Ian FAIRLIE: oui, vous avez raison, je n’y avais pas pensé.

MG : Ian, si nous avons voulu aborder ce sujet aujourd’hui, c’est aussi à cause d’un article du Huffington Post dont le titre est « mensonges, sales mensonges et statistiques : remettons en perspective l’hystérie relative à Indian Point ». Son auteur, Jerry Kremer, est lobbyiste et président du groupe « Empire Government Srategies ». Il prétend que l’article du New York Times qualifiant la centrale d’Indian Point de « Three mile Island » newyorkaise n’est qu’une interprétation mensongère des statistiques. Commençons, dit-il, par la prétendue exposition des new-yorkais au tritium. Il affirme que le tritium, qu’on ne trouve qu’en quantité infinitésimale dans notre environnement, n’est qu’une forme du H2 que l’on trouve dans la formule H2O (c’est-à-dire de l’eau). Il continue son baratin, qui est aussi celui de l’industrie nucléaire, en disant que les radiations sont présentes de façon naturelle dans ce nous mangeons, que si nous mangeons des pommes de terre, des bananes, des tomates ou tout aliment riche en potassium, nous ingérons aussi un isotope appelé K40 qui – exactement comme le tritium dit-il – émet de très faibles rayonnements. Mais il omet mentionner l’origine anthropique de ces émissions, et de préciser qu’il préside un groupe auquel participe Entergy, une société qui voudrait voir renouveler la licence de la centrale d’Indian Point. Personne ne va boire cette eau, dit-il, il faut remettre les choses en perspective ; cette centrale ne pose pour lui aucun problème de sécurité et il prétend pouvoir le démontrer. Tout cela bien sûr n’étant que baratin et mensonge de la part de l’industrie.

Ian FAIRLIE: oui, sur mon site Internet et sur mes blogs, j’ai souvent parlé de ce qu’écrivent les journalistes qui sont payés par l’industrie nucléaire, et j’explique que dans le meilleur des cas leurs articles sont trompeurs, voire même totalement faux. La plupart d’entre eux n’ont aucune expérience, aucune qualification, aucune formation en matière de rayonnements ou de radioactivité. Les rédacteurs en chef de ces journaux devraient avoir une attitude responsable et ne pas accepter sans broncher – comme ils le font malheureusement la plupart du temps – les articles de journalistes payés par l’industrie dont l’ignorance n’a souvent d’égal que l’arrogance, ou inversement….

MG : c’est tout à fait vrai dans le cas qui nous intéresse, celui de Jerry Kremer, sauf que c’est encore pire car ce prétendu journaliste est avocat et lobbyiste, fondateur d’un groupe d’intérêts pour l’industrie. Mais l’heure est venue de nous quitter : y a-t-il d’autres questions, ou d’autres points à souligner ?

Ian FAIRLIE: oui, une question que vous auriez pu me poser est de savoir s’il existe une liste comparative de la dangerosité des radionucléides ?

MG : eh bien je vous pose la question : cette liste existe-t-elle ?

Ian FAIRLIE: la réponse est non. Celle de l’AIEA est sommaire (4 niveaux seulement), et malheureusement fausse puisque le tritium y figure en bas de liste. Certains scientifiques allemands considèrent malgré tout que cette liste doit être établie. L’un d’entre eux – son nom est Kirker – a fait la liste de 10 caractéristiques dangereuses des radionucléides. Par exemple la solubilité, la facilité de déplacement dans l’air, le volume des rejets, la liaison avec des tissus organiques, etc., etc. Il a donc établi une liste de 10 caractéristiques et le tritium correspond à chacune d’entre elles, ce qui fait de lui un radionucléide extrêmement important selon le classement de ce chercheur. En conclusion, je dirai ceci : il faut savoir que les scientifiques indépendants sont tout à fait conscients de la dangerosité du tritium et considèrent qu’il faut s’en préoccuper bien plus que l’industrie nucléaire ne le prétend.

Maggie Gundersen : merci beaucoup. Voilà qui confirme ce que nous soupçonnions sans pouvoir l’affirmer faute de compétence. Merci d’avoir fait ce long voyage depuis le Royaume-Uni pour répondre à nos questions.

Ian FAIRLIE: je vous en prie. Tous mes vœux de succès pour l’équipe de Fairewinds.

MG : merci, on vous tient au courant.

Traduction par l’équipe de vivre-apres-fukushima.fr avec l’accord de Fairewinds.


  • Le podcast original en anglais: http://www.fairewinds.org/podcast//tritium-expos
  • Le site du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/
  • L’étude du Dr Ian FAIRLIE sur les fuites de Tritium au Canada:
    http://www.fairewinds.org/s/tritium-hazard-report-pollu.pdf

Pour en savoir plus:

  • Le Wikipedia radiotoxicité du tritium:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Radiotoxicit%C3%A9_du_tritium
  • Le livre blanc du tritium par l’ASN: http://livre-blanc-tritium.asn.fr/
  • La revue nature:
    http://www.nature.com/srep/2012/121210/srep00947/full/srep00947.html

Le 23 mai 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Mai 18

Fukushima 5 ans – rapport des médecins de l’IPPNW et PSR (3)

Voici la traduction du chapitre 5 du rapport des médecins de l’ IPPNW et PSR
sur les conséquences à 5 ans de la catastrophe nucléaire de Fukushima

Traduction odile Girard, http://www.fukushima-is-still-news.com/
Avec l’accord des auteurs:
Dr.med. Alex Rosen, Vice-Chair, IPPNW Germany
Dr.med. Angelika Claussen, IPPNW Vice President for Europe
mars 2016

Le rapport complet en anglais est disponible ici:
http://www.psr.org/resources/fukushima-report-2016.html

D’autres chapitres de ce rapport en français ont déjà été publiés ici:
5 ans. Bilan sanitaire de la catastrophe de Fukushima. 26 mars 2016
Le dossier des médecins de IPPNW et PSR (suite) 8 avril 2016

CHAPITRE 5. Conséquences de la catastrophe nucléaire sur le biote non humain

Outre les conséquences de la catastrophe sur la santé humaine dans les zones contaminées, il faudrait également examiner de plus près les effets de l’exposition accrue aux radiations sur le biote non humain, c’est-à-dire les plantes et les animaux. Les plantes et les animaux appartiennent au même écosystème que les êtres humains et les liens d’interdépendance avec nous sont nombreux : on peut difficilement oublier que notre régime se compose presque entièrement de produits animaux et végétaux. Ceci mis à part, nous coexistons dans une symbiose complexe avec beaucoup d’espèces et sommes par conséquent affectés par tout changement intervenant dans ces systèmes complexes. De plus, nous pouvons peut-être tirer des leçons sur les conséquences de l’exposition chronique aux faibles doses de rayonnement en observant ce qui se passe chez les animaux et les plantes. Comme le renouvellement des générations est plus rapide chez beaucoup d’organismes vivants que chez l’homme, il est plus facile d’y observer et étudier les effets génétiques in vitro et in vivo. L’étude du biote non humain est donc un aspect important de l’analyse des conséquences d’une catastrophe nucléaire. Au cours des cinq dernières années, plusieurs journaux scientifiques ont traité des effets morphologiques, génétiques et physiologiques des radiations ionisantes sur le biote non humain à Fukushima. Les analyses les plus pertinentes feront l’objet du présent chapitre.

Ainsi, en 2015, le groupe de recherche de Watanabe et al. a trouvé un corrélation significative entre la dose de radiation et les anomalies morphologiques des sapins japonais (sapins Momi) dans la zone contaminée autour de la centrale dévastée. Plus les arbres étaient proches des réacteurs, plus les changements étaient prononcés, ce qui suggèrent une corrélation entre la dose et l’effet. Une progression dans le temps était également observable, car les mutations les plus sévères concernaient des arbres qui avaient commencé à pousser au printemps 2012, soit une année après le début de la catastrophe nucléaire. Le fait que les arbres vivent et poussent toute leur vie au même endroit nous fournit une excellente démonstration de l’influence des effets locaux.

Ce n’est pas le cas des animaux qui vont où ils veulent et ne conviennent donc pas pour démontrer les effets locaux. Cependant un papillon (lycaenid butterfly),une espèce autochtone qui passe toute sa vie dans un rayon extrêmement réduit a été évalué pour étudier les effets des radiations. Dans une étude de 2012, Hiyama et al. ont montré une augmentation significative des pathologies qui était directement proportionnelle à la contamination des ressources alimentaires : réduction de la taille du corps et des ailes, nombre accru de mutations morphologiques et élévation du taux de mortalité (18,5 %). Des examens de laboratoire ont confirmé l’augmentation radio-induite des mutations génétiques et des changements morphologiques chez les papillons. Les générations ultérieures de papillons ont aussi révélé des taux de mutation plus élevés que la première génération. Ceci suggère que les mutations peuvent passer de génération en génération et s’aggraver.

Des études bien conçues peuvent également être une source importante d’information sur les animaux de plus grande taille. Murase et al. ont observé une espèce de faucon qui revient dans le même nid tous les ans. Les faucons ont été étudiés avant et après la catastrophe nucléaire de Fukushima jusqu’à une distance de 100 à 120 km du site de la centrale. Murase et al ont montré que la capacité reproductrice de l’oiseau était directement proportionnelle au niveau de radiation mesuré directement sous le nid. Ces résultats indiquent que la radioactivité a un effet sur la lignée germinale de l’oiseau. La capacité des oiseaux à quitter le nid est tombée de 79 à 55 % en 2012, puis à 50 % en 2013, ce qui pourrait être lié au taux de radioactivité dans leur nourriture. De manière générale, on constate une réduction du nombre d’oiseaux, de papillons et de cigales proportionnelle à la radioactivité ambiante de la zone étudiée.

Des études sur les primates dans les zones contaminées sont encore plus pertinentes quand il s’agit de tirer des conclusions s’appliquant à l’homme. En avril 2012, des changements pathologiques dans l’hémogramme de singes sauvages des forêts de Fukushima à quelque 70 km de la centrale ont été observés. Une population de singes vivant à environ 400 km au nord de Fukushima a également fait l’objet d’analyses en tant que groupe de contrôle. Alors que la concentration de césium radioactif allait de 78 à 1 778 Bq/kg dans les muscles des singes de Fukushima, les concentrations de césium dans le groupe de contrôle étaient en-dessous du niveau décelable. Chez les singes de Fukushima, la baisse du nombre de globules rouges et de globules blancs était directement proportionnelle à la concentration de césium dans les muscles, ce qui laisse présumer une corrélation dose-effet.

Il ne serait certes pas raisonnable d’un point de vue scientifique de tirer des conclusions directes sur les conséquences des radiations ionisantes pour l’homme à partir de ces études sur les plantes et les animaux. Néanmoins, les résultats de cette recherche ne doivent pas être ignorés, en particulier pour ce qui est de la question des effets génétiques et transgénérationnels de la radioactivité. À cet égard, les modèles animaux, grâce à la rapidité de leur succession générationnelle, peuvent nous aider à remplir des lacunes dans nos connaissances et à mieux comprendre la complexité de l’interaction entre les radiations ionisantes et les tissus vivants en général, et l’ADM de la lignée germinale en particulier. Par conséquent l’étude du biote non humain à Fukushima est un domaine de recherche qui peut à l’avenir fournir encore toute une série de conclusions importantes.

Dr.med. Alex Rosen, Vice-Chair, IPPNW Germany
Dr.med. Angelika Claussen, IPPNW Vice President for Europe


Le 18 mai 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Mai 13

TCHERNOBYL, Le nuage sans fin

30 ans après l’explosion de la centrale nucléaire, l’Association Française des Malades de la Thyroïde raconte son combat pour faire reconnaître la vérité dans une Bande dessinée.

titre de l'ouvrage

Le 26 avril 1986, à 1h 23 mn du matin, une manoeuvre humaine erronée déclenche la fusion du cœur du réacteur N°4 de la centrale ukrainienne puis une explosion qui libère une énorme quantité d’éléments radioactifs dans l’atmosphère.

Le nuage contaminé entame alors sa course dans le ciel européen au gré des vents. Des mesures de protection sont décrétées en urgence dans la plupart des pays, comme l’interdiction aux enfants de jouer à l’extérieur, la mise en garde contre l’exposition à la pluie, la destruction de milliers de tonnes de légumes frais, etc.

En France, la communication gouvernementale se veut rassurante, au point d’affirmer que le nuage radioactif va épargner l’Hexagone !

Des communiqués laconiques nient la gravité de la pollution radioactive et conseillent « de ne rien changer à nos habitudes » notamment alimentaires !!!

La Bande dessinée illustrée par Ming relate l’explosion du réacteur N°4, le travail des liquidateurs, mais surtout , le déni de tous les acteurs politiques sur la gravité de cet accident tant en URSS que dans notre pays.

En 2016, il nous faut constater:
À Fukushima, les discours et les comportements des autorités sont les mêmes:

Le déni du désastre est le même : les victimes doivent apprendre à vivre en territoire contaminé. Nous voilà prévenus ! Nous, citoyens, avons des leçons à tirer de la façon dont les responsables politiques ont fait face à leur devoir de protection des populations lors des événements de Tchernobyl puis de Fukushima.

macaron

Tchernobyl « Le nuage sans fin » Scénario AFMT, dessin Ming
Cette BD n’est pas disponible en librairie.
Vous pouvez la commander en envoyant un chèque de 22 € (15 € de BD + 7 € de port et d’emballage) à l’adresse ci-dessous
AFMT
BP 21
82700 BOURRET
(Pour les envois en nombre, voir directement avec l’association)

La présentation de l’ouvrage sur le site de l’AFMT:
http://www.asso-malades-thyroide.org/detail_asc.php?id=1

Documentation

Sur le site « http://nuagesansfin.info/ » L’AFMT a rassemblé des documents qui fournissent des références sourcées et indiscutables aux faits évoqués dans la Bande Dessinée « Tchernobyl, un nuage sans fin ».

Ces pièces ont été extraites des milliers de pages des dossiers des perquisitions menées par Madame la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Elles vous permettront de cerner comment les responsables politiques ont utilisé leurs pouvoirs pour la défense de l’industrie nucléaire civile et militaire, à tout prix et contre toute vérité.

Si ces informations vous parviennent si longtemps après la survenue de la catastrophe du 26 avril 1986, c’est qu’elles sont issues d’un très long processus. Il a fallu un accroissement anormal du nombre de cancers thyroïdiens, spécialement en Corse, pour que l’Association Française des Malades de la Thyroïde se constitue et tente tous les recours légaux qui étaient en son pouvoir devant toutes les juridictions possibles – 31 mars 2011 – Rejet en cour d’appel avec énoncé d’un Non Lieu – 7 sept 2011 —Rejet du pourvoi en cassation – 8 octobre 2013 – La Cour Européenne des Droits de l’Homme, juge irrecevable la plainte de Me. Fau déposée pour l’AFMT .

Le 13 mai 2013