Fév 20

116 cas de cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima

Selon les officiels: toujours rien à voir avec l’accident nucléaire de Mars 2011

Un nouveau cas de cancer de la Thyroïde a été constaté chez un jeune de la préfecture de Fukushima. Cela porte le nombre total à 116 chez les enfants et jeunes adultes qui avaient 18 ans ou moins lors de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011. L’enquête concerne environ 380 000 jeunes. Aucun cas n’a été constaté chez les nourrissons.
La commission d’enquête sur la santé de la préfecture affirme que ces 116 cas ne sont pas liés à la catastrophe nucléaire.

Une information du journal Asahi Shimbun du 16 février 2016
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201602160050


Notes

– Ces conclusions officielles sont contestées par une équipe d’épidémiologistes japonais dirigée par le Pr TSUDA. Voir une présentation des travaux du Pr Tsuda traduite en français par l’ACRO

– L’ACRO vient de publier un intéressant bilan sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Je vous invite à le télécharger et lire ICI

Le 20 février 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Fév 08

Quand il sera trop tard…

Nucléaire. Les autorités multiplient les plans pour gérer un accident.
On s’y prépare et ce qui s’est déjà passé à Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011 ne laisse rien augurer de bon.

L’article ci dessous est à paraître dans le numéro de mars de la revue «Silence».
avec l’aimable autorisation de l’auteur
Il y sera accompagné par un autre article sur les multiples causes qui peuvent provoquer un accident majeur en France.
http://www.revuesilence.net/


L’article de la revue «Silence» :

Imaginons qu’un accident majeur commence un soir à minuit sur le site de la Hague, dans la Manche.
Ce jour là, un vent modéré de 50 km/h souffle de l’ouest.
Que se passe-t-il ?
  • Dès 0h30, la ville de Cherbourg (agglomération de 116 000 habitants) est contaminée.
  • A 2h30, le nuage arrive au Havre (294 000 habitants).
  • A 3h30, il est à Rouen (660 000 habitants), mais aussi à Caen (400 000 habitants).
  • A 5h, il entre en région parisienne (12 millions d’habitants). Il touche également Beauvais, Amiens.
  • A 7h, il atteint Lille (1,2 millions d’habitants) mais également les côtes anglaises au nord, Chartres et Le Mans plus au sud.

C’est à ce moment là que ces millions de personnes écoutent les infos sur la radio et découvrent qu’elles sont en zone contaminée. Dans la journée, le nuage couvre la Belgique, atteint la région londonienne, franchit la frontière allemande…

En 1986, le nuage de Tchernobyl a fait le tour du monde. Il a été si intense qu’en Allemagne et en France, il a provoqué de nombreux cancers de la thyroïde, bien que l’on soit à plus de 3000 km du lieu de l’accident.

Impossibilité de se protéger du nuage radioactif

Alors bien sûr, il y a la fameuse pastille d’iode qui est distribuée, avec force communication, dans la périphérie des centrales nucléaires. Son ingestion sature la thyroïde en iode non radioactif et empêche la glande de fixer l’iode radioactif abondamment présente dans le nuage.
Problème : pour que cela soit efficace, il faut absorber cette pastille 48 h avant l’arrivée du nuage radioactif. Ce sera donc pour ceux qui habitent à plus de 2000 km, la distance que parcourera le nuage en deux jours ! Donc peut-être pour les Allemands et plus à l’est.
Et cette pastille ne protège que de l’iode radioactif… pas des centaines d’autres éléments radioactifs présents dans l’air.

Pour la population française prise dans le nuage, il n’y aura rien à faire si ce n’est déménager le plus vite possible en dehors de la trajectoire du nuage (voir encart).

Evacuation trop tardive et trop limitée

A Tchernobyl, dans une région peu habitée, les autorités soviétiques ont évacué les populations jusqu’à une trentaine de kilomètres, plusieurs jours après l’accident (1). A Fukushima, l’évacuation n’a pas été plus rapide, notamment parce que le tsunami et le séisme ont compliqué les choses. L’évacuation a été faite sur seulement 20 km dans un premier temps, puis 30 km sous les vents dominants (2). C’est insuffisant. Si l’on s’en tient aux normes de sûreté définie avant l’accident, il aurait fallu évacuer jusqu’à 250 km de la centrale (3), ce qui était tout simplement impossible : 60 millions de personnes vivent dans ce rayon, dont les banlieues nord de Tokyo. Le gouvernement des Etats-Unis a prôné une évacuation au moins jusqu’à 80 km, mais le gouvernement japonais a refusé, estimant que cela serait la mort économique du pays.
Revenons à notre accident à La Hague. Le gouvernement pourrait accepter d’évacuer le département de la Manche (500 000 habitants), mais probablement pas au-delà. Les Franciliens (12 millions), les Normands (3,3 millions), les Nord-Picards (6 millions)… seront condamnés à vivre (et mourir prématurément) en zone radioactive.

Qui pour aller travailler sur le site accidenté ?

A Tchernobyl, l’armée soviétique a fourni l’essentiel des travailleurs pour essayer d’enterrer le site sous des tonnes de sable. 600 000 personnes ont été sacrifiées et la plupart sont mortes depuis. A Fukushima, la compagnie électrique a fait appel à des sociétés de sous-traitance pour trouver du personnel. Celles-ci, dont nombre d’entre elles sont contrôlées par les Yakuzas, la mafia locale, ont recruté dans le milieu des SDF et des chômeurs les moins diplômés.

En cas d’accident en France, un décret paru en 1986 après l’accident de Tchernobyl, prévoyait qu’une liste de personnes soit tenue à jour pour intervenir en cas d’accident nucléaire. Ces listes, si elles existent, n’ont jamais été rendues publiques.

L’armée n’a pas les troupes suffisantes depuis l’abandon du service militaire en 1996. Les Français dans l’ensemble ont un niveau d’étude suffisant pour comprendre qu’accepter un tel travail est se condamner à tomber malade rapidement. Reste la « ressource » malheureusement la plus probable : les réfugiés, les immigrés, les SDF, les roms… ! Il en faudra beaucoup.

Le temps du nucléaire, le temps du politique

Benjamin Dessus, expert dans le domaine de l’énergie, a l’habitude de plaisanter ainsi : le problème du nucléaire, c’est que la période du plutonium est de 24 400 ans alors que la durée de vie moyenne d’un ministre est de deux ans. Et donc nos élus vont chercher des solutions à court terme, espérant ne plus être là pour gérer la suite. Tchernobyl est dans le nord de l’Ukraine et près de la Biélorussie. Ces deux pays doivent, 30 ans après l’accident, gérer les millions de malades. Dans la région de Gomel (sud de la Biélorussie, non évacuée, mais avec un taux de radioactivité important), aujourd’hui, pas un enfant ne naît en bonne santé (4).

En cas d’accident nucléaire, il faut entre 3 et 4 ans pour qu’apparaissent, d’abord chez les enfants, les premiers cancers de la thyroïde. Il faut cinq ans (cela commence donc tout juste à Fukushima) pour qu’apparaissent les leucémies (cancer du sang). Suivent ensuite les cancers des os, puis tous les types de cancers. La catastrophe sanitaire va en s’amplifiant (5).

Les politiques vont donc tenter par tous les moyens de minimiser les conséquences : en répétant que l’accident est maîtrisé, en annonçant que tout est sous contrôle et en dénonçant les messages alarmistes des médecins honnêtes. Et cela sera relayé au plus haut niveau, jusqu’à l’OMS (6), par ceux qui défendent encore et toujours le nucléaire. Le mensonge sera l’arme des puissants.

Malgré cela, les conséquences économiques seront énormes. Dans la région de Fukushima, la plupart des hommes restent pour ne pas perdre leurs emplois. Mais les femmes partent pour protéger les enfants… provoquant un taux de divorces inédit. Imaginons que la région parisienne soit fortement contaminée, que se passerait-il ? Qui serait encore volontaire pour aller y occuper un emploi, même bien payé ? Avec notre centralisation administrative, comment cela se gérerait-il ?

Catastrophe sans fin

La zone interdite de Tchernobyl est fermée maintenant depuis 30 ans. La période de l’iode radioactif est de l’ordre de quelques semaines, celle du césium, autre polluant majeur, est d’une trentaine d’années. Trente ans après, les scientifiques s’attendaient à avoir une baisse de la radioactivité dans la zone interdite de l’ordre de la moitié. Or les dernières mesures montrent qu’il n’en est rien : elle est stable car depuis le début de la catastrophe, le réacteur accidenté continue à émettre suffisamment de radioactivité pour remplacer celle qui disparaît.

A Fukushima, des essais de décontamination ont été faits avec l’idée d’inciter les gens à revenir dans les zones « nettoyées ». Mais cela ne se passe pas comme prévu, car cinq ans après, les trois réacteurs en fusion continuent à rejeter de la radioactivité et la décontamination est sans fin.

Michel Bernard.

Cet article est extrait du dossier qui sera publié en mars 2016 par la revue Silence: « Faut-il que ça pête pour qu’on l’arrête [le nucléaire] ?« .
Voir: www.revuesilence.net


  • (1) Environ 250 000 personnes ont été évacuées en mai 1986.
  • (2) Environ 110 000 personnes ont été évacuées en mars 2011.
  • (3) Pour ne pas dépasser un taux d’exposition de 1 mSv/an.
  • (4) voir www.lesenfantsdetchernobyl.fr
  • (5) Toutes les victimes des bombardements de Hiroshima et Nagasaki ne sont pas encore mortes… Pour une bombe, la radioactivité est relâchée d’un seul coup, alors que pour un accident nucléaire, la pollution se poursuit pendant des années…
  • (6) L’OMS, Organisation mondiale de la santé, est contrôlé par l’AIEA, Agence internationale de l’énergie atomique voir la campagne independentwho.org.

Eloge de la fuite

En cas d’accident, les consignes officielles sont de s’enfermer chez soi et de se calfeutrer. Ce qui ne peut être efficace au risque de mourir asphyxié du fait du non-renouvellement de l’air. Ce choix des autorités a un but : que vous soyez résigné en apprenant que de tout manière vous êtes contaminé… et ainsi obéir gentiment aux consignes d’évacuation (ou non) quand il sera trop tard. Les autorités craignent que la panique ne provoque de nombreux accidents lors d’une fuite massive. En terme de gestion politique, les autorités cherchent à minimiser les morts sur le moment quitte à les augmenter ensuite loin de l’attention des médias.

En 1986, lors de l’arrivée du nuage radioactif de Tchernobyl sur l’Europe de l’ouest, des familles allemandes ont pris leurs voitures pour s’éloigner, certaines allant vivre un temps en Espagne. Cela peut paraître exagéré, mais c’est exactement ce qu’il fallait faire.
Renseignez-vous sur les conditions météos, et déplacez-vous pour essayer de rester en dehors de la trajectoire des particules radioactives. Il faut tout particulièrement éviter les zones de pluies qui précipitent le nuage au sol et forment ensuite des taches de contamination durables (comme encore aujourd’hui dans le Mercantour).

La revue «Silence»


Notes ( de Vivre-après-fukushima):

La trajectoire habituelle d’une dépression sur la France se fait d’Ouest vers l’Est. Le vent vient d’abord d’ouest; puis du Nord-Ouest. Enfin il vient du Nord, lorsque la dépression s’est déplacée vers l’Allemagne, la Hollande, la Norvège etc…Le beau temps revient alors jusqu’à la dépression suivante. L’implication de la région parisienne dès que le vent passe à l’ouest nord-ouest, est tout à fait plausible.

Il y a deux types de catastrophes:
– L’une provoque une émission brève de polluants radioactifs (Les bombes de Hiroshima et Nagasaki).
– L’autre provoque l’émission continue d’un nuage invisible radioactif pendant des semaines, des mois, des années; c’est le cas des dernières grosses catastrophes « civiles »: Tchernobyl et Fukushima.

Évacuer, s’enfuir:
– jusqu’à présent, les autorités ont très mal géré l’évacuation des populations. L’iode n’a pas été distribué
– La fuite individuelle nécessite des conditions difficiles à rassembler: avoir une bonne information à temps, avoir des prévisions météorologiques fiables (il vaut mieux s’informer à l’étranger ou sur les sites de l’organisation météorologique mondiale), avoir les moyens de fuir après avoir rassemblé sa famille et ne pas se retrouver bloqué dans d’immenses embouteillages, précisément en zone contaminée.

Le 08 février 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Fév 04

ANTICIPER LE PIRE

Arrête de penser et creuse

Voici ci-dessous, la traduction d’un article de Fairewinds Education:
Anticipating the Worst – le 24 Janvier 2016
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education//demystify-anticipating-the-worst
traduction vivre-apres-fukushima, avec l’aimable autorisation de Fairewinds

Anticiper le pire par Sue Prent

Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui repousse les limites; même les limites indispensables. Quand il s’agit de favoriser la croissance industrielle et économique, nous autres humains, avons tendance à être aveuglés par l’assurance d’un gros gain et à perdre de vue ce qui peut vraiment poser problème.

La pression pour nourrir les appétits mondiaux croissants en énergie et pour soutenir la croissance industrielle en cours, fait sous-estimer grossièrement deux obstacles critiques dans le schéma d’organisation concernant les carburants fossiles et l’énergie atomique.
— Le premier obstacle est la dégradation des infrastructures de production d’énergie et des systèmes de confinement.
— Le second obstacle est l’organisation pour les régions avoisinantes d’un plan de gestion de catastrophe concernant ces installations de production d’énergie très différentes.

Même les meilleurs matériaux finissent par se détériorer en raison de leur âge et de l’utilisation qui en est faite. Cette détérioration est accélérée lorsque des défauts de conception et des contraintes imprévues provoquent une charge supplémentaire sur ces matériaux.

Par exemple, saviez-vous que les fûts en béton, approuvés par la Nuclear Regulatory Commission (NCR) pour le stockage au long cours en surface de combustible usé hautement radioactif, n’ont qu’une espérance de vie de moins de 100 ans ?
De même, saviez-vous qu’aucun plan pratique n’a jamais été établi pour remplacer ces fûts à la fin de leur vie utile; ni qu’aucun plan n’a été établi en cas de brèche inattendue qui permettrait à la radioactivité de s’échapper et de contaminer les zones avoisinantes ?

Le combustible usagé d’une centrale nucléaire est hautement radioactif et toxique pour des milliers d’années; il nécessite donc une isolation stricte de l’environnement et des espèces vivantes. Plus inquiétant, AUCUN site de stockage souterrain permanent n’a été construit aux USA pour le combustible hautement toxique des réacteurs atomiques alors que cela fait plus de 70 ans qu’on en fabrique. Il est certain qu’une durée de vie de moins de 100 ans pour ces fûts est insuffisante.

Où est le calendrier du plan de fin d’activité et de sa mise en oeuvre ? Pourquoi ces sociétés continuent-elles de fabriquer une substance toxique impossible à contenir sans avoir prévu de plan de fin d’activité ?

Fuite de méthane

En ce moment et depuis de longs mois, la Californie subit une importante fuite de gaz méthane; sa mauvaise gestion démontre l’incompétence du secteur de la production d’énergie et le laxisme des régulateurs fédéraux et de l’état.
C’est un exemple de ce qui va continuer de se produire tant que notre infrastructure de production d’énergie n’aura en vue que la production et le profit immédiats; elle s’épargne même une petite réflexion sur une stratégie de sortie lorsque le vieillissement, des défauts de conception, et/ou la simple erreur humaine provoqueront une défaillance inévitable.

La fuite actuelle de gaz provoque chez les riverains des maux de tête, des saignements de nez et de l’inquiétude pour la santé de leurs enfants. Elle est due à la rupture d’une canalisation enfouie profondément sous terre dans la zone de stockage de gaz du Aliso Canyon.
Ce tube a été obturé et laissé en place quand il n’a plus eu d’utilité pour la «Southern California Gas Company» (SoCalGas).
Depuis sa rupture survenue en octobre 2015, l’installation de SoCalGas a déjà dégagé plus de 150 millions de tonnes de méthane. La difficulté technologique que représente la réparation de la rupture du tube et le manque de motivation à la réaliser rapidement signifient que la fuite va continuer de cracher d’énormes quantités de méthane pour au moins encore un mois, voire plus.

SoCalGas refuse de reconnaître le fort risque sanitaire à long terme de cette fuite qui contient du benzène et d’autres substances cancérigènes nocives; elle affecte les quartiers environnant l’établissement où, concrètement, des centaines de familles signalent des symptômes alarmants variés. Plus grave encore, il est certain qu’à poids égal, le méthane est un gaz à effet de serre plusieurs fois plus dangereux pour l’environnement que le CO2.

Il est évident que SoCalGas et ses soi-disants contrôleurs n’ont jamais prévu la nécessité d’un accès d’urgence au puits souterrain après sa fermeture. De toute évidence, les contrôleurs ont manqué à leur devoir de protéger la santé et la sécurité publiques en n’exigeant pas un accès d’urgence au puits lors de sa création. Cette vieille infrastructure a débuté comme une aubaine pour la croissance et la prospérité; elle a terminé sa vie utile en menaçant la santé et le bien-être de la communauté et de l’environnement dans son ensemble.

Malheureusement, ce n’est pas un incident isolé. Ce mode opératoire pour un désastre a été répété trop souvent dans le secteur de l’énergie pour qu’on puisse le rapporter.

Fusion du coeur

Un jour de mars 1979, des défauts de conception, une défaillance mécanique et une simple erreur humaine ont convergé simultanément au réacteur atomique de Three Mile Islant, Pensylvanie (TMI) pour transformer un atout pour la communauté en un engin de dévastation.

Les décideurs de TMI, dont le premier réflexe aurait du être d’évacuer immédiatement les populations environnantes, étaient si mal préparés à identifier une situation d’urgence et encore moins à y répondre qu’ils ont attendu plus de 24 heures avant d’alerter les populations environnantes et les régulateurs de la gravité de la catastrophe : une fonte du coeur en cours.

L’industrie nucléaire a rapidement serré les rangs pour minimiser l’événement face le public. Et après quelques mois, l’industrie nucléaire et ses régulateurs présumés ont effacé le tout de la conscience collective tout en n’en tirant que peu de leçons et avec seulement peu de conséquences pour les responsables.

Forages pétroliers dans l’océan

Le déversement de pétrole de Deepwater Horizon, qui a souillé le golfe du Mexique en 2010 est un autre exemple impudent du comportement cavalier d’un géant de l’énergie qui se considère trop puissant pour subir une surveillance ou une responsabilité fiscale pour les dégâts qu’il a causés. Même si l’émission polluante a ravagé l’écosystème, et pris 11 vies humaines, et même si nous l’avons vue à la télévision quotidiennement pendant 4 longs mois, le public orienté vers la consommation se souvient à peine de cet échec spectaculaire de l’industrie pétrolière; et il consomme volontiers la crevette du golfe sans se demander si ces crevettes sont maintenant comestibles.

Pour son irresponsabilité avant et après l’événement, British Petroleum (BP) a finalement été reconnu coupable d’une négligence grave et a subi la plus forte pénalité pour pollution de l’histoire des USA. Mais toutes les sanctions du monde ne peuvent restaurer la vigueur prolifique des anciennes pêcheries de crevettes. Les tentatives malavisées de régler le problème à la hâte ont considérablement aggravé les choses; elles laissent un résidu toxique sur le fond de l’océan que les micro-organismes consomment; lorsque de plus grands organismes s’en nourrissent ils font passer ces résidus toxiques dans la chaîne alimentaire et contaminent les humains qui les consomment à leur tour.

Triple fusion

Ensuite, bien sûr, il y a la triple fusion des coeurs à Fukushima Daiichi, une catastrophe encore inachevée dont on a inexplicablement laissé à Tepco le soin de la résoudre; avec à sa tête les mêmes personnes dont la culture d’entreprise faite de corruption et d’incompétence a jeté les bases de cette catastrophe.

A quand remonte la dernière fois que vous avez entendu mentionner Fukushima aux informations ? Les médias américains ont perdu tout intérêt pour cette fusion toujours en cours dès la survenue du premier typhon,tornade ou massacre de masse.

Refusant de reconnaître qu’il n’y a aucun moyen viable d’assurer en permanence la sécurité des déchets nucléaires, la NRC et l’industrie nucléaire avancent des plans pour de nouvelles installations de production d’énergie atomique avec de nouvelles et radicales conceptions non testées. Le mieux que la NRC a été capable de promettre est que les fûts des unités de stockage à sec qui ont été approuvés pour le stockage en surface du combustible usagé hautement radioactif devraient durer environ 100 ans. Et après, qui sait ? Et si, comme certaines études le suggèrent, ces fûts pourraient être défaillants bien plus tôt, il n’y a eu aucune disposition prise pour en transférer le contenu vers de nouveaux systèmes de confinement, que ces défaillances se produisent dans 10 ou dans 100 ans.

Fissures du béton, fatigue et ruptures du métal conjuguées avec la simple inattention humaine, qui peut être le maillon le plus faible de tous, font partie de la dégradation d’une centrale nucléaire qui vieillit. Pour maximiser les profits, dans un monde de concurrence entre les plates-formes d’énergie, l’industrie de l’énergie nucléaire prend des raccourcis et tolère des risques qu’elle ne devrait jamais accepter.

Transport de pétrole explosif

Quand un train transportant du pétrole brut de l’Ouest canadien a déraillé en raison d’une erreur de l’opérateur et a incendié la moitié de la ville de Lac-Megantic, (Quebec), un joli petit village qui n’a rien à voir avec l’industrie pétrolière, l’industrie a exploité cette tragédie comme une opportunité pour appuyer davantage en faveur d’un projet de pipeline très impopulaire.
Maintenant, pour fournir au moindre coût l’huile extraite des sables bitumineux de l’Alberta aux raffineries de la côte des USA, les lobbyistes de l’industrie, financés par les entreprises pétrolières, demandent l’autorisation d’utiliser une technique non testée et risquée pour l’environnement : inverser le flux dans un pipeline désespérément vieillissant qui avait été conçu et construit pour transporter un hydrocarbure beaucoup plus léger et moins corrosif.

On nous donne un faux choix : soit accepter le transport de pétrole brut par train sur des infrastructures affaiblies par l’âge passant au travers de centres habités, comme la malheureuse Lac-Megantic incendiée; soit accepter le transport du pétrole des sables bitumineux par de vieux pipelines détériorés qui avaient été conçus pour transporter des fluides sensiblement moins épais et corrosifs, à travers champs et sous les ruisseaux, sur des milliers de kilomètres hasardeux.
Ces mêmes promoteurs de l’industrie, à la recherche de gros profits, nous affirment que ne pas transporter le pétrole des sables bitumineux n’est pas une option.

La plupart des experts de l’environnement conviennent que le pétrole des sables bitumineux canadiens doit être laissé exactement là où il est. L’exploitation totale de ces gisements malsains hâterait la fin de la présence humaine sur cette planète.

Fracking

La relativement nouvelle industrie qui a prospéré autour du «fracking» pour le gaz naturel tente de supprimer toute discussion sur les risques liés à cette industrie.
Le «fracking» libère du méthane et il existe des preuves sismologiques que cette pratique déstabilise dangereusement la géologie des régions où elle est utilisée; cela mène à une plus grande incidence de tremblements de terre que jamais.

Dans le domaine de l’énergie, la politique tacite a toujours été d’exploiter maintenant et de s’inquiéter plus tard des conséquences imprévues. Comme des enfants sautant sur les lits, nous ignorons les avertissements des parents; nous les refoulons au fond de nos esprits jusqu’à ce que nous nous soyons cassé un bras ou fracassé une clavicule.

Résoudre les problèmes potentiels n’est jamais une priorité jusqu’à ce que le «potentiel» se transforme en une déplaisante réalité immédiate. Et malheureusement, contrairement à nos parents, les grandes sociétés commerciales ne souhaitent pas que des consommateurs comme nous anticipent le pire.

Sue Prent, de l’équipe FAIREWINDS, le 24 janvier 2016
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education//demystify-anticipating-the-worst


Qui est Fairewinds ?

«Démystifier l’énergie nucléaire par l’information»
Fairewinds Energy Education est une organisation sans but lucratif fondée en 2008. «Notre mission est d’informer le public sur les problèmes causés par l’énergie nucléaire et les autres énergies.»

Arnie Gundersen en est le directeur:
Il a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a assisté à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de l’énergie atomique Commission pour sa maîtrise en génie nucléaire.
Arnie détient un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire.
Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie a également géré et coordonné des projets dans 70 centrales nucléaires aux États-Unis.
(Détails sur Wikipedia: https://en.m.wikipedia.org/wiki/Arnold_Gundersen)

Fairewinds Energy Education · 70 S Winooski Ave, 289, Burlington, VT 05401, United States
http://www.fairewinds.org/

Le 04 Février 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

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