Jan 28

En l’honneur de la vie et du travail de Chiyo Nohara

Chiyo Nohara, morte à l’âge de 60 ans, était membre de l’équipe de recherche qui a publié la première preuve scientifique de dommages causés à un organisme vivant par la contamination radioactive due à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Chiyo Nohara était présente à Genève en Novembre 2014 lors du Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants. Elle y a présenté le travail de son équipe japonaise.

Cet article de Susie Greaves a été publié le 07 Janvier 2016 en anglais
sur le site d’ISIS – Institute of Science in Society
La traduction française est parue sur le site de l’association «Independent WHO»
Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Courage et héroïsme

Chiyo Npohara à Genève le 29 novembre 2014

Chiyo Nohara à Genève le 29 novembre 2014

En août 2012, la revue Nature a publié la preuve que les radionucléides artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont créé des dommages physiologiques et génétiques au papillon bleu pâle des herbes, Zizeeria mara [1]. Au sein de l’équipe qui a conduit la recherche à l’université Ryukyus d’Okinawa, se trouvait une étudiante-chercheur en première année, Chiyo Nohara. Chiyo est décédée d’une crise cardiaque à l’âge de 60 ans, le 28 octobre 2015. Chiyo était une scientifique qui voulait protéger les êtres humains malgré la forte pression des autorités et un grand risque pour sa propre vie.

Chiyo a dit un jour à un ami [2] « Peu importe la quantité de vos recherches et de vos connaissances, elle serait futile si vous mourriez avant de transmettre au monde ce que vous avez appris. » Heureusement, la recherche de Chiyo a été publiée, et elle a apporté la première preuve scientifique des dommages que l’accident de Fukushima a provoqués sur des organismes vivants. Je ne vais pas décrire la recherche elle-même, puisqu’elle est publiée [1]. (Voir aussi [3] Fukushima Mutant Butterflies Confirm Harm from Low-Dose Radiation, SiS 56.) Je voudrais plutôt me concentrer sur sa réponse à l’accident de Fukushima, et rendre hommage à l’intelligence, le courage et l’énergie développés par Nohara et son équipe pour entreprendre cette recherche, s’engager dans le travail de terrain, diriger les expériences de laboratoire et ensuite défendre leur travail contre les critiques.

Chiyo est née le 8 mai 1955 à Ube, une ville de la préfecture de Yamaguchi. Elle a étudié les sciences économiques dans les universités de Okayama et de Aichi ; elle a enseigné l’expertise comptable à l’université, publié de nombreux articles et était impliquée dans la vérification des comptes publics aux niveaux local et national. Mais en 2010, à l’âge de 55 ans, en partie à cause d’allergies dont souffrait sa propre fille, Chiyo s’est intéressée à la santé environnementale. Elle a démissionné de son poste universitaire et s’est engagée dans le programme de biologie de troisième cycle de la faculté des sciences de l’Université de Ryukyus.

L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Lorsque l’accident de la centrale de Fukushima est survenu en mars 2011, Chiyo était encore en première année de recherche. Elle a cependant persuadé son équipe que la recherche dans la zone de Fukushima était d’une importance capitale et qu’elle devait commencer immédiatement. Elle s’était déjà engagée en donnant de l’argent et des provisions aux victimes du tsunami et du tremblement de terre, mais elle disait [4] : « Je veux aller à Fukushima. Je veux voir la zone dévastée de mes propres yeux ». Elle disait qu’elle voulait « faire quelque chose, quoi que ce soit » pour aider les gens touchés par l’accident.
L’équipe universitaire, conduite par le maître de conférences Joji Otaki, spécialiste de la physiologie moléculaire, avait mené des recherches sur le mécanisme des motifs de couleurs particuliers du papillon bleu pâle des herbes (Zizeeria maha), qui sont influencés par les conditions environnementales, telles que la température. Il a vu que cette espèce de papillon pouvait servir comme un indicateur environnemental.

Mener une recherche dans les territoires contaminés

Après s’être longuement interrogés, trois membres du troisième cycle universitaire décidèrent d’aller dans les territoires contaminés de Fukushima. Ils signèrent tous une décharge écrite [4] : « Je suis tout à fait conscient et informé des dangers de mes activités dans des zones contaminées à un niveau de radiation relativement élevé ». Mais quelques jours avant la date de leur voyage à Fukushima, ils furent convoqués au bureau du doyen. Chiyo et son équipe furent soumis à un interrogatoire agressif et déplaisant du doyen, du doyen délégué et d’autres membres de l’administration. Leur préparation et leur planning furent mis en cause et ils furent aussi interpellés sur la réaction qu’ils susciteraient auprès des habitants de la préfecture de Fukushima « lorsque ceux-ci verraient une équipe de l’université de Ryukyus chasser des papillons au filet, alors qu’eux-mêmes cherchaient désespérément des parents disparus (à cause du tsunami) ».

Finalement, l’autorisation fut donnée, sous réserve de mesures correctes de protection radiologique et d’un plan strict de gestion de crise en cas d’une autre explosion à la centrale nucléaire. Il est intéressant de noter que, plus tard, le doyen délégué a félicité l’équipe pour son travail, disant que beaucoup d’équipes de recherche ne prendraient pas de tels risques de peur de perdre des financements, mais que « cette équipe ne se préoccupe pas de ces risques-là. Ils veulent seulement savoir ce qui se passe là-bas. Je soutiens leur travail, mais ils m’inquiètent ».

L’équipe partit le 13 mai 2011 pour un voyage de six jours sur le terrain. Ils avaient un compteur Geiger pour relever les niveaux de radiation et s’étaient eux-mêmes défini une limite de temps stricte de 20 minutes sur chaque site. S’ils ne trouvaient pas de papillons, ils allaient ailleurs. Ils visitèrent 15 sites dans 4 préfectures (Tokyo, Ibaraki, Fukushima, Miyagi) et reprirent l’avion pour Okinawa le 18 mai avec 144 papillons.

Chiyo s’inquiète de sa santé

Le travail s’est poursuivi pendant les mois suivants dans les laboratoires de l’université d’Okinawa et en septembre l’équipe est revenue de nouveau à Fukushima et a recueilli d’autres spécimens. Une partie de la recherche comprenait l’alimentation des papillons avec de l’oxalis corniculata contaminé par les radionucléides de la zone de Fukushima. Ce sont Chiyo et son mari qui firent les voyages dans les territoires contaminés pour cueillir l’oxalis contaminé – 15 voyages en l’espace de 18 mois. Inévitablement, Chiyo était inquiète pour sa santé. Un ami a dit [2] : « chaque fois qu’elle allait à Fukushima pour ramener des papillons et qu’elle mesurait le niveau de radiation de l’oxalis contaminé, sa condition physique se détériorait. Mais elle ne voulait pas que les jeunes étudiants fassent ce travail. »

L’équipe a recueilli les premiers adultes dans la zone de Fukushima en mai 2011 et certains présentaient des malformations. Deux générations de leur progéniture ont été élevées dans les laboratoires à Okinawa et les membres de l’équipe ont découvert que, bien qu’elles n’aient pas été exposées à la radiation, leurs malformations étaient plus graves. Ils ont pu aussi provoquer des anomalies similaires chez des papillons de zones non contaminées en les exposant à des rayonnements externe et interne à faibles doses. D’autres papillons adultes ont été capturés en septembre 2015 dans la zone de Fukushima et ils montraient de plus graves malformations que ceux pris en mai. L’équipe en conclut que les radionucléides de la centrale nucléaire de Fukushima avaient provoqué des dommages physiologiques et génétiques à cette espèce de papillon.

Une recherche « importante et accablante par ses implications»

La recherche a été publiée une première fois en août 2012 dans la revue Nature et le retour international a été immédiat [2]. La BBC a détaillé les résultats de la recherche en y incluant ce commentaire « cette recherche est importante et accablante par ses implications pour les communautés humaines et biologiques à Fukushima » [5]. Le Monde en France fut plus explicite, disant que, même si officiellement personne n’était encore décédé à cause de la radioactivité de Fukushima, beaucoup d’experts pensaient que les gens seraient malades et mourraient dans les années à venir [6]. La BBC et la chaîne de télévision allemande ARD sont allées interroger le professeur Otaki à Okinawa et les chaînes américaines ABC, CNN et Fox ont aussi traité le sujet.

La recherche a suscité une grande quantité de commentaires (276 139 dans les six premiers mois – jusqu’en janvier 2013 –, selon le site web de l’éditeur). Chiyo et son équipe ont répondu aux commentaires dans un nouvel article en 2013 [7]. Onze points ont été discutés en profondeur, dont le choix de cette espèce en tant qu’indicateur environnemental, la possibilité que la diminution des ailes antérieures des papillons dépende de la latitude, les conditions de l’élevage et les implications de l’accumulation des mutations génétiques. Beaucoup de commentaires n’étaient pas scientifiques et motivés politiquement et il n’était donc pas possible d’y répondre.

Au Japon cette recherche n’est pas largement connue

Les principaux médias japonais n’ont pas rendu compte de l’importance de cette recherche, à part quelques-uns de faible importance. Sur les blogs personnels et les comptes Twitter, les découvertes de la recherche ont été largement propagées, mais pas toujours positivement. Le manque de liberté de la presse au Japon depuis les accidents de Fukushima est très inquiétant. Dans l’Index 2010 de la liberté de la presse, le Japon était à la 11ème place. En 2015, il est tombé à la 61ème et ceci est en grande partie dû au secret sur l’accident de Fukushima [8]. En Europe et aux États-Unis, on peut accéder aux images du papillon bleu pâle des herbes – Z. maha – et à ses malformations post-Fukushima en quelques secondes, mais pas au Japon. La réponse du gouvernement japonais à l’accident a été essentiellement de donner de fausses « informations » rassurantes. Le Premier ministre Abe déclarant en 2013 au Comité de candidature aux Jeux Olympiques que « la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est sous contrôle », ce qui est clairement faux [9], en est un exemple.

C’est une lutte permanente. Les scientifiques et les non-scientifiques de l’Ouest ont le devoir d’aider les Japonais. Tout comme pour Tchernobyl, il existe [10] « une fragile chaîne humaine composée, à l’Est, de militants dans un pays piégé par la contamination radioactive et, à l’Ouest, de militants qui les soutiennent contre les mensonges scientifiques ». En 2014, Chiyo s’est rendue à Genève pour présenter sa recherche au « Forum sur les Effets génétiques des rayonnements ionisants », organisé par le Collectif IndependentWHO [11]. Elle était déjà malade. IndependentWHO a publié les Actes de ce Forum et les a dédiés à Chiyo Nohara avec ces mots : « elle est morte pour la cause de la vérité scientifique. » Dans les pages de Science in Society, dédiée à l’indépendance scientifique, je la salue. Mais nous desservirions Chiyo Nohara si nous n’ajoutions pas que les implications de sa recherche sont qu’aucune personne, et surtout pas les enfants, ne devrait vivre dans les zones contaminées par l’accident de Fukushima.

Susie Greaves – ISIS – 07/01/16

* Cet article de Susie Greaves a été publié d’abord en anglais
sur le site d’ISIS – Institute of Science in Society
http://www.i-sis.org.uk/Honouring_the_Life_and_Work_of_Chiyo_Nohara.php
* La traduction française est parue sur le site de l’association «Independent WHO»
http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/


Vous pouvez lire la version française des actes du forum scientifique et Citoyen sur «Les effets génétiques des rayonnements ionisants» (ou acheter la version papier) sur le site de Independent Who (cliquer ici )

Références

1 – Hiyama A, Nohara C, Kinjo S, Taira W, Gima S Tanahara A and Otaki JM. The biological impacts of the Fukushima nuclear accident on the pale grass blue butterfly.Nature Scientific Reports2, 570, DOI: 10.1038/srep00570
2 – Obituary of Chiyo Nohara by Oshidori Mako in Days Japan, December issue, 2015, Vol.12, No.12, p.23.
3 – Ho M W. Fukushima mutant butterflies confirm harm from low dose radiation. Science in Society 56, 48-51, 2012.
4 – “Prometheus Traps: Pursuing Butterflies”, Nakayama Y, Asahi Shimbun, 2015 (Series no.4: 12 July 2015:, no.5: 14 July 2015, no.6: 15 July 2015, no.7: 16 July, 2015, no.8: 17 July 2015, no.10: 19 July 2015)
5 – “Severe abnormalities found in Fukushima butterflies”, Nick Crumpton, 13 August 2012, http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-19245818
6 – « Des papillons mutants autour de Fukushima », Philippe Pons, 15 August 2012, http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/15/des-papillons-mutants-autour-de-fukushima_1746252_3244.html
7 – Hiyama A, Nohara C, Taira W, Kinjo S, Iwata M and Otaki JM, BMC Evolutionary Biology 2013, 13:168 http://www.biomedcentral.com/1471-2148/13/168 http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2148-13-168.pdf)
8 – “Japan slips in press freedom index.” Toko Sekiguchi, Wall Street Journal: Japan Real Time, 13 February 2015. http://blogs.wsj.com/japanrealtime/2015/02/13/japan-slips-in-press-freedom-rankings/
9 – “Japan Olympic win boosts Abe but Fukushima shadows linger”, Elaine Lies, Reuters, 9 September 2013, http://www.reuters.com/article/us-olympics-2020-japan-idUSBRE98806P20130909#ujqbOt12wDCbMa2v.97
10 – Tchertkoff W, Le crime de Tchernobyl: le goulag nucleaire. Actes Sud (2006)
11 – Collectif IndependentWHO – Santé et nucléaire, Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants (2015) http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Actes_forum_IW_november2014_French_01.pdf

le 28 janvier 2016


Jan 25

« À Bruxelles, la vie des personnes passe après la bonne santé de l’industrie chimique »

L’Union européenne n’a toujours pas réglementé l’usage des perturbateurs endocriniens

Un article de www.bastamag.net

Extraits de l’article:

L’Union européenne n’a toujours pas réglementé l’usage des perturbateurs endocriniens, ces
substances chimiques aux effets sanitaires colossaux utilisées dans de très nombreux produits de
consommation courante. Malformations, cancers, obésité… Les perturbateurs endocriniens sont
pourtant à la source de bien des maux. Ce retard, qui vient d’être condamné par la justice
européenne, ne doit rien au hasard. Les industries de la chimie, des pesticides ou du plastique
pratiquent un lobbying intensif, et entravent toute avancée sérieuse.
La journaliste Stéphane Horel a décrypté dans un ouvrage intitulé «Intoxication» ce lobbying et ces objectifs.
Entretien:

Question: Votre enquête porte sur la réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques omniprésentes dans notre quotidien, et suspectées de participer à l’explosion des maladies modernes. Où en est-on sur ce sujet ?

Stéphane Horel [1] : Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques qui peuvent interagir avec le système hormonal (endocrinien veut dire hormonal). Ces substances agissent sur les humain mais aussi sur les animaux, comme les ours polaires, les chatons, les escargots. Plusieurs catégories d’êtres vivants sont ainsi touchées. C’est l’exposition du fœtus pendant la grossesse qui présente le plus grand risque, même si l’exposition reste problématique à d’autres périodes de la vie. La vie in utero est vraiment un moment crucial, puisque ce sont les hormones qui fabriquent les bébés. Les effets d’une exposition à ce moment-là peuvent se voir à la naissance, avec par exemple des malformtions génitales ; mais aussi dix, vingt ou trente ans plus tard. Avec l’apparition de cancers, de diabètes, de problèmes d’obésité ou d’infertilité.


Dans les institutions publiques européennes, il existe une grande confusion entre l’intérêt général et l’intérêt des grandes entreprises. Pour justifier le retard de deux ans qu’elle a pris sur son obligation de réglementation des PE, la Commission mène une étude d’impact : celle-ci mesure les effets négatifs d’une interdiction des PE sur l’économie et les entreprises, mais pas les effets positifs d’une telle interdiction sur la santé et l’environnement ! La vie des personnes est devenue moins prioritaire que la bonne santé des entreprises.

Lire l’article en entier


– [1] L’ouvrage de Stéphane Horel:
Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates : une bataille d’influence contre la santé, de Stéphane Horel, publié aux éditions La Découverte, 19 euros.
Pour découvrir l’intégralité de ses enquêtes, voir le site de Stéphane Horel: http://www.stephanehorel.fr/

retour au texte


Même situation pour le nucléaire:

* Le parlement européen, les institutions officielles de l’ONU (AIEA, OMS etc…) font passer l’industrie nucléaire avant la santé des populations
Voici deux articles concernant les votes récents du parlement européen :

— Sécurité alimentaire: le Parlement européen refuse de protéger la population en cas d’accident nucléaire [ l’article]
— En cas de catastrophe nucléaire en Europe, nous mangerons contaminé
[l’article]

* L’Organisation mondiale de la santé est soumise au bon vouloir de l’AIEA, le lobby officiel du nucléaire:
En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a signé avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) un accord référencé “WHA12-40”, le 28 mai 1959. Tout ce que publie l’OMS doit avoir l’accord de l’AIEA. Voir l’information sur le site «Independent WHO»

* On trouvera facilement bien d’autres exemples: les pesticides agricoles, les centaines molécules chimiques déversées dans l’environnement, les particules émises par les moteurs diesel, les OGM …

le 25 janvier 2016


Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 20

La centrale de Fukushima fuit toujours:

On a encore trouvé de l’iode 131 dans deux stations d’épuration de Tokyo en décembre dernier

Le 25 décembre 2015, le Bureau de l’Épuration de la Métropole de Tokyo a déclaré qu’ils avaient détecté de l’iode 131 dans 2 stations d’épuration de Tokyo.
Ces stations sont situées dans la région de Tama (communes d’Akishima et Hachiouji).

Les échantillons testés sont des cendres d’incinération des boues d’épuration. Ils ont été collectés entre le 2 et le 15 décembre 2015.

Les radioactivités relevées variaient de 21 à 25 Bq/kg.
Dans le secteur de Edogawa aussi, on a mesuré 1450 Bq/Kg de Cs-134/137. La concentration en Cs134 était de 250 Bq/Kg, ce qui prouve qu’il provenait de la centrale de Fukushima.
Dans l’usine de Akashima on avait déjà relevé 20 Bq/kg d’iode 131 en Novembre dernier.

L’information a été fournie par «Fukushima Diary»:
http://fukushima-diary.com/2016/01/i-131-still-detected-from-two-sewage-plants-in-tokyo-this-december/


Note:

– L’iode 131 a une demi-vie de 8 jours. Au bout de 80 jours il n’en persiste que le 1/1000°. Ceci prouve que les émissions d’Iode ne datent pas de l’accident de 2011: elles sont récentes.
La centrale fuit donc toujours et les produits radioactifs émis vont au moins jusqu’à Tokyo.
Contrairement aux déclarations officielles, la situation n’est pas du tout maîtrisée

– En France on s’apprête à étendre la distribution des comprimés d’iode à un rayon de 10km.
Ce n’est pas suffisant. On n’a pas tiré (ou on ne veut pas) les leçons de l’accident de Fukushima: les 3/4 du nuage radioactif sont partis en mer. Le reste s’est étalé sur bien plus de 10 km.
Vous voyez sur la carte que la pollution ayant entraîné l’évacuation a largement dépassé les 20 km.
la carte de l'Asahi

Enfin, l’iode stable ne protège que la thyroïde (surtout celle des enfants); mais il n’y a pas que de l’Iode131 qui est rejeté, dont les fameux Césiums et Strontium.

le 20 janvier 2015

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
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le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 18

Effrayantes lacunes dans le système de la sécurité nucléaire mondiale.

Depuis 2014, « aucun progrès n’a été fait » dans plusieurs domaines clefs pour la protection des stocks mondiaux d’uranium enrichi ou de plutonium, la matière première pour des bombes nucléaires, déplorent les experts de l’Initiative contre la menace nucléaire (NTI), coprésidée par l’ancien sénateur américain Sam Nunn.

Un article en anglais du Japan Times
http://www.japantimes.co.jp/news/2016/01/15/world/world-must-curb-nuclear-terror-threat-watchdog/
Traduction «vivre après Fukushima»

Le 15 janvier 2016
AFP-JIJI
WASHINGTON

Selon un rapport publié jeudi, les progrès concernant la prévention de la menace de terrorisme nucléaire se sont ralentis ces dernières années dans le monde; le système mondial de sécurité nucléaire reste vulnérable.

L’«Initiative Contre la Menace Nucléaire», (NTI) l’une des principales organisations US de surveillance de la non prolifération, estime que alors que la sécurité internationale a été secouée par une succession de crises, les faiblesses fondamentales persistent quand à la sécurisation des matériaux fissiles dans le monde.

«Le système de sécurité nucléaire mondial a de dangereuses lacunes qui l’empêchent d’être vraiment complet et efficace», a affirmé le président du NTI, Joan Rohlfing dans un communiqué.
«Tant que ces lacunes ne seront pas comblées, les terroristes chercheront à les exploiter

Les dirigeants du monde entier vont se réunir du 31 mars au 1er avril à Washington pour tenir le quatrième et dernier Sommet sur la sécurité nucléaire sous l’administration du président Obama.
«Les dirigeants devront s’engager sur la voie à suivre quand ils se rencontreront ce printemps» a déclaré Rohlfing:
«Les conséquences de l’inaction devant des menaces nouvelles et changeantes sont tout simplement trop grandes

D’après le NTI, il n’y a pas eu d’amélioration depuis 2014 dans plusieurs domaines concernant la sécurisation de l’uranium fortement enrichi et du Plutonium.
«Le nombre de pays qui ont fait le pas le plus important pour prévenir le vol – éliminer ces matériaux – a également diminué», a noté le NTI.
Au cours des deux années qui ont précédé le précédent rapport du NTI en 2014, sept pays ont éliminé leurs matériaux nucléaires susceptibles d’être utilisés pour faire des armes nucléaires.
Mais dans la perspective de l’édition 2016 de l’«index de la menace nucléaire», seulement un pays, l’Ouzbekistan, a été rayé de la liste des pays possédant des matériaux utilisables pour des armes nucléaires.

L’index du NTI signale également d’inquiétantes lacunes dans la façon dont bien des pays protègent leurs installations nucléaires contre le sabotage et les cyberattaques.

Le rapport avertit que de nombreux pays qui envisagent d’utiliser l’énergie nucléaire ont du mal à mettre en oeuvre les mesures de base pour prévenir des sabotages qui seraient susceptibles de provoquer un déversement de produits radioactifs d’une amplitude similaire à celui de la catastrophe de Fukushima en 2011.

Vingt pays «ne disposent même pas des dispositifs de base pour protéger leurs installations nucléaires des cyber-attaques.»

Parmi plusieurs améliorations suggérées, le NTI recommande la création de normes internationales concernant la sécurité nucléaire ainsi que l’amélioration des mesures de cyber-sécurité

L’article en anglais du Japan Times

le 18 janvier 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
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Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 12

L’UE va assouplir ses restrictions sur l’importation des produits alimentaires de Fukushima.

Traduction d’un article du Japan Times du 9 janvier 2016

Kyodo
Le ministre japonais de l’agriculture a annoncé que l’Union Européenne va commencer samedi à assouplir les restrictions imposées aux importations de produits alimentaires japonais à cause du désastre nucléaire de Fukushima; y compris les légumes et la viande produits dans cette préfecture.

Tsuyoshi Takagi, ministre du cabinet en charge de la reconstruction concernant le tremblement de terre, le tsunami et la crise nucléaire de Mars 2011, a salué la décision de l’Union Européenne. Jusqu’à présent, tous les produits alimentaires en provenance de Fukushima, à l’exception des boissons alcoolisées devaient être expédiées accompagnées d’un certificat de test de radioactivité.

Selon le ministre de l’agriculture, cette exigence sera supprimée pour les légumes et les fruits, car leur niveau de radiations en 2013 et 2014 n’a jamais dépassé le niveau autorisé; à l’exception des kakis, des produits de l’élevage, du thé et des soba [Les soba sont un mets japonais fait de farine de sarrasin. Avec les udon et les rāmen, ce sont les pâtes les plus consommées au Japon.].

D’autres aliments originaires de la préfecture, comme le riz, les champignons, le soja et certains produits de la pêche -sauf les pétoncles, les algues et les poissons vivants- resteront soumis à l’obligation des tests de radioactivité.

Les limites autorisées sont fixées à 100 Becquerels par Kg pour les légumes et les fruits, 50 Bq/kg pour les boissons lactées, les aliments pour enfants, et 10 Bq/kg pour l’eau potable, conformément aux normes japonaises.

Cette évolution de l’UE est conforme à l’annonce faite en Novembre dernier par le ministre japonais de l’agriculture, des forêts et de la pêche, que l’union assouplira ses restrictions après approbation de la commission européenne.

Cette décision arrive également alors que l’Union Européenne et le Japon sont en cours de négociations pour un accord de libre échange. Au cours de ces négociations, Tokyo recherche l’élimination des droits de douane sur les véhicules japonais alors que Bruxelles cherche à augmenter ses exportations par la réduction des droits sur le porc, le fromage, le vin et autres produits agricoles.

Lors d’une conférence de presse vendredi, le ministre Takagi a affirmé: « Nous allons nous efforcer de faire en sorte que les restrictions sur tous les produits de Fukushima soient éliminées.» Le ministre a ajouté qu’il continuera à travailler avec d’autres pays pour que soient levées les restrictions similaires imposées après que la triple fusion à la centrale nucléaire de Fukushima ait provoqué des inquiétudes au sujet de la sécurité des aliments produits au Japon.

L’Union Européenne va également supprimer les restrictions sur les importations de produits alimentaires de Aomori et Saitama.

En dehors de Fukushima, des restrictions resteront en vigueur pour certains articles produits dans 12 préfectures du nord-Est, de l’Est et du centre du Japon.
Au moins 14 pays, y compris l’Australie et la Thaïlande ont aboli les restrictions sur les importations de produits alimentaires japonais; tandis que des dizaines de pays comme la Corée du sud maintiennent des réglementations spéciales.

L’article du Japan Times en anglais


Note

On voit que le commerce « libre et non faussé » et la sauvegarde de l’industrie nucléaire passent avant la santé des citoyens. En Europe comme ailleurs.
Voir les articles:
– L’Europe envisagerait d’alléger les contrôles de radioactivité de certains aliments en provenance de Fukushima.cliquer ici
– En cas de catastrophe nucléaire en Europe nous mangerons contaminé.
cliquer ici

Le 12 Janvier 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 10

Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

Parmi les substances radioactives, le césium137 est la préoccupation majeure car sa demi-vie est de 30 ans à peu près. Comme les forêts ont été exclues des travaux de décontamination, une quantité indéterminée de césium va persister dans les forêts et rester enfouie dans le sol pendant de nombreuses années.

Des forêts montagneuses couvrent 70% de la surface de la Préfecture de Fukushima.
L’agence gouvernementale Japan Atomic Energy Agency (JAEA) est l’une des organisations qui étudie les effets de la radioactivité et la façon dont le césium se diffuse dans les zones boisées.

Lors d’un récent déplacement sur le terrain à Kawauchi, les niveaux de radiations sur un point de contrôle ont été de 1,2 à 1,3 microsieverts par heure.
Dans le sol on a mesuré entre 300 000 et 400 000 Becquerels par mètre carré.
voir la note

Le point de contrôle se trouvait dans une zone « No Entry»; cette zone couvrait un rayon de 20 km autour de l’usine; elle a été évacuée peu après l’accident nucléaire.
Actuellement, le site du point de contrôle est classé «Zone en préparation pour la levée de l’ordre d’évacuation» conformément à la réévaluation que fait le gouvernement de la situation des communautés touchées.

Des brindilles en décomposition et des branches mélangées à la couverture de feuilles recouvrent les pentes abruptes de la forêt de cèdres. Au cours de l’enquête, les chercheurs ont balisé une parcelle rectangulaire de 66 m2 comme témoin et y ont recueilli l’eau de pluie et les feuilles tombées.
Ils ont également mesuré la radioactivité de l’eau de pluie. Les chercheurs ont pour cela entouré les troncs d’arbres avec une bande et ont recueilli l’eau de pluie qui y coulait.

Avant la catastrophe de Fukushima, les seules données disponibles pour les chercheurs du JAEA sur le transfert à long terme du césium dans le sol était limitées à des données expérimentales au laboratoire.
«Nous avons du tâtonner pour trouver sous quelle forme et où se trouve le césium dans les forêts après avoir été relâché par la centrale nucléaire» a déclaré Kazuki Iijima, attaché au centre de sécurité environnementale de Fukushima.

Selon les chercheurs, le césium des feuilles se retrouve au sol du fait de la défoliation.
Dans le cas des cèdres, par exemple, les feuilles sont remplacées tous les 3 à 4 ans.
Les feuilles des cèdres tombées au moment de l’accident nucléaire étaient criblées de césium qui ensuite s’est infiltré dans le sol. Chaque nouveau lit de feuilles mortes pèse sur le sol de surface et repoussse le césium plus bas.
De ce fait, le niveau de radiations dans l’air de la zone considérée baisse plus rapidement que la décroissance naturelle du césium au fil du temps.

Les études précédentes des chercheurs ont montré que, en forêt, seulement 0,1 % de la quantité totale de césium des sites surveillés se propage hors de la zone sur une période de 1 an.
« La plus grande partie du césium reste dans le sol de surface jusqu’à 5 à 10 cm de la surface.»

Du fait que le césium se fixe sur la terre et se dissout dans l’eau, il se propage facilement. Il se dépose également dans le lit des rivières et au fond des lacs.
Au barrage de Ogaki, à environ 20 km au Nord-Ouest de la centrale nucléaire, les chercheurs ont mesuré 800 000 Becquerels/kg à 20 cm sous le niveau du lit du lac, à proximité de l’embouchure de la rivière Ukedogawa.
Mais un prélèvement près de la surface du lit du lac était à moins de 200 000 Bq.
Selon les chercheurs, cette différence est facile à expliquer: de la terre hautement contaminée par le césium s’est écoulée dans le barrage immédiatement après l’accident; et de la terre moins contaminée s’est accumulée plus tard au dessus.

Les chercheurs tentent également de déterminer si la libération de matières radioactives affecte la croissance des plantes et des animaux.
Les chercheurs ont rapporté des mutations et des anomalies concernant des espèces comme les sapins, les pucerons, les singes japonais, les carpes et les grenouilles.
L’institut national des sciences radiologiques (NIRS) , une organisation gouvernementale, a déclaré fin août que les troncs des sapins ne poussent pas à la verticale. (http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201508290045)
Les sapins sont l’une des 44 espèces que le gouvernement a demandé au NIRS et d’autres organismes de recherche d’étudier; dans le but de déterminer les effets des radiations sur les êtres vivants.

La NIRS a indiqué que la fréquence de ces mutations est liée à l’élévation du niveau de fond de la radioactivité naturelle.(note 2)
Dans la ville de Okuma, à seulement 3,5 km de la centrale accidentée, plus de 90% des sapins ont des anomalies de croissance.
«Nous avons besoin de comprendre comment la radioactivité s’accumule dans les sapins; nous faisons des recherches complémentaires.» affirme un chercheur de la NIRS.

Parmi les autres modifications signalées: les pattes de pucerons collectés à Kawamata, une ville située à plus de 30 km de la centrale, étaient manquantes ou tordues; et à Fukushima, capitale de la préfecture, à 60 km de la centrale, le nombre de leucocytes dans le sang des singes japonais était abaissé.
D’autres scientifiques étudient les vers de terre, les carpes, les grenouilles, les mouches et les coléoptères dorés.

Manabu Fukumoto, professeur de pathologie, du vieillissement, du cancer à l’Institut du développement de l’université du Tohoku, a mis en garde contre toute conclusion hâtive selon laquelle les retombées nucléaires seraient responsables de tous ces effets.
« Nous ne pouvons pas conclure définitivement que ces phénomènes ont été causés par les radiations tant que les doses cumulées (des estimations fiables) n’ont pas été calculées» a déclaré Fukumoto qui est aussi le chef de la société japonaise de recherche sur les radiations.
Mais l’évaluation de leur effet sur les animaux sauvages est un défi pour les scientifiques.
Avant la catastrophe, la plupart des expériences visant à évaluer l’impact des radiations sur les animaux avaient été menées dans les laboratoires.

Au cours de ces expériences, les animaux ont été exposés à des intensités de rayonnement variées sous le contrôle des chercheurs.
Dans l’environnement naturel il est difficile d’évaluer l’exposition externe car les animaux se déplacent.
De plus, les doses de leur exposition interne peuvent varier considérablement, en fonction de ce qu’ils mangent: quand et combien.
Il est également possible que certains animaux, même s’ils ont des signes d’effets des rayonnements, ne restent pas en vie et ne puissent être examinés. Ils pourraient également avoir été tués par leurs prédateurs naturels.

En outre, les scientifiques ne peuvent pas exclure des facteurs tels que la température, la présence de produits chimiques agricoles, derrière ces anomalies.

Les experts affirment qu’ils ont besoin de reproduire de semblables résultats dans des tests de laboratoire.
« Nous devons continuer de surveiller l’environnement pendant au moins 5 ou 6 ans» affirme Fukumoto. « Et dans le même temps nous devons commencer à analyser les phénomènes constatés»

le Journal Asahi Shimbun – 22 décembre 2015


Notes:

  • Pas bien précis cet article et on sent plein de réserves. On dirait que tous les scientifiques japonais, hormis quelques exceptions notables, se sont donné le mot: « Pas question de conclure sur les conséquences des retombées radioactives avant 5 ou 6 ans. Il faut faire des études complémentaires».
  • C’est la même rengaine au sujet de la multiplication des cancers de la thyroïde chez les enfants (au moins 30 fois plus qu’avant la catastrophe nucléaire).
    C’est beau, c’est très scientifique.
  • Mais en attendant, on fait quoi ? On incite énergiquement les gens, les enfants, les femmes enceintes, à aller vivre dans les zones polluées ! Avec l’aide des dosimètres que le programme «Ethos» leur fournit chacun pourra contrôler sa contamination !
    On compte le nombre d’enfants ayant un cancer de la thyroïde !
  • Il n’est pas mentionné que lorsque les arbres font de nouvelles feuilles ils remontent du césium puisé dans le sol

(1) La radioactivité naturelle au Japon est généralement franchement inférieure à 0,10 µSv/h
A partir de 8000 Bq/kg, on objet est déclaré «déchet radioactif» et doit être traité en conséquence.
La teneur normale d’un sol en Césium est ZÉRO
Un aliment contaminé jusqu’à 100 Bq/kg de Césium est déclaré consommable.
Retour au texte

(2)-un exploit cette phrase ! affirmer que l’augmentation de la radioactivité locale serait «naturelle»! Je ne peux déterminer si c’est le journaliste ou le scientifique qui a affirmé cela; ou peut-être une erreur dans les traductions successives.
Retour au texte

(3) Et on n’oublie pas bien sûr l’énorme fuite de méthane dans la région de Los Angeles. Des milliers de personnes ont du évacuer. 30 à 58 tonnes par heure ! La fuite dure depuis au moins le 23 octobre. Encore un exemple d’une « super » technologie non maîtrisée, avec de lourdes conséquences.

Le 10 janvier 2016

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 05

La préfecture de Fukushima demande la décontamination de ses forêts.

Les fonctionnaires de la préfecture japonaise de Fukushima et ses municipalités ont demandé au gouvernement central d’étendre le travail de décontamination plus profondément dans les forêts.

Ils en ont fait la demande lundi à Tamayo Marukawa, ministre de l’environnement à Tokyo.
Le gouvernement a placé le limite de principe du nettoyage des substances radioactives de l’accident nucléaire de 2011 à 20 mètres des communautés. Il affirme qu’il n’a pas l’intention d’aller au delà car il n’a pas confirmation que des matières radioactives dangereuses aient été dispersées plus loin.

Toshiyuki Hata, vice gouverneur de la préfecture de Fukushima a demandé au gouvernement de revoir son plan et de trouver les moyens de nettoyer entièrement les forêts . Il a exposé les inquiétudes des habitants qui sont désireux de rentrer chez eux et celles des travailleurs de l’industrie forestière.

Le ministre Marukawa a seulement répondu que le gouvernement continuera d’écouter les opinions locales.

Après la réunion, le vice gouverneur a déclaré que beaucoup de gens sont préoccupés à ce sujet quand leurs maisons sont entourées de forêts.

Traduction d’un article de la NHK daté du 4 janvier 2016
http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/english/news/nuclear.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/


Notes:

  • Tiens, c’est comme en France, la pollution radioactive s’arrête pile; non pas à la frontière mais à 20 mètres des maisons !!!!
  • Les ministres sont à l’écoute ! cela, on connait aussi !
  • La préfecture de Fukushima est couverte de forêts sur 70 % de sa surface.
  • Imaginez vous chargé de décontaminer une forêt: sols plus ou moins pentus, rocheux, marécageux, broussailles, petits et grands arbres, les feuilles qui tombent, les pluies et cyclones …
  • Les chercheurs trouvent déjà dans les forêts des anomalies chez les végétaux et les animaux
    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512220004
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/la-pollution-radioactive-emise-par-fukushima-dai-ichi-suit-son-cours-2/

Je vous invite vivement à aller lire sur le blog Fukushima
le compte rendu d’une visite à Minami-Soma et Motomiya
à l’automne 2015

Un récit de HORI Yasuo traduit en français

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

voir l’étude WISE – PARIS

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le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Jan 02

Le nouvel an 2016 à Fukushima

Il n’y a aucune raison de se réjouir:

Le nombre de cas de cancers de la thyroïde augmente toujours chez les 380.000 jeunes examinés:

Le nombre officiel de cas confirmés de Cancer de la Thyroïde est maintenant de 153.
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512010072

Les 380 000 jeunes examinés avaient 18 ans ou moins lors de l’accident de 2011.
L’incidence « normale » du cancer de la thyroïde chez l’enfant est de 1 à 3 par million et par an.
153 cas en 4,5 années chez 380 000 jeunes, cela fait 89 cas/an et par million de jeunes: au minimum 30 fois plus.


La centrale accidentée échappe toujours à tout contrôle :
  • Il y a toujours plus de fuites
  • La radioactivité locale augmente par endroits sans qu’on sache pourquoi
  • Les eaux qui fuient sont de plus en plus radioactives
  • On ne peut toujours pas approcher les 3 réacteurs dont le coeur a fondu

http://hillion-fukushima.blogspot.fr/


Les ingénieurs sont obligés d’improviser :

Dans un entretien accordé le 20 décembre à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, ni de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous sols et l’atmosphère.

Masuda Naohiro a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur les réactions nucléaires qui se poursuivent en dégageant de la chaleur et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il a du faire face à une véritable « zone de guerre ». Toutes déclarations qui contrastent avec les affirmations du gouvernement japonais répétant régulièrement que la situation est entièrement sous contrôle.

Le responsable de la Tepco, la société propriétaire de la centrale, a précisé que les ingénieurs ne savent même pas où se trouvent les débris des réacteurs fondus ni comment il serait possible de les extraire. Il ignore également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années.
Il a précisé:
« Une nouvelle science devra être inventée pour commencer le nettoyage et il faudra pour cela prendre en compte les risques courus par les salariés et l’environnement. » D’autant plus que des éléments radioactifs continueront à fuir dans les nappes souterraines, dans la mer et dans l’air.

http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201512150079


La centrale continue de polluer l’eau et l’air

Selon Tepco:
(conférence de presse du 25 Août 2014 – pas de données pour 2015)

  • En 2014, 5 milliards de Bq de strontium 90 s’écoulaient chaque jour dans le Pacifique.
    C’ est dû au débordement des eaux extrêmement radioactives vers la mer des réacteurs 1 à 4 dans le port de la centrale nucléaire de Fukushima.
  • 2 milliards de Bq de césium 137
  • et un milliard de Bq de tritium s’écoulaient également en mer tous les jours.

Si on suit l’actualité ces quantités seraient actuellement en franche augmentation.
Le port de la centrale de Fukushima n’est pas isolé du Pacifique. Les nucléides déversés se répandent ensuite dans la mer.
Je n’ai pas les chiffres pour les émissions dans l’air.

http://www.tepco.co.jp/tepconews/library/archive-j.html
http://fukushima-diary.com/2014/08/5-billion-bq-strontium-90-flows-sea-every-single-day/


Tepco envisage de larguer 800 000 m³ d’eau tritiée dans l’air

Le 11 décembre 2015, Tepco a évoqué la possibilité d’évaporer l’eau tritiée entreposée dans la centrale de Fukushima. Ils ont présenté l’idée au cours d’un groupe de travail du METI (Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie).
Selon Tepco, le volume à larguer estimé est de 800 000 m³. Ils espèrent ainsi évaporer 400 m³ d’eau au tritium par jour.
[Cela représente 10 MW (juste pour l’évaporation, pas la mise à 900° qu’il faut ajouter) pendant 5,5 ans !]
Le record de radioactivité du Tritium est de 4 200 000 000 Bq/m³ (4,2 milliards).
L’eau serait évaporée entre 900 et 1 000 ℃, [pourquoi si chaud ?] puis larguée dans l’atmosphère à 60 m au-dessus du sol.
Tepco affirme que la radioactivité descend en dessous de 5 000 Bq/m³ à partir de 40 m du point de largage, ce qui est la limite de radioactivité réglementaire.

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/roadmap/images/c151211_09-j.pdf
http://fukushima-diary.com/2015/12/tepco-considers-evaporating-800000-m3-of-tritium-water-to-the-air/

Le tritium ne sera pas bien sûr détruit par la chaleur. Il sera seulement disséminé dans l’atmosphère, au gré des vents et des pluies qui pouront le disperser dans tout l’hémisphère nord.

Il est facile de faire baisser la densité volumique (Bq/m3) : 1m3 d’eau liquide = 1000kg = 1667 m3 de vapeur d’eau (à 100° et pression atmosphérique)

Cela s’appelle envoyer ses saletés chez les voisins

plus diluer et tricher sur les chiffres :
le nombre d’éléments radioactifs ne baisse pas, c’est la densité volumique qui baisse par augmentation de volume lors de la vaporisation + la dilution.

Le 03 janvier 2016 – commentaire de Pierre Fetet, http://fukushima.over-blog.fr/

Dans cet article, il est dit que Tepco veut envoyer dans l’atmosphère de l' »eau tritiée ». En fait, elle n’est pas seulement tritiée car il existe au moins 276 radionucléides dans les rejets d’une centrale nucléaire (source AIEA : External irradiation during and after the passage of a radioactive cloud- une étude du CEA, en français, 1980). Mais le système de traitement n’en n’enlève que 60. Il en reste donc au moins 216 dans cette eau « décontaminée », dont le tritium en quantité. Il est probable que certains de ces éléments aient une durée de vie inférieure à 5 ans, mais peu importe, il en reste beaucoup.
Pourquoi faire chauffer cette eau à 900 °C ? Tout simplement pour faire évaporer AUSSI ces 200 radionucléides très gênants qui risqueraient de rester dans la marmite si on ne faisait que bouillir de l’eau à 100 °C. Tepco, avec la bénédiction de l’AIEA, est donc très généreux avec notre atmosphère !


GM: Le Tritium ne peut pas être confiné: il traverse toutes les parois des récipients. Il ne peut pas non plus être filtré car il traverse tous les filtres. Même en fonctionnement normal, toutes les installations nucléaires ont des « autorisations de rejets » pour le tritium.
J’aimerais bien connaître également la qualité du filtrage des 60 éléments « éliminés » de cette eau polluée.

5 janvier:
J’ai tenté de me rendre compte de ce que représentent 800 000 m3: Le canal St Martin, à Paris va être vidé pour nettoyage sur environ 1,5 km. La presse indique que cela représente 90 000 m3. On multiplie par 9 !

Sur le plan société:
  • les centrales nucléaires japonaises redémarrent les unes après les autres malgré les protestations des habitants.
  • on ne sait toujours pas que faire des montagnes déchets collectés lors des opérations de décontamination (demi-vie du Césium= 30 ans; du plutonium = 24.000 ans)
  • Il y a toujours dans les 120.000 réfugiés. L’état envisage de leur couper les vivres fin mars 2018. Seulement 20% souhaitent rentrer mais il manque de commerces, d’hôpitaux, de transports en commun, d’emplois; 40% souhaitent refaire leur vie ailleurs.
    Lire Un entretien avec Ken Sakamoto
    Lire le reportage de Médiapart réservé aux abonnés…Merci à Mediapart de nous autoriser à télécharger le .pdf ce cet article: cliquer ici
  • Un élément satisfaisant : certains habitants prennent des initiatives pour évoluer vers une société indépendante du nucléaire
    voir l’article: des citoyens se réapproprient les sources d’énergie locales

Le 02 janvier 2015

Les dangers du nucléaire viennent s’ajouter à ceux du réchauffement climatique.
Le nucléaire, outre ses énormes dangers propres,
n’est pas une solution valable à la lutte contre l’effet de serre.

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