Sep 28

FUKUSHIMA – Les voix silencieuses (2)

Voici un nouvel extrait du documentaire à venir. Nous avons tourné ces images le 11 mars 2015 au « Fukushima concert hall ». Il s’agit là de la seule et unique commémoration de la catastrophe nucléaire se tenant dans la ville de Fukushima city ( 290 000 habitants)… il y avait 40 personnes dans la salle…

Nous étions la seule caméra présente (aucune TV)…
Nous avons rencontré deux militantes anti-nucléaire, à qui nous avons voulu poser quelques questions… connaître leur point de vue.

N’hésitez pas à partager cet vidéo !!! Merci à TOUS !
Chiho SATO


https://youtu.be/ug0BbeyFyZY


La présentation du projet par l’auteure:
Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ».
Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région

Loin des images dramatiques et anxiogènes montrées fréquemment en Europe, je désire réaliser un documentaire intimiste. Un témoignage touchant sur les habitants d’une des région les plus radioactives au monde.

Mon objectif : Re-ouvrir le débat sur la situation à FUKUSHIMA en y incluant la voix des habitants eux-mêmes…

Les détails du projet de Chiho SATO (dont deux autres videos)
que vous pouvez soutenir avec Kisskissbankbank sur cette même page

Le 28 Septembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 25

Une synthèse des conséquences sur la santé du désastre de Fukushima

par le Dr Ian FAIRLIE

Il est apparu récemment que les évacuations rendues nécessaires par les désastres nucléaires et leurs conséquences ont tué des milliers de gens. A l’avenir, ces décès par maladie et suicide devraient être inclus dans l’évaluation des décès causés par les désastres nucléaires.
Au total, le nombre des victimes humaines de Fukushima est effrayant : 2.000 japonais sont décédés des conséquences des évacuations et 5.000 autres vont vraisemblablement décéder ultérieurement de cancers à venir
.

1. Les décès causés par les évacuations nécessaires .

Les données officielles de Fukushima montrent que près de 2.000 personnes sont décédées – suicides inclus – suite aux évacuations organisées pour les soustraire aux fortes expositions aux radiations causées par la catastrophe.
http://www.reconstruction.go.jp/topics/main-cat2/sub-cat2-1/20141226_kanrenshi.pdf
Le déracinement vers des régions non familières, la rupture des liens familiaux, la perte des réseaux de soutien sociaux, la perturbation, l’épuisement, une mauvaise condition physique et la désorientation peuvent être la cause de nombreux décès, surtout chez les personnes âgées.
Suite aux évacuations de Fukushima, le nombre de suicides a augmenté chez les jeunes et chez les gens plus âgés, mais aucune tendance ne se dégage clairement.
www.pref.fukushima.lg.jp/uploaded/attachment/62562.docx (4 minutes de téléchargement).
Le rapport d’un bureau ministériel japonais a établi qu’entre mars 2011 et juillet 2014, dans la préfecture de Fukushima, 56 suicides sont liés à l’accident nucléaire.
http://www.japantimes.co.jp/news/2014/08/26/national/social-issues/fukushimas-high-number-disaster-related-suicides-likely-due-nuclear-crisis-cabinet-office/#.Vcstm_mrGzl
Ce nombre doit être considéré comme un minimum plutôt qu’un maximum.

2. Les conséquences sur la santé mentale.

Les conséquences sur la santé mentale de l’exposition aux radiations et celles des évacuations doivent également être prises en compte. Par exemple, Becky Martin affirme dans sa thèse de doctorat de l’université de Southampton au Royaume Uni que « la plupart des conséquences des situations d’urgences radiologiques relèvent du domaine mental ».
Elle ajoute «  … imaginez qu’on vous annonce que votre terre, votre eau, l’air que vous avez respiré ont peut-être été pollués par un contaminant mortel et invisible. Quelque chose qui a la capacité de détruire votre fertilité ou d’affecter vos enfants à naître. Même les plus solides d’entre nous seraient inquiets…. plusieurs milliers de survivants d’ une situation d’urgence radiologique ont développé par la suite un « syndrome de stress post traumatique » (PTSD Post-Trauma Stress Disorder), une dépression et des troubles anxieux en conséquence de leur vécu et de l’incertitude planant sur leur santé »
http://www.theguardian.com/science/brain-flapping/2015/aug/09/nagasaki-anniversary-radiation-nuclear-mental-health
Il est vraisemblable que ces craintes, anxiétés et stress vont aggraver les conséquences des évacuations; provoquant encore plus de décès de gens âgés, ou de suicides.
Les paragraphes ci-dessus ne doivent pas être pris comme des arguments contre les évacuations: celles-ci constituent une stratégie importante pour sauver des vies. Mais comme l’affirme Becky Martin « nous devons offrir une aide sociale fortement améliorée et des soins psychologiques approfondis et de longue durée à tous les survivants d’une situation d’urgence radiologique après leur réinstallation, pour améliorer leur état de santé et préserver leur avenir ».

3. Les conséquences néfastes sur la grossesse.

Récemment, le Dr Alfred Körblein de Nürenberg (Allemagne) a relevé une chute de 15% (statistiquement hautement significative) des naissances d’enfants vivants dans la préfecture de Fukushima en Décembre 2011, soit 9 mois après l’accident. Ce qui pourrait signifier une augmentation des avortements spontanés précoces. Il a également observé une augmentation (statistiquement significative) de 20% de la mortalité infantile en 2012 par rapport à la tendance à long terme concernant la préfecture de Fukushima et six préfectures environnantes.
http://www.strahlentelex.de/Koerblein_infant%20mortality%20after%20Fukushima.pdf
Ces résultats sont plus indicatifs que définitifs. Il faudrait pour les vérifier de nouvelles études qui, malheureusement, brillent par leur absence.

4. Le cancer et autres effets tardifs des retombées radioactives.

Enfin, il faut considérer les effets sur la santé des expositions aux radiations provenant des 4 explosions et des 3 fusions des coeurs de réacteurs de Fukushima en mars 2011. C’est un sujet qui est loin de faire l’unanimité au Japon, ce qui le rend difficilement compréhensible pour les journalistes et les profanes. (Voir l’encadré).

Précisions:
Le gouvernement japonais, ses conseillers et la plupart des scientifiques experts en radiations au Japon (avec quelques exceptions honorables) minimisent les risques causés par les radiations. La position officielle la plus répandue est de prétendre que de petites quantités de radiations sont sans danger: scientifiquement parlant c’est indéfendable. Par exemple, le gouvernement japonais tente de relever la limite d’exposition aux radiations pour le public de 1 mSv à 20 mSv par an. Ses scientifiques voudraient contraindre la CIPR [Commission internationale de Protection Radiologique] à accepter cette forte augmentation. Cette attitude n’est pas seulement contraire à l’esprit scientifique : elle est déraisonnable.

On peut trouver une explication partielle à cette situation dans le fait que les radiophysiciens japonais (comme les américains) paraissent incapables ou refusent d’accepter la nature stochastique des effets des faibles doses de rayonnements. « Stochastique » signifie que la réponse est du type tout ou rien : soit vous avez un cancer, soit vous n’en avez pas. Quand vous diminuez la dose, les conséquences deviennent moins probables: vos chances d’avoir un cancer baissent à mesure que vous diminuez la dose vers zéro. Le corollaire est que même des doses minimes, bien inférieures au bruit de fond, sont encore porteuses d’un risque de cancer : il n’existe pas de dose sûre, sauf la dose zéro.
Mais comme l’ont relevé Spycher et coll. (2015),
http://ehp.niehs.nih.gov/1510111R/
certains scientifiques « … excluent à priori la possibilité que de faibles doses de radiations puissent augmenter le risque de cancer. Il n’acceptent donc pas les études qui remettent en question leur idée préconçue».

Une des raisons pour lesquelles ces scientifiques refusent d’accepter les effets stochastiques des radiations (cancers, accidents vasculaires cérébraux, maladies cardio-vasculaires, effets héréditaires etc.) est qu’ils n’apparaissent qu’après une longue période de latence – souvent des dizaines d’années pour les cancers solides. Pour le gouvernement japonais et ses conseillers en radiations, il semble que « hors de vue immédiate » signifie « n’y pensons plus ». Ce qui est bien commode, car le gouvernement japonais se croit ainsi autorisé à ignorer les effets tardifs des radiations.
Mais les preuves à leur opposer sont solides comme le roc. L’ironie du sort veut qu’elles proviennent principalement de la « life span study » (étude sur toute la durée de vie), la plus grande étude épidémiologique mondiale en cours qui porte sur des survivants japonais aux bombes atomiques, qui est pilotée par la « RERF foundation » basée à Hiroshima et Nagasaki.
http://www.rerf.jp/index_e.html

La masse des données épidémiologiques issues du désastre de Chernobyl de 1986 indique clairement qu’il est très probable que le nombre de cancers, augmentera aussi à Fukushima; mais beaucoup de scientifiques japonais (et US) réfutent cette affirmation.
Par exemple, l’augmentation du nombre de cancers, de kystes et de nodules de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima consécutifs à la catastrophe nucléaire, et l’interprétation de ces données sont un grand sujet de débats. Selon les constatations faites à Chernobyl, on estime que les cancers de la thyroïde devraient commencer à augmenter 4 à 5 ans après 2011. Attendons les résultats qui seront disponibles en 2016 avant de faire des commentaires, mais les premiers signes ne sont pas rassurants pour le gouvernement japonais. Ultérieurement, on s’attend à ce que le nombre d’autres cancers solides s’accroisse également, mais il faudra du temps avant que cela soit manifeste.

Le meilleur moyen de prévoir le nombre d’effets tardifs (cancers etc.) est d’estimer la dose collective qui a été délivrée au Japon par les retombées de Fukushima. Pour ce faire, considérons que tous ceux qui ont été exposés aux rayonnements de Fukushima ont participé à une loterie, sachant que c’est une loterie négative. Si votre numéro sort, vous faites un cancer. (1). Si vous vivez loin de la centrale de Fukushima Dai ichi, vous ne recevez que peu de billets de loterie et votre chance d’avoir un cancer est faible. Si vous vivez à côté vous recevez plus de billets et votre risque est plus grand. Impossible de dire qui tirera le mauvais numéro, mais on peut en estimer le nombre total en utilisant la notion de dose collective.
Le rapport de l’UNSCEAR de 2013
http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf
a estimé que la dose collective concernant la population de Fukushima est de 48.000 personnes.Sv, ce qui est une dose vraiment forte (voir ci-dessous).

Malheureusement, les scientifiques japonais pro-nucléaires critiquent également la notion de dose collective car elle est reliée à la nature stochastique des effets des radiations et à la nature des effets « linéaires et sans seuil » des radiations, qu’ils réfutent également. Mais quasiment tous les organismes officiels de régulation dans le monde reconnaissent la nature stochastique des effets des radiations, la notion d’effet linéaire sans seuil et les doses collectives.

5. Synthèse de l’accident de Fukushima

Environ 60 personnes sont décédées pendant les évacuations dans la préfecture de Fukushima en Mars 2011.
Entre 2011 et 2015, 1.867 personnes supplémentaires (2) sont décédées des suites de l’évacuation consécutive au désastre nucléaire (3). Ce furent des décès à cause de problèmes de santé ou par suicide.
http://www.japantimes.co.jp/news/2015/03/15/national/death-toll-grows-in-311-aftermath/#.Vcn84PmrGzm
A partir de l’estimation de l’UNSCEAR d’une dose collective de 48.000 personnes.Sv, on peut raisonnablement estimer (en utilisant un facteur de risque de cancer mortel de 10% par Sievert) qu’environ 5.000 cancers mortels vont survenir à l’avenir à cause des retombées de Fukushima. Cette estimation à partir des données officielles concorde avec mon estimation personnelle obtenue par une méthode différente.
http://www.ianfairlie.org/news/new-unscear-report-on-fukushima-collective-doses/

Au total, le bilan sanitaire du désastre de Fukushima est effrayant.
Au minimum :

  • Plus de 160.000 personnes ont été évacuées, la plupart de façon permanente.
  • nombreux cas de cas de troubles liés au stress post traumatique (PTSD), dépressions et troubles anxieux causés par l’évacuation.
  • Environ 12.000 travailleurs exposés à de hauts niveaux de radiations, certains jusqu’à 250 mSv.
  • On estime à 5.000 le nombre de cancers mortels dus à l’exposition aux radiations dans l’avenir.
  • Même estimation (non quantifiée) d’accidents vasculaires cérébraux, d’affections cardio-vasculaires et d’affections héréditaires dûs aux rayonnements.
  • Entre 2011 et 2015, environ 2.000 morts par maladie et par suicide chez les évacués pour cause de radiations.
  • un nombre de cancers de la thyroïde encore inquantifié à ce jour.
  • Une augmentation de la mortalité infantile en 2012 et une diminution des naissances en vie en Décembre 2011.

Effets non sanitaires :

  • 8% du Japon (30.000 km²) y compris une partie de Tokyo contaminés par la radioactivité.
  • Des pertes économiques évaluées à entre 300 et 500 milliards de dollars.
6. Conclusions

L’accident de Fukushima n’est pas encore terminé et ses conséquences sur la santé vont persister encore longtemps. Quoi qu’il en soit nous pouvons maintenant affirmer que le désastre nucléaire de Fukushima a infligé un rude coup au Japon et à son peuple. 2.000 japonais sont déjà décédés des conséquences des évacuations et on s’attend à ce que 5.000 autres meurent de cancers dans l’avenir.

Il est impossible de ne pas être ému par le coût de Fukushima en termes de décès, suicides, de troubles mentaux et de souffrances humaines.
Les conséquences de Fukushima sur le Japon sont comparables au coup massif porté par Chernobyl à l’ ex-Union soviétique en 1986. En effet, on a pu lire sous la plume de plusieurs auteurs que le désastre nucléaire de Chernobyl a largement contribué à l’effondrement de l’URSS en 1989-1990.
Il est intéressant de constater que Mikhail Gorbatchev, président de l’URSS au moment de Chernobyl, et Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de Fukushima, ont tous deux affirmé leur opposition à l’énergie nucléaire.
http://bos.sagepub.com/content/67/2/77.full
Kan a même préconisé l’abolition totale de l’énergie nucléaire
https://wallofcontroversy.wordpress.com/2014/03/17/japans-ex-prime-minister-naoto-kan-on-how-fukushima-changed-his-mind-about-nuclear-power/

Est-ce que le gouvernement japonais et d’autres gouvernements (y compris les gouvernements de GB et US) ont tiré les leçons de ces catastrophes nucléaires ? Le philosophe américain George Santyana ( USA 1963 – 1962) a dit un jour que ceux qui ne savent pas tirer les leçons de l’histoire sont condamnés à la répéter.

Dr Ian FAIRLIE – Le 16 Août 2015


Merci à Azby Brown, Yuri Hiranuma, dr Tadahiro Katsuta, Dr Alfred Körblein, Becky Martin et Mycle Schneider pour leurs commentaires de mon projet de texte.
Toute erreur relève de ma responsabilité
.


(1) C’est Jan Beya aux USA qui a eu l’idée de la loterie négative
(2) Mis à jour en Mars 2015
(3) De plus, 1.603 personnes ont été tuées directement par le tremblement de terre et le Tsunami dans la préfecture de Fukushima, et environ 1.350 personnes sont mortes lors de l’évacuation dans les préfectures de Miyagi et Iwate: dans ces derniers cas les évacuations n’étaient pas dues aux radiations.


Le site du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/
Le texte original du Dr Ian FAIRLIE: http://www.ianfairlie.org/news/summing-the-health-effects-of-the-fukushima-nuclear-disaster/
Télécharger l’article original: http://www.ianfairlie.org/wp-content/uploads/2015/08/Summing-up-the-Effects-of-the-Fukushima-Nuclear-Disaster-10.pdf
Télécharger le texte français: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Synthese-Fukushima-IFairlie.pdf
Traduction « vivre-apres-fukushima.fr » avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Notes:

Ce travail de Ian FAIRLIE ne considère que l’Île JAPON
Son analyse ne concerne pas:

  • Les conséquences de la contamination (toujours en cours chaque jour) de l’océan Pacifique.
    On sait que le Césium et autres radionucléides ont atteint les côtes américaines
    Il y a actuellement dans le Pacifique Nord, côté américain,un problème de mortalité massive d’animaux marins, des étoiles de mer aux Grands mammifères marins et aux oiseaux. Les scientifiques en ignorent les causes (pollution chimique, réchauffement, recul de la banquise ?). Le gouvernement américain refuse de faire une veille attentive concernant la pollution radioactive.
  • La contamination de l’atmosphère mondiale par les produits radioactifs vaporisés lors de l’accident, et par les relâchers toujours quotidiens de produits radioactifs. Ces polluants radioactifs circulent tout autour du globe et retombent doucement.

Dose collective:
Un indicateur utile pour la gestion d’une collectivité

La somme des doses individuelles dans une population est la « dose collective ». Cette dose collective est exprimée en « homme.sievert » (homme.Sv). Elle se calcule en multipliant la dose efficace moyenne reçue par le nombre de personnes concernées.

Elle ne peut en aucun cas donner une idée sur le sort d’un individu donné.
Par contre elle est utile pour gérer une population exposée aux rayonnements:
– prévoir ce qui va se passer dans une population irradiée ou contaminée et s’organiser en fonction
– en médecine du travail: lorsque dans une centrale nucléaire la dose collective a baissé, c’est qu’il y a des progrès dans la radio-protection.

Plus de détails dans l’article:
http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/dosecollective.htm

Le 25 septembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Sep 23

Fukushima: Les voix silencieuses

Un projet de film documentaire sur une famille de Fukushima

Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ».
Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région.

thumb_photo_chiho-1441878351
Dès mars 2011, j’ai demandé, très inquiète, à ma mère et à mon père s’ils envisageaient de déménager. Ils m’ont simplement répondu non.
Je me suis alors rendue compte avec étonnement que les appréhension, les doutes, les débats consécutifs au tremblement de terre et à la contamination nucléaire de la région ne s’invitaient jamais dans les discussions familiales.
Cette catastrophe qui, à ce moment là encore, touchait tant les coeurs et les esprits en France, s’illustrait par son absence dans la parole de ceux qui la vivaient.
De fait, lors de mes visites qui ont suivi je n’ai jamais eu l’occasion d’entendre ma famille prendre position sur le sujet. Je n’ai même pas eu l’occasion de partager mes interrogations, mes analyses ou ma peine concernant l’avenir de notre région.
Je me rends désormais compte que plus le temps passe, plus l’invisible menace radioactive s’efface des esprits. C’est pour cela que j’ai décidé de réaliser ce documentaire.

Pour que la France n’oublie pas, que ma famille n’oublie pas. Et que l’on puisse ensemble essayer de comprendre la réalité dans laquelle vivent les gens de cette région à jamais sinistrée.

Ce documentaire doit être avant tout être un film proche de l’intimité familiale. C’est pourquoi, je désire le construire sous une forme simple, claire. Selon la temporalité d’une journée.

https://youtu.be/XxI4gc6pHvo
Quelques premières images du film.

Techniquement, je désire tourner ce film en caméra légère et compacte pour ne pas perturber nos moments familiaux et pour que la parole se délivre le plus naturellement possible.

La présentation complète de « Fukushima les voix silencieuses » par Chiho SATO
sur Kisskissbankbank
http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/fukushima-les-voix-silencieuses

Chiho SATO – Réalisatrice. Chiho est née à Fukushima, Japon en 1985. Diplomée en 2007, de “Tama art university” de Tokyo, elle commence rapidement à tavailler pour une société de production à Tokyo “CYCLOIMAGE”. Elle a réalisé plus d’une cinquantaine de documentaires sur le cyclisme dont 6 formats longs (60min) pour des chaînes tel que NHK, BS-TBS, Site Web “Cyclo-Channel”.
En 2010, elle s’expatrie en France, où elle travaille ponctuellement comme assistante caméra, assistante photographe, et coordinatrice de tournage japonais en France.
Cette année elle se consacre au développement de ses projets.
Avant tout le documentaire “Fukushima : Les voix silencieuses” puis une série de documentaires centrés sur les rapports entre les cultures française et japonaise.

Le 23 Septembre 2015>

L’information en français sur Fukushima:
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Sep 20

Typhon au Japon: la contamination radioactive a été déplacée.

les innondations ont recontaminé le Japon

Traduction d’un communiqué de Fairewinds education.
Les inondations ont recontaminé le Japon

le 18 Septembre 2015
Les grands médias des États-Unis et du Japon n’ont tout simplement pas fait leur travail.

La semaine dernière un sérieux typhon a frappé l’Est du Japon provoquant des innondations comme il n’en était pas survenues au Japon depuis au moins 50 ans.
Avant que le typhon n’arrive, Tokyo Electric avait assuré aux japonais que la centrale de Fukushima Dai ichi était sûre.
Quand le typhon a frappé le Japon, Tokyo Electric a admis que les pompes de drainage ont failli et que de l’eau radioactive s’était à nouveau écoulée dans l’Océan Pacifique.
De même, Tokyo Electric a admis que plusieurs dizaines de sacs contenant des matières radioactives antérieurement collectés, ont été emportés.
Pour les médias grand public, l’extension de la contamination radioactive consécutive à ce typhon s’est limitée à ces relativement petites quantités concernant le site de Fukushima.

préparation d'héliportage

Préparation d’héliportage
Voyez la violence du courant

Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.
La préfecture de Fukushima est très montagneuse et a été fortement contaminée après la triple fusion des coeurs. Ceux d’entre nous qui ont étudié la catastrophe de Fukushima Daiichi ont noté que de grandes quantités de césium radioactif, le strontium et d’autres isotopes radioactifs issus des 3 fusions du coeur se sont répandus à des centaines de miles du site du désastre. La pluie qui a fouetté la côte est du Japon a fait descendre les produits radioactifs vers de nouveaux endroits en aval.
Il est évident pour les scientifiques, mais pas pour les médias grand-public du Japon, que des zones qui avaient été auparavant décontaminées par les japonais sont maintenant à nouveau contaminées. Ces zones nouvellement contaminées comprennent des villages qui avaient été évacués lors du désastre il y a 4 ans et demi et que le gouvernement japonais avait ouvert au retour des populations.

Fairewinds l’avait déjà dit et nous allons le répéter. Suivez l’argent ! Tokyo Electric et le gouvernement japonais ne veulent pas de réévaluer la propagation du rayonnement à la suite de ce dernier typhon. Cela coûterait trop cher. Le coût d’une décontamination réelle après ce désastre est inimaginable.
La dissémination de la contamination dans les zones peuplées par ces innondations est un risque pour la santé du peuple japonais que le gouvernement refuse de considérer.

Innondations
Au cours des 300 prochaines années des événements comme ce typhon se reproduiront; jusqu’à ce que toute la radioactivité relâchée par le désastre de Fukushima soit finalement entièrement lessivée dans l’océan Pacifique; non seulement seulement à partir du site de Fukushima Dai Ichi mais aussi à partir de tous les affluents et rivières des montagnes qui se jettent dans l’océan Pacifique.

Il est temps que les grands médias traditionnels japonais et américains tiennent que Tokyo Electric et le gouvernement japonais ont la responsabilité de réévaluer la propagation de la contamination radioactive qu’a provoqué ce dernier typhon, et quelle dose atteint la population suite aux innondations.

Arnie Gundersen.
Fairewinds vous tiendra informés.

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
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Sep 05

ACCIDENT NUCLEAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !

je reprends ici in extenso le communiqué de la CRIIRAD du 3 septembre 2015
Voir également l’article du 21 Mai 2015
Une analyse détaillée du projet contesté – 6 avril 2015

Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire.
Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.

La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier). Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.

BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPEEN

Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication

1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.

· Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.

2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.

· Dans un nouveau courrier la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts).
La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !

Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.

Très bonne lecture à tous !
Très cordialement
L’équipe de la CRIIRAD


PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition.
Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org

Le 5 septembre 2015

Sep 05

La pollution radioactive émise par Fukushima Dai Ichi suit son cours

Dans la zone fortement polluée de Non Retour autour de la centrale:

De nombreux sapins ont une anomalie de croissance.
L’anomalie est l’absence du bourgeon terminal de l’axe du jeune sapin.C’est ce bourgeon qui assure la croissance du tronc de l’arbre.
Du fait de son absence, l’arbre devient fourchu: le tronc bifurque, soit verticalement, soit horizontalement

anomalies des sapins

Cliché de la revue Nature

  • dans la zone à 33µSv/h: 97% des jeunes sapins sont atteints
  • dans la zone à 19,6 µSv/h: 43% sont atteints
  • Dans la zone à 6,85 µSv/h : 27 %

Dans la zone témoin à 75km de là, il y a 0,13 µSv/h et environ 5% des sapins ont une anomalie.
Ces troubles de la croissance existaient avant l’acident nucléaire mais étaient rares.
Ces anomalies se sont accrues en 2012, l’année qui a suivi l’accident nucléaire.

L’article de fukushima-diary
L’article paru dans la revue «nature»

A 22 Km de la centrale

On a mesuré 481.000 Bq/kg de Cs-134/137 dans la terre en bordure d’un lac de retenue de la ville de Minamisoma

le 18 août 2015, un groupe de citoyens a mesuré la radioactivité du sol en bordure du lac de barrage Yokokawa de la ville de Minamisoma. Ce barrage fournit de l’eau agricole et industrielle. Il est situé à 22km à vol d’oiseau de la centrale ruinée.
Le maximum de radioactivité en Cs-134/137 mesuré est de 480.000 Bq/kg dans de la mousse et au sol
Le deuxième chiffre est de 222.000 Bq/kg sur le sol du pont.
Des excréments de singe ont aussi été analysés, on y a relevé jusqu’à 50 000 Bq/kg de Cs-134/137.

La quantité normale de Césium dans le sol et dans les organismes vivants est de ZERO

Les résultats détaillés
Plan des points de prélèvements
Des vues du lac et du barrage
L’article de Fukushima Diary

A 200 km de la centrale

De l’iode 131 dans les boues d’une station d’épuration de Gunma

carte

Selon la préfecture de Gunma, 24 Bq/kg d’iode 131 ont été relevés dans des boues séchées d’une station d’épuration.
Les échantillons ont été prélevés entre le 27 et le 29 juillet 2015. La station d’épuration se trouve à côté du fleuve Tonegawa.
On a relevé 33 Bq/kg de Cs-137 dans ces mêmes échantillons.
De l’ iode 131 avait également été trouvé dans 2 des 6 échantillons de mai et de juin. Le record était de 49 Bq/kg.
La présence de Césium prouve que la pollution de ces ces boues provient de la centrale nucléaire de Fukushima.

La période de l’I 131 est de 8 jours; ce qui signifie que au bout de 80 jours il ne reste plus que 1 Millième de la radioactivité initiale. Cela montre que l’émission de cet iode date de moins de 3 mois.

4 ans après l’accident, cette centrale relâche toujours de la radioactivité dans l’air et dans l’océan.

L’article de Fukushima Diary

Dans la préfecture de GUNMA également

Le lac Haruna de Gunma est un site touristique réputé notamment chez les pêcheurs pour sa population d’éperlans d’eau douce.
9 poissons ont été prélevés en août 2015. Du Cs-134 a été relevé dans 8 de ces 9 poissons.
Le maximum a été de 62 Bq/kg.
En 2013, ils n’avaient réussi à attraper que 4 poissons tant le lac est dépeuplé; dans lesquels ils avaient relevé 340 Bq/kg de Cs 134/137.

L’article de Fukushima Diary

A Tokyo: 220 km de la centrale Dai ichi

Le 18 août 2015, une laboratoire privé de surveillance de la radioactivité a relevé 81,4 Bq/kg de Cs 137 dans les poussières d’un aspirateur de Tokyo.

L’aspirateur avait été utilisé pendant 3 mois depuis mai dernier dans le quartier d’Itabashi de Tokyo.
La radioactivité en Cs 137 est de 81,4 Bq/kg.
La radioactivité en Cs 134 est en-dessous du seuil détectable (< 11,9 Bq/kg).

L’article de Fukushima-Diary

Le dernier décompte des cas de cancer de la Thyroïde des enfants de Fukushima est de 104

La préfecture a annoncé le 31 Août que 104 jeunes sont maintenant atteints de cancer de la thyroïde à Fukushima.

104 cas sur les 385 000 enfants de la préfecture de Fukushima qui ont été examinés; ils avaient 18 ans ou moins au moment de l’accident.
Cela fait 270 cas pour 1 million d’enfants alors que le taux « habituel » de ce cancer est de 1 à 3 cas /million d’enfants
ici on en est à 270/million

L’article de l’Asahi Shimbun

Le 4 Septembre 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.