Juil 26

Même à de faibles doses, l’exposition aux rayonnements accroît le risque de décès par leucémie chez les travailleurs du nucléaire

Une étude du Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC)-2015

– D’autres études avaient déjà montré que les leucémies des enfants sont plus nombreuses chez les enfants habitant à proximité des centrales nucléaires.
– L’exposition aux examens radiologiques pour diagnostic médical augmente également le risque de cancer.


Extraits du document de présentation de l’étude du CIRC

capt écran étude
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La présentation en français de l’étude du CIRC
http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2015/pdfs/pr235_F.pdf


Les références:

L’article ci-dessus est paru en anglais dans la revue «The lancet» Juin 2015:
«Ionising radiation and risk of death from leukaemia and lymphoma in radiation-monitored workers (INWORKS):an international cohort study
This study provides strong evidence of positive associations between protracted low-dose radiation exposure and leukaemia
.
Le résumé de l’article en anglais
http://dx.doi.org/10.1016/S2352-3026(15)00094-0
L’article complet en anglais dans le Lancet:
http://www.thelancet.com/journals/lanhae/article/PIIS2352-3026%2815%2900094-0/fulltext
Dans le british medical journal:
http://www.bmj.com/content/331/7508/77


Autres sujets proches:

Le dossier de «vivre-apres-fukushima.fr» sur le risque de leucémies chez les enfants à proximité des centrales nucléaires

Les leucémies des enfants sont plus nombreuses auprès des centrales nucléaires- 3 études concordantes


A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé

Un dossier de Vivre-apres-fukushima.fr basé sur l’étude BEIR VII


Une étude australienne

Je vous signale également l’étude australienne qui constate un lien entre la pratique des scanners (tomodensimétrie) et l’apparition d’un cancer (les rayons X sont également des rayons ionisants)
à Lire ici en français (traduit par ME.Hanne)


Note

Les premières études sur les conséquences de l’exposition aux rayons ionisants ont été effectuées sur les survivants des explosions de Hiroshima et Nagasaki. Il en avait été conclu que en dessous de 100mSv/an il n’y a pas de risque. Certains se raccrochent encore à cette estimation.
Mais il y a une grosse différence entre être exposé au flash de radioactivité d’une bombe et être exposé pendant des mois, des années à une irradiation faible mais continue; les dernières études prouvent que l’exposition faible mais continue est nocive et que les enfants sont spécialement exposés.

Le 26 Juillet 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
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Juil 19

Préparatifs japonais pour les JO de 2020

Décontamination d’un centre d’entraînement
pour les équipes de foot japonaises
à 20 km de la centrale accidentée

La décontamination des installations de foot «J-Village » près de la centrale détruite de Fukushima N°1 a commencé le 13 Juillet. L’objectif est d’accueillir des joueurs avant les jeux olympiques de TOKYO de 2020.
C’est le ministère de l’environnement qui gère la décontamination de l’installation qui a été polluée par des matières radioactives pendant le désastre de Fukushima. Il est prévu de la rouvrir en Avril 2019 pour fournir logement et formation aux équipes de Football japonaises, masculines et féminines.

situation et zones contaminées«J-Village» chevauche les deux communes de Naraha et Hirono; il a été construit en 1997 par TEPCO (Tokyo Electric Power Compagny) et donnée à la préfecture de Fukushima. Il est géré par «Nihon Football Village», une organisation où siègent la préfecture et Tepco.

Après la catastrophe nucléaire, Tepco a loué l’installation et l’a utilisée comme siège pour ses travaux sur le site de Fukushima et pour son bureau principal gérant les opérations de réhabilitation dans la préfecture de Fukushima.
TEPCO a l’intention de rendre l’installation à la Préfecture en 2018.

Le «J-Village» couvre une superficie d’environ 50 hectares. Un total de 6,9 hectares comprenant l’immeuble central est à décontaminer pour Mars 2016. Dix des douze terrains de sport sont actuellement utilisées, notamment pour loger quelque 1.000 employés de TEPCO.
En Mars 2017, les installations sur le terrain et le bureau principal des opérations de réhabilitation seront déplacés vers la ville de TOMIOKA. TEPCO décontaminera ensuite les terrains et certains seront disponibles dans l’été 2018.

L’article du journal Mainichi en anglais:
Decontamination of ‘J-Village’ soccer facility begins ahead of 2020 Olympics
http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20150714p2a00m0na006000c.html

le site sportif

Travaux de décontamination.
A l’arrière-plan le bâtiment principal
NAHARA le 13 juillet 2015.(cliché Mainichi)

Le 19 juillet 2015

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Juil 14

Résumé du Désastre de Fukushima en BD

La catastrophe sans fin

L’histoire de la centrale nucléaire en bande dessinée
créée par l’association autrichienne AFAZ:
http://www.afaz.at/fuku_fr.html

Quelques extraits :

La construction, la catastrophe

Après la catastrophe

Un sous-titre

contrôle de la contamination d'une femme enceinte

…..

Pourquoi cette tolérance des gouvernants et autres ?

Voir la bande dessinée en entier, en français

Le 14 Juillet 2015

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Juil 10

Sécurité alimentaire: le Parlement européen refuse de protéger la population en cas d’accident nucléaire

Le Parlement européen s’est prononcé aujourd’hui (09 juillet 2015)sur la proposition de règlement du Conseil fixant les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive pour les denrées alimentaires et les aliments pour bétail après un accident nucléaire ou dans toute autre situation d’urgence radiologique.
Ce texte fixe les seuils de contamination radioactive acceptable dans l’alimentation en cas d’accident nucléaire en Europe.

Réaction de Michèle RIVASI, Vice-Présidente du groupe Verts/ALE et cofondatrice de la CRIIRAD, à l’issue des votes:

« Jusqu’à aujourd’hui, pour tout ce qui touche au nucléaire, ce sont les États membres qui décident, seuls: le Parlement ne peut que commenter, donner un avis, qui est loin d’être respecté. Les eurodéputés n’ont jamais eu la codécision car la base juridique utilisée par la Commission européenne dans ses propositions législatives est le traité antidémocratique Euratom et non le traité de Lisbonne. Nous avons donc déposé un amendement pour que le Parlement obtienne la codécision et il a été adopté.

Par ailleurs, le rapport établissant les scénarios au sujet de la contamination (effectué par les experts d’Euratom) minimise complètement les risques en cas d’accident nucléaire. Celui-ci est entaché de contradictions et d’incohérences. Malgré notre demande de rencontrer les experts d’Euratom lors de la préparation du rapport parlementaire, il n’a pas été possible de les rencontrer ni de connaître leur identité. Un scandale en matière de transparence: comment se fier à des normes édictées par des experts dont on ne connaît pas le parcours ni les éventuels conflits d’intérêts?

Si demain l’Union européenne est confrontée à un accident nucléaire, la population ne sera pas protégée avec les seuils proposés par la Commission: ils sont beaucoup trop laxistes. Nous avons demandé à diviser par 10 ces valeurs mais la majorité des parlementaires ne nous a pas suivis, ce qui est grave.

En cas d’accident, celles et ceux qui ont voté contre notre amendement qui aurait permis de renforcer drastiquement les normes devront en répondre devant les Européennes et les Européens qui les ont élus. »

Le 09 juil 2015

Liens utiles:
fiche de procédure
amendements déposés en plénière
la pétition de la CRIIRAD

Le communiqué sur le site de Michèle RIVASI

Le communiqué de la CRIIRAD après le vote
Le dossier complet de la CRIIRAD : CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE


«Vivre après Fukushima» a déjà traité de la question:
Le 21 Mai 2015:« Europe:contamination légale des aliments en cas d’accident nucléaire »
Le 4 juin 2015: « En cas d’accident nucléaire en Europe mangerons-nous des aliments contaminés ? »

L’information en français sur Fukushima:
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Juil 05

Fukushima, 4 ans après : les réfugiés de l’atome forcés au retour en zone contaminée

Les 120 000 déplacés nucléaires de Fukushima font face à des pressions gouvernementales croissantes pour retourner vivre dans les zones pourtant fortement contaminées.
Alors que la centrale ravagée continue de déverser sa radioactivité, le gouvernement japonais, farouchement pro-nucléaire, veut donner l’illusion d’un retour à la normale.

Un article de MEDIAPART du 04 juillet 2015 | Par Frederic Ojardias

De notre envoyé spécial au Japon.
« Ma maison est inhabitable. Elle est beaucoup trop radioactive. »
Assis en tailleur sur son tatami, M. Nakano, 67 ans, ouvre son quotidien local à la page qui donne chaque jour, comme si c’était la météo, les taux de radioactivité de chaque hameau situé autour de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi.
Au feutre rouge, il a dessiné un point devant le taux de son village : 14,11 μSv/h. « C’est très élevé et très dangereux.
En plus, c’est une mesure officielle, à laquelle je ne fais pas confiance. Je pense que la radioactivité y est en réalité encore plus forte. »

… Cécile Asanuma-Brice, directrice adjointe du bureau du CNRS à Tokyo et chercheuse associée à la maison franco-japonaise de la capitale:
« Le gouvernement cherche à créer un sentiment de nostalgie par rapport au territoire d’origine. C’est extrêmement vicieux. Par exemple, alors que les enfants commençaient enfin à s’établir et à se réintégrer sur leur lieu de refuge, on a organisé des ateliers avec leurs anciens camarades de classe de Fukushima. On les replonge avec leurs anciens amis, on les fait cuisiner, en leur expliquant que les légumes viennent du jardin du grand-père, de la tante. On leur raconte des légendes fabuleuses. Et quand le gamin revient chez lui, il demande : “Maman, on rentre quand à la maison ?” Cela génère une plaie ouverte. Les gens ne peuvent jamais s’établir. Psychologiquement, c’est invivable.»

Yoshida Kuniyoshi sort d’un placard son compteur Geiger, soigneusement enveloppé dans une pochette en plastique. « Quand je retourne chez moi, ça bipe comme un fou, c’est flippant. »…
Jeune marié, il n’a aucune envie de retourner s’installer dans sa maison irradiée, malgré la probable fin, d’ici deux ans, des indemnités et des aides financières. « Les journaux proches du gouvernement écrivent que les évacués coûtent trop cher. Il y a une pression pour mettre fin aux compensations données aux réfugiés nucléaires. Je pense que dans mon cas, elles cesseront dès 2017, comme c’est déjà prévu dans certaines zones. 2017 sera une année de combat », prévient-il, dans un petit rire amer…

Lire l’article en entier

Un article de MEDIAPART DU 04 juillet 2015 dont je vous conseille vivement la lecture

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
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Juil 03

Centrales nucléaires: Transfert du risque aux générations futures


DÉMANTELER nos Centrales nucléaires: Mission Impossible?

Un article de Fairewinds Energy Education

Compte-rendu de Caroline Phillips, administrateur Fairewinds– 18 juin 2015.

Comme la plupart d’entre vous, sympathisants et téléspectateurs, le savent, le fait que l’industrie du nucléaire commence à déclasser et démanteler les centrales nucléaires est une source d’inquiétude majeure pour Fairewinds Energy Education. Parrainé par la Fondation Lintilhac, Fairewinds a publié en Mars 2015 un important rapport sur le démantèlement de la centrale Vermont Yankee . Les organisations «Beyond Nuclear», «Vermont Yankee Decommissioning Alliance» et «Vermont Citizens Action Network » ont invité Fairewinds Energy Education à prendre la parole le mercredi 3 juin 2015 à Montpelier, VT (capitale de l’état de Vermont), lors de la première diffusion aux Etats Unis du documentaire « Démanteler nos centrales nucléaires, mission impossible ? »

J’ai regardé le documentaire d’Arte France qui examine le processus de démantèlement en cours de réacteurs nucléaires mis à l’arrêt en France, en Allemagne et aux États-Unis. Le film est effrayant, car il montre la réalité navrante de l’impréparation de l’industrie nucléaire et des gouvernements à travers le monde, lorsqu’il s’agit de déclasser et démanteler des centrales nucléaires qui sont trop anciennes pour respecter les réglementations de sécurité et ne sont économiquement plus viables.

Les déchets nucléaires restent hautement radioactifs et dangereux pendant des milliers d’années.

Le film d’Arte France, très bien documenté, démontre que les concepteurs de ces réacteurs nucléaires ignoraient totalement il y a 40 ans la façon dont on pourrait les démanteler et éliminer les matériaux et les déchets fortement radioactifs issus de leur fonctionnement.
Plus inquiétant encore, aucun progrès n’a été fait pour déterminer comment mettre en sécurité ces déchets pour les 250.000 années requises.

L’auteur, Bernard Nicolas attire l’attention de son auditoire sur un échec : celui du site d’enfouissement de déchets nucléaires de Asse en Allemagne où les ingénieurs ont voulu expérimenter le stockage des déchets nucléaires dans une mine de sel. Suite à un glissement de terrain en 2004, de l’eau s’est infiltrée dans la mine de sel, entraînant l’effondrement des parois et un dégagement de radiations. Une course contre la montre été engagée pour injecter du béton dans les zones effondrées afin de colmater les fuites avant les prochains mouvements de terrain.

En France une tentative de confinement de déchets nucléaires qui utilisait de l’asphalte pour piéger les contaminants toxiques a échoué. Cela a abouti à la libération d’hydrogène qui présente maintenant un risque élevé d’explosion s’il se trouve en présence d’Oxygène.

Actuellement, les experts ne savent pas (et ils ne sont pas d’accord entre-eux) quelle est la meilleure méthode pour éliminer les déchets nucléaires. Il n’en existe pas.

Le film nous emmène ensuite dans le Maine (USA)sur un ancien site nucléaire que l’industrie a baptisé «Installation provisoire de stockage pour combustible Nucléaire usagé» (IFSI). Autrefois centrale nucléaire, Maine Yankee a été fermée pour des problèmes de sécurité trop onéreux à corriger.

Les problèmes de de sécurité persistent à Maine Yankee: des fûts secs pleins de combustible usagé hautement radioactifs sont entreposés en plein air, sans lieu de stockage définitif et sans qu’on sache comment les éliminer définitivement. Il y a quelques semaines, Fairewinds a dévoilé une intervention directe de la NRC pour que soit retiré de la circulation un rapport mentionnant le survol de Maine Yankee par un drone non identifié.
Le site de Maine Yankee où sont abandonnés les déchets est très coûteux et il est exposé à deux risques potentiels : des attaques terroristes et la dégradation des fûts entreposés sur le site pour une durée indéfinie.

Les fûts sur Maine-Yankee

Le stockage sur Maine Yankee
Dans quel état seront les fûts dans 50 ans ?
dans 25.000 ans ?
En principe, il s’agit d’un stockage provisoire, en attendant une solution définitive.

Enfin, le film se penche sur la centrale nucléaire Vermont Yankee dans le sud du Vermont. Fermée en décembre 2014, la centrale de Vermont Yankee doit être prochainement déclassée, ce qui en fait potentiellement une zone où les déchets pourront être abandonnés et entreposés de façon non conforme.

Prenant l’exemple de centrales déjà démantelées dans le monde entier, la vidéo de Nicolas nous apprend que d’un bout à l’autre, le processus de déclassement présente des risques et des lacunes sécuritaires. Ces centrales n’étant plus opérationnelles ni productives, les opérateurs ne sont pas pressés de financer à grands frais un démantèlement en sécurité et il leur manque la motivation nécessaire pour prendre les mesures de sécurité qui permettraient d’assurer une bonne gestion des déchets radioactifs.

Le problème majeur qui en découle est celui de la transmission du risque aux générations suivantes. Non seulement ces déchets radioactifs hautement toxiques vont être transmis de génération en génération sans solution adéquate pour leur élimination; mais aussi le démantèlement physique des sites nucléaires va prendre des décennies avec un lourd transfert de responsabilité à des travailleurs sans expérience ni connaissances appropriées.

Il est vrai qu’actuellement, la société Entergy s’est engagée à assurer pendant 60 ans le suivi du déclassement de la centrale de Vermont Yankee dont elle est propriétaire. Mais Fairewinds a fait remarquer que 60 ans est un nombre totalement arbitraire qui ne repose sur aucune base scientifique.
Sans vouloir entrer dans le détail, constatons que dans 60 ans bon nombre d’entre nous nous seront plus de ce monde. Des ouvriers de la centrale ont d’ailleurs déjà été déplacés vers d’autres sites du territoire américain, privant ainsi Vermont Yankee de personnel familiarisé avec le site, son environnement et ses équipements. On peut prévoir sans trop de risque de se tromper que d’ici 60 ans, les travaux liés au déclassement seront effectués par de nouveaux employés qui connaîtront encore moins bien le mode opératoire initial de la centrale, ses faiblesses et ses bizarreries spécifiques.

La manipulation des déchets radioactifs ne doit pas être prise à la légère. Le fait même que personne au monde n’ait de solution quand à la façon de confiner et d’éliminer ces produits toxiques est la preuve que des précautions particulières, des efforts conséquents et une compétence étendue sont nécessaires pendant le déclassement et le démantèlement d’une centrale nucléaire.

Alors, où en sommes-nous ?
Il est clair que l’énergie nucléaire n’est pas une énergie sûre et économique; la surface de la terre est déjà suffisamment polluée par les déchets radioactifs : point n’est besoin d’en ajouter. L’opinion publique se rendant compte que les énergies vertes et renouvelables sont la meilleure solution au problème du changement climatique, la fermeture de centrales nucléaires va devenir un phénomène de plus en plus courant, et les états doivent se préparer à jouer un rôle plus actif dans leur mise hors service.

Il est probable que l’intervention du gouvernement ou des états fédéraux dans le processus de démantèlement se fera sous forme financière. Des états comme le Vermont n’ont aujourd’hui aucun droit de regard sur les fonds de déclassement de la centrale nucléaire de Vermont Yankee car il s’agit d’un fonds d’entreprise totalement indépendant du système de gestion des dépenses publiques (fédérales ou locales).

Afin de protéger les citoyens d’un déclassement laxiste et d’un abandon des déchets par l’industrie nucléaire, les états doivent créer une source de financement qui serait utilisée spécifiquement pour les sites à l’arrêt.

Avec l’argent vient le pouvoir, un pouvoir que les états peuvent utiliser pour obliger l’industrie nucléaire à rendre compte de la gestion des déchets radioactifs qu’elle a produits. C’est une des propositions qui permettraient avec le plus de chances de succès d’éliminer en sécurité les déchets nucléaires et de réduire le risque intergénérationnel ( transgénérationnel ?)

Il est hors de question d’accepter la présence de décharges nucléaires fortement radioactives – dont on sait qu’elles sont mal gérées et source de fuites – dans le voisinage immédiat des lacs, rivières, océans et ressources aquifères qui sont si précieux pour notre planète.

Fairewinds vous tiendra informés.

Article publié sur le site de Fairewinds et traduit avec son autorisation
L’article original en anglais


Articles Liés:

WCAX TV a enregistré Arnie Gundersen,l’ingénieur en chef de Fairewinds, suite à la première américaine du film français: le déclassement de nos Centrales nucléaires: Mission Impossible ?
http://www.wcax.com/story/29238571/group-raises-concerns-about-yankee-decommissioning

Le contrôleur de l’État Doug Hoffer affirme que les préoccupations que Fairewinds Education présente dans son rapport de 35 pages sur le déclassement de Vermont Yankee sont légitimes. (selon Amy Nixon,journaliste à AshVTDigger).
http://vtdigger.org/2015/06/04/anti-nuke-group-wants-hoffer-to-oversee-vermont-yankee-fund/

Le film sur le site de Arte: http://future.arte.tv/fr/sujet/centrales-nucleaires-demantelement-impossible


Qu’est «Fairewinds Energy Education» ?

Fairewinds se présente:
Démystifier l’énergie nucléaire par l’information. Notre mission est d’informer le public sur l’énergie nucléaire et d’autres problèmes d’énergie. «Fairewinds Energy Education», est un outil facile à utiliser pour obtenir une information basé sur des faits, une information sur l’énergie nucléaire sans distorsion. Le site Web de Fairewinds propose des podcasts et des vidéos, dans lesquelles nous collaborons avec des experts issus de domaines très variés pour traiter des questions relatives à l’énergie nucléaire.

L’ingénieur en chef de Fairewinds, Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a étudié à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI), où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de la Commission à l’Energie Atomique pour sa maîtrise en génie nucléaire. Arnie est titulaire d’un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire. Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie également géré et coordonné des projets dans 70 centrales nucléaires aux États-Unis.

Quelques références sur le site de Fairewinds

http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/generational-transfer-of-risk
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/remove-vy-carcass-veto-safstor
http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/what-unidentified-flying-drone


Note

Mis à jour le 05 juillet 2015

Il est impossible de faire cesser la radioactivité d’un corps. Il faut attendre la décroissance naturelle qui peut être de quelques secondes à des millénaires (Plutonium: demi-vie de 24.000 ans; ceci signifie qu’au bout de 24.000 ans il n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Nettoyer, décontaminer un site, ce n’est donc que déplacer la radioactivité ailleurs.
Dans une centrale à démanteler, il n’y a pas que le combustible qui soit radioactif: il y a des tonnes de béton, des aciers…jusqu’à des gants de latex contaminés, à démonter, découper, emballer, transporter.
Il faut protéger les travailleurs, les populations locales, les populations sur les trajets des multiples convois de transport, puis les populations alentour des sites de stockage (ici, pendant des millénaires)

Le stockage en lui-même n’est pas de tout repos: au fil des centaines d’années (des millénaires pour certains, les conteneurs vieillissent, se corrodent, se mettent à fuir; certains déchets chauffent, dégagent des gaz explosifs (hydrogène).Il y a controverse entre stockage réversible ou pas, stockage en profondeur ou en surface.


Quelques installations concernées par le démantèlement

MAINE YANKEE

Centrale nucléaire de 900 MW Arrêtée définitivement en 1997 pour raisons économiques. Démantelée entre 1997 et 2005. Transformée en Installation de stockage provisoire de combustible usagé (ISFSI) Elle est actuellement constituée de 60 fûts contenant 1434 assemblages de combustible usagé et de 4 fûts contenant des parties fortement radioactives du réacteur. Coût de fonctionnement: 10 millions de Dollars par an.
Une présentation officielle du site: http://www.maineyankee.com/public/MaineYankee.pdf

VERMONT YANKEE

Centrale de 620 MW démarrée en 1972 Mise à l’arrêt le 29/12/2014 pour cause économique. Une partie du combustible avait déjà été stockée à sec depuis mai 2008. Prévision officielle du coût du démantèlement : $1,24 billions. Mais seulement $665 Millions ont été mis de côté pour le démantèlement pendant les 42 ans de fonctionnement.
Détails sur Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Vermont_Yankee_Nuclear_Power_Plant
Le site officiel du propriétaire Entergy: vydecommissionning.com

WIPP

http://www.wipp.energy.gov/wipprecovery/accident_desc.html
Une installation pilote au USA pour stockage profond dans le sel.
Elle a été victime en février 2014 d’un double accident: incendie d’un véhicule au fond des galeries puis explosion d’un baril de déchets avec contamination au plutonium de l’installation et des environs (par les cheminées de ventilation)
Une description par Wikipedia en français


Et En France ?

BRENNILIS

Centrale mise en service en 1967. Arrêtée en 1985.
Ce démantèlement qui se voulait exemplaire n’est toujours pas terminé 30 ans après l’arrêt.
Les péripéties du démantèlement:
sur wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Site_nucl%C3%A9aire_de_Brennilis
sur sortir du nucléaire cornouaille: http://www.sortirdunucleairecornouaille.org/spip.php?article218

SUPER-PHÉNIX

Ce fut une machine mythique soi-disant capable de régénérer son combustible.
L’usine de La Hague a été construite pour alimenter les surgénérateurs en plutonium.
Machine éminemment dangereuse avec 5 tonnes de plutonium radiotoxique et 5.000 Tonnes de Sodium explosif en présence d’eau.
Construction démarrée en 1976
En juillet 1977 grosse manifestation européenne sous la pluie qui fit un mort chez les manifestants et un blessé grave chez les forces de l’ordre.
Arrêt définitif en 1997. En 11 ans il a fonctionné 53 mois.
Démantèlement en cours

À lire : Superphénix, déconstruction d’un mythe, Christine Bergé (photographies de Jacqueline Salmon), Les empêcheurs de penser en rond, La Découverte, octobre 2010, 150 p., 13 euros.
Un dossier: https://fr.wikipedia.org/wiki/Superph%C3%A9nix

FESSENHEIM

La plus vieille centrale nucléaire en activité en France: elle a été connectée en 1977.
Elle cumule les risques: zone sismique, et inondable,importante nappe phréatique, couloir aérien, incidents à répétition,conception défectueuse.
Elle devrait être mise à l’arrêt prochainement…

ICEDA

Installation de stockage provisoire en construction au bord du Rhône, à côté de la centrale du Bugey.
Elle est destinée à reçevoir et conditionner des déchets en provenance des 9 réacteurs de la filière française Uranium-graphite-gaz à démanteler.
Elle accueillera des déchets de moyenne et faible activité à vie longue.Pour une durée en principe de 50 ans, dans l’attente d’un stockage définitif.
La présentation du projet par EDF: http://fr.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/Centrales/Bugey/Projet_ICEDA/documents/ICEDA%20presentation%20generale.pdf
Un dossier technique et administratif par l’association citoyenne stop-bugey
http://www.stop-bugey.org/iceda/
http://www.stop-bugey.org/centrale-nucleaire-bugey/projet-iceda/communique-de-la-coordination-stop-bugey/

CIGEO

Site prévu de stockage profond de déchets de haute et moyenne activité à vie longue
Début du stockage prévu en 2025
Vive contestation des riverains et de la société civile
La présentation par l’ ANDRA: www.cigeo.com
Les arguments des associations contestataires: http://www.sortirdunucleaire.org/Cigeo-un-projet-inacceptable
Un article de Wikipedia sur le stockage géologique en couche profonde

L’information en français sur Fukushima:
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