Juin 07

Greenpeace publie un rapport confidentiel de l’AIEA sur l’accident nucléaire de Fukushima

«Le rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ne reflète pas avec exactitude l’ampleur et les conséquences de la catastrophe de Fukushima.»

Le conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique s’est réuni le 8 Juin 2015 pour discuter du résumé de son rapport confidentiel sur l’accident de Fukushima dai ichi.
Ce rapport se décrit comme une « évaluation des causes et des conséquences de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima dai ichi qui a débuté le 11 Mars 2011

Greenpeace a reçu une copie du rapport et l’a rendu public la semaine dernière. Greenpeace a également réalisé une analyse initiale de ce rapport et ses découvertes ne sont pas bonnes.
Voici un résumé du texte de Greenpeace:

Kiya Amano, directeur général de l’AIEA affirme que ce rapport est «une évaluation faisant autorité, factuelle et équilibrée, concernant les causes et les conséquences de l’accident ainsi que les leçons apprises.»

Cependant nos experts l’ont trouvé plein d’inexactitudes, d’incertitudes; et il ne parvient pas à répondre à plusieurs questions très importantes.
Nous avons envoyé nos conclusions à Mr Amano.

Voici quelques exemples:

– L’AIEA reconnaît que la mesure des radiations n’a pas fonctionné correctement dans les jours qui ont immédiatement suivi le désastre.
Malgré cette incertitude, le rapport minimise les risques pour la santé couru par de nombreuses victimes.
Ce qui signifie qu’on ne peut pas faire confiance aux estimations des niveaux de radiations auxquels les gens de Fukushima ont été exposés.

L’analyse que fait l’AIEA des nouvelles réglementations japonaises concernant la sécurité est au mieux superficielle; elle ne présente aucune preuve que l’industrie japonaise fonctionne aux normes mondiales les plus élevées de sécurité nucléaire.
La réalité c’est qu’il y a de grandes lacunes dans la réglementation nucléaire au Japon, dans le domaine du risque sismique et autres risques menaçant la sécurité des centrales; les risques sont ignorés ou sous-estimés.

Le rapport nie l’impact de la catastrophe sur la vie animale malgré les recherches scientifiques qui ont trouvé des effets mesurables sur la faune de la région.

Le rapport omet de reconnaître les incertitudes qui concernant encore les causes de la catastrophe. Une grande partie des systèmes critiques des réacteurs fondus n’ont pas encore été inspectés.

Voici quelques unes de nos constatations initiales. Il y en a plus à venir.

Vous pouvez lire la totalité de notre analyse du rapport ici
Les 5 parties du rapport de l’AIEA sont ici:

Ainsi nous voyons, commme nous l’avons vu dans le sillage du désastre nucléaire de Tchernobyl, que l’AIEA tente de créer un récit qui minimise les conséquences sur la santé et sur l’environnement de l’accident de Fukushima; tout en soulignant que les leçons en ont été tirées, y compris dans le domaine de la confection de règles de sûreté nucléaire plus efficaces.

En bref, l’AIEA se mobilise pour protéger l’industrie nucléaire plutôt que les gens dont la vie a été détruite par le désastre de Fukushima et ceux qui risquent d’être touchés par les accidents nucléaires futurs.

Ce n’est pas une surprise, le rôle central de l’AIEA est de promouvoir l’extension mondiale de l’énergie nucléaire. Le fait que tous les réacteurs commerciaux du Japon – 43 en tout- restent à l’arrêt est un défi direct à la mission de l’AIEA. Voilà le contexte dans lequel le rapport de l’AIEA doit être considéré.

Après 4 ans, la catastrophe de Fukushima est encore en cours et pour plusieurs décennies. Si on veut que le travail de nettoyage des dommages soit effectué de façon efficace et si on veut éviter autant que possible de futurs accidents, l’AIEA doit changer sa façon de fonctionner et rapidement.

L’AIEA ne sert actuellement que les intérêts de l’industrie nucléaire et sa recherche du profit, au détriment de ceux qui ont payé le prix des échecs de l’énergie nucléaire.

Greenpeace demande à Mr AMANO et à l’AIEA de suspendre l’examen des conclusions de ce rapport. Un processus ouvert et transparent doit être instauré qui prend en compte les opinions du peuple japonais et celles de scientifiques indépendants. Nous sommes prêts à rencontrer des représentants de l’AIEA pour discuter de nos graves préoccupations.

Justin Mc KeatingJustin McKeating (Royaume Uni)
Il tient un blog sur l’industrie nucléaire pour Greenpeace International depuis 2008
le Blog de Justin Mc Keating-Greenpeace


J’ai consulté la partie du document qui concerne la santé (partie 4).

L’AIEA se contente de reprendre le rapport de l’UNSCEAR
du 2 Avril 2014

Ce rapport de l’UNSCEAR a été vivement critiqué par des ONG, des médecins, des scientifiques du monde entier

L’organisation “Human Rights Now” et 40 organisations de la société civile issues du Japon, des USA, de Tunisie, d’Azerbaïdjan, des Pays-Bas, d’Allemagne, de France et d’Irlande ont publié une déclaration demandant que l’UNSCEAR et la Quatrième Commission de l’Assemblée Générale de l’ONU révisent le rapport de l’UNSCEAR et ses conclusions du point de vue de la perspective des droits de l’homme.

…Les médecins de 19 sections nationales affiliées à l’IPPNW (L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire ), dont «Physicians for Social Responsibility» (USA) et IPPNW Allemagne ont écrit, diffusé, et publié une «Critique du rapport de l’UNSCEAR» qui met en question les hypothèses et les données utilisées par l’UNSCEAR, et les interprétations et les conclusions qui en découlent.
Extrait:
….
Cependant, leur conclusion comme quoi il n’y a «pas d’effet discernable», maintenant ou dans le futur, est un défi au sens commun et sape la crédibilité de l’UNSCEAR.

Le texte intégral en français

Qu’est ce que l’UNSCEAR ?


Un scientifique, le Dr Keith BAVERSTOCK en a fait une critique sévère, qualifiant le document de l’UNSCEAR de document de propagande non scientifique.
Extraits:

…mon expérience de travail dans le passé avec certains des contributeurs de ce rapport, le Modus Operandi de certaines agences des Nations Unies, les tentatives claires d’induire en erreur dans les premiers jours de l’accident et les manquements à une approche véritablement scientifique indiqués ci-dessus, ne me laissent aucun doute que le rapport n’est pas une évaluation fiable des risques préparée avec la rigueur scientifique nécessaire

Ce sont principalement les nations qui utilisent l’énergie nucléaire qui fournissent l’expertise pour l’UNSCEAR: le braconnier et le garde-chasse sont les mêmes. Cet [arrangement] incestueux, doit-on en conclure, est au moins en partie responsable de l’échec du rapport à être considéré comme un document scientifique, un échec qui ne pourra pas être assez souligné: l’UNSCEAR ne peut pas maintenir de manière crédible sa déconnexion des questions de santé et de politiques publiques liées à l’énergie nucléaire, en ne faisant rien de plus que de produire de la propagande pour une industrie qui s’est arrangée pour avoir un accident qui a et continue d’avoir sans qu’on en voie la fin, un effet négatif sur l’environnement et la santé publique au Japon et au-delà.

Le rapport du Dr BAVERSTOCK en français


La négation des effets de l’accident n’est pas étonnante de la part de l’AIEA qui est un organisme chargé de disséminer le nucléaire civil dans le monde.
C’est plus inquiétant venant de l’UNSCEAR qui est chargée de conseiller les gouvernements sur les mesures à prendre pour protéger les populations du risque nucléaire civil.


Si on veut avoir une idée objective des problèmes consécutifs à la contamination radioactive d’un territoire, la référence c’est ce qui se passe à Tchernobyl.

L’ouvrage de référence sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl c’est:
«Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement», de Alexei Yablokov, Vassili Nesterenko, Alexei Nesterenko, Natalia Preobrajenskaya.
Il nous fournit des données fiables recueillies sur place au contact des populations et environnements contaminés.
Il confirme les conséquences énormes de la catastrophe pour la santé humaine et l’environnement.

Il vient d’être traduit en français
Cliquer ici pour télécharger l’ouvrage gratuitement ou pour acheter la version papier

Le 7 juin 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Juin 04

En cas d’accident nucléaire en Europe mangerons nous des aliments contaminés ?

Voici le communiqué de la CRIIRAD du 04 Juin 2015

le communiqué de la CRIIRAD

Pour en savoir plus, pour signer la pétition:

EUROPE: CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE
Voir l’article du 6 Avril:«Accident nucléaire en Europe: que mangerons-nous ?»

Voir le dossier complet de la CRIIRAD
Aller directement à la pétition


Qu’est-ce que la CRIIRAD ?

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité –
est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français.
La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses.
Indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents.
Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias.
Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
Le site de la CRIIRAD

Le 4 Juin 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.