Mai 28

16 nouveaux cas de cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima

Entre Janvier et Mars 2015, 16 nouveaux cas de Cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués chez des jeunes qui avaient moins de 18 ans lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima Dai ichi

Parmi ces 16 derniers cas confirmés, 12 étaient déjà suspects pendant l’étude précédente. Et 4 ont été dépistés en 2015

Lors d’une première campagne d’examens la préfecture avait examiné 385.000 jeunes de la région âgés de 18 ans ou moins lors de la catastrophe nucléaire.
Selon la préfecture cette première étude a permis de diagnostiquer 112 jeunes atteints de cancer de la thyroïde.

La préfecture mène actuellement une seconde campagne qui se terminera en Mars 2016.
Elle vise 385.000 jeunes. Fin Mars 2015, 120.000 examens avaient déjà été réalisés.

Avec ces nouveaux cas la préfecture annonce que le total de jeunes atteints de cancer de la thyroïde est de 127

Sans surprise, la préfecture indique qu’il est peu vraisemblable que ces cancers soient en relation avec la catastrophe nucléaire; et même que cette proportion de nouveaux cas est identique à celle des autres provinces japonaises.


Notes

J’ai réalisé ce petit « digest » à partir de deux articles en anglais de la presse japonaise:
– dans l’Asahi Shimbun http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201505190041
– dans le Mainichi http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20150519p2a00m0na002000c.html

Je me demande comment est faite la communication de la préfecture de Fukushima auprès des journalistes. Les chiffres ne coïncident pas, ils varient même au cours de l’article….
Alors j’ai pris ce qui me paraît vraisemblable, sans pouvoir contrôler dans les documents japonais.

Comme d’habitude la préfecture affirme qu’il n’y a aucun lien vraisemblable avec la catastrophe nucléaire. Et même que la proportion de cas suspects et confirmés est identique dans les autres provinces du Japon !

Petit calcul simple:

  • Sur 385,000 jeunes examinés il y aurait 127 cas en 4 ans
  • cela fait 31 cas par an pour 385.000 jeunes
  • ce qui donne 80 cas par million et par an.

La fréquence « normale » du cancer de la thyroïde chez l’enfant est de 1 à 3 cas par million d’enfants et par an. Avant Tchernobyl et Fukushima.(chiffres en croissance).
Quand on consulte les publications sur les causes du cancer de la thyroïde de l’enfant, il y a toujours en tête, l’exposition aux rayonnements ionisants (médicaux ou autres).
Passer de 3 cas à 80 cas par million et par an après une catastrophe nucléaire avec pollution par un agent cancérigène majeur et affirmer sans preuve aucune que le nucléaire n’y est pour rien, c’est fort !!!

Déjà il y a quelques années les autorités japonaises avaient affirmé que les autres provinces japonaises avaient la même proportion de cas que Fukushima ! je vois que cela revient dans la communication officielle.

Tout autant que ce flou dans la communication officielle sur le cancer thyroïdien de l’enfant, ce qui est remarquable c’est l’Omerta sur l’état de santé général de l’ensemble de la population.

Le 28 mai 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Mai 21

EUROPE: CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE

La CRIIRAD dénonce le travail scandaleux des experts Euratom
et appelle à une mobilisation massive contre le projet de la Commission européenne

Communiqué de la CRIIRAD – 21 Mai 2015

Le projet de règlement européen

La Commission européenne a élaboré un projet de règlement fixant les Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive qui seront appliqués aux aliments en cas d’accident nucléaire. Ce projet est en cours d’examen par le Parlement (pour avis) et par le Conseil de l’Union européenne (pour décision). Les limites sont fixées pour 4 groupes de radionucléides et 5 catégories d’aliments, eau potable incluse.
Aucune modification n’a été apportée aux valeurs établies en 1987-1989. Si les niveaux de contamination mesurés dans les aliments n’excèdent pas les NMA, ils pourront être librement commercialisés au sein de l’UE ou à partir de pays tiers.

Des niveaux de risque inacceptables

Si l’on en croit la Commission européenne, le projet garantit le respect de la limite maximale de dose efficace de 1 mSv/an (une limite qui correspond à un niveau de risque déjà élevé). Cette affirmation est totalement fausse. Les vérifications conduites par la CRIIRAD font apparaître des doses de l’ordre de 10 fois supérieures (et jusqu’à 100 fois pour des scénarios pénalisants) et montrent que les enfants paieront le tribut le plus élevé.

Une accumulation d’anomalies gravissimes et orientées

La CRIIRAD a procédé à l’analyse du rapport scientifique qui valide le choix de Niveaux Maximaux Admissibles de contamination radioactive. Daté de 1998, ce document a été rédigé par les experts officiels de la Commission (experts dits Euratom car membre du groupe d’experts établi en application de l’article 31 du traité Euratom).

L’analyse critique a permis à la CRIIRAD d’identifier toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Elles sont graves et vont TOUTES dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées. Les dysfonctionnements les plus marquants sont détaillés dans la version longue du communiqué.
Un seul exemple est développé ci-après mais il s’agit d’une incohérence majeure, rédhibitoire, entre la conception des limites et le champ d’application du règlement qui les édicte.

En effet, de l’aveu même des experts, les Niveaux Maximaux Admissibles du règlement européen ont été définis pour l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de 1 000 km des frontières de l’Union européenne. Partant de ce postulat, les experts ont considéré que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens (10% des aliments solides, 1% de l’eau potable).
Problème : le règlement s’applique à tous les accidents nucléaires majeurs et en premier lieu à ceux qui surviendraient en Europe !
Mais dans ce cas, les hypothèses de calcul ne tiennent plus : le pourcentage d’aliments contaminés serait bien plus élevé ce qui impose des limites beaucoup plus basses !
Il faut : soit revoir à la baisse, et de façon drastique, les NMA ; soit rédiger un second règlement applicable aux accidents susceptibles d’affecter fortement les Etats membres de l’UE. C’est urgent : plus de 42% des 438 réacteurs électronucléaires en fonctionnement dans le monde sont implantés en Europe. La probabilité que le prochain accident nous concerne est donc très élevée.

Vu le nombre et la gravité des anomalies identifiées, il importe que toutes les responsabilités soient établies, tant au niveau des experts, que de la Commission, tant au niveau des élus que des Etats membres. Un courrier a été adressé au Commissaire européen en charge de la santé publique et de la sécurité alimentaire, afin d’obtenir communication des coordonnées des experts Euratom à l’origine de l’expertise de 1998 et de l’avis favorable de 2012. Diverses actions sont également en préparation, en premier lieu en direction du Parlement européen, le vote de la commission ENVI devant intervenir le 26 mai prochain.

Appel à mobilisation

La CRIIRAD appelle tous les citoyens européens à se mobiliser pour défendre leur santé et celle de leurs enfants. Elle les invite à s’informer et à signer, et diffuser, la pétition demandant une refonte complète, transparente et démocratique de la réglementation applicable en cas d’accident.

Signature en ligne à : http://criirad-protegeonsnotrealimentation.wesign.it/fr

Voir la version longue de ce communiqué
Voir le dossier complet : http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/sommaire.html


J’ai repris ci-dessus l’intégralité du communiqué de la CRIIRAD

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
MAIL : asso@criirad.org
Le site de la CRIIRAD: www.criirad.org

Le 21 mai 2015


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Mai 21

Deux ouvrages sur le nucléaire et ses conséquences sont enfin disponibles !

1 – «Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement» traduit en français

17 Avril 2015

La couverture du livreLe volume 1181 des Annales de l’Académie des Sciences de New-York, intitulé «Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement», des professeurs Nesterenko, Yablokov et du Dr Nesterenko, vient d’être publié en français.
Après la publication originelle de Saint-Pétersbourg en 2007 et celles de New-York en 2009 par l’Académie des Sciences de NY, celles de Kiev en 2011 et Tokyo en 2013, c’est la cinquième édition de cet ouvrage, actualisée autant que possible avec les nouvelles données disponibles au fil du temps.
C’est l’ouvrage de référence sur les conséquences de la catastrophe. Il nous fournit des données fiables recueillies sur place au contact des populations et environnements contaminés.
Il confirme les conséquences énormes de la catastrophe pour la santé humaine et l’environnement.

Voici la présentation qu’en fait l’organisation Independent who «Pour l’indépendance de l’OMS » qui a organisé cette traduction.

Pourquoi devrait-on lire ce livre ?

Six décennies de dissimulation institutionnelle, internationale et à un niveau élevé, ont privé le monde entier d’une information médicale et scientifique particulièrement importante sur les conséquences sanitaires des activités nucléaires industrielles et militaires.
Ce livre rend disponibles d’énormes quantités de preuves issues d’études indépendantes entreprises dans le monde entier et dans les pays les plus touchés, des données uniques et fiables qui ont été ignorées et continuent de l’être par l’organisation mondiale de la santé.
Il fournit une vision exhaustive des dimensions réelles de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé et l’environnement.
Avec les preuves qui se sont accumulées au Japon après le désastre de Fukushima, de plus en plus de citoyens soupçonnent les autorités, au niveau national ou international, de ne pas avoir dit toute la vérité. Les citoyens ont raison d’être méfiants, et ce d’autant plus que les experts de santé publique ont été plus ou moins exclus, depuis le début de l’ère nucléaire, de la tache vitale d’évaluation des effets de l’énergie nucléaire sur la santé et de l’établissement de normes et de critères.
Au niveau international, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, WHO en anglais) a abdiqué son rôle dans le domaine critique du rayonnement et de la santé et elle est subordonnée à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dont le mandat est de promouvoir l’utilisation de l’atome.
En dépit de ce conflit d’intérêt évident, l’AIEA dicte sa politique à l’OMS dans le domaine du rayonnement et de la santé. Les conseils et les directives (recommandations) sur les effets sanitaires des activités nucléaires émanent de l’institution nucléaire, qui n’a ni mandat, ni compétence dans la santé publique et qui est dominée par des physiciens et des ingénieurs du nucléaire et des radiologues médicaux – en d’autres termes, par ceux qui utilisent cette technologie.

Le livre sur Tchernobyl, publié par l’Académie des Sciences de New-York, est un antidote puissant à la pseudoscience de l’institution nucléaire et sa lecture est essentielle pour n’importe quelle personne à la recherche de preuves fiables issues de sources indépendantes sur les effets de l’énergie nucléaire sur la santé et l’environnement.

Lire ou télécharger gratuitement la version pdf de ce livre

Il est également possible d’acheter une version papier de ce livre.
Le livre est imprimé à l’unité par Lulu.com au prix de 12,75 € + 1,50 € de taxe sur la valeur ajoutée et 3,99 € de frais d’envoi pour un envoi en courrier postal, soit un total de 18,24 € . Pour l’envoi en courrier postal, livraison sous 4 à 7 jours ouvrés une fois l’impression terminée.
Acheter la version papier

Un grand merci aux traducteurs de ce magistral ouvrage, un énorme travail, qui rend possible l’accès de cet ouvrage de référence aux francophones:
– Line Aldebert (traduction, coordination, relecture)
– Alain Bougnères (mise en forme du document)
– Marie-Élise Hanne (participation à la traduction de la Partie III), médecin biologiste
– Thierry Pain (traduction et relecture), traducteur professionnel, membre d’Enfants de Tchernobyl Belarus, botaniste amateur impliqué dans la sauvegarde de stations d’Orchidées et l’éradication d’espèces invasives en région parisienne.


2 -« L’ESCROQUERIE NUCLÉAIRE »
le numéro spécial de CHARLIE HEBDO est retrouvé !

Kna bien connu pour ses sous-titrages en français de nombreuses videos a retrouvé le numéro spécial de Charlie Hebdo daté de Septembre 2012

L’auteur en est Fabrice Nicolino, blessé au cours du massacre de la rédaction de son journal.

C’est un ouvrage très instructif qui trace l’histoire du nucléaire français depuis ses débuts, illustré bien sûr à la Charlie.
A lire absolument – A télécharger ici (26 Mo)


le 20 Mai 2015


Mai 18

Les leucémies des enfants sont plus nombreuses autour des centrales nucléaires: 3 études concordantes

Une étude allemande

a été présentée le 28 Août 2010 au congrès mondial de l’IPPNW (Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire)à Bâle le 28 Août 2010

L’étude avait été initiée par le ministère de l’environnement allemand.
le Pr Wolfgang Hoffmann est professeur d’épidémiologie en soins de santé et santé communautaire, ainsi que directeur de l’Institut pour la médecine communautaire à l’École de médecine de l’université Ernst-Moritz-Arndt à Greifswald en Allemagne. Ses thèmes de recherche portent sur l’épidémiologie des facteurs de risques environnementaux, l’épidémiologie des soins de santé, de nouveaux concepts de soins de santé et de prévention, l’épidémiologie des maladies chroniques et les méthodes épidémiologiques.
Le Pr Hoffmann a fait partie pendant 6 ans du comité d’experts qui ont mené l’étude KIKK, lancée en Allemagne en 2002.
Le but de cette étude était de régler la question, donc de faire la meilleure étude possible sur le problème de la leucémie infantile autour des centrales nucléaires allemandes.

Le Pr Hoffmann a présenté cette étude qui montre sans doute possible que plus on s’approche de n’importe quelle centrale nucléaire allemande en exploitation commerciale normale, plus les cas de leucémie infantile chez les enfants de 0 à 5 ans augmentent parmi les résidents.

Graphique résumant l'étude Kikk

En rouge les cas d’enfants atteints de leucémie. – En vert les cas témoins

Une analyse détaillée de ce graphique en anglais

KNA a traduit et sous-titré la video de la conférence en français: cliquer ici

Le texte de la conférence en français (traduction par Odile Girard (http://www.fukushima-is-still-news.com/) et KNA (http://kna-blog.blogspot.fr/)

D’après-vous, peut-on imaginer que ce fait indiscutable n’existe qu’en Allemagne ?

Une étude anglaise

En 2014, le biologiste anglais Ian Fairlie a confirmé les résultats de cette étude, je vous invite à lire la traduction française de son article:
Leucémies des enfants : leur augmentation autour des centrales nucléaires est confirmée

La conclusion de Ian Fairlie

Mon explication‭ ‬met en cause les rayonnements:
‭- ‬Elle repose sur la principale constatation de l‭’‬étude KIKK:‭ ‬la multiplication des cas de leucémies des nourrissons et des enfants est étroitement associée avec la proximité des cheminées des‭ ‬centrales nucléaires.
– Elle repose aussi sur l‭’‬observation du KIKK que les cancers solides en augmentation étaient pour la plupart‭ «‬embryonnaires‭»‬; c‭’‬est à dire que les bébés naissent soit avec des‭ ‬cancers solides,‭ ‬soit avec des tissus pré-cancéreux qui,‭ ‬après la naissance,‭ ‬se développent en tumeurs à part entière‭; ‬c‭’‬est ce qui se passe également avec la leucémie.

L‭’‬augmentation du nombre de leucémies observées par l‭’‬étude KIKK et de nombreuses autres études peut être‭ ‬dûe à‭ ‬l‭’‬exposition de‭ l‭’‬embryon ou du foetus‭ «‬in utero‭»‬ aux‭ ‬radionucléides incorporés par la mère à partir‭ des ‬émissions radioactives des centrales nucléaires.
‬De très grands pics d‭’‬émissions par les centrales nucléaires pourraient produire un clone pré-leucémique‭; ‬et après la naissance un deuxième pic de radiations pourrait transformer quelques uns de ces clones en cellules entièrement cancéreuses.
‬Les bébés concernés naissent pré-leucémiques‭ (‬ce qui est invisible‭) ‬et les leucémies complètes ne sont diagnostiquées qu‭’‬au cours des premières années après la naissance.

Note : Les émissions de produits radioactifs par les centrales ne sont pas réguliers. Il y a des pics notamment pendant les opérations d’entretien. D’autre part, l’industrie ne sait pas confiner le Tritium (hydrogène radioactif) produit; il est donc rejeté dans l’environnement sous couvert des « autorisations de rejets »

Et en France ?

L’étude Géocap a été publiée en 2012, dans un document malheureusement en anglais: « Childhood leukemia around French nuclear power plants – The Geocap study, 2002–2007 »
Elle a été menée par l’INSERM, l’IRSN, Le registre national des cancers du sang de l’enfant, l’Université Paris sud.
Voir l’étude française en anglais

Sans surprise, les résultats confirment l’excès de cas de leucémies infantiles à proximité des centrales françaises.
Et sans surprise non plus, l’étude conclut « Dans l’ensemble, les résultats suggèrent un excès de risque potentiel sur 2002-2007 qui pourraient être dus à des facteurs inconnus liés à la proximité des centrales nucléaires »
Elle propose seulement des études supplémentaires…
Des facteurs inconnus ! Alors que la radioactivité est un facteur notoirement cancérigène !

Au sujet du rapport entre les statistiques et les maladies induites par l’industrie, voir l’article:
Amiante, nucléaire, pesticides, perturbateurs endocriniens – Pourquoi sommes-nous si mal protégés ?

Le risque pour les enfants à proximité des centrales nucléaires
est connu
Et que fait-on en pratique pour les protéger ?
On installe une école à deux pas d’un site nucléaire !!!

Le site Reporterre nous apprend qu’il y a quelques mois a été inauguré en Loir-et-Cher, sur la commune d’Avaray, un nouveau groupe scolaire pour les enfants d’Avaray et de Lestiou, la commune voisine. Il remplace deux écoles primaires existantes datant à peu près de Jules Ferry, et dépassées par les exigences des normes actuelles.
Voilà une grande première en France : la construction d’un ERP (établissement recevant du public) dans le périmètre rapproché d’une centrale nucléaire, en l’occurrence celle de Saint-Laurent-des-Eaux. Cette centrale possède deux réacteurs de 950 mégawatts en activité, et deux autres en démantèlement. Démantèlement étant en l’occurence un bien grand mot, puisque nulle part n’ont été démantelés jusqu’au bout ces types de réacteurs UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz), rendus tristement célèbres à Tchernobyl.

A ces INB (installations nucléaires de base) de production s’ajoute une INB de déchets proprement dits : les silos de graphite irradié (2 000 tonnes). A ces 2 000 tonnes on doit ajouter 2 500 tonnes par réacteur arrêté, ce qui fait pour Saint-Laurent 7 000 tonnes de graphite irradié. On sait qu’ils dégagent du tritium qui est un isotope radioactif de l’hydrogène. Que voilà un voisinage idéal pour une école primaire !

Pourtant la circulaire Borloo du 17 février 2010 recommande d’éviter les constructions sensibles dans les périmètres de dangers des centrales nucléaires, et ce par le biais d’un document précis commandé à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) régionale, ici celle d’Orléans.

Voir les détails sur le site de Reporterre

L'école est située à un peu plus de 2 km de la centrale

L’école est située à un peu plus de 2 km de la centrale
Cliché reporterre


Derrière le groupe scolaire, à droite, les tours de refroidissement SLB1 et SLB2
à gauche, les structures carrées cachées derrière les arbres sont les carcasses de SLA1 et SLA2, en cours de « démantèlement » depuis 20 ans ; elles contiennent chacune 2500 t de graphite irradié.


IPPNW, International Physicians for the Prevention of Nuclear War, Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire
International : http://www.ippnw.org/
Europe : http://www.ippnw.eu/
France : http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 17 Mai 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
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Mai 13

Amiante, nucléaire, pesticides, perturbateurs endocriniens – Pourquoi sommes-nous si mal protégés ?

La science n’est pas neutre. Depuis 50 ans, elle participe même activement au développement incontrôlé des risques industriels : amiante, nucléaire, pesticides ou perturbateurs endocriniens.

C’est ce que révèle le livre «La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs.», écrit par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des questions de santé au travail.
« En 1984, un ouvrier avait quatre fois plus de risques de mourir d’un cancer qu’un cadre supérieur.
En 2008, ce risque est dix fois plus élevé », explique-t-elle.

Je reprends ici des extraits de l’entretien que Annie Thébaud-Mony a donné sur le site bastamag.net à Nolwenn Weiler. On y voit que le nucléaire n’est pas un domaine isolé dans le domaine de la protection des travailleurs et de la population contre les toxiques manipulés par l’industrie.
Je vous incite vivement à lire l’entretien en entier [cliquer ici]

Extraits de l’entretien:

Question: Ce poids des industriels a permis la définition d’une dose seuil pour les toxiques, en deçà de laquelle une substance serait sans danger. Vous affirmez que cette « dose seuil » est une idéologie… Pourquoi ?

Annie Thébaud-Mony: Après la seconde guerre mondiale, et notamment à partir des années 1970, les industriels américains font face à des publications de chercheurs qui sont très claires, et très documentées, sur la toxicité de substances comme l’amiante, le plomb, ou la radioactivité. Ils sont obligés de reconnaître qu’il y a un risque. Ils se disent alors que le moindre mal, c’est de définir une dose en dessous de laquelle il ne se passe rien. Pourtant, dès le début des années 1960, les connaissances acquises dans le domaine de la biologie, de la biochimie et même de la physique ouvraient à la connaissance et à la compréhension des mécanismes de cancérogénèse, mettant en question la référence à un quelconque seuil de danger.
Rachel Carson, biologiste américaine, qui mena pendant 10 ans une observation rigoureuse de ce que produit dans la nature le recours massif aux insecticides et herbicides, conclut que la seule dose inoffensive, est la dose 0.

C’est vrai aussi pour la radioactivité, écrivez-vous…

Annie Thébaud-Mony: Il est hallucinant que les industriels aient réussi à imposer ce postulat concernant la radioactivité. Les dangers des faibles doses sont en effet bien documentés, et depuis longtemps. Dès les années 1950, Alice Stewart, médecin anglaise, mène une enquête très rigoureuse pour expliquer la croissance des cancers chez les enfants de moins de 5 ans en Grande-Bretagne. Elle s’intéresse notamment aux expositions qu’ils auraient pu subir in utero, en demandant à leur mère si elles ont subi une radiographie au cours de leur grossesse. Les résultats sont sans appel : l’exposition aux rayons X in utero lors d’un seul cliché radio (soit une fraction infinitésimale de la dose alors considérée sans danger) provoque des cancers d’enfants. Elle fait voler en éclat le postulat qu’existe une dose seuil en dessous de laquelle les radiations seraient sans danger.
….

Au lieu de se baser sur la toxicité intrinsèque des fibres, des molécules ou des radiations, on assiste à l’instrumentalisation de l’épidémiologie. Cette discipline, fondée sur une approche statistique des phénomènes de morbidité et de mortalité (notamment par cancer) a acquis une position dominante dans le champ de la santé publique. On compte par exemple le nombre de décès par cancers survenus dans l’année pour 100 000 habitants. Mais les morts ne parlent pas… et les registres qui servent de base de travail aux épidémiologistes non plus, puisqu’ils ne contiennent aucune information sur les risques professionnels et environnementaux subis par les patients atteints de cancer. Difficile donc de savoir à quels polluants les personnes décédées ont pu être exposées.

Une grande part des études épidémiologiques sont faites hors contexte, les chercheurs n’ayant pas de lien avec la réalité du terrain. Il n’y a pas de contacts avec les patients de leur vivant, et encore moins avec les familles des personnes décédées ou les médecins locaux. Le choix politique d’une approche dominante, voire exclusive, des problèmes de santé par la modélisation mathématique a empêché la production de connaissances ancrées dans la réalité.

Question: L’épidémiologie permet-elle de rendre compte de ce qui se passe à faibles doses ?

Non. Bien peu d’études sont engagées sur ce terrain et leurs résultats sont alors, statistiquement, peu ou pas significatifs. Cette absence de confirmation du lien entre l’exposition à un cancérogène, à faible dose, et la survenue de cas de cancer signifie non pas qu’il n’y a pas de lien, mais que la méthode est inappropriée pour le prouver. Surtout lorsqu’il s’agit d’un cancérogène avéré.

L’épidémiologie, dans ses courants dominants, se contente de compter les morts et de répéter sans fin que le nombre de cancers augmente. Les chercheurs font abstraction des contextes, et surtout des gens. Leurs études s’inscrivent dans le paradigme du doute et les conduit à une démarche répétitive, consistant à vouloir constamment « re-prouver » que des toxiques connus, comme l’amiante ou d’autres, sont effectivement responsables de la survenue de cas de cancer dans toutes les situations. Cela empêche toute action de prévention.

Rappelons que la radioactivité fait partie des cancérogènes avérés. Et que l’un des moyens de prévention, c’est de savoir quel type d’activité est le plus « exposant ». Les exploitants du nucléaire, qui avaient des fichiers informatiques très précis sur les dosimétries et les travailleurs, n’ont jamais eu aucun fichier digne de ce nom en terme de suivi sanitaire. Les médecins du travail ont beaucoup de mal à avoir des données. Les travailleurs qui subissent des contaminations sont sanctionnés par leurs employeurs. En fait, on ne veut pas faire de prévention. On veut faire disparaître ceux qui ont été contaminés.

Sur le site de l’Institut du cancer, il n’y a aucune donnée sur les cancers professionnels et/ou environnementaux. Dans son rapport d’activité annuelle, l’institut ne parle que du tabac, de l’alcool et des comportements individuels.
Les publications scientifiques sur les expositions professionnelles chutent, de même que celles qui s’intéressent aux expositions cumulées, alors qu’elles sont la cause d’un nombre écrasant de cancers. Le travail n’est pas du tout pris au sérieux comme cause des cancers.
Le rapport des Académies des sciences et de médecine de 2007 se sert de l’absence de données pour dire que le travail joue un rôle très limité dans la survenue des cancers. Alors même que le ministère du Travail publie une enquête qui donne régulièrement les expositions de millions de salariés à des cancérogènes, et ce sans aucune protection !


A lire : La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs.
Annie Thébaud-Mony. Éditions de la Découverte, 21 euros.
Lire l’entretien en entier

Le 13 Mai 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
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Mai 11

750 grammes de Césium sur le Japon

Une intervention du Pr Hiroaki KOIDE au club des correspondants étrangers au Japon

Le 25 Avril 2015 à Tokyo

Cette intervention a été faite en japonais avec traduction vers l’anglais.
« Fukushima is still news » nous en a fourni un résumé en anglais, dont j’ai tiré les élements qui suivent.
L’article du site Fukushima is still news
La video de la conférence du Pr Koide en japonais+anglais

Le Pr Koide est l’un des rares experts nucléaires qui ait quitté le « village nucléaire » japonais. Il est connu pour ses critiques de l’establishement nucléaire et de la façon dont a été gérée la catastrophe de Fukushima Dai ichi.
Il a été professeur assistant au « Kyoto University Research Reactor Institute»

Pendant son intervention du 25 Avril 2015, il a d’abord passé en revue l’histoire de la catastrophe de Fukushima pour les journalistes qui n’en seraient pas familliers. Il a souligné à quel point le public a été trompé sur la gravité de la catastrophe.

Le niveau des rayonnements à l’intérieur des réacteurs accidentés est si élevé qu’il n’y a aucun moyen encore connu (et il n’y en aura vraisemblablement aucun à l’avenir) pour que l’homme ou une machine puisse déplacer les déchets nucléaires vers un endroit plus sûr.

Il n’y a aucun moyen d’arrêter la fuite de radioéléments dans l’océan; et il y a une limite quant à la quantité d’eau radioactive qu’on est capable de stocker.

Il pense que vraisemblablement les autorités japonaises vont reconnaître leur défaite et juste ensevelir l’ensemble du site.

Le seul événement qui lui ait apporté quelque soulagement est que le combustible usé de l’Unité 4 ait été enlevé et mis dans un endroit « moins dangereux ». Tant que ce n’était pas fait il y avait un risque permanent qu’un tremblement de terre fasse s’écrouler le bâtiment contenant le combustible usé; cela aurait provoqué un incendie de déchets radioactifs qui aurait forcé la population de Tokyo à évacuer.

Une information intéressante que le Pr Koide a fournie était la quantité de Césium 137 qui a été libérée (selon les informations fournies par Tepco) au cours les effondrements des coeurs des réacteurs et les incendies des piscines de combustible usé.
Le Césium est l’Isotope radioactif le plus préoccupant même s’il y en a beaucoup d’autres qui causent souci. Il a limité sa discussssion au Césium 137 parce que c’est un isotope abondant et de longue durée (demi-vie de 30 ans) qui a un impact important sur les processus bio chimiques.
Les chiffres publiés concernant la catastrophe sont si astronomiques qu’ils sont dénués de sens pour la plupart des gens; il est difficile de comprendre la signification de Peta et Tera Becquerels.

Il a indiqué que la masse totale de Césium 137 relâchée par la catastrophe n’est que de 4,7 Kgs; dont 0,75 kg sont retombés sur le Japon. Le reste a dérivé vers l’est au dessus de l’Océan ou y est tombé directement.

Le Pr Koide a fourni ces chiffres pour montrer qu’il est extrèmement difficile pour les humains de concevoir le danger des matières radioactives en fonction de leur taille et de leur poids.

Depuis la catastrophe, les communautés du nord du Japon ont frénétiquement tenté de «décontaminer» en grattant la terre végétale et en la stockant dans sacs en plastique qu’on a entassé dans des sites de stockages « temporaires ». Certains de ces sites s’étirent sur des centaines de mètres et sont maintenant le symbole de la catastrophe. La terre de ces sacs était pleine de graines; des mauvaises herbes et des graminées poussent maintenant que les sacs plastiques se décomposent, réalisant des plantations radioactives.

Toute cette saleté a été déplacée dans une tentative désespérée de recueillir les 750 grammes d’une fine brume de particules radioactives dispersée sur des milliers de Kilomètres carrés.

Le Pr Koide a souligné que si une personne détenait une quantité de Césium suffisante pour être tangible, cette personne ne resterait pas bien longtemps en vie.


Notes

L’intervention du Pr KOIDE porte sur bien d’autres sujets. J’ai sélectionné cette indication sur le Césium car elle montre combien d’infimes quantités de Césium sont dangereuses du fait de leur intense radioactivité.

1 gramme de Césium 137 a une activité de 3,2 Téra becquerels
1 Becquerel , c’est une désintégration chaque seconde avec , pour le Césium, émission de rayonnement Bêta et Gamma.
Téra signifie 10 Puissance 12 : 12 zéros (je suis incapable d’imaginer une telle quantité…)
3,2 téra Becquerels = 3,2 X 10 puissance 12 Becquerels
ou encore= 3 200 000 000 000 désintégrations chaque seconde

– On divise par mille: 1mg de Césium produit donc 3,2 x 10 puissance 9 désintégrations par seconde (on voit un peu mieux: mille millions)
– On divise encore par mille: 1 millième de mg de Césium produit donc 3,2 millions de désintégrations chaque seconde (je commence à réaliser, mais 1 millième de milligramme ce ne doit pas être gros !!!!)

Cela nous indique qu’une minuscule particule de cette «fine brume» de Césium dont parle le Pr Koide, fixée dans le muscle cardiaque par exemple bombarde les cellules qui l’entourent de façon intense.(contamination interne)
D’autre part, le Césium dispersé dans l’environnement émet des rayons gamma d’une grande portée (on fait des relevés du haut d’un hélicoptère)et bombardent à distance tout être vivant présent.(irradiation externe)

Combien de temps ce Césium est-il dangereux ?
Sa demi-vie est de 30 ans. Cela signifie que tous les 30 ans il perd la moitié de son activité: dans 30 ans il ne restera que la moitié de son activité.
30 ans plus tard il restera 1/4 de son activité et ainsi de suite
Au bout de 10 demi-vies, 300 ans, il ne restera que 1/1000 de son activité de départ (si la quantité de césium est importante au départ, cela peut être encore notable)

Le Césium est un métal liquide à température ambiante. Lors d’un accident nucléaire, il est vaporisé en minuscules particules (la fine Brume du Pr Koide) que le vent transporte au loin.

Le Césium est produit à raison d’environ 20 kgs par an dans le combustible usé d’un réacteur REP à eau pressurisée conventionnel.

Je rappelle qu’un réacteur « civil » produit également le Plutonium utilisé dans les bombes atomiques. Ainsi, en France, l’ensemble des réacteurs nucléaires produit chaque année environ 11 tonnes de plutonium ( Rapport Bataille [archive] 1997/1998 au Sénat.- http://www.senat.fr/rap/o97-179/o97-1793.html). Environ 6 kgs de Plutonium suffisent à fabriquer une bombe nucléaire.

Pas lourd et dilué ne veut pas dire pas dangereux

Le 11 Mai 2015

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.