Nov 20

La critique du rapport 2013 de l’UNSCEAR sur les conséquences de Fukushima en français

Je vous présente ici quelques extraits de cette critique par le Dr Keith BAVERSTOCK
que je vous invite à lire en entier (traduite en français).
Cliquer ici pour le lire ou le télécharger en entier(284 Ko)

Original de la critique en anglais: www.iwanami.co.jp/kagaku/Kagaku_201410_Baverstock.pdf
Le Rapport UNSCEAR ici critiqué est visible en anglais sur: http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf


Rapport UNSCEAR 2013 sur Fukushima: une évaluation critique

Keith Baverstock, Department of Environmental Science, University of Eastern Finland, Kuopio Campus, Finland
KAGAKU Oct. 2014 Vol.84 No.10
Traducteur : ME HANNE

Introduction

Depuis sa création le 3 Décembre 1955, le mandat du Comité scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques (UNSCEAR) a été de rendre compte aux États Membres de l’ONU et à l’Assemblée générale des Nations Unies, des niveaux, effets et dangers des radiations dans l’environnement…

Que peut-on attendre de ce rapport ?

Le lecteur doit s’attendre à des estimations fiables des doses engagées moyennes pour toutes les populations potentiellement exposées, sous-divisées de façon appropriée, à partir de la date à laquelle l’accident s’est produit, ainsi qu’à des estimations des incertitudes et des écarts applicables aux valeurs moyennes…
Je soutiens ici que ce rapport 2013 n’a pas atteint les objectifs ci-dessus.
En outre, je soutiens que, compte tenu des circonstances actuelles, il est impossible d’être en accord ou de contester certaines des estimations de niveaux (de dose) formulées dans le rapport parce que l’information qui devrait être disponible grace à l’AIEA – qui dirige le programme d’intervention d’urgence international – pour faire les estimations nécessaires n’a généralement pas été rendue accessible.
En outre, la plupart des déclarations des autorités supposées (par exemple, les autorités japonaises et l’AIEA) à l’époque et peu de temps après l’accident, se sont révélées être manifestement peu fiables et il n’est donc pas possible d’avoir la certitude que l’UNSCEAR a eu accès à des données fiables, voire de savoir si des données fiables existent…

L’échec du système d’intervention international d’urgence

…Pendant plusieurs jours après l’accident, les médias ont constamment transmis des rapports selon lesquels il n’y avait eu aucun dommage aux réacteurs et donc aucun rejet et ces rapports n’ont pas été corrigés à l’époque par l’AIEA…

Le manque de fiabilité des estimations de dose à la population proposées
par le rapport

…La question est alors comment, hors du bourbier de l’orchestration d’informations fausses, pouvoir reconstruire les doses de manière fiable, quelle que soit la qualité des modèles utilisés? Je ne crois pas que ce soit possible et je dois donc supposer que les estimations de dose de l’UNSCEAR (et d’ailleurs de l’OMS), sont très peu fiables et même fictives

…L’utilisation de moyennes dans le cas de distributions très asymétriques est une stratégie bien connue et potentiellement trompeuse de communication entraînant ce que l’on appelle « l’effet du ballon d’hélium », où un grand nombre de personnes légèrement exposées font baisser nettement la moyenne pour l’ensemble de la population.

La provenance professionnelle du rapport

Ceci m’amène à ma critique la plus sérieuse du rapport, à savoir que ce N’EST PAS ( souligné par l’auteur ) un rapport scientifique impartial ou même un rapport vraiment scientifique.

    J’y remarque les défauts suivants:

  • 1) le comité n’est pas équilibré eu égard aux sympathies pro- et anti-nucléaires de ses membres;
  • 2) la composition du comité n’est pas clairement basée sur l’expertise ou le mérite;
  • 3) le concept de « aucune augmentation perceptible [du risque] » n’est pas un concept de santé publique valide;
  • 4) alors que la dose collective a été estimée, elle n’a pas été utilisée pour évaluer le préjudice pour la santé et aucun argument logique n’est apporté pour expliquer cette omission;
  • 5) le rapport est « évasif » sur la question d’un seuil de dose en dessous duquel le risque est nul.

Résumé et conclusions

… Il y a eu des manquements graves avant l’accident en termes de culture de sécurité au sein de TEPCO, puis dès le début de la réponse nationale et internationale à l’urgence et enfin, à mon avis, de l’UNSCEAR pour donner une évaluation scientifiquement crédible de l’impact de l’accident sur la santé publique.
Cela n’aurait pas dû être sorcier étant donné qu’environ 25 années se sont écoulées depuis l’accident de Tchernobyl et l’engagement pendant cette période dans les capacités de préparation à un tel accident…

…mon expérience de travail dans le passé avec certains des contributeurs de ce rapport, le Modus Operandi de certaines agences des Nations Unies, les tentatives claires d’induire en erreur dans les premiers jours de l’accident et les manquements à une approche véritablement scientifique indiqués ci-dessus, ne me laissent aucun doute que le rapport n’est pas une évaluation fiable des risques préparée avec la rigueur scientifique nécessaire…

…Ce sont principalement les nations qui utilisent l’énergie nucléaire qui fournissent l’expertise pour l’UNSCEAR: le braconnier et le garde-chasse sont les mêmes. Cet [arrangement] incestueux, doit-on en conclure, est au moins en partie responsable de l’échec du rapport à être considéré comme un document scientifique, un échec qui ne pourra pas être assez souligné: l’UNSCEAR ne peut pas maintenir de manière crédible sa déconnexion des questions de santé et de politiques publiques liées à l’énergie nucléaire, en ne faisant rien de plus que de produire de la propagande pour une industrie qui s’est arrangée pour avoir un accident qui a et continue d’avoir sans qu’on en voie la fin, un effet négatif sur l’environnement et la santé publique au Japon et au-delà.

L’Organisation des Nations Unies devrait:

  • a) demander une évaluation vraiment indépendante et complète de la santé publique et des implications environnementales de l’accident de Fukushima, déployant un plus large éventail de compétences et
  • b) reconsidérer la nécessité de l’UNSCEAR à l’avenir.

Keith Baverstock Août 2014

Cliquer ici pour lire traduction en français de la communication du Dr Baverstock en entier(284 Ko)


Qui est Keith Baverstock ?

Le Dr Keith Baverstock enseigne actuellement à la Faculté des Sciences naturelles et de l’environnement de l’Université de Kuopio (Finlande). Ses cours et ses recherches portent sur les effets des rayonnements ionisants. Il est diplômé de l’Université de Londres.
Il a dirigé, de 1991 à 2003, le Programme de radioprotection du Bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé à Bonn, comme Conseiller régional pour les radiations et la santé publique. Ce programme de l’OMS a permis d’attirer l’attention du reste du monde sur l’accroissement du nombre de cancers de la thyroïde au Belarus, attribué maintenant à l’accident de Tchernobyl.
En 2001 il a participé à une mission de l’ONU chargée d’analyser la situation dans les régions du Belarus, de l’Ukraine et de la Russie touchées par l’accident de Tchernobyl. En 2002 le rapport de mission « Conséquences de l’accident de Tchernobyl sur les êtres humains : une stratégie de rétablissement » a été publié par l’ONU.
De novembre 2002 à avril 2005 il a travaillé au sein du Comité du Royaume Uni pour la gestion des déchets radioactifs (CoRWM).
Il est maintenant associé au projet ARCH, financé par la Commission européenne, dont le but est d’établir une stratégie de recherche sur les effets de l’accident de Tchernobyl.
Il recherche en ce moment les aspects dynamiques du processus par lequel les rayonnements ionisants et les autres agents environnementaux sont la cause de l’instabilité génomique et des cancers, ainsi que les effets des faibles doses d’irradiation sur la santé et ses aspects psychologiques.

Il sera présent au
Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants
Genève – le samedi 29 Novembre 2014.
Son intervention portera sur:
Rôle et conséquences potentielles de l’instabilité génomique induite
par des facteurs de stress environnementaux
.
Voir le programme complet du Forum


Qu’est-ce que l’UNSCEAR ?

Le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a été créé en 1955 par la résolution 913(X) de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) en réponse aux nombreuses préoccupations relatives aux effets des rayonnements ionisants sur la santé et l’environnement.

Le Comité a pour mission d’évaluer les niveaux et les effets des rayonnements ionisants naturels et artificiels sur l’homme et sur son milieu et de faire rapport sur ce sujet.

Les gouvernements se servent de ses expertises pour élaborer les normes de sécurité nucléaire.

Les travaux de l’UNSCEAR servent également de base à la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) dans l’élaboration de ses recommandations sur la protection des travailleurs, de la population et des patients contre les rayonnements ionisants.

Qu’est-ce que l’AIEA ?

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) — (en) International Atomic Energy Agency (IAEA) — est une organisation internationale, sous l’égide de l’ONU. Fondée en 1957 et basée à Vienne (Autriche), elle cherche à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et à limiter le développement de ses applications militaires.
Le budget de l’année 2014 est de plus de 344 millions d’euros (Wikipedia).


le 20 novembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
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et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 18

40 ONG ont demandé à l’ONU la révision du rapport de l’ UNSCEAR sur les conséquences de Fukushima pour la santé.

L’organisation “Human Rights Now” et 40 organisations de la société civile issues du Japon, des USA, de Tunisie, d’Azerbaïdjan, des Pays-Bas, d’Allemagne, de France et d’Irlande ont publié une déclaration demandant que l’UNSCEAR et la Quatrième Commission de l’Assemblée Générale de l’ONU révisent le rapport de l’UNSCEAR et ses conclusions du point de vue de la perspective des droits de l’homme.

La version originale de la demande, en anglais, est disponible ici Letter to UNSCEAR2014
Cette lettre a été publiée sur le Web le 29/10/2014

La traduction intégrale en français du texte est visible sur le Fukushima blog
Traduction : Phil Ansois – Révision : Pierre Fetet

Quelques extraits de cette lettre:

Le 24 octobre 2014

À l’attention des Membres de la Quatrième Commission de la 69ème Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, des Membres de l’ UNSCEAR, et des Membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies :

Les médecins de 19 sections nationales affiliées à l’IPPNW (L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire ), dont « Physicians for Social Responsibility » (USA) et IPPNW Allemagne ont écrit, diffusé, et publié une « Critique du rapport de l’UNSCEAR » qui met en question les présomptions et les données utilisées par l’UNSCEAR, et les interprétations et les conclusions qui en découlent.
Nous apprécions les efforts significatifs produits par les membres du comité de l’UNSCEAR pour évaluer les données vastes et complexes concernant la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Cependant, leur conclusion comme quoi il n’y a « pas d’effet discernable », maintenant ou dans le futur, est un défi au sens commun et sape la crédibilité de l’UNSCEAR.

La « Critique » fait remarquer que sur base du rapport de l’UNSCEAR lui-même, nous pouvons nous attendre à l’apparition, au Japon, d’à peu près 1000 cas de cancer de la thyroïde supplémentaires, et aussi de 4300 à 16800 autres cas de cancer supplémentaires, à cause des retombées radioactives de Fukushima. Nous croyons qu’il s’agit là d’effets très discernables pour les individus, les familles et les communautés affectées par ces cancers, ainsi que pour tous ces individus qui vont être affectés par les autres formes de maladies induites par la radioactivité. …

En outre, la conclusion de l’UNSCEAR, affirmant qu’il n’y a “aucun effet discernable” est en train d’induire en erreur le gouvernement Japonais, en le poussant à ne pas mettre en œuvre les contremesures permettant d’éviter la surexposition des individus, et à ne pas lancer une surveillance complète des effets sur la santé.

De ce fait, cette conclusion cause de sérieuses violations des droits humains. … la plupart des effets de Fukushima sur la santé vont prendre des dizaines d’années, voire des générations pour s’exprimer.

En conséquence, le rapport actuel de l’UNSCEAR devrait être considéré comme un préliminaire ou comme une estimation initiale des effets de Fukushima sur la santé. … …

2) Nous demandons aussi que la Quatrième Commission demande instamment à l’Assemblée Générale de passer une nouvelle résolution recadrant le mandat fondateur de l’UNSCEAR de manière à assurer que la mission première de l’UNSCEAR soit de promouvoir et de protéger la santé publique et le droit à la santé des individus les plus vulnérables.


La traduction intégrale du texte est visible sur le Fukushima blog


Qu’est- ce que l’UNSCEAR

United Nations Scientific Commitee on the Effects of Atomic Radiation.
http://www.unscear.org/
L’UNSCEAR a été créé par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1955. Son mandat dans le système des Nations Unies est d’évaluer les niveaux et les effets de l’exposition aux rayonnements ionisants.
Les gouvernements et les organisations à travers le monde s’appuient sur les estimations de l’UNSCEAR pour évaluer le risque des rayonnements et établir des mesures de protection.
d’où l’importance de ses rapports
le rapport de l’UNSCEAR publié le 2 Avril 2014

Ce rapport du 2 Avril 2014 avait déjà été fortement critiqué par des associations de médecins du monde entier:

“Pour nous, médecins, le rapport de l’UNSCEAR sous-estime systématiquement l’impact sanitaire de la catastrophe de Fukushima”

Une analyse critique du rapport de l’UNSCEAR du 2 Avril 2014 a été publiée le 6 Juin 2014 par 19 organisations affiliées à l’IPPNW (International Physicians for the Prevention of Nuclear War)
http://ippnw.org/about-us.html

L’IPPNW est une fédération d’associations de médecins de 62 pays. Elle représente des dizaines de milliers de médecins, étudiants en médecine, autres travailleurs de santé, citoyens qui partagent le but de créer un monde plus paisible et plus sûr, libre de la menace de l’annihilation nucléaire.
L’IPPNW a été lauréat en 1985 du Prix Nobel de la paix pour avoir rendu  » un service considérable à l’humanité de par la diffusion d’informations fiables, et pour avoir créé une prise de conscience des conséquences catastrophiques d’une guerre atomique ».

IPPNW en France: «Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire» (AMFPGN)

Un résumé en anglais de l’analyse des médecins de l’IPPNW
à lire ici en anglais
En français


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Nov 12

Des victimes de la maladie de Minamata protestent contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Satsumasendai.

«S’ils négligent le danger des centrales nucléaires, c’est qu’ils n’ont pas tiré les leçons de la maladie de Minamata»

a déclaré Koïchiro Matsunaga qui préside l’association «Stop au redémarrage de la centrale nucléaire».
Cette association a été crée en Septembre dernier par Huit personnes dont 3 patients atteints par la maladie de Minamata.
Minamata est situé à 45 km au nord de la centrale nucléaire de Satsumasendai

Résumé d’un article en anglais du Journal Asahi Shimbun daté du 09 Novembre 2014

Koichiro Matsunaga victime de la maladie de Minamata, second à partir de la droite et des membres de son association.

Koichiro Matsunaga victime de la maladie de Minamata, second à partir de la droite et des membres de son association.
Cliché Asahi Shimbun – Yasushi Saito

Matsunaga voit des similitudes entre le redémarrage de la centrale de Sendaï et la maladie de Minamata: « La priorité été accordée aux bénéfices des sociétés industrielles et non pas à la vie humaine

Matsunaga, 51 ans a visité la commune de Iitate dans la préfecture de Fukushima en février 2013. C’est une commune de montagne située à 40 Km de Fukushima; elle restait évacuée à cause du fort niveau de radiations qui persiste. «Rien ne garantit que Minamata pourrait échapper au même sort».

Il a cité deux problèmes concernant le redémarrage de la centrale nucléaire de Sendai: Des plans d’évacuation inadéquats en cas de catastrophe et le manque de confiance envers le gouvernement.
Matsunaga a noté que le gouvernement a affirmé qu’il prendrait la responsabilité de la reprise de l’activité de la centrale nucléaire. « Mais il n’a pas assumé la responsabilité de la maladie de Minamata».

L’association de Matsunaga a demandé au conseil municipal de Minamata d’adopter une délibération écrite s’opposant au redémarrage des réacteurs nucléaires; celui-ci a rejeté la demande. Mais le maire de Minamata, Hiroshi Nishida a lui aussi exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences d’un accident nucléaire éventuel.

Kenji Magamoto, un homme de 55 ans atteint de la maladie de Minamata a déclaré: « je suis déçu que nous n’ayons pas été compris… les priorités économiques passent toujours en premier

La ville de Minamata prévoit de recueillir 6.645 évacués de la commune de Izumi, préfecture de Kagoshima, en cas d’un accident nucléaire grave.

Une autre association de Minamata a exprimé ses inquiétudes concernant les procédures d’évacuation. Takafuni Nagano, président de ce groupe: « Si un accident grave se produit, Minamata devra également être évacué
Il a également exprimé sa méfiance envers le gouvernement central et le ministre de l’industrie:

« En fait, ils semblent surtout se hâter de lancer le redémarrage de la centrale nucléaire.»

Note:

La maladie de Minamata est une intoxication chronique provoquée par le mercure déversé dans la baie de Minamata par l’entreprise CHISSO. Les poissons de la baie étaient contaminés par le mercure; les japonais sont de gros consommateurs de poisson.

La première description de la maladie remonte à 1949. Elle a été officiellement reconnue en 1956. On a compté de 900 à 1800 décès (selon les publications)entre 1949 et 1965; 2.200 malades ont été officiellement reconnus mais l’entreprise a indemnisé près de 10.000 personnes.

Le mercure intoxique le système nerveux dont le cervelet.
Les principaux symptômes sont – un rétrécissement du champ visuel, des troubles de la coordination des mouvements (ataxie par lésion du cervelet), des tremblements, des troubles de la sensibilité, des troubles de la parole, de l’audition, de la marche, des troubles mentaux légers. La maladie peut provoquer la mort ou laisser des séquelles nerveuses considérables à vie.

Des mères ne présentant aucun symptôme ont donné naissance à des enfants gravement atteints (malformations congénitales plus ou moins lourdes, handicaps divers ou multiples, enfants mort-nés…).
On a constaté sur le long terme, une augmentation sensible du nombre de leucémies

Le Mercure avait également intoxiqué les chats du port qui devenaient fous; ils se jetaient à l’eau et se noyaient.

Le problème de l’intoxication au mercure se pose actuellement en Guyane pour les populations qui vivent le long des fleuves à cause de l’orpaillage.

Plus de détails ici:
– Yugi SATO, « MINAMATA MALADIE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2014. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maladie-de-minamata/
– Et sur Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Minamata

le 12 Novembre 2014

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Nov 08

La commune de Satsumasendai et la préfecture de Kagoshima donnent leur accord pour redémarrer la centrale nucléaire de Sendai

Les communes avoisinantes se plaignent de n’avoir pas été consultées: il y a encore beaucoup d’inquiétudes notamment au sujet des évacuations en cas d’accident.

Un éditorial du Japan Times du 2 Novembre 2014 critique ce redémarage à la hâte. En voici un résumé:

La commune de Satsumasendai a donné son accord pour la remise en fonctionnement des 2 réacteurs nucléaires situés sur son territoire.
Ces réacteurs , chacun de 890.000 kW satisfont aux nouvelles normes de sécurité de la National Regulation Autority (NRA).

La réglementation ne spécifie pas que les communes entourant la centrale doivent donner leur accord; seul celui de la commune hôte est nécessaire.

Autour de Satsumasendai, 8 communes se situent dans les 30 km autour de la centrale. Ces communes sont légalement tenues d’élaborer un plan d’évacuation pour le cas d’un accident grave.

Les lacunes des plans d’évacuation préoccupent les habitants de ces communes.

L’autorité de sécurité nucléaire n’examine que la centrale: si elle peut résister à un tremblement de terre et un Tsunami majeur, si elle est suffisamment préparée à un accident, si elle est équipée de générateurs de secours et de systèmes de refroidissement permettant d’assurer la poursuite du refroidissement en cas d’accident.
Mais il n’est pas de sa compétence de déterminer si les plans d’évacuation élaborés par les communes sont valables.
Le gouvernement central, lui, ne semble pas vouloir s’impliquer pleinement dans la validation des plans d’évacuation locaux.

Les deux questions les plus importantes sont de savoir s’il y aurait suffisamment de moyens de transport et si les routes seraient praticables après un tremblement de terre ou un Tsunami. Tous les habitants n’ont pas de voiture et il n’est pas certain que les hôpitaux puissent trouver suffisamment d’autocars pour transporter les patients hospitalisés en sécurité.

Il est fort possible que les routes utilisées pour l’évacuation soient bloquées par les encombrements, immobilisant les gens sur place.
Et si elles sont détruites par un tremblement de terre ou un Tsunami il faut déterminer des itinéraires de dégagement.
Il n’est pas certain que les communes concernées et la préfecture aient là dessus des idées claires.

Les établissement publics désignés pour l’accueil des réfugiés doivent avoir prévu du matériel et du personnel.
Les lieux et installations destinés à vérifier si les vêtements des évacués ont été contaminés par des substances radioactives ne sont pas encore désignés.

Des comprimés d’Iode doivent être distribuées à l’avance à ceux qui habitent à moins de 5 km.[Note:C’est 10 km en France, 20 en Belgique et 50 en Suisse] A l’heure actuelle moins de 70% d’entre eux ont reçu les comprimés.
Rien n’est encore prévu pour les visiteurs qui se trouvent dans la région le jour de l’accident ni comment faire pour les nouveaux habitants.

Toutes ces incertitudes au sujet de l’organisation d’une évacuation d’urgence montrent que le gouvernement national devrait se donner les moyens de vérifier les plans d’évacuation et de suspendre le redémarrage d’une centrale si nécessaire, comme le fait l’autorité de contrôle des USA.

De plus certains experts critiquent la NRA, affirmant qu’elle ne prend pas en compte tous les types de séismes qui pourraient frapper la centrale.

L’éditorialiste du Japan Times conclut:
Tant que toutes ces préoccupations ne sont pas prises en charge, le redémarrage de la centrale de Satsumasendai ignore les droits fondamentaux des habitants avoisinants.

Editorial du JAPAN TIMES

L’éditorial complet, en anglais


Notes

La ville de Satsumasendai compte 100.000 habitants. Elle est située à 1.000 Km au sud-ouest de Tokyo, à l’extrème sud du pays. Elle dépend largement des subventions et des emplois fournis par la centrale nucléaire de Sendai.
Un commentaire de l’ACRO éclaire le vote de la commune de Satsumasendai:



Le vote positif de la commune de Satsumasendaï en faveur du redémarrage des réacteurs nucléaires de Sendaï, même s’il n’est pas une surprise, suscite de nombreux commentaires. Le maire, fervent partisan du nucléaire, qui a été réélu en 2012 à une forte majorité, avait fait campagne en annonçant qu’il soutiendrait le redémarrage.
Suite au vote de son conseil municipal, il a même déclaré qu’il estimait que la centrale était sûre à 100%, même si elle devait subir une agression externe similaire à celle de Fukushima daï-ichi. Il est bien le seul à faire ce genre d’affirmations.

La commune reçoit chaque année 1,2 milliards de yens (8,7 millions d’euros) d’un fond de soutien gouvernemental, auxquels il faut ajouter 400 millions de yens (2,9 millions d’euros) de taxe sur les combustibles nucléaires. Kyûshû Electric a versé en tout 27 milliards de yens (200 millions d’euros au cours actuel) à la ville, sur les 30 ans de fonctionnement de la centrale. La contribution à l’économie est estimée à environ 600 millions de yens (4,4 millions d’euros) par an, selon la chambre de commerce.


Le 08 Novembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Nov 04

Forum Scientifique et Citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants

A Genève
Le 29 Novembre 2014 de 8h30 à 18h
Au centre oecuménique
105 route de Ferney

Traduction simultanée anglais/français
Entrée libre
Forum organisé par le collectif
IndependentWHO – Santé et Nucléaire
avec l’appui de la ville de Genève

Inscriptions et renseignements:
Contact@independentwho.org

Plus de Détails sur le site http://independentwho.org/


Le programme

le programme

le 4 Novembre 2014


Nov 02

L’état de santé réel des populations de la préfecture de Fukushima est dissimulé

Les médecins subissent de fortes pressions pour ne jamais incriminer la radioactivité.

Extraits d’une interview de Arnie Gundersen sur Radio Ecoshoc, le 29 octobre 2014.
Enregistrement de l’émission radio sur le site de Fairewinds en anglais.
La transcription anglaise est de ENENEWS.
Traduction par « vivre-apres-fukushima»


Alex SMITH (Radio Ecoshock): ( à 10mn30)Nous n’entendons quasiment rien concernant les effets de la catastrophe de Fukushima sur les habitants de cette région. On entend d’étranges rumeurs à propos de tumeurs étranges, d’enfants qui meurent, d’animaux qui meurent – qu’avez-vous entendu ? Pouvons nous espérer un compte-rendu honnête des autorités japonaises ?

Arnie GUNDERSEN : Voilà un très bon résumé , franchement. Nous continuons de recevoir des informations des gens qui vivent là bas, sur les taux de cancers et les maladies en général, pas seulement les cancers. Nous savons que les radiations sont une cause de cancers mais elles provoquent également bien d’autres affections. Toutes sortes de maladies sont devenues bien plus fréquentes qu’en 2010, avant l’accident
Nous travaillons également avec des médecins japonais; et certains de ces médecins courageux disent qu’ils ont été menacés – que leurs droits de travailler à l’hôpital ont été menacés. Si vous dites à votre patient que sa maladie est causée par les radiations, vous allez perdre votre droit de pratiquer et d’autres choses de ce genre.
Il y a une énorme pression sur la communauté médicale pour qu’il soit dit aux patients que ce qu’ils vivent n’est pas du tout causé par les radiations.

La clef , ce sont les statistiques; et la question est de savoir quand les statistiques sur la mortalité, la morbidité et les maladies en général seront publiées…
Nous ne voyons pas les données.

La communauté médicale doit communiquer tous les rapports qu’elle écrit à l’AIEA, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique, avant de les publier. Donc si vous êtes médecin hospitalier et que vous avez des données sur la mortalité, vous n’êtes pas autorisé à les rendre publiques tant que l’AIEA ne les a pas approuvées.

L’article II de la charte de l’AIEA est de promouvoir l’énergie nucléaire. Donc même si l’hôpital est consciencieux – il y a beaucoup de pressions politiques pour ne pas l’être – il y a une autre étape dans le processus: il faut franchir l’obstacle qu’est l’AIEA avant que ces chiffres soient diffusés. La pression sur le corps médical en cours au Japon est vraiment effrayante. Très peu d’entre-eux sont décidés à dire la vérité…


Des nouvelles des marins de l’US Navy irradiés

Les marins de l’US Navy contaminés et irradiés sur leur porte-avions les jours suivant l’accident nucléaire vont engager un procès contre TEPCO et autres, General Electric, EBASCO, Toshiba et Hitachi, les constructeurs de réacteurs nucléaires de Fukushima.
Voici un extrait du communiqué de presse de leurs avocats après la décision d’un tribunal américain autorisant les victimes à une class action:

Les 200 jeunes marins affirment que TEPCO a délibérément menti au public et à l’US Navy sur les niveaux de radiation émis par la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi lorsque le gouvernement japonais a demandé de l’aide pour les victimes du 11 Mars 2011. La plainte comprend des réclamations pour des maladies telles que la leucémie, les ulcères, le dérèglement de la vésicule biliaire, cancer du cerveau, les tumeurs cérébrales, le cancer des testicules, saignements utérins anormaux, les maladies de la thyroïde, les maux d’estomac et une foule d’autres plaintes inhabituelles chez ces jeunes adultes.
Un marin, âgé de 22 ans, a été diagnostiqué avec une leucémie et perd la vue. Dans sa déclaration à la cour américaine, il déclare: «À mon retour de l’opération Tomodachi, j’ai commencé de perdre la vision. Je suis incapable de lire les panneaux de rue et ne suis plus en mesure de conduire. Avant l’opération Tomodachi, j’avais 20/20 de vision, je ne portais pas de lunettes et je n’ai pas eu la chirurgie corrective de l’œil. De plus, je ne connais pas de membres de la famille ayant eu eu la leucémie»…

Le communiqué de presse en anglais.


Notes

– Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience professionelle en ingénierie nucléaire. Il a une Maîtrise en génie nucléaire, un brevet en sécurité nucléaire. Il a géré et coordonné des travaux dans 70 centrales nucléaires aux USA. Il a créé le site Fairewinds pour informer sur les conséquences de la radioactivité.
Le site de Fairewinds: www.fairewinds.org

– Je confirme que l’université médicale de Fukushima a signé un accord avec l’AIEA stipulant que ses publications doivent être soumises à l’AIEA. Voir également la lettre du Dr Fernex après sa visite à l’université médicale de Fukushima (Août 2012)

– Il est effectivement impossible d’avoir une vue sur l’état de santé des personnes qui vivent en terrain contaminé. On ne dispose que de quelques articles de journalistes assez imprécis, de témoignages sur des blogs.

– Arnie Gundersen affirme avec raison que la statistique est la clef de la connaissance des conséquences de la vie en milieu contaminé. En effet il n’y a pas de signature indiquant que la radioactivité est responsable d’une maladie, cancéreuse ou pas.
La seule solution est de comparer la nature et la fréquence des maladies dans une population donnée, avant et après l’accident nucléaire (ou avec une population semblable vivant dans un lieu non contaminé). Si depuis l’accident le nombre de malades augmente franchement,(ou s’il est plus important en zone contaminée qu’en zone saine) il y a de fortes chances que la radioactivité soit en cause; si aucune autre cause n’est décelable.

– Il y a aussi les constatations qu’ont faites sur le terrain les médecins des régions contaminées par Tchernobyl
Je vous invite à jeter un oeil sur ces deux publications réalisées par les médecins sur le terrain:

26 ans après, la santé des enfants de Tchernobyl est mauvaise et continue de se dégrader
La communication du Dr Galina Bandazhevskaya (Belarus) pédiatre, cardiologue,au forum de Genève du 12 Mai 2012 sur la santé des enfants au Belarus.
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Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Bélarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
-2009- Prof. Yury Bandazhevski – Dr. Galina Bandazhevskaya
La contamination nucléaire chronique ne provoque pas que des cancers. Elle provoque aussi une multitude de pathologies, surtout cardio-vasculaires.
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En ce qui concerne les marins de l’US Navy, c’est très impressionnant et scandaleux: voilà une population d’adultes jeunes, sélectionnés, en bonne santé maintenus en plein panache radioactif pendant plusieurs jours. Et très rapidement on constate dans cette population la survenue en quantité tout à fait anormale de maladies de toutes sortes.
Le procès nous permettra peut-être d’en savoir plus sur les conséquences de cette irradiation-contamination aigüe.

Attention: On ne peut pas extrapoler des marins US, victimes d’une irradiation-contamination aigüe et de faible durée, aux japonais obligés de vivre et se nourrir dans des zones faiblement contaminées mais pendant des années.

le 02 Novembre 2014

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.