Oct 28

La commune de Satsumasendai approuve le redémarrage de sa centrale nucléaire

Le conseil municipal de Satsumasendai, préfecture de Kagoshima, a approuvé mardi le redémarrage de la centrale nucléaire locale.

La ville compte 100.000 habitants. Elle est située à 1.000 Km au sud-ouest de Tokyo, à l’extrème sud du pays, et a longtemps compté sur sa centrale nucléaire pour des subventions et des emplois.
19 des 26 membres du conseil municipal ont voté pour le redémarrage, 4 ont voté contre et trois se sont abstenus.
Satsumasendai sur Google maps

La centrale est gérée par Kyushu Electric Power Co; elle a deux réacteurs; elle a été la première à répondre aux nouvelles exigences de sûreté.

Le maire de Satsumasendai, Hideo Iwakiri a donc donné le feu vert pour que la centrale redémarre au début de l’année 2015.
Lors d’une conférence de presse, tout en annonçant l’accord de la municipalité, le maire a dit que le gouvernement central devrait finalement être tenu pour responsable des accidents qui se produiraient dans l’usine.
Il a également souligné que le Japon devrait faire plus d’efforts pour développer de nouvelles sources d’énergie et réduire la dépendance nucléaire.

D’autres municipalités autour de la centrale affirment que la remise en marche de la centrale sans leur consentement est inacceptable. Elles ne profitent pas de la présence de la centrale, mais elles seront également exposées à des rejets radioactifs dans l’éventualité d’une catastrophe.

Mais le gouverneur de Kagoshima, Yuchiro Ito a négligé ces craintes disant que la seule approbation nécessaire est celle de la commune qui abrite la centrale.

Dans la période qui a précédé le vote de Satsumasendai, des fonctionnaires ont tenu des réunions dans les villes voisines pour expliquer le redémarrage. Certains habitants se sont plaints que ces réunions publiques étaient restrictives et ne répondaient pas aux préoccupations des populations concernant les plans d’évacuation.


Ceci est un petit résumé des articles en anglais de deux journaux japonais:
L’Asahi Shimbun
Le Japantimes

Le 28 Octobre 2014


Mise à jour du 29 octobre

Voici des informations intéressantes que nous fournit l’ACRO

Le vote positif de la commune de Satsumasendaï en faveur du redémarrage des réacteurs nucléaires de Sendaï, même s’il n’est pas une surprise, suscite de nombreux commentaires. Le maire, fervent partisan du nucléaire, qui a été réélu en 2012 à une forte majorité, avait fait campagne en annonçant qu’il soutiendrait le redémarrage. Suite au vote de son conseil municipal, il a même déclaré qu’il estimait que la centrale était sûre à 100%, même si elle devait subir une agression externe similaire à celle de Fukushima daï-ichi. Il est bien le seul à faire ce genre d’affirmations.
La commune reçoit chaque année fond de soutien gouvernemental de 1,2 milliards de yens (8,7 millions d’euros) d’un fond de soutien gouvernemental, auxquels il faut ajouter 400 millions de yens (2,9 millions d’euros) de taxe sur les combustibles nucléaires. Kyûshû Electric a versé en tout 27 milliards de yens (200 millions d’euros au cours actuel) à la ville, sur les 30 ans de fonctionnement de la centrale. La contribution à l’économie est estimée à environ 600 millions de yens (4,4 millions d’euros) par an, selon la chambre de commerce.

Une autre commune, Aïra, située partiellement dans la zone de préparation à l’évacuation de 30 km autour de la centrale a voté, en juillet dernier, contre le redémarrage de la centrale et pour son arrêt définitif. Deux autres communes, Ichikikushikino et Hioki, situées entièrement dans cette zone, ont voté des résolutions demandant à être consultées, comme on l’a déjà signalé. Ichikikushikino ne reçoit que 90 millions de yens (655 000 euros) par an du fond gouvernemental, soit moins d’1% de son budget. Mais le gouverneur a décidé que la commune qui héberge la centrale suffit, en l’absence de règles officielles.
Ce genre de problème n’est pas limité à la centrale de Sendaï. Partout au Japon, les communes qui doivent préparer des plans d’évacuation demandent légitimement à avoir droit au chapitre.


L’information en français sur Fukushima:
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Les Veilleurs de Fukushima
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Oct 26

Les habitants interdisent l’accès à un site destiné à l’entreposage de déchets radioactifs

Un forage exploratoire en vue d’un dépôt de déchets provenant de l’accident nucléaire a été annulé après que des habitants aient bloqué l’accès du site à KAMI, préfeture de Miyagi.

Le ministère de l’environnement avait sélectionné le site pour y installer un dépôt final de déchets tels que de la paille de riz contaminée par la radioactivité provoquée par le désastre de la centrale électrique n°1 de Fukushima.

Le maire de Kami, Hirobumi Inomata, accompagné d’habitants a bloqué la route menant au site dans la matinée du 24 Octobre 2014.
Les habitants se sont rassemblés autour d’un barrage routier à environ 6h du matin.

image de la manifestation

Les habitants de Kami refusent de bouger même après une explication par un fonctionnaire ministère de l’Environnement, à l’extrême droite.
(Shuhei Takei) Cliché Asahi Shimbun

L’équipe du Ministère de l’environnement d’environ 15 personnes est arrivée vers 08h40, avec entr’autres des équipements pour défricher.
Elle a été accueillie par des chants «rentrez chez vous ! », «Nous ne laisserons jamais s’installer ici le site de décharge nucléaire»… et n’a pas pu aller plus loin.

Les habitants de Kami ont insisté sur le fait que ce site, l’un des 3 sélectionnés par le gouvernement, ne répond pas aux exigences d’une installation de stockage; entr’autres points à cause des formations rocheuses fragiles et du risque grave de contamination de l’eau souteraine.

«Notre sécurité n’est pas garantie si un site de décharge final est construit ici, Nous continuerons de protester» a déclaré un habitant de 56 ans. Le président de l’organisation locale contre le site de décharge, âgé de 72 ans, a déclaré: «Le ministère de l’environnement n’a pas idée à quel point nous sommes préoccupés par les dommages économiques que provoqueront les rumeurs concernant cette installation. Je ne les laisserai pas passer même au prix de ma vie.»

Le responsable du ministère de l’environnement a accepté la lettre de protestation qui lui a été remise et a déclaré aux journalistes: « Il nous sera très difficile d’écarter les manifestants et d’entrer sur le site dans ces conditions; nous allons envisager de les repousser par la force.»

Dans le même domaine, le ministre a été aussi contacté par les mairies de Kurihara et Taiwa, qui sont également sélectionnées en vue de dépôts définitifs. Les travaux ont donc été interrompus dans les 3 communes.
Les communes de Kurihara et Taiwa avaient accepté les travaux d’exploration à condition qu’ils se fassent en même temps dans les 3 communes.


D’après les articles en anglais de l’Asahi Shimbun et du Mainichi:
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201410250024
http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20141025p2a00m0na014000c.html


Note:

«Les rumeurs».
Le gouvernement japonais fait campagne contre les «rumeurs néfastes» concernant les produits agricoles des zones contaminées qu’il souhaite voir commercialisés comme si de rien n’était. En fait les produits issus de la région de Fukushima se heurtent à la méfiance des acheteurs et se vendent à bas prix. Il s’agit donc de la réputation des produits des communes concernées qui sont situées à 130km au Nord de la centrale accidentée.
Le gouvernement autorise et favorise la mise en vente de produits contaminés par les Césiums jusqu’à 100Bq/kg.

D’après les vues satellite, Kami est une commune agricole, comme celles de la région de Fukushima. La région produit du riz, des légumes (maraîchage), des fruits (pommes), des produits de la forêt (bois, champignons). Une mauvaise réputation c’est la catastrophe économique.
Voir sur Google Maps

Le 26 octobre 2014

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Oct 23

Les méthodes de la radioprotection internationale à Tchernobyl et maintenant

Exposé d’Yves Lenoir, le 14 octobre 2014, lors du
“International Symposium on Legal-medical Aspects of Nuclear Disaster and Human Rights”
organisé à l’Université Waseda de Tokyo

Extraits de l’exposé publié sur le site des «Enfants de Tchernobyl Belarus»

L’auteur nous montre comment a été géré le sort des populations vivant sous la pollution de Tchernobyl:
– D’une part l’action puis la mise à l’écart du physicien biélorusse Vassily Nesterenko.
– D’autre part le comportement des «experts» officiels de l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation : Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives – Les rapports de cet organisme sont considérés comme des références par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). Ses recommandations servent de base de travail en matière de radioprotection.

Deux approches de la radio-protection dans une situation de crise majeure

Que s’est-il passé le 28 avril 1986, après que le Kremlin s’est trouvé contraint de reconnaître l’accident ? Plus précisément : que s’est-il passé qui a scellé le destin des populations déjà touchées et de celles qui allaient l’être ?
Comparons deux initiatives, parmi d’autres : celle du physicien biélorusse Vassily Nesterenko, responsable du projet PAMIR de construction d’une centrale nucléaire mobile, développé dans le centre atomique de Sosny près de Minsk, et celle du Dr Henri Jammet, en tant que vice-président de la CIPR et autorité historique en matière d’application des recommandations de la Commission.

Commençons par Nesterenko.
Il a appris l’accident le 28 alors qu’il se trouvait au Kremlin pour présenter l’avancement de PAMIR devant la Commission militaro-in­dustrielle du Conseil des ministres de l’URSS. Après quelques échanges télépho­niques contradictoires il prit l’avion de 19h pour Minsk. Son chauffeur l’attendait à l’aéroport avec les équipements de mesure nécessaires.
La vue (à l’écran) résume les relevés de la radioactivité gamma ambiante effectués cette nuit du 28 au 29 avril du­rant un périple aller-retour de Minsk jusqu’aux confins de l’Ukraine à Brahin, à 40 km de la centrale. Son compteur affichait alors 300 µSv/h, soit 3 000 fois le bruit de fond normal. Les mesures lors du retour s’avérèrent bien plus élevées qu’aux mêmes endroits à l’aller.
Rentré à Minsk il fit prendre de nombreuses mesures d’urgence par les services et les personnes sur lesquels il avait de l’influence : distribution d’iode stable, contrôle de la radioactivité de la nourriture, interdiction des baignades, res­triction des sorties etc.
Bref, il a fait respecter les principes élémentaires de la radio-protection, que tout responsable d’une activité atomique connaît. Le premier étant de réagir sans délai pour préserver le plus grand nombre de l’exposition aux radiations.

Le 28 avril, Henri Jammet est l’un des premiers responsables internationaux à contacter le chef de la radio-protection de l’URSS, le Pr Leonid Ilyin, son alter ego à l’UNSCEAR où il représente l’URSS.
Le 6 mai il participe à Copenhague à la première réunion d’experts, présidée par Dan Beninson. Selon un témoignage autorisé : Le groupe d’experts mit en garde contre l’usage de l’eau de pluie et recommanda de veiller à la radioactivité des aliments mais ne proposa pas d’évacuations de la population.

Les experts internationaux réunis avaient été très mesurés dans leurs appréciations et conseils, dix jours après l’accident.”

L’autorité mondiale de la radio-protection n’a donc pas recommandé de dispositions similaires à celles exigées une semaine auparavant par le physicien Nesterenko.

Quelle a été la portée de ses conseils en ces instants cruciaux ?
On peut en juger par deux témoignages concordants, et leur recoupement.

Le premier, rapporté dans la page médecine du journal Le Monde du 4 juin 1986, émane du Dr Henri Jammet soi-même, de retour d’une mission officielle pour « har­moniser » les réactions dans les pays d’Europe touchés par Tchernobyl.
Ses recom­mandations sont claires : “

(…) Les habitants des villages proches de Tchernobyl (un millier de personnes) et qui se trouvaient sous le vent ont subi les effets d’échappées radioactives importantes (…). Ils ont subi un examen clinique complet et devront faire l’objet d’une surveillance médicale, sans que l’on puisse dire, dès à présent, avec certitude que l’irradiation ainsi subie aura des suites pour leur santé.
Il est clair en revanche que les lieux ainsi atteints devront faire l’objet d’une étude atten­tive et de mesures particulières avant que des êtres humains puissent à nouveau les fréquenter ou les habiter sans risque.
(…)
C’est un « principe d’optimisation » qui guidera les décisions des spécialistes russes de ra­dioécologie.
(…)
A plus grande distance (…), un constat de contamination radioactive réelle a pu être fait (…). Ce degré de contamination (…) n’entraîne aucune conséquence clinique et ne requiert donc aucune mesure particulière.

En regard des publications de l’UNSCEAR, où la sensibilité des enfants à l’I131 est soulignée, et de la ICRP 9 de 1965 où il est spécifié que la dose à la thyroïde ne doit pas dépasser 10 à 50 mSv pour les enfants, la désinvolture dont a fait preuve Henri Jammet laisse sans voix.

Retenez bien ces deux locutions :
« Conséquence clinique » et « Principe d’Optimisation ».

Retournons en URSS prendre connaissance des réactions aux interventions de Vassily Nesterenko.
Le 29 avril en fin d’après-midi, il est reçu par Mikhaïl Kovalev, Pt du Comité cen­tral du conseil des ministres biélorusse, seul habilité à décréter l’état d’urgence et l’évacuation de la population. Pendant qu’il expose à ce dernier la situation et les me­sures à prendre, depuis la pièce voisine le ministre de la santé Savshenko téléphone à Leonid Ilyin pour lui soumettre les propositions du physicien. Voici la réponse de l’homme qui a discuté de tout cela la veille avec le Dr Jammet :«Il n’est pas nécessaire de se dépêcher. Il n’y a pas lieu de procéder à une évacuation.»

La pertinence des demandes de Nesterenko sera confirmée peu après par les chiffres terrifiants qu’il transmit le 14 mai 1986 au Comité central du PC biélorusse :
“Le niveau d’énergie des radiations gamma dans les districts de Brahin, Khoïniki, Na­rovlia du 27 Avril au 5 Mai 1986 a vraisemblablement atteint les 50 – 150 Rad. (…) Le niveau de dose absorbée par la glande thyroïde se situe entre 50 et 1500 Rad, ce qui dépasse signific­ativement la dose maximale (…) pour les populations, même en cas d’accident.”

Le 3 mai, suite à une inspection de l’oblast de Gomel, Nesterenko avait demandé d’étendre la zone d’évacuation, de 30 à 100 km. La proposition avait été envoyée au Comité central pour discussion lors de sa séance du 7 mai.
Ce jour-là, le lendemain donc de la réunion internationale présidée par Dan Be­ninson, Vassily Nesterenko est exclu de la réunion du Comité Central.
Le Pt du Conseil des Ministres d’Ukraine, Liashko, quant à lui, fut blâmé en très haut lieu à Moscou pour avoir fait prendre de larges mesures de protection.

Les conseils de la CIPR, relayés par Leonid Ilyin, étaient appliqués à la lettre.

(…)

1988-89, le désastre montre son visage ; une crise d’un type nouveau

Fin 1988, début 1989, la situation sanitaire se détraque. Les enfants vont de plus en plus mal. Le cheptel est dans un sale état. La colère gronde. Le gouvernement so­viétique est contraint de publier les cartes de contamination. Les prévisions d’effets minimes défendues par Beninson et ses pairs dans toutes les conférences et ins­tances de décision ont perdu tout crédit.

Dans les régions parsemées de dépôts en taches de léopard la population exige d’être évacuée. Que faire ? La suite du témoignage rapporté autorisé rapporte comment Ilyin et les leaders de la CIPR ont réglé le problème :

«Trois ans plus tard à Vienne, ils discutaient informellement du surcroît de dose, intégrée sur toute la vie, que l’on pouvait tolérer pour les populations locales. Au-delà du seuil qu’ils allaient fixer, il était entendu qu’il fallait les déplacer. Le chiffre de 350 mSv proposé par L. Ilyin fut accepté et rendu public quelques jours plus tard».
Cette dose représentait cinq fois la limite pour le public recommandée par la CIPR. Dans le contexte d’une URSS travaillée par des mouvements centrifuges ex­ploitant à fond le thème de Tchernobyl, avec une opinion scandalisée par les men­songes qui avaient couvert la mise en danger de centaines de milliers de personnes, le pouvoir se sentait trop faible pour l’imposer. L’autorité est là où se trouve l’expertise, à condition que cette dernière soit perçue comme légitime. Celle des radioprotecteurs soviétiques, en première ligne aux yeux de l’opinion et des media, était anéantie. Evacuer plus aurait été trop coûteux. Il fallait faire accepter cette limite.

À cette fin, l’OMS fut sollicitée pour mandater une mission d’experts de haut ni­veau chargés de persuader le peuple de la justesse de cette décision. L’OMS a peu d’expertise en matière de science des radiations et de radioprotection, mais elle a une image rassurante alors que le sigle CIPR n’évoque rien. La mission comprenait deux membres de la CIPR, le Président Dan Beninson et Pierre Pellerin du Comité 3. Le canadien Peter Waight, obscur “directeur du groupe de radioprotection du secrétariat de l’OMS”, en était le porte-drapeau. Cela se passait en juillet 1989.

Le 15 avril 1990, à Minsk, un physicien, Mikhaïl Guemastiaiev, qui avait interpellé Beninson lors d’une conférence publique à propos des 350 mSv, me raconta qu’ayant contesté cette règle il s’entendit répondre :
“Vous n’avez pas d’argent, donc pas de possibilité d’évacuation, donc pas de problèmes”.
Cette phrase n’a rien d’obscène : elle est conforme à l’esprit et à la lettre du Prin­cipe d’Optimisation, présenté en 1973 dans la Publication ICRP 22 et intégré quatre ans plus tard dans la grande Publication 26 intitulée “Recommandations of the ICRP”. Ce texte fondamental marque l’aboutissement du travail méthodologique mené par le Comité 4 sous la présidence d’Henri Jammet depuis 1962.
Le moment est venu de dire deux mots de la philosophie en matière d’applica­tion des recommandations.

(…)


Je vous invite à lire l’exposé en entier sur le site des «Enfants de Tchernobyl Belarus»


Qui est Vassili Nesterenko ?

Son oeuvre: l’Institut Belrad
Information sur le site des «Enfants de tchernobyl Belarus»

Le Principe d’optimisation

Je vous invite à lire le chapitre qui y est consacré dans l’exposé d’ Yves Lenoir
Très schématiquement: « il ne faut pas que la protection des populations coûte trop cher; si les mesures à prendre sont trop onéreuses, on ne les fait pas« . Au besoin on modifie les normes.

Sans conséquence clinique

Chaque fois qu’il y a une pollution radioactive importante, c’est ce qu’on entend dans les communiqués officiels.
Malheureusement pour les peuples la réalité est autre:

A Fukushima on a déjà constaté l’apparition d’un nombre important de cancers de la Thyroïde chez les jeunes (dont certains semblent graves).

En Corse on a constaté une augmentation des cas de cancer de la Thyroïde des enfants après les retombées de Tchernobyl.

Concernant Tchernobyl: je vous invite à jeter un oeil sur ces deux publications réalisées par les médecins sur le terrain:

26 ans après, la santé des enfants de Tchernobyl est mauvaise et continue de se dégrader
La communication du Dr Galina Bandajevskaya (Belarus) pédiatre, cardiologue,au forum de Genève du 12 Mai 2012 sur la santé des enfants au Belarus.
Lire ou charger l’exposé

Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Bélarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
-2009- Prof. Yury Bandazhevski – Dr. Galina Bandazhevskaya
La contamination nucléaire chronique ne provoque pas que des cancers. Elle provoque aussi une multitude de pathologies, surtout cardio-vasculaires.
Lire ou télécharger

Le 23 Octobre 2014

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Oct 17

Est-il possible d’évacuer correctement les populations en cas d’accident nucléaire ?

Je reproduis ici partiellement un article de l’ACRO du 08 Octobre 2014

ACRO :Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l’Ouest – Laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité – Centre d’information et de documentation – France.

Chaque pays nucléarisé se doit d’avoir un logiciel pour prédire les retombées radioactives en fonction de la météo en cas d’accident grave.
Au Japon, il s’appelle SPEEDI et n’a servi à rien lors de la catastrophe de mars 2011. Les experts ne pouvaient estimer la quantité de radioéléments qui étaient rejetés et donc la quantité qui retombaient. La seule information disponible était où ils retombaient. Mais cela n’a pas été transmis aux personnes concernées et de nombreuses personnes ont évacué vers des zones plus contaminées.

La nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA, a décidé de ne pas utiliser SPEEDI en cas de nouvel accident, car il ne serait pas fiable. On ne sait pas comment elle va faire.

Les autorités locales peinent à établir des plans d’évacuation des populations en cas d’accident nucléaire.
40% des communes n’y seraient pas encore parvenu, selon le gouvernement japonais.
Le trafic engendré va fortement ralentir l’évacuation, exposant les populations dans les véhicules où elles sont peu protégées.
Il n’est pas toujours facile de trouver un abri pour tous les habitants vivant à moins de 30 km des centrales…

Et là où les plans sont terminés, comme autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) ou dans la province de Fukui, il y a encore de nombreuses lacunes. Plusieurs responsables locaux considèrent qu’ils ne sont pas réalistes.

L’exemple japonais prouve qu’il n’est pas possible d’avoir un plan d’évacuation effectif si l’on veut faire les choses sérieusement. Ce qui signifie que les plans européens ne seront pas fiables en cas d’accident.

Texte original sur le site de l’ACRO à la date du 8 Octobre 2014:
http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html


Note

Un exemple simple: la vallée du Rhône qui abrite beaucoup d’installations nucléaires et plusieurs grandes villes.
Accident par temps de mistral: 80 km/h de vent du Nord. Le panache toxique descend la vallée du Rhône.

Pour les administrations c’est: reçevoir l’information, évaluer la gravité, distribuer l’Iode, donner les consignes aux habitants, gérer un flux de voitures, d’autocars, de camions, les ponts sur le Rhône, les voies de chemin de fer…les hôpitaux… les installations industrielles à mettre en sécurité…
Pour un accident de la région de Pierrelatte, en une heure le nuage radioactif sera sur Arles; en 1h30 il sera sur Aix en Provence, Marseille.

– Pour nos lecteurs étrangers: le Mistral est un vent du Nord qui souffle dans la vallée du Rhône 130 jours par an à une vitesse variant de 30 à 120 km/h
– Une centrale accidentée qui a perdu son étanchéité émet des produits radioactifs sous forme de gaz (Iode radioactif)et sous forme de poussières (les Césiums et d’autres); une partie de ces poussières mesure 2 microns; cette taille leur permet de s’infiltrer partout y compris dans nos poumons.

Le 17 octobre 2014

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Oct 13

L’université médicale de Fukushima admet que certaines maladies augmentent dans la région contaminée de Fukushima

Le Dr Ohira, professeur d’épidémiologie, de l’université médicale de Fukushima affirme que diverses maladies sont en augmentation dans l’ancienne zone évacuée de Fukushima.

Une information du Fukushima Diary:

Ceci concerne 13 communes. Au cours d’un symposium qui s’est tenu le 4 octobre 2014, le Pr. Ohira a affirmé que des dysfonctionnements hépatiques, de l’hypertension et d’autres maladies sont en augmentation chez les habitants.
Il anticipe que les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux vont sans doute augmenter à partir de maintenant et a insisté sur l’importance de collecter des données sur l’état de santé des habitants.

Après Tchernobyl, on avait déjà constaté une augmentation du nombre d’infarctus du myocarde à cause des Césiums 134/137 accumulés dans le cœur.
Néanmoins, l’université médicale de Fukushima déclare que l’augmentation de ces maladies est provoquée par le mode de vie des victimes de la catastrophe. C’est exactement ce qu’avait proclamé l’ex-Union Soviétique après Tchernobyl.
Fukushima Diary

Les références du Fukushima Diary en japonais :
http://www.fmu.ac.jp/home/lib/F-igaku/gakujyutu.files/igakukai104.pdf
http://www.fmu.ac.jp/kenkyu/Profiles/62/0006121/profile.html


Notes:

L’université médicale de Fukushima commence à admettre qu’il y a des problèmes de santé dans la région contaminée.
Bien sûr elle maintient que ces problèmes n’ont absolument rien à voir avec la radioactivité. Il s’agirait selon elle d’une phobie des rayons, de problèmes de mode de vie…

Ces troubles cardiaques et d’autres ont été déjà constatés et documentés à Tchernobyl:
Je vous invite à regarder la communication du Pr BANDAJEVSKY en 2009, à Genève (en français)
Vous trouverez d’autres documents à ce sujet au rubriques Téléchargements et Documents/Publications en haut de page

Dans le domaine des conséquences sur la santé de l’accident de Fukushima, il y a aussi les quelques 104 cas de cancers de la Thyroïde reconnus. Ici aussi l’université nie la responsabilité de l’accident nucléaire, contre toute évidence. On n’a pas d’information officielle sur la gravité des cancers thyroïdiens de ces jeunes; il semble qu’un certain nombre de ces cancers de la Thyroïde sont des cas graves avec des métastases; c’est ce qu’affirme la journaliste indépendante Mari Takenouchi


Il est utile de savoir que l’Université de Fukushima a signé en 2013 un protocole d’accord avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) qui précise que les signataires garantissent «The confidentiality of information classified by the other party as restricted or confidential» (Les signataires garantissent la confidentialité d’une information que l’autre aurait classée à diffusion restreinte ou confidentielle). Si l’AIEA (qui est l’agence de l’ONU chargée de développer l’énergie atomique de par le monde) décide que des données doivent être cachées, l’université ne les rendra pas publiques.

C’est la même technique qui a permis à l’AIEA de neutraliser l’OMS (Organisation Mondiale de la santé – WHO) à Tchernobyl comme à Fukushima:
L’OMS et l’AIEA ont signé, le 28 mai 1959,un protocole d’accord prévoyant qu’elles «agiront en coopération étroite et se consulteront régulièrement en ce qui concerne les questions présentant un intérêt commun».
De plus «chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord».
Le texte complet est ici

L’organisation « Independent WHO » (pour une OMS indépendante) manifeste depuis des années devant le siège de l’OMS à Genève pour obtenir la révision de cet accord.
A Paris un groupe manifeste chaque Vendredi devant le ministère de la santé.

http://independentwho.org/fr/
http://independentwho.org/fr/accord-wha12-40/

Le 13 octobre 2014

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Oct 04

Japon: doublement du nombre d’hôpitaux destinés à soigner les victimes d’irradiations

Le nombre d’hôpitaux locaux désignés pour traiter les victimes d’exposition aux radiations est passé de 83 à 201 après la catastrophe nucléaire.

Une enquête menée par Kyodo News en Août dernier a révélé que ces hôpitaux étaient encore aux prises avec des pénuries de personnel et de matériel spécialisé en Août 2014; alors que le gouvernement pousse à redémarrer des dizaines de réacteurs dont beaucoup sont vieux.

Ces hôpitaux ont été désignés par les gouvernements locaux pour réaliser les traitements d’urgence en cas d’exposition aux rayonnements lors d’un accident nucléaire. Mais il n’y a aucune condition requise pour recevoir cette désignation, pas même le nombre de médecins spécialisés dans le traitement des irradiations.

L’enquête du Kyodo News a été réalisée entre Juillet et Septembre 2014, 15 ans après l’accident de criticité du 30 Septembre 1999 à la centrale de Tokai qui a causé la mort de 2 personnes. Elle a recueilli les réponses de 24 préfectures choisies pour leur proximité avec des installations nucléaires.

D’après un article du Japan Times
http://www.japantimes.co.jp/news/2014/09/29/national/science-health/japan-more-than-doubles-the-number-of-hospitals-designated-as-radiation-treatment-centers


Notes

En cas d’accident nucléaire avec évacuation des populations il y a plusieurs types d’exposition aux radiations à gérer:

– Tester et décontaminer ceux qui ont été évacués des zones contaminées (peau, cheveux, habits, chaussures etc…). Cela nécessite beaucoup de personnel et des installations qui peuvent être mobiles. A ce stade précoce il n’y a pas encore de problème de santé lié aux radiations reçues; cela surviendra plus tard.

– Traiter les personnes qui ont subi une irradiation sévère (spécialement les employés de la centrale accidentée, les «liquidateurs») ici il s’agit de pathologies lourdes avec éventualité de décès rapides. Nécessité d’un milieu hospitalier spécialisé.
Pour en savoir un peu plus au sujet des conséquences des irradiations aigües et graves des liquidateurs, voir le livre de Svetlana Alexievitch: LA SUPPLICATION – Tchernobyl, Chronique Du Monde Après L’apocalypse.

Un aperçu du syndrome d’irradiation aigüe, ses symptômes et son traitement sur Wikipedia: cliquer ici

Un exemple navrant d’exposition aux rayonnements avec contamination externe et interne: les marins de l’US Navy dont le porte-avions est resté dans le panache radioactif de Fukushima Dai Ichi plusieurs jours. Il y aurait maintenant 225 malades dans l’équipage selon leur avocat.
Voir l’article et les cartes en anglais
Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le commandement de ce porte avions nucléaire a maintenu son navire dans le panache pollué et a laissé son personnel se faire irradier et contaminer; je suppose qu’ils avaient quand même des moyens de constater la contamination de l’air et de l’eau ….

Je pense qu’au Japon comme en Europe il y a peu de médecins compétents pour diagnostiquer et traiter l’exposition externe ou interne aux produits radioactifs. Ils se trouvent dans les installations nucléaires et dans les équipes spécialisées des pompiers et des militaires.
Le service français de santé des armées collabore avec l’IRSN (institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) pour la prise en charge des patients irradiés. Il y a 4 lits spécialisés à l’hôpital militaire Percy à Clamart (près de Paris) – Un communiqué de l’IRSN à ce sujet
Je ne sais pas s’il y en a d’autres.(si un lecteur a le renseignement, je le publierai volontiers)

Les médecins ne peuvent en pratique pas faire grand chose: décontaminer au mieux la peau, les vêtements…tenter de hâter l’élimination des produits radioactifs inhalés ou avalés. Il n’y a pas de traitement spécifique de la radioactivité.

L’information en français sur Fukushima:
La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
Les Veilleurs de Fukushima
et bien d’autres que vous trouverez aux deux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.

Oct 01

Japon: Pas assez de bus pour évacuer la population en cas d’accident nucléaire

Avant d’autoriser le rédémarrage d’une centrale nucléaire, les préfectures et communes japonaises doivent préparer un plan d’évacuation des populations pour le cas d’un accident nucléaire.

Certaines préfectures sont en train de s’apercevoir qu’elles ne pourront pas disposer de suffisamment d’autocars pour assurer une évacuation.
Les cars seraient destinés à ceux qui n’ont pas de voiture ou à ceux qui nécessitent des soins.
Il serait nécessaire de signer des accords avec les compagnies privées

un exercice d'évacuation

Au cours d’un exercice d’évacuation à Okuizumo -Shimane) en Novembre 2013
cliché Asahi Shimbun.

La centrale de Sendai, préfecture de Kagoshima, a passé les tests techniques pour redémarrer. La préfecture ne disposerait que du quart des autocars nécessaires à évacuer les habitants.

A Satsuma-Sendai et à Ichiki-Kushikino il faudrait 415 bus de 30 à 50 passagers pour évacuer tous les habitants dans le rayon des 10 km.
Les municipalités n’ont que peu d’autocars et devraient passer des accords avec les compagnies privées. Les compagnies affirment qu’elles ne pourraient en fournir que 100.
Pour évacuer les habitants dans un rayon de 30 Km, il en faudrait encore bien plus.

Dans la préfecture de Shimane il faudrait plus de 5.000 bus. Il n’y en aurait que 500 de disponible.
Dans le rayon des 30 km autour des centrales de Shimane et Tottori, il y a 470.000 habitants à évacuer.

Problème supplémentaire: la sécurité des chauffeurs.

Légalement ils ne doivent pas être exposés à plus de 1mSv/an.
Les compagnies prendront-elles la responsabilité d’envoyer leurs chauffeurs dans des zones hautement contaminées ? Comment assurer leur sécurité ?
Un syndicat de conducteurs s’oppose au plan tant que des mesures de sécurité pour les chauffeurs ne sont pas prévues.

De plus, la distribution de pastilles d’Iode stable n’est pas non plus encore organisée.


D’après un article de l’Asahi Simbun du 27 Septembre 2014
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201409270012


Note

L’évacuation massive des populations sous les retombées nucléaires
est un très gros problème.

Il faut déterminer qui on évacue, qui on laisse sur place.

Les calculs de contamination des habitants sont incertains; c’est selon la quantité et la qualité des radionucléides émis et à quelle heure; selon la météo qui par définition est variable; c’est aussi selon de savants calculs d’irradiation qui sont assez incertains et dont les modalités sont contestées.

Enfin il y a les critères politiques: en Europe comme ailleurs, il est admis par les « autorités » que la population peut sans problème supporter jusqu’à 100mSv/an en cas d’accident. Si les calculs sont en dessous de ce chiffre, les populations seront laissés sur place. Ce chiffre de 100mSv/an arrange le lobby nucléaire et les gouvernements mais il est vivement contesté par les scientifiques indépendants.

On passe ensuite à la logistique de l’évacuation:

Déterminer la destination de chaque véhicule, gestion des embouteillages et des accidents de circulation (au Japon il y a aussi le problème des routes détruites par un tremblement de terre, un tsunami, une éruption volcanique); intempéries possibles: pluies, neige, verglas; lieux d’accueil; Alimentation, lieux d’hygiène; Soins pour les gens qui en auront besoin; accompagnement et soins de ceux qui sont en fauteuil roulant; Évacuation des malades alités, des patients en soins intensifs…etc…On distribue de l’iode , comment? à qui ?

Une telle évacuation massive prend de 2 à 6 jours

Et après ?

le 1er Octobre 2014

Il n’y a pas d’autre industrie qui fasse courir un tel risque durable aux populations et à l’économie d’un pays.

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