Sep 26

Une alimentation même peu contaminée provoque des troubles biologiques

Conséquences d’une alimentation faiblement contaminée par la radioactivité sur deux générations de papillons japonais.

Les chercheurs ont étudié deux générations de papillons « bleu pâle de l’herbe » (pale grass blue butterfly – Zizeeria maha)au cours de l’année 2012.

Les larves ont été nourries de feuilles plus ou moins contaminées par le Césium selon leur origine.

    Les feuilles ont été recueillies:

  • – dans le Tohoku (région de Fukushima): à Motomyia : 161 Bq/kg et Koriyama: 117 Bq/kg
  • – dans la Kanto (région de Tokyo) à Kashiwa: 47,6 Bq/kg et Musashino : 6,4 Bq/kg
  • – dans le Tokai à Atami: 2,5 Bq/kg
  • – à Okinawa: 0,2 Bq/kg

Pour la première génération:

Les papillons dont les larves ont été nourries avec les feuilles contaminées du Tohoku (la région de Fukushima) avaient:

  • – une mortalité élevée (53 et 31%- contre 8.05% à Okinawa qui est l’île japonaise la moins polluée)
  • – des malformations (pattes, antennes, ailes, yeux etc…)
  • – un trouble de la croissance de l’aile antérieure qui était plus petite

Dans les autres régions le taux de mortalité était dépendant de la quantité de Césium ingérée.

Photos de papillons malformés
Malformations constatées à la première génération.
Les anomalies sont indiquées par les flèches rouges

(a)malformation de la patte avant gauche (nourriture: Atami)
(b)antennes atrophiées ( nourriture: Atami)
(c) ailes recroquevillées (nourriture de Kashiwa)
(d) ailes malformées (nourriture Kashiwa)
(e) oeil composé bosselé (nourriture Koriyama)
(f) anomalies des antennes, de la trompe et des ailes (Motomiya)

Nohara et al. BMC Evolutionary Biology 2014 14:193 doi:10.1186/s12862-014-0193-0
Télécharger l’image originale des auteurs


Dans la seconde génération:

(obtenue à partir des individus de la première génération non malformés)

La durée de vie des papillons de seconde génération dépendait de leur propre alimentation, mais pas de celle de leurs parents. Ceux qui ont reçu une alimentation non contaminée ont eu une durée de vie sensiblement normale. Ceux qui ont reçu une alimentation contaminée ont vu les anomalies déjà constatées chez leurs parents s’aggraver.

Mortalité des papillons élevés avec des feuilles prises à:
Origine des feuilles mortalité 1° génération mortalité 2° génération
Koriyama : 53% 79%
Motomiya 31% 99%

Par contre si on nourrit les larves de la seconde génération avec des feuilles très peu contaminées (origine Okinawa), la mortalité de cette seconde génération n’est que d’environ 20%.

La taille de l’aile antérieure (trouble de la croissance) était déterminée par la quantité totale de césium ingérée par la première génération + celle ingérée par la seconde. Ceci indique que l’alimentation de la première génération a influencé la taille de l’aile de la seconde génération.

La conclusion de l’étude:

Des effets biologiques sont détectables même lorsque l’alimentation est faiblement contaminée.
Les effets sont transmis à la génération suivante; mais ils peuvent être minimisés par l’ingestion d’une alimentation non contaminée.

Le Professeur Otaki :
«Notre étude a démontré que la consommation d’aliments contaminés peut causer de graves effets négatifs sur les organismes. Ces effets négatifs peuvent être transmiss aux générations suivantes.
Un côté positif: manger des aliments non contaminés diminue les effets négatifs sur la génération suivante.»

L’étude originale en anglais:
Ingestion of radioactively contaminated diets for two generations in the pale grass blue butterfly, Chiyo Nohara, Wataru Taira, Atsuki Hiyama, Akira Tanahara, Toshihiro Takatsuji and Joji M. Otaki , BMC Evolutionary Biology 2014, 14: 193, www.biomedcentral.com/1471-2148/14/193


Note

Même à de faibles niveaux de contamination, une alimentation contaminée a donc des effets néfastes.

Le Japon autorise et favorise la consommation d’aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.
L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.

Les descendants de la seconde génération peuvent échapper à certains effets néfastes s’ils ont une alimentation non contaminée.
Mais certains troubles se transmettent d’une génération à l’autre.

Les études sur les papillons sont intéressantes car il y a plusieurs générations par an. Bien sûr on ne peut pas extrapoler directement à l’homme, mais cela fait réfléchir.
Je ne présente ici qu’un résumé; il y a beaucoup de détails et des schémas dans l’étude originale.

Le 26 Septembre 2014

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Sep 22

Effets génétiques des rayonnements ionisants

Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants

Genève – le 29 Novembre 2014

« IndependentWHO – Santé et nucléaire » organise un « Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants » le samedi 29 novembre 2014 à Genève, avec l’intervention de 6 experts de renommée internationale (Japon, USA, Finlande, Angleterre, Allemagne).

Voir le programme détaillé ici

Entrée libre – Merci de vous inscrire à l’avance

Renseignements/Inscriptions :
Christophe Elain: contact@independentwho.org
Tel: 33 (0)6 02 27 36 32 – Tel : 41 (0)22 79 73 830

Le forum se tiendra de 8h30 à 18h, au Centre Œcuménique – 150 route de Ferney – Genève
Comment se rendre au forum ?
Arrivée par la gare ferroviaire de Genève (Cornavin) et/ou bus de la ville de Genève : Ligne n° 5 : Arrêt Crêts -des-Morillons
Accessibilité par voiture : possibilité de parking au Centre Œcuménique

Le génome : trésor le plus précieux du genre humain

« Le génome détermine la vie de nos descendants et le développement harmonieux des générations futures. En tant qu’experts du Génome, nous rappelons que la santé des générations futures est menacée par l’expansion de l’industrie nucléaire et l’augmentation de la quantité de sources radioactives. Nous considérons également que l’apparition de nouvelles mutations observées chez les personnes peuvent être fatales pour elles et pour leurs descendants ».

C’est ainsi, qu’en 1956, le groupe d’experts en génétiques de l’OMS, qui comprenait H.J. Muller, lauréat du prix Nobel, a qualifié la menace que représentent les rayonnements ionisants au patrimoine génétique de l’être humain. Aucune preuve scientifique n’est venue contredire cette prise de position depuis 1956. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés.

Pourquoi n’en parle-t-on pas ?

Depuis plus d’un demi-siècle, les conséquences sanitaires des accidents nucléaires, tels que Tchernobyl et Fukushima, et des activités nucléaires en général, ont été occultées pour le grand public. Cette dissimulation internationale, de haut niveau, impliquant les Etats, l’industrie nucléaire, et les institutions publiques internationales, est coordonnée par la CIPR et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dont un des mandats est de promouvoir l’utilisation pacifique de l’atome dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est elle aussi complice de cette dissimulation.

De fait, suite à l’Accord entre l’OMS et l’AIEA, signé le 28 mai 1959, l’OMS n’est pas autorisée à fournir des informations au public, à entreprendre des recherches ni à venir en assistance aux populations, sans l’aval de l’AIEA qui dépend elle-même du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et depuis environ 7 ans, l’OMS n’a même plus de département « Rayonnements et Santé ».

C’est ainsi que 23 ans après Tchernobyl, ces organismes internationaux se sont mis d’accord pour expliquer la mauvaise santé des populations, dans les zones touchées par la catastrophe de Tchernobyl, par ce qu’ils ont nommé de la « radiophobie » (Communiqué du 24 mai 2009).
Trois ans après Fukushima, ces mêmes représentants d’organismes internationaux, réunis en symposium les 8 et 9 septembre 2014 font mieux. Ils introduisent le concept de résilience des populations et comptent sur elle pour contrer les méfaits de la contamination radioactive sur la population, discréditant pour celle-ci le choix de fuir face au danger et pour l’Etat la nécessité d’évacuer.

Faire connaître la vérité

Face à ce discours « psychologisant », véritable déni des méfaits biologiques de la contamination radioactive, nous nous donnons pour tâche de faire connaître aux citoyens soucieux de vérité l’état des recherches sur les conséquences sanitaires de ces catastrophes. D’où ce Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants.
Il fait suite au premier Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection – de Tchernobyl à Fukushima, que nous avons organisé avec le soutien de la ville de Genève notamment, les 12-13 mai 2012, et dont les Actes ont été publiés en mars 2013 et sont téléchargeables ici..

Le 22 Septembre 2014


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Sep 18

Le nucléaire et sa critique – De Tchernobyl à Fukushima

2 journées d’études à l’Université Paris-Diderot

Vendredi 26 septembre 9h30 – 17 h
Samedi 27 septembre 9h30 – 12h15

TRACT ANNONCELa crise nucléaire de Fukushima a relancé la critique antinucléaire tant au Japon qu’en France et d’autres pays.

En France, l’ANR et le CNRS ont lancé des appels d’offre, mais surtout à destination des chercheurs en « sciences dures » ou bien avec une visée conciliante envers l’industrie nucléaire.

Les gouvernements japonais et français avaient pourtant annoncé leur ferme volonté de tirer toutes les leçons de la catastrophe de Fukushima.
Mais aujourd’hui ils tendent l’un et l’autre vers une relance des centrales avec un moindre niveau d’écoute de la critique.

Comment comprendre cette évolution ?
Trois ans après, quelle leçon tirer de ces « leçons » pour la recherche franco-japonaise ? En nombre de réacteurs et par la taille des entreprises du secteur, le Japon demeure la troisième industrie électronucléaire au monde après les Etats-Unis et la France.

Alors s’agit-il d’effets de pesanteur d’un Etat dans l’Etat (le « village nucléaire » au Japon et le « lobby nucléaire » en France) ?
Y a-t-il néanmoins des signes de sortie de cette politique ? Quelles marges de collaboration possibles pour les militants associatifs impliqués avec les victimes de Fukushima et les chercheurs en sciences sociales engagés dans une approche critique de cette situation ?

Les journées d’études nous permettront d’échanger tant sur la teneur des recherches en cours que sur les modes de financement possibles pour une recherche à plus long terme.
Nous replacerons cette évolution post-Fukushima à la lumière de celle qui a suivi Tchernobyl, et en confrontant l’expérience de terrain des sociologues et des militants avec la réflexion de philosophes.

Le Programme

Vendredi 26 septembre 2014

    1) Enjeux et limites du nucléaire comme « catastrophe » (philosophie et anthropologie)

  • 9 : 30 – 9 : 45 – Introduction : Paul Jobin
  • 9 : 45 – 10 : 30 – Satoshi Ukai : (Re) découvrir Hiroshima après Fukushima
  • 10 : 30 – 11 : 15 – Jean-Jacques Delfour : La philosophie face au nucléaire : pire qu’une catastrophe, la condition nucléaire
  • 11 : 15 – 12 : 00 – Christine Bergé : De Superphénix à Mururoa, une déconstruction infinie
    2) Une catastrophe chronique : le travail nucléaire et ses déplacements (sociologie)

  • 14 : 00 – 14 : 45 – Marie Ghis : Santé sous-traitée et mobilisations de travailleurs dans l’industrie nucléaire française
  • 14 : 45 – 15 : 30 – Paul Jobin : La condition « gitane » du travail nucléaire (Japon)
  • 15 : 30 – 15 : 45 – Pause
  • 15 : 45 – 16 : 30 – Rina Kojima : Les personnes sinistrées en dehors des zones désignées: une palette de disparités
  • 16 : 30 – 17 : 00 – Annie Thébaud-Mony : Nucléaire : un « précariat » sacrifié (discussion du panel)

Samedi 27 septembre 2014

    3) La gouvernance nucléaire et sa critique (sociologie et action citoyenne)

  • 9 : 30 – 10 : 15 – Sezin Topçu : Du nucléaire et de ses dégâts : analyse sociologique d’une filière d’exception
  • 10 : 15 – 11 : 00 – Kolin Kobayashi : Du projet Ethos au mythe d’une sûreté sereine, ou « la gestion post-accidentelle » du lobby nucléaire
  • 11 : 00 – 11 : 45 – Yves Lenoir : Les différents temps d’une catastrophe atomique et le dilemme de la décision
  • 11 : 45 – 12 : 15 – Sezin Topçu, Paul Jobin, Kolin Kobayashi : Discussion du panel et conclusion du colloque

Intervenants :

  • Christine Bergé, docteure de l’EHESS, anthropologue et philosophe des techniques, auteure de Superphenix, déconstruction d’un mythe (La découverte 2010)
  • Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie à l’Université Toulouse-Le Mirail, auteur de La condition nucléaire ; réflexions sur la situation atomique de l’humanité (L’échappée, 2014)
  • Marie Ghis, doctorante contractuelle à l’EHESS, prépare une thèse de sociologie sur les mobilisations autour des questions de santé au travail dans l’industrie nucléaire en France
  • Paul Jobin, maître de conférences à l’Université Paris-Diderot (UFR de Langues et civilisations de l’Asie orientale), a publié plusieurs articles sur les ouvriers de l’industrie nucléaire au Japon
  • Kolin KOBAYASHI, journaliste indépendant, écrivain et vidéaste, auteur notamment de Le crime du lobby nucléaire international, de Tchernobyl à Fukushima (en japonais, Editions Ibun-sha, Tokyo, 2013)
  • Rina KOJIMA, doctorante allocataire Université Paris-Est LATTS (thèse sur les déplacés de Fukushima)
  • Yves Lenoir, président de l’Asssociation « Enfants de Tchernobyl Belarus »
  • Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm et présidente de l’Association Henri Pézerat Santé Travail Environnement
  • Sezin Topçu, chargée de recherche au CNRS (CEMS, Paris), a publié La France nucléaire, l’art de gouverner une technologie contestée (Seuil, 2013)
  • Satoshi UKAI, professeur à l’Université Hitotsubashi Tokyo, administrateur du Maruki Gallery For The Hiroshima Panels Foundation

Le programme officiel avec les détails pour s’y rendre cliquer ici


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Sep 16

Comment un gouvernement nucléaire gère les populations impliquées dans un accident nucléaire

140.000 japonais ont du évacuer à cause du seul accident nucléaire de la centrale de Fukushima, selon l’estimation officielle. C’est vraisemblablement un chiffre inférieur à la réalité car une partie des habitants n’a pas voulu se soumettre à un système d’enregistrement très contraignant.

Un article de Mme Cécile Asanuma-Brice,(note1) spécialiste en géographie urbaine nous montre comment le gouvernement japonais gère les déplacements de population causés par la catastrophe.
Ci dessous, un résumé de son article paru dans la revue « Diplomatie » n°22 de Août-Septembre 2014:

Le gouvernement japonais a opté pour la poursuite de l’utilisation du nucléaire sur son territoire; et également pour la poursuite de sa politique commerciale d’exportation de centrales nucléaires (Note 2).

Pour cela il lui faut obtenir un retour à la normale rapide et au moindre coût.

Mme Asanuma-Brice, dans son article, distingue 3 Phases:

Phase 1:

La première étape, dans l’urgence, a été de mettre à disposition gratuite des réfugiés le parc de logements publics vacants à travers tout le pays.
Puis le gouvernement a construit des logements provisoires, parfois dans des zones contaminées; il a installé des radiamètres, disons « optimistes ».

    Dès la fin de l’année 2012, le gouvernement appelle au retour avec l’arrêt de la gratuité des logements publics

  • – la responsabilité du logement des réfugiés est transférée aux collectivités locales qui n’ont pas les moyens de l’assumer
  • – l’état se décharge également de la protection des individus: les gens se voient contraints d’adapter leur vie à un environnement contaminé ou de s’exiler, mais alors sans contrepartie.
  • le gouvernement ne procure aucune aide financière ni matérielle à ceux qui souhaitent partir. Le droit d’ aller se réfugier ailleurs n’est pas reconnu.
  • – Le gouvernement développe une propagande autour de l’image préconçue des japonais trop attachés à leur pays natal pour le quitter
  • – le gouvernement commence à ouvrir plusieurs zones d’évacuation au retour des habitants.

2° Phase:

Le gouvernement met en avant le thème de la « résilience » du peuple japonais, sa capacité à gérer les catastrophes naturelles ou humaines.
Exaltation d’une « société forte et résiliente » qui ne fléchit pas dans l’épreuve et qui se reconstruit sans tarder.
Selon cette représentation, plus la résilience est forte, plus les conséquences de la catastrophe sont réduites.

C’est peut-être vrai en cas de tremblement de terre, d’un tsunami mais quand la radioactivité y est mêlée, c’est tout autre chose.

3° Phase

L’état ne cesse d’appeler au retour prétextant la souffrance psychologique des réfugiés générée par l’éloignement du pays natal.
Les psychologues expliquent que le port du masque, les restrictions sur les jeux en plein air, sur la consommation des aliments seraient stressants, à l’origine des troubles psychiques.

Mais à aucun moment les officiels n’évoquent la possiblité que les troubles psychiques rencontrés puissent être la conséquence de l’impossibilité de quitter les zones contaminées.

Une stratégie de communication est mise en place afin de regagner la confiance des citoyens.
Elle vise à rendre « banale » la nécessité de vivre en milieu contaminé; elle se propose d’éduquer aux risques sanitaires de la radioactivité pour mieux rassurer: organisation d’ateliers sur radioactivité et cancer destinés aux élèves des classes primaires, distribution de manuels montrant comment gérer la vie dans un environnement contaminé.

L’auteur conclut:

La logique n’est donc pas de mettre en place une protection à la suite d’un désastre au moyen des outils publics de protection sociale, mais de détourner ces derniers au service de la décision politique.
Il ne s’agit en rien d’un complot,mais de l’application d’une planification de gestion des flux de migrations dans un contexte de catastrophe nucléaire par un État qui a opté pour la poursuite de l’industrie nucléaire sur son territoire.

Avec l’aimable autorisation de Mme Asanuma-Brice.
Pour lire l’article entier:
Vous pouvez‭ ‬le lire ou le télécharger‭ ‬en‭ ‬.pdf: cliquer ici


Note 1

Mme Asanuma-Brice est spécialiste en Géographie urbaine.
Chercheuse associée au Clersé-université de Lille et au centre de recherche de la maison franco-japonaise de Tokyo.
Adjointe au directeur du Bureau régional CNRS Asie du nord (Corée du sud, Taiwan, Japon)
Elle réside en permanence au Japon depuis 2001.
Retour au texte

note 2

Exportations de nucléaire vers la Turquie avec la France; vers l’Afrique, l’Asie. Au sujet de l’Afrique, voyez l’expression incroyable entendue lors d’un congrès en Décembre 1992: «Pour que l’Afrique accepte des centrales nucléaires, les gens doivent prendre le risque et rester à Fukushima».
retour au texte

le 16 Septembre 2014

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Sep 13

Déchets radioactifs: Accord en vue pour la réalisation d’un centre «temporaire» de stockage

La préfecture de Fukushima pose 5 conditions.

Il s’agit des déchets de la décontamination des maisons, des rues, des champs etc.

Les communes de Futaba et Okuma, la préfecture de Fukushima ont accepté le principe de la construction d’une installation de stockage « temporaire » de déchets contaminés sur leur territoire.
Ces deux communes hébergent déjà les 4 réacteurs accidentés. La plus grande partie de leur territoire est fortement contaminée et il est impossible pour leurs habitants d’envisager un retour dans un avenir même lointain.

Les terrains seront achetés au prix actuel du terrain et le gouvernement compensera jusqu’à la valeur du terrain avant la catastrophe.

Les opérations de décontamination et de reconstruction sont actuellement au point mort, faute de possibilités de stockage suffisantes des déchets radioactifs.

Stockage de déchets de décontamination en zone d'habitation à Koori,  Prefecturede Fukushima.

Stockage de déchets de décontamination en zone d’habitation à Koori, Prefecture de Fukushima.
(Photo Asahi Shimbun)

Pour l’instant les déchets contaminés sont stockés en environ 54.000 endroits de la préfecture, y compris les cours des maisons, les parkings, les parcs.

Le volume à stocker est estimé à 20.000.000 m3 de débris. De quoi remplir 13 à 18 Tokyo Domes.

Le gouvernement prévoit de commencer les travaux en janvier 2015.

Les populations craignent que cette installation de stockage « provisoire » sur les communes de Futaba et Okuma ne devienne finalement un stockage définitif.

La préfecture de Fukushima demande que 5 conditions soient remplies:

  1. Qu’une loi précise que l’élimination finale des déchets hors de la préfecture devra se faire dans les 30 ans suivant le début des dépôts
  2. Une subvention de 301 billions de Yens (2,89 billions de $) destinée à aider les gens à reconstruire leur vie et à aider aux travaux de reconstruction dans la Préfecture.
  3. Des mesures précises concernant l’entretien et la gestion des itinéraires de transport et concernant la sécurité des habitants au long des parcours.
  4. Que soit assurée la sécurité des installations de stockage et des transports des déchets
  5. Parvenir à un accord concernant la sécurité du stockage entre le gouvernement central, la préfecture, les communes de Futaba et Okuma.(je pense qu’il s’agit ici de la sécurité radiologique: état des sacs, pas de poussières qui s’envolent, pas de pollution des eaux souterraines ou de surface…)

L’éditorialiste de l’Asahi ajoute:
Mais l’argent divise les gens. Lorsqu’une zone reçoit de l’argent en échange de l’acceptation d’une charge (ici recevoir des tonnes de déchets radioactifs), les gens, hors de cette zone, ont tendance à ne voir que l’argent reçu et à négliger la charge acceptée.
Les indemnisations pour les dommages causés par la catastrophe nucléaire ont divisé les gens, entre les zones d’évacuation et le reste de la préfecture, entre les habitants d’une même commune en raison des différences entre les sommes d’argent reçues. De tels clivages s’étaient déjà créés lors de la construction de la centrale.

Le stockage de débris radioactifs dans des zones déjà fortement contaminées est certes une solution rationelle.
Mais l’éditorialiste de l’Asahi pense que le gouvernement semble ainsi réduire les problèmes des déchets à des problèmes purement locaux. Il poursuit: «Essentiellement, les risques potentiels inhérents à la production d’énergie nucléaire et les charges que représentent ses héritages sont des questions qui devraient être considérées par l’ensemble de la nation.»

Cet article a été tiré de deux articles de l’Asahi Shimbun
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201409020061
http://ajw.asahi.com/article/views/editorial/AJ201409020016


Notes

– Les sacs en plastique contenant les déchets contaminés commencent à se détériorer, se percer, la végétation commence à s’y installer par endroits

– Il ne va pas être facile de manipuler proprement ces millions de sacs plastiques fragilisés. Certains sont enterrés jusque dans les cours des maisons; voir des photos(ici ce sont des conteneurs rigides)

– Cela représentera un très grand nombre de convois plus ou moins sales sur les routes

– Dans 30 ans,où mettre tout cela ? les sacs seront dans un triste état. La radioactivité n’aura baissé que de moitié pour le Césium et le Strontium. Pour les poisons à longue durée (bien moins abondants) la radioactivité n’aura pratiquement pas changé (demi-vie du plutonium: 24.000 ans). La crainte des habitants que ce stockage devienne définitif me parait fondée.

Le Tokyo Dome

Le Tokyo Dome
Cliché Wikipedia

Tokyo Dome: un immense stade de 55.000 places (baseball, concerts…)

Chez les anglophones, le Billion, c’est 109 (mille millions)
sauf erreur, cela fait une subvention de: 2,18 x109 € ou 2.180 millions € (2.180×106)

Le 13 Septembre 2014

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Sep 07

Leucémies des enfants : leur augmentation autour des centrales nucléaires est confirmée

Il s’agit des centrales nucléaires en fonctionnement normal.

Ian Fairlie, un biologiste anglais a rassemblé les résultats de plusieurs études internationales. Il nous fait ici un résumé de son étude.

(Traduction par «vivre après fukushima» avec l’aimable autorisation de l’auteur.)

Leucémies des enfants à proximité des centrales nucléaires:

Un article de Ian Fairlie publié le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.

En Mars‭ ‬2014,‭ ‬mon rapport sur l‭’‬augmentation des taux de leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a été publié dans le‭ «‬Journal of Environmental Radioactivity‭»‬ (JENR‭)‬.‭ ‬Un précédent‭ ‬article‭ ‬traitait de sa création et du grand nombre de ses lecteurs‭, celui-ci décrit le contenu du rapport en termes simples.

Rappelons d’abord certaines notions qui permettront de mieux comprendre l’importance de ce rapport.‭ ‬Beaucoup de lecteurs ignorent peut-être que l’augmentation des leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a fait l’objet de controverses depuis plusieurs décennies.

Ce fut le cas par exemple au Royaume Uni dans les années‭ ‬1980‭ ‬et au début des années‭ ‬1990‭ ‬où le sujet donna lieu à de nombreuses émissions de télévision,‭ ‬des commissions gouvernementales,‭ ‬des comités gouvernementaux,‭ ‬une grande conférence internationale,‭ ‬des rapports gouvernementaux,‭ ‬au moins deux affaires judiciaires et probablement plus d‭’‬une centaine d‭’‬articles scientifiques.
‬Elle a été relancée en‭ ‬1990‭ ‬par la publication du fameux rapport Gardner‭ (‬Gardner et al,‭ ‬1990‭) ‬qui a constaté une augmentation très importante‭ (‬d’un facteur‭ ‬7‭) ‬des leucémies de l‭’‬enfant auprès‭ ‬de la tristement célèbre centrale nucléaire de Sellafield dans le comté de Cumbria.

La controverse semble avoir diminué au Royaume-Uni,‭ ‬mais elle est encore vive dans la plupart des autres pays européens, ‬spécialement l‭’‬Allemagne.

Le problème est que sur plus de‭ ‬60‭ ‬études épidémiologiques effectuées dans le monde entier portant sur l’incidence du cancer infantile à proximité des centrales nucléaires,‭ ‬une majorité‭ (‬> 70‭ ‬%‭) ‬fait apparaître une augmentation du nombre de leucémies.‭ ‬À ma connaissance,‭ ‬aucun autre domaine de la toxicologie‭ (‬par exemple l’amiante,‭ ‬le plomb ou le tabagisme‭) ‬n’a fait l’objet d’autant d’études,‭ ‬et jamais association n’a été aussi clairement‭ ‬établie que celle entre les centrales nucléaires et la leucémie infantile.‭
‬Pourtant de nombreux gouvernements favorables au nucléaire et l’industrie nucléaire réfutent ces conclusions et refusent d’en tirer les conséquences.‭ ‬Même attitude de leur part que pour le‭ ‬tabagisme dans les années‭ ‬60‭ ‬et l’origine humaine du réchauffement climatique aujourd’hui.

Début‭ ‬2009,‭ ‬le débat a été en partie ravivé par la célèbre étude KIKK‭ (‬Kaatsch et al,‭ ‬2008‭) ‬commandée par le gouvernement allemand‭; ‬elle a constaté une augmentation totale des cancers de‭ ‬60%‭ ‬et une augmentation de‭ ‬120%‭ ‬des leucémies chez les enfants de moins de‭ ‬5‭ ‬ans vivant à moins de‭ ‬5‭ ‬km de toutes les centrales allemandes.‭ ‬A la suite de ces résultats surprenants,‭ ‬les gouvernements de France,‭ ‬Suisse et du Royaume Uni ont en hâte mis en place des études auprès de leurs propres centrales nucléaires.‭ ‬Toutes ont trouvé que les cas de leucémie augmentent,‭ ‬mais du fait du petit nombre de cas elles n‭’‬ont pas atteint‭ ‬le niveau de la‭ «‬signification statistique‭»‬.‭ ‬Autrement dit,‭ ‬vous ne pouvez pas être certain à‭ ‬95%‭ ‬que les résultats n‭e sont pas dus au hasard.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu d’augmentation‭ ; ‬et il est évident que si les calculs statistiques avaient été moins stricts,‭ ‬les résultats auraient été‭ « ‬statistiquement significatifs‭ »‬.

Mais la plupart des gens se font facilement berner par les statistiques,‭ ‬y compris les scientifiques qui devraient faire preuve de plus de discernement.‭ ‬Les gouvernements qui veulent ignorer des conclusions gênantes se sont précipités sur les résultats des calculs à‭ ‬95‭ ‬%,‭ ‬sachant que‭ ‬dans ce domaine le niveau actuellement utilisé dans de nombreuses études est de‭ ‬90‭ ‬%.

Dans cette situation,‭ ‬il faut combiner des ensembles de données et constituer une méta étude,‭ ‬ce qui permet d’obtenir des chiffres plus élevés et donc un meilleur niveau de‭ « ‬signification statistique‭ »‬.‭

Les quatre gouvernements concernés se sont bien gardés de le faire car ils connaissaient d’avance la réponse,‭ ‬à savoir une augmentation statistiquement significative‭ ‬à proximité de presque toutes les centrales nucléaires dans les‭ ‬4‭ ‬pays.
‬Korblein et Fairlie ont donc fait le travail pour eux‭ (‬Korblein and Fairlie,‭ ‬2012‭)‬,‭ ‬et le résultat fut sans surprise: des augmentations significatives‭ furent enregistrées ‬à proximité de toutes les centrales nucléaires.
‭Voici leurs constatations:

Nombre de leucémies observées (O) et attendues (A)
dans un rayon de 5 km autour de centrales nucléaires
O A O/A IC 90% valeur de p
Allemagne 34 24,1 1,41 1,04-1,88 0,0328
Grande Bretagne 20 15,4 1,30 0,86-1,89 0,1464
Suisse 11 7,9 (a) 1,40 0,78-2,31 0,1711
France (b) 14 10,2 1,37 0,83-2,15 0,1506
TOTAL 79 57,5 1,37 1,13-1,66 0,0042

(a)Tiré des données de Spycher et al. (2011).
(b)leucémies aigues

Ce tableau révèle une augmentation statistiquement significative de‭ ‬37%‭ ‬du nombre de leucémies‭ ‬infantiles dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km de presque toutes les centrales nucléaires au Royaume-Uni,‭ ‬en Allemagne,‭ ‬en France et en Suisse.‭ ‬Il n‭’‬est peut-être pas étonnant que ces‭ ‬3‭ ‬derniers pays aient annoncé l‭’‬élimination progressive et l‭’‬arrêt du nucléaire.‭ ‬Seul le gouvernement du Royaume-Uni persiste dans le déni.

Donc le doute n‭’‬est plus de mise:‭ ‬il y a une association très nette entre l‭’‬augmentation du nombre de leucémies‭ ‬de l‭’‬enfant et la proximité des Centrales nucléaires.
Reste la question de la ou des cause(s‭) ‬de cette augmentation.

La plupart des gens se soucient des émissions radioactives et du rayonnement direct des centrales nucléaires‭; ‬mais lorsqu’on parle de rayonnements,‭ ‬le grand problème est d’expliquer l’énorme différence‭ (‬d’un facteur‭ ~‬10.000‭ ) ‬que l’on constate entre l’estimation officielle des doses émises par les centrales nucléaires et l’augmentation clairement constatée des risques.

Mon explication‭ ‬met en cause les rayonnements:
‭- ‬Elle repose sur la principale constatation de l‭’‬étude KIKK:‭ ‬la multiplication des cas de leucémies des nourrissons et des enfants est étroitement associée avec la proximité des cheminées des‭ ‬centrales nucléaires.
– Elle repose aussi sur l‭’‬observation du KIKK que les cancers solides en augmentation étaient pour la plupart‭ «‬embryonnaires‭»‬; c‭’‬est à dire que les bébés naissent soit avec des‭ ‬cancers solides,‭ ‬soit avec des tissus pré-cancéreux qui,‭ ‬après la naissance,‭ ‬se développent en tumeurs à part entière‭; ‬c‭’‬est ce qui se passe également avec la leucémie.

    Mon explication comporte cinq éléments principaux:

  • Premièrement:‭ ‬L‭’‬augmentation du nombre de cancers peut être due à l‭’‬exposition aux rayonnements provenant des émissions des centrales nucléaires dans l‭’‬air.
  • Deuxièmement:‭ ‬de grands pics annuels d‭’‬ émissions peuvent entraîner une augmentation des doses pour les populations‭ ‬dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km autour des centrales nucléaires.
  • Troisièmement:‭ ‬les cancers observés peuvent survenir in utero chez les femmes enceintes.
  • Quatrièmement:‭ ‬les doses et leurs risques pour les embryons et foetus sont peut-être plus grands que les estimations actuelles.
  • Et Cinquièmement:‭ ‬les cellules qui forment les globules sanguins dans la moëlle osseuse(cellules hématopoïétiques) peuvent être particulièrement radiosensibles.

Mis ensembles,‭ ‬ces cinq facteurs‭ ‬peuvent expliquer l‭’‬écart entre les doses estimées des rejets des centrales nucléaires et les risques observés par l‭’‬étude KIKK.‭ ‬Ces facteurs sont étudiés en détail dans l‭’‬article complet.

Mon article montre en effet que cet écart‭ [‬NDTR‭ ‬:entre le nombre de leucémies prévus par les calculs officiels et les constatations sur le terrain‭] ‬peut être‭ ‬expliqué.‭

L‭’‬augmentation du nombre de leucémies observées par l‭’‬étude KIKK et de nombreuses autres études peut être‭ ‬dûe à‭ ‬l‭’‬exposition de‭ l‭’‬embryon ou du foetus‭ «‬in utero‭»‬ aux‭ ‬radionucléides incorporés par la mère à partir‭ des ‬émissions radioactives des centrales nucléaires.
‬De très grands pics d‭’‬émissions par les centrales nucléaires pourraient produire un clone pré-leucémique‭; ‬et après la naissance un deuxième pic de radiations pourrait transformer quelques uns de ces clones en cellules entièrement cancéreuses.
‬Les bébés concernés naissent pré-leucémiques‭ (‬ce qui est invisible‭) ‬et les leucémies complètes ne sont diagnostiquées qu‭’‬au cours des premières années après la naissance.

A ce jour l‭’‬éditeur n‭’‬a reçu aucune lettre signalant des erreurs ou omissions dans cet article.

Ian Fairlie – le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.


L‭’‬article original en anglais
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-new-article/

Un autre article de Ian Fairlie sur les circonstances de la publication de son étude
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-482-downloads/

L‭’‬étude complète en anglais- mars 2014
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0265931X13001811‭


Ian Fairlie se présente:

Ian FairlieJe suis‭ ‬consultant indépendant sur la radioactivité dans l‭’‬environnement‭; ‬je vis à Londres au Royaume-Uni.
J‭’‬ai étudié les rayonnements et la radioactivité‭ ‬depuis l‭’‬accident de Tchernobyl en‭ ‬1986.
J‭’‬ai un diplôme‭ ‬en biologie des rayonnements de l‭’‬Hôpital de BART à Londres‭; ‬mes études de doctorat à l‭’‬Imperial College de Londres et‭ (‬brièvement‭)‬ à l‭’‬Université de Priceton aux États-Unis‭ portaient sur‬ les risques radiologiques du retraitement du combustible nucléaire.
J‭’‬ai travaillé en tant que fonctionnaire‭ ‬à la réglementation des risques radiologiques‭ ‬des centrales nucléaires.
De‭ ‬2000‭ ‬à‭ ‬2004,‭ ‬j‭’‬ai‭ ‬dirigé le secrétariat de la commission CERRIE du gouvernement britannique sur les‭ ‬risques des rayonnements internes.
Après avoir quitté la fonction publique,‭ ‬j‭’‬ai été consultant en‭ ‬matière de rayonnements auprès du Parlement européen,‭ ‬de gouvernements locaux et‭ ‬régionaux,‭ ‬d‭’‬ONG‭ ‬environnementales et de particuliers.
Mes domaines d‭’‬intérêt sont les doses de radiations et les risques dus aux rejets radioactifs des installations nucléaires.


Notes‭

(ces notes sont de «Vivre après Fukushima»)

1-‭ ‬Pics de pollution
Les calculs officiels utilisent la moyenne sur une année des émissions radioactives des centrales nucléaires en fonctionnement normal.
En réalité,‭ ‬ces émissions ne sont pas régulières‭; ‬en particulier les opérations d‭’‬entretien provoquent de gros‭ ‬pics de pollution.
Les autorités nucléaires qui font leurs calculs sur la moyenne annuelle des émissions radioactives,‭ ‬trouvent qu‭’‬elles sont trop faibles pour qu‭’‬il y ait un risque de provoquer des cancers.
C’est en contradiction avec les études sur le terrain des épidémiologistes qui constatent partout une augmentation nette du nombre de leucémies infantiles autour des centrales nucléaires.

Ian Fairlie pense que l‭’‬explication est dans ces pics de pollution qui entraînent des contaminations ponctuelles importantes des populations vivant autour des centrales.

2- Statistiques
Les calculs statistiques en épidémiologie sont généralement considérés comme fiables‭ ‬,‭ ‬significatifs,‭ ‬s‭’‬ils atteignent une probabilité de‭ ‬90%‭ ‬:‭ ‬il‭ ‬y a‭ ‬90‭ ‬chances sur cent que telle cause produise tel effet.Le lobby nucléaire tente d’imposer une certitude à 95%
Pour atteindre ces précisions en épidémiologie, il faut étudier des populations suffisamment nombreuses; ne pas se limiter à celles qui vivent dans les 5 km d’une seule centrale, travailler sur plusieurs sites. D’où l’intérêt de regrouper suffisamment d’études au niveau international.

‭3- Les cancers solides: ce sont les tumeurs cancéreuses, où qu’elles soient,
en oposition aux
‭Leucémies qui sont un cancer de la moëlle osseuse et du sang.


Les références données par Ian Fairlie dans l’article traduit ci-dessus:

REFERENCES

Bithell JF, M F G Murphy, C A Stiller, E Toumpakari, T Vincent and R Wakeford. (2013) Leukaemia in young children in the vicinity of British nuclear power plants: a case–control study. Br J Cancer. advance online publication, September 12, 2013; doi:10.1038/bjc.2013.560.

Bunch KJ, T J Vincent1, R J Black, M S Pearce, R J Q McNally, P A McKinney, L Parker, A W Craft and M F G Murphy (2014) Updated investigations of cancer excesses in individuals born or resident in the vicinity of Sellafield and Dounreay. British Journal of Cancer (2014), 1–10 | doi: 10.1038/bjc.2014.357

Fairlie I (2013) A hypothesis to explain childhood cancers near nuclear power plants. Journal of Environmental Radioactivity 133 (2014) 10e17

Gardner MJ, Snee MP; Hall AJ; Powell CA; Downes S; Terrell JD (1990) Results of case-control study of leukaemia and lymphoma among young people near Sellafield nuclear plant in West Cumbria. BMJ. 1990;300:423–429.

Kaatsch P, Spix C, Schulze-Rath R, Schmiedel S, Blettner M. (2008) Leukaemia in young children living in the vicinity of German nuclear power plants. Int J Cancer; 122: 721-726.

Körblein A and Fairlie I (2012) French Geocap study confirms increased leukemia risks in young children near nuclear power plants. Int J Cancer 131: 2970–2971.

Spycher BD, Feller M, Zwahlen M, Röösli M, von der Weid NX, Hengartner H, Egger M, Kuehni CE. Childhood cancer and nuclear power plants in Switzerland: A census based cohort study. International Journal of Epidemiology (2011) doi:10.1093/ije/DYR115. http://ije.oxfordjournals.org/content/early/2011/07/11/ije.dyr115.full.pdf+html


le 7 Septembre 2014

Personellement, je souhaite que cette traduction d’un article très important soit diffusée. L’auteur du travail original est Ian Fairlie. Je pense qu’il est correct de lui en demander l’autorisation. On trouve son adresse sur son site: http://www.ianfairlie.org/.
«vivre-apres-fukushima»