Juil 29

Promenade polluée près de Tokyo: 1,5µSv/h

L’après-midi du 11 Mai je suis allé faire une promenade pour prendre un peu d’exercice. Cette fois j’ai juste pris mon radiamètre léger et j’ai laissé à la maison mon compteur lourd.

Vers 14h30, l’appareil a indiqué jusqu’à 1,15µSv/h au milieu d’un champ de légumes. C’est plus ou moins la même chose que les 1,1 µSv/h mesurés le même jour à Okumamachi Fureai Park (seulement à 4 km de la centrale Fukushima Dai ichi). Cela fut un choc !

Ci dessous les enregistrements du dosimètre.
J’avais commencé de mesurer les niveaux dans l’air vers 13h et à 14h j’avais environ 0,3µSv/h.

les enregistrements

les enregistrements

1,15 µSv/h, c’est le plus haut niveau que j’aie mesuré depuis un an et demi que j’utilise ce dosimètre.

Comme vous pouvez le voir ce ne fut que pendant un court instant que j’ai mesuré une dose si élevée. Si je me déplaçais j’avais encore de hauts niveaux.

Je suppose qu’un courant d’air charriait des substances radioactives près du sol. 1,15 µSv/h est l’équivalent de 300.000 Bq/m2 de Césium dans le sol.
carte de la région Selon la carte le point de mesure se trouvait à 25,5 m d’altitude dans une zone en majorité végétale où l’urbanisation est limitée.
…Le vent venait du sud et n’était pas fort…

D’où provenaient ces substances radioactives ? Ce pourrait être du radon mais pourrait-il y en avoir autant sur un plateau ? Il y a les usines d’incinération et les centres de recyclage de déchets de la ville de Funabashi à Sanbanse près de l’embouchure de la rivière Edogawa. Ils sont à 8 km au sud du point où j’ai fait la mesure.
Si les cheminées de ces installations sont hautes, je pense que leurs émissions peuvent aller assez loin. Ce ne serait pas illogique de penser que ces émissions pourraient avoir un impact sur l’environnement dans un rayon de 8-10 km. Je frémis à l’idée qu’il y a des usines qui émettent des gaz radioactifs à 1µSv/h partout.

Je n’aime pas l’idée de me promener à un endroit où il y a plus de 1µSv/h. C’est un niveau de dose que je devrais littéralement fuir.

Donc le 11 mai j’ai été irradié. Ces jours, chaque fois que vais à la campagne, je suis irradié. Je commence à avoir l’impression que je ne peux plus continuer à vivre près de Tokyo.


Cet article se trouve sur le blog d’un japonais des environs de Tokyo.
Le texte original est ici en anglais: Zukunashi no Hiyamizu’s Blog
Je vous recommande d’aller jeter un oeil sur d’ autres articles en anglais de ce blog.


Notes

Il se raconte des tas de choses sur les blogs, mais cette observation me parait crédible. Voyez l’ensemble du blog et la présentation de l’auteur.

La radioactivité naturelle au Japon, avant l’accident est en général de moins de 0,10µSv/h. Il y avait donc 3 fois l’irradiation naturelle avec une pointe à 15 fois. A 10 km de la source probable !!!

L’hypothèse des fumées d’incinération est en effet très plausible.
Le traitement des déchets urbains est cité par le Dr MITA comme source de pollution.
Comme l’indique l’auteur, l’hypothèse du radon est très peu vraisemblable; d’autant que le Radon a une émission Alpha, non détectée par les radiamètres habituels.

Le promeneur a dont subi une irradiation externe du fait de se trouver dans un « panache » radioactif; il a également respiré et donc inhalé des produits radioactifs; ses vêtements, ses cheveux ont du héberger quelques poussières radioactives.

Je n’ai pas reproduit ici la carte fournie par l’auteur, difficilement lisible par un lecteur ne connaissant pas la région de Tokyo. Je l’ai remplacée par une carte qui situe mieux le lieu et la proximité de Tokyo. Le point de mesure est environ à mi chemin entre Matsudo et Funabashi (la croix rouge).
Le texte original comporte aussi plusieurs images du compteur Geiger et des mesures identiques effectuées un peu plus loin.

Le 29 juillet 2014


Juil 24

Un message du Dr MITA à ses confrères médecins de Kodaira
Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Il invite ses confrères à se préoccuper de la protection contre les radiations.

Dr Mita Le Docteur Shigeru MITA qui a récemment déménagé pour Okayama-ville (préfecture d’ Okayama) pour y ouvrir une nouvelle clinique, a écrit un court essai dans un bulletin de l’association des médecins de Kodaira (métropole de Tokyo).
Bien que cette essai ne s’adresse pas au grand public, il a été cité dans un magazine hebdomadaire par e-mail par le journaliste Kota Kinoshita, qui a organisé des actions pour inciter les gens à quitter les zones touchées par les radiations (y compris Tokyo) depuis le 11 mars 2011.
A de nombreuses reprises, lors de conférences et de réunions publiques, le Dr Mita et Mr Kinoshita ont signalé le danger des radiations et ont appelé à une action immédiate de radioprotection.


Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Dr Shigeru MITA (Clinique Mita)
A mes confrères médecins,

J’ai fermé en Mars 2014 la clinique qui a servi la communauté de Kodaira depuis plus de 50 ans, depuis la génération de mon père; et j’ai ouvert une nouvelle clinique MITA à Okayama le 21 avril.

J’ai été membre du conseil d’administration de l’association médicale de Kodaira depuis 1990, lorsque j’ai commencé à pratiquer la médecine dans la clinique de mon père. Pendant les dix dernières années j’ai travaillé à préparer une réponse urgente en cas de catastrophe dans la ville.

A Tokyo, la première mission est de se préparer à gérer un tremblement de terre.

Dans le cas d’un tremblement de terre dans le Sud Est, hautement prévisible, il est raisonable d’envisager un scénario de fusion du coeur dans la centrale nucléaire de Hamaoka (préfecture de Shzuoka), suivie d’une contamination radioactive de Tokyo.

J’étais préoccupé par la possibilité d’une contamination de Tokyo; j’avais demandé plusieurs fois à l’association médicale, au conseil municipal et au département local de santé publique de stocker de l’iode médical. A chaque fois ma demande a été rejetée, la raison invoquée était qu’on ne prévoyait pas la survenue d’un tel événement à Tokyo. Il n’y avait donc aucun plan pour se préparer à cet éventualité.

Au cours de l’après-midi du 11 mars 2011, Tokyo a subi de lentes mais grandes secousses du tremblement de terre. J’ai pensé «C’est ce qu’on appelle des mouvements sismiques de longue période. Le tremblement de terre de la mer du Sud et sa conséquence, l’accident de la centrale nucléaire d’Hamaoka, sont finalement arrivés». En fait l’origine du tremblement de terre était dans le Tohoku. La température des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai Ichi s’est élevée, elle a causé de massives explosions suivies de fusions des coeurs et de perforation des cuves.

Il est certain que le Japon de l’Est et la métropole de Tokyo ont été contaminés.

La contamination du sol se mesure en Bq/kg.
Dans les 23 districts de la métropole de Tokyo, la contamination de la partie orientale est de 1000-4000 Bq/kg et celle de la partie occidentale est de 300-1000 Bq/kg (Césium 137 seul).
La contamination de Kiev, capitale de l’Ukraine est de 500 Bq/kg (Cs 137 seul).
En moyenne, après l’accident de Tchernobyl, l’Allemagne de l’Ouest était à 90 Bq/kg, l’Italie à 100, et la France à 30 Bq/kg.
De nombreux problèmes de santé on été signalés en Allemagne et en Italie.
A Shinjuku, site de la mairie de Tokyo, on mesurait 0,5 à 1,5 Bq/kg avant 2011, Actuellement, Kodaira est contaminée à 200-300 Bq/kg.

Je vous recommande à tous de regarder le programme de la NHK «ETV spécial: l’accident nucléaire de Tchernobyl: rapport sur un pays contaminé»; il est disponible sur internet. Je pense qu’il est important de savoir ce qu’ont vu et perçu ceux qui ont visité le Belarus et l’Ukraine et entendu les récits des habitants; et d’écouter ceux qui ont servi dans les opérations de secours à Tchernobyl il y a plus de 20 ans.

Leur expérience montre que que Tokyo ne devrait plus être habitée et que ceux qui insistent pour vivre à Tokyo doivent faire des pauses régulières dans des régions plus sûres.

Des problèmes tels que la dépopulation et le déclin de l’état continuent de peser actuellement sur la vie des 2° et 3° génération d’Ukrainiens et de Biélorusses; je crains que ce ne soit l’avenir de l’Est du Japon.

Depuis décembre 2011, j’ai réalisé des échographies thyroïdiennes, des tests fonctionnels de la thyroïde, des analyses sanguines générales et biochimiques chez environ 2.000 personnes. La plupart étaient des familles de la métropole de Tokyo préoccupées par les conséquences des radiations.

J’ai observé que les globules blancs, spécialement les neutrophiles, diminuaient chez les enfants de moins de 10 ans. Il y a des cas de diminution significative du nombre de neutrophiles chez des enfants nés après le tremblement de terre (<1000). Dans les deux cas la situation tend à s’améliorer en allant vivre dans l’Ouest du Japon (neutrophiles 0→4.500).
Les patients signalent des saignements de nez, une perte des cheveux, un manque d’énergie, des ecchymoses sous cutanées, des hémorragies urinaires visibles, des inflammations de peau, de la toux et d’autres symptomes divers non spécifiques.

Kodaira, dans l’Ouest de Tokyo est l’une des zones les moins contaminées du Kanto; cependant même dans cette zone nous avons commencé à constater des changements dans le sang des enfants vers le milieu de l’année 2013.

La contamination s’accroit à Tokyo, aggravée par la concentration urbaine des radiations, ou parce que les systèmes d’assainissement urbain, tels que le système des eaux usées, la collecte et l’incinération des ordures concentrent les radiations, car les déchets contaminés sont rassemblés et compressés. Les mesures effectuées par des groupes de citoyens ont montré que le niveau des rayonnements s’est fortement accru ces deux dernières années dans le lit des rivières Kawabori à Higashiyamato et Higashimurayama à Tokyo.

Parmi mes préoccupations, j’ai inclus des symptomes rapportés par des patients en général, tels que un asthme ou une sinusite persistants. Les patients montrent une amélioration notable lorsqu’ils quittent la région.

J’observe aussi de nombreux cas de «Polymyalgie Rhumatismale» caractérisés par des plaintes telles que «difficulté à se retourner», «incapacité à s’habiller et se déshabiller», «incapacité à se lever» chez mes patients d’âge moyen ou plus âgés. Seraient-ce les mêmes symptomes que ceux du rhumatisme musculaire notés à Tchernobyl ?

On peut également noter des modifications des symptômes de maladies contagieuses comme la grippe, le syndrome pied-main-bouche et le zona.

De nombreux patients signalent ressentir des symptômes non familliers ou percevoir des changements inhabituels dans leur corps. Peut-être se sentent-ils à l’aise pour m’en parler, sachant que la clinique a affiché, immédiatement après l’accident, une information sur les symptômes possibles liés aux radiations.
Beaucoup de jeunes couples avec de jeunes enfants et des femmes inquiètes au sujet de leurs petits-enfants viennent à la clinique et s’engagent résolument dans la discussion; aucun patient ne rejette mes opinions critiques sur les conséquences des radiations.

Depuis le 11 mars, chaque habitant de l’Est du Japon, y compris Tokyo, est une victime et chacun est concerné.

Nous avons découvert que nos connaissances dans la discipline de radiologie sont complètement inutiles dans le cas d’un désastre nucléaire. Le mot-clef est ici «irradiation interne de bas niveau au long cours». C’est très différent d’une irradiation médicale ou d’une simple exposition externe aux radiations.
Je ne veux pas m’impliquer dans les questions politiques; cependant je dois déclarer que les politiques de l’OMS, de l’AIEA ou du gouvernement japonais ne sont pas fiables. Elles sont simplement trop éloignées des dures réalités auxquelles les gens de Tchernobyl sont confrontées aujourd’hui.

Les patients de l’Est du Japon que je vois ici à Okayama ont confirmé les opinions que j’avais depuis longtemps, depuis que j’étais établi à Tokyo. Les gens souffrent vraiment de cette absence totale de soutien. Depuis le 11.3 les mères ont cherché désespérément l’information pour protéger leurs enfants. Elles ont cherché l’information au milieu de leur environnement hostile de Tokyo où elles ne peuvent plus faire confiance ni aux bureaux du gouvernement ni aux écoles de leurs enfants.
Les médecins de famille sont prêts à écouter à propos d’autres symptomes, mais à la plus petite mention des radiations leur visage s’empourpre et ils ignorent les questions des mères.
Les mères ne pourraient même pas en parler à leurs amis tant l’atmosphère est devenue de plus en plus étouffante à Tokyo.

Je crois qu’il est de notre devoir de médecins d’informer et d’augmenter la sensibilisation des japonais. C’est notre rôle d’experts dépositaires de connaissances sur le santé que le grand public ne possède pas. Trois années se sont rapidement écoulées depuis le désastre. Ni enseignements ni livres médicaux n’ont été réalisés au sujet des maladies dues aux rayons.

Néanmoins, si le pouvoir de sauver nos concitoyens et les générations futures existe quelque part, il ne se trouve pas au sein du gouvernement, ni d’aucune société académique, mais dans les mains de chaque médecin clinicien.

Les habitants de Tokyo ne sont malheureusement pas en situation de s’apitoyer sur le sort des régions du Tohoku affectées car ils sont eux mêmes victimes. Le temps presse. J’ai pris un temps d’avance et j’ai évacué vers l’ Ouest.

Mes confrères médecins, je vous attends ici.

Et aux gens du Japon de l’Est qui hésitez encore, tous mes efforts visent à faciliter et rendre possible votre évacuation, votre réinstallation, ou un temps de récupération dans l’Ouest du Japon.

Dr Shigeru MITA


En Novembre 2013, le WNSCR (World Net for Save the Children from Radiation/Réseau mondial pour sauver les enfants des radiations) a traduit un essai que le Dr MITA avait écrit pour les parents préoccupés par les radiations lire l’article en anglais icien français ici.
un autre article concernant le Dr Mita ici
Malgré l’intérêt manifesté par de nombreux parents au Japon, il y a vraiment peu de médecins sérieusement préoccupés par les problèmes de radiations; et ceux qui en parlent en public sont encore plus rares.
Le WNSCR pense que les opinions du Dr MITA sont d’un grand intérêt pour le grand public, en particulier pour ceux qui sont intéressés par les conséquences des radiations sur la population générale. Nous avons eu l’autorisation de traduire ce nouvel essai du Dr MITA par l’intermédiaire de Mr Kinoshita.

Traduit du Japonais vers l’anglais par l’équipe du WNSCR
Le texte anglais du WNSCR
Traduit de l’anglais vers le français par « vivre-apres-fukushima.fr»

NOTE: Le copyright de cette lettre appartient au Dr Shigeru MITA.
Si vous souhaitez insérer le texte anglais ou le traduire dans une autre langue, veuillez contacter KINOSHITA Kouta, le représentant du Dr. Mita au Japon, à l’adresse:
nagaikenji20070927@yahoo.co.jp
(Indiquez votre nom et votre URL dans le mail de contact).
Notez que les textes traduits peuvent être utilisés par le Dr. Mita et Mr. Kinoshita.
Le Website de KINOSHITA kouta : http://blog.goo.ne.jp/nagaikenji20070927

Le 24 Juillet 2014- mis à jour le 02 Août


Juil 21

Anomalies, malformations et résilience.
Nouvelles études sur les effets des radiations sur la vie sauvage à Tchernobyl et à Fukushima

Je vous recommande de visiter cette page du site d’ Akio Matsumura qui nous montre le travail de recherche effectué par l’équipe de Timothy Mousseau, docteur en biologie,Université de Caroline du Sud

Pissenlit mutant à Fukushima

Pissenlit mutant à Fukushima.
Photo Timothy Mousseau
cliquer sur l’image

Thimoty Mousseau nous présente:
– Les points essentiels révélés par la recherche
– Son programme de recherche Tchernobyl + Fukushima

C’est ici en français


Akio Matsumura est un diplomate international qui a longtemps travaillé à l’ONU. Il a consacré sa vie à jeter des ponts entre les dirigeants de gouvernements, d’entreprises et chefs spirituels pour la cause de la paix dans le monde. Il est le fondateur et le secrétaire général du Forum Mondial des Dirigeants

Vous pouvez ici lire la partie de son site traduite en français


Voyez ici la conférence qu’il a donnée au Symposium de New York,
les 11-12 mars 2013

Qu’a appris le monde de l’accident de Fukushima ?


sous-titrage français par kna60

Le 21 Juillet 2014


Juil 17

Témoignage d’une « réfugiée volontaire » à Hokkaido.

Mme Junko Honda, une mère de deux enfants, est l’une des évacuées «volontaires» qui ont fui de Fukushima vers Hokkaido (l’île du nord du Japon); elle a eu du mal à construire sa nouvelle vie avec sa famille pendant ces deux dernières années et demie.

Mme Honda a récemment publié cette déclaration sur Facebook, elle a été lue en séance publique pour le procès de la catastrophe nucléaire. Un certain nombre de groupes ont déposé plainte contre TEPCO dans plusieurs régions du Japon et Mme Honda est l’une des plaignants d’Hokkaido.

Voici le message de Mme Junko Honda de Fukushima, qui vit actuellement à Sapporo:

J’ai fait cette déclaration à une réunion publique des groupes de plaignants.
Cette déclaration ne vise pas à bouleverser les gens de Fukushima ni les écoles de Fukushima.
Je veux juste que les gens soient au courant de ce que nous avons eu à vivre.


Bonjour à tous,

J’ai vécu à Kagamiishi-Machi (Naka Doori, Fukushima) mais j’ai déménagé pour la ville de Sapporo (Hokkaido) avec ma famille après les accidents nucléaires de Fukushima.

Ce qui m’a décidée à quitter Fukushima, c’est que ma fille commençait à avoir des problèmes de santé.

Après les accidents nucléaires de Fukushima Dai ichi en mars 2011, ma fille est retournée à l’école en avril, comme élève de 3° année à l’école secondaire locale. Elle a commencé à avoir des problèmes de peau à la figure, qui ressemblaient à une Staphylococcie (syndrome de la peau ébouillantée); elle n’en avait jamais souffert auparavant.

J’ai été bouleversée et je l’ai montrée à un médecin; on nous a affirmé que ce n’était pas une staphylococcie (syndrome de la peau ébouillantée). Puis j’ai découvert qu’à Tchernobyl, beaucoup de gens à la peau sensible souffraient de la même chose.

J’ai appelé son école pour demander qu’ils cessent d’utiliser les produits locaux dans les repas de la cantine et qu’ils cessent les activités de plein air pour prévenir l’exposition aux radiations. J’ai fait la tournée des bureaux de l’école et de l’administration scolaire locale; finalement on m’a expliqué le principe de l’école: «Selon le gouvernement japonais il n’y a aucun problème pour les repas de la cantine ni pour les activités de plein air». En fin de compte j’ai juste pu convaincre le directeur de l’école de ne pas donner à ma fille le lait qui faisait partie chaque jour du repas scolaire et qu’elle ne participe pas aux activités de plein air à cause de sa peau «atopique».

J’ai pensé que je ne pouvais pas laisser ma fille vivre dans de telles circonstances et par la suite, mon mari et ma fille ont quitté Fukushima sans moi en juin 2011.

J’avais plusieurs salons de coiffure à gérer; j’ai donc décidé de fermer le salon à mon domicile et j’ai adressé mes clients à un autre établissement pour un mois. Puis j’ai suivi ma famille à Sapporo en juillet.

C’était un adieu brutal à mes parents, mes meilleurs amis, mes collègues, mes clients, à mes salons que j’avais mis 15 ans à établir, et à ma ville natale que j’aime toujours.

Je me disais sans cesse:« Pense à l’avenir de ta fille; si je pense à quoi que ce soit d’autre, je ne peux pas partir».

Avant de partir, j’ai rassemblé des objets à la maison, j’ai regardé d’anciennes photos des temps plus heureux avec mes enfants, quand ils étaient plus jeunes. Je ne cessais de me demander pourquoi nous devions faire celà… J’étais terriblement triste.

Notre nouvelle vie à Sapporo (Hokkaido) a été bien plus dure et difficile que ce que nous avions imaginé.

Mon mari a trouvé un travail après quelques mois, mais son salaire n’était que de 100.000 Yens par mois (725€); j’ai ouvert un nouveau salon de coiffure mais je ne pouvais pas espérer faire de bénéfice dès le début.

Une semaine après avoir ouvert le salon je me suis effondrée d’épuisement et tout mon corps est devenu très raide, si bien que j’ai du rester au lit une journée. En conséquence, j’ai perdu confiance en moi.

Mon fils étudiait dans une école privée; mais nous ne pouvions pas continuer de payer les frais et il a du cesser.

Ma fille devait passer les examens d’entrée au lycée à la fin de l’année scolaire; tous ces changements ont du être très difficiles à gérer pour elle.

Nous avons tous pleuré mais chacun cachait ses larmes aux autres.

Il était indispensable pour notre nouvelle vie à Sapporo que notre famille soit réunie, mais la pression et le stress nous ont épuisés mentalement et physiquement.

Nous avons quitté une région située hors de la zone d’évacuation de Fukushima. De ce fait nous n’avions pas droit à une indemnisation par TEPCO et nous avons du vivre avec une perte de revenu. Nos économies se sont épuisées, nous avons du vendre notre voiture familliale et annuler notre assurance-vie. Nous avons du utiliser toutes nos économies dans notre nouvelle vie pour maintenir un train de vie basique.

Un an après, nous avons du laisser notre maison de Fukushima dont nous payons encore les emprunts. De même j’ai du abandonner mon dernier salon de coiffure à Fukushima.

Les relations avec ma famille, nos amis et nos anciens voisins ont commencé à se détériorer.

Il devenait difficile de voir mes amis et parents à Fukushima parce que leur opinion au sujet des radiations différait grandement de la mienne.

Cela a été un choc pour moi d’apprendre qu’une rumeur parmi nos anciens voisins disait que j’avais du quitter Fukushima parce que mon entreprise était un échec.

La situation m’était si douloureuse que je ne pouvais m’empêcher d’appeler TEPCO et de crier rageusement au téléphone; mais je regrettais à chaque fois à cause de la douleur que j’avais causée à la personne à l’autre bout de la ligne.

En dépit de ma situation à Sapporo, j’ai senti que si nous n’avions pas pu faire face nous mêmes, nous aurions été ignorés par le gouvernement Japonais qui étouffe les accidents de Fukushima et couvre TEPCO.

J’ai accepté des interviews à la radio et à la télévision, ce que je n’avais jamais fait auparavant. J’ai aussi pris la parole à des manifestations au sujet de mon expérience d’avoir quitté Fukushima. J’ai fait tout ce que je pensais pouvoir faire. J’ai aussi participé à des manifestations s’opposant à la réouverture des centrales nucléaires.

J’ai aussi rejoint le groupe qui tente de monter une procédure pénale contre 33 personnes impliquées dans les accidents nucléaires, y compris la haute direction de TEPCO au moment des accidents, ainsi que certaines personnes que je pense impliquées dans la couverture des événements; c’est le « Fukushima Nuclear Complaints and Accusation Group».

Nous avons eu du mal à survivre mais j’ai continué à travailler fébrilement et à rester active.

Dans le même temps j’étais tellement en colère et triste que je dormais mal, pensant à tout ce que nous devions traverser.

Je sentais que je devais rire en public, sinon j’allais à l’effondrement, mais j’étais toujours en train de pleurer au fond de mon coeur.

Deux ans et demi ont passé depuis que nous avons quitté Fukushima, ma vie est devenue plus facile et je suis maintenant capable de rire franchement. Toutefois, je crois qu’à cause de mon âge il ne me sera vraisemblablement pas possible d’avoir une vie aussi sûre que celle que j’avais auparavant à Fukushima.

Je me méfie encore profondément du gouvernement japonais et de TEPCO.

Les examens de la thyroïde organisés pour les enfants par le gouvernement progressent si lentement que j’ai emmené ma fille faire un bilan privé; on m’y a informée que le nombre de kystes de sa thyroïde a augmenté depuis l’an dernier.

Le médecin m’a affirmé qu’«il n’y a pas de problème», mais je ne m’en sens pas mieux.

Récemment j’ai eu l’impression que la plupart des gens à Sapporo, qui avaient d’abord écouté mon histoire, on changé d’attitude envers nous. Ils semblent penser que la situation à Fukushima a été résolue puisque le sujet est rarement abordé dans les émissions nationales ou locales.

J’ai aussi l’impression que la plupart des gens à Sapporo ne veulent plus nous écouter, maintenant que 3 ans ont passé depuis les accidents.

Je crains que cela ne provoque une accumulation de problèmes dans l’avenir.

Certaines personnes ont du quitter Fukushima ou d’autres régions sans leurs mari pour différentes raisons; et parmi mes amis il y a au moins 4 de ces couples qui ont divorcé depuis les accidents.

Certaines familles se sont divisées à propos de l’impact et des conséquences des accidents de Fukushima; cela a provoqué de cruelles disputes menant parfois tragiquement au divorce.

Cependant, j’ai décidé de ne plus pleurer car ma tristesse et ma colère ont un impact négatif sur moi et sur mes proches.

Pourquoi ai-je décidé de quitter Fukushima ? J’ai décidé de quitter Fukushima parce que je voulais protéger mes enfants.

Je ne veux plus pleurer; je veux plutôt agir plus et rire plus.

Je crois que cette expérience m’a rendue plus forte.

Cependant je ne peux pardonner au gouvernement japonais ni à TEPCO.

Ils ont pris notre vie normale, ils camouflent les accidents nucléaires et beaucoup d’enfants restent exposés aux radiations.

Le gouvernement et TEPCO vont dans la mauvaise direction et je pense que si nous, adultes, ne tentons pas de changer leur attitude et leur comportement, alors qui d’autre protégera nos enfants?

Junko Honda
mars 2014


Un militant d’Irlande a traduit la déclaration de Mme Honda en anglais et WNSCR (Sauvez les enfants des radiations ») a eu l’autorisation de la publier dans son blog le 1 juillet 2014.
Le blog de WNSCR.
L’article original anglais
Le blog des plaignants en anglais
Traduction française par «Vivre apres Fukushima» avec l’amicale autorisation du WNSCR.


Depuis la catastrophe nucléaire en 2011, selon le rapport du gouvernement japonais, plus de 310 000 personnes ont quitté Fukushima et d’autres régions avoisinantes en raison des dommages du tsunami et de la crainte du rayonnement.
À Hokkaido, le nombre officiel de personnes évacuées est de plus de 2600 (http://tasukeaijapan.jp/?page_id=11505), mais ce nombre serait plus élevé si il comptait ceux qui ne sont pas enregistrés ou sont originaires du Kanto.(Le Kanto est la province au sud de la préfecture de Fukushima et qui englobe Tokyo)
Ceux qui ont quitté, venant de la province de Fukushima ou d’autres régions, des zones qui ne sont pas considérés comme des zones d’évacuation sont appelés « Jisyu-Hinansya » (Les évacués volontaires) et ils n’ont généralement pas droit au soutien du gouvernement.

le 17 juillet 2014


Juil 11

Le nucléaire «sûr» n’existe pas

Les études de santé publique font exploser le mythe de la “sécurité” des centrales nucléaires

Un article du Japan Times du 2 juillet 2014

Par souci de sécurité, des enfants jouent dans un bac à sable à l’intérieur  d’une  maternelle à  Koriyama, à quelque 50 km de la centrale nucléaire de Fukushima No. 1. Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, la municipalité recommande que les enfants de 3 à 5 ans limitent le temps passé dehors à 30 minutes par jour. Les restrictions ont été levées en 2013, mais la plupart des  maternelles de la région continuent de s’y tenir car les parents restent inquiets.  | REUTERS

Par souci de sécurité, des enfants jouent dans un bac à sable à l’intérieur d’une maternelle à Koriyama, à quelque 50 km de la centrale nucléaire de Fukushima No. 1. Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, la municipalité recommande que les enfants de 3 à 5 ans limitent le temps passé dehors à 30 minutes par jour. Les restrictions ont été levées en 2013, mais la plupart des maternelles de la région continuent de s’y tenir car les parents restent inquiets. | REUTERS

À l’attention de Toshimitsu Motegi, ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie

Monsieur le Ministre,
La catastrophe persistante de Fukushima No. 1 n’a pas réussi à faire disparaître le dernier mythe concernant les centrales nucléaires au Japon, qui veut que même en l’absence d’un accident majeur, une centrale nucléaire en fonctionnement normal soit sûre.
Cependant la réalité, maintenant vérifiable, est que cette affirmation est fausse, au moins pour les gens qui vivent à proximité de la centrale.

Dès 2007, l’Office Fédéral Allemand de Protection contre les Radiations (BfS) a publié les résultats d’une recherche approfondie intitulée « Taux de cancers chez les enfants vivant près de centrales nucléaires ». Cette étude concernait 1 592 enfants atteints de cancer et 4 735 témoins vivant aux alentours de 16 sites nucléaires allemands.
Sur chacun des 16 sites, l’étude a révélé que plus les enfants de moins de cinq ans habitaient près d’une centrale, plus leur risque de développer un cancer était élevé. Un rayon de 5 km correspondait au risque maximum, soit 60 %. Soixante-dix-sept enfants vivant dans un périmètre de 5 km autour d’une centrale nucléaire se sont avérés avoir un cancer, un chiffre considérablement plus élevé que les 48 qu’on pourrait attendre d’un calcul statistique.
Pour ce qui est des leucémies, l’augmentation de risque était de 120 pour cent : 37 cas au lieu des 17 attendus.

En d’autres termes, dans un périmètre de 5 km, 29 enfants (dont 20 avaient une leucémie) souffraient d’un cancer tout simplement parce qu’ils vivaient là. Il y avait en tout 275 cas supplémentaires de cancer par rapport à ce qu’on aurait pu attendre statistiquement aux endroits concernés.

Même en fonctionnement normal, les centrales nucléaires émettent constamment des éléments radioactifs dans l’atmosphère et dans l’eau de refroidissement. Les cancers en excès chez les enfants vivant près d’installations nucléaires démarrent probablement au stade embryonnaire, stade durant lequel l’embryon est extrêmement radiosensible. C’est le moment où les cellules prolifèrent à grande vitesse et sont bien plus vulnérables que dans les phases de croissance ultérieures, plus stables. Les cellules endommagées prolifèrent facilement, ouvrant la voie aux cancers et autres maladies.

D’autres études ont été menées en Grande-Bretagne et aux États-Unis avec des résultats similaires, voire encore plus inquiétants.

En 2006, une agence de conseil en environnement a produit, en collaboration avec la télévision galloise S4C, un rapport fondé sur des entretiens avec les personnes qui vivaient à proximité de la centrale nucléaire de Trawsfynydd, au nord du Pays-de-Galles. Les chercheurs ont concentré leur étude sur près de 1 000 personnes ayant vécu dans trois communautés proches de la centrale nucléaire entre 1996 et 2005.
L’incidence des cancers (tous types) chez les femmes de moins de 50 ans était selon le rapport 15 fois supérieure à la moyenne nationale.
En outre, les femmes de 50 à 61 ans étaient cinq fois plus touchées par le cancer du sein que les femmes de cette tranche d’âge en général.
Globalement, l’étude révélait un risque de cancer (tous types) multiplié par deux par rapport aux taux moyens de cancer en Angleterre et au Pays-de Galles.

En ce qui concerne les États-Unis, le 20 mars dernier, le Cape Cod Times a publié le témoignage en justice de Richard Clapp, qui fut directeur du Bureau du registre des cancers du Massachusetts à partir de 1980.
Ce dernier a déclaré devant la justice : « Durant les deux premières années [de son mandat], nous avons trouvé un excès de leucémies à Plymouth et dans les villes voisines de la centrale nucléaire de Pilgrim. Parmi les gens qui vivaient et qui travaillaient près de la centrale, le taux de leucémie était multiplié par quatre. »

Le 4 mars, le Cal Coast News faisait état d’une récente étude menée par le World Business Academy, un cercle de réflexion à but non lucratif, sur la centrale nucléaire de Diablo Canyon dans le comté de San Luis Obispo, en Californie.
Selon cette étude, chez les personnes vivant dans un rayon de 25 km autour de la centrale, le taux d’incidence de plusieurs cancers, notamment ceux de la thyroïde, du sein et les mélanomes, était sensiblement plus élevé que la normale. De plus, depuis le démarrage de la centrale de Diablo Canyon au milieu des années 1980, le comté de San Luis Obispo est passé d’un taux d’incidence de cancer relativement bas à un taux d’incidence élevé, ce que reflètent les 738 diagnostics supplémentaires de cancer établis entre 2001 et 2010. L’incidence de cancer dans le comté de San Luis Obispo County qui était inférieure de 0,4 % à la moyenne californienne a dépassé la moyenne de 6, 9 % ; c’est celui des 20 comtés de Californie du sud où l’incidence de cancer est la plus élevée. Quand Diablo Canyon est entré en fonctionnement, les cancers de la thyroïde et les cancers du sein chez les femmes ont aussi sensiblement augmenté.
Mais ce qui est peut-être le plus inquiétant, depuis la mise en service de Diablo Canyon, c’est que chez les tout-petits et chez les enfants et adolescents, la mortalité due aux cancers a considérablement augmenté. L’incidence des mélanomes a explosé pour passer de 3,6 % à plus de 130, 2 % au-dessus du taux d’incidence de l’État de Californie. Le comté a désormais le taux le plus élevé de tous les comtés californiens.

Les rapports dont on vient de parler démontrent une fois de plus le fait scientifiquement établi qu’il n’existe pas de dose de radiation, si minime soit-elle, qui soit sans danger, étant donné que les éléments radioactifs dangereux s’accumulent constamment dans notre corps.

Par conséquent, chaque fois que le gouvernement japonais donnera l’autorisation de redémarrer un réacteur nucléaire, les habitants vivant dans un rayon de 25 km seront à nouveau soumis à un risque accru de contracter des maladies mortelles.

Pour terminer, l’Associated Press (AP) vient de publier une enquête montrant que trois-quarts des sites nucléaires commerciaux américains laissent échapper du tritium radioactif, souvent dans les nappes phréatiques, parce que les tuyaux enterrés sont corrodés. Qui plus est, au fur et à mesure que les réacteurs nucléaires américains vieillissent, le nombre et la gravité des fuites ont augmenté, alors même que les autorités de réglementation américaines prolongent les licences de plus en plus de réacteurs.

Si l’on considère l’ensemble des réacteurs japonais vieillissants, êtes-vous en mesure de garantir que ce genre de fuites ne se produira pas au Japon ?

Monsieur le Ministre, au vu de tant de preuves, et sans même parler de la possibilité d’accidents majeurs dans l’avenir, êtes-vous toujours, vous-même et le reste de l’administration de M. Abe, décidés à redémarrer les réacteurs ?

BRIAN VICTORIA, Kyoto

L’article original du Japan Times
Cet article a été repris en anglais sur le site Fukushima-is-still-news
« Fukushima is still news » a traduit cet article en français – merci
la mise en page est de «Vivre après Fukushima».


Brian a vécu au Japon plus de 20 ans et est un spécialiste du bouddhisme japonais. Après la fusion des cœurs de Fukushima, il s’est intéressé de plus en plus aux problèmes liés au nucléaire. Il a servi de traducteur et d’interprète à l’activiste antinucléaire et pédiatre Helen Caldicott, pendant sa série de conférences au Japon au printemps 2014.
Brian Victoria, Le Zen en guerre 1868-1945, Paris, Éditions du Seuil, 2001, 363 pages, numéro ISBN : 2020412586, langue française (traduit de l’anglais par Luc Boussard).
http://www.zen-occidental.net/ndl/victoria1.html


Notes

– Il y a eu des études également en France sur la survenue des cancers sous le vent des centrales nucléaires:

Au sujet de l’augmentation des leucémies chez les enfants vivant à proximité des centrales nucléaires françaises:
L’association l’ACRO souhaite attirer l’attention du public sur une nouvelle étude qui met en évidence une augmentation significative du nombre de leucémies chez les enfants vivant dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires françaises.
L’étude vient d’être acceptée dans un journal scientifique avec comité de lecture :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ijc.27425/abstract
Voir le communiqué de l’ACRO du 10 janvier 2012

– La nocivité des faibles doses est maintenant prouvée par plusieurs études scientifiques dont les études « BEIR ». Des faibles doses de façon continue semblent même plus toxiques qu’une exposition unique.
Voir une présentation de ces études dans l’article:
«A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé»
sa version imprimable

Le 11 juillet 2014- mis à jour les 14 et 16 juillet


Juil 09

Du césium 134/137 a été trouvé dans le corps de 20 habitants de Kashiwa dont 11 ont moins de 6 ans

Le 3 juillet 2014, la municipalité de Kashiwa, préfecture de Chiba, a annoncé qu’ils avaient trouvé du césium 134/137 dans le corps de 20 habitants.

Carte kashiwa
Kashiwa est à 200km de la centrale accidentée, à 30 km du centre ville de Tokyo.

Pour les habitants de moins de 18 ans et les femmes enceintes, la municipalité de Kashiwa participe partiellement au coût des examens par le compteur corps entier. Cet examen donne une estimation de l’exposition interne aux polluants radioactifs.
Les examens se sont déroulés entre le 1er novembre 2012 et le 30 juin 2014.


Du Césium 134 a été trouvé chez 1 des 369 examinés; il s’agit d’un enfant entre 1 et 6 ans. (4,55 Bq/kg)
Du Césium 137 a été trouvé chez 20 des 369 examinés; 11 avaient entre 1 et 6 ans.
Le record relevé a été de 16,11 Bq/kg.

La municipalité de Kashiwa déclare que la radioactivité totale que ces 20 personnes vont en recevoir sur le reste de leur vie restera en-dessous de 0,1 mSv.
La radioactivité minimale détectable par cet examen n’a pas été communiquée.

J’ai repris ci dessus un post du Fukushima-Diary
Les originaux en japonais:
http://www.city.kashiwa.lg.jp/soshiki/061500/p014001.html
http://www7a.biglobe.ne.jp/~kiyokomiyata/touzai/diary1209html.html


Notes:

On est en grande banlieue de Tokyo.

– La teneur normale du corps humain en Césium est de ZÉRO.
La radioactivité décelée ici est celle du Césium fixé dans le corps; son origine est essentiellement l’alimentation.
On sait que le gouvernement japonais autorise et favorise la commercialisation d’aliments contaminés par le Césium jusqu’à 100 Bq/kg (50 pour les enfants).
L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés avec les mêmes limites.

    – Le chiffre de radioactivité qu’annonce la municipalité : 0,1 mSv sur le restant de leur vie est un calcul théorique qui suppose :

  • Que le césium se dilue de façon homogène dans le corps.
  • Que le niveau de contamination actuel du sujet va rester stable.

Or, en fait
– le césium se concentre dans les muscles dont le coeur
– le Césium circule: une partie va être éliminée (ce qui explique les bienfaits des séjours en zone non contaminée)
Il sera remplacé par de nouveaux atomes de Césium si l’alimentation reste contaminée.

A cette contamination interne par l’alimentation s’ajoute l’irradiation externe due au Césium (et autres contaminants)déposé dans l’environnement. Le gouvernement japonais veut que les gens retournent habiter dans des zones qui les irradient jusqu’à 20mSv/an; femmees enceintes et enfants inclus.

Le dr Bandajevski a déterminé à Tchernobyl que la présence de césium 137 dans le corps détermine des altérations de l’électro-cardiogramme à partir de 10 Bq/kg. La fréquence et la gravité des troubles cardiaques sont fonction de la concentration du Césium dans le corps.
Voir la publication du dr Bandajevski «Césium 137 et coeur».

On sait maintenant que même les faibles doses peuvent être nocives, à partir du premier Becquerel. Les enfants, nés et à naître sont les plus sensibles à la pollution radioactive. Des mouvements citoyens demandent au gouvernement de ne pas obliger les enfants à vivre en territoire radioactif et de leur fournir une alimentation saine.

Voir l’article concernant les faibles doses
la version imprimable de l’article

le 9 Juillet 2014


Juil 07

Mari Takenouchi mère et journaliste japonaise appelle à l’évacuation des enfants de Fukushima

Mari Takenouchi est une journaliste freelance japonaise. Depuis le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima, elle couvre inlassablement les événements et cherche à alerter sur la situation des populations.

mari Takenouchi et son filsElle vient de mettre en ligne une pétition internationale demandant l’évacuation des femmes enceintes et des enfants de Fukushima.

Dans ce texte, la journaliste freelance rappelle les mensonges du gouvernement et les pressions qu’elle a elle-même subies depuis qu’elle dénonce les dangers de la vie en secteur contaminé.
Elle demande notre soutien.

Tous les renseignements sur sa demande d’évacuer les enfants des zones contaminées, sur sa demande que pour que cessent les persécutions concernant les lanceurs d’alerte
sont ici sur le fukushima-blog que je vous invite à visiter, quelle que soit votre position quand aux pétitions.

Vous y trouverez également une video nous montrant, le dr Yamashita, propagandiste du nucléaire, proférant ses incroyables mensonges.

le 7 Juillet 2014


Juil 01

Ballade dans un parc à Koriyama – Aide aux enfants

De nombreux points chauds dans un parc «décontaminé» et ouvert au public à Koriyama.

situation de Koriyama

(Traduction de l’article du site «Sauvez les enfants des radiations»)

Le Kaiseiazan-parc est le parc le plus populaire de la ville de Koriyama.
Mr Masa a visité ce parc avec un compteur Geiger et a fait un court film de sa visite.

Trois ans et demi ont passé depuis le désastre nucléaire; le parc a été décontaminé et un compteur dans le parc indique moins de 0,3 µSv/h.
(ndtr: le niveau de fond normal au Japon était «avant Fukushima» de moins de 0,10 µSv/h)
Le compteur personel de Masa a indiqué des valeurs supérieures en maints endroits du parc; des valeurs sérieusement élevées ont été trouvées dans la boue accumulée au sol.
Il y a de ces « micro-points chauds » partout dans le parc.
https://youtu.be/EzZTOZAt3vQ

Le website de Masa フクシマンマサのブログ
Le site de «Sauvez les enfants des radiations»


Accueil d’enfants de Fukushima en France

Fukushima-blog nous signale une initiative qui a pour but d’offrir des vacances « propres » à des enfants de Fukushima:

Vous pouvez aider les enfants
Depuis 2012, des citoyens s’organisent pour accueillir des enfants de Fukushima dans le sud de la France.
L’objectif ? Sortir ces enfants des zones contaminées pour préserver leur santé et leur permettre de retrouver des moments d’insouciance et de véritables jeux d’enfants.
En second lieu, cet événement annuel sert aussi à médiatiser les conséquences de la catastrophe nucléaire et à alerter sur les dangers qu’encourent ces enfants sur le long terme.
Pour l’accueil 2014, un appel au don est lancé afin d’accueillir le plus d’enfants possible. Et les dons sont possibles à partir de 5 €. Pour une fois, nous pouvons tous aire quelque chose !

Pour voir la suite de l’article, cliquer ici ou sur l’image

bannière

Le projet pour les enfants de Fukushima

le 1er Juillet 2014