Mai 30

La visite de Naoto Matsumura en France

Naoto Matsumura vit à Tomioka. Il est une des rares victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima à être restée vivre dans la zone interdite.

Naoto Matsumura

Naoto Matsumura
Cliché Fukushima-blog

Il a refusé d’abandonner ses animaux et il s’occupe également des animaux abandonnés errant dans la zone interdite

En mars 2014, il est venu en France, en Allemagne et en Suisse pour témoigner de ce qui lui est arrivé, de ses choix et de son combat.

Je vous invite à aller sur le site
Fukushima-blog,
voir le reportage consacré à sa visite

Vous y trouverez une sélection de messages qu’il a portés de Paris à Genève, en passant par Bure, Fessenheim ou le Parlement européen.

N. Matsumura au lycée de Barr

Accueil chaleureux de Naoto Matsumura au lycée de Barr le 10 mars 2014 où celui-ci a reçu des guirlandes de grues en origami
cliché Fukushima-blog

30 Mai 2014


Mai 27

Mari Takenouchi, journaliste japonaise et mère indignée

Mari Takenouchi est une journaliste indépendante qui se bat contre la décision de son gouvernement de faire vivre les enfants en zone contaminée jusqu’à 20mSv/an et de leur donner des aliments contaminés.

Je confirme ce qu’elle dit du mauvais état de santé des enfants de Tchernobyl vivant et se nourrissant en milieu contaminé.
Voyez les articles des médecins sur place:
– La communication du Dr Galina Bandajevskaya (Belarus) pédiatre, cardiologue,au forum de Genève du 12 Mai 2012 sur la santé des enfants au Belarus.
Césium radioactif et coeur:
Radioactive caesium and hearth (pathophysiologic aspects)- Extraits en français du livre paru à Minsk en 2001. Par Pr Y.I. Bandazhevski

Je confirme ce qu’elle dit du projet Ethos qui est une émanation du lobby nucléaire :
Voir dans les archives de la CRIIRAD:
Une structure écran au service du nucléaire (Corinne Castanier)
Les mensonges clés par le Dr Michel Fernex.

Par contre elle fait une erreur sur les chiffres concernant la comparaison entre les aliments contaminés et des déchets radioactifs. Ce qu’elle veut dire c’est qu’il est scandaleux d’obliger à nourrir les enfants avec des aliments contaminés.Voyez la note de Kna plus bas.

Prenez 36 minutes pour voir cette video bien documentée
que KNA nous a sous-titrée en français.
https://youtu.be/ccYPtQwPx78


Le commentaire de KNA:

Published on May 18, 2014

Mari Takenouchi est une journaliste indépendante japonaise, aux prises avec la justice de son pays pour un simple et unique tweet, où elle met en cause le projet ETHOS, visant à maintenir et faire revenir les habitants de Fukushima dans les zones contaminées par l’accident nucléaire de 2011.
Dans cette vidéo, Mme Takenouchi explore les rouages et les liens du projet ETHOS, ayant déjà sévi au Bélarus entre 1996 et 2001 suite à la catastrophe de Tchernobyl. Après ce premier exercice couronné d’autosatisfaction, le bilan réel serait en fait selon une pédiatre locale, un nombre d’enfants gravement malades à cause de la radioactivité multiplié par 10.

Nous apprenons aussi qu’étant soi-disant piloté par une ONG, ETHOS est en fait financé par les lobbies pro-nucléaires, où l’on retrouve des noms comme le CEPN, le CEA, EDF, l’IRSN et AREVA. Quant au directeur historique du projet, M. Jacques Lochard, c’est en fait un économiste français, vice-président de la Commission internationale de protection radiologique, travaillant également avec le CEA. Logique, quand on sait qu’ETHOS se préoccupe surtout d’aspects économiques, culturels et sociaux, et très peu de la santé des résidents et des enfants. Est-il alors étonnant que les autorités japonaises suppriment par exemple des statistiques sur les cas de leucémies qui avaient cours avant 2011, ne révèlent pas toute la gravité des cancers de la thyroïde, et refusent de pratiquer des tests génétiques qui permettraient de cibler la cause radio-induite de ces cancers ? Pas vraiment…

Finalement, Mme Takenouchi se retrouve depuis fin janvier accusée « d’outrage criminel » suite à une plainte en justice de la directrice d’ETHOS Fukushima, Mme Ryoko Ando, pour un simple tweet jugé trop critique envers celle-ci et l’ancien Premier ministre Nakasone, l’homme qui a introduit le nucléaire au Japon dans les années 50.

Une pétition pour soutenir Mme Takenouchi attend vos signatures à l’adresse http://bit.ly/MariTakenouchi
(Note: au 27 mai, la justice a abandonné toute poursuite à l’égard de Mme Takenouchi)
Consultez également ses blogs et les ressources citées dans la vidéo, liens ci-dessous.

Nota (☢) : Je pense que Mme Takenouchi fait erreur quand elle compare les aliments au Japon avec les déchets nucléaires faiblement radioactifs. Au Japon, selon plusieurs sources comme l’AIEA, la NRA et la JAEA, le « clearance level », le niveau sous lequel une source radioactive n’est plus soumise à la réglementation, est pour le césium 137 de 0,1 Becquerel / gramme, soit 100 Bq/kg. Tout ce qui est situé sous ce niveau, y compris les aliments, ne relève pas de la réglementation sur les déchets radioactifs. Au dessus de ce niveau commence la plage des déchets de très faible activité (VLLW), puis des déchets de faible activité (LLW), etc.
http://www.jaea.go.jp/english/04/ntokai/backend/backend_01.html
http://jolissrch-inter.tokai-sc.jaea.go.jp/pdfdata/JAEA-Technology-2011-003.pdf
Finalement, Mme Takenouchi me demande de préciser que ce qu’elle voulait souligner, c’est qu’il devrait être inapproprié d’appliquer le même seuil d’exemption aux déchets et à l’alimentation. Voilà qui est fait.

Sources citées dans la vidéo :
❶ http://www.icrp.org/publication.asp?id=ICRP+Publication+111
❷ http://savekidsjapan.blogspot.fr/2013/01/blog-post_4503.html
❸ http://www.dailymotion.com/video/xr56pr_controverses-nucleaires_news
❹ http://www.ratical.org/radiation/radioactivity/Chroniccs137iico.pdf
❺ http://harmonicslife.net/Blog/2011/GensBlog/20111004/lesvos_V1_2sE.pdf
❻ http://www.pnas.org/content/early/2011/05/18/1017137108.abstract
❼ https://ochanet.unocha.org/p/Documents/Chernobyl_2000.pdf

http://youtu.be/y3wY9j_bguQ
http://savekidsjapan.blogspot.jp/
http://maritakenouchiyoutube.blogspot.jp
http://koukaishitsumon.blogspot.jp/

Transcription Kna60, relecture Mari Takenouchi.
Traduction Kna60, relecture Odile Girard, http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/
Sous-titrage Kna60, http://kna-blog.blogspot.com


Mai 25

De Fukushima en Californie – partout les risques et la contamination sont minimisés

Une interview de Kevin KAMPS, spécialiste en déchets nucléaires, par une chaîne de télévision californienne le 27 mars 2014.

Une utile mise au point sur la situation au Japon et sur la côte californienne.

Au Japon, les risques restent énormes; le flux d’eau polluée par la radioactivité est sur le point d’atteindre les côtes Californiennes après avoir traversé l’océan pacifique; nulle part, le nucléaire n’est réellement sûr.

https://youtu.be/92LdX7hB1cA
Merci encore à KNA pour le sous-titrage en français

25 Mai 2014


Mai 22

Fukushima, Avril 2014: 50 cas de cancer de la thyroïde chez les enfants

17 de plus en 3 mois.

D’après un article du Japan Times

La préfecture de Fukushima a confirmé le 19 Mai 2014 que 50 enfants de la préfecture sont atteints d’un cancer de la Thyroïde.
Soit 17 nouveaux malades depuis décembre 2013.

De plus, on suspecte un cancer de la thyroïde chez 39 enfants.

Bilan effectué sur les données de fin Mars 2013
Les examens concernent 370.000 habitants dont 80% ont été examinés. Ils portent sur des jeunes qui avaient 18 ans ou moins le jour de l’accident nucléaire de Mars 2011.

La préfecture compte avoir effectué tous les examens en Août prochain. Elle fera alors une nouvelle communication.


Notes

Sans surprise la préfecture précise qu’il est difficile d’attribuer cette extraordinaire augmentation des cas de cancer de la thyroïde à la triple fusion des coeurs de la centrale nucléaire de Fukushima dai ichi.
Les experts promettent de reconsidérer la question en Août prochain….

Le cancer de la Thyroïde est, dans les conditions normales, très rare: 1 à 3 par an et par million d’enfants.
Ici, les enfants japonais de Fukushima en sont à 50 en 3 ans pour 296.000, soit 56 par an pour 1 Million.
Et on ne compte pas les 39 cas suspects, en cours d’examens.

Les experts du nucléaire pourraient nous dire à quoi ils pensent attribuer cette épidémie de cancers.
La préfecture ne semble plus communiquer sur les malformations congénitales, les avortements et naissances de morts-nés; ni sur les leucémies.

Quand à la fatigue des enfants, les saignements de nez à répétition, souvent mentionnés par les parents et les enseignants, ils sont également écartés par les « autorités » comme n’ayant rien à voir avec l’accident nucléaire.
Je n’ai aucun renseignemnt sur les autres préfectures japonaises.

Le 22 mai 2014


Mai 15

Un saignement de nez qui émeut jusqu’au gouvernement japonais !

Un Manga qui offense le gouvernement !

Jusqu’à présent le manga hebdomadaire «Oishinbo» ne parlait que de gastronomie. Et voici que dans les pages des 28 Avril et 12 mai, le héros a un saignement de nez après avoir visité la centrale détruite de Fukushima Dai ichi. Dans ce même manga, d’autres personnages déconseillent aux gens de vivre à Fukushima; un professeur agrégé qui apparait sous son vrai nom dans la parution du 12 mai y affirme qu’il est impossible de décontaminer toute la préfecture et de la rendre à nouveau habitable. Katsuka Idogawa, l’ancien maire de Futaba y est cité aussi sous son vrai nom.
Il n’y a aucune mention des rayonnements, mais le lien est évident.

La page du manga Oishinbo en cause

La page du manga Oishinbo en cause

Réaction offensée de la préfecture de Fukushima:
« les sentiments des gens de Fukushima ont été totalement ignorés et profondément blessés.» «Cette publication pourrait gravement nuire à l’agriculture, la foresterie, la pêche et au tourisme
La préfecture a protesté auprès de l’éditeur, affirmant qu’«il n’y a aucun cas confirmé de dommages directs causés à la santé par les matières radioactives émises par l’accident nucléaire».
[ils ont déjà oublié les cancers de la thyroïde ?]

Le gouvernement a réagi: «Il a été précisé par les experts qu’il n’existe pas de lien de causalité entre l’exposition aux rayonnements et les saignements de nez».

Même l’Université appelle les enseignants à la réserve suite à la citation du professeur agrégé.

Les divers protagonistes résistent à la pression des autorités

Tetsu kariya, le créateur du manga Oishinbo

Tetsu kariya, le créateur du manga Oishinbo


– Le professeur à confirmé.
– Katsuka Idogawa, l’ancien maire de Futaba ( voir son interview à la télé russe> ) a confirmé ce que le manga lui attribue.
– Les dirigeants du magazine ont annoncé qu’ils ne modifieraient pas le manga.
– Tetsu Kariya, le créateur de Oishinbo: «J’assume l’entière responsabilité de ce qui apparait dans le manga».

Information tirée en majeure partie de l’article en anglais de l’Asahi Shimbun


Dans le même temps, une journaliste libre, Mari Takenouchi est tracassée par la police à cause d’un Tweet où elle mettait en cause le programme ETHOS et sa directrice japonaise.

Le programme ETHOS est un programme international qui a débuté en Europe à Tchernobyl. Son but était de favoriser le retour des populations dans les zones contaminées et la reprise de l’économie.
Effectivement des populations vivent dans des zones contaminées autour de Tchernobyl mais la santé des enfants est mauvaise et cela ne fait qu’empirer.
Voir l’article du Pr Fernex sur l’action de Ethos à Tchernobyl

Voir les articles sur la santé des enfants dans la région de Tchernobyl à la rubrique « Documents » en haut de page.Spécialement l’article du dr Bandajevskaya

ETHOS est maintenant à l’oeuvre au Japon avec toujours le même but: inciter les gens à revenir vivre en zone contaminée.
Alors que plusieurs organisations japonaises demandent que les enfants au moins soient évacués des zones contaminées.


Mari Takenouchi

Mari Takenouchi

Le blog de Mari Takenouchi
Articles de journaux au sujet de Mari Takenouchi:
http://nuclear-news.net/2014/05/12/what-will-happen-on-mothers-day-for-mari-takenouchi/

http://enenews.com/vice-japan-mother-fled-radiation-jail-tweet-critical-nuclear-lobbyist-fukushima-police-travel-1000-miles-interrogate-her-examine-computer-officer-only-prefecture-potentially-dangerous-criminal

Un article du Pr Fernex sur l’action d’ ETHOS à Tchernobyl


Note

Pourquoi cette inquiétude devant les saignements de nez des enfants qui sont en principe sans gravité ?
Tout d’abord, il n’est pas tout à fait normal que dans une famille un ou des enfants saignent souvent du nez; des professeurs des écoles signalent régulièrement que beaucoup de leurs élèves saignent du nez.
Les parents voient leur demande de soins rejetée systématiquement; pourquoi les autorités refusent-elles de voir ce symptôme et de l’examiner ?
En 1945, juste après les explosions de Hiroshima et Nagasaki, les saignements de nez ont été les premiers symptômes de la grave maladie des radiations chez des survivants qui semblaient ne pas avoir été atteints par les radiations. Les japonais le savent.

le 15 mai 2014


Mai 10

L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés au Césium.

Depuis le 28 Mars 2014, l’Europe s’est alignée sur les normes japonaises en ce qui concerne la pollution radioactive des aliments importés du Japon

Le texte officiel:
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) No 322/2014 DE LA COMMISSION du 28 mars 2014 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires, et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon, à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima.
C’est dans le journal officiel de l’Union européenne du 29 mars 2014

le texte officiel

L’Europe autorise donc l’importation d’aliments contaminés par les Césiums

A noter que seuls sont contrôlés les Césiums 134 et 137
Aucun contrôle ne semble fait sur le Strontium, Plutonium, le Tritium.
A noter aussi qu’il y a de nombreuses exceptions aux contrôles en fonction de l’origine et de la nature des aliments

Ces limites sont-elles stables ?

Les « autorités » semblent désirer relever le niveau de contamination que nous sommes autorisés à subir:

Voici un extrait du communiqué de presse de la présidence française suite à la visite du premier ministre Japonais ABE en Mai 2014.

(13) Concernant le nucléide radioactif dans les produits alimentaires et les fourrages provenant du Japon, le Japon se félicite de la compréhension de la France pour une révision des mesures de restriction de l’UE fondée sur des données scientifiques et le « CODEX pour les contaminants et les toxines dans les aliments ».

Il est aussi question dans le communiqué d’une coopération sur le projet ITER (réacteur thermonucléaire expérimental international), sur le projet de réacteur de quatrième génération ASTRID (une nouvelle tentative semblable à celle de Super-Phénix). Voyez le communiqué.

Le 10 Mai 2014


Note

Voici une citation du livre de JJ DELFOUR: La CONDITION NUCLÉAIRE
que je vous ai présenté récemment:

Il est parfaitement logique, pour les politiques et les industriels du nucléaire, de minimiser, voire de dénier, l’impact sanitaire et la dangerosité des machines nucléaires dans la mesure où les premiers en tirent du pouvoir et les seconds du profit.
La condition nucléaire – JJ Delfour – page 18


Mai 06

Malformations congénitales et accident de Tchernobyl.

J’ai trouvé cette video passionnante.
Elle nous montre comment une équipe internationale libre a réalisé une étude sérieuse sur la fréquence de malformations congénitales dans une région d’Ukraine touchée par Tchernobyl.

Il s’agit ici des Spina bifida et des microcéphalies.
Le dr Wladimir Wertelecki, pédiatre et généticien, nous montre comment s’est organisée une telle étude, comment elle tient compte de multiples facteurs, comment l’équipe a découvert et confirmé des choses inattendues.
Il nous en montre les limites, les questions qu’elle soulève tant pour l’Ukraine que pour le Japon et nous tous.
Surtout cette étude est utile: il en tire des conclusions pratiques , à même d’améliorer l’état de santé des populations.

«La prévention vient en premier, pas l’épidémiologie» (Dr Wertelecki)

Concernant Fukushima, où sont les études, les statistiques, les données
sur l’impact de la catastrophe sur les nouveaux-nés depuis 3 ans ?
Quelles actions ont été entreprises en faveur des populations et des enfants à naître ?

Equipe internationale libre: aucun financement officiel, aucune subordination à OMS ni AIEA.
Le Dr Wladimir Wertelecki, nous montre que l’OMS, vassale de l’AIEA se garde bien d’aller enquêter là où il faut et écarte délibérément toute mise en cause de l’exposition à la radioactivité. Lorsque les conclusions d’une ou plusieurs enquêtes lui déplaisent, elle refuse d’en tenir compte (par exemple:l’augmentation des cas de Leucémie autour des installations nucléaires).
Nous apprenons ainsi que l’EUROCAT, un réseau de surveillance européen des anomalies congénitales, n’a mené aucune étude en Ukraine, et que le principal sujet d’étude où vont les crédits est l’alcool, en tant que cause des anomalies à la naissance…

Video réalisée à l’occasion du symposium « The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident » (Conséquences médicales & environnementales de l’accident nucléaire de Fukushima) organisé par la fondation Helen Caldicott les 11 & 12 Mars 2013 à New York.

    Quelques précisions avant de visionner cette video:

  • OMS: Organisation Mondiale de la Santé. Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
  • Affection héréditaire: c’est une anomalie due à une altération des chromosomes. Elle se transmet de génération en génération.
  • Affection congénitale (l’objet de cette étude): c’est un embryon qui a des chromosomes en bon état mais qui a un « accident » dans son développement. C’est le cas du Spina bifida. L’accident peut être provoqué par des virus, l’exposition à des toxiques (alcool, tabac, médicaments: thalidomide) l’exposition aux rayonnements ionisants, des carences alimentaires.
  • J’ai mis quelques indications sur le Spina Bifida et la Microcéphalie ici en bas de page

https://youtu.be/-qsedHFLXQk
Sous-titrage français par KNA


Les Défauts du Tube Neural:

Ce sont des malformations congénitales du système nerveux central et des strucures adjacentes; elles sont liées à un défaut de fermeture du « tube neural » entre 3° et 5°semaines de la gestation.
Le « tube neural » est la structure qui chez l’embryon très jeune va former la Möelle épinière et le cerveau.
L’empilement des vertèbres va former un canal qui contient la moëlle épinière avec ses nerfs.

Le Spina Bifida

Il est consécutif à une mauvaise fermeture de ce tube neural.
Les enfants souffrent de paralysies et de troubles sensitifs plus ou moins importants des jambes, des fesses, de la vessie, de l’intestin, de l’anus.

Les causes en sont mal connues(alcool, tabac, autres facteurs dont les radiations). On sait par contre que l’absorption par la mère, dès AVANT la conception, d’acide folique réduit considérablement le risque que l’enfant à naître ait un Spina bifida

L’hydrocéphalie accompagne 70 % des cas de Spina Bifida. C’est un défaut de drainage du Liquide céphalo rachidien au niveau de la boite cranienne.Elle nécessite la mise en place d’un drain pour évacuer ce liquide céphalo-rachidien. Si on ne met pas ce drain en place, le cerveau est comprimé et l’enfant a de très gros troubles mentaux avec une tête énorme.

Documentation:
Un site canadien
Le Site du CHU de Rouen
La Fédération française des associations du Spina Bifida


La microcéphalie

La microcéphalie désigne la taille anormalement petite du crâne. On la détecte par les échographies pré-natales et tout au long de la croissance du nourrisson par la mesure du périmètre cranien. Elle est la conséquence soit d’un arrêt de développement du cerveau, soit de la soudure trop précoce des os du crâne.

    Les symptômes de la microcéphalie sont :

  • une taille de crâne inférieure à la normale, estimée par la mesure du périmètre crânien
  • un retard mental plus ou moins profond.

La microcéphalie est congénitale: c’est un accident de la croissance du foetus.

Pour éviter les anomalies de l’enfant à naître et notamment la microcéphalie, il est important que la grossesse se déroule au mieux et que la mère ne consomme pas de substance toxique pour le développement du foetus, comme l’alcool, le tabac, les drogues. Le dr Wertelecki suggère que l’effet des radiations ionisantes soit étudié (Alors que l’OMS se cantonne à l’effet de l’alcool).
Plus d’info sur santé-médecine

Retour à la video


Mai 03

Fukushima, ils mentent au monde entier
K. Idogawa 24.04.14

Une interview du maire de Futaba au moment de la catastrophe

Voici la video sous-titrée en français de l’interview de l’ex maire de Futaba depuis Moscou par Sophie Shevardnadze:

Futaba est la commune sur laquelle est bâtie la centrale atomique Dai Ichi, ruinée le 11 Mars 2011
Le maire, Mr Katsuka Idogawa avait pris l’initiative de faire évacuer rapidement ses administrés, sans attendre l’autorisation du gouvernement. Par la suite il n’a pas accepté un retour précoce dans la ville.

Interview du Maire de FUTABA, 21 avril 2014
Sous-titrage par KNA

https://youtu.be/OEbrJWZxRcE
La video originale en anglais:
http://rt.com/shows/sophieco/fukushima-disaster-radiation-children-740/
Vous pouvez lire le texte français de l’émission dans mon billet précédent. Il y a quelques différences mineures dues aux traductions successives.

Le 3 mai 2014


Mai 01

Une interview du maire de Futaba au moment de la catastrophe de Fukushima

Sophie Shevardnadze interviewe l’ex maire de Futaba depuis Moscou:

Futaba est la commune sur laquelle est bâtie la centrale atomique Dai Ichi, ruinée le 11 Mars 2011
Le maire, Mr Katsuka Idogawa avait pris l’initiative de faire évacuer rapidement ses administrés, sans attendre l’autorisation du gouvernement. Par la suite il n’a pas accepté un retour précoce dans la ville; son mandat de maire n’a pas été renouvelé.

Interview du Maire de FUTABA, 21 avril 2014
http://rt.com/shows/sophieco/fukushima-disaster-radiation-children-740/
Traduction de l’anglais par Pectine, avec l’aide d’Odile Girard.

La tragédie de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima a eu lieu il y a près de trois ans. Depuis lors, la radioactivité a contraint des milliers d’habitants à quitter leur maison, et a entraîné de nombreux décès. Il a fallu beaucoup d’efforts pour empêcher la fusion complète de la centrale. Mais est-ce que les effets secondaires ont complètement disparu? Tokyo dit que oui, et affirme également que le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour ceux qui ont souffert de la catastrophe.
Cependant, des faits troublants émergent parfois. Pour faire un peu de lumière sur le mystère des suites de Fukushima, Sophie Chevardnadzé s’entretient avec l’ancien maire de l’une des villes sinistrées. Katsutaka Idogawa est sur ​​SophieCo aujourd’hui.

Sophie Chevardnadze : M. Idogawa, bienvenue dans notre émission. Votre ville de Futaba était fortement dépendante des subventions provenant des réacteurs nucléaires, et vous-même avez approuvé la construction de réacteurs supplémentaires. Avez-vous envisagé, à l’époque, que quelque chose pourrait mal tourner ?
Katsutaka Idogawa : Oui, je me doutais que c’était possible. Mais je ne m’attendais pas à un accident d’une telle ampleur.

SC :Vous l’avez dit précédemment, vous avez tout de suite su que le gouvernement, que TEPCO (l’exploitant de la centrale), allaient mentir sur les conséquences de l’accident de Fukushima. Quand avez-vous perdu confiance dans les autorités ?
KI : C’était avant même l’accident, quand j’ai commencé à voir les directeurs de la centrale. Je leur ai posé des questions sur les accidents potentiels dans une centrale nucléaire, en prétendant que je ne savais rien sur ce sujet ; et il s’est avéré qu’ils étaient incapables de répondre à beaucoup de mes questions. Franchement, c’est à ce moment-là que m’est venue à l’esprit l’idée que leur gestion ne prévoyait aucun plan d’urgence. C’est alors que j’ai réalisé que la centrale pourrait être dangereuse.

SC : Le 11 Mars 2011, le jour où le tremblement de terre et le raz-de-marée dévastateurs ont frappé le Japon … où étiez -vous ce jour-là ?
KI : Je n’étais pas à Futaba ce jour-là, j’étais dans les environs. J’étais allé dans une ville voisine pour affaires. C’est là que j’étais quand le séisme a frappé .

SC : Qu’est-ce que vous avez vu autour de vous ?
KI : Après le tremblement de terre, il n’y avait ni bâtiments détruits, ni tuyaux d’eau arrachés dans la ville où je me trouvais. Mais j’en ai vus sur mon chemin de retour à Futaba. Dès que le séisme est arrivé, j’ai sauté dans ma voiture et suis retourné à Futaba. J’ai réussi à y arriver avant le grand raz-de-marée. C’est seulement plus tard que j’ai réalisé que j’avais échappé à l’eau …

SC : Quand une catastrophe de cette ampleur se produit, il paraît qu’il est très difficile de contrôler ses émotions, qu’il est difficile se maîtriser, d’entreprendre quelque chose. Quelles ont été vos premières actions ?
KI : Le tremblement de terre a été très fort. Je n’arrêtais pas de penser: « Si c’est tellement fort, que va-t-il arriver à la centrale? Que faire si le réacteur est endommagé? Que faire si l’eau fuit? Qu’est-ce que la municipalité va faire? Que dois-je faire en tant que maire?»

SC : Je ne peux qu’imaginer combien vous avez été inquiet à ce moment-là. Vous rappelez-vous ce que vous avez fait tout de suite après la catastrophe?
KI : Il m’a fallu 20 à 30 minutes pour revenir à mon bureau à Futaba. Il y avait un embouteillage ; j’ai donc choisi un autre itinéraire, le long de la côte . A ce moment-là, je ne pensais qu’à une chose, revenir le plus tôt possible. J’ai entendu une alerte au tsunami sur mon autoradio. Les vagues des raz-de-marée n’avaient jamais dépassé 60 cm auparavant. J’ai pensé que, même si la vague était haute, elle mesurerait au maximum 6 mètres. Je n’ai absolument pas pensé que la route sur laquelle je me trouvais pourrait être détruite par le raz-de-marée.
J’ai eu de la chance. Le raz-de-marée est arrivé après, quand j’avais quitté cette route et atteint les montagnes. Je suis arrivé à mon bureau à Futaba, et j’ai commencé à inspecter les dommages. Je me suis rendu à tous les étages ; et au 4ème étage, j’ai regardé par la fenêtre. Habituellement, de là, on ne voit pas la mer ; mais cette fois-là, je pouvais la voir à seulement 300 ou 500 mètres. C’était un spectacle vraiment terrifiant.
Toutes ces pensées tourbillonnaient dans ma tête : « Que devrais-je faire? Comment évacuer les gens? Où aller? Comment pouvons-nous nous sauver?» J’ai compris aussi que la centrale serait endommagée ; et je ne savais pas quoi faire. Avec le recul, je pense que je n’ai pas assez bien géré la crise. Je pense que je ne me suis pas posé assez de questions.

SC : Si je comprends bien , vous avez tout de suite donné des ordres pour évacuer votre ville?
KI : Oui. Je n’ai pas dormi du tout cette nuit-là. Je regardais la télévision, car c’était la seule source d’information. Je n’arrêtais pas de penser à ce qu’il faut faire en cas de radioactivité, à la manière d’informer et d’évacuer les gens. Les téléphones portables ne fonctionnaient pas, il n’y avait pas de tonalité ; la radio était donc le seul moyen de communication.
Dans la matinée du 12 mars, j’ai annoncé une évacuation d’urgence. Je supposais que la radioactivité n’atteindrait pas les montagnes, et que nous serions en sécurité si nous quittions la ville. J’ai dit aux habitants d’aller à Kawamata, une ville à 50 km de là. Il n’y a qu’une route qui y mène, et elle était embouteillée.
Plus tard, j’ai appris que tous les résidents de Futaba n’avaient pas entendu mon annonce. Je me sens coupable à ce sujet. À l’époque, je croyais qu’il serait sans danger d’aller à Kawamata : cette ville était plus loin de la centrale que ce que le gouvernement recommandait, 10 à 20 km. Plus tard, j’ai découvert que la préfecture de Fukushima ne m’avait pas donné toutes les informations en temps utile. Et maintenant, le gouvernement ne prend aucune mesure pour assurer la sécurité des personnes contre la radioactivité ; et il ne surveille pas la mise en œuvre des procédures d’évacuation.

SC :Vous avez décidé d’évacuer les habitants de Futaba aussi loin que possible, sans consulter personne. Vous avez donc pris seul les décisions ?
KI : Notre ville a toujours eu un plan d’urgence en cas d’incendie ou d’accident à la centrale. Chaque année , nous avons fait des exercices spéciaux au cas où il y aurait un incendie à la centrale. Je pense que c’est le gouvernement central et les autorités de la Préfecture de Fukushima qui portent la plus grande responsabilité de ce qui s’est passé. En tant que maire, il est de ma responsabilité de prendre soin des habitants de Futaba. A ce moment-là, je n’avais pas le temps de demander conseil. J’ai essayé de joindre les autorités de la Préfecture, mais c’était le chaos absolu.
Il était impossible d’obtenir des conseils ou de tenir une réunion. J’ai donc choisi d’agir de mon propre chef, et j’ai décidé de commencer à évacuer les gens aussi loin que possible de la radioactivité.

SC : Votre ville est en train de déménager vers la ville voisine d’Iwaki. Est-elle en sécurité là-bas? Voyez-vous ce déménagement comme un nouveau départ pour les habitants?
KI : Je voudrais vous montrer un tableau des niveaux de radioactivité autour de Tchernobyl. Les niveaux de radioactivité autour de Fukushima sont quatre fois plus élevés qu’à Tchernobyl. Je pense donc qu’il est trop tôt pour que les gens reviennent à la préfecture de Fukushima. Vous pouvez voir ici les niveaux de radioactivité dans notre région, le Tohoku. C’est l’épicentre, et le rayon de la radioactivité est de 50 à 100 km ; de 200 km même, en fait. La préfecture de Fukushima est exactement au centre. La ville d’Iwaki, où les citoyens de Futaba se sont installés, est également dans la préfecture de Fukushima. Elle n’est en aucun cas sans danger, quoi qu’en dise le gouvernement. Exposer les gens aux niveaux actuels de radioactivité à Fukushima est une violation des droits de l’homme. C’est terrible .

SC : L’ordre d’évacuation a été levé pour certaines villes de la région de Fukushima ; mais vous êtes en train de nous dire que le gouvernement l’autorise, malgré les risques de la radioactivité ?
KI : la Préfecture de Fukushima a lancé une campagne de retour. Dans de nombreux cas, les personnes évacuées sont obligées de revenir. Voici une carte de la préfecture de Fukushima : les zones touchées par la radioactivité sont surlignées en jaune . Et vous pouvez voir que cette couleur couvre presque toute la carte. La contamination de l’air a un peu diminué, mais la contamination des sols reste la même.
Et il y a encore environ deux millions de personnes vivant dans la préfecture, qui ont toutes sortes de problèmes médicaux. Les autorités affirment que cela n’a rien à voir avec les retombées. J’ai demandé que les autorités justifient par écrit leurs affirmations, mais elles ont ignoré ma demande.

Des choses terribles sont en train de se passer à Fukushima. Je me souviens d’avoir été si profondément touché par les victimes de la tragédie de Tchernobyl, que je pouvais à peine retenir mes larmes à chaque fois que j’entendais des informations à leur sujet. Et maintenant qu’une tragédie semblable s’est produite à Fukushima, le plus gros problème est qu’il n’y a personne pour nous aider.
Ils disent que c’est sans danger de revenir. Mais nous ne devons pas oublier les leçons de Tchernobyl. Nous devons protéger nos enfants. J’ai parlé aux autorités locales, à différents endroits de Fukushima, mais personne n’a voulu m’écouter. Ils croient ce que dit le gouvernement, alors qu’en réalité la radioactivité est toujours là. Elle est en train de tuer les enfants. Ils meurent de maladies cardiaques, d’asthme, de leucémie, de thyroïdite … Beaucoup d’enfants sont complètement épuisés après l’école ; d’autres sont tout simplement incapables de suivre des cours d’éducation physique. Mais les autorités cachent encore la vérité, et je ne sais pas pourquoi . N’ont-ils pas eux-mêmes d’enfants ? Cela fait très mal, de savoir qu’ils ne peuvent pas protéger nos enfants .

SC : J’ai appris que beaucoup d’enfants qui ont été évacués vivent maintenant de nouveau dans la zone de Fukushima ; de nouvelles écoles ont ouvert pour ces enfants , et vous dites qu’ils y subissent la radioactivité… Est-ce qu’on fait quelque chose pour aider les enfants touchés par les retombées nucléaires ?
KI : Officiellement, le gouvernement central et les autorités préfectorales disent qu’il n’y a pas de radioactivité. Ils ne font rien, et ils ne vont rien faire. Ils disent que la préfecture de Fukushima est sans danger. C’est pourquoi personne ne s’occupe d’évacuer les enfants, de les déplacer ailleurs. Nous ne sommes même pas autorisés à en discuter.

SC : Après la tragédie , le gouvernement voulait construire des centres de stockage de déchets nucléaires sur le territoire de Futaba. Vous y étiez opposé ; mais maintenant, à ce que je comprends, ces centres vont tout de même être construits. Craignez-vous que cela empêche les habitants de jamais revenir dans leur ville ?
KI : Les médias en parlent comme si la décision finale avait été prise. Mais ce n’est pas vrai. Le problème, c’est le processus de prise de décision. C’est pourquoi je continue à dire non.
Le gouvernement central prend toutes les décisions seul, de la façon qui lui convient. Il ignore les victimes. En fait, nous avons une règle dans notre pays qui dit que les décisions ne peuvent pas être prises sans consulter le peuple. Mais le gouvernement ignore cette règle et fait simplement tout à sa façon. Après tout, cette question dépend de l’avis des propriétaires fonciers. Tant qu’ils ne sont pas d’accord, rien ne peut arriver. Voilà comment les choses fonctionnent au Japon. Et même s’il y a eu beaucoup de spéculation, personne n’a encore consulté les propriétaires fonciers.
Les informations dans les médias suggérant que la décision finale a été prise sont donc prématurées. En réalité, rien n’a encore été décidé. A ce stade, ce qui va arriver n’est pas clair. Tout ce que nous savons actuellement, c’est qu’on va construire des entrepôts, et que les terrains seront nationalisés. La radioactivité est un gros problème aujourd’hui, mais même ce problème n’a pas encore été résolu.
Sans nous consulter, nous, le peuple, la Préfecture de Fukushima a annoncé que les gens allaient être relogés pour 30 ans hors de la préfecture. Mais ils n’ont pas réussi non plus à tenir cette promesse. C’est très déraisonnable. Toutes les décisions impopulaires ont été prises sans nous. C’est pourquoi je dis non depuis le début.

SC : Au début de l’émission, vous avez fait allusion à l’incapacité de TEPCO à gérer la situation à la centrale nucléaire. Ils luttent depuis plus de trois ans maintenant, pour contenir la situation. Pourquoi sont-ils en train d’échouer ?
KI : C’est dû à la façon dont fonctionne TEPCO . Le problème, c’est sa structure. Les personnes qui travaillent au siège bénéficient de conditions privilégiées. Mais ceux qui travaillent sur le terrain ont des conditions très difficiles. C’était comme ça même avant l’accident. C’est la façon de fonctionner de cette entreprise.
Lorsque l’accident s’est produit, TEPCO ne pouvait pas donner les noms de personnes responsables, ni à nous, ni à ses propres employés . Ils ne pouvaient pas le faire, parce que l’entreprise n’a pas de vrais professionnels.
Même avant l’accident, j’allais parfois à leur bureau en tant que maire, et je leur posais des quantités de questions : « Est-ce que vous formez votre personnel? Est-ce que tout va bien? Y a-t-il un risque que votre équipement ancien soit défaillant?» En réponse, ils ne m’ont donné que beaucoup de belles paroles. Mais ils n’ont pris aucune mesure concrète ; ils n’ont pratiquement jamais fait quoi que ce soit. TEPCO a une trop haute idée d’elle-même, et délègue presque tout à des sous-traitants. C’est pourquoi, quand quelque chose se produit, il n’y a personne qui puisse être tenu pour responsable.
De plus, la société ne suit pas la situation sur le terrain. Aujourd’hui-même , nous avons reçu un rapport disant qu’ils ont fait une erreur et utilisé une mauvaise pompe. Le résultat, c’est que de l’eau contaminée s’est retrouvée là où il ne fallait pas.
Quant à la restauration de la ville, je suis vraiment inquiet de l’avenir de ma ville natale, l’avenir de Futaba.

SC : Maintenant, des sans-abri japonais sont recrutés pour participer au grand nettoyage. Sont-ils une force de travail adaptée à cette tâche ? Est-ce parce qu’il y a un manque de travailleurs qualifiés, ou parce que ces personnes sont considérées comme une sorte de « matériel jetable » ? Est-ce même seulement vrai ?
KI : Malheureusement , c’est vrai . Si vous n’utilisez des travailleurs que ponctuellement, vous n’avez pas besoin de surveiller la radioactivité ; vous n’avez pas besoin de prendre soin de leur santé.
Nous devons respecter les gens, prendre soin d’eux. Quand il parle des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 , le Premier ministre Abe aime parler de l’hospitalité japonaise, et il utilise le mot japonais «omotenashi», qui signifie littéralement que vous devez traiter les gens «avec générosité». Mais ce n’est pas ce que nous voyons dans notre situation. Tandis que le Premier ministre Noda était préoccupé par son auto-promotion, les autorités ont commencé à moins se soucier des gens qui travaillaient à la centrale de Fukushima. Leur matériel s’est détérioré ; leur formation a empiré. Alors, les gens devaient d’abord penser à leur sécurité.
C’est pourquoi ceux qui ont compris le danger réel de la radioactivité ont commencé à s’en aller. Maintenant, ce sont des non professionnels qui travaillent là-bas. Ils ne comprennent pas vraiment ce qu’ils font. C’est eux qui utilisent la mauvaise pompe, qui font des erreurs comme ça .
Je suis particulièrement préoccupé par leurs dirigeants. Il me semble que leurs chefs d’équipe ne sont pas de vrais professionnels. Ils ne savent pas ce qu’ils font. J’ai vraiment honte pour mon pays, mais je dois dire la vérité pour préserver à l’avenir la propreté de la planète.

SC : Est-ce que le fait que le gouvernement a dissimulé pendant si longtemps l’ampleur réelle de la catastrophe a à voir avec la crainte traditionnelle japonaise de « perdre la face » ?
KI : C’est seulement qu’ils voulaient éviter d’assumer leur responsabilité .

SC : Non, je comprends, mais pourquoi garder le silence pendant si longtemps? Ils n’ont pas dit au monde à quel point la situation était mauvaise. Pourquoi?
KI : Il y a eu quelques chapitres tristes dans l’histoire du Japon. La même chose s’est déjà produite à propos de Hiroshima et de Nagasaki. Les autorités ont menti à tout le monde. Ils ont dit qu’il n’y avait pas de danger. Ils ont caché la vérité. C’est la situation que nous vivons actuellement. Il ne s’agit pas seulement de Fukushima. Le Japon a une part sombre dans son histoire. C’est une sorte de sacrifice au passé.

SC : Le rapport des Nations Unies sur les retombées radioactives de Fukushima affirme qu’il n’y a eu aucun décès lié à la radioactivité, et qu »aucune maladie aiguë n’a été observée chez les travailleurs ou le grand public exposés. Ce n’est donc pas si dangereux, après tout? Ou bien, est-ce qu’il n’y a pas suffisamment d’informations pour faire une évaluation correcte? Qu’en pensez-vous ?
KI : Ce rapport est complètement inexact. Le rapport a été écrit par un représentant du Japon, le Professeur Hayano. Représentant le Japon, il a menti au monde entier. Lorsque j’étais maire, j’ai appris que beaucoup de gens sont morts d’une crise cardiaque ; et ensuite, il y a eu beaucoup de gens à Fukushima qui sont morts subitement, même des jeunes. C’est une véritable honte que les autorités cachent la vérité au monde entier, et à l’ONU. Nous devons admettre qu’effectivement beaucoup de gens sont en train de mourir. Nous ne sommes pas autorisés à le dire, mais les employés de TEPCO aussi sont en train de mourir. Mais ils gardent le silence.

SC : Avez-vous une estimation des victimes ?
KI : Aujourd’hui, je n’ai pas les chiffres sur moi.

SC : M. Idogawa , nous avons seulement besoin d’une estimation, pour évaluer l’ampleur de la tragédie dont vous parlez .
KI : C’est une énorme responsabilité de donner des chiffres précis. Cela m’est difficile, parce que je n’ai pas étudié personnellement la question. Mais ce n’est pas seulement une ou deux personnes. Il s’agit de dix à vingt personnes qui sont mortes de cette façon.

SC : Vous dites que, malgré la catastrophe de Fukushima, le Japon prévoit de construire d’autres réacteurs nucléaires, pour finalement satisfaire au moins la moitié de ses besoins énergétiques grâce à l’énergie nucléaire. Évidemment, vous y êtes opposé. Mais le Japon n’a vraiment pas d’autre choix en termes d’énergie, n’est-ce pas ?
KI : Mais si, il en a d’autres. Le Japon a beaucoup de rivières, mais l’énergie hydraulique n’est pas utilisée du tout. Pourquoi? Parce que ce n’est pas aussi rentable pour les grandes entreprises. En fait, nous pouvons fournir de l’électricité à un grand nombre de personnes, même avec des investissements limités, sans impôts. Il suffit d’utiliser la gravité. Et on peut obtenir ainsi tellement d’énergie qu’on n’aura plus besoin de centrales nucléaires.

Et nous devons aussi changer nos lois. Il existe beaucoup de lois au Japon, peut-être trop. Il existe des lois sur les rivières et les façons de les utiliser. Nous pourrions changer les lois concernant l’utilisation agricole de l’eau et commencer à utiliser les rivières pour produire de l’électricité. Rien que changer cette loi nous permettra de produire beaucoup d’énergie.
Nous pouvons résoudre le problème en utilisant l’énergie naturelle, sans contaminer notre planète. Mais cela ne plaît pas aux grandes entreprises, parce que cela ne nécessite pas de gros investissements : on n’a pas besoin pour cela de construire des usines de grande puissance. Ce n’est pas rentable pour les investisseurs, pour les capitalistes.
Mais les gens au Japon commencent à réaliser que nous devons prévenir les catastrophes nucléaires, et 60 à 70 pour cent de la population sont favorables à l’utilisation des énergies naturelles. Il nous a fallu du temps, mais un jour nous allons suivre l’exemple de l’Europe, de l’Allemagne.

SC : Avez-vous personnellement subi les conséquences de la catastrophe ? Votre santé a-t-elle été affectée ?
KI : Maintenant, je suis rapidement épuisé, il m’est plus difficile de parler, j’ai souvent des rhumes. Ma vue s’est détériorée. J’ai une cataracte. J’ai mal à l’estomac. Ma peau est très sèche. J’ai une faiblesse musculaire dans différentes parties du corps. Ce sont les conséquences de la catastrophe.

SC : Avez-vous reçu des soins en tant que victime ?
KI : Non, je n’ai actuellement aucun traitement. En fait, il n’y a aucun endroit où je pourrais trouver de l’aide. Je vis maintenant à Saitama. L’hôpital le plus proche a refusé de me soigner. J’essaie donc de rétablir ma santé par la nutrition .


La video originale en anglais:
http://rt.com/shows/sophieco/fukushima-disaster-radiation-children-740/

la video sur youtube en anglais

Le 30 avril 2014