Avr 26

Simulation: Jusqu’à 46 heures seraient nécessaires pour fuir la centrale nucléaire de Hamaoka

D’après une étude japonaise, en cas d’accident nucléaire consécutif à un fort séisme avec tsunami, il faudrait entre 32 et 46 heures pour évacuer les 860.000 habitants de la zone des 31 km autour de la centrale de Hamaoka. Une partie des habitants serait exposée aux rayonnements nucléaires.
12 scénarios différents ont été étudiés.
La centrale de Hamaoka voisine une zone très peuplée.

La centrale nucléaire de Hamaoka est située à côté d’une zone très peuplée, la ville de Omaezaki.
Photo Yasuhiro Sugimoto – Asahi Shimbun

Si tous les 860.000 habitants évacuaient immédiatement la zone dans 280.000 voitures personelles, l’évacuation nécessiterait 32 heures. Il y aurait des bouchons partout et les candidats à l’évacuation seraient coincés dans leurs voitures pendant 30 heures et 45 minutes. Rester dans les véhicules expose plus aux radiations que de se trouver dans un bâtiment.

Le plus long des scénarios serait de 46 heures: la zone serait divisée en petits blocs à évacuer les uns après les autres. Dans ce cas le temps de séjour dans les voitures serait de 8 heures; mais une partie des habitants devrait rester longtemps dans leurs maisons avant de partir.

Pour les 50.000 habitants vivant dans un rayon de 5 km de la centrale de Hamaoka, il leur faudrait 24 heures pour sortir du rayon des 31 km.

La simulation ne tient pas compte des dommages causés aux routes par le séisme , ni de l’évacuation des patients hospitalisés et les personnes âgées qui seraient incapables d’évacuer par leurs propres moyens.

Résumé d’un article de l’Asahi Shimbun du 24 Avril 2014


Note:

Une étude publiée en janvier 2014 avait indiqué entre 2,5 et 6 jours pour l’évacuation autour de Hamaoka
Il n’est pas indiqué pourquoi les chiffres se sont si bien améliorés.

On laisse les malades hospitalisés, les personnes non autonomes sur place ? On a vu lors des évacuations de la région de Fukushima que l’évacuation de ces personnes avait été très difficile et avait causé des décès. Il faut des véhicules capables de transporter brancards et fauteuils roulants, il faut des brancardiers; il faut assurer la continuité des soins (perfs et autres), du personnel médical et infirmier pour accompagner; il faut des routes dégagées, des points de chute….

Comment cela se passerait-il en Europe ? en France ?

Le 26 Avril 2014


Avr 23

La Condition nucléaire – un livre

    Je me demande souvent

  • comment il se fait que le nucléaire a envahi notre petite planète
  • comment il se fait que les techniciens du nucléaire semblent ne se poser aucune question après leurs graves échecs à Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima
  • comment il se fait que sur toute la planète les politiques sont si désireux d’avoir du nucléaire, civil ou militaire, quel que soit le prix à payer par les citoyens dont ils sont responsables, et leurs descendants.

Le livre de Jean-Jacques DELFOUR :

LA CONDITION NUCLÉAIRE
Réflexions sur la situation atomique de l’humanité

traite précisément de ces questions. Il procède à une analyse de nos sociétés devenues nucléaires sur notre Terre devenue radioactive.
Que signifie contraindre des générations à vivre au milieu des radionucléides et à gérer pendant des millénaires des millions de tonnes de déchets hautement radioactifs ?
C’est le livre d’un philosophe écrit dans un langage facilement accessible.

Quelques extraits:

«Ose être conscient de ce que tu es devenu, c’est à dire un être dont la valeur est très inférieure à celle des êtres atomiques radioactifs qui sont générés par milliards de milliards dans les machines nucléaires».

Petit détail: j’appellerai «êtres radioactifs» toutes les particules, atomes, isotopes, radioéléments générés par les machines atomiques (réacteurs, bombes, usines de retraitement, etc.); ce sont des choses qui existent, d’où le mot «êtres», et ils sont radioactifs, c’est à dire émettent des rayonnements qui traversent presque toutes les autres matières, et en particulier les êtres vivants dans lesquels ils sèment destructions, maladies graves et cancers.

… J’ai été longtemps admiratif devant les prouesses nucléaires et je n’imaginais pas tout ce qu’allait me révéler, à ma complète stupéfaction, une enquête que chacun pourrait faire s’il en avait le temps, la patience et le courage, à travers les articles de presse et les livres consacrés au sujet: l’impéritie, l’imprévision, l’impréparation, la sous-estimation constante des risques ainsi que l’extrême dangerosité…

La catastrophe de Fukushima a révélé une troisième fois, après Three Mile Island et Tchernobyl, objectivement, indiscutablement le néant des techniques d’intervention en situation nucléaire extrème.

Voici donc l’équation fondamentale de la condition nucléaire. Ce noyau associe la jouissance technologique de l’ingéniérie nucléaire (qui pulvérise la résistance des noyaux d’uranium)…la jouissance politique de la domination et de l’obéissance absolue…et enfin la jouissance capitaliste..

Le seconde partie de son livre traite du «totem atomique, tabou nucléaire».
« Pro et anti croient disposer d’une maîtrise technique du nucléaire. Or cette maîtrise technique réelle, que les uns croient pouvoir utiliser pour décider de continuer, les autres pour décider d’arrêter, est très limitée. D’un côté les accidents majeurs sont insolubles; de l’autre, le démantèlement d’une centrale nucléaire est une opération interminable: matières mortelles inexorables, sites contaminés, financement sous-évalué. Nulle part, un démantèlement total n’a été réalisé parce que revenir à l’état écologique antérieur est impossible…»

L’auteur conclut par un chapitre «Militer pour la vie», pour nos enfants.»
« Bref, il est irrationnel de continuer une activité extrèmement dangereuse et dont on ne maîtrise pas les risques. Il est irréaliste de croire que la contamination mondiale (esais nucléaires, rejets chroniques et catastrophes) soit sans effet notables. Il est aussi infondé de croire que tout est perdu que de s’imaginer que tout ira bien.»…

«Puisse le lecteur, parvenu à ces dernières pages, entendre la voix, qui au travers des discours et des arguments, se fraye un chemin vers la lumière commune: la voix des victimes irradiées et contaminées,la voix de toutes celles et de tous ceux qui ne peuvent fuir les zones les plus contaminées par les catastrophes nucléaires, la voix des enfants dont la vie est brisée par la peste nucléaire que les profiteurs, capitalistes et politiques, s’évertuent à minimiser, voire à nier, la voix de tous les malades et de tous les morts futurs à cause du nucléaire, notre voix à tous

(15€ en librairie – Éditions L’Échappée)


Qui est Jean Jacques DELFOUR ?

Né à Aurillac dans un milieu populaire, Jean-Jacques Delfour intègre l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985. Il enseigne dans le secondaire et, ponctuellement, à l’université de Toulouse-Le Mirail puis en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Saint-Sernin et au lycée Ozenne, à Toulouse. Depuis quatre ans, il tient un cours de culture générale à l’université de Toulouse I, dite Capitole.
Jean-Jacques Delfour coanime avec Daniel Borderies l’émission de culture scientifique Quai des Savoirs et collabore au festival de la Novela, Fête de la connaissance, à Toulouse, depuis cinq ans.
Tiré de sa présentation dans Fête connaissance, le portail des savoirs toulousains

Sa présentation dans Wikipedia

«Jean-Jacques Delfour est un essayiste, philosophe, professeur et critique français. Il est l’auteur de plusieurs études traitant de l’histoire de la philosophie, mais aborde également ses aspects techniques, moraux et politiques. Ses travaux comportent également diverses études d’esthétique (cinéma, théâtre, arts de l’image, théâtre de rue, dessin de presse, danse). Il a contribué à un grand nombre de conférences sur des sujets divers. Le fil directeur de ces travaux porte essentiellement sur la jouissance et les effets de pouvoir qu’elle induit, en particulier dans les formes techniques.»

Le blog de JJ Delfour
Lire en particulier son article du 16 mars 2014:
Fukushima en France : inaction programmée et rhétorique de la résilience

le 23 Avril 2014


Avr 20

Nucléaire: fuites aux USA – Revenons-en à la Vie

Revenons-en à la Vie: Réflexions de Chiho Kaneko de retour du Japon.

Une video sous-titrée en français par Kna
https://youtu.be/eIP5Z-hbSUQ


Dans le même temps la fuite du centre de stockage expérimental WIPP aux USA nous démontre que la gestion des déchets nucléaires n’est toujours pas au point.

Les explications de Fairewinds
https://youtu.be/DHHSCjQ2dyc

Sous titrage français par Kna

Le site de WIPP en anglais

Au 17 Avril 2014 les équipes de secours sont bien descendues dans la mine mais ont du rebrousser chemin à cause de la radioactivité sans avoir trouvé la cause de la fuite.
L’article de l’ AP

Il s’agit de fuites de matériaux très dangereux et durables, tel que Américium et Plutonium, résidus de la fabrication des bombes atomiques US; les populations alentour et leurs représentants sont inquiets.
L’article en anglais


Avr 17

La politique énergétique japonaise: les ennuis pour les habitants, les bénéfices pour les entreprises

La politique énergétique pro-nucléaire du gouvernement provoque la colère des résidents touchés par la catastrophe de Fukushima.

Le gouvernement a approuvé le 11 avril un nouveau plan énergétique dans lequel le nucléaire est considéré comme une «importante source d’énergie de base». Des habitants concernés par cette politique protestent et manifestent.

Pour Hiromitsu Kobayashi, 67 ans, secrétaire général d’un groupe de résidents de la préfecture de Chiba, cette décision démontre que le gouvernement veut relancer les centrales nucléaires, ce qui représente un réel danger puisqu’en cas de panne elles sont incontrôlables. Il vit dans une zone où 520 t de cendres contaminées resteront stockées jusqu’en mars 2015 malgré l’opposition des résidents. Les habitants de cette zone où on a enregistré plus de 0,23 Microsieverts par heure ont demandé au gouvernement de subventionner une opération de décontamination.

Fumio Iwamoto, 72 ans, responsable d’une exploitation de champignons noirs dans la préfecture de Tochigi ne peut plus écouler ses produits. Malgré la distance qui le sépare de Fukushima – plus de 100 km – il se trouve acculé à la ruine. Pour pouvoir reprendre son activité, il a importé l’an dernier depuis l’île de Shikoku (située à plusieurs centaines de kilomètres) les rondins nécessaires à la culture de ses champignons, mais la clientèle cherche d’autres sources d’approvisionnement.

Hideko Nara, une maman de 49 ans, s’est documentée sur les effets potentiels des rayonnements sur la santé de ses trois garçons. Lorsqu’elle a demandé que les locaux scolaires soient décontaminés, la réponse a été négative « parce que cela risque de lancer des rumeurs alarmistes ». Elle se demande comment le gouvernement peut envisager de redémarrer les centrales nucléaires alors qu’on n’a même pas trouvé la cause de la catastrophe de Fukushima.

Traduction-Résumé par l’équipe de Vivre-après-fukushima.fr d’un article en anglais du Mainichi du 12 Avril 2014


Pendant ce temps, le gouvernement et les industriels se renvoient la responsabilité en cas d’accident nucléaire.

Dans le cadre du 1er plan énergétique publié depuis la catastrophe de Fukushima, le gouvernement veut relancer le nucléaire mais laisse le secteur privé assumer la responsabilité d’un accident.
Ayant à l’esprit les coûts énormes que doit supporter une société privée comme TEPCO en cas de catastrophe, la fédération des producteurs d’électricité japonaise (FEPC) – qui avait précédemment accepté la libéralisation du marché – considère aujourd’hui qu’il est impossible pour le producteur d’électricité d’assumer à la fois les risques liés à un marché concurrentiel et les conséquences potentielles d’une catastrophe.
La société TEPCO a d’ailleurs prévenu un nouvel arrivé sur le marché (la société J-Power qui fait construire une centrale dans la préfecture d’ Aaomori) : «en cas de catastrophe majeure, c’est la mort de votre entreprise»

Voyant que le gouvernement refuse toute responsabilité directe en cas de catastrophe nucléaire, les industriels essaient d’obtenir des concessions en menaçant de s’opposer à la libéralisation du marché et à la séparation des branches «production» et «transport». Ils souhaitent aussi amender la législation pour que l’indemnisation soit prise en charge par l’État à partir d’un certain seuil. Réponse de gouvernement : «Ils prétendent que l’énergie nucléaire est peu chère ; dans ce cas, rien ne justifie une intervention financière du gouvernement

Qui paiera les conséquences d’une nouvelle catastrophe nucléaire au Japon ? La réponse à cette question est loin d’être claire.
Par ailleurs, le gouvernement indique que toute décision de réactiver une centrale sera fondée sur les normes de l’autorité de réglementation nucléaire (NRA), alors que celle-ci s’interdit d’intervenir dans toute décision gouvernementale.
Qui autorisera la remise en service des centrales nucléaires ? Là encore, la réponse est loin d’être claire.

Résumé-traduction par l’équipe de Vivre-apres-fukushima d’un article en anglais du 12 Avril 2014 dans le Mainichi Japon.


Notes

En France, les assurances d’EDF sont très loin de pouvoir couvrir le coût d’une éventuelle catastrophe. En cas d’accident, c’est l’État, donc les contribuables, donc les victimes et les générations suivantes qui devront en prendre la charge et en subir les conséquences.

C’est le principe bien connu: Privatiser les bénéfices, laisser les pertes à la collectivité.


Avr 13

Particules chaudes à 500km de Fukushima

Les particules chaudes sont des « poussières » à forte radioactivité assez fines pour être transportées par les vents puis avalées ou inhalées.

On en a trouvé, venant de l’accident de Fukushima, jusqu’aux États-Unis.

Dans le cas de la catastrophe de Fukushima, elles sont faites d’éléments originaires du coeur du réacteur: combustible et produits de fission. Ces éléments ont été vaporisés au cours de l’explosion. Puis ils se sont condensés et agglomérés en très fines poussières. Les poussières de l’ordre de 10 microns sont susceptibles d’être inhalées puis de se bloquer quelque part dans les voies respiratoires.

Leur radioactivité est principalement une émission de rayonnement Alpha, ce qui les rend très dangereuses; en effet le rayonnement Alpha est très énergique mais il parcourt à peine un millimètre dans le corps humain.
Ce qui fait qu’il « mitraille » en permanence une minuscule sphère de tissu autour de lui.
Cela va durer le restant de la vie de l’individu qui a eu la malchance de l’inhaler car les substances qui forment cette particule ont une durée de vie énorme; par exemple la demi-vie du Plutonium est de 24.000 ans.
Détails dans : un article de l’AIPRI sur le Plutonium.

Dans la petite sphère qui entoure cette particule chaude, certaines cellules vont pouvoir se réparer; d’autres vont périr ou évoluer en sclérose; et d’autres vont se cancériser.

A la suite d’une expérimentation (Bair) concernant l’inhalation de Pu 239 chez des chiens beagles:
Vingt des 21 chiens qui ont survécu plus de 1600 jours (4 ans) après l’exposition avaient un cancer du poumon.
Lire l’article de aweb2u

Ces particules chaudes sont difficiles à détecter. Les compteurs Geiger habituels ne les voient pas. La video qui suit nous montre comment on les recherche puis on les analyse.
Il est impossible de savoir si quelqu’un « héberge » une particule chaude ou pas. On peut simplement estimer ses chances ou plutôt malchances d’en avoir avalé ou inhalé une.

Il y a 3 ans de celà, Fairewinds (USA)a été l’une des premières organisations à parler des particules chaudes, qui se sont répandues par voie aérienne partout au Japon et jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord. Dans cette vidéo, Marco Kaltofen parle de la particule la plus chaude qu’il ait jamais trouvé, découverte à près de 500 km du site de Fukushima Daiichi. Si Fairewinds Energy Education était un site web japonais, la loi sur les secrets d’état les aurait empêchés de produire cette vidéo. Marco Kaltofen est ingénieur civil, titulaire d’une maîtrise en sciences, et doctorant à l’Institut Polytechnique de Worcester dans le Massachussets.

Je vous invite à voir cette video datée du 03/04/2014

Merci à KNA pour la traduction et le sous-titrage.
https://youtu.be/u0iTWQjYfLI
La vidéo originale de Fairewinds en anglais.


Notes:

En général on estime qu’on est moins exposé aux radiations des retombées radioactives dans une maison. Il s’agit des radiations Gamma émises par les Césiums dispersés dans l’environnement (leur rayonnement gamma porte très loin:90 mètres, et il traverse les murs qui ne l’atténuent guère; il faut du plomb ou des épaisseurs de béton pour les arrêter. Voyez la video de la CRIIRAD qui compare les mesures dehors et à l’intérieur le 29 Mai 2011 à Fukushima ville, quartier Watari
Marco Kaltofen nous signale un risque de contamination qui est généralement omis: la présence d’une ou plusieurs particules chaudes parmi les poussières de la maison, susceptible d’être attrapée par l’aspirateur mais aussi d’être inhalée ou avalée. Ces particules chaudes sont vraisemblablement rares; elles sont très dangereuses et indétectables par les moyens habituels. Il serait intéressant de repérer les zones où elles sont déposées en nombre plus ou moins important.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la nocivité d’une poussière de Plutonium inhalée, voir sur le site de l’AIPRI: L’article sur le plutonium.

Cette irradiation interne vient s’ajouter à l’irradiation externe, à l’irradiation interne par les aliments et l’eau. Elle est moins fréquente mais très dangereuse.
Cette irradiation par les particules chaudes n’est pas mesurée par les test usuels. Les gouvernements n’en parlent guère.

Le 13 Avril 2014


Avr 10

Fukushima: Beaucoup d’évacués hésitent à rentrer chez eux

L’ordre d’évacuation a été levé le 1er Avril à Miyakoji (TAMURA).
Une semaine après, bien peu de maisons sont éclairées la nuit.

Il y avait là 357 habitants en 117 foyers. 28 familles ont déclaré avoir décidé de rentrer.

Beaucoup sont encore inquiets au sujet de la stabilité de la centrale ruinée, du risque des rayonnements, et aussi des inconvénients à vivre dans une région où manquent de nombreux services de base.
La plupart de ceux qui rentrent sont âgés

Yukio Wanatabe au cours de sa première visite à sa maison, à quelque 18 km de la centrale:
« C’est vrai, je me sens en paix ici, mais je n’ai pas envie de rester car je me sens isolée et je suis anxieuse»
Les niveaux de rayonnement dans Miyakoji variaient de 0,11 à 0,48 microsieverts/heure (1 à 4 milliSieverts/an) en Février dernier.
Une partie de la colline derrière chez eux est à plus de 1mSv/an.

Indécis, Wanatabe et Toshiyuki, son mari de 79 ans sont rentrés le soir dans leur logement temporaire à Koriyama, environ 40 km de là. Toshiyuki garde des séquelles d’une attaque datant de 9 ans. Ils craignent que les services de secours ne soient incertains à Miyakoji; ils ne savent pas combien de voisins vont rentrer.
Le super-marché le plus proche est à Okuma, 15 minutes de voiture, mais il reste fermé à cause de problèmes de radiations.

Avant le désastre, ils vivaient dans leur maison à deux étages avec leur fille Masumi, son mari, une petite-fille et une arrière petite fille.
Après l’accident ils ont été séparés et installés dans des appartements distincts à Koriyama, environ 40 km.

Les jeunes n’envisagent pas de rentrer:

Leur petite-fille Konomi dit que leur fille de 5 ans s’est faite de nouveaux amis à Koriyama; elle ne pense pas retourner de sitôt à Miyakoji.

Leur fille Masumi n’envisage pas non plus de rentrer: «il y a peu d’emplois disponibles à Miyakoji». Elle et son mari se sentent poussés à trouver un emploi car ils doivent quitter leur appartement subventioné le 31 Mars 2015.

Les évacués reçoivent une indemnité de 100.000 Yens par mois (710€); qui ne sera plus versée un an après la levée de l’évacuation.
Pour inciter les évacués à rentrer chez eux le gouvernement a ordonné à Tepco de donner à chacun de ceux qui rentre une somme unique de 900.000 Y (6.400€).
Mais pour Masumi, l’argent n’est pas tout. Il ne donne pas la sécurité pour l’avenir; et il serait bien plus facile de trouver du travail à Koriyama.

Le gouvernement pense lever l’ordre d’évacuation prochainement à
Kawauchi : 275 personnes en 134 foyers
Naraha: 7.500 personnes en 2.729 foyers
Dès la fin des travaux de décontamination.

Lors d’une réunion avec des responsables gouvernementaux, certains habitants ont exprimé leur inquiétude au sujet des niveaux de rayonnement; ils ont jugé la décision du gouvernement « trop hâtive ».
Certains ont l’impression d’être utilisés comme des des cobayes pour voir si il est possible de retourner vivre dans leurs foyers.


Résumé de deux articles en anglais:
de l’ Asahi shimbun
du UK.news


Je n’ai pas trouvé d’images de Miyakoji mais CBS présente un reportage photo à Tamioka où les niveaux de radiations permettent de visiter la ville pendant la journée; mais les gens doivent quitter les lieux à 15heures.
CBS titre: Dans le sillage de Fukushima: Un terrain vague radioactif.
Voir les photos de CBS

Le 10 avril 2014


Avr 06

Fukushima: L’un se rend compte que la situation n’est pas maîtrisable – L’autre vend la marchandise

Où on commence à parler d’enfouir les ruines des réacteurs et les coeurs fondus et de créer une zone sacrifiée autour d’eux.

Extraits d’un entretien avec Robert Alvarez, responsable américain du département de l’énergie sur les questions nucléaires de 1993 à 99:

… En bordure du site, ils tentent d’empêcher le flux des eaux souterraines de pénétrer dans le site pour faire cesser ce flot permanent de contamination. Ce flot contaminé se déverse en permanence dans l’océan pacifique et il s’ajoute aux eaux radioactives qui vont prochainement atteindre la côte Ouest des USA.

Il n’y a aucune technique crédible disponible pour gérer l’énorme et toujours croissante masse d’eau contaminée stockée. C’est une situation sans précédent. Qu’allons-nous faire de toute cette eau ?

Il n’existe aucune technique disponible pour enlever les coeurs fondus, très radioactifs.
Nous ne pouvons pas exclure l’enfouissement définitif des réacteurs sur place.

En clair nous ne pouvons pas exclure que la zone devienne une zone nucléaire nationale, sacrifiée…

Question: Mon père vient de la partie occidentale de Fukushima[…] A ce jour nous ne savons pas où les coriums sont allés – et je pense que c’est là la question.
Alvarez: A l’heure actuelle, les technologies permettant de manipuler, voir retirer les coeurs n’existent tout simplement pas . Nous ne savons pas le faire, c’est un territoire inconnu…

Je pense qu’il est de plus en plus probable qu’il va falloir enterrer ces réacteurs avec leur corium; et c’est un scénario de création d’une zone sacrifiée nationale.

La conférence complète en anglais est disponible ici
J’ai traduit partiellement les sélections qu’ en a faites Enenews le 4 Avril 2014

Robert Alvarez est un ancien haut fonctionnaire du Département américain de l’énergie sur les questions nucléaires et chercheur principal à l’Institut d’études Politiques. Il est l’auteur de nombreuses études sur les dangers de l’énergie nucléaire; il est largement cité dans les médias sur la catastrophe de Fukushima. Il a été conseiller principal auprès du ministre de l’énergie sous l’administration Clinton et a rédigé un rapport concernant les Piscines de combustible nucléaire aux États-Unis: Réduire les risques mortels de stockage (PDF), disponible pour le téléchargement à www.ips-dc.org.
Biographie de Robert Alvarez dans le Hufington post


D’autres font du commerce

Le 04 Avril 2014 dans le journal « Mainichi » (résumé):

La chambre basse japonaise a approuvé deux accords nucléaires avec la Turquie et les Émirats Arabes Unis; ceux-ci permettraient au Japon d’exporter des infrastructures nucléaires vers ces deux pays.
Les accords, conclus l’an dernier, entreront en vigueur début mai en vertu de la Constitution qui stipule que les décisions de la chambre basse concernant les budjets de l’état et les traités bilatéraux prévalent sur la Diète.

Ont voté pour: les membres du parti libéral-démocrate au pouvoir et son partenaire le parti boudhiste Nouveau Komeito; ainsi que le parti Démocrate, principal parti d’opposition.

Le Premier ministre Shinzo Abe avait signé ces pactes lors de sa visite à ces deux pays en mai 2013.
L’opposition a décidé de voter pour les traités car lorsqu’elle était au pouvoir entre Août 2009 et Décembre 2012 elle favorisait l’exportation d’infrastructures pour l’énergie nucléaire.

En Turquie, Mitsubishi Heavy Industries Ltd est membre d’un consortium de sociétés d’affaires qui a remporté une commande pour construire une centrale atomique dans le pays.
Les Émirats arabes unis ont commencé à construire une centrale nucléaire en 2012 et projettent actuellement de construire plusieurs réacteurs.

Le Japon a conclu des accords bilatéraux avec 11 pays nucléaires , dont l’Australie, la Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis – et la Communauté européenne de l’énergie atomique; elle est actuellement en pourparlers avec l’Inde et le Brésil pour conclure des traités similaires.

Résumé d’un article en anglais du journal japonais Mainichi du 04 Avril 2014


Notes:

  • La politique du Gouvernement japonais est de faire rentrer le maximum de gens chez eux, tant que l’irradiation externe ne dépasse pas 20 mSv/an. Y compris les enfants et les femmes enceintes. Pour cela il « recalcule » si nécessaire les doses prévues de façon qu’elles lui conviennent. Aux habitants de retour chez eux de se débrouiller avec leurs dosimètres individuels pour limiter leur irradiation et celle de leurs enfants. Le gouvernement encourage la reprise des cultures et de la pêche et fait mettre sur le marché des aliments contaminés au Césium jusqu’à 100Bq/kg.
  • Je ne comprends pas comment après Tchernobyl puis Fukushima il se trouve encore des gouvernants pour acheter la technologie nucléaire très dangereuse et non maîtrisée.
    Serait-ce la proximité du nucléaire militaire ? Le plutonium des bombes est produit dans les réacteurs « civils ».
  • Grossièrement un réacteur « civil » produit 1 gr de plutonium par Méga Watt thermique et par jour.
    L’ensemble des réacteurs français produit 11 tonnes de Plutonium par an.
    Il suffit de 5-6 kg pour faire une bombe.

Références:
Rapport Bataille [archive] 1997/1998 au Sénat.
Wikipedia- Plutonium


Avr 01

Jeux olympiques de Tokyo – Lettre du Dr Caldicott au CIO

Au début de l’année, le docteur Helen Caldicott, a envoyé à Thomas Bach, l’actuel président du Comité International Olympique, une lettre soulignant huit sujets d’inquiétude concernant la santé des athlètes olympiques qui seront envoyés à Tokyo en 2020.

23 janvier 2014

Cher Monsieur,

Permettez-moi de vous écrire en tant que médecin et pédiatre connaissant bien les effets médicaux des radiations atomiques et des polluants radioactifs qui ont été relâchés dans l’environnement par les réacteurs nucléaires de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. (Mon CV se trouve à l’adresse suivante : helencaldicott.com)

Je suis profondément inquiète de la santé et du bien-être des athlètes qui se seront entraînés de façon intensive depuis si longtemps pour avoir le droit de participer aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

TEPCO a identifié plus de 60 variétés de polluants radioactifs produits par l’homme dans les échantillons d’eau contaminés qui sont collectés quotidiennement. Beaucoup de ces polluants, notamment les variétés radioactives du césium (Cs-137), du strontium (SR-90), et de l’iode (I-129), n’existaient pas dans notre environnement naturel avant l’invention de la fission nucléaire. Le niveau naturel de pollution de ces substances radioactives est donc nul. Mais une fois émises dans l’environnement, elles resteront potentiellement dangereuses pendant des siècles.

Ci-dessous la liste de mes inquiétudes :

Certaines parties de Tokyo sont contaminées par la radioactivité provenant des retombées de l’accident de Fukushima Daiichi d’il y a presque trois ans. Des échantillons récoltés au hasard dans les appartements, dans la mousse des toits et le sol des rues, ont été testés pour divers éléments radioactifs et se sont avérés hautement radioactifs. Les références peuvent être fournies sur demande.

Cela signifie que les athlètes seront obligés d’inhaler ou d’ingérer de la poussière radioactive qui émet des rayons alpha, bêta et/ou gamma (comme les rayons-X) émanant de la contamination du sol et des rues.

Une grande partie de la nourriture vendue à Tokyo est contaminée par des polluants radioactifs, car, à l’instigation du gouvernement japonais, elle provient de la préfecture de Fukushima. On ne peut pas goûter ni sentir les éléments radioactifs dans ce qu’on mange et la surveillance de chaque denrée à consommer n’est pas envisageable.

Une bonne partie des poissons pêchés sur la côte est du Japon est chargée d’éléments radioactifs. De fait, certains sont assez lourdement contaminés. Le problème est permanent, car pendant près de trois ans, entre 300 et 400 tonnes d’eau radioactive se sont écoulées chaque jour de dessous les réacteurs endommagés dans l’océan pacifique.

Si les athlètes mangent des aliments contaminés par la radioactivité et boivent du thé ou d’autres boissons contaminées, certains d’entre eux ont toutes les chances de développer quelques années plus tard un cancer ou une leucémie. La période d’incubation de ces maladies varie entre cinq et quatre-vingts ans, selon les radionucléides en jeu et selon l’organe affecté.

Le gouvernement japonais incinère des déchets radioactifs et une partie des cendres ainsi obtenues sont jetées dans la Baie de Tokyo, là où les athlètes sont censés y faire de l’aviron et s’entraîner.

Une autre grand sujet d’inquiétude est le fait que d’ici 2020, il pourrait se produire de nouvelles émissions de polluants radioactifs dans les réacteurs de Fukushima Daiichi. Les bâtiments des unités 3 et 4 sont sévèrement endommagés depuis le séisme initial et les explosions qui ont suivi. Ils pourraient fort bien s’effondrer s’ils devaient subir un autre séisme d’une force supérieure à 7 sur l’échelle de Richter. Si cela devait arriver, des quantités de césium allant jusqu’à dix fois celles de Tchernobyl pourraient être relâchées dans les airs. Un tel événement pourrait grandement exacerber la contamination existante de Tokyo et constituer un grave danger pour les athlètes.

Le site de Fukushima Daiichi contient plus de 1000 cuves en métal qui ont été construites à la hâte et contiennent des millions de gallons d’eau extrêmement radioactive. De plus, 400 tonnes sont pompées chaque jour dans les réacteurs endommagés. Certaines de ces cuves ont été montées par des ouvriers inexpérimentés et tiennent à grand renfort de boulons rouillés, de joints en caoutchouc, de tuyaux en plastique et de ruban adhésif. En cas de nouveau séisme, une partie de ces cuves se rompraient, rejetant des volumes supplémentaires d’eau fortement contaminée dans le Pacifique juste au nord de Tokyo.

C’est donc pour ces raisons que je recommande fortement que vous exhortiez le Comité International Olympique à mettre en place une équipe d’experts en biomédecine pour une évaluation indépendante ; ceux-ci n’auraient aucun lien financier ou autre avec l’industrie nucléaire ou les organismes de réglementation et mèneraient une enquête diligente partout où cela est nécessaire pour déterminer l’ampleur des effets sanitaires dus aux isotopes radiogéniques, avant que les plans ambitieux envisagés pour les Jeux de Tokyo de 2020 ne soient trop avancés. Il est en outre impératif que l’équipe d’évaluation comprenne et fasse des rapports sur le périlleux état actuel des réacteurs et des bâtiments environnants, les problèmes de fuites d’eaux souterraines et les multiples cuves de stockage remplies de millions de gallons d’eau contaminée installées en surface sur le site sur le sol.

Avec l’assurance de ma considération

Helen Caldicott MBBS, FRACP


Traduction Odile Girard
La mise en page de la lettre est de «Vivre-apres-fukushima.fr»

La version originale de la lettre ci-dessus
A lire également la traduction française du site de Akio MATSUMURA, ancien diplomate japonais: « Finding the missing link »
et plus spécialement l’article: Quand la science n’est pas la bienvenue : Le Japon ignore l’appel du Rapporteur de l’ONU à mieux mesurer l’impact sanitaire de Fukushima


L’Iode 131 a une demi-vie de 8 jours (il perd la moitié de son activité en 8 jours)
L’Iode 129 a une demi-vie de 15,7 Millions d’années:
– il n’existe pas à l’état naturel
– il est fabriqué dans les réacteurs nucléaires, lors des explosions atomiques; il fait partie des rejets des usines de retraitement.
– c’est un émetteur Bêta- et gamma
– comme l’Iode 131 il se fixe dans la thyroïde mais il est quasi éternel
Voir la fiche de l’IRSN

1er Avril 2014


Complément le 2 Avril:

Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938.
Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.
Son site en anglais