Mar 30

Le gouvernement japonais «recalcule» des mesures de contamination (Mainichi)

Le gouvernement japonais a « recalculé » les données de contamination radioactive de 3 communes de la préfecture de Fukushima: les résultats étaient trop élevés,
selon le journal japonais Mainichi du 25 Mars 2014.

Le gouvernement espère lever prochainement l’ordre d’évacuation du quartier Miyakoji de Tamura et des villages de Kawauchi et Iitate.

Les autorités avaient remarqué que les mesures faites auparavant avec les dosimètres distribués aux habitants donnaient des chiffres inférieurs au mesures faites par avion.
Ils ont lancé une campagne de mesures à terre en septembre 2013. Ils ont installé des dosimètres plusieurs jours à l’intérieur et à l’extérieur des maisons, des écoles et autres batiments; d’autres dosimètres, protégés dans des boites en plastique, ont été installés dans les champs et la nature. Les résultats ont été fournis à l’administration à la mi-octobre; ils devaient être publiés à la fin de l’année 2013.

Ils ont alors calculé les doses que les gens qui rentreraient chez eux allaient recevoir en fonction de leurs métiers (par exemple cultivateur ou forestier) avec l’hypothèse que les gens vivent 8 heures dehors et 16 heures à l’intérieur.

Surprise: les résultats étaient nettement supérieurs à ce qui était attendu, spécialement à Kawauchi !
L’administration avait prédit des doses de rayonnement de 1-2 millisieverts par an, mais les mesures faites donnaient des doses entre 2,6 et 6,6 millisieverts par an !

Craignant que ces chiffres ne sèment l’inquiétude et dissuadent les gens de rentrer chez eux, ils ont refait les calculs en supposant que les agriculteurs ne passeraient que 6 heures par jour dehors (au lieu de 8).

Le professeur Shinzo Kimura de l’université médicale Dokkyo a dit au Mainichi, « L’hypothèse de huit heures par jour à l’extérieur et 16 heures l’intérieur est couramment utilisée, et il est étrange de la changer. … ils ont trafiqué les chiffres pour les rendre conformes à ce qu’ils souhaitaient. »

Résumé d’un article en anglais du Mainichi du 25 Mars 2014


Notes

  • Les mesures par avion volant à basse altitude ne peuvent concerner que les rayonnements Gamma qui ont une longue portée. Il s’agit donc en pratique uniquement du Césium.
  • La pollution par les éléments émetteurs Bêta (Strontium,Tritium) est calculée ou ignorée: ces radiations ne portent pas assez loin pour être mesurées d’un avion.
  • Les rayonnements Alpha (Plutonium) ne peuvent pas non plus être mesurés à partir d’un avion car ils ne parcourent que quelques centimètres dans l’air.
  • Le journal n’en parle pas, mais il semble bien que la vulnérabilité plus grande des enfants ne soit, comme d’habitude, pas prise en compte.

Il est maintenant prouvé par des études récentes que vivre dans un milieu contaminé même à faibles doses n’est pas bon pour la santé. Ce sont les filles qui payent le plus lourd tribut.
Voir les deux articles:
A 20mSv par an, le risque de cancer des enfants est très sous-estimé
Le gouvernement japonais souhaite le retour des femmes enceintes et des enfants dans les zones jusqu’à 20 mSv par an

30 Mars 2014


Mar 25

La chanson du doyen d’Iitate

Bonjour,

Depuis trois ans, la centrale nucléaire détruite de Fukushima-Daiichi vomit ses radiations dans la terre du Japon et l’océan Pacifique.

On en parle un peu, parce que c’est l’anniversaire, et puis après, plus rien…

Chanteur français, citoyen du monde, je ne me résous pas à ce silence

Pas plus qu’aux pertes irrémédiables que l’industrie nucléaire inflige et risque encore d’infliger à la planète et à l’humanité.

Le 13 avril 2011, au lendemain de l’annonce par le gouvernement japonais de l’évacuation d’Iitate (Province de Soma, District de Fukushima), Fumio Okubo, le doyen du village, âgé de 102 ans, a préféré se suicider plutôt que de quitter sa maison.

« Fukushima, chanson du doyen d’Iitate« 
tente de donner la parole à cet homme.

Je mets aujourd’hui en ligne une vidéo illustrant cette chanson.

Pour les malentendants, vous pouvez activer l’option sous-titres de la version originale en français:la petite enveloppe au bas de l’image une fois la video lancée.
La version française: https://youtu.be/To3h0L-ScDo
Une version sous-titrée en anglais (https://youtu.be/lFG9CxPXK_E)
et une en japonais (https://youtu.be/2pLs9BvTKMA) sont également disponibles
D’autres traductions suivront, très bientôt :

Ce que le Japon a perdu, nous l’avons tous perdu.

N’hésitez pas à diffuser ces vidéos autour de vous.
Amitiés.
Zedvan
Zedvan – « Fukushima, chanson du doyen d’Iitate », extrait de l’album ‘La zébritude’ (LRDJ/Absilone, octobre 2013)


Mar 23

Déchets nucléaires: on ne sait qu’en faire

A Fukushima, on ne sait que faire de ces dangereux déchets:

Dans les zones contaminées on rencontre un peu partout des amoncellements de sacs contenant les déchets de la décontamination, en attente d’un stockage plus durable. Des sacs de déchets ont également été enterrés dans les jardins des particuliers.
Jusque dans la banlieue de Tokyo on entasse des déchets de décontamination « provisoirement » (boues de curage des fossés, cendres d’incinération…).
L’état voudrait bien trouver des sites pour entasser tous ces déchets, mais les communes rechignent à devenir des sites de poubelles nucléaires.

Sur le site de la centrale en ruines, c’est la catastrophe:
des centaines de réservoirs pleins d’eaux radioactives fuient régulièrement,
La nappe phréatique sous jacente est largement polluée.
Des centaines de m3 d’eau contaminée fuient chaque jour vers l’Océan où ils échappent à tout contrôle.

Quand aux combustibles des 4 réacteurs: 3 ont fondu et ont percé leurs enceintes de confinement : on ne peut même pas s’en approcher sous peine de mort tant le rayonnement est fort.
Tepco est en train de vider la piscine du réacteur n°4 du combustible qui y est stocké…pour l’instant cela se passe bien…mais ils vont bien devoir mettre tout celà quelque part par la suite…

Le Japon n’et pas une exception sur ce sujet: nulle part on ne sait stocker les déchets nucléaires en sécurité

La traînée radioactive de l'explosion de Maïak

La traînée radioactive de l’explosion de Maïak
cliché Wikipedia


Déjà en URSS, l’année 1957 il y a eu une explosion très contaminante dans un stockage de déchets radioactifs de Maïak (Oural – Tcheliabinsk) avec évacuation de la population.
Cet accident a été classé de niveau 6 sur 7
Plus de détails sur Wikipedia

Depuis le 14 Février 2014, aux USA, la décharge expérimentale de déchets nucléaires «WIPP» au Nouveau Mexique fuit suite à peut-être un effondrement dans la mine de sel où elle a été creusée.
Elle émet à l’air libre notamment du Plutonium; c’est l’un des produits les plus dangereux et de très longue durée: (240.000 ans).

Voyez ci dessous l’exposé sous-titré en français d’Arnie Gundersen, expert mondialement reconnu en physique nucléaire.

Merci à KNA pour son travail de sous-titrage.
https://youtu.be/DHHSCjQ2dyc

En France, nous n’avons aucun site de stockage longue durée en sécurité:
Nous ne disposons d’aucun site sûr de stockage des tonnes de déchets radioactifs produits par l’armée et l’industrie nucléaire civile.
Nous avons un projet expérimental à BURE, dans l’argile, très controversé.

Deux sites citoyens à propos du projet de BURE:
EODRA : Association des Elus de Lorraine et Champagne-Ardenne Opposés à l’enfouissement des Déchets RAdioactifs et favorables à un développement durable:Stop Bure
Le site du Comité local d’Information et de suivi du Laboratoire de Bure: le site clis-bure

La Finlande a démarré le projet ONCALO: stockage «Pour l’éternité»
La bande annonce d’un documentaire
Un article de rue89-Nel Obs


Les déchets nucléaires civils et militaires s’accumulent de par le monde. L’industrie nucléaire ne sait toujours pas à ce jour assurer la sécurité des populations.

23 Mars 2014


Mar 16

Fukushima: la vie en zone contaminée ne semble pas emballer les familles !

Fukushima: sept écoles du primaire et du secondaire vont fermer le 1er Avril. Ce seront les premières écoles du secteur public à fermer pour cause du désastre nucléaire de 2011.

38 écoles du primaire et du secondaire, réparties sur 10 communes, ont été déplacées hors de la zone d’évacuation après l’accident nucléaire.
Les écoles ont perdu 80 pour cent des 7.681 élèves qu’ils avaient avant la catastrophe. Mais jusqu’à présent les comunes les maintenaient ouvertes, craignant de perdre des enfants, l’avenir de leur communauté.

Dans le district de Tabito de IWAKI, à 60 km au SW de la centrale détruite, il y avait 105 enfants dans les écoles primaires et secondaires en 2010.
Pour l’année fiscale 2014 (elle débute le 1er Avril), seulement 55 élèves sont attendus dans une école élémentaire et une école secondaire; ces deux établissements vont remplacer 3 écoles élémentaires et deux écoles secondaires.
Un officiel affirmait que beaucoup de familles qui s’étaient installées à IWAKI, venant de la zone métropolitaine de Tokyo, ont quitté la préfecture de Fukushima à cause des radiations

L’école élémentaire Mano de Minami-Soma, à 30 km au nord de la centrale sera fusionnée avec une école voisine après que le nombre de ses élèves soit passé de 75 à 43.

élève unique dans une école

La seule élève de l’école élémentaire (6° année) de Kaidomari à Iwaki et son professeur. L’école fermera lorsqu’elle aura son diplôme.
(cliché Satoru Ogawa – Asahi)

L’école élémentaire de Onami à Fukushima ville, 60 km au NW de la centrale, sera fermée le 1 Avril 2014. En juin 2011 on détectait une dose de 16,3 millisieverts/an dans la cour de l’école, la dose la plus élevée des 1.729 établissements de la préfecture.
Après décontamination, la dose est passée au dessous de 1 millisievert/an. Mais le nombre d’élèves est tombé de 30 en 2011 à seulement UN en 2013.
L’école élémentaire Onami pourrait réouvrir à l’avenir, contrairement au 6 autres qui sont supprimées.

Ailleurs aussi dans la préfecture de Fukushima, les écoles ont du mal à garder leurs élèves.

La ville de Futaba va réouvrir 3 écoles élémentaires et secondaires dans ses locaux temporaires à IWAKI en Avril prochain quoiqu’elle n’ait qu’un total de 7 élèves. Avant la catastrophe, il y avait 551 élèves.

La ville de Tomioka et le village de Katsurao ont réouvert 3 écoles élémentaires à Miharu depuis septembre 2011; mais aucun élève de première année n’est annoncé pour Avril.

Selon le service de l’éducation de la préfecture, en Mai dernier on comptait 12.648 élèves qui avaient du évacuer et étaient partis étudier ailleurs, hors ou dans la préfecture. En septembre 2011 ils étaient 13.286; ce qui fait peu de changement depuis 2011.

Résumé d’un article en anglais du journal Asahi Simbun du 13 mars 2014


Mar 12

3° anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima

Les journaux japonais ont estimé à 32.000 le nombre de manifestants anti-nucléaires à Tokyo samedi 9 mars.

Des manifestations contre le nucléaire ont eu lieu à quelque 175 endroits à travers le Japon aux environs du 11 Mars.
Il y a eu également des cérémonies en mémoire des victimes directes du tremblement de terre et du tsunami.
Nombreuses manifestations anti-nucléaires également dans le monde entier; près de nous, notons la manifestation franco-allemande sur les ponts du Rhin pour la fermeture de la vieille centrale de Fessenheim


Nous sommes invités à considérer comme banal le fait de vivre en territoire contaminé

Ce même 11 mars 2014 a eu lieu à Paris un séminaire international organisé par le lobby nucléaire

Il s’agit ici essentiellement d’améliorer les relations entre les « experts » et les populations… ayant fait le choix de rester dans les territoires touchés par la contamination.», de l’«amélioration des méthodes d’interaction avec les populations ».

Il s’agit de banaliser le fait de devoir vivre en territoire contaminé.
Cela nécessite que les gens apprennent à vivre «sous contrainte radiologique», «se réapproprient leur environnement», intégrent dans la vie quotidienne la présence de la radioactivité comme composante nouvelle de l’environnement.

Cette politique avait débuté déjà dans la région de Tchernobyl avec le programme ETHOS; elle se poursuit à Fukushima où le gouvernement incite les populations, femmes et enfants compris, à retourner vivre dans les régions contaminées jusqu’à 20mSv/an.

Ce sera selon toute vraisemblance la doctrine appliquée en Europe en cas d’accident grave:

Voir la publication par l’ASN française des «Éléments de doctrine pour la gestion post accidentelle d’un accident nucléaire». C’est le résultat du travail du CODIRPA: Comité directeur pour la gestion de la phase post accidentelle d’un accident nucléaire.

Le ministère français de l’agriculture a préparé également des consignes en cas d’accident nucléaire:
Gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire
(Plusieurs chapitres sur la gestion du risque alimentaire)

Le parlement européen a déjà voté un texte dans ce sens le 24/10/2013:

Voici les limites de doses telles qu’autorisées par le parlement européen:
Ce sont les doses auxquelles l’industrie nucléaire est autorisée à nous exposer.

La règle actuelle est que le public ne doit pas être exposé à plus de 1 mSv/an Cette règle est maintenue. (ceci concerne la somme des irradiations par exposition externe et par contamination interne causées par l’activité humaine).

Mais, en cas d’urgence, nous pourrons être irradiés entre 20 et 100 mSv/an
Pour les situations d’« exposition existante », nous aurons droit de subir une irradiation entre 1 et 20 mSv/an
« Exposition existante » est un euphémisme pour désigner la contamination permanente persistant après une situation d’urgence. C’est ce chiffre qui est retenu au Japon pour inciter au retour des populations dans la région de Fukushima.

Le texte intégral voté par le parlement européen est ici. Voir page 177

Voir à ce sujet les communiqués des députées européennes
Michèle RIVASI et Karima DELLI


Mar 06

Fukushima: 3° anniversaire difficile

A l’approche du 3ème anniversaire, c’est l’heure des bilans.

Voici quelques précisions tirées du site de l’ACRO

• 15 884 décès et 2 636 disparus : tel est le dernier bilan de la triple catastrophe. Cela fait un total de 18 520 victimes.
Il y a encore 267 000 réfugiés, dont 100 000 vivent dans des logements préfabriqués.

• La pénurie de main d’œuvre ralentit toujours les travaux de reconstruction dans les régions frappées par la triple catastrophe. Le manque de matériaux de construction est un autre obstacle. Le gouvernement a aussi créé plus de 20 000 postes pour aider les réfugiés rien qu’à Miyagi.
Cela rejaillit sur d’autres secteurs d’activité : une usine de transformation du poisson qui a repris ses activités à Kesennuma (Miyagi) n’a plus qu’une cinquantaine d’employés alors qu’ils étaient une centaine avant 2011. La construction paye près de 10 000 yens par jour (71 €), un gardien d’un village de préfabriqués pour réfugiés, 8 000. Les 6 000 yens par jour (42 €)proposés par l’usine de transformation du poisson ne sont pas attractifs.

• Le travail des pêcheurs reste précaire:Les pêcheurs de Fukushima ne pêchent que 32 espèces, les font contrôler avant de les mettre sur le marché. Ils ont adopté une limite de 50 Bq/kg, ce qui est la moitié de la limite gouvernementale. Mais ils ont récemment pêché une rascasse à 110 Bq/kg au large d’Iwaki. Les 13,2 kg de rascasse ne seront pas commercialisés et les 2,5 kg pêchés la veille seront repris, même s’ils ne dépassaient pas la limite. La pêche à la rascasse est suspendue.

• 60% des maires des communes affectées par le séisme et le tsunami pensent que les travaux pour les JO de 2020 seront prioritaires et que cela va retarder encore plus la reconstruction. L’Asahi a interrogé 42 maires de villes côtières ou de la zone évacuée de Fukushima. L’agence de presse Kyodo aussi : il sont plus de la moitié à se plaindre des délais. Les maires de Namié et Futaba, communes évacuées à cause de la radioactivité, n’ont vu aucun progrès.

• Des chantiers pour les JO ont déjà commencé : il y en a pour 500 milliards de yens (3,6 milliards d’euros). Il faut ajouter 6 000 milliards de yens (43 milliards d’euros) dans des routes et autoroutes. Les JO devraient coûter jusqu’à 20 000 milliards de yens (143 milliards d’euros)

• Les prix de la construction augmentent et les pouvoirs publics du Tôhoku ne peuvent plus suivre : Aïzu-Wakamatsu a eu du mal à trouver un constructeur pour loger 2 000 réfugiés d’Ôkuma. Il a dû lancer plusieurs appels d’offre en augmentant les prix de 6% pour pouvoir y arriver. Le prix du béton a augmenté de 45% environ.

carte Iitate - Fukaya
Le projet d’un village:
• Un groupe d’habitants d’Iitaté a présenté un projet de réhabilitation au maire du village : ils veulent reconstruire leur vie dans le district de Fukaya. La demande inclut des logements pour les personnes âgées et prévoit, entre autres, la culture de fleurs, l’installation d’une immense centrale solaire… pour relancer l’économie locale de ce village classé parmi les 100 plus beaux du pays.

• Les procureurs ont décidé de ne poursuivre personne suite au triple accident nucléaire à Fukushima daï-ichi. Etaient visés, l’ancien premier ministre Naoto Kan au moment de la catastrophe, des membres de la précédente autorité de sûreté ou l’ancien PDG de TEPCo. Il y a eu une manifestation à Tôkyô pour protester contre cette décision.
La rapport d’enquête parlementaire avait conclu à une catastrophe d’origine humaine, mais sans coupable…(on peut consulter ce rapport en français à la page « téléchargements » ci-dessus)
Les plaignants ont décidé de faire appel. D’autres plaintes ont été déposées contre TEPCo à propos des indemnisations ou au civil.


Renseignements tirés du site de l’ACRO

Des précisions sur la contamination des pêcheurs japonais par l’essai de Bikini sur Fukushima-blog

Le 06 Mars 2014


Mar 04

Fukushima 3 ans: difficiles retours à la maison

Décision difficile entre:

  • les retards et imperfections de la décontamination (limitée aux abords des maisons)
  • la crainte des rayonnements pour sa famille (on reçoit jusqu’à 20 mSv/an)
  • des maisons en triste état après 3 ans d’absence
  • les champs et bois contaminés (la région est agricole: riz, fruits, légumes, forêts)
  • des services publics précaires (transports, hôpitaux, écoles…)
  • des commerces absents
  • retrouver un employeur, relancer son entreprise dans une région sinistrée,reprendre la culture de sa terre
  • l’arrêt des indemnisations 1 an après la levée de l’ordre d’évacuation.

Voici un petit résumé de deux articles de journaux japonais du 2 mars 2014:
l’ Asahi shimbun
le Mainichi
Suivi d’une video de Chiho Kaneko qui revient de Kawauchi

la carte de l'Asahi
Le gouvernement a différé de 1 an la levée de l’ordre d’évacuation dans 2 communes situées dans les zones « préparées pour la levée de l’ordre d’évacuation ».

Les zones ainsi désignées ont un niveau de radiation de 20 mSv/an ou moins.


Les travaux de décontamination sont en retard. Ce nouveau délai risque de dissuader encore plus d’évacués de rentrer à la maison et nuit au rétablisement des services.
Cela coûtera à TEPCO: le paiement des indemnisations se poursuit 1 an après la levée de l’ordre d’évacuation.
Katsuaro avait 1.359 habitants en 417 foyers.
A Iitate vivaient 5.210 personnes en 1.582 foyers.

Dans d’autres municipalités où le travail de décontamination est en retard les dates de retour pourraient également être repoussées.

Un officiel de Tamioka: «Les dates cibles de levée de l’ordre d’évacuation sont basées sur des bases fragiles et sans solidité»

La gestion des indemnisations est difficile:

Les résidents de Okuma et Futaba (zone d’exclusion)reçoivent des indemnités identiques
Par contre la commune de Tamioka est divisée en 3 zones, ce qui fait que les habitants se plaignent des différences entre les indemnisations.

Choichi Wanatabe, 67 ans, dans une réunion à Tamioka:
La plupart des habitants ont abandonné l’idée d’un retour. Je ne peux pas comprendre pourquoi il y a différents niveaux d’indemnisation.
Sa maison n’est plus habitable car le toit fuit et l’humidité a abimé les combles et les sols (les tatamis).

A Tamioka la date la plus proche envisagée pour le retour est Avril 2017.
Seulement 12% des habitants veulent rentrer chez eux.
Les indemnités cesseront 1 an après la levée de l’ordre d’évacuation. Ceux qui ne rentreront pas chez eux n’auront plus d’aides.

A HIRONO, la levée de l’ordre d’évacuation a été faite en septembre 2011.
Les indemnités mensuelles de 100.000 Y (716 € par personne) ne sont plus versées depuis Août 2012.
Seulement 1.300 des 5.200 habitants ont regagné leur maison.

A KAWAUCHI, 20 km de la centrale, le retour des habitants n’a pas avancé non plus. Le maire a demandé au gouvernement de continuer le versement des indemnités et de prendre d’autres mesures.

Voyez le compte-rendu de la visite que Chiho Kaneko vient de faire à Kawauchi

merci à KNA pour le sous-titrage français
https://youtu.be/Nd40v6UjerU

le 04 Mars 2014


Mar 02

Il y a 60 ans-1er mars 1954: test d’une bombe atomique US à BIKINI

Le thonier japonais Daigo Fukuryu Maru s’est trouvé sous une pluie de cendres radioactives. L’opérateur radio, Aikichi Kuboyama, 40 ans, est décédé 6 mois après.

Sur l’atoll de Rongelap, qui se trouve sous le vent de l’endroit où le test a été effectué, plus de 80 personnes ont été irradiées. Tous les résidents ont été évacués vers une île inhabitée et de nombreuses personnes sont mortes de cancer de la thyroïde et d’autres complications. Les États-Unis ont financé une décontamination et le retour des résidents chez eux, mais beaucoup ont choisi de ne pas y retourner en raison de leurs craintes du rayonnement.

La bombe à hydrogène « Castle Bravo » était 1.000 fois plus puissante que celle larguée en 1945 à Hiroshima.
Les USA ont effectué un total de 67 tests nucléaires entre 1946 et 1958 dans les Iles Marshall qu’ils administraient.

Manif à Shizuoka1er Mars 2014
A Shizuoka des manifestants appellent à la fin de l’armement nucléaire. En tête du défilé une photo de Aikichi Kuboyama.(Photo Mainichi)

Kimiko Abe, 64 ans, de Aomori «Le gouvernement ferme les yeux sur les dangers nucléaires car il vise à redémarrer les centrales nucléaires. Même après 60 ans, rien n’a changé. »


Aux îles Marshall, une cérémonie du souvenir et une minute de silence ont eu lieu devant les bâtiments du parlement dans la capitale de Majuro.
Matashichi Oishi, 80 ans qui était membre de l’équipage de Daigo Fukuryu Maru a rejoint la manifestation accompagné d’étudiants de la préfecture de Fukushima. Il a appelé à l’arrêt du nucléaire civil et militaire.

Le président des Îles Marshall Christopher Loeak, qui s’est rendu au Japon en Février de cette année et a parlé avec des hibakusha (survivants de la bombe atomique) de Hiroshima, a déclaré au cours de la cérémonie, «Nous ne devons jamais oublier aucun des essais nucléaires effectués par les Etats-Unis. »
avant la manif auc îles MarshallMatashichi Oishi, 80 ans, avec des enfants de l’île, le 1er Mars 2014, à Majuro, Îles Marshall, avant de participer à la cérémonie du souvenir pour l’essai nucléaire Castle Bravo qui a eu lieu il ya 60 ans. (Photo Mainichi)


Résumé de deux articles en anglais du journal Mainichi
http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20140301p2a00m0na014000c.html
http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20140301p2a00m0na016000c.html


Notes:

Ce thonier japonais était-il vraiment le seul bateau sur la zone sous le vent de Bikini ?
détails sur le «Fukushima-blog»

L’état français a effectué:

En Algérie :
17 explosions nucléaires entre le 13/02/1960 et le 16/02/1966
4 esais atmosphériques à Reggane
13 esais souterrains à In Ecker (Hoggar)
Certains ont donné lieu à des pollutions considérables.
Détails sur ces explosions

En Polynésie,de juillet 1966 à 1996, sur les attols de Muruora et Fangataufa:
46 tests aériens
147 tests souterrains
avec également des populations contaminées.
détails sur ces esais
Le dossier Polynésie de la CRIIRAD

Tant au Pacifique qu’en Algérie, les populations et le personnel irradié ou contaminé n’ont pas encore pu obtenir une prise en charge correcte de l’état français.
Voir le site de l’association Aven


Une carte des retombées du premier essai français en Algérie vient d’être déclassée
La voici telle que Le Parisien l’a publiée.
la carte de l'armée française
La carte de l’armée française des retombées de l’explosion Gerboise Bleue du 13 Février 1960

L’article du parisien
Un article algérien