Nov 28

Aux travailleurs de Fukushima.

A ceux des premiers instants, les plus terribles de la catastrophe nucléaire.
A ceux qui chaque jour continuent de se battre contre la situation qui s’aggrave.
A ceux qui devront les remplacer pendant de nombreuses années.
A leur famille et à leurs proches.

travailleurs à Fukushima

Voici un message de reconnaissance et de sympathie qui vient de France.

Lire la suite

Nov 21

Miko Tsukamoto témoigne de la tragédie de Fukushima

Un témoignage à voir absolument sur le Fukushima-blog

«Miko Tsukamoto vivait dans la ville d’Iwaki, à 42 km de la centrale de Fukushima Daiichi, avec son mari et ses deux enfants. Après avoir longtemps hésité, elle a décidé de déménager avec sa famille à KitaKyusyu, dans la préfecture de Fukuoka. Elle est depuis très engagée dans une association qui tente d’enseigner aux résidents les notions élémentaires pour se protéger de la radioactivité.

Dans une vidéo mise en ligne à la fin du mois d’octobre, elle dénonce les informations erronées diffusées par les autorités et par les médias. Elle témoigne surtout de son ignorance passée et de la nécessité de s’informer et d’agir pour protéger ses enfants.»

La video

La video est sous-titrée en anglais mais le texte français est publié sous la video
Voir le témoignage de Miko Tsukamoto

Le 21 novembre 2013


Nov 19

Ne pas jouer ici plus d’une heure

Un parc à Fukushima:
N’amenez pas ici les enfants de l’âge de la classe élémentaire ou moins.

(La Division des parcs et espaces verts de Fukushima)

Akemi, une mère de Fukushima a volontairement évacué vers Kyoto, à plus de 500 km.
Elle a pris les photos suivantes lors d’une visite à la maison de ses parents en mars 2013.
Les retombées de l’accident sont nommées «radiations de l’environnement» comme si elles étaient naturelles.
Il y a des différences entre le niveau officiel des radiations dans l’air après décontamination et les niveaux détectés par son dosimètre personnel.

panneau entrée du parc

Traduction:
Aux utilisateurs du parc:

  • Ne restez pas plus d’une heure par jour dans ce parc
  • Lavez vous les mains, la figure et gargarisez-vous après votre passage
  • Veillez à ne pas porter de terre, de sable à votre bouche

Pour tout renseignement: contactez la division des parcs et espaces verts de Fukushima (tel: 525-3765)


pancarte à l'entrée d'un parc

Traduction :
Du fait que la radioactivité de l’environnement au 22 Avril est supérieure à la limite réglementaire, respectez le consignes suivantes quand vous êtes dans le parc:
(la limite réglementaire est de 2,8 µSv/h)


  • N’amenez pas ici d’enfants de l’âge du cours élémentaire ou plus jeunes
  • limitez le séjour à 1 heure par jour pour les enfants de la « junior highschool » ou plus âgés.
  • n’utilisez pas le bac à sable
  • Lavez vos mains, le visage et gargarisez vous après avoir quitté le parc

(Division des parcs et espaces verts de Koriyama – tel 924-1227)

le bac à sable couvert d'une bâche

C’est le parc où est posée la pancarte. Akemi dit que des pancartes analogues sont installées dans les 3 parcs voisins de la maison de ses parents.
Le bac à sable est couvert d’une bâche bleue lestée.
Akemi nous dit que c’était un parc verdoyant. Elle avait envoyé son fils à Kyoto en premier; mais pendant qu’elle était en visite chez lui à Kyoto pour une semaine en août 2012, le parc verdoyant a été transformé en aire de jeu plate.
Était-ce un élément du travail de décontamination ?

Chaque jour un enfant traverse le parc, sur le chemin de l’école.


maison en construction au dessus du parc

Au dessus du parc, une maison est en construction.

Vue sur le chantier<br /> Le compteur Radex indique 0,52 µSv/h

Vue sur le chantier

Le compteur Radex indique 0,52 µSv/h


mesure officielle: 0,186 µSv/h/ mesure effective: 0,49 µSv/h

Mesure officielle: 0,186 µSv/h/
mesure effective: 0,49 µSv/h

Dans chaque parc on affiche le niveau de rayonnement officiel après décontamination.
La mesure dans ce parc a été effectuée le 11 mars 2013: le niveau dans l’air affiché était de 0,186 µSv/h.
Cependant le Radex de Akemi affiche 0,49 µSv/h, plus que 2,5 fois le niveau officiel.

Un écran télé

Station de TV montrant les niveaux des radiations de la préfecture de Fukushima, accompagnée d’une musique légère comme si c’était une émission de prévisions météo.


Pour plus d’informations, aller à: http://fukushimavoice-eng2.blogspot.com
L’article original en anglais est sur le site de « save the children from radiations.


Note:

La politique du gouvernement et de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Énergie Atomique, le lobby officiel à l’ONU) est que les gens peuvent très bien vivre dans un milieu contaminé jusqu’à 20mSv/an (20 milli Sieverts/an).
Aux habitants de prendre leurs précautions pour diminuer leur exposition aux rayonnements: éviter certains endroits, se laver mains et figure, se gargariser en rentrant à la maison.

A chacun d’avoir son compteur Geiger pour adapter son comportement, pour éviter les points chauds, pour autoriser ou pas aux enfants d’aller jouer dehors.et au retour, les laver, les faire se gargariser, changer de vêtements, nettoyer les chaussures…

Quand aux aliments, le gouvernement autorise la vente d’aliments contaminés jusqu’à:

  • 100 Bq/kg pour les aliments en général
  • 50 Bq/kg pour les aliments destinés aux enfants

Ces chiffres concernent la pollution radioactive par le Césium seulement (la seule qui soit en pratique mesurée).
Comment faire pour les repas ? 2 cuisines différentes pour parents et enfants ? comment faire pour les femmes enceintes ?

Le 19 novembre 2013


Précisions suite aux remarques de deux lecteurs:

1- J’avais indiqué dans la note que l’AIEA souhaite faire vivre les gens dans un milieu contaminé jusqu’à 20µSv/an (micro sieverts/an). En fait il s’agit de 20mSv/an (milli Sieverts, soit mille fois plus). J’ai corrigé dans le texte.

2- La comparaison des doses « officielles » et de la dose mesurée par un compteur portable tel que le radex montré sur la photo n’est valable que si les mesures sont faites à la même hauteur par rapport au sol. L’intensité du rayonnement décroit en effet avec la distance d’avec la source. C’est exact mais les rayons gamma du Césium 137 peuvent parcourir 61 mètres dans l’air avant d’avoir perdu la moitié de leur énergie. Dans le cas du césium 137 une différence même de 1 mètre ne devrait pas être très importante. Par contre pour une source de rayonnement beta, bien moins pénétrante la différence peut être notable.
Normalement, les mesures de rayonnement gamma du Césium se font à 1 mètre du sol.
Ceci explique aussi que les enfants, plus petits, plus proches des sources radioactives déposées au sol en reçoivent plus. Ils sont en outre plus près des poussières soulevées par leur activité.

Merci à ces lecteurs attentifs


Nov 15

« Il faut faire des analyses de sang aux enfants du Kanto »

nous dit le Dr Shigeru Mita

Dr Mita

Dr Mita, CLinique Mita, Tokyo (photo site Mamarevo)

La clinique Mita (Koidara, Tokyo) a procédé à des examens sanguins et des échographies de la thyroïde sur 1500 patients, y compris les enfants. Voici une interview pour le magazine Mamarevo du Dr Mita, directeur de la clinique, qui commente les résultats des examens sanguins
Kanto = préfectures de Tokyo-métropole, Ibaraki,Saitama, Tochigi et Kanagawa.

Voir l’article original en anglais sur le site de WNSCR, Réseau mondial pour sauver les enfants des radiations

Qu’est-ce qu’une numération leucocytaire différentielle ? Quelles informations peut-on en tirer ?


Q : Parlez-nous des examens qui ont été effectués dans la clinique Mita

dr Mita: Depuis octobre 2011, nous avons fait des analyses sanguines, y compris des numérations leucocytaires différentielles, [ndtr: la Formule leucocytaire] et des échographies de la thyroïde. Il y a cinq types différents de leucocytes : les neutrophiles, les lymphocytes, les éosinophiles, les basophiles et les monocytes. Lorsqu’on fait une numération leucocytaire différentielle, on compare les taux d’occurrence de ces cinq types de cellules. Les ouvriers qui travaillent dans un environnement à fort niveau de rayonnements ionisants doivent être soumis à des contrôles de santé spécifiques s’intéressant particulièrement à cette numération leucocytaire différentielle.

On parle beaucoup à l’heure actuelle d’échographies de la thyroïde, mais je considère que la numération leucocytaire différentielle est aussi un outil important pour évaluer les effets des rayonnements.

Q : Vous voulez dire que les résultats de cette numération leucocytaire différentielle permet de mieux comprendre les effets des rayonnements sur l’être humain ?

Mita : Oui. Le sang est produit dans la moelle osseuse qui est un des organes les plus vulnérables aux rayonnements. L’exposition à de fortes doses de rayonnements peut modifier la qualité et le pourcentage des cellules sanguines. Une inflammation même mineure du corps humain peut modifier le résultat de la numération leucocytaire différentielle. Dans notre clinique, nous commençons donc par rechercher des symptômes d’inflammation et de dysfonctionnement hépatique. Si le patient présente ce type de problème, l’examen sanguin ne se fera qu’après guérison complète.
Mais pour pouvoir dégager des tendances par zone géographique, il faut évaluer les résultats de centaines et de milliers de personnes.
Si donc les résultats des examens sanguins collectifs ne sont en moyenne pas très bons, il faut sans doute se demander si on décide de rester vivre dans cette zone.
D’ailleurs dans le cadre de l’enquête sanitaire menée par la préfecture de Fukushima, ces numérations leucocytaires différentielles n’ont été faites que sur des personnes ayant résidé dans la zone d’évacuation.Or je pense qu’on devrait encourager tous les résidents de la zone nord de Kanto et de la ville de Tokyo à se faire faire cet examen.

Q : Vous avez noté des modifications dans la numérotation leucocytaire différentielle chez les enfants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Carte des provinces japonaises

Les provinces du Japon

Mita : oui. Nos patients viennent principalement de Tokyo, Chiba, Kanagawa,Saitama et d’autres régions du nord de Kanto. J’ai pu noter une diminution évidente du nombre de neutrophiles dans les numérations leucocytaires de ces enfants.
La valeur de référence donnée dans les manuels de pédiatrie pour un enfant en bonne santé (6 à 12 ans) varie entre 3000 et 5000, le seuil étant situé à 3000. La moyenne des neutrophiles enregistrés pour les enfants examinés dans notre clinique depuis l’accident se situe maintenant à seulement 2500, or cette moyenne devrait être de 4000. Nous sommes donc en dessous du seuil de 3000 – et il me semble que c’est un problème majeur.

moins de 1 mois moins de 1 an 1 à 5 ans plus de 6 ans
WBC leucocytes 7.000- 25.000 7.000-15.000 7.000-11.000 6.000-10.000
Neutrophiles 5.000-15.000 4.000-8.000 2.500-5000 3.000-5.000
Lymphocytes 3.000-14.000 4.000-11.000 3.000-7.000 2.500-4.500
% neutrophiles 60±10% 60±10% 40±10% 65±10%
% lymphocytes 30±10% 30±10% 40±10% 25±10%

Le tableau du journal de l’association des médecins japonais, Volume 141, Special volume (1)
Traitement des enfants/adolescents, le manuel le plus récent.

Q : Quelle serait la conséquence d’une diminution du nombre de neutrophiles dans la numération ?

Mita : Une diminution du taux de neutrophiles n’induit pas directement une détérioration des résistances immunitaires. Normalement, les neutrophiles constituent 60 % des leucocytes et ils tuent les bactéries et les champignons qui pénètrent dans le corps humain en les ingérant dans leur propre cellule. Les neutrophiles sont la dernière défense du système immunitaire, ce qui veut dire que les bactéries et les champignons ont toute une série d’obstacles à franchir avant que les neutrophiles interviennent pour les supprimer. Une diminution du nombre de neutrophiles ne veut donc pas dire que le sujet doive plus facilement attraper un rhume ou une maladie infectieuse dans l’immédiat. Mais il faut savoir qu’en cas de rhume aggravé, un taux extrêmement faible de neutrophiles peut être la cause de maladies mortelles comme la septicémie.

Q : Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de symptômes constatés lorsque le taux de neutrophiles diminue ?

Mita : Un faible taux de neutrophiles ne veut pas dire nécessairement que l’enfant va se sentir mal ou qu’il se défendra moins bien contre les maladies. Mais comme je l’ai déjà dit, si un enfant tombe malade et ne se rétablit pas normalement, il y a plus de risques de voir son état de santé se détériorer sérieusement. De plus, cette diminution du nombre de neutrophiles n’est pas la seule modification qu’on voit apparaitre : on constate également des modifications de sa condition physique.
Au cours de l’été 2011, nous avons vu beaucoup d’enfants dont les yeux étaient injectés de sang, et surtout un grand nombre d’enfants ayant des cernes noirs autour des yeux. Beaucoup plus de sinusites aussi.
Avant, leur condition s’améliorait rapidement après un traitement approprié, mais aujourd’hui nous voyons plus de cas de sinusites accompagnées de légères manifestations asthmatiques qui se prolongent sur de plus longues périodes.
Or nous avons vu leur condition s’améliorer après un séjour à l’ouest du pays. J’aimerais dans la mesure du possible que ces enfants quittent l’est du Japon.

Q : Est-ce que la diminution du taux de neutrophiles est due à la contamination radioactive ?

Mita : On sait que des substances radioactives venant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont atteint Tokyo, et on a brûlé ici des quantités énormes de déchets radioactifs. Il est donc possible que nous inhalions des substances radioactives contenues dans l’air, je ne peux pas l’exclure. Permettez-moi de répéter qu’après l’accident nucléaire, des quantités énormes de substances nucléaires ont été lâchées dans l’environnement. Si donc on voit augmenter l’occurrence de symptômes différents de ceux que nous connaissions précédemment, nous devons, nous médecins, commencer par nous demander si c’est un effet de la radioactivité.

Q : Que faut-il faire si le taux de neutrophiles est bas ?

Mita : Si on prend les résultats chiffrés des enfants examinés dans notre clinique, on voit que même si le taux de neutrophiles est bas, la plupart d’entre eux va guérir après un séjour d’au moins deux semaines à l’ouest du Japon.
Nous avons eu le cas d’un enfant dont le taux de neutrophiles est passé de 1000 initialement à 4000 après un séjour à Nagano. Dans un autre cas, le taux est passé de 0 (zéro) à 2000 après un séjour de deux mois environ à Kyushu pour ensuite monter jusqu’à 4000.

Par contre, lorsque leur taux de neutrophiles est vraiment très bas, certains enfants ont du mal à retrouver le taux moyen de 4000 même après leur évacuation à l’ouest. Voilà donc ce que je conseille : si vous constatez une modification anormale du taux de neutrophiles, évacuez l’enfant vers une région non contaminée.
Le taux de neutrophiles est resté relativement stable chez les enfants qui ont été évacués dans une zone non contaminée ne serait-ce que pendant quelques semaines. Mais ce que j’espère vraiment, c’est qu’on va pouvoir éloigner de Tokyo non seulement les enfants mais aussi les adultes.

Q : Vous avez constaté des taux anormaux de neutrophiles chez les adultes aussi ?

Mita : Je n’ai pas constaté de véritables modifications chez les adultes, mais leur condition est clairement différente de ce qu’elle était avant l’accident nucléaire.

Il faut plus de temps pour guérir l’asthme des personnes âgées. Il semble que les médicaments n’aient plus d’effet. Nous voyons aussi augmenter le nombre de patients souffrant de maladies qui étaient rares. La polymyalgie rhumatismale par exemple est une maladie commune au-delà de 50 ans, touchant 1,7 personne sur 100 000. Avant la catastrophe de Fukushima nous constations un cas de cette maladie par an, voire moins. Aujourd’hui nous traitons plus de 10 patients à la fois.

Q : Quel est votre avis sur les résultats d’ensemble des échographies thyroïdiennes ?

Mita : nous n’avons rien constaté d’inquiétant chez les enfants que nous avons examinés. Par contre, nous avons détecté un cancer de la thyroïde chez deux mères d’une trentaine d’années. Les risques de contracter une maladie thyroïdienne est plus grand chez la femme et il est possible que la radioactivité soit la cause de l’évolution de nodules en cancer. Il est aussi possible que des microcarcinomes thyroïdiens aient toujours été présents chez un certain nombre de jeunes patients, et aient évolué en véritable cancer à mesure que ceux-ci avancent en âge, ces cancers de la thyroïde étant détectés à l’occasion des examens poussés que nous menons aujourd’hui.

Une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde a également été constatée 10 ans après la catastrophe de Tchernobyl. Il faut donc mettre en place des examens médicaux réguliers non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes.

Q : N’est-il pas vrai qu’après l’accident de Tchernobyl, les médecins locaux ont pu constater les effets des rayonnements sur leurs patients ?

Mita : c’est vrai. Je pense que les médecins qui connaissaient bien leurs patients ont pu constater chez eux des choses étranges. Mais comme nous ne savons pas quel a été le taux d’exposition de ces patients, il est vraiment difficile d’établir un lien de cause à effet.

Ce qu’il faut, c’est faire les mêmes examens sur un groupe de personnes ayant été exposées au rayonnement d’une part et un autre groupe non exposé d’autre part. Mais pour Tokyo, on ne sait pas quel a été le taux d’exposition de la population. De plus, il faudrait pouvoir faire des prises de sang à des centaines d’enfants en bonne santé. C’est impossible à faire pour un médecin qui agit seul. En d’autres termes, il est impossible aujourd’hui de rassembler le type d’informations qui pourrait faire l’objet d’un article dans un magazine scientifique prestigieux. Mais d’un autre côté, je ne peux pas rester bras croisés et ne rien faire si je sais qu’il se passe vraiment des choses bizarres.

Après l’accident de Fukushima j’ai plusieurs fois demandé à un groupe de médecins de faire des prises de sang à des enfants, leur réponse a toujours été de dire qu’on ne constatait aucun effet dû aux radiations, sans aucune explication supplémentaire. Or si nous voulons comprendre ces effets, ces examens devraient se poursuivre sur 20 ou 30 ans. Nous avons déjà perdu deux ans et demi mais les médecins devraient étudier les données récoltées en Bélarus et en Ukraine, en tirer des leçons sur les effets des rayonnements sur le corps humain, écouter les patients et mener eux-mêmes des investigations.

Q : Comment nous faire faire un examen sanguin ?

Mita : Soyez franc avec votre médecin ; dites-lui que les effets des rayonnements vous inquiètent et que donc vous voudriez vous faire faire une analyse sanguine. Certains médecins fronceront les sourcils mais c’est la seule façon de les faire revoir leur point de vue. Ce que je recommande c’est un examen sanguin et une échographie thyroïdienne par an.

Voici une liste des analyses à pratiquer sur le sang:
Numération-formule sanguine (hématies, leucocytes, hématocrite, hémoglobine, plaquettes, formule leucocytaire)
Biochimie sanguine: (AST, ALT, Gamma GT,TG, GDL-C, LDL-C, HbA1c, glycémie, créatinine, acide urique)
Fonction Thyroïdienne: (FT4, TSH)
CRP (test d’inflammation)


Texte original en japonais dans la revue Mama-revo-magazine
Traduit vers l’anglais par l’équipe du WNSCR
Traduit de l’anglais au français par l’équipe de « vivre-apres-fukushima.fr»

Voir l’article original en anglais sur le site de WNSCR, réseau mondial pour sauver les enfants des radiations
voyez aussi sa page en français.


Note

– Ces constatations recoupent ce qu’ont constaté les médecins de Tchernobyl chez les populations obligées de vivre en milieu contaminé:baisse de l’immunité, fragilité de l’organisme, pathologies non cancéreuses…

– Ce qui est impressionnant, c’est que ces constatations ont été faites dans le Kanto, une province qui officiellement a été très peu polluée, où aucune précaution particulière n’est recommandée, où les jeux olympiques sont prévus. Le dr Mita signale outre les retombées directes éventuelles de l’accident, les incinérations de débris qui ont été effectuées un peu partout. Il y a également le problème de la pollution des aliments: on peut mettre sur le marché des aliments contaminés jusqu’à 100 Bq/kg.
Impressionnante aussi, la survenue rapide de ces troubles non cancéreux.

Pour plus d’information:

Les conséquences médicales et écologiques de l’accident nucléaire de Fukushima – au forum de New York le 12 mars 2013
Le diaporama du Dr Yablokov transcrit en français par Kna

Pathologies non cancéreuses dans les secteurs du Belarus contaminés par la radioactivité due à la catastrophe de Tchernobyl
Forum de Genève 2012
cliquer ici

L’ouvrage de base:
Tchernobyl.Conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature

Pr Youri Bandazhevski – Dr Galina Bandazhevskaya
Voir le chapitre 6.4 Altérations de l’immunité et du système lymphoïde
Cliquer ici

le 15 Novembre 2014 – mis à jour le 31 Juillet 2014


Nov 13

Enfants de Fukushima: 26 cas de cancer de la thyroïde confirmés au 30 septembre 2013

Plus 32 biopsies suspectes de cancer.

Soit en tout: 58 enfants
En Juillet 2013 on comptait 18 cancers confirmés et 25 biopsies suspectes: 43 enfants

Le treizième Comité de surveillance préfectoral convoqué le 12 Novembre 2013, a publié les résultats des derniers examens de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima.

Quelques détails:

Nombre total d’enfants examinés au 30 Septembre, 2013: 289.960
Nombre total d’enfants dont les résultats de l’examen initial sont confirmées: 225.537
(Examens réalisés au 23 Août , 2013 )

classés A1 121.525 pas de nodules ni des kystes trouvés
classés A2 102.453 nodules 5.0 mm ou plus petites ou des kystes 20,0 mm ou plus petit
classés B 1.558 nodules 5,1 mm ou plus ou des kystes 20.1 mm ou plus
classés C 1 nécessitant un examen complémentaire immédiat

tableau

    Les examens complémentaires comprennent une échographie plus détaillée de la thyroïde, une analyse de sang et d’urine; et une aspiration -biopsie s’il ya lieu.

  • 1.559 enfants sont admissibles à l’examen complémentaire
  • 1.148 ont subi l’ examen complémentaire
  • 897 examens complémentaires sont terminés

En résumé, au 30 septembre 2013, 26 cancers de la Thyroïde ont été confirmés et 32 enfants ont une biopsie suspecte pour les années 2011 à 2013.
Au 31 Juillet 2013, il y avait 18 cancers confirmés et 25 suspectés.

Pendant la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité, aucune information n’a été donnée sur les détails des cas de cancer, comme la présence de métastases ganglionnaires ou le type de chirurgie réalisé.

Shinichi Suzuki, le directeur de l’étude, affirme que cette étude sur la thyroïde avait été initiée pour établir un état de base de la thyroïde au Japon car il n’y a pas de données épidémiologiques à ce sujet au Japon; sachant qu’il n’était pas possible d’obtenir de données avant l’exposition. Elle a été conduite selon l’hypothèse que les effets de l’exposition aux radiations ne se manifesteraient qu’au moins 4 ans après l’exposition; comme cela a été le cas après l’accident de Chernobyl.

Si la découverte de ces cas de cancer avaient été la conséquence de l’étude, on pouvait s’attendre à la découvertes de cas malins semblables à d’autres endroits du Japon.
Dans l’étude sur la thyroïde menée par le ministère de l’environnement dans les préfectures d’ Aomori, Yamanashi et Nagasaki, largement reconnue comme une étude de base pour réaliser des comparaisons, il n’y avait pas de cancer parmi les cas d’anomalies reconnues par echographie. Il n’y avait de différence ni selon l’âge ni selon sexe.
La question est posée d’une éventuelle différence de qualité des échographies entre les deux études.
Le porte-parole a indiqué que les cas anormaux sont en cours d’examens complémentaires et que plus de données seraient disponibles pour comparaison.

Les résultats de cette étude sont-ils fiables ? C’est la question.
Les médecins du service de santé de Fukushima se sont excusés publiquement pour les 390 erreurs qu’ils ont faites dans les 5 dernières études.

En pratique, il est indéniable qu’il y a eu une croissance régulière de l’incidence d’ affections cancéreuses de la Thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Cet article est une synthèse des articles parus en anglais sur le site
«Sauvez les enfants des radiations»
et sur le site de Fukushima voice


Note

– L’incidence naturelle du cancer de l’enfant est de 1 à 3 cas par an et par million d’enfants.
– Les cancers de la thyroïde de Fukushima apparaissent bien plus tôt qu’à Chernobyl. Les pouvoirs publics japonais vont devoir s’y faire…
– Personne ne connait l’avenir des enfants de Fukushima mais ce n’est pas rassurant.
– «Si la découverte de ces cas de cancer avaient été la conséquence de l’étude». C’est l’un des arguments avancés par les « autorités » : Si on découvre plus de cancers, ce n’est pas parce qu’il y en a plus,c’est parce qu’on sait mieux les trouver. Entre 1 cas pour 1 million et 26 pour 300.000, il y a une marge que ne peuvent expliquer l’amélioration du matériel et l’expérience des échographistes.

Voici ce que dit le Dr Yablokov dans son livre: «Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et l’environnement»

Les particularités caractéristiques de la diffusion et de l’apparition du cancer de la thyroïde de Tchernobyl sont très différentes des données, largement utilisées comme références, sur les conséquences des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.

    Le cancer de Tchernobyl :

  • apparaît beaucoup plus tôt (non après 10 ans, mais déjà au bout de 3-4 ans après l’irradiation)
  • il se développe dans une forme beaucoup plus agressive
  • il ne touche pas seulement les enfants, mais des personnes adultes au moment de l’irradiation.

Il est erroné de penser que ce cancer est facilement guérissable chirurgicalement. Bien que dans la majorité des cas il est curable par l’opération, dans un tiers des cas environ le cancer continue à se développer après l’intervention. En outre, dans tous les cas de la cure chirurgicale sans exception le malade reste invalide pour toute la vie, dépendant entièrement des médicaments.

Enfin, il faut tenir compte du fait que le cancer de la thyroïde n’est que la pointe de l’iceberg des affections radio induites de cet organe (cf. partie 6.3.2.) – pour chaque cas de cancer il y a des centaines de cas d’autres maladies de la thyroïde, qui altèrent aussi son fonctionnement.

Publié en 2010 par l’académie des sciences de New York
Auteurs:Alexei V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexei V. Nesterenko.
Cet ouvrage est le plus complet panorama critique des publications médicales et biologiques consacrées aux conséquences de la catastrophe de Tchernobyl pour les habitants et pour la nature dans les territoires contaminés par les retombées radioactives(principalement au Bélarus, en Ukraine et en Russie).
Vous pouvez consulter et télécharger une traduction française partielle de ce livre en vous rendant à la page «Documents» en haut de cette page


Nov 09

Des experts médicaux critiquent un rapport de l’ONU

estimant qu’il minimise les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima.

L’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants) a récemment publié un rapport « Source, effets et risques des rayonnements ionisants » qui s’intéresse plus particulièrement aux niveaux d’exposition aux rayonnements enregistrés au Japon après l’accident nucléaire causé de 2011, et à leurs conséquences sur la santé.

Des experts médicaux participant à des d’études sur l’impact sanitaire des rayonnements ionisants se sont élevés contre les conclusions de ce rapport. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision allemande 3Sat, le Dr Alex Rosen, pédiatre allemand et membre de l’IPPNW (Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire) critique sévèrement l’UNSCEAR et les lobbys du nucléaire qui selon lui minimisent les effets sanitaires des rayonnements. Le professeur Wolfgang Hoffmann, épidémiologiste et radiobiologiste allemand, partage l’avis du Dr Rosen. Il craint que les opposants au rapport soient accusés d’alarmisme, ajoutant qu’on pourrait en exploiter le contenu pour rejeter les demandes d’indemnisation ou de compensation.

Il semble en outre que ce rapport n’ait pas reçu un accueil unanime à l’intérieur même de l’UNSCEAR. Selon le journaliste belge Marc Molitor, la délégation belge à l’UNSCEAR a commencé par critiquer ce rapport qui, selon elle, minimise les effets sanitaires des rayonnements après l’accident nucléaire de Fukushima. Mais lorsque la chaîne 3Sat a contacté le Dr Vanmarke, chef de la délégation belge à l’UNSCEAR, il n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, ce qui semble indiquer que le lobby du nucléaire international a exercé des pressions auprès de lui et de sa délégation.

Le Dr Baverstock, précédemment chercheur à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), a également fait remarquer le manque d’indépendance de l’OMS dans ses activités de recherche sur les effets sanitaires des rayonnements : l’indépendance de cette recherche est en effet compromise par un accord signé en 1959 entre l’AIEA (Agence Internationale de l’Anergie Atomique) et l’OMS.

Traduction de la présentation en anglais de la video par «Save the children from radiation»
par l’équipe de Vivre-apres-fukushima.fr

La video sous titrée en français par KNA


La télévision belge a également consacré un article à ce sujet:
Voir l’article belge
Plus d’informations sur l’accord OMS/AIEA


Notes

A- Voilà des années que l’association Independent WHO (pour une OMS indépendante)demande que l’OMS soit libérée de la tutelle de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Énergie Atomique – c’est une agence officielle de l’ONU chargée de la diffusion de l’énergie nucléaire.)
Les militants de Independent WHO manifestent en silence chaque jour devant le siège de l’OMS à Genève.
Une manifestation semblable a lieu à Paris devant le ministère de la santé, le vendredi.
Le site de IndependentWho

B- Vous trouverez dans la section « documents » un topo sur les niveaux de contamination radioactive autorisés par les gouvernements dans les aliments et l’eau potable. Il y a des choses un peu surprenantes…


Texte français

Il me semble que cette video est un peu « hachée », difficile à suivre, aussi je vous mets ici le texte français: (merci à Kna)

Lire la suite

Nov 06

Le premier ministre japonais vend des centrales nucléaires

malgré l’accumulation des problèmes à Fukushima

Les gouvernements japonais et turc ont signé le 29 octobre un accord portant sur la construction de quatre réacteurs nucléaires en Turquie, dans la ville de Sinop, au bord de la mer Noire.

Depuis son arrivée en fonction en décembre, Mr Abe a fait de l’exportation des centrales nucléaires, entre autres infrastructures, un pilier de sa stratégie de croissance économique.
L’administration Abe vise aussi à vendre des centrales nucléaires aux Emirats Arabes Unis, L’Arabie saoudite,l’Inde, le Vietnam, la Russie.
Le vice-président de Toshiba Makoto Kubo lors d’une conférence de presse le 30 octobre: « Nous voulons faire avancer les exportations de centrales nucléaires en travaillant main dans la main avec le gouvernement»

Dans le même temps qu’il pousse à l’exportation des centrales nucléaires, Mr Abe annonce que le Japon va diminuer la proportion du nucléaire dans sa production d’électricité, sans toutefois expliquer quand ni comment il compte le faire.

Cependant, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, Tokyo Electric Power Co bagarre depuis des mois pour empêcher les réservoirs et autres installations de laisser s’échapper des eaux de plus en plus radioactives.
À plus longue échéance, TEPCO devra relever deux défis majeurs : démanteler les réacteurs et éliminer les matériaux radioactifs des zones environnantes.
Le premier réacteur endommagé dont on va tenter d’extraire le combustible nucléaire est le n° 4 et la TEPCO estime que les opérations d’enlèvement des 1500 assemblages de combustibles dureront jusque fin 2014.

Parmi les victimes de la catastrophe, des voix se sont élevées contre cet encouragement aux exportations de centrales nucléaires alors que les problèmes ne cessent de s’aggraver au Japon.

Soichi Saito, 63 ans, évacué de Futaba, préfecture de Fukushima, responsable d’une association de résidents en logement temporaire, critique le double langage du premier ministre en matière d’énergie nucléaire :

« Comment ose-t-il vendre à l’étranger des centrales nucléaires alors qu’il est incapable de maîtriser la situation après cet accident ?. Et les victimes de la catastrophe nucléaire, il y pense ?»

Résumé-traduction de l’article publié le 31 octobre en anglais par l’ Asahi Shimbun
Lire l’article de l’Asahi Shimbun
Traduction: l’équipe de « vivre-apres-fukushima.fr »


Note

– Comment appeler cela de la part des gouvernants ? cette sorte d’hypnose pour le nucléaire, à tout prix, même au prix de la santé des citoyens et des générations futures…
– L’opération d’enlèvement des barres de combustible de la piscine n°4 est une opération à très haut risque qui devait commencer ce mois de Novembre.
En France également, nos derniers présidents se sont fait les représentants de commerce de l’industrie nucléaire.


Nov 03

Le gouvernement japonais souhaite le retour des femmes enceintes et des enfants dans les zones jusqu’à 20mSv/an !

Le gouvernement japonais prévoit de nombreuses mesures d’encouragement au retour à Fukushima.

  • Nouvelle politique d’indemnisation en faveur de ceux qui décident de revenir dans la Zone Verte (<20 msv/an – zone dite de préparation au retour)
  • Nouvelles mesures de soutien au logement en faveur des populations évacuées à l’extérieur de Fukushima s’adressant particulièrement aux femmes enceintes et aux enfants

Extrait d’une conférence donnée à l’ONU le 13 mars 2013 par madame
Hiroko Goto, Professeur à la Faculté de Droit de Chiba & Vice-Présidente de Human Rights Now:

«Nous devons protéger la santé des femmes et des enfants à Fukushima»

« …La deuxième mesure mentionnée ci-dessus – Nouvelles mesures de soutien au logement en faveur des populations évacuées à l’extérieur de Fukushima – pose un véritable problème car elle vise particulièrement les femmes enceintes et les enfants.
Si les femmes enceintes ou les enfants décident de revenir à Fukushima, la Préfecture de la ville va leur offrir gratuitement un très beau logement neuf.
Le fait de mettre en place ce type de politique montre bien que les pouvoirs locaux veulent que les populations évacuées reviennent dans cette zone.
Cette situation est très inquiétante pour la santé des femmes et des enfants…. »

(traduction par l’équipe de « vivre-apres-fukushima.fr »)

La video en anglais


Note:

Le lobby nucléaire estime que les populations peuvent très bien vivre dans un milieu contaminé jusqu’à 20 mSv par an.
C’est la même politique qui se dessine pour l’Europe, comme l’a autorisé récemment le parlement Européen (voir le billet précédent).

Quand on voit ce qui se passe dans les régions contaminées par Tchernobyl, il y a en effet de quoi être inquiet:
Au Belarus, la santé des populations vivant en milieu contaminé est mauvaise, y compris celle des enfants.
Et cela continue de s’aggraver.
Au Belarus, seulement 26% des enfants sont en bonne santé !

Ce que constatent les médecins de Tchernobyl:

Les actes du forum scientifique et citoyen sur la radioprotectionGenève mai 2012

L’ouvrage du Dr Yablokov et collaborateurs
«Tchernobyl: conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature»
publié en 2010 par l’Académie de Médecine de New York

26 ans après, la santé des enfants de Tchernobyl est mauvaise et continue de se dégrader
DR GALINA BANDAJEVSKAYA pédiatre
La communication du Dr Galina Bandajevskaya (Belarus) pédiatre, cardiologue,au forum de Genève du 12 Mai 2012 sur la santé des enfants au Belarus.
Seulement 26% des enfants sont en bonne santé
Lire ou charger l’exposé


Nov 02

Radioprotection: Le lobby du nucléaire prépare l’acceptabilité d’un Fukushima européen avec la complaisance du Parlement européen

Voici un communiqué de Michèle Rivasi et Karima Delli, députées Européennes, du 24 oct 2013:

Le Parlement européen s’est prononcé aujourd’hui 24 octobre en faveur d’un rapport sur les « normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants », ce qui inclut notamment la protection de la population en cas d’accident nucléaire. Le groupe des Verts/ ALE a voté contre ce rapport.

Michèle Rivasi

L’Euro députée Michèle Rivasi

Michèle Rivasi, députée européenne Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE et co-fondatrice de la CRIIRAD, revient sur un vote crucial pour les écologistes.

« On peut se réjouir du changement de base légale, c’est-à dire du fait que cette directive ne reposera plus sur le Traité Euratom, qui est aux mains des experts du nucléaire, mais sur le Traité de Lisbonne, où les parlementaires ont le pouvoir de codécision. Cependant le groupe des Verts/ALE a voté contre ce texte car il ne garantit pas la protection sanitaire du public et des travailleurs, tant en situation normale qu’ accidentelle »

« Une récente étude épidémiologique indépendante sur 4500 dossiers médicaux a démontré que le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en Corse a provoqué une augmentation de thyroïdites et de cancers de la thyroïde. Malheureusement, la proposition de nouvelle directive sur la radioprotection présentée par la Commission ne tient pas compte des dernières études disponibles et montre un manque flagrant de volonté pour protéger efficacement la population face aux rayonnements ionisants ».

L’eurodéputée pointe les problèmes majeurs du texte: « En ce qui concerne la gestion des déchets radioactifs, le texte anticipe le démantèlement des centrales nucléaires en autorisant la banalisation des déchets radioactifs, ce qui augmente le risque de dissémination des substances radioactives dans notre environnement. En outre, en cas d’accident nucléaire, le texte définit des niveaux de référence comparables à ceux que subissent les habitants de Fukushima. Cela permet aux exploitants du nucléaire de minimiser les coûts d’indemnisation et de dédommagement des victimes, sans parler des assurances qu’ils devraient souscrire pour y répondre ».

Pour Karima Delli, députée européenne de la Commission de l’emploi et des affaires sociales :

Karima delli

Karima Delli,députée européenne

« Les limites de doses pour les travailleurs inscrites dans ce texte sont beaucoup trop hautes et ne tiennent pas compte des nouvelles évaluations scientifiques sur l’excès de cancers observés à faibles doses. Je constate donc que la Commission européenne ne prend toujours pas la mesure des enjeux liés aux nouveaux risques pour la santé au travail. Elle doit publier une nouvelle Stratégie européenne pour la santé et la sécurité au travail pour la période 2014-2020 ! »


Note 1

Précisions après consultation du texte officiel

Voici les limites de doses telles qu’indiquées dans le document du parlement européen.
Ceci correspond donc aux expositions auxquelles l’industrie nucléaire est autorisée à nous exposer.

En principe, le public ne doit pas être exposé à plus de 1 mSv/an (maintien de la règle actuelle)
ceci concerne la somme des irradiations par exposition externe et par contamination interne causées par l’activité humaine.

  • En cas d’urgence, nous pouvons être irradiés entre 20 et 100 mSv/an
  • Pour les situations d' »exposition existante », nous aurons droit à subir une irradiation entre 1 et 20 mSv/an

« Exposition existante » semble être un euphémisme pour désigner une contamination permanente persistant après une situation d’urgence. C’est ce chiffre qui est retenu au Japon pour autoriser le retour des populations dans la région de Fukushima.

    Ceci permet aux états et aux industries nucléaires:

  • d’ évacuer beaucoup moins de monde en cas d’accident
  • de faire revenir les évacués bien plus vite, dès que c’est à moins de 20 mSv/an
  • de ne pas indemniser les habitants qui choisiraient d’aller vivre ailleurs.

Aucune mesure spécifique n’est indiquée pour les femmes enceintes et les enfants.

Le texte intégral du parlement européen est ici. Voir page 177


Note 2

Dès maintenant l’Europe accepte d’importer des aliments contaminés

    En Europe, depuis le 15 Juillet 2008 l’importation d’aliments contaminés est autorisée tant qu’ils ne dépassent pas, concernant la contamination par les Césiums:

  • Lait et aliments pour enfants: 370 Bq/kg
  • tout le reste: 600 bq/kg

Il y a donc une autorisation officielle à importer des aliments contaminés.

le texte européen
Un sommaire sur la réglementation européenne


Nov 01

Discussions entre agriculteurs et le gouvernement-Tepco sous le signe de l’incompréhension

Voici la version sous-titrée en français de la video que vous avez déjà pu voir sous-titrée en anglais.

Les difficultés et le désespoir des agriculteurs; la fin de non recevoir des « autorités ».

«https://youtu.be/StocwDjr21E»


Manifestation antinucléaire par les employés du quartier des affaires

Environ 600 employés du quartier des affaires ont manifesté le 30 octobre à Tokyo.
La plupart étaient en costume-cravate et sortaient de leur travail.

    Les slogans:

  • «Non au redémarrage des centrales»
  • «Arrêtez l’eau contaminée»
  • « Arrêtez l’exportation»

Ils ont défilé devant le siège de Tepco.

Résumé de l’article en anglais de l’Asahi Simbun

les employés en costume-cravate manifestent

Manifestants antinucléaires, en costume-cravate, marchant dans Tokyo le 30 Octobre
Cliché Sayuri Ide – Asahi Simbun

Note:

Remarquez le slogan: «Non à l’exportation»
En effet, le gouvernement japonais espère vendre des centrales nucléaires, notamment en Afrique
Les employés de bureau ne sont pas coutumiers des manifestations


Novembre: un mois risqué !

Tepco va en effet commencer de tenter de retirer les barres de combustible stockées dans la piscine N°4
Espérons que tout se passe bien
Tepco a des problèmes avec ses employés sur le site de la centrale: pas assez nombreux, travail difficile et fatiguant, salaires bas et souvent amputés par la mafia japonaise(les yakusas)et des empilements de sous-traitants; leur moral s’en ressent; il y a un gros turn over, ce qui fait qu’il y a peu d’employés expérimentés (il va s’agir de lever des barres de combustible sans les casser en pilotant une grue par télécommande et en surveillant l’opération sur un écran de télé…).