Fév 15

À Fukushima la fusion ne fait que continuer

Le Dr Helen Caldicott nous remet dans les rails en commentant les dernières nouvelles.

Traduction de l’article du journal «Independent Australia» du 13/02/2017
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas augmenté, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet [une élévation récente- Note de VAF] des radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des millions de litres d’eau s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bon à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être dûe aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »


Traduction de l’article paru le 13/02/2017 dans Independant Australia:
https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019
par papijef
http://papijef.free.fr/spip.php?article176
«Ma traduction est libre de droits et peut être reproduite».


Qui est le Dr Helen Caldicott ?

Voici un extrait de sa notice dans Wikipedia

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en 1938

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.


Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été récompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, récompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.

Son site en anglais: http://www.helencaldicott.com
Son CV sur son site:
http://www.helencaldicott.com/about/cv/
Vous pouvez suivre le Dr Caldicott sur Twitter: @DrHCaldicott


Fév 02

Belgique: bientôt des comprimés d’Iode pour presque tout le monde ?

Extrait de l’article de la rtbf:
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pilules-d-iode?id=9516533


Voici ce qui est prévu : dans un rayon de 20 km autour des centrales, distribution préventive à tous les riverains via les pharmacies. Pas de distribution « boîte aux lettres » tout simplement car il s’agit tout de même d’un médicament.

La nouveauté : prochainement – après approbation par le gouvernement fédéral, ne vous ruez donc pas en pharmacie! -, dans un rayon de 100 km autour des centrales, soit concrètement tout le pays, distribution préventive via pharmacies UNIQUEMENT aux groupes cibles : enfants, femmes enceintes, allaitantes.

Et pour tous les autres ? La distribution attendra le jour J, le jour d’une éventuelle réelle catastrophe nucléaire, et après communication des autorités.

Autre nouveauté : les pharmacies continueront à conserver au nom de l’État de larges stocks stratégiques d’iode, mais elles seront surtout dotées à l’avenir de pastilles déjà fabriquées et d’iode transformé prêt à l’emploi, de quoi éviter pénurie et longue attente au cas où.


Voyez l’article complet de la RTBF:
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_nucleaire-tous-les-belges-recevront-des-pastilles-d-iode?id=9516533

Voyez également l’intéressante revue de presse de « savoie antinucléaire »:
http://savoie-antinucleaire.fr/
Notamment:

Belgique et sortie du nucléaire : les ministres de l’énergie réunis pour préparer le pacte énergétique:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/30/belgique-et-sortie-du-nucleaire-les-ministres-de-lenergie-reunis-pour-preparer-le-pacte-energetique/

France: le démantèlement des centrales nucléaires est mal engagé et sera très coûteux. , par la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale, mercredi 1er février:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/02/01/le-demantelement-des-centrales-nucleaires-est-mal-engage-et-sera-tres-couteux/

Les craintes de Michail Gorbatchev quand à la possibilité d’un conflit nucléaire:
http://savoie-antinucleaire.fr/2017/01/27/pour-mikhail-gorbatchev-le-monde-se-prepare-pour-la-guerre/

N’oublions pas que la prise d’iode stable ne protège QUE de l’iode radioactif. Pas du tout des nombreux autres produits radioactifs rejetés en cas d’accident.

Le 02 Février 2017


Jan 31

Prise d’iode lors d’un accident nucléaire: les recommandations des médecins de l’IPPNW

Les recommandations des médecins de l’IPPNW pour protéger la thyroïde
avec des comprimés d’iode stable (pour bloquer la fixation de l’iode radioactif)
après un accident nucléaire

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Un accident survenant dans une centrale nucléaire peut libérer de grandes quantités de particules radioactives qui se répandent dans l’air. Pour les habitants des zones touchées, le risque est grand d’absorber ces particules via l’air, l’eau ou la nourriture.
L’absorption d’iode radioactif provoque/peut provoquer des radiolésions durables même quand l’iode s’est désintégré ou a été évacué après quelques semaines. Nos organes « n’oublient » jamais une irradiation. Des années, voire des dizaines d’années plus tard, un cancer de la thyroïde peut apparaître.
Des études menées dans l’ancienne Union soviétique montrent en outre une augmentation des dysfonctionnements et des maladies auto-immunes de la glande thyroïde suite aux retombées radioactives de Tchernobyl.
Il n’existe aucune mesure de protection contre la plupart des particules radioactives. Mais prendre au bon moment de fortes doses d’iodure de potassium (blocage de l’iode) peut largement empêcher la thyroïde d’absorber l’iode radioactif.

Principe de fonctionnement

Pour fonctionner, la thyroïde a besoin d’iode qu’elle tire de l’alimentation, mais elle n’est pas capable de faire la distinction entre l’iode ordinaire et l’iode radioactif. C’est ainsi qu’après un accident nucléaire l’iode radioactif peut être stocké dans la thyroïde et endommager les cellules. Pour inhiber le captage de l’iode radioactif, il faut prendre de l’iode ordinaire (I-127) au bon moment, c’est-à-dire avant le contact avec l’iode radioactif (I-131) pour en saturer la thyroïde. Au moment critique, la thyroïde a donc accumulé suffisamment d’iode non radioactif et arrête d’absorber l’iode. Avec un blocage effectif de l’iode, on peut réduire le risque d’atteintes de la thyroïde de manière indéniable ; on peut même réduire le risque de cancer de la thyroïde de plus de 90 %.

Début et durée du traitement

Pour pouvoir démarrer la prise d’iode au bon moment et juger de la durée du traitement, il faut absolument que les autorités diffusent des informations fiables sur le danger radioactif et la zone concernée. L’idéal est de prendre une forte dose d’iode 3 à 6 heures avant d’être touché par la radioactivité. Quand l’information est incertaine, il est également possible de commencer plus tôt, mais avec un risque d’effets secondaires.
La prise d’iode ne marche plus qu’à 50 % 3 heures après le passage du nuage et n’a plus aucun effet après 10 heures. Si l’iode est pris trop tôt et qu’il n’y a pas de prises consécutives, l’efficacité du blocage se trouve réduite, car l’iode est évacué de l’organisme en permanence et la saturation de la thyroïde diminue avec le temps. Une prise trop tardive peut même provoquer des dégâts, car elle va perturber l’élimination de l’iode radioactif et ses effets délétères peuvent s’en trouver accrus.

Un dosage élevé

L’effet protecteur souhaité n’est atteint que si les doses sont suffisamment fortes. Les comprimés d’iode bien connus qui sont prescrits en cas de carence en iode ne contiennent que quelques microgrammes et ne protègent pas en cas d’accident. Pour assurer le blocage de l’iode radioactif, il faut utiliser des doses nettement plus élevées. Ces comprimés à fortes doses doivent être dissouts dans une bonne quantité d’eau et avalés immédiatement, mais pas à jeun.

Doses conseillées

Nourrissons 1 à 36 mois ½ comprimé = 32,5 mg
Enfants 3 à 12 ans 1 comprimé = 65 mg
Ados/adultes à partir de 13 ans 2 comprimés = 130 mg
Femmes enceintes 2 comprimés
(le fœtus est aussi protégé)
= 130 mg

Le renouvellement des prises au cours des jours suivants peut contribuer à réduire encore le risque de maladie, en particulier quand l’exposition à l’iode radioactif se prolonge ou quand les informations données à la population ne sont pas claires. Compte tenu de l’efficacité et des possibles effets secondaires, nous recommandons une prise quotidienne de la moitié de la dose initiale jusqu’à la fin des mesures d’évacuation ou jusqu’à cessation de l’exposition à la radioactivité. Les nouveau-nés, les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent recevoir au maximum une deuxième dose et doivent être ensuite soumis à un examen de la thyroïde.

Disponible sans ordonnance à la pharmacie

Dans le cadre de la protection allemande contre les catastrophes, un stock de comprimés „Lannacher® 65 mg“ est gardé en réserve. Ces comprimés sont bon marché et sécables pour les enfants et les tout-petits. En raison de la longueur des délais de livraison, il est indispensable pour le pharmacien de commander suffisamment tôt auprès du fabricant autrichien. Il n’existe actuellement aucun traitement alternatif. Comme l’iode peut être considéré comme stable d’un point de vue pharmacologique, les dates de péremption relativement courtes indiquées sur l’étui ne doivent pas être retenues de manière trop rigide si les conditions de stockage (dans un endroit sec et protégé de la lumière) ont été respectées. Du reste, tout pharmacien doit pouvoir de par sa formation fabriquer lui-même les comprimés d’iode à forte dose nécessaires dans ce cas.

La question de l’âge

En cas de nécessité, un blocage de l’iode doit être effectué chez les personnes de tous les âges quels qu’ils soient (depuis les nouveau-nés jusqu’aux personnes âgées).
La recommandation officielle actuelle de protection contre les catastrophes qui a choisi de limiter le blocage de l’iode aux personnes de moins de 45 ans est, à notre avis, dépassée. En effet après la catastrophe de Tchernobyl on a constaté dans les zones contaminées par la radioactivité une importante augmentation des cas de cancers de la thyroïde même chez des gens âgés.
Avant de prendre de fortes doses d’iode, nous conseillons aux gens de plus de 45 ans chez qui on suspecte une maladie thyroïdienne, ou ceux dont la famille présente plusieurs cas de maladies thyroïdiennes et finalement, aux habitants de zones de carence en iode de consulter au préalable leur médecin de famille et éventuellement de faire des examens complémentaires en lui présentant la présente recommandation de l’IPPNW.

Distribution préventive

L’IPPNW recommande, pour que la première prise ait nécessairement lieu au bon moment, on ait recours en Allemagne aussi – comme c’est le cas en Autriche et en Suisse – à une solution politique globale, à savoir la distribution préventive généralisée et indépendante des événements à tous les foyers ainsi qu’aux centres d’accueil pour enfants, adolescents et jeunes adultes (crèches, maternelles, écoles, lycées).

Risques associés au médicament

Le fait qu’il est possible de se procurer les comprimés d’iode fortement dosés sans ordonnance ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un médicament. Les effets secondaires sont certes rares mais comme avec tous les médicaments, mais ils sont fondamentalement possibles en particulier en cas d’allergie à l’iode, de tendance à l’hyperthyroïdie, de maladie de Basedow, d’adénomes autonomes, d’autonomie thyroïdienne diffuse ou de maladies rares comme la dermatite herpétiforme, la dermite tubéreuse due à l’iode (Iododerma tuberosum), la myotonie congénitale ou la vascularité hypocomplémentémique.
Des réserves sont à appliquer en cas de dysfonctionnement des reins et de traitements par diurétiques d’épargne potassique (agents de drainage). Si vous vous procurez de l’iode fortement dosée ( cp d’iode à 65mg d’Iodure de potassium)de manière préventive, demandez d’abord conseil à votre médecin de famille en lui montrant cette fiche. Il peut par exemple, (si nécessaire)avec un test sanguin complété éventuellement par une échographie, écarter de manière assez sûre une hyperthyroïdie dont vous ne seriez pas encore conscient et vous donner des conseils sur d’autres risques et interactions possibles.
L’alternative à l’iodure de potassium recommandée est le perchlorate de sodium (Irenat®), qui doit par contre faire l’objet d’une prescription.

Une efficacité limitée : l’iode ne protège que la thyroïde.

Le blocage de l’iode par la thyroïde protège uniquement contre le cancer de la thyroïde et les autres maladies de la thyroïde, mais pas des autres effets délétères des radiations. Il n’existe aucune « pilule miracle », aucune panacée qui protégerait globalement contre les radiations. La seule manière véritablement efficace de se protéger contre les risques atomiques, c’est d’arrêter tous les réacteurs nucléaires du monde entier. C’est l’un des combats que mène l’IPPNW.

Mentions légales : IPPNW e.V., Körtestraße 10, 10967 Berlin,
www.ippnw.de, Tél. 030-6980740, kontakt@ippnw.de

Rédaction : Reinhold Thiel, Ulmer Ärzteinitiative
www.ippnw-ulm.de

Mise à jour du 15.11.2016 en collaboration avec le groupe régional de l’IPPNW d’Aix la Chapelle

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Le texte original, en allemand:
sur le site de IPPNW Ulm: http://www.ippnw-ulm.de/
Le pdf: http://www.ippnw-ulm.de/Dokumente/IPPNW-Empfehlung-Jodblockade-Vers.15.11.2016.pdf
Traduction «Fukushima is still news» (http://www.fukushima-is-still-news.com/)

L’IPPNW a révisé sa fiche d’information de 2011 sur les comprimés d’iode à distribuer en cas d’accident nucléaire, parce qu’on dispose aujourd’hui de nouvelles études scientifiques sur la question et que les autorités de sûreté nucléaire allemandes ont émis une nouvelle recommandation.
Liste des sources des recommandations de l’IPPNW : https://www.ippnw.de/atomenergie/sicherheit/artikel/de/ippnw-empfehlung-bei-atomreaktorunf.html


En France:

En résumé: tout le monde peut prendre l’Iode.Seuls ceux qui ont ou chez qui on suspecte une maladie de la thyroïde devraient demander à l’avance à leur médecin s’ils peuvent prendre ces comprimés.

Les consignes officielles françaises sont ici: http://www.distribution-iode.com/
Je cite le paragraphe concernant une éventuelle allergie à l’iode:

« Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin. »

Voyez à ce sujet le site officiel canadien:
http://www.urgencequebec.gouv.qc.ca/fr/situation-urgence/Pages/accident-radiologique-et-nucleaire.aspx#Comprimes_d_iode

Il n’y a plus de zones de carence en Iode en France du fait de l’adjonction d’Iode dans le sel de cuisine.

L’expérience polonaise:

En Pologne suite à l’accident de Tchernobyl,plus de 17 millions de doses ont été reçues.
Deux réactions allergiques graves ont été observées chez les adultes présentant une
sensibilité connue à l’iode. L’incidence des effets secondaires graves découlant d’une
dose unique d’iode représentait moins de 1 sur 10 millions chez les enfants, et moins de
1 sur un million chez les adultes. (IRSN)

Se procurer des comprimés:

Le gouvernement français est en train de distribuer gratuitement des comprimés d’Iodure de Potassium dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires aux familles, écoles et collectivités.
Hors de cette zone dite de «Plan Particulier d’Intervention» on peut se procurer des comprimés d’Iodure de Potassium à 65 mg dans toutes les pharmacies sans ordonnance. Elles doivent les commander, n’étant pas dépositaires des stocks.

boite d'IK en France

A propos de la fiabilité des autorités

Nous avons vu que ni à Tchernobyl, ni à Fukushima les autorités n’ont su ni donner l’ordre de prise, ni distribuer correctement les comprimés à temps. Nous avons vu qu’à chaque accident nucléaire les autorités ont menti; allant jusqu’à affirmer que le nuage ne franchirait pas la frontière.

A propos des vents

En cas de catastrophe, avec une petite brise de 10 km/h le nuage radioactif sort de la zone des 10 km en une heure. Nous avons vu qu’à Fukushima le vent chargé de radioactivité a tourné à plusieurs reprises.

Voyons ce qu’en pensent les bretons, bons connaisseurs des vents :

Résumons : si la population était prévenue de l’éventuelle arrivée d’un nuage radioactif, il faudrait, pour s’en protéger, prendre l’iode 2h avant son arrivée ! Mais si on est à côté d’une centrale, il faudrait prendre l’iode 2h avant les rejets donc avant un accident nucléaire dont on ignore qu’il va avoir lieu. Cela n’est pas sans rappeler l’histoire des pompiers qui doivent vérifier leur camion la veille de chaque incendie !

Après Fukushima (cela aurait été plus logique après Tchernobyl en 1986), le gouvernement français a mis en place le Plan Orsec Iode qui nous dit que « la présente circulaire a pour objet de définir les nouvelles modalités de mise en place des stocks de comprimés d’iodure de potassium au sein du territoire, ainsi que les conditions de leur distribution à la population hors des zones couvertes par un plan particulier d’intervention (PPI). […] Elle prévoit que les stocks de comprimés d’iodure de potassium soient constitués, […] et que chaque préfet organise dans son département les modalités de mise à disposition de la population en cas d’urgence, en s’appuyant notamment sur les maires. »

C’est ce qui a incité le collectif trégorois de Sortir du nucléaire à interroger (c’était en 2015) le préfet des Côtes d’Armor, puis le sous-préfet de Lannion sur ces fameux comprimés d’iodure de potassium. Aucune réponse. Puis de nouveau question au préfet en début 2016 après les attentats terroristes et en fonction de l’éventualité d’attentat contre une centrale. Là, le préfet a enfin répondu. Mais pour dire quoi ? Que conformément au Plan Orsec Rad, le département possède bien un stock de 600000 comprimés à St Brieuc. Point final, aucune information sur la distribution.

D’aucuns diront que cela n’a pas d’importance parce qu’il n’y a pas d’installations nucléaires en Côtes d’Armor. Certes, mais si on regarde la carte, on voit que La Hague, 300 km de St Brieuc par la route, est à 140 km à vol d’oiseau.

Imaginons un incident à La Hague et un vent de Nord-Est d’environ 50 km/h (rien d’inimaginable donc !). Le nuage arrive en 3h sur les Côtes d’Armor, or il est souhaitable de prendre pour être immunisés les comprimés 2h avant son arrivée. En admettant que l’alerte se mette en place très rapidement, il faudra que le préfet explique comment il fait pour distribuer en 1h depuis St Brieuc où ils sont stockés, les comprimés d’iodure de potassium à la toute la population du département…

Le texte complet: https://lepeuplebreton.bzh/en/2016/06/22/de-la-distribution-diode-2/


Qu’est ce que l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire.
Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/


Jan 22

La ville de Hirono a du lancer un appel à dons pour sauver son seul hôpital.

Le seul hôpital en fonctionnement de la ville de Hirono, préfecture de Fukushima, est en crise suite à la mort le mois dernier de son unique médecin à temps plein; la ville a lancé une campagne de crowdfunding pour solliciter les dons du public.

Synthèse de deux articles de la presse japonaise en anglais:
http://www.japantimes.co.jp/news/2017/01/10/national/town-near-fukushima-no-1-raising-funds-invite-volunteer-doctors-care-sole-hospitals-100-patients/
http://mainichi.jp/english/articles/20170111/p2a/00m/0na/008000c

Hideo Takano, le directeur de 81 ans de l’hôpital privé, est décédé dans un incendie à son domicile, sur le terrain de l’hôpital, le 30 décembre, laissant 100 patients hospitalisés à soigner.

C’est le seul hôpital en fonctionnement dans la région de Futaba, site de la centrale nucléaire accidentée Fukushima no 1. Les cinq autres hôpitaux de la région ont été arrêtés suite au tremblement de terre de mars 2011, au tsunami et aux catastrophes nucléaires.

l'unique hôpital de Hirono

L’unique hôpital de Hirono
cliché Mainichi

La campagne de crowdfunding (readyfor.jp/projects/hirono-med) a été lancée lundi 9 janvier 2017 avec un objectif de ¥ 2,5 millions (~20.000€)pour aider la ville à financer le coût d’un appel à des médecins volontaires pour venir accomplir les tâches de Takano jusque fin mars.
Jusqu’à présent, plus de 30 médecins de la région ont offert leur aide

Mardi après-midi, le total avait déjà dépassé ¥ 3 millions.(~25.000€)
L’argent sera utilisé pour couvrir les frais de transport et d’hébergement des médecins bénévoles non rémunérés par ailleurs.
Les dons doivent être d’au moins ¥ 3000 (~25 €)et ils sont partiellement déductibles de l’impôt, car ils utilisent le système furusato nozei (don d’impôt à la ville natale), qui permet aux contribuables d’orienter le paiement de leur impôt vers les municipalités de leur choix.

L’hôpital Takano est situé à 22 kilomètres au sud de la centrale nucléaire N ° 1 de Fukushima. Le dr Takano a choisi de rester sur place et a continué de traiter des patients hospitalisés à son hôpital après l’accident nucléaire et les évacuations qui ont suivi. Il a également soigné les résidents locaux et les personnes engagées dans le déclassement de la centrale nucléaire.

La compagnie de télévision NHK avait réalisé une video
Elle nous montre un médecin âgé, fatigué, mais quel sourire !
https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/videos/20170105161403595/

Le Dr Takano

Le Dr Tankano

La campagne se poursuivra jusqu’au 28 février, et la quantité de dons qui dépassera l’objectif de 2,5 millions de yens sera utilisée pour le renforcement du système de soins médicaux à Hirono.

Voyant la réponse rapide et positive des donateurs à travers le Japon, Satoshi Endo, maire de Hirono a dit, «Ce niveau de générosité, de tant de gens à travers le Japon, a été plus élevé que prévu». Ceci nous permettra d’aider à maintenir le système local de soins dans cette région affectée par la catastrophe.»


Ces articles m’ont été signalés par le site «Fukushima is still news»:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/crowdfunding-for-hirono-a-success.html
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/raising-funds-for-hirono-hospital.html


Quelques détails sur Hirono:

A HIRONO, la levée de l’ordre d’évacuation a été faite en septembre 2011.
Les indemnités mensuelles de 100.000 Y (716 € par personne) ne sont plus versées depuis Août 2012.
Seulement 1.300 des 5.200 habitants avaient regagné leur maison en Avril 2014:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-3-ans-difficiles-retours-a-la-maison/

Le gouvernement Japonais a installé à Hirono un centre d’entraînement pour les jeux olympiques:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/preparatifs-japonais-pour-les-jo-de-2020/


Jan 14

Alexei YABLOKOV grand-père de l’écologie russe est décédé

Voici la traduction de la notice que lui consacre l’association norvégienne Bellona
Le 10 Janvier 2017

Alexei Yablokov

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Alexei Yablokov, l’ imposant grand-père de l’écologie russe est décédé à Moscou après une longue maladie à l’âge de 83 ans. Il avait travaillé avec Bellona pour démasquer les pratiques de déversements nucléaires dans l ‘arctique pendant la Guerre Froide.

En tant que membre de l’Académie Russe des Sciences, il a également été l’auteur principal de l’ouvrage princeps: «Chernobyl: conséquences de la catastrophe pour la population et l’environnement».
Le livre concluait que le désastre de Chernobyl en 1986 était responsable de 985 000 décès prématurés- le décompte de mortalité le plus grand à ce jour- après analyse de 6 000 sources sur l’accident.

Le président de Bellona, Frédéric Hauge se souvient de Yablokov comme d’un ami depuis 30 ans. «Il était une source d’inspiration, un grand ami, un grand scientifique et l’un des plus importants héros de l’environnement au monde.»
A l’avoir connu et à avoir travaillé avec lui, quelqu’un d’une intelligence vive et fraîche, je pense que nous devrions tous conserver sa mémoire comme un trésor».

Yablokov a géré un vaste mandat environnemental et politique en Russie; il a publié plus de 500 textes sur la biologie, l’écologie, la conservation de la nature et de nombreux livres sur chacun de ces sujets. Il a fondé la branche russe de Greenpeace; il fut le leader du groupe Russie Verte du parti d’opposition Yabloko.

Pendant qu’il était conseiller à l’environnement du président Boris Yeltsin, de 1989 à 1992, il a publié un livre blanc brûlant qui détaillait la gravité de la menace nucléaire que représentaient l’immersion dans l’Arctique de réacteurs nucléaires militaires et le sabordage de sous-marins nucléaires.

sous-marin en cours de démantèlement

Sous-marin en cours de démantèlement
cliché Bellona

Le catalogue des déchets déversés à la mer par les soviétiques comprend quelques 17 000 conteneurs de déchets radioactifs, 19 navires contenant des déchets radioactifs, 14 réacteurs nucléaires dont 5 contiennent encore du combustible nucléaire usagé; 735 pièces de machineries lourdes contaminées; et le sous-marin nucléaire K-27 avec ses deux réacteurs chargés de combustible nucléaire.

Le livre blanc de Yablokov a ouvert une période d’ouverture à l’environnement qui a mené à plus de $3 milliards d’aide internationale à la Russie pour nettoyer 200 sous-marins déclassés et pour sécuriser des décennies de déchets nucléaires militaires.

Les conclusions du livre correspondaient avec un rapport précédent de Bellona daté de 1992, au sujet des déchets radioactifs déversés par la marine russe dans la mer de Kara.

Hauge disait que Yablokov était «la première personne dans une position de pouvoir en Russie qui ait eu le courage de mettre en avant et de soutenir nos conclusions». «Il a aidé à ouvrir des discussions sérieuses sur ce qui était un Tchernobyl au ralenti» disait Hauge.

Le partenariat est devenu critique. En 1995; Alexander Nikitin de Bellona a été inculpé de trahison pour sa contribution à un rapport développant les conclusions de Bellona au sujet des dangers nucléaires dans l’Arctique. Le rapport était nommé: «La flotte Russe du nord: source de contamination radioactive».
Pendant les interminables audiences menant à un acquittement éventuel, Yablokov, calme, recueilli, a contribué à orienter la défense de par sa connaissance de la constitution russe. «Son sang froid pendant l’affaire Nikitin a été remarquable» a affirmé Hauge mardi. «Il a fortement souligné que la constitution était la voie vers l’acquittement de Nikitin.»

En 2000, la cour suprème de Russie a accepté et a acquitté Nikitin; faisant de lui
la première personne confrontée à une accusation de trahison en Russie qui ait gagné.

Yablokov était un éclairage constant lors des présentations de Bellona en Russie, dans l’Union Européenne, les États-Unis et la Norvège ; plus récemment il a présenté son livre de 2007 à Oslo pour le 30° anniversaire de la catastrophe de Chernobyl.

Il fut aussi le défenseur infatigable des activistes environnementaux en Russie. En 2014, il a suggéré lors d’une conférence de Bellona à St Petersbourg que les groupes écologistes devraient publier la liste de ces fonctionnaires qui les harcèlent.
«Nous devons soutenir constamment nos camarades qui ont été forcés de quitter le pays ou qui ont fini en prison en raison de leur activisme environnemental» disait-il lors de cette conférence.

La même année, Yablokov a défendu la présentation d’un rapport sur les violations environnementales lors de la vitrine russe des jeux olympiques de Sochi.
Yablokov s’est arrangé pour que les activistes de la veille environnementale du Caucase Nord – beaucoup ont été emprisonnés, exilés ou harcelés en silence- puissent présenter leur rapport choquant sur la corruption environementale olympique à Moscou alors tout autre lieu les avait rejetés.

Hauge: «C’était un ami et un conseiller pour nous depuis le début et nous devons en grande partie le succès de notre travail en Russie à ses constants avis et conseils.»

La mort de Yablokov a été pleurée dans tous les milieux de Moscou. Igor Chestin, directeur du WWF a appelé Yablokov le «chevalier de l’environnement» de la Russie.

Valery Borschev, collègue de Yablokov dans la section des droits de l’homme du parti Yabloko disait de lui: «C’était une personne sur laquelle les autorités n’avaient aucune influence»

Charles DIGGS – charles@bellona.no

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L’article original sur le site de Bellona:
http://bellona.org/news/nuclear-issues/2017-01-alexei-yablokov-grandfather-of-russian-environmentalism-dies-at-83
La version originale en anglais sur Still news:
http://www.fukushima-is-still-news.com/2017/01/farewell-mr.yablokov.html
Traduction Vivre apres fukushima


La fondation Bellona

La Fondation Bellona a été fondée en 1986. Nous travaillons actuellement au siège social d’Oslo et à nos trois bureaux internationaux à Murmansk (Russie) et à Saint-Pétersbourg (Russie) à Bruxelles (Belgique / UE). Nous avons des sites web en norvégien, anglais et russe.
Notre domaine d’expertise est vaste, et le personnel est composé de personnes ayant une vaste expérience professionnelle. Avec 30 ans d’expérience, nous avons établi un réseau unique à l’échelle nationale et internationale. Notre travail a gagné l’attention internationale dans plusieurs disciplines, et les conseillers de Bellona sont souvent des sources et des experts sur les questions de changement climatique dans la presse nationale et internationale.
http://bellona.org/

Chernobyl: conséquences de la catastrophe pour la population et l’environnement

C’est le livre de base sur les conséquences de Tchernobyl. Il a été publié par l’Académie des Sciences de New-York. Sa lecture est essentielle pour n’importe quelle personne à la recherche de preuves fiables issues de sources indépendantes sur les effets de l’énergie nucléaire sur la santé et l’environnement.

Six décennies de dissimulation institutionnelle, internationale et à un niveau élevé, ont privé le monde entier d’une information médicale et scientifique particulièrement importante sur les conséquences sanitaires des activités nucléaires industrielles et militaires. Ce livre rend disponibles d’énormes quantités de preuves issues d’études indépendantes entreprises dans le monde entier et dans les pays les plus touchés; des données uniques et fiables qui ont été ignorées et continuent de l’être par l’organisation mondiale de la santé. Il fournit une vision exhaustive des dimensions réelles de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé et l’environnement.

Lire ou télécharger gratuitement la version française en pdf de ce livre:
http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Tchernobyl_Consequences_de_la_catastrophe_sur_la_population_et_l_environnement_V01PDF.pdf

Il est également possible d’acheter une version française papier de ce livre. Le livre est imprimé à l’unité par Lulu.com au prix de 12,75 € + 1,50 € de taxe sur la valeur ajoutée et 3,99 € de frais d’envoi pour un envoi en courrier postal, soit un total de 18,24 € . Pour l’envoi en courrier postal, livraison sous 4 à 7 jours ouvrés une fois l’impression terminée.

Commander la version papier:
http://www.lulu.com/shop/alexey-v-yablokov-and-vassili-b-nesterenko-and-alexey-v-nesterenko-and-natalia-e-preobrajenskaya/tchernobyl-cons%C3%A9quences-de-la-catastrophe-sur-la-population-et-lenvironnement/paperback/product-22150312.html

Autres livres sur les conséquences du nucléaire. Voir: http://independentwho.org/fr/livres/


Déc 07

Connecter et amplifier les voix indépendantes en matière d’accidents nucléaires

Le projet du diplomate Akio Matsumura

Akio Matsumura:

Voici un extrait de l’éditorial de l’Asahi Shimbun du 23 Nov 2016 (Anglais):

« La leçon du dernier tremblement de terre: nous devons toujours rester prêts. »

Pour la planète Terre, une période de cinq ans et huit mois ne représente que le temps d’un éclair.

Le séisme de force 7,4 qui a frappé l’est du Japon le 22 novembre 2016 et serait une réplique du grand séisme du Japon de l’Est du 11 mars 2011, a servi à réveiller les consciences ; en tant qu’humains, nous avons en effet la mémoire terriblement courte.

Beaucoup cette fois se sont inquiétés en apprenant l’arrêt momentané de la pompe de refroidissement de la piscine de combustible nucléaire usé à la centrale de Fukushima No.2 opérée par Tokyo Electric Power Co (TEPCO)… Au tout début de la catastrophe de mars 2011, l’arrêt de la pompe de refroidissement à la centrale de Fukushima No.1 avait soulevé de sévères inquiétudes quant au combustible usé. On avait alors redouté un rejet massif de substances radioactives.

Nous craignons que cette leçon particulière de la catastrophe de 2011 n’ait déjà été oubliée.

Nous devons en toute humilité tirer les leçons de chaque désastre. Il revient à la société – aux particuliers comme aux entreprises – de continuer à envisager des contremesures viables et ce, constamment.

En fin de compte, c’est la seule manière de pouvoir se préparer à la prochaine catastrophe qui pourrait se produire aujourd’hui même…

http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201611230030.html

Akio Matsumura

Le gouvernement japonais et le gouvernement métropolitain de Tokyo innondent l’actualité de promotions pour les Jeux olympiques de 2020 prévus à Tokyo. Devant tant de nouvelles passionnantes, nous remarquons à peine qu’on ne parle quasiment pas de l’avancement des réparations, des difficultés rencontrées par les équipes ou du nombre de zones encore inapprochables sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima.

De fait, l’observateur lambda au Japon ou aux États-Unis a l’impression que les problèmes nucléaires de Fukushima ont été résolus depuis longtemps et qu’aujourd’hui tout va bien. Ce n’est bien sûr pas le cas. Je crains fort que bien des aspects de la crise nucléaire de Fukushima ne continuent à affecter la sécurité des personnes et de l’environnement.

Les médias ont détourné les projecteurs de la crise.(Lien en anglais) Il est donc important de garder à l’esprit les réalités suivantes :

  • En raison de l’importance des radiations, personne ne peut approcher les réacteurs 1, 2 et 3. Aucune solution pour retirer les coriums n’est envisagée pour au moins 40 ans.
  • TEPCO utilise 400 tonnes d’eau par jour pour refroidir les cœurs fondus des trois réacteurs dévastés et 400 tonnes supplémentaires s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments réacteurs endommagés. De plus, la pluie emporte dans l’océan les matériaux radioactifs restant sur le site.
  • Le phytoplancton (algues) qui absorbe les isotopes radioactifs de Fukushima nourrit le plancton animal et ses larves microscopiques. Ces microorganismes, première source de nourriture des poissons et des mammifères marins, sont ensuite transportés le long du courant du Pacifique nord jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord et se retrouvent en Alaska et au Chili
  • Un mur souterrain de boue gelée d’une trentaine de mètres de profondeur et de près d’un kilomètre et demi de longueur – officiellement dénommé « le mur de glace » – a coûté 320 millions de dollars et est totalement incapable de remplir son objectif, qui était de réduire le passage de l’eau contaminée.
  • Selon le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les mesures de décontamination coûteront plusieurs milliards de dollars par an si l’on veut vraiment améliorer la situation. Il y a peu de chances que le gouvernement japonais soit prêt à consacrer autant de son budget à cet objectif.

Ce que nous avons appris avec l’accident nucléaire de Fukushima, c’est que les priorités du gouvernement japonais et de TEPCO n’étaient pas de protéger le public et malheureusement, beaucoup d’éminents scientifiques nucléaires japonais ont soutenu TEPCO ou gardé le silence. TEPCO a fini par admettre, cinq ans plus tard, qu’ils avaient attendu deux mois pour utiliser le terme de « fusion » à la centrale. Pour les experts du monde entier qui observaient la situation, il était évident que les cœurs étaient en train de fondre dès lors qu’ont eu lieu des rejets massifs de gaz de fission.

J’ai également beaucoup de mal à accepter la façon dont l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA) a géré la situation depuis la crise initiale jusqu’à aujourd’hui. Au départ, l’AIEA a envoyé des experts à Fukushima pour évaluer la situation et aider par leur expertise le gouvernement et TEPCO. Pourquoi l’Agence ne s’est-elle pas interposée quand le gouvernement japonais a décidé une zone d’évacuation de 20 km, soit un quart de la recommandation américaine (80 km) et un dixième ( !) des 200 km –incluant Tokyo – préconisés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ? La mission de l’AIEA est de promouvoir l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, tout en empêchant que celle-ci soit utilisée à des fins militaires, dont les armes nucléaires. Ces objectifs devraient comprendre une obligation morale de faire de la sécurité publique une priorité, et non pas de défendre les positions des gouvernements-membres et de l’industrie nucléaire.

Index de fragilité des pays
Centrales nucléaires et Index de fragilité des États
Cette carte interactive est visible sur le site de Akio Matsumura
cliquer sur l’image

http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html

À mon avis, la probabilité d’attaques terroristes sur l’un des 430 réacteurs nucléaires existant dans le monde est forte et va en augmentant. Compte tenu des enjeux politiques, économiques et environnementaux que représente le nucléaire pour les gouvernements et l’industrie, la discussion sur la sûreté et la sécurité de l’industrie nucléaire a toutes les chances de rester opaque et limitée.
Pour faire contrepoids au manque d’information, il en va de l’intérêt public d’établir un réseau indépendant d’experts en sûreté et sécurité nucléaires. Hans-Peter Durr, récemment disparu, ancien directeur du département d’Astrophysique à l’Institut Max Planck en Allemagne, m’avait dit quelques jours après le début de la crise de Fukushima, qu’après un accident nucléaire, une solution scientifique pour y mettre fin peut prendre des décennies. Selon lui, le seul moyen de minimiser les dégâts serait de rassembler des experts en divers domaines pour arriver à avoir une vue d’ensemble de l’accident nucléaire.

Il est très encourageant de constater l’ampleur du soutien que j’ai reçu pour établir le «Conseil consultatif international de l’Alliance pour l’action en cas d’urgence nucléaire (NEAA)». Beaucoup de gens m’ont aidé à recruter des experts dans de nombreux domaines : ingénierie nucléaire, médecine, santé et justice environnementales, armée, biologie, activisme social, industrie et réseaux sociaux. Les membres de notre conseil sont des sommités dans leur domaine ; tous sont reconnus et recommandés tant par leurs collègues que par le public.
(Remarque : Dans ce conseil, nous ne représentons que nous-mêmes. Les détails professionnels ne sont là que pour le contexte.)

Je suis extrêmement heureux de vous présenter les membres actuels du Conseil consultatif international de la NEAA.
Conseil consultatif international de la NEAA
Prénom Nom de famille Détails professionnels Pays
Robert Alvarez Founder of the Environment Policy Institute USA
Claus Biegert Director of the Nuclear-Free Foundation Allemagne
Oleg Bodrov Chairman of Green World Russie
Rinaldo Brutoco Founding President of the World Business Academy USA
Helen Caldicott Founding President of Physicians for Social Responsibility Australie
Agnes Denes International Conceptual and Environmental Artist, pioneer of the ecological art movement USA
Arne Johnanson Fjortoft Fonder of the Worldview International Foundation Norvège
Subrata Ghoshroy Research affiliate at the Program in Science, Technology, and Society at the Massachusetts Institute of Technology USA
Roza (Rose) Goncharova Head of Genetic Safety Laboratory, National Academy of Science of Belarus, Institute of Genetics and Cytology Biélorussie
Pervez Hoodbhoy Member of the Permanent Monitoring Panel on Terrorism of the World Federation of Scientists Pakistan
Scott Jones Career naval officer, Qualified nuclear weapons delivery pilot USA
David Krieger Founder of the Nuclear Age Peace Foundation USA
Claus Montonen Professor of Elementary Particle Physics at University of Helsinki Finlande
Eisuke Matsui Director of Gifu Research Institute for Environmental Medicine Japon
Akio Matsumura Founder of NEAA, Founder of the Global Forum of Spiritual and Parliamentary Leaders Japon
Mitsuhei Murata Former Japanese Ambassador to Switzerland Japon
Andreas Nidecker Founder of Physicians for Social Responsibility/International Physicians for the Prevention of Nuclear War/Switzerland (PSR/IPPNW/Switzerland) Suisse
Michel Prieur President of the International Center of Comparative Environmental Law (CIDCE), Professor Emeritus of University of Limoges France
Muhammad Riaz Pasha Scientist and former Adviser/ Technical Consultant to the Pakistan Atomic commission Pakistan
Alex Rosen Vice President of the International Physicians for the Prevention of Nuclear War Germany(IPPNW) Allemagne
Vinod Saighal Major General (ret), Executive Director of Eco Monitors Society Inde
Jurgen Scheffran Professor of Climate Change and Security at University of Hamburg Allemagne
Alice Slater Lawyer, Nuclear Age Peace Foundation USA
Gordon Thompson Executive Director of Institute for Resource and Security Studies USA
Francisco Chico Whitaker World Future Council (WFC), Catholic Commission for Justice and Peace Brésil
Yves Lenoir Social movement for children of Chernobyl. President of the French Association Enfants de Tchernobyl Belarus France

Remarque : l’IPPNW a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985.

Nous ne savons pas quand, ni où, ni comment un accident nucléaire se produira, mais nous devons admettre le fait que les gouvernements et l’industrie feront tout leur possible pour masquer les dangers au public.

De nos jours, nous avons accès à l’information et les moyens de connecter des experts pour analyser, interpréter et communiquer cette information. Le défi auquel nous sommes confrontés est de mettre en place et de maintenir un réseau efficace, indépendant, qui serve à défendre l’intérêt public.

Akio Matsumura

Le texte origine sur le blog de Akio Matsumura:
http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html
http://akiomatsumura.com/2016/03/introduction-de-lalliance-pour-laction-durgence-premieres-etapes-apres-une-catastrophe-nucleaire.html

En Anglais: http://akiomatsumura.com/2016/11/in-defense-of-the-public-interest-connecting-and-amplifying-independent-voices-around-nuclear-accidents.html

Les pages françaises de son blog:
http://akiomatsumura.com/category/translations/french-translations

Qui est Akio Matsumura ?

Akio Matsumura est un diplomate de renom qui a consacré sa vie à construire des ponts entre les gouvernements, les entreprises et les dirigeants spirituels pour la cause de la paix mondiale. Il est le fondateur et le secrétaire général du «Forum mondial des leaders spirituels et parlementaires pour la survie humaine»; il a tenu des conférences à Oxford, à Moscou, à Rio de Janeiro, à Kyoto et à Konya.

Voici des extraits de son blog qui décrivent son action:

«Trouver le chaînon manquant»

http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Trouver le chaînon manquant est le projet d’ Akio Matsumura pour relier les personnes, les informations et idées, pour apporter des solutions efficaces et innovantes aux nouveaux types de problèmes internationaux.
Nous posons de nouvelles questions et apportons des réponses nouvelles.

  • Quels sont les plus grands défis auxquels l’humanité sera confrontée dans le siècle à venir?
  • Comment définissons-nous la sécurité maintenant, à l’ère du changement climatique, de l’énergie nucléaire et du terrorisme?
  • En tant que décideurs, que pensons-nous sur notre époque et sur notre responsabilité dans un monde en évolution technologique rapide ?

Notre travail est pris en compte par des gouvernements influents et des chefs d’entreprise dans le monde entier, en particulier par les décideurs au Japon et aux États-Unis; la majorité de notre attention s’est concentrée là-bas depuis l’accident de Fukushima en mars 2011.

Japonais par naissance il vit tantôt à Tokyo, tantôt à Londres ou New York. Il a passé quatre décennies à l’ONU et dans d’autres activités internationales, à redéfinir ce que la population, le développement, signifient au niveau international.

En tant que fondateur et Secrétaire général du «Forum mondial des dirigeants spirituels et parlementaires pour la survie humaine», Matsumura a innové en réunissant des centaines de leaders internationaux à Oxford, Moscou, Rio de Janeiro, Konya et Kyoto pour redéfinir l’ordre du jour international dans les années 1980 et 90.

La présentation de «trouver le chaînon manquant» sur son blog:
http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Le 07 décembre 2016


Nov 24

10 ans après la guerre d’Irak d’innocents nouveaux-nés souffrent et meurent

Rapport de l’enquête d’une ONG sur les malformations congénitales à Fallujah, Irak en 2013.
Avril 2013
Par Human Rights Now

Fillette de Falloujah

cliché Human Rights Now


Droits de l’homme maintenant ~ Protéger les droits de l’homme pour tous
Humans Rights Now est une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme basée à Tokyo.
Elle rassemble des professionnels du droit qui se consacrent à la protection et la promotion des droits de l’homme
partout dans le monde, spécialement en Asie.
Elle se consacre à surveiller, à enquêter sur les droits de l’homme; à enseigner et à plaider au sujet des droits de l’homme.
http://www.hrn.or.jp


L’OMS refuse de publier ce qu’elle a constaté en Irak.
L’ONG «Human Rights Now» alertée par les médecins locaux a publié en 2013 le rapport de ce qu’elle a constaté à l’hôpital de Fallujah.

Vous pouvez télécharger ici ce rapport en anglais
Le texte de base
http://hrn.or.jp/eng/activity/HRNIraqReport2013.pdf
Ses deux appendices
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix1%20Iraq.pdf
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix2%20Iraq.pdf

Je n’ai malheureusement pas les moyens de traduire ce gros rapport intégralement;
Voici la traduction de la présentation qu’en fait Human Rights sur son site:
http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/


Human Rights Now
18 avril 2013
10 ans après la guerre, d’innocents nouveau-nés continuent de mourir et de souffrir en Irak.

Human Rights Now (HRN) publie les résultats d’une enquête portant sur les malformations congénitales enregistrées en Irak en 2013.

Cette année marque le 10e anniversaire de la guerre en Irak. Les médecins irakiens signalent pour ces dernières années une augmentation très inquiétante du nombre des malformations congénitales, ce qui laisse à penser que l’environnement a été fortement contaminé par cette guerre. Cette situation a des conséquences très néfastes sur la santé des populations locales, et en particulier sur celle des nourrissons et des enfants. Les données collectées par l’Hôpital Général de Fallujah – une ville qui a été lourdement attaquée à 2 reprises par les États-Unis en 2004 – font apparaître que 15 % des naissances enregistrées à Fallujah depuis 2003 présentent des malformations congénitales.

Début 2013, Human Rights Now – une O.N.G. de défense des droits de l’homme dont le siège est à Tokyo et qui est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies – a mené à Fallujah une enquête portant sur l’augmentation du nombre de malformations congénitales enregistrées en Irak.

HRN vient de publier son rapport intitulé « Des nouveau-nés innocents continuent de mourir et de souffrir en Irak ».
Ce rapport de plus de 50 pages est le premier qu’ait effectué une O.N.G. de Défense des droits de l’homme sur les maladies congénitales signalées en Irak depuis 2003, et l’intégralité du rapport est maintenant disponible en ligne.

Malgré la gravité de la situation, aucune enquête sérieuse n’a été effectuée – que ce soit par les États-Unis, le Royaume-Uni ou une organisation internationale indépendante comme l’ONU – sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de munitions toxiques par les États-Unis en Irak.

Le résultat d’un mois d’investigations de la part de la commission d’enquête fait apparaître un niveau qualitatif et quantitatif extraordinaire de malformations congénitales, avec une augmentation significative de ce phénomène dans la période qui suit la guerre. HRN considère que le droit des enfants à la santé et à la vie a été gravement violé à Fallujah en Irak et que cette situation mérite l’attention immédiate de la communauté internationale.

Avec l’autorisation de l’hôpital et des familles, ce rapport présente plus de 70 cas de malformations congénitales récemment enregistrées à Fallujah (textes et photographies). « Malgré le caractère très sensible de ces informations, les familles – et notamment les mères concernées – ont souhaité qu’elles soient divulguées pour attirer l’attention du monde extérieur sur le taux anormal des malformations congénitales enregistrées en Irak. Nous espérons vraiment faire découvrir au plus grand nombre, et en particulier aux états et aux organisations internationales concernés, la gravité de la situation de ces victimes » a dit Kazuko Ito, Secrétaire général de HRN.

Après lecture de la littérature scientifique relative aux effets de l’uranium et des métaux lourds contenus dans les munitions qui ont été utilisés pendant la guerre de 2003 et l’occupations de l’Irak, et après analyse des voies d’exposition, tout donne à penser que la contamination environnementale induite par la guerre d’Irak peut être la cause de cette augmentation du nombre de malformations congénitales. Mais l’absence d’informations suffisantes sur les armes toxiques utilisées pendant ce conflit n’a pas permis jusqu’à présent d’identifier la cause du problème.

Pour éviter que des enfants innocents continuent d’être des victimes, il est urgent que soit menée en Irak une enquête portant sur l’importance des malformations congénitales et sur les pathologies liées à la toxicité, sans oublier de les corréler avec la présence de rebuts ou de débris de munitions laissés par la guerre d’Irak. Il est essentiel de définir l’étendue et la cause de ce phénomène, et de mettre en place des mesures de santé publique efficaces, d’organiser des campagnes de soins et d’indemniser les victimes.

HRN demande donc instamment aux gouvernements britannique et américain de publier toutes les informations existantes sur le type d’armes utilisées pendant l’occupation du pays ainsi que sur les quantités de munitions employées et la localisation précise des postes de tir, et de prendre les mesures nécessaires en cas de pollution avérée pour que soit respecté le droit à la santé et à la vie de la population locale.

En outre, HRN demande au gouvernement irakien de nommer une commission indépendante qui analysera les graves problèmes de santé intervenus après la guerre, et demande au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de diligenter une enquête portant sur les violations des droits de l’homme perpétrées pendant la guerre, et notamment sur l’utilisation d’armes inhumaines et toxiques. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les malformations congénitales en Irak n’a pas encore été publié, mais s’il faisait apparaître un problème de santé publique, le HRN demande l’intervention de l’OMS à la fois pour aider à résoudre les problèmes et pour lancer d’autres études visant à mieux définir le caractère épidémiologique de ce phénomène.

Human Rights Now : http://www.hrn.or.jp


* Le texte original: http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/
* Même adresse raccourcie: https://frama.link/28a_gpa6
* Traduction: l’équipe de Vivre-après- Fukushima

Un ensemble d’articles en français au sujet des armes à l’uranium appauvri:
– http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551
– ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet:
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf


Notes

  • 1- L’uranium appauvri est le premier suspect. Mais il y avait aussi du Phosphore et d’autres produits toxiques dans les munitions utilisées
  • 2- Je doute de la possibilité de dépolluer efficacement une ville et ses abords d’un produit comme l’uranium appauvri vaporisé partout. C’est pourquoi il faut interdire les armes à uranium appauvri
  • 3- Je ne publie ici que la photo d’une fillette « peu » atteinte. Les photos se trouvant dans les annexes montrent des malformations très graves.

Au sujet des armes à uranium appauvri, l’appel d’une pédiatre de Fallouja, voir l’article précédent:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/uranium-appauvri-des-armes-a-bannir/

Au sujet des malformations congénitales à Tchernobyl, voir l’article:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/malformations-congenitales-et-accident-de-tchernobyl/

OMS: Organisation Mondiale de la Santé. (WHO en anglais) Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
Voir: http://independentwho.org/

Le 24 novembre 2016


Nov 13

Uranium appauvri: des armes à bannir


1er Novembre 2016: La Première Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution concernant les armes à uranium appauvri.

Cette résolution stipule que deux réunions de négociation d’un contrat juridiquement contraignant en vue de l’interdiction des armements nucléaires, auront lieu en 2017. La première rencontre se déroulera du 27 au 31 mars et la deuxième du 15 juin au 7 juillet 2017.
Elle ne définit pas le contenu du traité, mais reconnaît l’impact humain des armements nucléaires et les risques liés à l’existence d’armes nucléaires comme des raisons de s’engager pour leur interdiction.
La résolution appelle les États à participer afin « d’unir leurs efforts pour conclure au plus tôt un contrat juridiquement contraignant pour l’interdiction des armes nucléaires ».
Voici les résultats. Je note que le gouvernement français a voté contre.

tableau d'affichage du vote

Cette résolution a pris note des inquiétudes concernant les états comme l’Irak en ce qui concerne les effets des armes à Uranium Appauvri sur la santé des populations civiles. Le vote est survenu une semaine après que les USA aient reconnu qu’ils avaient utilisé des armes à Uranium Appauvri en Syrie en 2015

Détails en anglais:
http://www.bandepleteduranium.org/en/unga-first-l63-depleted-uranium-results

Compte rendu de la session en français sur le site de l’ONU:
http://www.un.org/press/fr/2016/agfdis3566.doc.htm

Le représentant de la France, au nom également du Royaume-Uni, a justifié son vote contre le texte en citant les travaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur cette question. Selon le représentant, les études existantes démontrent que l’utilisation de ces armes et munitions contenant de l’uranium appauvri, y compris dans les sites les plus contaminés, n’avait pas d’effet nocif sur la santé.


Les armes à l’uranium appauvri:

L’uranium appauvri (isotope U238, abréviation « UA ») est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium et du traitement du combustible usé. Il ne possède pas les propriétés nécessaires pour être utilisé dans un réacteur ni dans une bombe.

C’est un métal lourd, il est toxique chimiquement, spécialement pour le rein.
Il est faiblement radioactif. Il émet des rayons Alpha, peu pénétrants mais très dangereux pour les cellules vivantes. Plus des rayons Bêta faibles.
Il est très durable: pour perdre la moitié de sa radioactivité (demi-vie) il faut 4,47 milliards d’années !
Il est difficile à détecter, les rayons Alpha n’étant pas détectés par les compteurs Geiger standards.

L’uranium appauvri est utilisé dans l’armement pour ses propriétés physiques. Du fait de sa forte densité (2 fois le plomb) il est d’une efficacité redoutable pour transpercer les parois des chars blindés et des abris.
Il est tellement dur qu’il ne se déforme pas lorsqu’il entre en contact avec sa cible.
Au contact de sa cible, l’uranium s’enflamme, relâchant en grande quantité de minuscules particules radioactives. Transportées par le vent, ces particules vont se retrouver dans l’eau, les poussières, le sol, les nappes phréatiques… contaminant tout l’environnement. Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

L’uranium appauvri utilisé pour la fabrication d’obus-flèches provient de la filière civile, et notamment des étapes d’enrichissement et retraitement du combustible. L’armement est un débouché bien utile pour se débarrasser de cette matière encombrante !

L’UA équipe aujourd’hui les chars Leclerc. En France, deux sites militaires accueillent les essais d’obus à l’uranium appauvri : à Bourges (Cher,) les essais se font en plein air, tandis qu’ à Gramat (Lot), les tirs d’obus ont lieu dans des cavités souterraines . La Direction Générale de l’Armement assure qu’il n’y a aucun risque de contamination de l’air et des nappes phréatiques mais le secret défense entourant ces essais ne permet pas d’en être certain.

Ces armes ont déjà été utilisées dans de nombreux conflits. En Ex-Yougoslavie (Bosnie, Serbie, Kosovo), pendant le conflit qui a entraîné une intervention des forces de l’OTAN. En Irak, pendant la Guerre du Golfe de 1991 et pendant l’intervention américaine de 2003 justifiée par la prétendue présence d’ « armes de destruction massive ». On soupçonne aussi les États-Unis d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri en Afghanistan. Ils viennent de reconnaître les avoir utilisées en Syrie en 2015.
De plus, il y a de fortes suspicions d’utilisation d’UA pendant la guerre du Liban par l’armée israélienne.
On estime que 140 000 kg d’uranium appauvri auraient été utilisés dans ces conflits avant 2004.

L’uranium appauvri est néfaste pour la santé des populations civiles

La contamination par l’uranium appauvri se fait quasi exclusivement de manière interne, car le rayonnement émis par l’UA est de type alpha, et donc très peu pénétrant. Il y a trois voies majeures de contamination,

  • par inhalation de poussières
  • par ingestion d’aliments ou d’eau
  • ou par lésion cutanée.

C’est l’inhalation de particules de 1 à 10 microns qui est la plus dangereuse pour les êtres vivants:lorsque des particules de 1 à 10 microns se fixent dans les poumons: elles irradient les cellules environnantes de façon permanente, la vie durant; leur rayonnement Alpha est très nocif et est source de cancer.

L’uranium appauvri atteint les reins, les poumons, le squelette, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques ainsi que le système neurologique. Les types de pathologies observées sont principalement les cancers les leucémies et les malformations congénitales.
L’uranium appauvri s’attaque au capital génétique des personnes. De génération en génération, les effets s’accumulent…(persistance de l’irradiation et instabilité génomique)

Les enfants sont les plus vulnérables aux effets de l’uranium appauvri; parce qu’ils sont plus au contact des poussières, qu’ils portent fréquemment la main à la bouche, que les cimetières de matériels militaires détruits peuvent leur servir de terrains de jeux. Même une faible dose peut avoir des effets; il est reconnu qu’il n’existe pas de seuil d’innocuité.

On observe ces pathologies chez les populations victimes de bombardements à l’uranium appauvri, mais aussi chez les vétérans des conflits irakiens, des Balkans ou encore d’Afghanistan.

La présence de l’UA dans l’environnement peut être considéré comme irréversible: il se présente sous forme de très fines poussières; il reste radioactif pour une éternité. Les eaux, les terres agricoles, l’air, les épaves de véhicules civils ou militaires attaqués et, au final, toute la chaîne alimentaire sont contaminés.

Dans 4,47 milliards d’années l’UA disséminé n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Il continue d’avoir des effets sur l’environnement et la population même après la fin du conflit pendant des laps de temps impossibles à se représenter à l’échelle humaine.
Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

Conséquences sur les populations:

Le gouvernement français reprend la doctrine officielle qui est que l’exposition à l’UA ne provoque aucun effet néfaste sur la santé.

En cherchant «uranium appauvri» sur le site de l’OMS on ne trouve qu’un texte daté de 2001:
Un document entièrement détaché de la réalité des populations. Totalement inutile pour les malades et leurs médeçins. Il ne parle même pas des malformations. Il conclut qu’il faut dépolluer, contrôler l’exposition, «prendre les mesures préventives nécessaires pour les enfants», poursuivre des études..
http://www.who.int/entity/ionizing_radiation/pub_meet/en/DU_French.pdf
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/83757/2/fa5419a1.pdf?ua=1

Un Rapport conjoint de l’OMS et du ministère de la santé irakien sur les cancers et malformations congénitales en Irak devait être publié en Novembre 2012. «Il a été retardé à plusieurs reprises et n’a maintenant plus aucune date de sortie prévue.»
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

Pourquoi ?

Depuis 1959, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est liée à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) par un accord qui lui interdit de publier des rapports qui concernent la radioactivité, sans l’aval de cette dernière. De ce fait, aucun des rapports « critiques » de l’OMS sur les armes à l’uranium appauvri n’a jamais été publié.

Sur le terrain, les médecins clament l’apparition
de pathologies cancéreuses et de malformations:

– Croissance des cancers et des anomalies à la naissance en Irak: l’OMS refuse de publier les résultats:
Rise of Cancers and Birth Defects in Iraq: World Health Organization Refuses to Release Data
http://www.globalresearch.ca/rise-of-cancers-and-birth-defects-in-iraq-world-health-organization-refuses-to-release-data/5344530
Par Mozhgan Savabieasfahani
Global Research, July 31, 2013 (en anglais)

– L’OMS refuse de publier le rapport sur les cancers et les anomalies à la naissance causés par l’uranium appauvri
WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition.
By Denis Halliday – Global Research, September 13, 2013
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

– Selon Hans von Sponeck, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies,
«Le gouvernement américain a cherché à empêcher l’OMS de cartographier les zones du sud de l’Irak, où l’uranium appauvri a été utilisé et a provoqué des dangers sanitaires et environnementaux graves.»
Cité dans l’article de Mozhgan Savabieasfahani

Le rapport du Dr Al-Azzawi publié par Harvard (en anglais)
http://users.physics.harvard.edu/~wilson/soundscience/Al-Azzawi.pdf
Il cite: Cancers chez les enfants, leucémies, déficiences immunitaires, malformations chez les nouveux-nés

Les médecins de l’hôpital de Falloujah ont observé une croissance très inquiétante du nombre de bébés naissant avec des malformations congénitales : celles-ci concerneraient 144 naissances sur 1000, soit 14,4%. Ce taux est normalement inférieur à 2%, explique le docteur Alaani, qui étudie ce phénomène depuis de nombreuses années à Falloujah. Afin d’alerter la communauté internationale sur ces crimes, et de demander à l’Organisation Mondiale de la Santé de révéler ces nouvelles informations, elle a lancé une pétition :

Dr Alaani

Dr Samira Alaani à l’hôpital de Falloudja

Le Dr Samira Alaani, hôpital de Falloujah

« Je suis le Docteur Samira ALAANI, je suis pédiatre à l’Hôpital Général de Falloujah. Dans les années qui ont suivi les attaques des forces américaines sur notre ville, mes collègues et moi avons remarqué une augmentation horrifiante du nombre de bébés nés avec des malformations congénitales graves : spina bifida, anomalies cardiaques et des malformations auxquelles je ne peux même pas donner de nom. Beaucoup ne survivent pas. Pour ceux qui survivent, nous leur procurons des soins tant bien que mal avec le peu de ressources dont nous disposons.

Je travaille comme pédiatre à Falloujah depuis 1997, et c’est depuis 2006 que j’ai remarqué ce problème, nous avons alors commencé à enregistrer ces cas. Nous nous sommes rendus compte que sur 1000 naissances, 144 bébés présentaient des malformations. Nous sommes convaincus que, même aujourd’hui, ces cas sont liés à la contamination provenant des conflits dans notre ville il y a plus de dix ans maintenant. Ce phénomène n’est pas unique à Falloujah : les hôpitaux dans tout le Gouvernorat d’alAnbar ainsi que d’autres régions d’Irak constatent une hausse similaire. Tous les jours je vois les ravages que cette peur inculque aux futures mères et à leurs familles. La première question que l’on me pose lorsqu’un enfant naît n’est pas « Est-ce une fille ou un garçon ? » mais « Mon bébé est-il en bonne santé ? » Lorsque j’ai entendu que le Ministère de la Santé Irakien et l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) allaient faire des recherches, cela m’a donné une lueur d’espoir. Je savais que cela ne ferait que confirmer ce que nous savions déjà : que le nombre de malformations congénitales avait augmenté, mais je pensais aussi que cela pousserait l’Irak et la communauté internationale à agir.

La recherche est maintenant terminée et on nous avait promis que le rapport serait publié début 2013 ; mais nous voici six mois plus tard et l’OMS vient d’annoncer de nouveaux délais. Nous sommes inquiets que cela soit du à un problème d’ordre politique et non pas scientifique. Nous avons déjà attendu des années que la vérité éclate et mes patientes ne peuvent plus continuer comme cela. L’OMS a une autre option. Que les données soient publiées dans une revue à libre accès pour un examen indépendant par des pairs. Ce procédé serait rapide, rigoureux et transparent.

Mes patientes ont besoin de savoir la vérité, elles ont besoin de savoir pourquoi elles ont fait une fausse couche, elles ont besoin de savoir pourquoi leurs bébés sont si malades et par-dessus tout, elles ont besoin de savoir que l’on est en train de faire quelque chose pour y remédier. Le Ministère de la Santé Irakien et l’OMS se doivent de publier ces données et de nous fournir des réponses.

Je vous demande de signer cette pétition et de prouver que le reste du monde n’a pas oublié le peuple d’Irak.»

L’article d’où est extrait cet appel (en français)
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu

Un ensemble d’articles sur le sujet:
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551


* Une synthèse du problème en français:
ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf

Ferrailleurs de tanks contaminés

Recyclage de ferrailles contaminées par des travailleurs kurdes, Qushtapa, route entre Kirkuk et Arbil, Kurdistan. Irak, Septembre 2003. Les tanks ont été importés du sud de l’iRAK. Cliché www.paxforpeace.nl

jeux d'enfants sur des chars contaminés

Jeux d’enfants sur des chars contaminés


Nov 08

Fukushima: un fonds créé pour aider les familles des victimes

Traduction de l’article d’Alex Rosen: «Das Geschäft mit dem Krebs»

Section allemande de l’IPPNW
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html

Le 11.10.2016

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Depuis 2011, tous les habitants de la préfecture de Fukushima qui avaient moins de 18 ans au moment de la catastrophe nucléaire de Fukushima, sont soumis à des examens réguliers de la thyroïde pour détecter les cancers et les pré-cancers. Si le coût de ces examens est en règle générale couvert par le gouvernement pour les enfants de moins de 18 ans, il n’en reste pas moins que les familles doivent d’abord avancer les frais avant de se faire rembourser, ce qui peut prendre un certain temps. De plus, la législation sanitaire du Japon exige de manière générale qu’après l’âge de 18 ans, 30 % des coûts du traitement soient assumés par les patients eux-mêmes.

Ironiquement, ces règles s’appliquent aussi aux examens thyroïdiens chez les gens qui ont subi les retombées radioactives, ainsi qu’aux biopsies, opérations ou soins à long terme s’avérant nécessaires. Un examen de la thyroïde revient aux patients à quelque 10 000 yen (environ 87 euros), une opération entre 150 et 300 000 yen (entre 1 300 et 2 600 euros). Pour bon nombre de familles concernées, qui sont déjà été sévèrement touchées par l’évacuation et la perte de leur foyer et de leur travail, ces coûts ne sont pas supportables et accélèrent encore la spirale de la dette et de l’appauvrissement dans laquelle se trouvent déjà beaucoup d’entre elles.

Compte tenu que, suite à la catastrophe nucléaire de 2011, les autorités ont en toute conscience décidé de ne pas distribuer de tablettes d’iode, et que des millions de personnes ont ainsi été exposées à de l’iode radioactif, la préfecture de Fukushima a commencé l’an dernier a rembourser également les frais des tests thyroïdiens aux patients qui avaient entretemps passé la limite d’âge des 18 ans. Mais ces remboursements prennent aussi du temps et les familles doivent d’abord avancer le montant des frais. De plus, le remboursement n’est possible que quand les examens ont eu lieu dans les installations officielles de l’Université de Médecine de Fukushima. Toute demande de seconde opinion en dehors du système strictement contrôlé par l’État entraînerait par conséquent une charge financière supplémentaire. Les frais annexes, tels le transport pour se rendre aux examens ou des compensations pour la perte de salaire des parents, ne sont pas non plus pris en compte.

Comme ces coûts et la complexité des procédures de remboursement restent un gros problème financier pour beaucoup de familles, une organisation caritative non-gouvernementale s’est mise en place : Le «Fonds des enfants du 11 mars pour le cancer de la thyroïde» a pour but d’aider les familles de Fukushima qui en ont besoin à payer les frais des examens et des traitements, et éventuellement les frais annexes occasionnés. La population peut dès maintenant faire une donation et on espère que plusieurs centaines de personnes concernées pourront recevoir une aide d’au moins 50 000 yen (env. 430 euros).

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Après la fusion des cœurs à la centrale de Fukushima, le comité de recherche du parlement japonais était arrivé à la conclusion que la catastrophe nucléaire était « d’origine spécifiquement humaine » et que l’industrie nucléaire, les instances de surveillance et les hommes politiques, qui durant des dizaines d’années avaient ignoré les dangers de l’énergie nucléaire et la corruption rampante dans le Village nucléaire, avaient eux aussi une grande part de responsabilité. Au vu de la défaillance institutionnalisée des autorités responsables et du camouflage permanent de l’ampleur de la catastrophe nucléaire, il est particulièrement insupportable que les familles touchées par les retombées radioactives qui ont provoqué chez leurs proches un risque de maladie singulièrement accru, soient en plus abandonnées à leur sort pour faire face à la charge financière de ces maladies.

Ce n’est vraiment pas possible que dans l’un des pays les plus riches du monde, doté d’un des systèmes de santé les plus avancés, des gens qui ont subi des préjudices par la faute de l’État, soient obligés de dépendre de la charité et de l’engagement de quelques volontaires. Il est urgent que le Japon s’attaque de manière raisonnable aux conséquences écologiques, sanitaires, psychologiques, sociales et économiques de la catastrophe nucléaire. Il faut aussi revoir entièrement la manière de traiter ceux qui ont été frappés par la catastrophe nucléaire et les rejets de radioactivité et qui doivent continuer à vivre dans des zones où les taux de radiation restent élevés.

Dr Alex ROSEN
Section allemande de l’IPPNW

Pour plus d’informations :

L’article du Japan Times:
Fund started to help Fukushima thyroid cancer patients cover expenses :
http://www.japantimes.co.jp/news/2016/09/09/national/fund-started-help-fukushima-thyroid-cancer-patients-cover-expenses/

L’article original du Dr Rosen
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html


Traduction: www.fukushima-is-still-news.com


Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 08 novembre 2016

Nov 04

Marins américains contaminés-lettre au premier ministre japonais

Le gouvernement japonais tente d’influencer les tribunaux américains

Voici la traduction d’une lettre adressée au premier ministre japonais par Brian Victoria et publiée par le Japan Times.
La version anglaise du Japan Times




Le 2 novembre 2016

Le gouvernement japonais ne doit pas se mêler du procès des marins américains contre Tepco

[Lettre adressée au Premier Ministre japonais Shinzo Abe]

Monsieur le Premier Ministre,

Tout d’abord, je voudrais remercier le gouvernement japonais d’avoir finalement, après quatre longues années de silence, pris position concernant le procès mené aux États-Unis contre Tokyo Electric Power Company par plus de 450 marins, militaires et civils, qui se trouvaient à bord de l’USS Reagan et des vaisseaux militaires l’accompagnant au large du Tohoku après le 11 mars 2011.
Ces jeunes souffrent de sévères problèmes de santé résultant, selon eux, de l’exposition aux radiations subie pendant leur participation à l’Opération Tomodachi, la mission de secours humanitaire de l’armée américaine, lancée pour répondre au grand séisme et au tsunami qui avaient frappé le Japon de l’Est et les multiples fusions des réacteurs qui en ont résulté à la centrale nucléaire de Fukushima No.1 en mars 2011.

Si nous apprécions le fait que le gouvernement japonais ait reconnu officiellement l’existence du procès, le soutien inconditionnel que le gouvernement a apporté à Tepco est profondément inquiétant. Aujourd’hui encore, les personnels militaires américains se trouvent dans l’impossibilité de demander justice, parce que Tepco, avec l’appui du gouvernement japonais, se démène pour s’assurer que l’affaire ne soit jamais instruite dans un tribunal américain.

Le gouvernement a soumis un mémoire d’amicus curiae le 3 février à la Cour d ‘appel du neuvième circuit [cour d’appel fédérale des États-Unis, sise à San Francisco]. Un mémoire d’amicus curiae (littéralement « ami de la cour ») est un mémoire présenté par une partie qui n’est pas directement impliquée dans l’affaire, dans l’espoir d’influencer le résultat.
Ce mémoire contient deux points :

  • 1. «  le gouvernement du Japon a mis en place un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes de l’accident nucléaire de Fukushima. »
  • 2. « Les demandes de dommages et intérêts présentées dans des tribunaux hors Japon menacent la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement japonais. »

Prenons le premier point : Si le gouvernement japonais avait véritablement « un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes, » les soldats américains n’auraient pas besoin d’aller en justice. Toutefois, comme vous le savez, le gouvernement japonais et les services gouvernementaux n’ont pas, à ce jour, versé un seul yen à une victime de l’exposition aux radiations de Fukushima No.1 qui ne soit pas liée à Tepco. C’est notamment le cas des 173 enfants de la préfecture qui ont été opérés après un diagnostic de suspicion de cancer, et dont le cancer a été confirmé chez 131 d’entre eux.

Si le gouvernement japonais ne veut pas admettre que les souffrances de ses propres enfants ont été causées par l’exposition aux radiations, quelle chance peuvent avoir de jeunes Américains de voir reconnaître comme telles les maladies apparemment radio-induites dont ils souffrent, sans parler de se voir indemniser, au Japon ?

En outre, au moins sept de ces jeunes Américains auparavant en parfaite santé sont déjà morts et beaucoup d’autres sont trop malades pour se rendre au Japon même s’ils pouvaient se le permettre ; ils seraient encore moins en mesure de rester dans le pays durant les longues procédures juridiques qui, dans ce genre de cas, peuvent prendre des années à résoudre. Sans parler bien sûr du poids des coûts juridiques, les frais de tribunaux, d’avocats japonais, de traduction des documents pertinents, etc. Et n’oublions jamais, Monsieur le Premier Ministre, que c’est le gouvernement japonais qui a appelé ces militaires américains à la rescousse.

Quant au second point mentionné plus haut, j’admets que le procès des soldats américains menace « la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement du Japon. » Si par exemple un tribunal américain décidait d’attribuer les maladies des plaignants à l’exposition aux radiations, comment le gouvernement japonais pourrait-il continuer à proclamer qu’aucune des nombreuses maladies dont souffrent actuellement les enfants et les adultes de Fukushima n’a rien à voir avec les radiations ? Les soldats américains sont véritablement « le canari dans la mine de charbon » dans cette démonstration des effets dangereux de l’exposition aux radiations. Et ce canari, le gouvernement japonais n’a pas moyen de le contrôler.

Imaginons maintenant qu’un tribunal américain accorde une indemnisation de 3 millions de dollars par personne, pour les décès, actuellement au nombre de sept, des soldats américains irradiés ; et que le gouvernement japonais, quant à lui, continue de refuser d’indemniser les maladies radio-induites, ne parlons pas de morts, de ses propres citoyens. Il est certain que la « viabilité » (et la réputation !) du gouvernement japonais dans son refus obstiné d’admettre les problèmes radio-induits de ceux qui ne sont pas des employés de Tepco en prendrait un coup.

Permettez-moi pour terminer de rappeler qu’il y a un leader politique japonais qui a accepté d’engager sa responsabilité personnelle dans cette affaire de blessures infligées à des soldats américains. Je veux parler ici de l’ancien Premier Ministre Junichiro Koizumi qui, après avoir rencontré des soldats malades à San Diego en mai, a lancé un fonds destiné à couvrir un maximum des besoins médicaux de ces marins.

Heureusement, grâce au soutien de milliers de Japonais ordinaires, il a déjà réussi à lever 700 000 dollars, sur un objectif d’un million de dollars. Les larmes aux yeux, Koizumi a expliqué qu’il ne pouvait pas ignorer la souffrance de centaines de jeunes Américains en parfaite santé avant l’accident et qui ont de leur plein gré accepté de risquer leur vie pour venir en aide à la population japonaise.

Monsieur le Premier Ministre, je vous conjure de mettre fin au soutien juridique inconditionnel fourni par le gouvernement à Tepco. Et si le gouvernement japonais a une conscience, accordez immédiatement assistance médicale et indemnisation aux centaines de victimes américaines de l’Opération Tomodachi.

BRIAN VICTORIA
Kyoto


Traduction: «Fukushima is still news» – mise en page: «vivre après fukushima»
L’article original en anglais


Brian Daizen Victoria (Né en 1939 à Omaha, Nebraska) est professeur d’études japonaises à Yellow Springs, Ohio.
Il a étudié le Zen au monastère de Zen d’Eihei-ji. Il a été ordonné prêtre ZEN. Il tient un M.A. d’Études Bouddhiste du Sōt ō à l’Université de Komazawa de Tokyo.

Brian Victoria a manifesté contre la guerre du Viêt Nam.
Il a publié abondamment sur le rapport à la violence du Bouddhisme et de la religion en général; spécialement sur le rapport entre le Bouddhisme et le militarisme japonais pendant et après la Deuxième guerre Mondiale.

Le 04 Novembre 2016