Déc 07

Connecter et amplifier les voix indépendantes en matière d’accidents nucléaires

Le projet du diplomate Akio Matsumura

Akio Matsumura:

Voici un extrait de l’éditorial de l’Asahi Shimbun du 23 Nov 2016 (Anglais):

« La leçon du dernier tremblement de terre: nous devons toujours rester prêts. »

Pour la planète Terre, une période de cinq ans et huit mois ne représente que le temps d’un éclair.

Le séisme de force 7,4 qui a frappé l’est du Japon le 22 novembre 2016 et serait une réplique du grand séisme du Japon de l’Est du 11 mars 2011, a servi à réveiller les consciences ; en tant qu’humains, nous avons en effet la mémoire terriblement courte.

Beaucoup cette fois se sont inquiétés en apprenant l’arrêt momentané de la pompe de refroidissement de la piscine de combustible nucléaire usé à la centrale de Fukushima No.2 opérée par Tokyo Electric Power Co (TEPCO)… Au tout début de la catastrophe de mars 2011, l’arrêt de la pompe de refroidissement à la centrale de Fukushima No.1 avait soulevé de sévères inquiétudes quant au combustible usé. On avait alors redouté un rejet massif de substances radioactives.

Nous craignons que cette leçon particulière de la catastrophe de 2011 n’ait déjà été oubliée.

Nous devons en toute humilité tirer les leçons de chaque désastre. Il revient à la société – aux particuliers comme aux entreprises – de continuer à envisager des contremesures viables et ce, constamment.

En fin de compte, c’est la seule manière de pouvoir se préparer à la prochaine catastrophe qui pourrait se produire aujourd’hui même…

http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201611230030.html

Akio Matsumura

Le gouvernement japonais et le gouvernement métropolitain de Tokyo innondent l’actualité de promotions pour les Jeux olympiques de 2020 prévus à Tokyo. Devant tant de nouvelles passionnantes, nous remarquons à peine qu’on ne parle quasiment pas de l’avancement des réparations, des difficultés rencontrées par les équipes ou du nombre de zones encore inapprochables sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima.

De fait, l’observateur lambda au Japon ou aux États-Unis a l’impression que les problèmes nucléaires de Fukushima ont été résolus depuis longtemps et qu’aujourd’hui tout va bien. Ce n’est bien sûr pas le cas. Je crains fort que bien des aspects de la crise nucléaire de Fukushima ne continuent à affecter la sécurité des personnes et de l’environnement.

Les médias ont détourné les projecteurs de la crise.(Lien en anglais) Il est donc important de garder à l’esprit les réalités suivantes :

  • En raison de l’importance des radiations, personne ne peut approcher les réacteurs 1, 2 et 3. Aucune solution pour retirer les coriums n’est envisagée pour au moins 40 ans.
  • TEPCO utilise 400 tonnes d’eau par jour pour refroidir les cœurs fondus des trois réacteurs dévastés et 400 tonnes supplémentaires s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments réacteurs endommagés. De plus, la pluie emporte dans l’océan les matériaux radioactifs restant sur le site.
  • Le phytoplancton (algues) qui absorbe les isotopes radioactifs de Fukushima nourrit le plancton animal et ses larves microscopiques. Ces microorganismes, première source de nourriture des poissons et des mammifères marins, sont ensuite transportés le long du courant du Pacifique nord jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord et se retrouvent en Alaska et au Chili
  • Un mur souterrain de boue gelée d’une trentaine de mètres de profondeur et de près d’un kilomètre et demi de longueur – officiellement dénommé « le mur de glace » – a coûté 320 millions de dollars et est totalement incapable de remplir son objectif, qui était de réduire le passage de l’eau contaminée.
  • Selon le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les mesures de décontamination coûteront plusieurs milliards de dollars par an si l’on veut vraiment améliorer la situation. Il y a peu de chances que le gouvernement japonais soit prêt à consacrer autant de son budget à cet objectif.

Ce que nous avons appris avec l’accident nucléaire de Fukushima, c’est que les priorités du gouvernement japonais et de TEPCO n’étaient pas de protéger le public et malheureusement, beaucoup d’éminents scientifiques nucléaires japonais ont soutenu TEPCO ou gardé le silence. TEPCO a fini par admettre, cinq ans plus tard, qu’ils avaient attendu deux mois pour utiliser le terme de « fusion » à la centrale. Pour les experts du monde entier qui observaient la situation, il était évident que les cœurs étaient en train de fondre dès lors qu’ont eu lieu des rejets massifs de gaz de fission.

J’ai également beaucoup de mal à accepter la façon dont l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA) a géré la situation depuis la crise initiale jusqu’à aujourd’hui. Au départ, l’AIEA a envoyé des experts à Fukushima pour évaluer la situation et aider par leur expertise le gouvernement et TEPCO. Pourquoi l’Agence ne s’est-elle pas interposée quand le gouvernement japonais a décidé une zone d’évacuation de 20 km, soit un quart de la recommandation américaine (80 km) et un dixième ( !) des 200 km –incluant Tokyo – préconisés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ? La mission de l’AIEA est de promouvoir l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, tout en empêchant que celle-ci soit utilisée à des fins militaires, dont les armes nucléaires. Ces objectifs devraient comprendre une obligation morale de faire de la sécurité publique une priorité, et non pas de défendre les positions des gouvernements-membres et de l’industrie nucléaire.

Index de fragilité des pays
Centrales nucléaires et Index de fragilité des États
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cliquer sur l’image

http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html

À mon avis, la probabilité d’attaques terroristes sur l’un des 430 réacteurs nucléaires existant dans le monde est forte et va en augmentant. Compte tenu des enjeux politiques, économiques et environnementaux que représente le nucléaire pour les gouvernements et l’industrie, la discussion sur la sûreté et la sécurité de l’industrie nucléaire a toutes les chances de rester opaque et limitée.
Pour faire contrepoids au manque d’information, il en va de l’intérêt public d’établir un réseau indépendant d’experts en sûreté et sécurité nucléaires. Hans-Peter Durr, récemment disparu, ancien directeur du département d’Astrophysique à l’Institut Max Planck en Allemagne, m’avait dit quelques jours après le début de la crise de Fukushima, qu’après un accident nucléaire, une solution scientifique pour y mettre fin peut prendre des décennies. Selon lui, le seul moyen de minimiser les dégâts serait de rassembler des experts en divers domaines pour arriver à avoir une vue d’ensemble de l’accident nucléaire.

Il est très encourageant de constater l’ampleur du soutien que j’ai reçu pour établir le «Conseil consultatif international de l’Alliance pour l’action en cas d’urgence nucléaire (NEAA)». Beaucoup de gens m’ont aidé à recruter des experts dans de nombreux domaines : ingénierie nucléaire, médecine, santé et justice environnementales, armée, biologie, activisme social, industrie et réseaux sociaux. Les membres de notre conseil sont des sommités dans leur domaine ; tous sont reconnus et recommandés tant par leurs collègues que par le public.
(Remarque : Dans ce conseil, nous ne représentons que nous-mêmes. Les détails professionnels ne sont là que pour le contexte.)

Je suis extrêmement heureux de vous présenter les membres actuels du Conseil consultatif international de la NEAA.
Conseil consultatif international de la NEAA
Prénom Nom de famille Détails professionnels Pays
Robert Alvarez Founder of the Environment Policy Institute USA
Claus Biegert Director of the Nuclear-Free Foundation Allemagne
Oleg Bodrov Chairman of Green World Russie
Rinaldo Brutoco Founding President of the World Business Academy USA
Helen Caldicott Founding President of Physicians for Social Responsibility Australie
Agnes Denes International Conceptual and Environmental Artist, pioneer of the ecological art movement USA
Arne Johnanson Fjortoft Fonder of the Worldview International Foundation Norvège
Subrata Ghoshroy Research affiliate at the Program in Science, Technology, and Society at the Massachusetts Institute of Technology USA
Roza (Rose) Goncharova Head of Genetic Safety Laboratory, National Academy of Science of Belarus, Institute of Genetics and Cytology Biélorussie
Pervez Hoodbhoy Member of the Permanent Monitoring Panel on Terrorism of the World Federation of Scientists Pakistan
Scott Jones Career naval officer, Qualified nuclear weapons delivery pilot USA
David Krieger Founder of the Nuclear Age Peace Foundation USA
Claus Montonen Professor of Elementary Particle Physics at University of Helsinki Finlande
Eisuke Matsui Director of Gifu Research Institute for Environmental Medicine Japon
Akio Matsumura Founder of NEAA, Founder of the Global Forum of Spiritual and Parliamentary Leaders Japon
Mitsuhei Murata Former Japanese Ambassador to Switzerland Japon
Andreas Nidecker Founder of Physicians for Social Responsibility/International Physicians for the Prevention of Nuclear War/Switzerland (PSR/IPPNW/Switzerland) Suisse
Michel Prieur President of the International Center of Comparative Environmental Law (CIDCE), Professor Emeritus of University of Limoges France
Muhammad Riaz Pasha Scientist and former Adviser/ Technical Consultant to the Pakistan Atomic commission Pakistan
Alex Rosen Vice President of the International Physicians for the Prevention of Nuclear War Germany(IPPNW) Allemagne
Vinod Saighal Major General (ret), Executive Director of Eco Monitors Society Inde
Jurgen Scheffran Professor of Climate Change and Security at University of Hamburg Allemagne
Alice Slater Lawyer, Nuclear Age Peace Foundation USA
Gordon Thompson Executive Director of Institute for Resource and Security Studies USA
Francisco Chico Whitaker World Future Council (WFC), Catholic Commission for Justice and Peace Brésil
Yves Lenoir Social movement for children of Chernobyl. President of the French Association Enfants de Tchernobyl Belarus France

Remarque : l’IPPNW a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985.

Nous ne savons pas quand, ni où, ni comment un accident nucléaire se produira, mais nous devons admettre le fait que les gouvernements et l’industrie feront tout leur possible pour masquer les dangers au public.

De nos jours, nous avons accès à l’information et les moyens de connecter des experts pour analyser, interpréter et communiquer cette information. Le défi auquel nous sommes confrontés est de mettre en place et de maintenir un réseau efficace, indépendant, qui serve à défendre l’intérêt public.

Akio Matsumura

Le texte origine sur le blog de Akio Matsumura:
http://akiomatsumura.com/2016/12/pour-la-defense-de-linteret-public-connecter-et-amplifier-les-voix-independantes-en-matiere-daccidents-nucleaires.html
http://akiomatsumura.com/2016/03/introduction-de-lalliance-pour-laction-durgence-premieres-etapes-apres-une-catastrophe-nucleaire.html

En Anglais: http://akiomatsumura.com/2016/11/in-defense-of-the-public-interest-connecting-and-amplifying-independent-voices-around-nuclear-accidents.html

Les pages françaises de son blog:
http://akiomatsumura.com/category/translations/french-translations

Qui est Akio Matsumura ?

Akio Matsumura est un diplomate de renom qui a consacré sa vie à construire des ponts entre les gouvernements, les entreprises et les dirigeants spirituels pour la cause de la paix mondiale. Il est le fondateur et le secrétaire général du «Forum mondial des leaders spirituels et parlementaires pour la survie humaine»; il a tenu des conférences à Oxford, à Moscou, à Rio de Janeiro, à Kyoto et à Konya.

Voici des extraits de son blog qui décrivent son action:

«Trouver le chaînon manquant»

http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Trouver le chaînon manquant est le projet d’ Akio Matsumura pour relier les personnes, les informations et idées, pour apporter des solutions efficaces et innovantes aux nouveaux types de problèmes internationaux.
Nous posons de nouvelles questions et apportons des réponses nouvelles.

  • Quels sont les plus grands défis auxquels l’humanité sera confrontée dans le siècle à venir?
  • Comment définissons-nous la sécurité maintenant, à l’ère du changement climatique, de l’énergie nucléaire et du terrorisme?
  • En tant que décideurs, que pensons-nous sur notre époque et sur notre responsabilité dans un monde en évolution technologique rapide ?

Notre travail est pris en compte par des gouvernements influents et des chefs d’entreprise dans le monde entier, en particulier par les décideurs au Japon et aux États-Unis; la majorité de notre attention s’est concentrée là-bas depuis l’accident de Fukushima en mars 2011.

Japonais par naissance il vit tantôt à Tokyo, tantôt à Londres ou New York. Il a passé quatre décennies à l’ONU et dans d’autres activités internationales, à redéfinir ce que la population, le développement, signifient au niveau international.

En tant que fondateur et Secrétaire général du «Forum mondial des dirigeants spirituels et parlementaires pour la survie humaine», Matsumura a innové en réunissant des centaines de leaders internationaux à Oxford, Moscou, Rio de Janeiro, Konya et Kyoto pour redéfinir l’ordre du jour international dans les années 1980 et 90.

La présentation de «trouver le chaînon manquant» sur son blog:
http://akiomatsumura.com/about-finding-the-missing-link

Le 07 décembre 2016


Nov 24

10 ans après la guerre d’Irak d’innocents nouveaux-nés souffrent et meurent

Rapport de l’enquête d’une ONG sur les malformations congénitales à Fallujah, Irak en 2013.
Avril 2013
Par Human Rights Now

Fillette de Falloujah

cliché Human Rights Now


Droits de l’homme maintenant ~ Protéger les droits de l’homme pour tous
Humans Rights Now est une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme basée à Tokyo.
Elle rassemble des professionnels du droit qui se consacrent à la protection et la promotion des droits de l’homme
partout dans le monde, spécialement en Asie.
Elle se consacre à surveiller, à enquêter sur les droits de l’homme; à enseigner et à plaider au sujet des droits de l’homme.
http://www.hrn.or.jp


L’OMS refuse de publier ce qu’elle a constaté en Irak.
L’ONG «Human Rights Now» alertée par les médecins locaux a publié en 2013 le rapport de ce qu’elle a constaté à l’hôpital de Fallujah.

Vous pouvez télécharger ici ce rapport en anglais
Le texte de base
http://hrn.or.jp/eng/activity/HRNIraqReport2013.pdf
Ses deux appendices
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix1%20Iraq.pdf
http://hrn.or.jp/eng/activity/Appendix2%20Iraq.pdf

Je n’ai malheureusement pas les moyens de traduire ce gros rapport intégralement;
Voici la traduction de la présentation qu’en fait Human Rights sur son site:
http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/


Human Rights Now
18 avril 2013
10 ans après la guerre, d’innocents nouveau-nés continuent de mourir et de souffrir en Irak.

Human Rights Now (HRN) publie les résultats d’une enquête portant sur les malformations congénitales enregistrées en Irak en 2013.

Cette année marque le 10e anniversaire de la guerre en Irak. Les médecins irakiens signalent pour ces dernières années une augmentation très inquiétante du nombre des malformations congénitales, ce qui laisse à penser que l’environnement a été fortement contaminé par cette guerre. Cette situation a des conséquences très néfastes sur la santé des populations locales, et en particulier sur celle des nourrissons et des enfants. Les données collectées par l’Hôpital Général de Fallujah – une ville qui a été lourdement attaquée à 2 reprises par les États-Unis en 2004 – font apparaître que 15 % des naissances enregistrées à Fallujah depuis 2003 présentent des malformations congénitales.

Début 2013, Human Rights Now – une O.N.G. de défense des droits de l’homme dont le siège est à Tokyo et qui est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies – a mené à Fallujah une enquête portant sur l’augmentation du nombre de malformations congénitales enregistrées en Irak.

HRN vient de publier son rapport intitulé « Des nouveau-nés innocents continuent de mourir et de souffrir en Irak ».
Ce rapport de plus de 50 pages est le premier qu’ait effectué une O.N.G. de Défense des droits de l’homme sur les maladies congénitales signalées en Irak depuis 2003, et l’intégralité du rapport est maintenant disponible en ligne.

Malgré la gravité de la situation, aucune enquête sérieuse n’a été effectuée – que ce soit par les États-Unis, le Royaume-Uni ou une organisation internationale indépendante comme l’ONU – sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de munitions toxiques par les États-Unis en Irak.

Le résultat d’un mois d’investigations de la part de la commission d’enquête fait apparaître un niveau qualitatif et quantitatif extraordinaire de malformations congénitales, avec une augmentation significative de ce phénomène dans la période qui suit la guerre. HRN considère que le droit des enfants à la santé et à la vie a été gravement violé à Fallujah en Irak et que cette situation mérite l’attention immédiate de la communauté internationale.

Avec l’autorisation de l’hôpital et des familles, ce rapport présente plus de 70 cas de malformations congénitales récemment enregistrées à Fallujah (textes et photographies). « Malgré le caractère très sensible de ces informations, les familles – et notamment les mères concernées – ont souhaité qu’elles soient divulguées pour attirer l’attention du monde extérieur sur le taux anormal des malformations congénitales enregistrées en Irak. Nous espérons vraiment faire découvrir au plus grand nombre, et en particulier aux états et aux organisations internationales concernés, la gravité de la situation de ces victimes » a dit Kazuko Ito, Secrétaire général de HRN.

Après lecture de la littérature scientifique relative aux effets de l’uranium et des métaux lourds contenus dans les munitions qui ont été utilisés pendant la guerre de 2003 et l’occupations de l’Irak, et après analyse des voies d’exposition, tout donne à penser que la contamination environnementale induite par la guerre d’Irak peut être la cause de cette augmentation du nombre de malformations congénitales. Mais l’absence d’informations suffisantes sur les armes toxiques utilisées pendant ce conflit n’a pas permis jusqu’à présent d’identifier la cause du problème.

Pour éviter que des enfants innocents continuent d’être des victimes, il est urgent que soit menée en Irak une enquête portant sur l’importance des malformations congénitales et sur les pathologies liées à la toxicité, sans oublier de les corréler avec la présence de rebuts ou de débris de munitions laissés par la guerre d’Irak. Il est essentiel de définir l’étendue et la cause de ce phénomène, et de mettre en place des mesures de santé publique efficaces, d’organiser des campagnes de soins et d’indemniser les victimes.

HRN demande donc instamment aux gouvernements britannique et américain de publier toutes les informations existantes sur le type d’armes utilisées pendant l’occupation du pays ainsi que sur les quantités de munitions employées et la localisation précise des postes de tir, et de prendre les mesures nécessaires en cas de pollution avérée pour que soit respecté le droit à la santé et à la vie de la population locale.

En outre, HRN demande au gouvernement irakien de nommer une commission indépendante qui analysera les graves problèmes de santé intervenus après la guerre, et demande au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de diligenter une enquête portant sur les violations des droits de l’homme perpétrées pendant la guerre, et notamment sur l’utilisation d’armes inhumaines et toxiques. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les malformations congénitales en Irak n’a pas encore été publié, mais s’il faisait apparaître un problème de santé publique, le HRN demande l’intervention de l’OMS à la fois pour aider à résoudre les problèmes et pour lancer d’autres études visant à mieux définir le caractère épidémiologique de ce phénomène.

Human Rights Now : http://www.hrn.or.jp


* Le texte original: http://hrn.or.jp/eng/news/2013/04/18/press_release10_years_after_the_war_innocent_new_lives_are_still_dying_and_suffering_in_iraq_human_r/
* Même adresse raccourcie: https://frama.link/28a_gpa6
* Traduction: l’équipe de Vivre-après- Fukushima

Un ensemble d’articles en français au sujet des armes à l’uranium appauvri:
– http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551
– ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet:
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf


Notes

  • 1- L’uranium appauvri est le premier suspect. Mais il y avait aussi du Phosphore et d’autres produits toxiques dans les munitions utilisées
  • 2- Je doute de la possibilité de dépolluer efficacement une ville et ses abords d’un produit comme l’uranium appauvri vaporisé partout. C’est pourquoi il faut interdire les armes à uranium appauvri
  • 3- Je ne publie ici que la photo d’une fillette « peu » atteinte. Les photos se trouvant dans les annexes montrent des malformations très graves.

Au sujet des armes à uranium appauvri, l’appel d’une pédiatre de Fallouja, voir l’article précédent:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/uranium-appauvri-des-armes-a-bannir/

Au sujet des malformations congénitales à Tchernobyl, voir l’article:
https://www.vivre-apres-fukushima.fr/malformations-congenitales-et-accident-de-tchernobyl/

OMS: Organisation Mondiale de la Santé. (WHO en anglais) Elle est soumise, en ce qui concerne le nucléaire, à un accord signé le 28 Mai 1959 avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique, un organisme de l’ONU chargé de propager l’énergie atomique dans le monde).
Voir: http://independentwho.org/

Le 24 novembre 2016


Nov 13

Uranium appauvri: des armes à bannir


1er Novembre 2016: La Première Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution concernant les armes à uranium appauvri.

Cette résolution stipule que deux réunions de négociation d’un contrat juridiquement contraignant en vue de l’interdiction des armements nucléaires, auront lieu en 2017. La première rencontre se déroulera du 27 au 31 mars et la deuxième du 15 juin au 7 juillet 2017.
Elle ne définit pas le contenu du traité, mais reconnaît l’impact humain des armements nucléaires et les risques liés à l’existence d’armes nucléaires comme des raisons de s’engager pour leur interdiction.
La résolution appelle les États à participer afin « d’unir leurs efforts pour conclure au plus tôt un contrat juridiquement contraignant pour l’interdiction des armes nucléaires ».
Voici les résultats. Je note que le gouvernement français a voté contre.

tableau d'affichage du vote

Cette résolution a pris note des inquiétudes concernant les états comme l’Irak en ce qui concerne les effets des armes à Uranium Appauvri sur la santé des populations civiles. Le vote est survenu une semaine après que les USA aient reconnu qu’ils avaient utilisé des armes à Uranium Appauvri en Syrie en 2015

Détails en anglais:
http://www.bandepleteduranium.org/en/unga-first-l63-depleted-uranium-results

Compte rendu de la session en français sur le site de l’ONU:
http://www.un.org/press/fr/2016/agfdis3566.doc.htm

Le représentant de la France, au nom également du Royaume-Uni, a justifié son vote contre le texte en citant les travaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur cette question. Selon le représentant, les études existantes démontrent que l’utilisation de ces armes et munitions contenant de l’uranium appauvri, y compris dans les sites les plus contaminés, n’avait pas d’effet nocif sur la santé.


Les armes à l’uranium appauvri:

L’uranium appauvri (isotope U238, abréviation « UA ») est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium et du traitement du combustible usé. Il ne possède pas les propriétés nécessaires pour être utilisé dans un réacteur ni dans une bombe.

C’est un métal lourd, il est toxique chimiquement, spécialement pour le rein.
Il est faiblement radioactif. Il émet des rayons Alpha, peu pénétrants mais très dangereux pour les cellules vivantes. Plus des rayons Bêta faibles.
Il est très durable: pour perdre la moitié de sa radioactivité (demi-vie) il faut 4,47 milliards d’années !
Il est difficile à détecter, les rayons Alpha n’étant pas détectés par les compteurs Geiger standards.

L’uranium appauvri est utilisé dans l’armement pour ses propriétés physiques. Du fait de sa forte densité (2 fois le plomb) il est d’une efficacité redoutable pour transpercer les parois des chars blindés et des abris.
Il est tellement dur qu’il ne se déforme pas lorsqu’il entre en contact avec sa cible.
Au contact de sa cible, l’uranium s’enflamme, relâchant en grande quantité de minuscules particules radioactives. Transportées par le vent, ces particules vont se retrouver dans l’eau, les poussières, le sol, les nappes phréatiques… contaminant tout l’environnement. Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

L’uranium appauvri utilisé pour la fabrication d’obus-flèches provient de la filière civile, et notamment des étapes d’enrichissement et retraitement du combustible. L’armement est un débouché bien utile pour se débarrasser de cette matière encombrante !

L’UA équipe aujourd’hui les chars Leclerc. En France, deux sites militaires accueillent les essais d’obus à l’uranium appauvri : à Bourges (Cher,) les essais se font en plein air, tandis qu’ à Gramat (Lot), les tirs d’obus ont lieu dans des cavités souterraines . La Direction Générale de l’Armement assure qu’il n’y a aucun risque de contamination de l’air et des nappes phréatiques mais le secret défense entourant ces essais ne permet pas d’en être certain.

Ces armes ont déjà été utilisées dans de nombreux conflits. En Ex-Yougoslavie (Bosnie, Serbie, Kosovo), pendant le conflit qui a entraîné une intervention des forces de l’OTAN. En Irak, pendant la Guerre du Golfe de 1991 et pendant l’intervention américaine de 2003 justifiée par la prétendue présence d’ « armes de destruction massive ». On soupçonne aussi les États-Unis d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri en Afghanistan. Ils viennent de reconnaître les avoir utilisées en Syrie en 2015.
De plus, il y a de fortes suspicions d’utilisation d’UA pendant la guerre du Liban par l’armée israélienne.
On estime que 140 000 kg d’uranium appauvri auraient été utilisés dans ces conflits avant 2004.

L’uranium appauvri est néfaste pour la santé des populations civiles

La contamination par l’uranium appauvri se fait quasi exclusivement de manière interne, car le rayonnement émis par l’UA est de type alpha, et donc très peu pénétrant. Il y a trois voies majeures de contamination,

  • par inhalation de poussières
  • par ingestion d’aliments ou d’eau
  • ou par lésion cutanée.

C’est l’inhalation de particules de 1 à 10 microns qui est la plus dangereuse pour les êtres vivants:lorsque des particules de 1 à 10 microns se fixent dans les poumons: elles irradient les cellules environnantes de façon permanente, la vie durant; leur rayonnement Alpha est très nocif et est source de cancer.

L’uranium appauvri atteint les reins, les poumons, le squelette, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques ainsi que le système neurologique. Les types de pathologies observées sont principalement les cancers les leucémies et les malformations congénitales.
L’uranium appauvri s’attaque au capital génétique des personnes. De génération en génération, les effets s’accumulent…(persistance de l’irradiation et instabilité génomique)

Les enfants sont les plus vulnérables aux effets de l’uranium appauvri; parce qu’ils sont plus au contact des poussières, qu’ils portent fréquemment la main à la bouche, que les cimetières de matériels militaires détruits peuvent leur servir de terrains de jeux. Même une faible dose peut avoir des effets; il est reconnu qu’il n’existe pas de seuil d’innocuité.

On observe ces pathologies chez les populations victimes de bombardements à l’uranium appauvri, mais aussi chez les vétérans des conflits irakiens, des Balkans ou encore d’Afghanistan.

La présence de l’UA dans l’environnement peut être considéré comme irréversible: il se présente sous forme de très fines poussières; il reste radioactif pour une éternité. Les eaux, les terres agricoles, l’air, les épaves de véhicules civils ou militaires attaqués et, au final, toute la chaîne alimentaire sont contaminés.

Dans 4,47 milliards d’années l’UA disséminé n’aura perdu que la moitié de sa radioactivité.
Il continue d’avoir des effets sur l’environnement et la population même après la fin du conflit pendant des laps de temps impossibles à se représenter à l’échelle humaine.
Procéder à un nettoyage des lieux contaminés apparaît complètement irréel au vu de la finesse des particules, et l’UA continue à tuer, même des centaines d’années après la fin d’un conflit, quand plus aucun belligérant n’est encore en vie…

Conséquences sur les populations:

Le gouvernement français reprend la doctrine officielle qui est que l’exposition à l’UA ne provoque aucun effet néfaste sur la santé.

En cherchant «uranium appauvri» sur le site de l’OMS on ne trouve qu’un texte daté de 2001:
Un document entièrement détaché de la réalité des populations. Totalement inutile pour les malades et leurs médeçins. Il ne parle même pas des malformations. Il conclut qu’il faut dépolluer, contrôler l’exposition, «prendre les mesures préventives nécessaires pour les enfants», poursuivre des études..
http://www.who.int/entity/ionizing_radiation/pub_meet/en/DU_French.pdf
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/83757/2/fa5419a1.pdf?ua=1

Un Rapport conjoint de l’OMS et du ministère de la santé irakien sur les cancers et malformations congénitales en Irak devait être publié en Novembre 2012. «Il a été retardé à plusieurs reprises et n’a maintenant plus aucune date de sortie prévue.»
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

Pourquoi ?

Depuis 1959, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est liée à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) par un accord qui lui interdit de publier des rapports qui concernent la radioactivité, sans l’aval de cette dernière. De ce fait, aucun des rapports « critiques » de l’OMS sur les armes à l’uranium appauvri n’a jamais été publié.

Sur le terrain, les médecins clament l’apparition
de pathologies cancéreuses et de malformations:

– Croissance des cancers et des anomalies à la naissance en Irak: l’OMS refuse de publier les résultats:
Rise of Cancers and Birth Defects in Iraq: World Health Organization Refuses to Release Data
http://www.globalresearch.ca/rise-of-cancers-and-birth-defects-in-iraq-world-health-organization-refuses-to-release-data/5344530
Par Mozhgan Savabieasfahani
Global Research, July 31, 2013 (en anglais)

– L’OMS refuse de publier le rapport sur les cancers et les anomalies à la naissance causés par l’uranium appauvri
WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition.
By Denis Halliday – Global Research, September 13, 2013
http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

– Selon Hans von Sponeck, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies,
«Le gouvernement américain a cherché à empêcher l’OMS de cartographier les zones du sud de l’Irak, où l’uranium appauvri a été utilisé et a provoqué des dangers sanitaires et environnementaux graves.»
Cité dans l’article de Mozhgan Savabieasfahani

Le rapport du Dr Al-Azzawi publié par Harvard (en anglais)
http://users.physics.harvard.edu/~wilson/soundscience/Al-Azzawi.pdf
Il cite: Cancers chez les enfants, leucémies, déficiences immunitaires, malformations chez les nouveux-nés

Les médecins de l’hôpital de Falloujah ont observé une croissance très inquiétante du nombre de bébés naissant avec des malformations congénitales : celles-ci concerneraient 144 naissances sur 1000, soit 14,4%. Ce taux est normalement inférieur à 2%, explique le docteur Alaani, qui étudie ce phénomène depuis de nombreuses années à Falloujah. Afin d’alerter la communauté internationale sur ces crimes, et de demander à l’Organisation Mondiale de la Santé de révéler ces nouvelles informations, elle a lancé une pétition :

Dr Alaani

Dr Samira Alaani à l’hôpital de Falloudja

Le Dr Samira Alaani, hôpital de Falloujah

« Je suis le Docteur Samira ALAANI, je suis pédiatre à l’Hôpital Général de Falloujah. Dans les années qui ont suivi les attaques des forces américaines sur notre ville, mes collègues et moi avons remarqué une augmentation horrifiante du nombre de bébés nés avec des malformations congénitales graves : spina bifida, anomalies cardiaques et des malformations auxquelles je ne peux même pas donner de nom. Beaucoup ne survivent pas. Pour ceux qui survivent, nous leur procurons des soins tant bien que mal avec le peu de ressources dont nous disposons.

Je travaille comme pédiatre à Falloujah depuis 1997, et c’est depuis 2006 que j’ai remarqué ce problème, nous avons alors commencé à enregistrer ces cas. Nous nous sommes rendus compte que sur 1000 naissances, 144 bébés présentaient des malformations. Nous sommes convaincus que, même aujourd’hui, ces cas sont liés à la contamination provenant des conflits dans notre ville il y a plus de dix ans maintenant. Ce phénomène n’est pas unique à Falloujah : les hôpitaux dans tout le Gouvernorat d’alAnbar ainsi que d’autres régions d’Irak constatent une hausse similaire. Tous les jours je vois les ravages que cette peur inculque aux futures mères et à leurs familles. La première question que l’on me pose lorsqu’un enfant naît n’est pas « Est-ce une fille ou un garçon ? » mais « Mon bébé est-il en bonne santé ? » Lorsque j’ai entendu que le Ministère de la Santé Irakien et l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) allaient faire des recherches, cela m’a donné une lueur d’espoir. Je savais que cela ne ferait que confirmer ce que nous savions déjà : que le nombre de malformations congénitales avait augmenté, mais je pensais aussi que cela pousserait l’Irak et la communauté internationale à agir.

La recherche est maintenant terminée et on nous avait promis que le rapport serait publié début 2013 ; mais nous voici six mois plus tard et l’OMS vient d’annoncer de nouveaux délais. Nous sommes inquiets que cela soit du à un problème d’ordre politique et non pas scientifique. Nous avons déjà attendu des années que la vérité éclate et mes patientes ne peuvent plus continuer comme cela. L’OMS a une autre option. Que les données soient publiées dans une revue à libre accès pour un examen indépendant par des pairs. Ce procédé serait rapide, rigoureux et transparent.

Mes patientes ont besoin de savoir la vérité, elles ont besoin de savoir pourquoi elles ont fait une fausse couche, elles ont besoin de savoir pourquoi leurs bébés sont si malades et par-dessus tout, elles ont besoin de savoir que l’on est en train de faire quelque chose pour y remédier. Le Ministère de la Santé Irakien et l’OMS se doivent de publier ces données et de nous fournir des réponses.

Je vous demande de signer cette pétition et de prouver que le reste du monde n’a pas oublié le peuple d’Irak.»

L’article d’où est extrait cet appel (en français)
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu

Un ensemble d’articles sur le sujet:
http://www.sortirdunucleaire.org/Uranium-appauvri-un-tueur-meconnu-551


* Une synthèse du problème en français:
ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet
http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

* Un Article très complet en anglais avec photos il évoque notamment le problème de la récupération et du recyclage des épaves contaminées par les ferrailleurs:
http://www.bandepleteduranium.org/en/docs/215.pdf

Ferrailleurs de tanks contaminés

Recyclage de ferrailles contaminées par des travailleurs kurdes, Qushtapa, route entre Kirkuk et Arbil, Kurdistan. Irak, Septembre 2003. Les tanks ont été importés du sud de l’iRAK. Cliché www.paxforpeace.nl

jeux d'enfants sur des chars contaminés

Jeux d’enfants sur des chars contaminés


Nov 08

Fukushima: un fonds créé pour aider les familles des victimes

Traduction de l’article d’Alex Rosen: «Das Geschäft mit dem Krebs»

Section allemande de l’IPPNW
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html

Le 11.10.2016

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Depuis 2011, tous les habitants de la préfecture de Fukushima qui avaient moins de 18 ans au moment de la catastrophe nucléaire de Fukushima, sont soumis à des examens réguliers de la thyroïde pour détecter les cancers et les pré-cancers. Si le coût de ces examens est en règle générale couvert par le gouvernement pour les enfants de moins de 18 ans, il n’en reste pas moins que les familles doivent d’abord avancer les frais avant de se faire rembourser, ce qui peut prendre un certain temps. De plus, la législation sanitaire du Japon exige de manière générale qu’après l’âge de 18 ans, 30 % des coûts du traitement soient assumés par les patients eux-mêmes.

Ironiquement, ces règles s’appliquent aussi aux examens thyroïdiens chez les gens qui ont subi les retombées radioactives, ainsi qu’aux biopsies, opérations ou soins à long terme s’avérant nécessaires. Un examen de la thyroïde revient aux patients à quelque 10 000 yen (environ 87 euros), une opération entre 150 et 300 000 yen (entre 1 300 et 2 600 euros). Pour bon nombre de familles concernées, qui sont déjà été sévèrement touchées par l’évacuation et la perte de leur foyer et de leur travail, ces coûts ne sont pas supportables et accélèrent encore la spirale de la dette et de l’appauvrissement dans laquelle se trouvent déjà beaucoup d’entre elles.

Compte tenu que, suite à la catastrophe nucléaire de 2011, les autorités ont en toute conscience décidé de ne pas distribuer de tablettes d’iode, et que des millions de personnes ont ainsi été exposées à de l’iode radioactif, la préfecture de Fukushima a commencé l’an dernier a rembourser également les frais des tests thyroïdiens aux patients qui avaient entretemps passé la limite d’âge des 18 ans. Mais ces remboursements prennent aussi du temps et les familles doivent d’abord avancer le montant des frais. De plus, le remboursement n’est possible que quand les examens ont eu lieu dans les installations officielles de l’Université de Médecine de Fukushima. Toute demande de seconde opinion en dehors du système strictement contrôlé par l’État entraînerait par conséquent une charge financière supplémentaire. Les frais annexes, tels le transport pour se rendre aux examens ou des compensations pour la perte de salaire des parents, ne sont pas non plus pris en compte.

Comme ces coûts et la complexité des procédures de remboursement restent un gros problème financier pour beaucoup de familles, une organisation caritative non-gouvernementale s’est mise en place : Le «Fonds des enfants du 11 mars pour le cancer de la thyroïde» a pour but d’aider les familles de Fukushima qui en ont besoin à payer les frais des examens et des traitements, et éventuellement les frais annexes occasionnés. La population peut dès maintenant faire une donation et on espère que plusieurs centaines de personnes concernées pourront recevoir une aide d’au moins 50 000 yen (env. 430 euros).

La manière de traiter les victimes d’une catastrophe en dit bien plus sur une société que des statistiques comme le PIB ou les chiffres de la croissance économique. Après la fusion des cœurs à la centrale de Fukushima, le comité de recherche du parlement japonais était arrivé à la conclusion que la catastrophe nucléaire était « d’origine spécifiquement humaine » et que l’industrie nucléaire, les instances de surveillance et les hommes politiques, qui durant des dizaines d’années avaient ignoré les dangers de l’énergie nucléaire et la corruption rampante dans le Village nucléaire, avaient eux aussi une grande part de responsabilité. Au vu de la défaillance institutionnalisée des autorités responsables et du camouflage permanent de l’ampleur de la catastrophe nucléaire, il est particulièrement insupportable que les familles touchées par les retombées radioactives qui ont provoqué chez leurs proches un risque de maladie singulièrement accru, soient en plus abandonnées à leur sort pour faire face à la charge financière de ces maladies.

Ce n’est vraiment pas possible que dans l’un des pays les plus riches du monde, doté d’un des systèmes de santé les plus avancés, des gens qui ont subi des préjudices par la faute de l’État, soient obligés de dépendre de la charité et de l’engagement de quelques volontaires. Il est urgent que le Japon s’attaque de manière raisonnable aux conséquences écologiques, sanitaires, psychologiques, sociales et économiques de la catastrophe nucléaire. Il faut aussi revoir entièrement la manière de traiter ceux qui ont été frappés par la catastrophe nucléaire et les rejets de radioactivité et qui doivent continuer à vivre dans des zones où les taux de radiation restent élevés.

Dr Alex ROSEN
Section allemande de l’IPPNW

Pour plus d’informations :

L’article du Japan Times:
Fund started to help Fukushima thyroid cancer patients cover expenses :
http://www.japantimes.co.jp/news/2016/09/09/national/fund-started-help-fukushima-thyroid-cancer-patients-cover-expenses/

L’article original du Dr Rosen
https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/das-geschaeft-mit-dem-krebs.html


Traduction: www.fukushima-is-still-news.com


Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 08 novembre 2016

Nov 04

Marins américains contaminés-lettre au premier ministre japonais

Le gouvernement japonais tente d’influencer les tribunaux américains

Voici la traduction d’une lettre adressée au premier ministre japonais par Brian Victoria et publiée par le Japan Times.
La version anglaise du Japan Times




Le 2 novembre 2016

Le gouvernement japonais ne doit pas se mêler du procès des marins américains contre Tepco

[Lettre adressée au Premier Ministre japonais Shinzo Abe]

Monsieur le Premier Ministre,

Tout d’abord, je voudrais remercier le gouvernement japonais d’avoir finalement, après quatre longues années de silence, pris position concernant le procès mené aux États-Unis contre Tokyo Electric Power Company par plus de 450 marins, militaires et civils, qui se trouvaient à bord de l’USS Reagan et des vaisseaux militaires l’accompagnant au large du Tohoku après le 11 mars 2011.
Ces jeunes souffrent de sévères problèmes de santé résultant, selon eux, de l’exposition aux radiations subie pendant leur participation à l’Opération Tomodachi, la mission de secours humanitaire de l’armée américaine, lancée pour répondre au grand séisme et au tsunami qui avaient frappé le Japon de l’Est et les multiples fusions des réacteurs qui en ont résulté à la centrale nucléaire de Fukushima No.1 en mars 2011.

Si nous apprécions le fait que le gouvernement japonais ait reconnu officiellement l’existence du procès, le soutien inconditionnel que le gouvernement a apporté à Tepco est profondément inquiétant. Aujourd’hui encore, les personnels militaires américains se trouvent dans l’impossibilité de demander justice, parce que Tepco, avec l’appui du gouvernement japonais, se démène pour s’assurer que l’affaire ne soit jamais instruite dans un tribunal américain.

Le gouvernement a soumis un mémoire d’amicus curiae le 3 février à la Cour d ‘appel du neuvième circuit [cour d’appel fédérale des États-Unis, sise à San Francisco]. Un mémoire d’amicus curiae (littéralement « ami de la cour ») est un mémoire présenté par une partie qui n’est pas directement impliquée dans l’affaire, dans l’espoir d’influencer le résultat.
Ce mémoire contient deux points :

  • 1. «  le gouvernement du Japon a mis en place un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes de l’accident nucléaire de Fukushima. »
  • 2. « Les demandes de dommages et intérêts présentées dans des tribunaux hors Japon menacent la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement japonais. »

Prenons le premier point : Si le gouvernement japonais avait véritablement « un système complet pour garantir l’indemnisation des victimes, » les soldats américains n’auraient pas besoin d’aller en justice. Toutefois, comme vous le savez, le gouvernement japonais et les services gouvernementaux n’ont pas, à ce jour, versé un seul yen à une victime de l’exposition aux radiations de Fukushima No.1 qui ne soit pas liée à Tepco. C’est notamment le cas des 173 enfants de la préfecture qui ont été opérés après un diagnostic de suspicion de cancer, et dont le cancer a été confirmé chez 131 d’entre eux.

Si le gouvernement japonais ne veut pas admettre que les souffrances de ses propres enfants ont été causées par l’exposition aux radiations, quelle chance peuvent avoir de jeunes Américains de voir reconnaître comme telles les maladies apparemment radio-induites dont ils souffrent, sans parler de se voir indemniser, au Japon ?

En outre, au moins sept de ces jeunes Américains auparavant en parfaite santé sont déjà morts et beaucoup d’autres sont trop malades pour se rendre au Japon même s’ils pouvaient se le permettre ; ils seraient encore moins en mesure de rester dans le pays durant les longues procédures juridiques qui, dans ce genre de cas, peuvent prendre des années à résoudre. Sans parler bien sûr du poids des coûts juridiques, les frais de tribunaux, d’avocats japonais, de traduction des documents pertinents, etc. Et n’oublions jamais, Monsieur le Premier Ministre, que c’est le gouvernement japonais qui a appelé ces militaires américains à la rescousse.

Quant au second point mentionné plus haut, j’admets que le procès des soldats américains menace « la viabilité à long terme du système d’indemnisation établi par le gouvernement du Japon. » Si par exemple un tribunal américain décidait d’attribuer les maladies des plaignants à l’exposition aux radiations, comment le gouvernement japonais pourrait-il continuer à proclamer qu’aucune des nombreuses maladies dont souffrent actuellement les enfants et les adultes de Fukushima n’a rien à voir avec les radiations ? Les soldats américains sont véritablement « le canari dans la mine de charbon » dans cette démonstration des effets dangereux de l’exposition aux radiations. Et ce canari, le gouvernement japonais n’a pas moyen de le contrôler.

Imaginons maintenant qu’un tribunal américain accorde une indemnisation de 3 millions de dollars par personne, pour les décès, actuellement au nombre de sept, des soldats américains irradiés ; et que le gouvernement japonais, quant à lui, continue de refuser d’indemniser les maladies radio-induites, ne parlons pas de morts, de ses propres citoyens. Il est certain que la « viabilité » (et la réputation !) du gouvernement japonais dans son refus obstiné d’admettre les problèmes radio-induits de ceux qui ne sont pas des employés de Tepco en prendrait un coup.

Permettez-moi pour terminer de rappeler qu’il y a un leader politique japonais qui a accepté d’engager sa responsabilité personnelle dans cette affaire de blessures infligées à des soldats américains. Je veux parler ici de l’ancien Premier Ministre Junichiro Koizumi qui, après avoir rencontré des soldats malades à San Diego en mai, a lancé un fonds destiné à couvrir un maximum des besoins médicaux de ces marins.

Heureusement, grâce au soutien de milliers de Japonais ordinaires, il a déjà réussi à lever 700 000 dollars, sur un objectif d’un million de dollars. Les larmes aux yeux, Koizumi a expliqué qu’il ne pouvait pas ignorer la souffrance de centaines de jeunes Américains en parfaite santé avant l’accident et qui ont de leur plein gré accepté de risquer leur vie pour venir en aide à la population japonaise.

Monsieur le Premier Ministre, je vous conjure de mettre fin au soutien juridique inconditionnel fourni par le gouvernement à Tepco. Et si le gouvernement japonais a une conscience, accordez immédiatement assistance médicale et indemnisation aux centaines de victimes américaines de l’Opération Tomodachi.

BRIAN VICTORIA
Kyoto


Traduction: «Fukushima is still news» – mise en page: «vivre après fukushima»
L’article original en anglais


Brian Daizen Victoria (Né en 1939 à Omaha, Nebraska) est professeur d’études japonaises à Yellow Springs, Ohio.
Il a étudié le Zen au monastère de Zen d’Eihei-ji. Il a été ordonné prêtre ZEN. Il tient un M.A. d’Études Bouddhiste du Sōt ō à l’Université de Komazawa de Tokyo.

Brian Victoria a manifesté contre la guerre du Viêt Nam.
Il a publié abondamment sur le rapport à la violence du Bouddhisme et de la religion en général; spécialement sur le rapport entre le Bouddhisme et le militarisme japonais pendant et après la Deuxième guerre Mondiale.

Le 04 Novembre 2016


Oct 31

Fukushima 5 ans après– Nouveaux résultats concernant les cancers de la thyroïde

Une synthèse de la situation par le Dr Rosen de la section allemande de l’ IPPNW.

https://www.ippnw.de/atomenergie/gesundheit/artikel/de/fukushima-nach-5-jahren-neue-erk.html

12.10.2016
Depuis 2011, tous les habitants de la préfecture de Fukushima qui avaient moins de 18 ans lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011, sont soumis tous les deux ans à des tests thyroïdiens.
La première série d’examens s’est déroulée entre octobre 2011 et mars 2014, la seconde d’avril 2014 à avril 2016 et la troisième a démarré en mai 2016. Les résultats de cette troisième série ne sont pas encore disponibles et nous devons donc nous limiter à ceux des deux premières séries de tests.
Parmi les 381 281 enfants ciblés, un total de 300 476 a été examiné au cours de la première série de tests, et seulement 270 378 (70,9 %) pendant la seconde série.
Le sort des quelque 110 000 enfants restants, ce qui représente tout de même près de 30 % de la population concernée, n’entre en compte dans aucune étude scientifique. Ces enfants peuvent par exemple avoir déménagé vers une destination inconnue, avoir été empêchés de prendre part au dépistage en raison des restrictions s’appliquant aux tests ou avoir refusé de participer. Cette dernière variante est même depuis peu soutenue activement par l’Université de Médecine de Fukushima (voir IPPNW ATOM-Energie-Newsletter August 2016).

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que le second dépistage a trouvé 59,8 % de nodules ou de kystes. Le premier dépistage en avait trouvé 48,5 %. Cela signifie que chez 42 422 enfants qui ne présentaient encore aucune anomalie thyroïdienne la première fois, on a découvert des kystes ou des nodules au second dépistage. Et chez 393 d’entre eux, ces nodules étaient déjà si gros qu’il a été nécessaire de faire des examens complémentaires.
En outre, chez 935 des enfants qui, au premier dépistage, présentaient des kystes ou des nodules de petite taille, on s’est rendu compte au second dépistage que ces anomalies s’étaient développé si vite que les enfants ont dû être soumis à des examens plus poussés. Ces chiffres sont tous perturbants, mais ils illustrent aussi une dynamique certaine de la morbidité entre les deux premières séries de dépistage.

En raison des changements importants visibles à l’examen échographique, 721 enfants ont dû jusqu’à présent subir une biopsie à l’aiguille fine (545 après le premier dépistage, 176 après le second). L’examen au microscope a décelé un total de 175 cas de suspicion de cancer (116 au premier dépistage, 59 au second).
Parmi ces enfants, 136 ont dû être opérés parce qu’ils présentaient des métastases dans les ganglions lymphatiques (22,4 %), des métastases distantes (2,4 %) ou une croissance dangereuse de leur tumeur (pourcentage inconnu) : 102 enfants (premier dépistage) et 34 enfants (second dépistage) ont ainsi été opérés.
Dans 91 % des cas, on a seulement enlevé un seul lobe thyroïdien, mais chez 9% des patients, toute la thyroïde a dû être enlevée.
Chez 135 de ces enfants (99,3 %) le diagnostic de cancer a été confirmé par un examen histologique. Dans 133 cas, on a trouvé en termes histologiques un « carcinome papillaire de la thyroïde » ; deux cas ont été jugés comme un carcinome de la thyroïde « autre » ou « peu/mal différencié ». Un des cas s’est avéré être une tumeur bénigne. Il reste encore 39 autres enfants chez qui on soupçonne fortement un carcinome de la thyroïde (14 issus du premier dépistage, 25 du second) mais ils attendent encore d’être opérés.

Pour ce qui est des 102 cas de cancer du premier dépistage, il est difficile de dire clairement dans quelle mesure ils sont attribuables à l’effet dépistage, c’est-à-dire qu’ils représenteraient des diagnostics qui en réalité n’auraient été décelés que plus tard, mais qui auraient été découverts de façon précoce grâce aux séries d’examens pratiqués sur des participants cliniquement sains. Toutefois, les 34 cas de cancer nouvellement diagnostiqués à partir de la seconde série de tests doivent s’être développés dans la période qui sépare le premier du second dépistage.
Si l’on part du principe qu’entre les deux séries de tests il s’est toujours écoulé deux ans comme prévu, on arrive à un taux annuel de nouveaux cas de maladie (incidence) de 6,3 cas par an pour 100 000 enfants (34 nouveaux cas pour une population de 270 327 enfants sur une période de 2 ans). Le taux d’incidence du cancer de la thyroïde chez les enfants au Japon était de 0,3 pour 100 000, avant la catastrophe nucléaire de Fukushima. La multiplication de l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants par plus de 20 ne peut plus s’expliquer par un soi-disant effet de dépistage.

Depuis, on a également appris que des cas de récidive ont déjà été constatés : il s’agit ici de patients qui avaient été opérés de leur cancer et qui, à l’occasion des tests suivants, présentent à nouveau, des tumeurs cancéreuses. Au cours du Symposium international qui s’est tenu dans la ville de Fukushima le 26 septembre 2016, le Professeur Shunichi Suzuki de l’Université de Médecine de Fukushima a parlé d’un taux de récidive de « quelques pour cents ». Ces informations prouvent encore une fois que si les carcinomes thyroïdiens se laissent en principe bien traiter chez les enfants, les complications ne sont jamais à exclure.
Outre la stigmatisation à vie qu’entraîne toujours le cancer, outre la nécessité d’une prise permanente de médicaments et d’examens médicaux réguliers, la peur d’une rechute et des complications fatales constituent pour les patients concernés et leur famille un fardeau non négligeable. Et ce fardeau est tout simplement ignoré dans les statistiques et les conférences de presse de l’Université de Médecine de Fukushima.

Résumé des données concernant le cancer de la thyroïde (mise à jour de septembre 2016) :

 

Première étude (octobre 2011 – mars 2014)
Nombre d’enfants testés 300 476 (81,7 %)
Nodules et kystes à l’échographie 145 869 (48,5 %)
Biopsie à l’aiguille fine suite à des résultats échographiques frappants 545
Suspicions de cancer après biopsie à l’aiguille fine 116
Opérations à cause de métastases ou de croissance rapide 102
Confirmation du diagnostic de cancer par l’examen histologique 101
Tumeur bénigne à l’examen histologique 1
Prévalence des cancers thyroïdiens dans la cohorte étudiée 33,6 pour 100 000

 


 

Deuxième étude (avril 2014 – mars 2016)
Nombre d’enfants testés 270 378 (70,9%)
Nodules et kystes à la radio  161 708 (59,8 %)
Dont nouveaux cas non décelés au 1er examen 42 422
Nodules > 5 mm, ou kystes < 20 mm 393
Biopsie à l’aiguille fine suite à des résultats échographiques frappants 176
Suspicions de cancer après biopsie à l’aiguille fine 59
Opérations à cause de métastases ou de croissance rapide 34
Confirmation du diagnostic de cancer par l’examen histologique 34
Tumeur bénigne à l’examen histologique 0
Prévalence des cancers thyroïdiens entre le 1er et le 2è dépistage 6,3 pour 100 000

 

Dr Alex Rosen
Section allemande de l’IPPNW – https://www.ippnw.de/

 

Sources: 

The 24th Prefectural Oversight Committee Meeting for Fukushima Health Managemant Survey“ 15.09.2016

Thyroid Cancer: A Few Percent Recurred After Surgeries. NHK News. http://archive.is/XSVmR#selection-2965.1-2983.13. (Englische Übersetzung)

 
 

Traduction: www.fukushima-is-still-news.com/
Mise en page Vivre-apres-fukushima.fr


Note:

Je vous rappelle l’article du Pr TSUDA paru dans «EPIDEMIOLOGY» en Mai 2016 qui affirmait déjà que contrairement à ce qu’affirme la Faculté de Fukushima l’excès de cancers de la Thyroïde ne peut ếtre causé par l’amélioration du dépistage.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26441345

Oui, la faculté elle même affirme auprès des jeunes que ces dépistages sont «déraisonnables», qu’on peut les «sécher» sans problème. !
voyez l’article: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-le-depistage-des-cancers-de-la-thyroide-serait-deraisonnable/

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le 31 octobre 2016


Oct 25

Les cancers de la thyroïde en France après Tchernobyl

Communiqué commun du 24/10/2016
Se sont associés à la CRIIRAD, le Dr Denis FAUCONNIER,
Annie THÉBAUD-MONY (Association Henri PÉZERAT & GISCOP93)
et Chantal LHOIR (AFMT)

« Épidémie » de cancers de la thyroïde :
Faut-il poursuivre l’Institut de Veille Sanitaire (InVS)
pour délit de tromperie ?

L’InVS a célébré le 30ème anniversaire de la catastrophe de TCHERNOBYL avec un rapport qui constitue un véritable déni de droit pour les victimes, passées et à venir, des polluants cancérogènes.
L’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ne serait pas réelle mais proviendrait pour l’essentiel de l’amélioration du dépistage et de la découverte de micro-cancers qui n’auraient jamais atteint de stade clinique. Rien ne prouverait, en particulier, le rôle des pollutions radioactives.

Le 1er juin 2016, en réaction à cette publication, le Dr Fauconnier, l’Association Française des Malades de la Thyroïde, l’Association Henri Pézerat et la CRIIRAD ont adressé une demande au ministère de la Santé, ministère de tutelle de l’InVS.

Cinq mois plus tard, en dépit d’une relance, aucune réponse de fond n’est encore parvenue. Les signataires ont donc décidé de rendre publique leur critique des travaux de l’Institut de Veille sanitaire : méthodologie inadaptée, données non actualisées, erreurs de raisonnement.

Cet institut est désormais intégré dans Santé publique France qui a pour mission de «protéger efficacement la santé des populations», « d’anticiper et d’alerter par la veille et la surveillance épidémiologique ». Les associations demandent à Mme Touraine, ministre de la santé, des actes concrets prouvant la réalité de ces engagements : la publication de toutes les données d’incidence sur le cancer de la thyroïde et la correction des erreurs de raisonnement qui biaisent l’analyse des données et conduisent à masquer l’impact de Tchernobyl.

Cela fait 30 ans que les autorités françaises s’emploient à étouffer le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl. Par exemple, aucune enquête officielle n’a jamais été ouverte, en dépit de demandes répétées, sur le pic d’hypothyroïdies néonatales de 1986, alors qu’il constitue la preuve de l’importance de la contamination subie par la population et de la réalité des dommages. Pour que ceci ne se reproduise jamais, des garanties et des outils doivent impérativement être mis en place.

Face à l’explosion de l’incidence des cancers, il est impératif de mettre en œuvre des registres de cancer qualitatifs, documentant l’exposition personnelle et professionnelle des malades, et de réorienter d’urgence la recherche en santé publique, afin qu’elle soit effectivement au service de la connaissance, de la reconnaissance et de la prévention.

Lire la critique des travaux de l’InVS

CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


Je vous invite à lire les deux textes présentés ci dessus par la CRIIRAD: la critique des travaux de l’INVS et le pic d’hypothyroïdies néonatales de 19896.
En Californie une augmentation des cas d’hypothyroïdie chez les nouveaux-nés a été constatée après le passage du nuage radioactif de Fukushima; lire l’article du 08 Janvier 2014: Les nourrissons de Californie ont été atteints par les retombées de Fukushima
Le 25 octobre 2016

Oct 24

L’OMS renouvelle son poste de Directeur Général

Le collectif « IndependentWHO – Santé et nucléaire » (IW) a écrit à chacun des six candidats pour le poste de Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en soulignant les lacunes de l’organisation concernant les effets des rayonnements ionisants sur la santé de millions de personnes.
La lettre (ci-jointe) attire l’attention sur six demandes formulées par IW, qui depuis près de dix ans a tenu une « Vigie d’Hippocrate » face au siège de l’OMS à Genève. Le collectif souligne que pendant le mandat du Dr Margaret Chan à la tête de l’OMS, ces demandes ont été ignorées.
La lettre exhorte l’OMS à «se libérer des chaines du lobby nucléaire.»

Les candidat-e-s (pour plus d’information voir leurs sites internet) :

  • – Tedros Adhanom (Éthiopie)
  • – Flavia Bustreo (Italie)
  • – Philippe Douste-Blazy (France)
  • – David Nabarro (Royaume-Uni)
  • – Sania Nishtar (Pakistan)
  • – Miklós Szócska (Hongrie)

Genève … octobre 2016
Chère candidate, cher candidat,

Depuis bientôt dix ans notre collectif « IndependentWHO – Santé et Nucléaire » interpelle
l’Organisation Mondiale de la Santé sur ses manquements dans le domaine des effets des
rayonnements ionisants sur la santé de millions d’êtres humains. Par notre « vigie
d’Hippocrate » chaque jour ouvrable devant le siège de l’OMS et par d’autres actions
d’information auprès d’un large public, nous demandons que l’OMS se libère de l’emprise du
lobby nucléaire. Nos revendications se résument à six demandes d’action formulées à l’OMS
que vous trouverez ci-dessous mais qui sont restées à ce jour sans réponse.
Nous avons appris que vous briguiez la succession de l’actuelle Directrice générale de
l’institution, la Dr Margaret Chan. Votre élection sera-t-elle l’occasion de donner un nouvel
espoir aux victimes des radiations atomiques ? Pour cela, nous vous proposons de vous
engager à :

1. Rétablir le Département Radiation et Santé au niveau de directeur et recruter des
experts indépendants et reconnus internationalement pour conduire et coordonner les
réponses à apporter en matière de santé publique lors de catastrophes telles que Fukushima et Tchernobyl et pour travailler également sur les conséquences sanitaires liées aux activités du nucléaire en général.

2. Prendre des mesures immédiates, en collaboration avec les partenaires compétents comprenant l’Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), pour s’assurer que les soins médicaux, les traitements et une radioprotection appropriés seront fournis aux populations vivant dans les régions contaminées.

3. Coordonner en priorité avec les partenaires compétents, l’importation de nourriture propre pour satisfaire tous les besoins nutritionnels des populations vivant dans les régions contaminées et l’exécution d’interventions (telles que l’administration quotidienne de pectine de pomme) connues pour faciliter l’élimination des radionucléides et qui réduisent de manière significative les doses radioactives délivrées aux cellules et aux organes sensibles.

4. Instaurer une Commission sur les rayonnements ionisants et la santé, composée d’experts indépendants pour examiner et étudier scientifiquement les conséquences sanitaires des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, en intégrant toutes les études réalisées par les chercheurs indépendants, qui n’ont aucune relation, financière ou autre, avec l’industrie nucléaire ni avec des associations de l’industrie nucléaire, et de rendre compte de leurs résultats à l’Assemblée Mondiale de la Santé.

5. Au sein de cette Commission, créer des groupes de travail pour examiner et faire des rapports sur les preuves disponibles, les lacunes dans la recherche sur différents aspects de la radioprotection, et comme priorité, un groupe de travail sur les conséquences sanitaires des doses faibles, internes, chroniques, et un groupe de travail sur les effets causés sur le génome humain par les sources externes et internes d’irradiations.

6. Publier et rendre disponibles dans leur intégralité, les actes des conférences de Genève en 1995 et de Kiev en 2001 sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.

Vous trouverez ces demandes ainsi que des informations sur toutes les actions entreprises par les membres de notre collectif sur notre site internet www.independentwho.org . Vous verrez les portraits de tous ceux et toutes celles qui année après année, quelles que soient la saison et les intempéries, ont maintenu leur vigie silencieuse en face du siège de l’OMS, dont vous souhaitez prendre en mains la direction.
Vous y trouverez également les Actes des deux Forums scientifiques et citoyens, sur la radioprotection et sur les effets génétiques des rayonnements ionisants, que nous avons organisés à Genève les 12 et 13 Mai 2012 et le 29 Novembre 2014 en l’absence de l’OMS qui y était invitée. Nous considérons qu’en organisant ces rencontres et en en publiant les exposés, débats et conclusions, nous avons fait le travail de l’institution que vous aspirez à diriger et dont nous déplorons le silence sur ces travaux malgré son engagement de prendre en compte les recherches de scientifiques indépendants.

Vous engagerez-vous à reprendre à votre compte notre combat en faveur des victimes des rayonnements ionisants disséminés à Tchernobyl plus de trente ans après l’accident, à Fukushima depuis plus de cinq ans, et ailleurs dans le monde du fait des retombées des essais nucléaires atmosphériques militaires, des rejets autorisés et accidentels des centrales nucléaires civiles, des zones de stockage des déchets nucléaires et des sites d’extraction d’uranium, et lors de l’emploi d’armes contenant de l’uranium appauvri ?
Nous comptons sur votre réponse.

INDEPENDENT WHO


IndependentWHO – Santé et Nucléaire est un mouvement citoyen créé en 2007 par un
collectif d’individus et d’associations
– Brut de Beton Production, Contratom Genève,
CRIIRAD, Enfants de Tchernobyl Belarus, IPPNW Suisse, People’s Health Movement,
Réseau SDN, SDN Loire&Vilaine – soutenu par une large coalition d’ONG.
Il s’adresse à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui, en matière de rayonnements ionisants, ne remplit pas sa mission constitutionnelle : « agir en tant qu’autorité directrice et coordinatrice dans le domaine de la santé » et « aider à former parmi les peuples une opinion éclairée en ce qui concerne la santé».

Pour plus d’informations: www.independentwho.org
ou appelez: George Gordon-Lennox +33 (0) 4 50 42 44 67
info@independentwho.org

Le Processus d’élection du Directeur général de l’OMS:
http://www.who.int/dg/election/fr/

Le 24 ocoobre 2016


Oct 16

NON au recyclage des déchets dits «très faiblement radioactifs» dans notre environnement quotidien!

Vous pouvez participer à la consultation publique sur le «plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR 2016-2018)»

Le 16 octobre 2016

La CRIIRAD nous alerte sur un aspect particulièrement inquiétant du projet du «Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs» : l’article 24 du projet d’arrêté demande à AREVA et EDF de présenter d’ici le 30 juin 2018 un avant-projet d’installation de traitement des déchets métalliques «Très Faible Activité» pour recyclage dans les biens de consommation ou les produits de construction.

Si ce projet est adopté, à plus ou moins long terme, les métaux issus du nucléaire (et leur contamination résiduelle) se retrouveront dans nos voitures, nos poussettes, nos casseroles…

Actuellement, le recyclage de produits même très faiblement radioactifs dans le domaine public est interdit par le code de la santé publique : seul le recyclage dans des filières nucléaires contrôlées est autorisé. Pour contourner cet obstacle, le projet d’arrêté demande aux exploitants de préparer les éléments nécessaires à l’obtention d’une dérogation.

Voir les détails dans le dossier de la CRIIRAD:

http://www.criirad.org/mobilisation/metaux-radioactifs.html

Comment agir ?

Il vous suffit de vous rendre sur le site des consultations publiques du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et d’y déposer votre commentaire.

p>Cliquer ici pour accéder aux documents et participer à la consultation.
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/plan-national-de-gestion-des-matieres-et-des-a1539.html

Vous trouverez une lettre type sur le site de la CRIIRAD. Vous pouvez la résumer, la modifier à votre guise:
http://www.criirad.org/mobilisation/metaux-radioactifs.html

J’ai pour ma part déposé le texte suivant:

Pas de recyclage de matériaux radioactifs dans le domaine public.
Les matériaux même faiblement radioactifs issus du démantèlement des installations nucléaires doivent rester dans des filières contrôlées. Elles ne doivent pas être dispersées dans le domaine public où elles seront vite perdues de vue. Il est prouvé que l’exposition à la radioactivité est nocive pour les populations et leurs descendants, sans seuil.
Aucune dérogation n’est tolérable en la matière.
Je demande le report à fin décembre 2016 de la date de clôture de la consultation publique afin de pouvoir analyser plus avant ce volumineux dossier de plus de 500 pages de documents et formuler un avis.

Note:

Il n’y a toujours pas de solution pour gérer les déchets des installations radioactives; ici, les ferrailles issues du démantèlement des vieilles installations.
La dilution de la contamination radioactive ne la diminue en rien. Elle augmente seulement le nombre de gens susceptibles d’être contaminés.

Mise à jour du 27 octobre: La CRIIRAD précise:
Sont d’ores-et-déjà concernés 900 000 tonnes de métaux ferreux de catégorie TFA (Très Faible Activité) :

  • 150 000 tonnes provenant du démantèlement de l’usine Eurodif d’enrichissement de l’uranium (INB 93),
  • 100 000 t provenant du démantèlement de générateurs de vapeur des centrales nucléaires EDF
  • et 650 000 t de « vrac » hétérogène

Sep 21

Consultation publique sur le projet de décret
relatif à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants

La CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés
pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.

Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ? À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?

Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase post accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.

Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN[1]. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.

Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !

Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.

Participez à la consultation publique
et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

Comment participer à la consultation publique ?

Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site:
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html
ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.

Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.
Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits de notre présentation ci-après :

Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »

Proposition de message :

« Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :

  • 20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
  • 1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.

Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.

Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !
Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse: contact@criirad.org !

La Directive traite de nombreux sujets que nous analyserons plus avant. D’autres actions seront mises en place dans les semaines qui viennent. Nous comptons d’ores et déjà sur votre aide pour les relayer !

En savoir plus sur les valeurs proposées par le décret

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50
asso@criirad.org – www.criirad.org


J’ai reproduit ci dessus intégralement l’appel de la CRIIRAD.
La parole est à vous.

Le 21 septembre 2016


[1] Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire : une association qui compte 4 membres (EDF, AREVA, le CEA et l’IRSN) et qui a très largement infiltré les instances nationales et internationales de décision et notamment la CIPR (Jacques Lochard, directeur du CEPN, est désormais vice-président de la commission principale)