juin 14

Mon fils âgé de 12 ans a une presbytie après que nous ayons évacué de Chiba.

C’est la plainte d’une mère que rapporte Iori Mochizuki dans son blog Fukushima-diary le 10 Juin.
Cette famille vivait dans la région de CHIBA, au nord-est de Tokyo, connue pour être un point chaud. Elle a évacué vers la préfecture de Oita, tout au sud du Japon il y a un an et demi. Ils ont donc du vivre 1 an à peu près en milieu contaminé.
Le médecin est resté perplexe devant cette maladie de « vieux » chez un jeune de 12 ans. Il a demandé confirmation en milieu hospitalier qui a confirmé; mais n’a donné aucune explication sur la ou les causses possibles.
La presbytie est une affection due au vieillissement de l’oeil: le cristallin se rigidifie et n’est plus capable d’accomoder pour la vision de près, la lecture.
C’est banal chez les gens âgés mais tout à fait anormal chez un enfant. Lire la suite

jan 30

Comment agit la radioactivité – une video

Je vous invite à  regarder cette petite video intéressante:

1- On y voit les rayonnements émis par une pointe d’aiguille radioactive grâce à  une chambre à  brouillard ultra simple.
2- Puis une animation nous montre comment les rayonnements abiment les chromosomes, supports de notre hérédité.


PS.
1-
Les chromosomes de nos cellules se « déploient » lors des divisions cellulaires nécessaires à  la croissance des tissus. Les rayonnements les atteignent alors plus facilement. C’est pourquoi les organismes en croissance, les enfants sont plus sensibles aux rayonnements.

Les chromosomes sont porteurs de notre capital génétique. Le sujet porteur de chromosomes altérés va les transmettre aux générations suivantes. Voyez les articles sur les papillons mutants de Fukushima: les anomalies semblent s’aggraver de génération en génération.

2- Les rayonnements ne se bornent pas à abimer les chromosomes: ils dénaturent toutes les molécules présentes dans les cellules en les ionisant (en leur arrachant un électron). C’est pourquoi ils sont appelés « ionisants ».

3- Les cellules ont des capacités de réparation qui ne sont pas illimitées. Certaines vont pouvoir se réparer, d’autres vont périr, d’autres vont se scléroser. D’autres vont se cancériser.

4- Lors d’une exposition externe l’irradiation va se répartir sur le grand volume du corps entier.
Par contre en cas de contamination interne, chaque particule radio-active fixée dans l’organisme va irradier sans cesse le tout petit volume de cellules qui l’entoure et y faire ses dégâts. C’est ce qui explique la nocivité plus grande de la contamination interne. L’exemple le plus connu est celui d’une particule de Plutonium qui s’est bloquée dans un poumon: les cellules qui l’entourent sont ans relâche bombardées de particules Alpha; pendant des années; le cancer en est la conséquence.
La contamination interne se fait essentiellement par l’alimention (Césiums, Strontium); mais aussi par inhalation de poussières contaminées (Plutonium).
La « norme » d’exposition des populations est «au maximum 1mSv par an». Mais cette norme ne tient compte que de l’irradiation externe. La contamination interne vient s’y ajouter, les dégâts génétiques ne sont pas pris en compte.
Le gouvernement japonais veut faire vivre les gens dans un environnement qui les irradie jusqu’à 20 mSv/an.
(pour les conséquences de 1 ou 20 mSv, voir le vademecum)


31 janvier 2013
Un article de l’ACRO vient compléter ce billet, je vous le livre intégralement

La ville de Namié, qui avait partiellement évacué sa population dans des zones plus exposées, veut contrôler la santé de ceux qui avaient moins de 18 ans au moment de l’accident. Des chercheurs de l’université médicale de Hirosaki vont faire des tests sanguins pour voir s’il y a des changements dans la forme des chromosomes des lymphocytes. C’est la première municipalité à lancer une telle étude qui vient concurrencer celle menée par les autorités régionales. Environ 850 enfants, soit 23% des personnes éligibles, se sont portés volontaires.
La possibilité de détecter des lésions induites par les radiations ionisantes sur des lymphocytes et d’en déterminer la dose reçue est utilisée de longue date et relève de ce que l’on appelle communément la « dosimétrie biologique ».
Cette technique est intéressante pour une double raison. D’abord parce que ces cellules humaines (les lymphocytes) sont très faciles à collecter (à partir d’une simple prise de sang) mais aussi du fait qu’il s’agit d’une population cellulaire particulièrement radiosensible.
Le plus souvent cette technique repose sur un dénombrement de certaines aberrations chromosomiques caractéristiques de l’action des radiations (recherche de chromosomes dicentriques, de structures en anneaux…).
– Le premier problème est qu’il s’agit d’une technique peu sensible (peu utile pour des doses inférieures à 0,1 Gy) et qu’elle est essentiellement employée à la suite d’accidents d’irradiation pour reconstituer la dose reçue (et non pas pour le suivi des expositions professionnelles…).
- Le second problème est que ces aberrations chromosomiques sont de type instables (ou encore dite sub-létale) car elles sont difficilement supportables pour une cellule qui sera condamnée à brève échéance si elles ne sont pas réparées ou recombinées de façon stable.
En clair, s’il s’agit bien de ces aberrations chromosomiques que l’équipe japonaise envisage de rechercher – mais l’article de NHK ne le précise pas – il est probable que bien des expositions réellement reçues ne seront pas détectées d’abord parce qu’elles seront en-dessous de la limite de détection de cette technique, ensuite parce que le délai par rapport à l’accident de Fukushima est déjà important.
Cependant, il est aussi possible que les auteurs disposent d’une technique s’appuyant sur les lésions chromosomiques stables… La lecture de leur travail sera attendue avec intérêt.

L’article origine sur le site de l’ACRO


déc 18

L’irradiation externe entraîne toujours des risques sanitaires inacceptables au Japon

En 2011, des centaines de milliers de personnes ont déjà reçu des doses très largement supérieures aux limites “acceptables”.
En 2012, elles sont nombreuses à continuer à accumuler des doses
nettement supérieures à 1 mSv.
Dans la mesure où les risques sont proportionnels à l’augmentation de
la dose, continuer à vivre en territoire contaminé augmente encore les risques que ces personnes souffrent à l’avenir de diverses pathologies, dont les cancers.

Tout devrait être fait pour leur permettre de vivre sur des territoires non contaminés.
Un état des lieux après une campagne de mesures en Juin 2012
Le communiqué de presse conjoint de la CRIIRAD et de la CRMS du 5 Décembre 2012

La CRMS est la « Citizen’s Radioactivity Measurement Station » japonaise.

Sommaire du communiqué:
1 / Beaucoup de gens vivent toujours sur des territoires très contaminés
2 / Exemples à Fukushima city et dans le secteur d’Oguni dans le district de Date (mesures de juin 2012)
3 / Les travaux de décontamination sont très insuffisants
4 / Il est nécessaire que soit mis en place un cadre réglementaire national afin d’améliorer la protection et les compensations pour les populations touchées par la catastrophe de Fukushima

Lire le communiqué

PS: Irradiation externe, contamination interne: définitions dans le vademecum

déc 17

Le petit vademecum nucléaire est en ligne

Le non spécialiste se perd facilement dans les informations concernant le nucléaire.
C’est pour tenter d’en améliorer la compréhension que j’ai préparé ce petit vademecum. Il traite de:

La structure de la matière
La nature des rayonnements ionisants
Leur impact sur la matière vivante
Les notions de dose
La différence entre irradiation et contamination
La contamination des aliments
Les normes

Si comme moi vous avez du mal à vous y retrouver dans ces unités, ces normes, j’espère qu’il vous rendra service

Vous pouvez le télécharger ici  (~500Ko)

Il est libre de droits, la copie et la diffusion sont encouragés.

déc 15

Du riz de Fukushima dans les cantines scolaires

Les écoles élémentaires de la ville de Fukushima vont servir aux repas scolaires le riz produit sur place à partir de janvier.
Ils servent du riz de Aizu depuis janvier dernier mais ils vont servir celui de Fukushima à partir de janvier et jusqu’à l’automne.
(Aizu est la partie occidentale de la préfecture de Fukushima).
Ils sont supposés faire des mesures de la radioactivité du Cs-134/137 par scintillation Nal. La plus petite quantité détectable ainsi est de 10 Bq/kg.
Source: ACRO

Les normes japonaises pour les aliments concernant les Césiums:
100 Bq/kg pour les aliments en général
50 Bq/kg pour le lait et les aliments pour enfants
10 Bq/l pour l’eau.

Détails sur les normes japonaises

A cette contamination interne il faudra ajouter l’irradiation externe par l’environnement

Celle-ci sera très variable selon les activités, le lieu d’habitation.
La borne de la préfecture de Fukushima marque: 0,8 µSv/h en Décembre 2012 (en croissance régulière depuis 6 mois).

la borne de la préfecture de Fukushima

La borne de la préfecture de Fukushima – décembre 2012

Cela ferait 7mSv par an pour quelqu’un qui resterait planté devant la borne toute l’année.

On est bien loin du 1mSv par an recommandé !

Cliquer sur l’image pour détails

déc 07

Séisme – la piscine 4 de Fukushima menace les terriens

Si les médias ont donné une telle importance au séisme du 7 décembre 2012, c’est parce que la piscine n°4 de la centrale en ruines fait courir un risque nucléaire énorme aux habitants de la terre entière:

  • Parce que le bâtiment réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi a subi le terrible séisme du 11 mars et les violentes explosions du 15 mars 2011 et que sa structure a énormément souffert, menaçant sa stabilité,
  • Parce que la piscine de désactivation de cette unité, perchée à 30 m de hauteur, menace soit de s’effondrer avec le bâtiment, soit de se vider de son eau à cause de fissures,
  • Parce que cette piscine contient 1533 assemblages de combustible, l’équivalent de près de 10 fois la quantité de césium 137 relâché par Tchernobyl,
  • Parce que si le combustible n’était plus refroidi par de l’eau, ou se retrouvait « en tas » au sol, il s’échaufferait, se dégraderait, et provoquerait un incendie dispersant la radioactivité dans l’atmosphère,
  • Parce qu’en cas d’incendie des assemblages d’uranium et de plutonium, il ne serait plus possible pour les hommes d’intervenir sur le site tant la radioactivité serait élevée,
  • Parce que l’incendie de la piscine de l’unité 4 provoquerait l’abandon de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi qui recèle à elle seule près de 2500 tonnes de combustible nucléaire, correspondant à une radiotoxicité 90 fois supérieure à Tchernobyl,

Ce ne serait plus les seules régions de Tchernobyl et Fukushima qui seraient concernées par une contamination radioactive généralisée. Ce serait l’ensemble des vivants de l’hémisphère nord, puis la terre entière, qui seraient obligés de vivre en milieu contaminé.
Il n’y a pas de sortie de secours sur la terre.

Lire ces deux articles de Fukushima.over-blog
violent séisme au Japon
La piscine 4 de Fukushima menace les terriens

PS : Bon, cette fois, apparemment on y a échappé….
Tepco doit vider cette piscine le plus vite possible.Pour mettre tout cela où ?

déc 05

Des centaines de milliers de japonais vivent toujours sur des territoires fortement contaminés

Oguni- Juin 2012

Mesures à Oguni – Juin 2012 – video CRIIRAD

Ne manquez pas de lire le communiqué de la CRIIRAD, le 5 décembre 2012
CRIIRAD = Commission de Recherche et d’Information
Indépendantes sur la Radioactivité

Vous trouverez sur cette page, outre le communiqué, le dossier technique et 3 videos prises en Juin 2012 montrant la contamination radio-active dans laquelle sont obligés de vivre ces gens.

PS. On peut se demander quel serait notre sort en cas d’accident en Europe.

nov 29

Fukushima dai Ichi: le bâtiment réacteur 3 de plus en plus radio actif

TEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l’unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l’année dernière, le 14 novembre 2011.

La plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose mortelle en l’espace de 3 heures. Lire la suite

nov 26

Irradiation externe et contamination interne: deux choses bien différentes

L’irradiation externe:

Ce sont les rayonnements que nous recevons de l’extérieur:
travailleurs du nucléaire, habitants de zones contaminées. Pour ceux qui habitent ou traversent des zones contaminées ce sont surtout des rayons gamma émis par le Césium qui s’est déposé un peu partout.
Les rayons traversent le corps, y déposent une partie de leur énergie et c’est terminé si on quitte la zone contaminée.
C’est cette irradiation que détectent les compteurs Geiger, les compteurs installés dans les villes.
C’est sur cette irradiation que les « autorités » communiquent.

La Contamination interne

C’est totalement différent : ce sont les éléments radio-actifs qui se fixent dans l’organisme lorsqu’on les avale avec la nourriture,(les poussières); ou lorsqu’on les inhale en respirant, c’est surtout le cas des poussières (ou des gaz: Iode).
Lire la suite

nov 25

La dose annuelle reçue par les jeunes élèves a augmenté

Sur Fukushima Diary

Selon la ville de Nihonmatsu, dans Fukushima, la dose annuelle externe reçue a augmenté par rapport à 2011 pour 45,3 % des élèves des écoles élémentaires et Junior high school de la ville. (1 969 sur 4 344)
La dose annuelle de 46 d’entre eux est montée jusqu’à 1,5 mSv/an.

La dose annuelle dépasse 1 mSv/an pour 76 % des élèves examinés, c’est la limite de sécurité d’une population normale.
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