La dispersion des radionucléides dans le Pacifique

Le lobby nucléaire affirme que la radioactivité rejetée à l’océan par les retombées aériennes et les rejets d’eau contaminée n’aura aucune conséquence du fait de la dispersion dans le volume énorme des océans.

Cet argument ne peut pas être accepté:

1 – Disperser la pollution, c’est en fait augmenter le nombre de de gens d’animaux et de végétaux contaminés. A des doses plus faibles certes, mais contaminés quand même. On sait que la radioactivité peut avoir des conséquences néfastes dès le premier Becquerel ingéré, sans seuil.

2 – Il faut tenir compte des phénomènes de concentration au fil de la chaîne des êtres vivants. Entre les algues, le krill, les poissons herbivores, les poissons carnivores, les baleines etc, il y a un cycle, avec une concentration croissante des toxiques chimiques ou radioactifs dans les organismes. La radioactivité est ainsi recyclée et concentrée. En fait le contenu en radioéléments et toxiques chimiques des poissons va augmenter au lieu de diminuer du fait des désintégrations.

Beaucoup d’hommes sont dépendants de l’océan pour leur alimentation. Même si les aliments sont en dessous de la limite légale (100Bq/kg) ils seront de plus en plus contaminés au fil des ans.
Au cours d’une conférence tenue en Suède (Estimation des conséquences de la catastrophe de Fukushima, Jiřina Vitázková et Errico Cazzoli, Conférence PSA nordique (centrales nucléaires en Finlande et en Suède), Sept. 2011)
« Même si seulement un centième de la radioactivité (plus de 1015 Bq de CS137) devait entrer dans ce schéma de recirculation, l’ensemble de l’ingestion du corps collectif sur plusieurs générations dépasseraient 107 Sv, suffisante pour tuer plus de 1.000.000 personnes. »
Le compte-rendu de la conférence en anglais

3- Il faut tenir compte également de l’expérience des médecins de Tchernobyl: la contamination du corps par les radio nucléides provoque, outre l’augmentation des cancers, une grande variété de maladies non cancéreuses (spécialement cardio-vasculaires) et des problèmes congénitaux et héréditaires (morts-nés, malformations….) sur plusieurs générations. Il semble qu’avec le temps ces problèmes iraient en s’accroissant plutôt que de diminuer.

4 – On ne parle généralement que du Césium. Mais les eaux de refroidissement des combustibles fondus emportent certainement bien d’autres produits dangereux: Strontium, Plutonium, des isotopes de l’Americium et du Curium etc… Il est admis que l’utilisation du MOX aggrave la nocivité de ces déchets.

5 – L’Europe sera-t-elle épargnée ?
Le Pacifique et les côtes pacifiques des USA et du Canada sont les premiers contaminés.
Pour l’Europe cela prendra simplement plus de temps. Ce sera plus « dilué ».
Elle a déjà été atteinte par des produits transportés par l’air; après ceux des essais nucléaires et de Tchernobyl.
Les océans communiquent, les poissons migrent sur de grandes distances.

6 – C’est une intoxication durable et silencieuse. Pour chaque personne qui souffrira d’un cancer ou d’une autre maladie, il est et sera impossible d’affirmer que c’est dû à la radioactivité. Seulement, on constatera dans la population une augmentation du nombre de cancers, d’autres maladies non cancéreuses, de morts-nés, de malformations. C’est ce qui est déjà constaté autour de Tchernobyl.

Le lobby nucléaire crie et criera: « ce n’est pas nous ! it’s safe ! »

Le lobby nucléaire a persuadé les gouvernants de laisser mettre sur le marché et nous laisser consommer des aliments contaminés:

    Depuis 2008 l’importation d’aliments contaminés par les Césiums est autorisée en Europe tant qu’ils ne dépasssent pas:

  • 370 Bq/kg pour le lait et les aliments pour nourrissons
  • 600 Bq/kg pour tous les autres aliments
    Au Japon, on commercialise des aliments contaminés par les Césiums jusqu’à:

  • 100Bq/kg pour les aliments en général
  • 50 Bq/kg pour les aliments pour enfants

« it’s safe ! » c’est sûr !!! » affirment-ils !!!

Tout cela n’est guère réjouissant.
Sur place, à la centrale Dai Ichi, la situation n’est absolument pas maîtrisée et l’AIEA incite Tepco à rejeter ses eaux polluées à l’océan.


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